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Nous traitons dans ce chapitre des differents niveaux existants pour structurer l’information. Nous avons vu plus haut les LOD, les LODt (ou couple LOD - LOI). Nous allons voir ci-dessous un autre type de niveau : les LODef ouniveaux de définition(Level Of Definition). Voici tout d’abord quelques définitions de ces LODef :

[Groupe Structuration de Données,1991] : « Les niveaux de définition qualifient les descriptions et les représentations sur l’objet en cours de conception, en fonction de l’état d’avancement de cette conception ». Ils peuvent être variables selon les métiers mais c’est principalement l’échelle géométrique qui est utilisée comme critère de pertinence. Donc la représentation est liée au développement de la conception : nous avons expliqué précédemment pourquoi cette vision cor-rélée entre représentation visuelle, informations de conception et échelle ne pouvait être utilisée aujourd’hui de manière aussi contrainte.

[PAS 1192-2,2013] : lelevel of model definitiondéfinit le minimum de détail pour chaque modèle dont les équipes ont besoin. Pour chaque level of model definition les LOD et LOI de chaque objet sont déterminés. Ces niveaux montrent une corrélation forte avec les différentes phases du projet.

[Communic L1,2010] : proposition d’une décomposition par « entité fonctionnelle, métier, système transverse, élément de construction et phases du cycle de vie. » Ensuite, selon chaque type de décomposition, il faut adapter le « niveau de détail » des objets considérés. « Ces découpages doivent être cohérents entre eux et chaque partenaire doit pouvoir organiser et visualiser les données selon sa propre discipline, sans remettre en cause les autres découpages ».

La proposition du projet Communic est la seule qui se rapproche d’une proposition par abstraction, par considération de différentes vues portées sur un projet selon les besoins de modélisation et d’analyse de l’information. Le « niveau de définition » signifie littéralement à quel niveau d’abstraction est défini ou décrit l’ouvrage. La structuration de l’information en niveaux proposée dans les livrables du projet de recherche Communic se base sur le concept de Level Of Definition que nous noterons LODef, pour rester

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en cohérence avec les autres notations de niveaux, sans pour autant évoquer une équivalence de valeur entre ces concepts deniveau. Elle est proposée « Afin de faciliter la manipulation des informations et de traiter des problématiques globales sans se perdre dans les détails » [Communic L1,2010]. Il s’agit d’une conceptualisation proche de celle des LOA. Ces LODef permettent de choisir quel est le niveau « le plus adapté à la vision de l’ouvrage que l’on veut obtenir. [. . . ] Ces découpages ont un impact majeur sur l’organisation du projet, sur l’efficacité du travail, et donc sur les processus collaboratifs. Ils engagent les partenaires à collaborer et à se concentrer sur les mêmes objectifs, même s’ils travaillent avec des vues et des métiers différents. Cela permet de faciliter la validation directe d’objets ou de groupes d’objets, au lieu de continuer à valider des plans 2D (vues partielles d’un modèle global) » [Communic L1,2010]. La suite de la proposition de LODef comprend des niveaux de détail pour chaque LODef qui définissent la précision de description de chaque objet identifié pour chaque LODef. Ces niveaux de détail sont utilisés pour faciliter la compréhension du découpage du projet pour les raisons suivantes : « Un ouvrage de génie civil de plusieurs dizaines de kilomètres de long comprend un nombre d’objets tel qu’il est impossible de :

– les envisager tous au début d’une étude ;

– les représenter tous de manière compréhensible par une seule vue de la maquette. » [Communic L1, 2010]

Dans le projet Communic [Communic L1,2010] il existe six niveaux de définition (également appelés « niveaux d’objet »). Ils sont définis ci-dessous et présentés dans la Figure5.16:

– N0 : décrit l’ouvrage dans son ensemble : données générales, dossiers généraux produits, informa-tions actualisées en matière de coûts ou de délais, documents contractuels généraux

– N1 : entités (ou ouvrages) fonctionnelles : ouvrages particuliers aux projets d’infrastructures ; les exemples de ce type d’éléments du MCD sont : autoroute, ouvrage hydraulique, ligne électrique ou encore les rétablissements des communications (infrastructures) perturbées par l’infrastructure en projet ;

– N2 : métiers ou nature des travaux pour réaliser chaque ouvrage fonctionnel : on va donc en retrouver plusieurs dans différents ouvrages fonctionnels du N1 ; on pourrait ajouter ici une dé-composition spatiale générique relative à chaque métier ;

– N3 : ouvrages élémentaires : peut être un tablier, une pile de pont, une culée, un remblai, etc. ; – N4 : dispositions constructives : une pile est composée de semelle, fût, chevêtre ;

– N5 : constituants spécifiques : éléments quantifiables comme des matériaux ou composants type ferraillage.

