5 DESCRIPTION DU MILIEU D’INSERTION
5.2 M ILIEU PHYSIQUE
5.2.3 Hydrographie et hydrologie
En termes d’hydrographie, le secteur d’étude se situe sur le fleuve Saint-Laurent, à l’exutoire du lac Saint-François immédiatement à l’aval du Barrage du Coteau. La rivière Delisle, qui est le seul tributaire présent dans la zone d’étude, draine les terres situées à l’ouest de Coteau-du-Lac.
Le canal de Soulanges, dont le centenaire de l’inauguration officielle a été célébré en 1999, longe le Chemin du Canal jusqu’à Pointe-des-Cascade. Enfin, le canal Langevin, qui est parallèle à la rue du Fort, relie la rivière Delisle au fleuve Saint-Laurent. À l’exception des périodes où le débit de la rivière Delisle est élevé, l’écoulement des eaux à l’intérieur du canal Langevin s’effectue vers la rivière Delisle.
Dans tout le bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent, le tronçon fluvial du secteur à l’étude est celui qui comprend la plus forte densité de structures de contrôle de l’écoulement. Les premiers ouvrages ont été mis en place à la fin du 18e siècle. Ils avaient alors le rôle d’assurer aux bateaux une voie de contournement des rapides. Par la suite, se sont ajoutés plusieurs moulins et petites centrales hydroélectriques et, au cours des années 1930, la centrale de Beauharnois (Robitaille, 1998).
Au fil des années, l’aménagement d’ouvrages de retenue s’est avéré nécessaire, d’abord pour maintenir les niveaux d’eau nécessaires au fonctionnement des centrales, puis pour compenser la dégradation du milieu. L’implantation de ces ouvrages a progressivement fait disparaître la plupart des rapides entre le lac Saint-François et le lac Saint-Louis, pour évoluer vers la configuration d’écoulement actuelle (Robitaille, 1998). Des bassins artificiels ont par la suite été aménagés afin de rehausser le niveau de l’eau à des fins esthétiques et récréatives. Par contre, plusieurs ouvrages de retenue ne peuvent pas résister aux glaces, et, pour cette raison, doivent être vidangés à l’automne. Cette pratique limite le développement de la végétation et de la faune
MINISTÈRE DES TRANSPORTS DU QUÉBEC AMÉNATECH INC.
Étude d’impact sur l’environnement Mars 2011
Élargissement de la chaussée sur le pont Monseigneur-Langlois N/Réf. : F098251-001
aquatique et dégrade le paysage s’offrant aux riverains. Elle constitue également une contrainte à plusieurs activités récréotouristiques (Robitaille, 1998).
La production hydroélectrique à la centrale de Beauharnois influe grandement sur la gestion des eaux du fleuve Saint-Laurent. Aujourd’hui, environ 84 % du débit fluvial est détourné vers le canal de Beauharnois, alors qu’avant plusieurs phases successives d’agrandissement, 15 % du débit fluvial alimentait cette centrale. Ainsi, l’excédent des eaux du Saint-Laurent passant par le lac Saint-François et qui ne sont pas dirigées vers le canal de Beauharnois est orienté vers le complexe des Cèdres, et ce, via les ouvrages du Coteau (trois barrages et une digue), présents dans la zone d’étude (Hydro-Québec, 1999). Environ 15 % du débit fluvial y est orienté. Après le passage des vannes des évacuateurs, les eaux s’écoulent au travers des rapides du Coteau qui se composent de petits réservoirs en cascades répartis entre les îles de Beaujeu, d’Aloigny, Bienville et Arthur. Moins de 1 % du débit fluvial passe par les autres exutoires, soit la rivière Saint-Charles, le moulin Langevin, le camp Bosco et les canaux de Soulanges et de Saint-Louis.
De façon spécifique, l’hydrologie dans le secteur d’étude est directement liée aux ouvrages de compensation du Coteau, construits entre 1933 et 1944, soit:
Coteau 1: Ouvrage de compensation entre la rive droite et l’île d’Aloigny;
Coteau 2 : Ouvrage de compensation (inactif) entre l’île d’Aloigny et l’île de Beaujeu;
Coteau 3 : Ouvrage de compensation entre l’île de Beaujeu et l’île Liénard;
Coteau 4 : Digue joignant la rive gauche, via les îles Liénard, Marigny et du Rigolet.
