ailleurs, le champ électrique optique ou quasi-statique est perpendiculaire au vecteur «, ce qui entraîne
une situation instable dans l’absolu. En effet, dans ce cas le produit scalaire du vecteur directeur avec le
champ électrique est nul. L’énergie étant l’opposé de cette expression (voir éq. 1.24), elle passe par un
maximum lorsque ces deux vecteurs sont perpendiculaires, ce qui correspond à une situation instable.
Cependant, lorsque le champ électrique est faible, l’instabilité qui donne lieu à la réorientation des
molécules sera inhibée par l’inffuence des conditions aux limites de la cellule {i.e. l’ancrage fort). Par
conséquent, les molécules ne se réorienteront pas. À l’inverse, si le champ électrique est suffisamment
fort, son couple exercé sur les molécules l’emporte et celles-ci se réorientent sous son influence. L’équi
valent magnétique de la transition entre ces deux états a été découvert en 1927 par Frederiks [37] et
porte d’ailleurs son nom. La réorientation moléculaire est donc dans notre dispositif un phénomène à
seuil.
Dans notre travail, nous cherchons à exploiter les propriétés particulières des cristaux liquides, no
tamment leur grande non-linéarité. Elle permet en effet de générer des solitons spatiaux avec peu de
puissance lumineuse. Dans cet esprit, il est opportun de s’affranchir du seuil de Frederiks en orientant
les molécules au préalable de sorte que le champ électrique optique oriente les molécules indépendam
ment de sa puissance. C’est la raison d’être du champ à basse fréquence que nous mettons au bord de
la cellule. Il va en effet pré-orienter les molécules de cristal liquide afin de dépasser le seuil de Frederiks
et permettra donc de s’en affranchir lorsqu’il s’agira de réorientation optiquement induite. La primauté
de cette idée revient à Marco Peccianti et ses collègues de l’université de Rome. Ils sont ainsi parvenus
à générer des solitons spatiaux par réorientation moléculaire avec une puissance optique de quelques
milliwatts [32].
1.5.2 Réorientation moléculaire sous l’action d’un champ électrique dans une
cellule planaire : traitement détaillé
Nous allons au cours de cette section modéliser le comportement macroscopique du cristal liquide
sous l’influence d’un ou plusieurs champs électriques. Pour ce faire, nous allons utiliser une théorie
d’élasticité dite du continuum. Elle consiste à représenter l’orientation d’un ensemble discret de molé
cules par un champ vectoriel n continu et défini en tout point de l’espace occupé par le cristal liquide.
Nous faisons implicitement par ce biais une approximation qui est cependant justifiée dans la me
sure où la taille d’une molécule est d’environ 20 A tandis que la longueur caractéristique de variation
de l’orientation moléculaire ne descend que très rarement en dessous de 1 pm. Dans notre cas, nous
aurons le loisir de constater que cette distance ne se situe pratiquement pas en dessous de 10 pm.
Au repos, l’orientation d’un cristal liquide en phase nématique est, en théorie, donnée par un
vecteur directeur n constant dans tout l’espace. Il faut donc apporter de l’énergie au cristal liquide
pour modifier son orientation initialement uniforme, autrement dit, qu’il se déforme. Cette énergie
libre de déformation est accumulée par le cristal : elle est donnée par l’expression suivante [38, 36],
Cette énergie se divise en trois parties, chacune correspondant à un type de déformation élémen
taire (en éventail, torsion et flèche respectivement). Toute déformation peut-être décomposée en une
somme pondérée de ces trois déformations élémentaires. À chacune de ces déformations est associée
une constante élastique de Frank AT, qui quantifie l’énergie accumulée par le type correspondant de
distorsion du cristal.
