IV. RESULTATS:
2. DETECTION DE UARN MESSAGER DU CD10/NEP
2.1. PRELIMINAIRES: MISES AU POINT ET CONTROLE « QUALITE »
2.1.4. Reproductibilité des résultats
2.1.4.2. Au sein d’expériences différentes d’amplification PCR
A partir d’une même solution d’ARN total, nous avons réalisé 3 expériences de RT-
PCR, à protocoles identiques. Les résultats de ces 3 expériences indépendantes sont résumés
à la Fig. 52. La comparaison montre qu’il est possible d’obtenir vme relativement bonne
reproductibilité des résultats entre expériences de RT-PCR indépendantes.
2.2. Détection de TARN messager du CD10/NEP
2.2.1. Dans les granulocytes neutrophiles purifiés
Lorsqu'une détection de TARN messager est réalisée sur les cellules polynuclées
(granulocytes neutrophiles) obtenues par purification des cellules sanguines au moyen de
polymorphprep, on observe une bande à 513 pb de très forte intensité. Cette intensité diminue
après que les granulocytes neutrophiles aient été mis en culture pendant une nuit à 37°C sous
5% de CO2. Par contre, une détection de TARN messager du CDIO/NEP sur les cellules
mononuclées (monocytes et lymphocytes) montre une bande de très faible intensité; celle-ci
disparaît au terme d'une nuit de culture (photo 3). Ce signal pourrait être dû aux granulocytes
neutrophiles qui contaminent la population de cellules mononuclées. La Fig. 53 représente les
valeurs de fluorescence obtenues pour la beinde à 513 pb après la séparation des cellules
polynuclées et mononuclées.
L'ARN messager du CDIO/NEP est détecté dans les cellules polynuclées (granulocytes
neutrophiles) et mononuclées (monocytes/lymphocytes) obtenues après purification à l'aide
de polymorphprep et après la mise en culture pendant une nuit à 37°C sous 5% de CÛ
2-Blanc (piste 1), contrôle positif (rein; piste 2), après purification: granulocytes neutrophiles
(piste 3), monocytes/lymphocytes (piste 4) et après culture: granulocytes neutrophiles (piste
5), monocytes/lymphocytes (piste 6). Une expérience représentative parmi 3. Un échantillon
Fig. 53: Détection de l'ARN messager du CD10/NEP dans les cellules
sanguines purifiées
Histogramme représentant les résultats d'une détection de l'ARN messager du CDIO/NEP
dans les cellules polynuclées (granulocytes neutrophiles) et mononuclées
(monocytes/lymphocytes; M-L) obtenues après purification de cellules sanguines à l'aide de
polymorphprep (gradient) ainsi qu'après la culture de ces cellules pendant une nuit à 37°C
TEMPS (h)
Fig. 54: Cinétiques d'expression de l'ARN messager du CD10/NEP en présence
de LPS ou de fMLP en sang total
Les échantillons de sang sont incubés pendant différents temps à 37°C en absence (O) ou en
présence de LPS 0,5 ng/ml (•) ou 10 ng/ml (■) ou de fMLP 10'^ M (A). Après extraction de
l'ARN total, les échantillons sont amplifiés par RT-PCR. Les produits générés sont séparés
sur un gel d'agarose fixé au bromure d'éthidium. Une analyse densitométrique du gel permet
de déterminer la fluorescence de la bande à 513 pb et de la normaliser par rapport à la
A
Photo 4: Détection de TARN messager du CD10/NEP après incubation en sang
total en présence de LPS
Les échantillons de sang sont incubés pendant différents temps à 37°C en absence ou en
présence de LPS 0,5 ng/ml. Après extraction de l'ARN total, les échantillons sont amplifiés
par RT-PCR à 32 cycles (CDIO/NEP) ou 20 cycles (actine). Les produits générés sont
séparés sur un gel d'agarose fixé au bromure d'éthidium.
A: CD10/NEP. Tq (piste 1); 1 h (piste2), 3 h (piste 3), 5 h (piste 4) contrôle; 1 h (piste 5), 3
h (piste 6), 5 h (piste 7) en présence LPS 0,5 ng/ml.
