3 La problématique de la prévision régionale sous l’angle du physi
4.2 Le modèle de Ginzburg-Landau
4.2.1 Analyse de bifurcation des systèmes spatialement étendus . 106
étendus
La description macroscopique des systèmes composés de nombreuses particules
donne typiquement naissance à des variables d’état qui sont des “champs”, dans
le sens où ils dépendent de façon continue des coordonnées spatiales. Les lois
4.2. DESCRIPTION DU MODÈLE 107
d’évolution de ces variables prennent la forme d’équations aux dérivés partielles
de la forme
= Fi({X,(r,()},{V*X,(r,l)}.A) (4.1)
Ces lois contiennent des dérivées spatiales telles que par exemple le Laplacien
de la température V^T, ou le gradient de la vitesse Vv, et peuvent résulter
sous certains cas particuliers en les équations de la dynamique des fluides et les
équations de réaction-diffusion.
Un système dynamique de la forme de l’équation (4.1), appelé dès à présent
système spatialement étendu, possède, en principe, une infinité de variables -
les valeurs des champs {X,(r, t)} en chaque point de l’espace. La façon la plus
commode de résoudre cet ensemble d’équations suit les trois étapes suivantes:
(i) Identifier un état de référence Xg qui est une solution exacte des équations
(4.1). Le choix de Xg est motivé par des arguments physiques. Typique
ment, Xg est un état décrivant le comportement “le plus simple” observé
dans le système, à savoir l’état au repos dans le problème de la convection
thermique, par exemple.
(ii) L’étape suivante consiste à tester la stabilité de Xg face à des perturbations.
A cette fin, on réduit le problème non-linéaire initial en un problème linéaire,
et on effectue une analyse de stabilité linéaire du système spatialement
étendu.
(iii) Enfin, le comportement non-linéaire autour de Xg au-delà du point d’insta
bilité sera exploré par une méthode perturbative dont le but est d’obtenir
des équations pour l’amplitude des solutions à l’ordre dominant.
Dans ce qui suit nous nous intéresserons à l’équation complexe de Ginzburg-
Landau, qui décrit l’évolution de l’amplitude des solutions au voisinage d’une
bifurcation de Hôpf dans un système spatialement étendu. Nous consacrerons
l’essentiel de cette présentation à l’analyse de la troisième étape, en supposant
que les résultats des deux premières sont acquis.
Nous nous intéressons donc à la construction des solutions bifurcantes de
l’ensemble complet des équations non-linéaires (4.1) au-delà du palier d’instabi
lité. Nous allons exprimer ces équations en termes d’une variable excédentaire X{
autour de l’état de référence Xis, avec Xi = Xis -f X{,
= C{\, V). x(r, i) + h(A, V, x(r, ()) (4.2)
où l’opérateur linéarisé C et les contributions non-linéaires h contiennent des
dérivées spatiales agissant sur x(r, t).
On suppose que l’analyse de stabilité linéaire a révélé l’existence d’une valeur
critique \c du paramètre de contrôle A pour laquelle s’opère un changement de
stabilité. L’opérateur linéarisé £(Ac, V) admet alors une valeur propre u dont
la partie réelle est nulle = 3Çu;(Ac) = 0. En d’autres termes, pour A = Ac,
l’équation linéarisée admet des solutions de la forme :
X =
= ue*“‘^Vm(r) (4.3)
où <^m(r) est une fonction propre de la partie dépendant de l’espace de l’opérateur
C satisfaisant les conditions de bords suivantes
VVm(r) = -klMr) (4.4)
et k est un nombre d’onde et m un indice de l’ensemble (infini) des fonctions
propres.
Les solutions bifurcantes seront stationnaires si Oc = ^(^c) = 0 et périodiques
dans le temps si Oc ^ 0. Dans ce dernier cas, on parlera alors de bifurcations de
Hôpf. Celles-ci nous intéresserons plus particulièrement par la suite.
4.2. DESCRIPTION DU MODELE 109
Pour obtenir la forme explicite des solutions qui émergent par la bifurcation,
les équations (4.2) doivent être résolues, ce qui se révèle être très complexe,
voire impossible. Par conséquent, l’étude des solutions bifurcantes est limitée
au voisinage immédiat de A^. De plus, on suppose que les nouvelles solutions
apparaissent de manière continue, ce qui exclut une émergence verticale ou un
saut. Ces hypothèses permettent de développer la solution x en une série de
puissance d’un petit paramètre e, dépendant de A — A^..
exi + e^X2 + ... (4.5)
Ê7i + e^72 + • • • (4.6)
où les coefficients 71, 72,... seront déterminés à partir de l’analyse de perturba
tion.
