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Le protocole de non-répudiation de Coffey et Saidha

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4 Non-répudiation avec tierce partie de confiance 5

4.2 Méthodes avec tierce partie de confiance in-line

4.2.1 Le protocole de non-répudiation de Coffey et Saidha

Ce protocole d’échange, proposé en 1996, illustre bien l’usage de TPC in-line.

Coffey et Saidha [29] utilisent la TPC comme serveur de non-répudiation. Les

preuves de non-répudiation ne sont retransmises par la TPC que lorsqu’Alice

et Bob les lui ont fournies. La TPC va donc collecter les preuves et ne les

transmettre que par la suite.

Nous faisons l’hypothèse que les canaux de communication entre chaque entité

et les tierces parties de confiance sollicitées sont réactifs.

Le protocole fait usage de cachets temporisés émis par une autorité de confiance

gardienne du temps^ (autorité de gestion du temps, AGT en abrégé). L’autorité

de gestion des cachets temporisés ne se préoccupe pas du contenu des messages

qui lui sont soumis (contrairement à ce qui est parfois attendu d’une TPC), elle

se contente d’ajouter un cachet temporisé à un message signé par l’acteur avec

lequel elle communique. *

48 Chapitre 4 : Non-répudiation avec tierce partie de confiance

Protocole 4.1 Le protocole de Coffey et Saidha

1. A AGT : Ckagt (NROps)

2. AGT A : Ck^ (NRO)

3. A —> TPG : requête d’un transfert non-répudiable ♦

4. TPC^A- Ck^ (ni) ♦

5. A^TPC : Cktpc [sigA(nuNRO,NRRp)')

♦b

6. TPG —t B : Ckb ^Sigrpc (n2, NRRp)^

♦b

7. B AGT : Ckagt (NRRps)

♦b

8. AGT -^B -.Ckb (NRR)

♦b

9. B —> TPG : Cktpg (n2, NRR)^

10. TPG B :Ckb (NRO)

11. TPG -^A:Cka (NRR)

Les preuves

Le protocole assure l’échange de preuves de non-répudiation à l’origine ainsi qu’à

la réception, mais pour ce faire, il utilise des messages intermédiaires qui sont

des preuves partielles de non-répudiation. De telles preuves sont dites partielles

car elles entrent dans la composition des preuves de non-répudiation.

La preuve partielle de non-répudiation à l’origine signée est :

NROps = Sig^ Unroi^ib, m)

fNRO est un code indiquant le but du message (à savoir apporter la preuve de

non-répudiation à l’origine), A et B sont des strings désignant respectivement

Alice et Bob et m est le message, concerné par les preuves de non-répudiation,

transmis par Alice à Bob. Les virgules dénotent des concaténations.

La preuve de non-répudiation à l’origine^ est :

NRO = {NROPS, AGT,ct\)

où cil est un cachet temporisé, assurant la fraîcheur du message, apposé par

l’autorité de gestion du temps.

La preuve partielle de non-répudiation à la réception non signée consiste en :

NRRp = fNRH,B,A,h{NRO)

/nrr indique que le but de cette preuve est d’apporter la non-répudiation à

la réception.

La preuve partielle de non-répudiation à la réception signée :

NRRps = ^gB{NRRp)

4.2 Méthodes avec tierce partie de confiance in-line 49

Enfin, la preuve de non-répudiation à la réception® est :

NRR = Sigy^Q'P {NRRps, AGT,ct2)

où c<2 est, comme cti, un cachet temporisé apposé par l’autorité de gestion du

temps.

Le protocole

À chaque pas du protocole décrit ci-dessous, la réception d’un message incorrect

(invalidité d’une signature, etc.) entraîne l’arrêt du protocole par le récipien­

daire.

1. Alice initie le protocole en soumettemt à l’autorité de gestion du temps

la preuve partielle signée de non-répudiation à l’origine pour qu’elle soit

datée et signée par cette autorité :

A ^ AGT : {NRO

ps

)

2. L’autorité de gestion du temps, si la signature d’Alice est valide, répond

par la preuve de non-répudiation à l’origine, chiffrée pour qu’elle ne soit

accessible qu’à Alice :

AGT A:C

ka

{NRO)

3. Si la preuve de non-répudiation est valide (y compris le cachet tempo­

risé), Alice demande à la TPC l’initialisation d’une communication non-

répudiable :

A —>■ TPC : requête d’un transfert non-répudiable

4. Si la TPC reçoit une telle requête, elle répond par l’envoi chiffré d’un nonce

aléatoire, ni (utilisé donc exclusivement pour cette session du protocole).