B: p-ACTINE. Tq (piste 1); 1 h (piste2), 3 h (piste 3), 5 h (piste 4) contrôle; 1 h (piste 5), 3
h (piste 6), 5 h (piste 7) en présence de LPS 0,5 ng/ml.
Photo 4 (suite)
C: CD10/NEP; courbe étalon d’ARN total de rein: 0 fig (piste 1); 0,1 pg (piste 2); 0,3 pg
(piste 3);1 pg (piste 4), 3 pg (piste 5).
Résultats
2.2.2. Dans les cellules du sang total
Une expérience typique est illustrée à la photo 4. On observe que les cellules du sang
total, en absence de tout stimulus, expriment TARN messager du CDIO/NEP. Une incubation
des cellules à 37°C pendant des temps allant jusqu'à 5 h montre que la bande demeure
présente à une intensité constante au cours du temps. En présence du stimulus LPS (0,5
ng/ml), on constate que l'intensité de la bande à 513 pb n’est pas augmentée et est comparable
à la fluorescence observée pour la série contrôle sauf pour le temps 5 h où l’intensité diminue.
Pour les stimuli LPS 10 ng/ml et fMLP 10'* M (photo non montrée), l'intensité de la bande
reste également relativement constante au cours du temps (comme le montrent les résultats de
l'analyse densitométrique du gel, Fig. 54). La légère diminution de l'ARN messager qui est
observée reste à être confirmée par un plus grand nombre d'expériences.
En conclusion, les résultats préliminaires de détection de l’ARN messager du
CDIO/NEP par PCR ont permis de montrer que les granulocytes neutrophiles expriment
l'ARN messager du CDIO/NEP mais que son expression n'est pas augmentée suite à une
stimulation par le LPS ou le fMLP. Cependant, des expériences complémentaires seraient
nécessaires avant de conclure à une absence totale d’effet de ces stimuli sur l’expression de
l’ARN messager du CDIO/NEP.
Discussion
V. DISCUSSION GENERALE
1. Augmentation de l’expression de la NEP à la surface
cellulaire des granulocytes neutrophiles induite par le LPS:
rôle du récepteur CD14
N
ous avons montré que le LPS bactérien induit une augmentation rapide de
l’expression du CDIO/NEP à la surface des granulocytes neutrophiles. Cet
effet est significatif malgré la variabilité interindividuelle observée pour les valeurs basales et
stimulées par le LPS. L’augmentation de NEP est observée après incubation des cellules avec
des concentrations de LPS de 0,1 ng/ml, similaires à celles rencontrées dans le plasma des
patients souffrant de septicémie à bactéries Gram-négatives.
Nous avons montré que l'augmentation de CDIO/NEP se produit par interaction directe
du LPS et avec le récepteur CD 14, présent à la surface des granulocytes neutrophiles: en sang
total, l’augmentation du CDIO/NEP qui s’opère en présence de faibles concentrations de LPS
(< 1 ng/ml) est totalement bloquée en présence d’un anticorps anti-CD 14 neutralisant.
L'inhibition incomplète de l'augmentation de l'expression du CDIO/NEP induite par le LPS 10
ng/ml suggère que d'autres récepteurs sont impliqués pour les concentrations plus élevées de
LPS, comme déjà mentionné pour d'autres systèmes expérimentaux (Couturier et al, 1992;
Halling et al, 1992). L'inhibition de l'induction du CDIO/NEP par le LPS à la surface des
granulocytes neutrophiles purifiés en présence d'un anticorps anti-CD 14 démontre que l'effet
du LPS dépend de l'interaction directe avec la molécule de CD 14 présente à la surface des
granulocytes neutrophiles.
Des granulocytes neutrophiles, d'une patiente atteinte d’hémoglobinurie nocturne
paroxystique, déficients en CD 14 ne montrent pas d'augmentation de l'expression du
CDIO/NEP après incubation des cellules avec le LPS 0,5 ng/ml. Cependant à nouveau, à la
dose élevée de 10 ng/ml de LPS, une stimulation proche du maximum est atteinte.