Les équations (4.2) ne mettent pas seulement x en scène, mais aussi son
taux de variation par rapport à la variable indépendante t. A la criticalité,
pour le cas Qc = 0, l’éq. (4.3) indique qu’au niveau de la description linéarisée,
X
ne varie pas avec le temps après une période transitoire durant laquelle les
modes stables (valeurs propres de £(Ac) possédant une partie imaginaire négative)
relaxent exponentiellement vers zéro. Par continuité, on s’attend à ce que la
solution
Xdu système d’équations complet (4.2) au voisinage de Ac soit une
fonction variant lentement dans le temps. Ce ralentissement critique, réminiscent
des théories de l’équilibre des phénomènes critiques, suggère l’introduction de
nouvelles échelles temporelles lentes, plus adaptées, T
i, T2, ... via
d d 2 ^
(4.7)
Les bifurcations de Hôpf se caractérisent par le fait qu’à la valeur critique
du paramètre de contrôle A = A^, la partie imaginaire Qc de la valeur propre
critique u>c de l’opérateur linéarisé (dont la partie réelle s’annule par la définition
X
varie périodiquement sur une échelle temporelle rapide, donnée par Dès
lors, il faut adapter la relation (4.7) afin de tenir compte de la variation rapide.
Celle-ci devient :
d ^ d d 2 ^
ut uT
uT2
lorsque 3Çu;c = 0, SsUc 7^ 0 à la criticalité.
(4.8)
Il ne nous reste plus qu’à voir comment traiter les dérivées spatiales dans
(4.2).
Pour les systèmes de petite extension spatiale, le spectre des modes est
discret. Pour A suffisamment proche de Ac, seul un mode (ou un petit nombre de
modes) sera déstabilisé. Les correspondants dans (4.3) détermineront alors
complètement la dépendance spatiale de la partie dominante de la solution dans
l’espace non-linéaire. Ce cas est donc élémentaire, puisque l’action des dérivées
spatiales est immédiat et qu’aucun développement additionnel n’est nécessaire.
Par contre, dans le cas des systèmes spatialement étendus, la situation se
complexifie notablement. Dès que le système entre dans le domaine d’instabilité,
ce n’est plus un petit nombre de modes, mais bien un continuum de modes qui
seront excités. En raison de la présence du terme non-linéaire dans (4.2), ces
modes interagiront, le système comportant alors plus d’une échelle spatiale.
Afin de déduire les échelles dominantes parmi le continuum d’échelles pré
sentes, on exprime km comme la somme de sa valeur de référence km^ et d’une
déviation AA:,
km = kmc + AA: (4.9)
et observons qu’à une certaine distance du palier d’instabilité A — Ac, la valeur de
AA: peut être estimée par
4.2. DESCRIPTION DU MODÈLE 111
puisque la valeur propre vaut ïîa; = a{\ — Ac) —
Par conséquent, une dérivée spatiale agissant sur x(r, donnera naissance à
une variation “rapide” associée au mode km^ et une variation “lente” associée à
AA;, cette dernière étant pondérée par un facteur (A — ou, en termes de e,
par ou e selon que 71 0 ou que 71 = 0 dans (4.6).
dr
dr
A+ ,1/2A
dR dpi
d d
+...
dR^^dpi
(71 ^ 0)
(71 = 0) (4.11)
En substituant (4.6)-(4.8) et (4.11) dans les équations (4.2) on obtient, aux
différents ordres en e, un ensemble d’équations linéaires pour les approximations
successives de Xk. Les équations à l’ordre 0{e) sont homogènes et ont la même
structure que les équations de stabilité linéaire, leurs solutions sont donc de la
forme
Xi(r,
<) = c{p, T)ue’“'=^<^m(R) + c.c. (4.12)
où l’amplitude c est indéterminée à cet ordre, et dépend des échelles lentes de
temps et d’espace qui n’apparaissent pas explicitement dans les équations à l’ordre
0{e). Elle joue le rôle d’une enveloppe, modulant les variations exprimées par
^îi'm(R).
Les équations aux ordres supérieurs pour Xk, k > 2 sont inhomogènes.