Les ouvrages de Coteau 1 et de Coteau 3 assurent la principale alimentation en eau du lit original du fleuve, soit près de 97 % du débit annuel moyen. Situé immédiatement en amont du pont No1, l’ouvrage Coteau 1 est constitué de 20 vannes dont 18 peuvent être ouvertes.
Seulement deux de ces vannes sont automatisées, les autres nécessitant une intervention du personnel d’Hydro-Québec. Le délai d’intervention pour l’ouverture manuelle des vannes est de l’ordre de 30 minutes. Les ouvrages de Coteau 2 et de Coteau 3 sont respectivement situés à environ 400 m et 600 m en amont du pont No2. L’ouvrage de Coteau 2, qui est maintenant définitivement fermé, comprend 16 portes bétonnées qui ne peuvent pas être ouvertes.
Le mode d’exploitation des ouvrages de Coteau 1 et Coteau 3 a été revu au cours des dernières années afin de répondre, en plus des contraintes de production électrique, à des objectifs écologiques. Par l’instauration de débits réservés, l’objectif était d’optimiser le potentiel de reproduction des espèces d’intérêt sportif, de minimiser les risques d’emprisonnement des poissons dans les fosses et sur les platières, ainsi que de rendre accessible aux poissons tous les secteurs des îles du Coteau, et ce, pendant toute l’année. Ainsi, selon la directive d’exploitation des ouvrages de Coteau 1 et 3 (Hydro-Québec, 2001), les stratégies de partage des eaux entre Coteau 1 et Coteau 3 visent à favoriser le potentiel de reproduction des poissons à l’aval de ces ouvrages et à minimiser les risques d’érosion en rive.
Hydro-Québec est tenu de respecter l’entente conclue avec le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) et le ministère des Ressources naturelles et
de la Faune (MRNF) concernant le débit écologique. Ainsi, afin de répondre aux contraintes environnementales, les vannes doivent être ouvertes selon les dates déterminées (tableau 9) de manière à laisser s’écouler des débits minimums spécifiques. Les vannes peuvent être bloquées à l’ouverture partielle requise. Lors d’une baisse, la coupure de débit s’échelonne sur une période de trois heures afin d’éviter l’emprisonnement des poissons dans les platières. Ces contraintes ne s’appliquent toutefois pas en période des glaces, soit pour les mois de décembre à mars, inclusivement. Les scénarios d’ouverture des vannes prennent en compte la période de reproduction des poissons.
Tableau 9 Données de débit minimum dans le fleuve Saint-Laurent, à la hauteur du pont Monseigneur-Langlois
Période
Coteau 1 Coteau 3
Ouverture
vanne 5 Débit min. Ouverture
vanne 4 Débit min.
16 juillet au 14 avril 1,1 m 90 m3/s 2,3 m 200 m3/s 15 avril au 15 juillet 1,9 m 140 m3/s 3,7 m 300 m3/s Source : Jean-Pierre Laberge, Hydro-Québec. Compte-rendu de réunion tenue le 12 mai 2005.
En raison de ces contraintes, la période estivale en condition d’étiage constitue donc, au point de vue technique et pour des raisons de sécurité, la meilleure période de l’année pour exécuter les travaux en milieu aquatique (Jean-Pierre Laberge, Hydro-Québec. Compte-rendu de réunion tenue le 12 mai 2005).
Une procédure de communication devra donc être établie entre Hydro-Québec et l’entrepreneur dans le but d’assurer la sécurité des travailleurs lors des travaux au niveau de l’eau, notamment à l’égard des procédures d’évacuation en cas d’ouverture des vannes.
La totalité des ouvrages de retenue de la zone d’étude appartient à Hydro-Québec. Le tableau 10 présente les caractéristiques de ces ouvrages de régularisation.
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Tableau 10 Caractéristiques des ouvrages de retenue de la zone d’étude Nom du
barrage
Municipalité Année de construction
Source : Centre d’expertise hydrique du Québec, 2003
Le débit de l’eau qui transite sous le pont Monseigneur-Langlois correspond au débit de l’eau qui passe par l’ouvrage Coteau 4, soit environ 23 m3/s (Labbé, 2001). Depuis 1993, les ouvrages du Coteau maintiennent un débit minimum total de 290 m3/s dans le bassin des Cèdres. Ce débit minimum est de 440 m3/s en période de reproduction des poissons. Le débit est régularisé avec les évacuateurs au niveau des barrages. Le débit dans le canal de Soulanges est inférieur à 5 m3/s et les vitesses d’écoulement sont inférieures à 0,02 m/s (Labbé, 2001).