Comme déjà décrit pour le CD14 des monocytes, l'interaction du LPS avec le CD14
des granulocytes neutrophiles induit la production de TNF-a (Haziot et al, 1993),
l'augmentation de l'expression de molécules d'adhérence (Lynn et al, 1991) et de l'adhérence
des granulocytes neutrophiles aux cellules endothéliales in vitro (Worthen et al, 1992). Ce qui
suggère que le CD 14 joue un rôle important dans l'activation des granulocytes neutrophiles
lors d'infection par des bactéries Gram-négatives. Le récepteur CD 14 est impliqué dans les
effets de potentialisation du LPS par le fMLP (Koso et al, 1992).
L'augmentation des molécules de CDIO/NEP à la surface des granulocytes
neutrophiles se fait vraisemblablement par la fusion de vésicules préformées avec la
membrane plasmique des granulocytes neutrophiles. Les granulocytes neutrophiles
renferment différents types de granules intracytoplasmiques parmi lesquels on trouve les
vésicules sécrétoires qui sont im compartiment rapidement mobilisable. Ces vésicules
contiennent notamment la phosphatase alcaline membranaire mais aussi d'autres protéines
dites solubles (Borregaard et al, 1993).
Pour la concentration de LPS de 0,5 ng/ml, l'augmentation de CDIO/NEP est
maximum: les vésicules préformées fusionnent avec la membrane plasmique et l'effet de la
cycloheximide indique, de manière globale et assez paradoxalement, qu'une synthèse
protéique est requise. En ce qui concerne la concentration de 10 ng/ml, l'augmentation de
CDIO/NEP observée ne nécessite pas de synthèse protéique: le récepteur CD 14 n'est pas le
seul récepteur impliqué dans l'augmentation du CDIO/NEP; d'autres récepteurs prennent le
pas sur le récepteur CD 14. Le maintien de l'expression du CDIO/NEP nécessite une synthèse
protéique: une fois les stocks de vésicules préformées épuisés, les nouvelles molécules de
CDIO/NEP exprimées à la surface des cellules pourraient provenir d'une synthèse protéique
de novo.
Nos expériences de RT-PCR ont montré que les granulocytes neutrophiles expriment
TARN messager du CDIO/NEP mais que son expression n’est pas augmentée après
exposition des cellules au LPS ou au fMLP.
La recormaissance du LPS par les granulocytes neutrophiles fait intervenir plusieurs
types de récepteurs (Couturier et al, 1992). Parmi ceux-ci, le mieux connu est le CD 14
recoimaissant le complexe formé par le LPS et la protéine plasmatique appelée LPS binding
protein (LBP). Après la fixation du complexe LPS-LBP sur le récepteur CD 14, la voie de
transduction du signal intracellulaire est peu connue. La molécule CD 14 est attachée à la
membrane plasmique des granulocytes neutrophiles par un lien glycosylphosphatidylinositol
et ne possède pas de portion intracytoplasmique. La transmission du signal d’activation
cellulaire dépend probablement de l’association physique entre le CD 14 et une tyrosine kinase
Discussion
appelée p53/56|yn. Ces tyrosines kinases jouent un rôle central dans les mécanismes
d’activation cellulaire en stimulant la voie dite des « mitogen-activated protein » (MAP)
kinases. La transmission du signal au travers de cette voie dépend de l’activation en cascade
de plusieurs kinases phosphorylant les résidus sérine, thréonine et tyrosine et menant à
l’activation des MAP kinases elles-mêmes. Ces MAP kinases phosphorylent des résidus
sérine et thréonine d’un grand nombre de substrats, notamment des facteurs de transcription
(c-jun, myc, ...), des facteurs impliqués dans la traduction d’ARN messagers, d’autres
molécules transmettant des signaux intracellulaires (rsk) ou des enzymes (phospholipases A2).