Pour les résoudre, il est nécessaire de poser des conditions de solvabilité puisque
l’opérateur £(Ac, V) agissant sur x possède un espace nul non trivial. Ces condi
tions fournissent des équations pour l’amplitude indéterminée c(p, r), qui sont des
équations différentielles partielles en raison de la dépendance de c en la variable
d’espace lente p.
4.2.2 L’équation complexe de Ginzburg-Landau (ECGL)
On se tourne vers les systèmes dont l’extension dans au moins une direction de
l’espace est bien plus grande que la taille caractéristique du mode critique prévu
par l’analyse de stabilité linéaire. L’analyse des bifurcations dans ce type de
systèmes doit être réalisée en effectuant des changements d’échelles appropriés
des coordonnées spatiales, cf. éqs. (4.11). Le type de changement d’échelle
dépend de l’instabilité rencontrée. Dans cette section, nous considérerons des
systèmes du type réaction-diffusion au voisinage d’une instabilité correspondant
à une paire de valeurs propres complexes traversant l’axe imaginaire à la criti-
calité. Nous supposerons en outre que la première instabilité du système pris en
considération apparaît à = 0, une situation correspondant à une brisure de
symétrie temporelle. La relation de dispersion pour la partie réelle de la valeur
propre s’écrit alors ,
^ujc^a{X-X,)-bkl + 0{kt,) (4.13)
tandis que sa partie imaginaire résulte en une équation du type,
Qu; ~ De + c(A - Ae) + gki + 0{kt^) (4.14)
Par conséquent, on peut anticiper un changement d’échelle similaire à celui de
l’éq. (4.8). Le développement en séries de e de la variable d’espace sera similaire
à l’éq. (4.11) excepté la variation “rapide” puisque les modes dominants
les plus instables contiennent des dépendances spatiales modulées par de petits
nombre d’ondes au voisinage de l’instabilité (5Ru; = 0). Sachant que l’analyse de
la bifurcation de Hôpf pour les systèmes spatialement uniformes implique 71 = 0
et Di = 0 en raison de la périodicité de la variable temporelle (imposé par la
condition de solvabilité du développement à l’ordre on aboutit finalement
à l’analyse perturbative des équations (4.2),
4.2. DESCRIPTION DU MODÈLE 113
avec
X = exi -1- e^X2 + ... (4.16)
A-Ae = e^72 + ... (4.17)
d r. d 2 ^
dt (4.18)
d d
dr dp (4.19)
A présent, dans les systèmes de type réaction-diffusion avec des coefficients
de diffusion constants, nous disposons d’une forme restreinte de l’éq. (4.2), où h
devient indépendant de V et £ peut être décomposé en une partie indépendante
de V additionnée d’une contribution proportionnelle à l’opérateur Laplacien:
— = £o(A) • X + £i(A)V2x + h(A,x) (4.20)
En substituant les équations (4.16)-(4.19) dans (4.20) et en développant les
solutions du système en ordres croissants du paramètre c, on obtient le système
d’équations:
(9(e):
O
[fîe^l->Co(Ae)]-Xi =0 (4.21)
Ce système homogène d’équations est équivalent à l’analyse de stabilité liné
aire. Il admet des solutions de la forme
Xi =
c{
t, p)ue'^ + c.c. (4.22)
0{t^) : On obtient le système inhomogène d’équations
1
- £o(Ac)] • X
2= -hxx • xiXi (4.23)
puisque 71 = 0 et fli = 0 en raison de la bifurcation oscillante de type Hopf.
contributions en et e ainsi que des termes indépendants de T. On peut
donc rechercher des solutions X2 de la forme
X2 = c^p2C^‘^ + c*^p2e“^''^ + |c|^po (4.24)
les coefficients p2 et po ne pouvant être déterminés que lorsque la structure
détaillée du système sera connue.
0{e^) : C’est à cet ordre que les dépendances lentes de temps et d’espace
apparaissent pour la première fois. On obtient,
d 1
[fîc^l - >Co(Ac)] • X3 = 72£
o(A
c) • Xi + hxx(Ac) • X1X2 + -hxxx • XiXiXi
(9x
—+ -^i(Ac)VpXi = q3(4.25)
La condition de solvabilité de cette équation implique que le membre de droite
soit orthogonal à l’espace propre nul de l’adjoint de l’opérateur agissant sur X3,
qui est de la forme On a donc,
r2w
/ dTe-^u+* • q3(c, T,p) = Q (4.26)
Jo
où le point indique le produit scalaire ordinaire dans un espace vectoriel linéaire.