Remarque : Les niveaux N0 à N2 sont génériques et applicables à tout projet [Communic L1,2010]. Toutefois, cette structuration en niveaux de définition ne peut être définie entièrement de manière unique pour tous les projets et ouvrages. Elle dépend de :

– la taille de l’ouvrage (centaines de mètres ou centaines de kilomètres).

– l’organisation de conduite du projet, sa méthode de réalisation et sa décomposition en sous-ouvrages élémentaires.

Cette proposition de niveaux, à compléter par un niveau de détail pour chaque objet, est illustrée par la Figure5.17.

Passons à l’analyse de ces niveaux proposés suite au projet de recherche Communic.

Le premier élément important de cette proposition se trouve dans l’introduction du concept d’« en-tité fonctionnelle » (N1). Une infrastructure est composée de ces éléments qui répondent à des grandes fonctions du projet. Ces entités correspondent pour la plupart à des espaces clés du projet : elles ont donc un rôle à la fois fonctionnel et spatial. Ensuite, cette décomposition comprend des points communs avec les vues préconisées par l’ingénierie système proposées parKrob[2009] (voir section4.2page90). La différence fondamentale se trouve dans la hiérarchie des LODef de Communic. Notre précédent

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Fig. 5.16 – Hiérarchie des niveaux d’objets du projet Communic (ou niveaux de définition LODef) [Communic L1,2010].

travail de réflexion au travers de l’ingénierie système nous a indiqué qu’une telle hiérarchie entre ces décompositions n’est pas pertinente. Par ailleurs, la correspondance avec le concept de niveau d’abs-traction n’est pas conservé avec cette définition de LODef. Les LODef sont en fait à mi-chemin entre une décomposition hiérarchique du projet et un découpage relatif au niveau d’abstraction considéré. Un même concept ne peut gérer simultanément ces deux idées fondamentales dans la gestion et la modélisation de l’information.

Les niveaux N3ouvrages élémentaires, N4 disposition constructive et N5constituants spécifiques

illustrent une croissance du détail dans la description des objets. Cette utilisation, illustrée par la Fi-gure 5.17, permet de proposer plusieurs décomposition et abstractions en sélectionnant, par rapport aux exigences à satisfaire ou à vérifier, les métiers présents dans l’arborescence. Ces trois niveaux cor-respondent plutôt à la vue organique de l’ingénierie système évoquée dans la partie précédente. Elle est, de plus, fortement représentative des concepts présents dans les ontologies de domaine. La combinai-son de LODef (N3 à 5) et de niveau de détail permet contrairement aux précédents niveaux (LOD et LODt) de gérer séparément la notion de point de vue (ou de niveau d’abstraction) porté sur le projet pour le modéliser, et le détail pour décrire ces objets. Il nous apparaît comme seul problème dans cette proposition la hiérarchie entre les niveaux N1, N2 et N3, 4, 5. Supprimer cette hiérarchie permettrait de décomposer le projet avec un découpage organique (N 3 à 5) différent selon le métier ou le niveau d’abstraction porté sur le projet (N1 ou N2). Ainsi, cette proposition de LODef doit également être modifiée pour être exploitable en cohérence avec notre problématique de structuration de l’information selon l’exigence à traiter. On retiendra de cette proposition la possibilité d’exploiter les ontologies de domaine pour définir ces décompositions.

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Fig.5.17 –Exemple de décomposition d’un projet en objets avec les LODef[Communic L3, 2010].

Certaines interrogations restent en suspens par rapport à cette proposition de LODef du projet Communic [Communic L1,2010]. Voici quelques points bloquants que nous retenons :

1. Comment se comporte cette structuration aux changements de phase ? Le N2 par exemple peut varier entre la conception, l’exécution des travaux et l’exploitation alors que les objets construits (vision organique) sont les mêmes.

2. Pas de prise en compte de la multi-représentation possible, excepté avec notre première proposition de supprimer cette hiérarchie.

n’appa-140CHAPITRE 5. LES CONCEPTS EXISTANTS DE STRUCTURATION DE L’INFORMATION PARNIVEAUX

raissent qu’au N5 alors qu’il y en a tout au long de la conception. Le concept de LODt serait à ajouter à ces LODef.

4. Les LODef et les niveaux de détail jouent tous deux le rôle de gestion de la présence d’un objet, ou de son absence dans une modélisation, respectivement selon qu’ils s’agisse des grands ouvrages et systèmes, ou de composants organiques.