La réponse des granulocytes neutrophiles aux stimuli extérieurs a été souvent
modélisée à la réponse induite par les chimioattractants comme le peptide fMLP. La liaison
du fMLP à son récepteur ancré dans la membrane plasmique des granulocytes neutrophiles via
sept segments transmembranaires, induit une cascade d’événements intracellulaires qui ont été
partiellement décrits. Les étapes importantes dans la transduction du signal comprennent
l'activation de Ras-dépendant kinases (Raf et MEKK) qui phosphorylent et activent les
MAP/ERK kinases (MEK-1 et MEK-2) qui, à leur tour, activent (par phosphorylation sur
tyrosine et thréonine) les ERK-1 et ERK-2 MAP kinases (p42 et p44 MAP kinases). Le
résultat final de l'activation des granulocytes neutrophiles par le fMLP inclut une large série
de réponses fonctionnelles comme la migration, l'explosion respiratoire, la libération des
enzymes des granules, l'assemblage des filaments d'actine, l'adhérence, l'influx de calcium.
Contrairement à la stimulation par les chimioattractants, l’activation des granulocytes
neutrophiles par le LPS possède un répertoire de réponses fonctionnelles plus limitées:
l'assemblage des filaments d'actine, l'adhérence, la capacité de potentialiser certaines réponses
sécrétoires en réaction à des autres stimuli, mais pas d'influx de calcium, de migration,
d'explosion respiratoire ni de libération d'enzymes des granules. Les différences de réponses
des granulocytes neutrophiles observées pour le LPS et celles induites par le fMLP indiquent
que les voies de transduction du signal sont différentes (Nick et al, 1996).
2. Augmentation de la NEP à la surface des granulocytes
neutrophiles par les cytokines pro-inflammatoires
Parmi les cytokines sécrétées lors des réactions inflammatoires, le TNF-a est celle qui
apparaît en premier. Nous avons testé son implication dans l’augmentation de CDIO/NEP
observée en sang total. Nous avons mis en évidence que le TNF-a et l’IL-8 augmentent
toutes les deux l’expression du CDIO/NEP alors que l’IL-ip à une concentration de 50 ng/ml
a un effet marginal sur l’expression du CDIO/NEP, dans les conditions testées. Des
expériences réalisées avec un anticorps anti-TNF-a montrent cependant qu'il ne joue pas un
rôle déterminant dans l’augmentation de CDIO/NEP observée.
Connelly et al, en 1993 ont montré que l'IL-la, l'IL-6, l'IL-8, le « granulocyte colony-
stimulating factor » (G-CSF) ou le « granulocyte-macrophage colony-stimulating factor »
(GM-CSF) induisent une augmentation de la NEP à la surface des granulocytes neutrophiles
purifiés. La cytokine GM-CSF est sans conteste celle qui provoque la plus forte
augmentation. L’induction de l'activité NEP est de 225% par rapport à la valeur contrôle. De
plus, les auteurs montrent que l'IL-1 potentialise l'effet du GM-CSF (Connelly et al, 1993).
Dans ce travail, l’activité enzymatique NEP est mesurée après incubation des granulocytes
neutrophiles purifiés pendant 1 h à 37°C avec les cytokines. L’augmentation de l’activité
NEP observée est exprimée en % de la valeur contrôle. Ainsi, les auteurs observent un faible
effet de l’IL-1 sur l’activité enzymatique NEP, pour la gamme de concentrations 10'^ à 10’*
M. Ceci est en accord avec ce que nous avons observé dans notre modèle en sang total. Pour
riL-8, les auteurs n’observent pas d’augmentation de NEP pour la même gamme de
• -9 -8
concentrations (10 à 10 M) alors que nous avons mesuré une augmentation très transitoire
de la quantité de NEP avec un maximum à 30 min.
Les granulocytes neutrophiles ont longtemps été caractérisés comme des cellules ayant
perdu la capacité de faire de la synthèse protéique. En fait, la plupart des protéines contenues
dans les granules sont synthétisées pendant la période durant laquelle les cellules maturent
dans la moelle osseuse. Récemment, plusieurs chercheurs ont montré que les granulocytes
neutrophiles matures sont capables de produire certaines protéines comme l’IL-la, l’IL-ip,
l’IL-6, riFN-a et le TNF-a (Cassatella et al, 1995). Les granulocytes neutrophiles (et les
monocytes) stimulés par le LPS, le TNF-a ou l’IL-lp sécrètent aussi de l’IL-8 (Fujishima et
al, 1993), cytokine capable de stimuler le chimiotactisme des neutrophiles.