Étant donné que nous considérons que les molécules restent dans le plan (x,z), le vecteur n s’ex
prime en fonction de la variable 6 sous la forme
w = sin^lj;-I-cos^f.. (1.26)
Dès lors, l’expression de l’énergie libre inhérente à la déformation du cristal s’exprime de la manière
suivante
JQ ■ JS
cos 6-— sm 9—
ox az
f 1 ^ Ô9 ^ 1 2 J 99 J
+ 2^2
dy. 2 1®'" *(*) * «(&) (1.27)
La déformation du cristal liquide peut être induite par plusieurs champs électriques : d’une part, le
champ électrique optique A et d’autre part, un champ électrique basse fréquence E qui provient de la
différence de potentiel V appliquée aux bords de la cellule. Il faut par conséquent ajouter à l’expression
de l’énergie libre les contributions des deux champs électriques E et A. En reprenant l’expression 1.24
et en définissant l’anisotropie As = S// -£j_, l’énergie libre due aux champs électriques s’exprime par
la forme suivante :
ex'* - - A£°P' _ - , ^ Ae®' ^ ,
Fe = - -z^{n.AŸ - -jiE.E) - —{n.E)\ (1.28)
où les suffixes opt et st permettent de différencier l’anisotropie des molécules aux fréquences optiques et
quasi-statiques respectivement. En remplaçant le vecteur n par son expression 1.26 et en ne considérant
que les termes dépendant de la variable 9, nous obtenons la forme suivante
Ag^P’
- T, Ae®‘ -
, ,Ff. =---- ;—bip sin^ 9----—\F?' sin^ 9. (1.29)
2 2
Nous pouvons à présent réunir les deux contributions à l’énergie libre du cristal dans la même
expression, soit
F
h+ Ff — —— cos 9----smfcf-—
dx dz J dy, 2
A£°P'
2 \A\~ sin^ 9
-Ae®'
lEp sin^ 9. (1.30)
Au regard de l’allure relativement peu sympathique de l’équation ci-dessus, il convient de faire
quelques approximations courantes. La première d’entre elles se rapporte à la géométrie des problèmes
que nous allons considérer dans ce travail. En effet, nous allons nous concentrer sur des problèmes de
1.5. Modèle théorique 23
type soliton spatial qui sont caractérisés par une relative invariance selon l’axe de propagation z pour
le champ optique/l. Par ailleurs, le champ électrique E est lui supposé homogène dans toute la cellule
de cristaux liquides. Par conséquent, il semble naturel de négliger les dérivées selon la coordonnée z
devant celles par rapport aux dimensions transverses x et y. L’énergie libre devient donc
F =
cos^ 9 + K^ sin^ 6»] + y Id9\^ (1.31)
La seconde approximation, d’usage courant dans le domaine de la nématostatique, consiste à consi
dérer que les constantes Ki sont égales. Cela facilite les calculs de manière non négligeable. De plus,
cette approximation est justifiée dans le sens où les valeurs des différentes constantes sont toutes du
même ordre de grandeur pour le cristal liquide que nous utilisons. Si l’on pose K = K\ = Ki = K^,
l’expression 1.31 devient alors
(1.32)
Ayant maintenant une expression simplifiée de la densité d’énergie libre, il faut trouver la valeur de
9 qui minimisera cette quantité en tout point de l’espace. L’interaction entre la viscosité du cristal et les
champs électriques A etE
y3. en effet aller dans le sens de la minimisation de l’énergie libre du système
F, issue du traitement élastique. Étant données nos hypothèses, la variable 9 est le seul degré de liberté
de notre système pour autant que les champs A et E soient déterminés. Nous partons de l’équation
d’Euler-Lagrange appliquée à notre cas, soit :
dF y d 3F
= 0. (1.33)
3/ 3 {3j9)
Nous avons pris le soin d’épargner au lecteur le détail de ces calculs qui ne présentent aucune
subtilité particulière. Après ceux-ci vient l’équation suivante
IK ^9 3-9'^
3x^ 3y^
J-I-1 —y +
optMP sin 29 = 0. (1.34)
Cette équation est celle qui nous permettra de déterminer l’orientation moléculaire 9 en fonction
des champs électriques E et A. Il s’agit d’une équation de diffusion non linéaire. Par conséquent, on
peut déjà anticiper qu’une excitation impulsionnelle va générer une réponse plus large que l’excitation,
ce qui permet d’anticiper la non-localité de la réorientation moléculaire.
Afin de rendre compte des conditions d’ancrage fort aux bords internes de la cellule, nous devons
imposer des conditions aux limites à l’équation 1.34. Les conditions que nous fixons sont les suivantes :
9{x = -L/2) = 9{x = L/2) = 2°, (1.35)
car l’inclinaison n’est pas parfaitement parallèle à la lame traitée pour une raison pratique, inhérente à
la technique d’alignement.
Nous disposons maintenant d’une équation qui nous permet de déterminer l’orientation du cristal
liquide nématique au sein de la cellule quel que soit le champ électrique environnant. Il nous reste à
déterminer comment la lumière se propage dans ce milieu particulier. Nous serons alors à même de
modéliser tout le processus de la propagation non linéaire dans un cristal liquide en phase nématique.
Le paragraphe suivant établit l’équation de propagation lumineuse dans notre système.