Cette valeur aléatoire, temporairement conservée par la TPC, ne pourra

être obtenue que par Alice qui, seule, peut déchiflfrer ce message :

TPC-^A : C

k

^ (m)

5. Alice inclut dans sa réponse à la TPC ce nombre aléatoire ni (garantissant

à la TPC que ce message ne provient pas d’une autre session du proto­

cole). Elle envoie la preuve complète de non-répudiation à l’origine et la

preuve partielle de non-répudiation à la réception. La TPC pourrait cal­

culer cette preuve partielle de non-répudiation à la réception, mais Alice

le réalise pour diminuer la charge de la tierce partie :

50 Chapitre 4 : Non-répudiation avec tierce partie de confiance

A-^TPC : Cktpc (SigA (^i, NRO, NRRp))

6. Si le message envoyé par Alice et sa signature sont valides, la TPC initie

la génération de la preuve de non-répudiation à la réception. Pour ce faire

elle envoie à Bob un deuxième nonce aléatoire, ri2, propre à cette session

du protocole, ainsi que la preuve partielle de non-répudiation à la récep­

tion :

TPC —> B : Ckb (^^&tpc ^RRp)^

7. Bob signe la preuve partielle de non-répudiation à la réception et l’envoie

à l’autorité de gestion du temps pour que celle-ci y appose un cachet tem­

porisé signé ;

B^AGT: CKy^oT (NRRps)

8. Si le message est reçu et si sa signature est correcte. Bob reçoit en retour la

preuve de non-répudiation à la réception signée et datée, le tout formant

la preuve complète de non-répudiation à la réception ;

AGT -^B -.Ckb (NRR)

9. Bob soumet la preuve obtenue, si cette dernière est valide, à la TPC en

incluant le nombre aléatoire TI2 :

B -> TPG : Cktpc (sigB {n2,NRR)j

10. La TPC peut « oublier » ni et U

2

, et envoie la preuves de non-répudiation

à l’origine à Bob :

TPG ->B : GKb (NRO)

11. Puis elle envoie la preuve de non-répudiation à la réception à Alice :

TPG A: Cka (NRR)

Remarquons que l’ordre des deux derniers envois n’a pas d’importance.

L’équité

Rappelons que les autorités intervenant dans le protocole, l’AGT et la TPC,

sont supposées honnêtes. Les raisonnements qui vont suivre se baseront, entre

autres, sur la certitude d’un comportement adéquat de leur part.

Théorème 4.1 Le dernier envoi du protocole ainsi que les envois du protocole

précédant le cinquième envoi sont des points de forte complétude universels.

4.2 Méthodes avec tierce partie de confiance in-line 51

Preuve : Si Alice arrête le protocole avant le cinquième envoi, la TPC ne reçoit

pas la preuve de non-répudiation à l’origine et ne continue pas le protocole.

Bob n’a donc plus d’autre choix que d’arrêter aussi le protocole (il ne sera pas

contacté par la tierce partie). Ni Alice, ni Bob n’ont les preuves attendues. De

même si Bob arrête le protocole avant le cinquième envoi, Alice pourra contacter

la TPC lors du sixième envoi. Mais cette dernière, n’obtenant aucune réponse

de Bob, ne pourra rien transmettre en retour à Alice.

Après le onzième envoi, les preuves sont reçues par les acteurs cibles et le pro­

tocole prend fin naturellement. □

Théorème 4.2 Les cinquième, sixième, septième et huitième envois sont des

points de fortes complétudes pour Bob.

Preuve : Si Bob met fin au protocole avant le neuvième envoi (et après le

cinquième envoi), il ne fournit pas la preuve de non-répudiation à la réception à

la TPC, qui ne peut donc la transmettre à Alice, et ne reçoit donc pas la preuve

de non-répudiation à la réception. Alice n’a plus d’autre choix que d’arrêter

aussi le protocole.

