6.3 Description de dunes sous-marines
6.3.2 Analyse
Les donn´ees que nous utilisons dans cet exemple sont extraites du lev´e des abords de la rivi`ere du Trieux effectu´e par la vedette Guillemot en mai 2005. Elles ont servi `a la cr´eation d’un mod`ele num´erique de terrain d’une r´esolution de 4 m`etres (cf. figure 6.12). Les sil-houettes 1 et 2 qui nous ont servis dans cet exemple ont ´et´e g´en´er´ees `a l’aide du logiciel MicroDEM [Guth, 2005].
Figure 6.12 —Mod`ele num´erique de terrain des dunes de sables sous-marines et localisation des silhouettes analys´ees.
6.3.2.1 Construction des cat´egories
Les dunes et les rides sont morphologiquement ´equivalentes et leur morphologie est cor-rectement d´ecrite par la s´equence (LD, T, RD). En effet, dans le contexte de cet exemple, toute ´el´evation est, soit une dune, soit une ride. Par cons´equent nous d´efinissons une seule cat´egorie«dune/ride».
6.3.2.2 Silhouette 1
L’analyse de la silhouette 1 met en ´evidence les quatre dunes malgr´e leur morphologie irr´eguli`ere (cf. figure 6.13).
Figure 6.13 — R´esultat de l’analyse de la silhouette 1. Les quatre dunes sont mises en ´
6.3. DESCRIPTION DE DUNES SOUS-MARINES 121
La description hi´erarchique2 des formes de reliefs captur´ees est pr´esent´ee dans la figure 6.14, que nous proposons d’interpr´eter `a l’aide des deux r`egles suivantes :
R`egle 1 : Une dune contient des rides.
R`egle 2 : Une ride est contenue dans une dune.
Il est `a noter que, du fait que les dunes aux extr´emit´es gauche et droite de la silhouette sont incompl`etes, certaines rides apparaissent au mˆeme niveau hi´erarchique que les dunes. Nous les ignorons donc en tant qu’informations issues de donn´ees incompl`etes. Nous retenons n´eanmoins que la pr´esence de ce type de «bruit» ne perturbe pas l’analyse sur la partie centrale et significative de la silhouette.
Si nous nous concentrons sur la partie significative de la silhouette, nous obtenons, au niveau hi´erarchique le plus ´elev´e, quatre formes de relief ayant des composants. Elles cor-respondent aux quatre dunes que nous souhaitions mettre en ´evidence. Les autres formes de relief sont des rides isol´ees et peuvent ˆetre ignor´ees. La figure 6.14 pr´esente l’ensemble des formes de relief captur´ees et leur organisation m´er´eologique.
Si nous d´eveloppons la hi´erarchie de la dune F5 (la plus `a gauche de la silhouette), nous nous apercevons qu’elle est compos´ee de neuf niveaux hi´erarchiques (cf. figure 6.15) alors qu’intuitivement nous nous serions attendu `a trouver un seul niveau incluant toutes les rides de la dune. En fait, la dune est instanci´ee `a tous les niveaux d’abstraction et,bien que nous ayons fait le choix de consid´erer chacune de ses instances ind´ependamment, il s’agit bien de la mˆeme entit´e. Or, `a chaque niveau, seules les instances de la dune F5 ont des composants. Les autres formes de relief sont donc bien des rides selon notre r`egle.
Il peut arriver cependant qu’une ride contienne elle-mˆeme des rides. C’est le cas par exemple de la rideF37sur la duneF26(cf. figure 6.14). Elle contientF38etF39. Selon notre d´efinition, nous n’avons pas pr´evu qu’une ride puisse contenir une autre ride. Cependant, les plus petits d´etails d’une dune peuvent avoir une morphologie ´equivalente `a une ride. Puisque nous visons `a d´ecrire uniquement les dunes et les rides qui les composent, les formes de relief composants les rides sont simplement ignor´ees, consid´erant qu’il s’agit de d´etails non significatifs.
L’extension spatiale de la dune F5 contient 139 points de mesure, ce qui correspond `a une longueur de 556 m`etres. A titre de comparaison, les rides d´etect´ees ne d´epassent pas une longueur de 64 m`etres. Ainsi, notre approche qualitative rend compte de la structure multi-´
echelle d’un ensemble de dunes et distingue des objets de taille diff´erente uniquement selon des crit`eres m´er´eologiques et, donc, sans qu’il soit n´ecessaire de faire appel `a une analyse quantitative de la silhouette.
2
Par souci de lisibilit´e, les extensions et les repr´esentations sch´ematiques sont absentes de cette repr´esentation.
122 CHAPITRE 6. PROTOTYPE ET EXEMPLE D’APPLICATION
6.3. DESCRIPTION DE DUNES SOUS-MARINES 123
124 CHAPITRE 6. PROTOTYPE ET EXEMPLE D’APPLICATION
6.3.2.3 Silhouette 2
L’analyse dela silhouette 2 nous permet de pr´eciser la port´ee d’une description purement m´er´eotopologique d’une silhouette.
Figure 6.16 —Description de la silhouette 2 dans laquelle trois dunes sont d´etect´ees.
Selon les r`egles que nous avons ´enonc´ees pour interpr´eter la description de la silhouette 1, la forme de reliefD1 n’est pas une dune car elle est contenue par la duneD0 avec laquelle elle ne peut-ˆetre confondue. Cependant, il est intuitivement difficile d’accepter l’id´ee selon laquelle il s’agit d’une ride.
La notion de taille de forme de relief, que nous avons utilis´ee pour v´erifier quantitativement la coh´erence de la description qualitative de la silhouette 1, nous est ici n´ecessaire. D’un point de vue qualitatif et s´emantique, nous somme amen´es `a distinguer les petites formes des grandes formes. Il ne s’agit toutefois pas de faire reposer notre mod`ele sur les ordres de magnitude `a l’instar du langage de [Kulik et Egenhofer, 2003] (cf. 4.3.2). Dans notre approche, les formes et leur organisation sont d´etect´ees ind´ependamment de tout crit`ere de taille. N´eanmoins, lors de l’interpr´etation de la description s´emantique, certaines distinctions font intervenir un crit`ere de taille. C’est le cas ici o`u il peut ˆetre argument´e que la forme de reliefD1 est du mˆeme ordre de grandeur que la duneD0 et que, par cons´equent,D1 est aussi une dune. Dans ce cas, la forme D0 contient une dune et ne peut donc pas ˆetre elle-mˆeme une dune. Elle doit ˆetre remplac´ee dans la description par D2, sa repr´esentation au mˆeme niveau d’abstraction que D1 (cf. figure 6.17).