1.5.3 Propagation lumineuse non linéaire dans un cristal liquide
Cette partie est consacrée à l’établissement de l’équation de propagation non linéaire de la lumière
dans le cristal liquide nématique, milieu optiquement anisotrope, uniaxe plus particulièrement. Plu
sieurs modèles ont été étudiés au cours des dernières années. Nous expliquons les démarches qui permet
d’en établir les principaux et nous traitons celui que nous allons utiliser dans la suite de notre travail.
De manière générale, l’équation de propagation d’une onde électromagnétique £ = dans
un milieu diélectrique non magnétique découle des équations de Maxwell [6] :
V xV xÊ = a/fioE ■ Ê. (1.36)
Modèle vectoriel
Le cristal liquide est un milieu optique anisotrope, ce qui signifie que son indice de réfraction est
différent selon les différents axes de polarisation de la lumière. Pour en rendre compte, nous devons
considérer la nature tensorielle de la permittivité électrique du milieu s. L’expression de ce tenseur peut
être déduite dans le cas étudié en combinant les expressions 1.26 et 1.23.
£x
+ AS sin^ B 0 AS sin B cos B ( ^xx 0 £ 1 ^XZ
£ = 0
£±0
-0
£,j.0
A£sin0cos0 0
£x+ AS
COS^B ^ 0
Notre travail se concentre sur le cas illustré par la figure 1.8 où l’on injecte au centre de la cellule
de cristaux liquides un faisceau optique polarisé linéairement selon l’axe x (transverse magnétique TM)
et se propageant dans la direction de l’axe z. Par conséquent, le faisceau rencontrera forcément tôt ou
tard une interface entre un milieu isotrope et le cristal liquide orienté. Les conditions aux limites sur
le champ de déplacement D à la dite interface nous permettent de déterminer le champ électrique E
à l’intérieur de la cellule. En effet, la continuité de la composante normale à cette interface donne
lieu à l’apparition d’une composante selon z du champ électrique E [6],
E,= Ex =--- rzA£sin0cos0 ^
£ I + A£ COS' B (1.38)
Dès lors, la direction de propagation étant donnée par le vecteur de Poynting S = E X H,\e. faisceau
formera un angle a avec l’axe z dont l’amplitude est donnée par le rapport
E. AS sin 6 cos 6
tan cr = — =---—
1.5. Modèle théorique 25
La propagation du champ électromagnétique est régie par les équations de Maxwell :
VxÊ = (1.40)
Vxff = -iùJsÊ, (1.41)
ce qui donne le système d’équations suivant,
' ^
dz
dHy
. dz
~itL)fj.oHy + 1 (d^Hy\ 1 de. Exz dE^ ds^z 1 l 1 dHy E^^ \
icjEoS^z \ dx^ ) S-- ox E22 dx dx E^z [itüEoE^z dx E
2Z /
ojHo dy^ - /cueofijcÆ
-Sxz dHy
s
-2dx + ÎC
üE
q—E,
(1.42)
La composante du champ optique est donnée à l’entrée de la cellule par la relation (1.38), sa
connaissance permet de déduire la valeur de Hy. Ce système d’équations de propagation a été établi et
étudié en profondeur par Jeroen Beeckman et al. [39]. Il est bien possible de compenser la diffraction
par la non-linéarité dans ce système. Cependant, le faisceau de type soliton est effectivement dévié de
sa trajectoire initiale du fait de l’anisotropie du cristal liquide. Cette déviation donne lieu au cours de
la propagation à une ondulation (selon l’axe x) du faisceau du fait du gradient d’indice créé au sein
de la cellule par la tension basse fréquence V. Cette oscillation a pu être vérifiée expérimentalement à
l’aide d’un cellule courte (de l’ordre de quelques millimètres de longueur) et disposant d’une fenêtre
de sortie. On constate alors que le faisceau, initialement au centre de la cellule, se déplace selon l’axe
X lorsque sa puissance est modifiée. Cela témoigne bel et bien d’une ondulation transverse du faisceau
au cours de la propagation. Nous présentons ces résultats dans la section 2.4.2 du présent manuscrit.
Ce système d’équations est rigoureux en ce sens que c’est celui qui comporte le moins d’approxi
mations lors de son élaboration. Il n’en est pas moins relativement difficile et assez lourd à résoudre
numériquement, d’autant plus que l’orientation moléculaire est décrite par l’équation (1.34) qui n’est
pas écrite dans le système ci-dessus. Nous allons présenter d’autres systèmes qui bien qu’ils ne soient
que des approximations de celui-ci, n’en capturent pas moins les mécanismes physiques essentiels à la
compréhension de la propagation lumineuse non linéaire dans un cristal liquide.