Discussion
Ceci suggère que les cytokines libérées au niveau des sites inflammatoires peuvent
réguler la réponse des neutrophiles localement et attirer des leucocytes supplémentaires au
niveau de ces sites.
3. Conséquences physiologiques d'une augmentation de la
NEP sur la dégradation de peptides pro-inflammatoires
Les cytokines sont les médiateurs les plus étudiés dans la pathologie du choc septique.
Cependant, d’autres molécules médiatrices jouent également un rôle important dans la
physiopathologie de la septicémie: c’est le cas des peptides pro-inflammatoires. Nous avons
cherché à mettre en évidence une augmentation de la dégradation de deux peptides en
l'occurrence le fMLP, pour lequel un effet chimioattractif sur les granulocytes neutrophiles est
connu, et l'endothéline-1 (ET-1) qui est augmentée lors du choc septique.
Dans nos expériences, nous avons utilisé un analogue du fMLP (fNle-Leu-Phe-Nle-
Tyr-Lys) qui possède une tyrosine dans sa séquence et peut donc être marqué à l'iode 125. Le
peptide radiomarqué est utilisé comme traceur et mis au contact de suspensions de cellules
sanguines préalablement incubées avec le LPS. Bien que l'analyse par cytométrie de flux et le
dosage de l'activité enzymatique NEP ont confirmé une augmentation du nombre de
molécules de NEP biologiquement actives, à la surface des granulocytes neutrophiles, nous
n'avons pas pu mettre en évidence une augmentation de la dégradation de ce peptide par la
NEP. D'autres enzymes telles des aminopeptidases ou des carboxypeptidases dégradent le
peptide et masquent la dégradation par la NEP qu'on souhaite étudier. A cette occasion, il est
bon de souligner que le substrat Succinyl-Ala-Ala-Phe-AMC utilisé lors du dosage de
l'activité enzymatique NEP (sur des suspensions de cellules sanguines stimulées ou non par le
LPS) possède à la fois des protections contre l'action des aminopeptidases (partie N-terminale
succinylée) et des carboxypeptidases (partie C-terminale portant le groupe AMC).
Des taux élevés d'ET-1 circulante sont détectés chez les patients atteints de choc
septique. Ils peuvent être corrélés positivement avec la sévérité du choc. Les principaux
effets de l'ET-1 s’opèrent essentiellement au niveau local de manière paracrine et autocrine.
Ainsi, les concentrations d'ET-1 mesurées dans les plasmas ne sont pas le reflet de celles
atteintes au niveau local. L’ET-1 pourrait jouer un rôle important dans la physiopathologie du
syndrome MODS (« multiple organ dysfonction syndrome ») associé au choc septique. Elle
pourrait accélérer la défaillance des organes vitaux par vasoconstriction locale des vaisseaux
sanguins qui irriguent les organes et induire un état d’hypoxie.
Plusieurs études de différents laboratoires montrent un effet significatif de l'ET-l sur
les granulocytes neutrophiles en augmentant: l'agrégation des granulocytes neutrophiles
(Gômez-Garre et al, 1992), l'expression du CDllb/GD18 à la surface des granulocytes
neutrophiles (Lôpez Farré et al, 1993) et le chimiotactisme (Wright et al, 1994). L’effet
chimiotactique de l’ET-l dépendrait de la mobilisation de calcium contenu dans des stocks
intracellulaires et serait médié par le récepteur à l’endothéline de type ET^. (Elferink et al,
1994). L’ET-l n’induit pas la libération des enzymes des granules des cellules (Elferink et al,
1994). Elle n'induit pas non plus l'explosion respiratoire des granulocytes neutrophiles mais
elle potentialise celle induite par le peptide fMLP (Ishida et al, 1990).