Par contre Alice ne peut spontanément arrêter de prendre part au protocole

après le cinquième envoi car elle ne peut prévoir le comportement de Bob, qui

s’il réalise le neuvième envoi, recevra la preuve de non-répudiation à l’origine.

Théorème 4.3 Le protocole est fortement équitable.

Preuve : Avant le neuvième envoi, le protocole peut être arrêté sans risque

(puisque chacun de ces envois correspond à un point de complétude).

Si Bob réalise le neuvième envoi, la TPC y répondra aux envois dix et onze : le

point de complétude universel correspondant à l’exécution du onzième envoi est

donc atteint.

Par l’hypothèse de conservation, Alice n’abandonnera plus le protocole après le

cinquième envoi ; de même Bob ne l’abandonnera plus après le neuvième envoi.

Puisque, par hypothèse, les canaux entre la TPC et respectivement Alice et Bob

sont réactifs, les preuves de non-répudiation attendues seront reçues par Alice

et Bob. □

La fin du protocole

Les auteurs n’ont pas proposé d’user de délais maxima après lesquels on consi­

dère un message comme perdu. Tel que présenté par les auteurs, le protocole ne

peut donc être prouvé temporellement fini.

Théorème 4.4 Si un délai maximum d’attente ti est fixé pour chaque envoi i,

le protocole est temporellement fini.

Preuve : Puisque les canaux de communication entre les tierces parties de

confiance (TPC et AGT) et respectivement Alice et Bob sont réactifs, les envois

52 Chapitre 4 : Non-répudiation avec tierce partie de confiance

2, 4, 6, 8, 10 et 11 sont réalisés et arrivent en un temps fini non prévisible.

Les autres envois % (qui ne sont pas émis par une autorité de confiance) sont

éventuellement reçus avant ti unités de temps ; si ce n’est pas le cas, le protocole

est arrêté. Le protocole se termine ainsi en un temps fini. □

Les disputes

Si Alice affirme avoir envoyé avec succès le message m à Bob, le juge lui demande

ou demande à la TPC la preuve de non-répudiation à la réception ainsi que la

preuve de non-répudiation à l’origine. Si ces preuves ne peuvent être fournies,

le juge rejette l’affirmation d’Alice. Dans le cas contraire, le juge vérifie les

signatures d’Alice et de l’autorité de gestion du temps sur la preuve de non-

répudiation à l’origine. Puis il vérifie si le hachage de cette preuve de non-

répudiation à l’origine correspond au hachage présent dans la preuve de non-

répudiation à la réception^. Enfin, il vérifie les signatures de Bob et de l’autorité

de gestion du temps sur la preuve de non-répudiation à la réception. Si toutes

ces vérifications réussissent l’affirmation est acceptée.

Si Bob affirme avoir reçu le message m d’Alice, le juge demande à Bob, Alice

ou à la TPC la preuve de non-répudiation à l’origine. Si cette preuve ne peut

être fournie, l’affirmation est rejetée. Sinon, le juge vérifie si le message précisé

dans la preuve de non-répudiation à l’origine correspond au m annoncé par Bob.

Puis il vérifie les signatures d’Alice et de l’autorité de gestion du temps sur cette

preuve de non-répudiation. Si toutes ces vérifications réussissent l’affirmation est

acceptée.

La viabilité

Théorème 4.5 Le protocole est viable.

Preuve : Par hypothèse, puisque les acteurs sont tous honnêtes et comme

aucun message n’est définitivement bloqué, tous les envois du protocole sont

réalisés, les preuves sont émises par la TPC et finalement reçues par Alice et

Bob. Notons que, sans canaux réactifs, un message pourrait être perdu lors de

sa transmission, mettant ainsi fin au protocole malgré l’honnêté des acteurs. □

Le comportement de la tierce p£irtie de confiance

Un protocole in-line est très sensible à une déviance de comportement d’une

autorité de confiance.

La TPC peut s’allier avec Alice et lui envoyer un ni déjà utilisé et/ou accepter

un cachet temporisé dépassé et le transmettre à Bob en fin de protocole. Elle

^Rappelons que la preuve de non-répudiation à la réception NRR est basée sur la preuve

partielle de non-répudiation à la réception signée NRRps qui est composée de la preuve par­

tielle de non-répudiation non signée contenant le hachage de la preuve de non-répudiation à

l’origine NRO.

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