Modèle scalaire
En vue de simplifier l’équation de propagation, nous allons d’abord considérer que nous avons un
champ de polarisation linéaire selon l’axe x et que celle-ci reste constante durant toute la propagation.
Nous allons de plus utiliser l’approximation paraxiale de sorte que l’équation de propagation prenne
une forme semblable à l’équation NLS (1.21) que nous retranscrivons ci-dessous :
7..,dA
2ik— +
dz
d^A d^A
-t- 2klnoAn„iA = 0, (1.43)
où le terme Ao„/ est la modulation d’indice non linéaire induite par la présence de la lumière. Nous
savons que le champ de déplacement Ddans un cristal liquide en phase nématique s’écrit sous la forme
1.23. La composante selon x du champ de déplacement, qui est la seule que nous considérons dans le
modèle scalaire, s’exprime de la manière suivante dans notre repère
+ A£°P' sin^ 6 E^, (1.44)
où le suffixe opt nous rappelle que nous travaillons aux fréquences optiques. En considérant que l’orien
tation moléculaire totale 6 peut se décomposer en une partie induite par la tension appliquée aux bords
de la cellule 6
qet une partie induite par le champ électrique optique 8. Le champ de déplacement peut
alors s’écrire :
Dx = s°^'Ex + Ae°P‘ sin^ 9
qE^ + Ae°P‘ sin^ 8 E^- A£°
p‘ sin^ 8
qE^. (L45)
D’autre part, l’ajout (et le retrait conséquent) du terme Ae°P‘ sin^ 8o E^ nous permet de séparer le
champ de déplacement en deux parties. La première, linéaire, correspond à l’orientation moléculaire
en l’absence d’intensité lumineuse. Et la seconde, non linéaire, correspond à la modification du champ
de polarisation induite par l’orientation qui est elle-même causée par la présence de la lumière. En
retranscrivant cela termes de polarisation linéaire et non linéaire, cela nous donne ;
E
qE + Pi = -t-Ae°P‘sin^ 6o) Æ'r. (L46)
P„/ = Ae°P‘ (sin^ 8 - sin^ 0o) E^. (L47)
Connaissant le champ de déplacement D, il est possible de déterminer l’indice de réfraction du
milieu en présence d’intensité lumineuse,
n = m + A£°P‘(sin^ 8 - sin^ 8o), (L48)
Où «0 = 'sl+ As ^ sin^ 8
qest l’indice de réfraction linéaire. Si la partie non linéaire de l’indice
de réfraction est petite devant >1 est possible d’approcher l’indice de réfraction total de la manière
suivante
n ~ no + ;^Ae°P‘(sin^ 8 - sin^ 8o) (L49)
2«o
Et il devient alors possible de poursuivre le même raisonnement que celui qui nous a permis d’éta
blir l’équation de Schrôdinger non linéaire au début de ce chapitre. À ceci près que la modulation
d’indice non linéaire prend désormais la forme An„i = l/2noAe°'’‘(sin^ 8 — sin^ 8o). Nous arriverons
donc à l’équation de propagation ci-dessous
a J (rP-A S^A\
2/A:— -I- f ^ + -^j -H A^A£°P‘(sin^ 8 - sin^ 8
q)A - 0. (1.50)
Cependant, cette équation à elle seule ne suffit pas : elle nous décrit en effet comment une onde se
propage dans un cristal liquide dont l’orientation est donnée par la variable 8, mais ne permet pas
1.5. Modèle théorique 27
de décrire la manière dont la présence du champ électrique modifiera l’orientation moléculaire. Pour
rendre compte de toute la physique du problème, il faut donc coupler à cette équation de propagation
l’équation du cristal qui nous donne l’orientation 6 en fonction de l’enveloppe du champ optique A,
l’équation 1.34. En y rajoutant les conditions aux limites d’ancrage fort, nous arrivons au système
d’équations suivant
0, (1.51)
0, (1.52)
2°, (1.53)
Ce système d’équations a été rapporté pour la première fois dans la littérature par Marco Peccianti et
al. [32]. Seule une dimension transverse était alors prise en compte (x, celle qui correspond à l’épaisseur
de la cellule). Il n’est en vérité qu’une adaptation du modèle paraxial développé par McLaughlin et ai
[30, 40, 4l]. L’adaptation apportée permet de tenir compte de l’orientation induite par la tension
aux bords de la cellule. Nous avons été les premiers à considérer toutes les dimensions spatiales de ce
problème en le résolvant de manière numérique [42, 43].