Pour notre part, nous avons montré que l’induction de la NEP à la surface des
granulocytes neutrophiles par le LPS a im effet sur la dégradation de l'ET-l : la production du
métabolite Val-Tyr est augmentée de 21%. L’enzyme permettrait de réguler les
concentrations d’ET-1, peptide potentiellement toxique.
Des chercheurs ont également étudié d’autres peptides comme la substance P et la
somatostatine. Ce sont des peptides qui sont stockés dans les granules sécrétoires des
neurones sensoriels et sont libérés après stimulation axonale. La substance P augmente la
perméabilité microvasculaire et a un effet direct sur les granulocytes neutrophiles en induisant
le chimiotactisme, en potentialisant la phagocytose, en stimulant l’explosion respiratoire et la
dégranulation. La substance P stimule directement la libération de la cytokine chimiotactique
IL-8 (Serra et al, 1994) et augmente l’adhésion des granulocytes neutrophiles aux cellules
épithéliales bronchiques (DeRose et al, 1994). La somatostatine n’active pas les granulocytes
neutrophiles. Cependant, elle inhibe le chimiotactisme des granulocytes neutrophiles et
l’activité GTPase provoquée par la substance P mais pas par le fMLP. La substance P peut
stimuler le chimiotactisme probablement par les effets d’une « GTP-binding protein »
distincte de celle ciblée par le fMLP. La somatostatine se comporte comme un antagoniste de
la substance P (Kolasinski et al, 1992). L’angiotensine III exerce également un effet
chimioattractif sur les granulocytes neutrophiles mais aucun effet de potentialisation du
chimiotactisme n’a été observé lorsque le peptide est mis en présence de fMLP (Yamamoto et
al, 1993).
Lumière vasculaire (SANG)
Endotoxine
CD11a Big ET-1
Adhérence apa apn
Big ET-1 —► ET-1
fMLP
ET-1
Chimiotactisme
LBP Substance P
Met-enképhaiine
Explosion
respiratoire
f^ANP
BK
dégradée
NEP
APN
enzymes des
granules
Fig. 55: Représentation schématique d'un granuiocyte neutrophiie en
interaction avec les médiateurs peptidiques lors du choc septique
La présence de récepteurs spécifiques a été montrée en ce qui concerne l'a-MSH; pour les
autres peptides leur présence est suggérée par les expériences.
Le peptide ANP (« atrial natriuretic peptide ») a également un effet chimioattractif sur
les granulocytes neutrophiles (Elferink et al, 1995). L’ANP potentialise l’explosion
respiratoire et la libération d’enzymes lysosomiaux. Une incubation d’ANP radiomarqué avec
du sang total ou une suspension de cellules sanguines permet de mettre en évidence les
métabolites générés par la NEP, présente à la surface des granulocytes neutrophiles (Nortier et
al, 1995). L’inhibition de la NEP à la surface des granulocytes neutrophiles permet
d’augmenter les taux d’ANP et BNP (« brain natriuretic peptide ») pour lesquels il est connu
qu'ils jouent un rôle protecteur important vis-à-vis des lésions endothéliales au cours de
l’infarctus du myocarde (Matsumura et al, 1996).
Récemment, Catania et al (en 1996), a découvert que le peptide a-MSH (« a-
melanocyte stimulating hormone ») exerce des effets anti-inflammatoires en inhibant la
migration des granulocytes neutrophiles vers les sites d’infection. L’a-MSH inhibe le
développement du syndrome de l’ARDS (« adult respiratory distress syndrome »; associé au
choc septique) chez le rat, après injection d’endotoxines (Catania et al, 1996). Dans cette
complication du choc septique, les concentrations de NEP sérique sont 50 à 60 fois plus
élevées que celles mesurées chez les sujets normaux (Johnson et al, 1985). Cependant, il est
difficile de corréler ces concentrations sériques à celles mesurées à la surface des granulocytes
neutrophiles.
L'effet sur d'autres peptides et plus particulièrement la bradykinine (BK) devrait être
exploré car celle-ci est également un substrat de la NEP et certains récepteurs à la BK sont
induit in vivo sous l'action du LPS (Nicolau et al, 1996).
Un schéma reprend les interactions des différents peptides avec les granulocytes
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