III. Etude de l’impact de la réparation des DSB sur le génome de
Streptomycesambofaciens
Par la suite, ces résultats seront discutés dans une discussion générale et les
perspectives à apporter seront détaillées.
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CHAPITRE 2 :
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I. Etude des acteurs tardifs de la recombinaison homologue
Article N°1 : Accepté pour publication dans le journal Research in Microbiology le 04/07/16
Résumé des résultats de l’article :
Dans la partie introductive, le rôle et les caractéristiques des différentes protéines
intervenant dans la RH ont été décrits pour les trois bactéries modèles que sont E. coli, B.
subtilis et Mycobacterium. Chez les Streptomyces, si l’implication de RecA dans la RH a été
démontrée à plusieurs reprises (Vierling et al., 2001 ; Huang et al., 2006), l’identité des
acteurs intervenant dans les étapes précoces et tardives de la RH est longtemps restée
inconnue, faute d’études sur le sujet. Ainsi, après avoir démontré au laboratoire l’essentialité
du locus adnAB, qui pourrait être responsable du traitement des extrémités d’une DSB lors
de l’étape pré-synaptique de la RH (Zhang et al., 2014), nous nous sommes tout
naturellement penchés sur l’identification des acteurs de l’étape post-synaptique de la RH.
Chez E. coli et B. subtilis, le résolvasome RuvABC (RuvAB/RecU chez Bacillus) et l’hélicase
RecG sont connus pour jouer un rôle redondant dans l’étape post-synaptique de la RH
(Lloyd et Sharples, 1993 ; Whitby et al., 1993 ; Sanchez et al., 2005). Tandis que RuvAB et
RecG catalysent la migration des JH, l’endonuclease RuvC/RecU permet de cliver la structure
à quatre brins et de restaurer la conformation double-brin (Connolly et al., 1991 ; Müller et
West, 1994 ; Ayora et al., 2004). Ainsi, chez E. coli, la délétion de ruvABC ou recG n’impacte
que peu les cellules dans la résistance aux dommages de l’ADN, tandis qu’un mutant
∆ruvABC ∆recG y est très sensible (Lloyd et Buckman, 1991). Chez B. subtilis la délétion
combinée de ruvAB, recU et recG n’est pas viable (Sanchez et al., 2005, 2007).
S’il est connu que les gènes ruvABC et recG sont présents chez Streptomyces (Rocha et al.,
2005), aucune information n’est disponible quant à leur conservation au sein des différentes
espèces. Ainsi, le premier travail de cette étude a été de rechercher la présence de ces gènes
dans les 38 génomes alors séquencés de Streptomyces. Nous avons pu constater que les deux
loci sont fortement conservés, chaque espèce possédant un orthologue de ruvABC et un
orthologue de recG. Afin de pouvoir étudier leur rôle et implication dans la RH, des souches
Implication of RuvABC and RecG in Homologous Recombination in
Streptomyces ambofaciens
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mutées pour ruvABC, pour recG mais également pour les deux loci ont été construites chez S.
ambofaciens ATCC 23877. De la même manière, une souche délétée du gène recA a
également été construite afin d’être utilisée dans toutes les expériences réalisées comme un
témoin déficient pour la RH. Afin de déterminer l’implication de ces gènes dans la RH, 3
approches ont été mises en œuvre.
Dans une première approche, les spores des différents mutants ont été exposées aux
rayons UV afin de tester la réponse de ces souches aux dommages de l’ADN. Les résultats
nous révèlent que les mutants ∆ruvABC et∆recG ne sont pas significativement plus sensibles
aux UV qu’une souche sauvage tandis qu’un double mutant ∆ruvABC ∆recG est deux fois plus
affecté que la souche sauvage. Toutefois, ces valeurs restent modestes en comparaison d’un
mutant ∆recA dont le taux de survie après exposition aux UV est 250 fois inférieur à celui de
la souche sauvage.
Les deux approches suivantes sont axées directement sur des mesures de taux de
recombinaison. Elles se distinguent toutefois par le fait que la première approche est basée
sur de la recombinaison conjugative, c’est-à-dire l’intégration d’un fragment d’ADN ou le
remplacement d’un locus après transfert d’ADN par conjugaison, tandis que la seconde est
basée sur de la recombinaison intra-chromosomique délétant un locus grâce à un évènement
de RH entre deux séquences homologues placées en répétition directe. L’approche de
recombinaison conjugative nous révèle ainsi que l’efficacité de recombinaison après
conjugaison diminue de 3 à 5 fois pour les mutants ∆ruvABC et ∆recG, tandis qu’elle est
encore aggravée pour un double mutant ∆ruvABC ∆recG, à savoir 10 à 15 fois inférieure à
celle d’une souche sauvage. Cependant, il est à noter que contrairement à ce qui se déroule
dans un contexte ∆recA où aucun recombinant n’a pu être obtenu, la RH est toujours
possible en absence de RuvABC et RecG. En revanche, il existe une différence majeure entre
recombinaison conjugative et recombinaison intra-chromosomique puisque pour cette
dernière, aucune différence significative n’a pu être constatée entre l’efficacité de
recombinaison obtenue pour le mutant ∆ruvABC ∆recG et la souche sauvage.
Ces résultats nous apportent des informations précieuses sur l’importance de
RuvABC et RecG lors de l’étape post-synaptique de la RH chez les Streptomyces. En effet,
comparés à l’impact qu’entraine la délétion de ces mêmes acteurs chez d’autres bactéries
telles qu’E. coli et B. subtilis, les résultats obtenus chez S. ambofaciens suggèrent que des
protéines alternatives seraient également capables d’assurer cette fonction. La différence
qui existe entre l’approche conjugative et intra-chromosomique permet également de
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supposer que la présence d’ADN exogène pourrait avoir un impact sur l’expression de ces
gènes et ainsi favoriser leur intervention plutôt que celle de protéines alternatives.
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Dans le document
Réparation des cassures double-brin et variabilité chromosomique chez Streptomyces
(Page 49-67)