Le système d’équations ci-dessus permet de rendre compte quantitativement de l’interaction entre
la lumière et le cristal liquide comme nous le verrons au cours du chapitre suivant. Il n’est toutefois pas
parfait car il néglige les aspects vectoriels qui peuvent prendre de l’importance dans certaines conditions
expérimentales. Toutefois, modéliser la propagation vectorielle revient à prendre en compte la déviation
du faisceau faisant suite à la biréfringence. Il est par ailleurs possible de rendre compte de cette déviation
en ajoutant un terme de manière phénoménologique à l’équation de propagation. Celle-ci devient alors
2ik^ + (-I- -I- A:^Ae°'’‘(sin^ 9 - sin^ 6o)A + 2ik—^ = 0 (1-54)
dz \ ox^
0)A J £.. dx
Il a été récemment montré que l’ajout de ce terme permet en effet de rendre compte de l’influence de
l’anisotropie du cristal de manière exacte [44].
Modèle scalaire perturbatif
Par ailleurs, il est également possible de simplifier ce système d’équations en effectuant différentes
approximations citées ci-dessous. La primauté du raisonnement qui suit est l’apanage de Claudio Conti
et al [45]. Tout d’abord, il est possible, sans faire d’approximation, de séparer la variable 6 en deux
parties dont la dépendance en les coordonnées spatiales diffère
9(x, y, z) = è{x) + ■^'t(x, y, z) (1.55)
uo
En utilisant cette expression dans l’équation du cristal et en développant les fonctions sin 29 et sin^ 9
autour du point 9 — ;r/4 au premier ordre en 'P, le système prend la forme, plus simple, énoncée
ÔA d^A d^A
dz \ dx^ dy^
2ik— +
—r-I-
-—T-I- Â:^Ae°P‘(sin^ 9 - sin^ 9
q)A =
2K
d)P- j + £o(Ae',I^P + AS
,opt\A?) sin 29 =
2 2
ci-dessous
2ikdzA + ^lyA + li/\e°^^'^A = 0, (1.56)
= 0. (1.57)
;r 4
En renormalisant les diflFérentes variables de ce système, il est possible de faire apparaître le système
suivant
= 0, (1.58)
= 0. (1.59)
Dont les solutions de type soliton {d^ = 0) sont données par ces deux équations
’V^a-a + a\p = 0, (1.60)
U|2
- aif/+ — = 0. (1.61)
Ce système est identique à celui qui détermine le profil d’un soliton spatial paramétrique dans un
milieu Dans ces milieux, l’interaction cohérente entre un faisceau de pompe et la seconde har
monique qui est générée dans le cristal permet d’obtenir un faisceau qui se propage sans déformation
[19, 46]. Ce système peut paraître plus séduisant à étudier dans le contexte des cristaux liquides car
plus simple et déjà étudié de fond en comble dans le contexte des solfions paramétriques. Cependant,
il n’en reste pas moins d’une portée plus limitée du fait des hypothèses qui nous ont permis de l’éta
blir. En effet, ce système ne considère que le cas où l’orientation induite par la tension aux bords 0
qvaut ;r/4. L’orientation optiquement induite doit également être suffisamment faible pour être traitée
comme une perturbation au premier ordre.
Nous avons choisi dans le cadre du présent travail de nous intéresser au système de propagation
scalaire, sans tenir compte de la déviation due à l’anisotropie. Nous avons également choisi de ne pas
adopter l’approche perturbative mentionnée ci-dessus car elle limite le domaine de validité de notre
modèle. Mentionnons toutefois que nous avons mené ce travail en collaboration avec Jeroen Beeckman
et ses collègues du laboratoire ELIS de l’université de Gand qui étudient l’influence de l’anisotropie
sur la propagation de faisceaux solitons dans un dispositif identique à celui que nous étudions.
À l’heure actuelle, les cristaux liquides font l’objet d’un nombre croissant d’études centrées sur
le thème des solitons spatiaux. Le coup de fouet de ces études a été donnée au cours de l’an 2000
lorsque la possibilité de former des solitons spatiaux stables a été montrée dans ces milieux [32]. Les
premiers travaux ont alors consisté en la réalisation de dispositifs de commutation tout-optique [47,
20]. Toutefois, bien que fonctionnant de manière tout-optique, ces commutateurs et autre portes
logiques répondent à une vitesse limitée en raison de la lenteur inhérente au processus de réorientation
moléculaire. Cette lenteur constitue par ailleurs la raison pour laquelle les cristaux liquides n’ont pas
da 2 ,
I---h V a - a + aip
oz
e d^il/ T 1 •>
+ VV - û'iA +
a oz^ 2
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