En substituant la forme détaillée de Xi, éq. (4.22), et de X2, éq. (4.24), dans
(4.26), on obtient,
^ dT• {72
c[£
o(A
c) • u]e®^ - + V^c[£i(Ac) • u]e®^
+ ^(hxxx • uuu*)|cpce*^ + [hxx(Ac) • (p2U* + pou)]e‘^|cpc
A{termes en e^®*, e“®^, e”^®^, e~^®^)} (4-27)
En raison de l’intégration sur T, il apparaît clairement que seuls les termes en
e®^ survivront dans l’éq. (4.27). Cela conduit à une équation pour l’amplitude c
de la forme
4.2. DESCRIPTION DU MODÈLE 115
dans laquelle les coefficients Pi, P2 et Qi sont déterminés à partir de la relation
(4.27) et de la structure du système sous-jacent. Notons qu’en général Pj et
Qi sont à valeur complexe. En divisant par u+ ■ u, en introduisant l’amplitude
normalisée A = cc ei en ré-établissant les paramètres initiaux A — Ac, r et t via
les éqs. [(4.17)-(4.19)], on obtient finalement,
8 A
-^ = (A - X,)A + (1 +
zq)VM - (1 - i(i)\A\^A (4.29)
dans laquelle des changements d’échelle judicieux (indépendant de e), nous ont
permis d’éliminer P\ ainsi que les parties réelles de P3 et de Qi, supposés tous
deux positifs,
qet /3 sont des paramètres réels, a est le coefficient mesurant la
force de la dispersion linéaire, soit la dépendance de la fréquence des ondes au
nombre d’onde, tandis que j3 mesure la dispersion non-linéaire.
Le terme cubique de l’éq. (4.29) tient compte de la saturation des instabilités
générant les ondes en mouvement via les non-linéarités, tandis que le terme inclu
ant la dérivée spatiale décrit les effets de dissipation et de dispersion au travers
des phénomènes de transferts de masse, de chaleur et de quantité de mouve
ment. Notons enfin, qu’à la limite a, /3 —0, on retombe sur l’équation réelle de
Ginzburg-Landau.
Pour obtenir les deux équations d’amplitude (réelle - RGL -, ou complexe
- CGL), la seule hypothèse formulée consiste en l’existence d’une bifurcation
supercritique possédant un nombre d’onde non nul. Si ce critère est satisfait, le
caractère réel ou complexe des équations d’amplitude dépend des caractéristiques
de la bifurcation: RGL pour des bifurcations stationnaires et CGL pour des
bifurcations oscillantes.
L’équation (4.29), qui nous intéresse plus particulièrement, est donc une
équation universelle décrivant la dynamique d’un système spatialement étendu au
voisinage d’une bifurcation de Hôpf à partir d’un état stationnaire, conduisant.
suivant la valeur de £, vers un état oscillant ou vers un comportement chao
tique. Ce type de dynamique est connu pour apparai tre dans de nombreux
domaines de la physique, tel que par exemple les systèmes générant des struc
tures (patterns), des ondes de propagation ou encore de la convection thermique,
l’un des processus à la base de la variabilité atmosphérique à petite échelle (Agee,
1984). Dans le cadre de notre étude, nous l’avons utilisée afin de disposer d’un
modèle canonique présentant du chaos spatio-temporel, émulant certaines car
actéristiques essentielles de la dynamique atmosphérique, tout en se prêtant à
une analyse approfondie de ses propriétés.
On peut considérer l’éq. (4.29) comme la forme normale d’un système dy
namique spatialement étendu au voisinage d’une instabilité oscillante de type
(SR
lJ
c= 0, ’AuJc ^ 0,kjnc = 0). Cette équation apporte une correction à la forme
normale de la bifurcation de Hôpf en introduisant une enveloppe variant lente
ment qui module l’amplitude des oscillateurs individuels en différents points de
l’espace. Cette méthode pour décrire le couplage entre des oscillateurs spatiale
ment distribués induits par diffusion a l’immense mérite d’être universelle, à tout
le moins au voisinage du point de bifurcation. Elle a été étudiée complètement
d’abord par Newell (1974) et Kuramoto (1984), et ensuite par Coullet et Gil
(1988), qui se sont plus particulièrement intéressés au rôle des symétries constru
ites dans le système.
