1.4 MOSFETs en SiC
1.4.1 Les différentes structures
Le développement de ces composants a été jalonné de nombreuses évolutions
de la géométrie de ces structures. Nous tâcherons, ici, de rappeler, rapidement, les
grandes étapes de cette histoire mais également de décrire ce que pourrait être le
futur de ces composants commerciaux.
Les premiers MOSFETs de puissance en carbure de silicium sont apparus dès
1994[51]. À cette époque, les composants développés possédaient des structures
ver-ticales à grille en tranchée (UMOSFET), comme cela est présenté dans la figure1.14.
L’intérêt le plus évident de cette structure est qu’elle autorise la formation des zones
de source et de base par épitaxie et non pas par implantation ionique, ce qui permet
de s’affranchir du recuit associé à haute température pouvant dégrader certains états
de surface.
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IGURE1.14 – Vue en coupe schématique d’une structure MOSFET SiC vertical à grille en
tranchée [5]
Cependant, les premiers développements de structure à grille en tranchée ont fait
apparaître une forte limitation de la tenue en tension de ces dispositifs. En effet, la
présence d’un champ électrique important aux angles de la tranchée est susceptible
de provoquer un claquage localisé de l’oxyde de grille. Par conséquent, les premières
générations d’UMOSFET développées au début des années 90 étaient limitées à une
tenue en tension de 260 V [50].
Une solution plus simple pour s’affranchir du phénomène de claquage de l’oxyde
au niveau des angles de la tranchée a été de supprimer la structure de grille en
tran-chée elle-même. C’est donc pour ce motif qu’apparaissent, dès 1996, les premiers
MOSFET de puissance à grille dite plane. La figure1.15présente une vue en coupe
schématique d’un MOSFET en SiC à grille plane ou DMOSFET. Cette structure tire son
nom de la double implantation ionique nécessaire à la création des zones de canal et
de source, respectivement dopées p et n+. Cette nouvelle structure de MOSFET a
per-mis d’augmenter significativement la tenue en tension à l’état bloqué. À l’époque, les
calibres en tension ont ainsi pu être multipliés par un facteur trois environ en passant
de la structure UMOSFET à la structure DMOSFET et atteindre 760 V [69].
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IGURE1.15 – Vue en coupe schématique d’une structure MOSFET "planar" à double
implan-tation [64]
Pour le carbure de silicium, l’utilisation de la technique de diffusion est
impos-sible. Il est donc nécessaire de former la région de source par implantation ionique
suivie d’un recuit d’activation à une température comprise entre 1600 et 1700oC.
La mise en œuvre de cette technique de dopage a des conséquences sur l’état de
surface du semiconducteur et donc sur la qualité du canal de conduction. La faiblesse
de la mobilité des porteurs dans le canal des DMOSFET SiC a donné lieu à de
nom-breux travaux visant à en comprendre les causes [70,71] et à résoudre ce problème
[6,58].
Entre la fin des années 90 et le début des années 2000, des travaux ont également
été menés, par différents groupes, afin d’améliorer la tenue en tension [61,63,65]. Des
structures capables de supporter jusqu’à 10 kV ont été proposées [15,64]. Tous ces
efforts ont permis l’arrivée sur le marché en 2011 de MOSFET en SiC dans la gamme
600/1200V pouvant conduire un courant jusqu’à 60A [62].
Dans le même temps, tout espoir de développer des composants UMOSFET
ca-pables de bloquer des niveaux de tension élevés n’a pas été abandonné. En effet, dès
1998, l’Université de Purdue [72] a proposé une structure à grille en tranchée associée
à une zone dopée p, formée par implantation ionique, sous le fond de la tranchée
comme cela est présenté dans la figure1.16. Cette structure, connue sous le nom de
Bottom p-tell(BPW), est ramenée à la masse et protège ainsi l’oxyde d’un trop fort
champ électrique à l’état bloqué. Cette technique de protection de l’oxyde de grille
des MOSFETs en tranchée continue à faire l’objet de travaux de recherche mené
no-tamment par Mitsubishi Electric Corporation [30,73]
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IGURE1.16 – Image au Miscrope Electronique à Balayage (MEB) d’un UMOSFET 4H-SiC avec
une zone "BPW" ramené à la masse [73]
Cette volonté de développer ce type de composants se justifie par la possibilité
d’obtenir une densité de cellules élémentaires plus importante que pour une
struc-ture DMOSFET. En outre, contrairement au MOSFETplanar, les composants en
tran-chés ne présentent pas de zone JFET, ce qui permet donc potentiellement
d’obte-nir des résistances spécifiques (R(on,sp)) plus faibles que pour les DMOSFET. Enfin,
les composants UMOSFET se différencient des DMOSFET par une meilleure mobilité
des porteurs dans le canal. En effet, le canal des structures UMOSFET se forme sur le
flanc de la tranchée. L’interface MOS est donc réalisée dans les plans〈1100〉ou〈1120〉
du cristal et non pas sur la face〈0001〉comme pour les structures à grille plane. Or un
certain nombre d’études tendent à montrer une meilleure mobilité des porteurs dans
le plan〈1120〉[35].
Plus récemment la société ROHM a présenté une solution qui consiste à
dévelop-per une structure dite à double tranchées, dans laquelle la grille et la zone de source
sont réalisées par des structures en tranchée comme cela est présenté dans la figure
1.17. Les résultats de simulation présentés ci-dessous mettent en évidence une
ré-duction du champ électrique sous l’oxyde et l’apparition d’un champ électrique plus
élevé sous les zones de source en tranchée [35,47]. Cette nouvelle structure est
pré-sentée par la société ROHM comme étant à la base de la 3eme` génération de MOSFET
de puissance en carbure de silicium, disponible sur le marché en 2015.
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IGURE1.17 – (a) Vue en coupe schématique d’un MOSFET 4H-SiC à double tranchées (b)
champ électrique dans la structure pour VDS=600 V et VGS=0 V [47].
Dans le document
Contribution à l'étude de la fiabilité des MOSFETs en carbure de silicium
(Page 34-38)