L’équation (4.29) est couramment appelée Equation Complexe de Ginzburg-
Landau (ECGL), puisqu’elle généralise l’équation réelle de Landau-Ginzburg fa
milière des phénomènes d’équilibre critique. Cette dernière corrige la théorie de
Landau du champ moyen des phénomènes critiques en autorisant des fluctua
tions spatiales inhomogènes. A la limite de coefficients purement imaginaires
et pour A = Ac, l’éq. (4.29) se réduit à l’équation non-linéaire de Schrodinger
utilisée abondamment dans l’étude des ondes dans les systèmes non-dissipatifs
4.2. DESCRIPTION DU MODÈLE 117
(Newell et Maloney, 1992). Le fait que dans notre contexte les coefficients des
termes cubiques et de la dérivée spatiale soient complexes est une conséquence
du caractère dissipatif de la dynamique et de contraintes de non-équilibre. Cela
implique qu’à l’opposé de sa contrepartie à l’équilibre, cette équation ne dérive
pas d’un potentiel. Ceci ouvre la voie à de nouveaux phénomènes de non-équilibre
spécifiques naissant de la perte de stabilité du cycle limite homogène et allant de
la propagation de fronts d’ondes jusqu’au chaos spatio-temporel et la génération
de défauts.
Afin de percevoir la naissance de cette complexité, il est utile de présenter les
grandes lignes de l’analyse de stabilité linéaire du cycle limite homogène solution
de (4.29) dans un système unidimensionnel. On peut facilement voir que la forme
générale des solutions de (4.29) s’écrit,
As = {X- (4.30)
En posant
A = A, -b 5A{r, t)e-^
0U-^c)t (4 3^^
on obtient la version linéarisée de l’éq. (4.29) :
Ç Â
-— = -{1-^ il3{X _ \^){SA + SA*) + (1 + ia)V^SA (4.32)
ou encore, avec SA = 5Ae**”' et SA = upiv et après séparation des parties réelles
et imaginaires ,
^ = -[2(A - Ac) -b k‘^]u -b otk'^v
ai
dv
— =-[2/3{X - Xc) + ak'^]u - k\ (4.33)
L’équation caractéristique de ce système est.
Dans la région supercritique A — Ac > 0 la somme des racines reste manifestement
négative. La seule instabilité pouvant apparaître est par conséquent via le terme
constant qui s’annulerait et deviendrait négatif. Ceci implique que les paramètres
a et /d soient tels que
1 +
q/3 < 0 (4.35)
Cette inégalité constitue une condition pour la complexité spatio-temporelle puis
que à cette échelle une oscillation homogène comprenant le système comme un
tout ne peut plus être maintenue. Cette instabilité est induite par la présence
de coefficients complexes dans l’éq. (4.29), ou, par équivalence, par la présence
d’une variable de phase non-triviale reliée à la partie imaginaire du paramètre
d’ordre A. Dans ce sens, on peut parler d’instabilité de phase.
Au-delà de ce palier naît une instabilité vis à vis des modes de grandes ondes,
usuellement appelée instabilité de Benjamin-Feir . Dans ces conditions, du chaos
spatio-temporel peut se développer, caractérisé par une évolution erratique de la
phase locale du champ A{x,t). En effet, pour ajS > 1, toutes les solutions à en
roulement de phase sont linéairement instables. Ce résultat remarquable conduit
à des attentes d’apparition de comportements chaotiques, qui nous intéressent
spécialement.
Shraiman et al. (1992), ainsi que Chaté (1994), ont étudié en détail les
différents régimes naissant au-delà de l’instabilité de Benjamin-Feir, en se basant
essentiellement sur l’analyse des types de motifs pouvant apparaître suite aux
modifications des valeurs des paramètres a et /3. Ils ont plus particulièrement
mis en évidence différents types de régimes chaotiques, qui sont le chaos de phase
et le chaos d’amplitude, représentés à la Figure 4.1.
Comme les techniques analytiques ne peuvent être employées dans le régime
chaotique (une analyse de stabilité linéaire n’a, par exemple, aucun sens), nous
4.2. DESCRIPTION DU MODÈLE 119
Figure 4.1: Reproduction de l’analyse de stabilité des solutions de l’éq. (4.29)
obtenue par Shraiman et al. (1992). Les lettres DC, PC, BC représentent respec
tivement les régions de Defect Chaos, Phase chaos, Bi-chaos. La ligne continue
symbolise l’instabilité de Benjamin-Feir.
rechercherons une solution numérique de l’équation (4.29).
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