Haut PDF Été 2009 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Été 2009 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Été 2009 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Editorial Ce bulletin fête ses 10 ans. Le numéro 1 date de 1999, l'année de la naissance de l'euro et nous aurions aimé que, en 2009, le numéro 20 accompagne un nouveau temps fort de la construction européenne. Hélas, nous sommes contraints à plus de modestie. Aujourd'hui, l'Union européenne est questionnée et, pour tout dire, le faible taux de participation (43%) aux dernières élections européennes pourrait laisser croire que l'Europe suscite le désintérêt. Pourtant, ce taux fut de 62 % lors de la première élection du parlement européen au suffrage universel en 1979. On peut penser que ce chiffre reflétait, avant tout, une attraction pour la nouveauté puisque, depuis lors, à chaque nouvelle élection, il est allé en décroissant. Soit. Mais alors, comment expliquer la participation de pratiquement 70 % au référendum de 2005 en France ? Au-delà de ce taux élevé, on se souvient encore de l'ardeur des débats et de la passion collective pour les questions européennes. Ailleurs qu'en France, surtout si le traité constitutionnel devait être approuvé par une procédure référendaire, on rencontra la même implication démocratique. Sommes nous alors inconstants ou incohérents ? Ce n'est pas si simple.
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Hiver 2009 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Hiver 2009 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Éditorial Deux inconnus à la tête de l'Europe, ce titre a fait les premières pages des journaux internationaux. Le constat, qui semble brutal, ne s'applique en rien aux personnes concernées. En réalité, ces nominations révèlent à la fois la faiblesse politique de l'Europe et les ambitions autocentrées des hauts responsables politiques nationaux.

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Eté 2019 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Ne le cachons pas, et je parle ici au nom de tous mes collègues de l’OPEE, nous tirons une grande satisfaction d’avoir participé à cette aventure collective. En effet, voilà 20 ans, des économistes des Universités Louis Pasteur et Robert Schuman de Strasbourg décidèrent de prendre la parole en s’adressant à un public plus large que leurs étudiants et leurs collègues (depuis 2009, les universités strasbourgeoises ont fusionné dans l’UDS). L’enjeu, je continue ici à paraphraser l’éditorial du 1 er numéro du Bulletin, était de contribuer à remplir l’espace entre l’Université et la Société. Le sujet choisi était d’autant plus stimulant qu’il nous concernait tous : comprendre et éclairer l’Europe en mouvement. L’objectif affiché était de couvrir à la fois les politiques conjoncturelles et structurelles et de ne pas éluder toutes les questions politiques et sociales. En moyenne, le noyau dur de l’OPEE a oscillé autour d’une dizaine d’enseignants-chercheurs. Naturellement, la composition de l’équipe a changé en 20 ans. Aujourd’hui, une relève est là afin de prendre, fort logiquement, le relais. La présence de ces plus jeunes collègues rassure et démontre qu’ils sont prêts à poursuivre et revivifier notre dessein initial. Je souhaite ici exprimer toute ma gratitude à Meixing Dai qui pilote dorénavant ce Bulletin avec le sérieux et la compétence que tout le monde lui reconnaît.
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Eté 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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n’étaient au départ que trois villes mondiales : New-York, Tokyo et Londres. A partir des années 1975, lorsqu’un nouveau processus d’urbanisation, associé à la création de richesses et à la mondialisation, a commencé à se généraliser, leur nombre s’est accru, pour inclure, Paris, Rotterdam, Anvers, Dortmund, Berlin, Helsinki, Budapest, Manchester, Barcelone, Osaka, Los Angeles, Chicago, San Francisco, Hong Kong, Shanghai, Pékin, Séoul, Dubaï, Buenos Aires, Montréal, etc., et bien d’autres mégapoles et conurbations polycentriques. Il n’existe évidemment pas un type unique de développement urbain métropolitain. On peut distinguer plusieurs configurations (Mongin 2013). Elles ont cependant des points communs. Ces villes et régions métropolitaines ont pour la plupart vu leur population s’accroître de plusieurs millions d’habitants et concentreraient, selon les travaux en économie urbaine (Derycke 1999, Halbert 2009, Héraud 2015, et Veltz 2015) l’essentiel de la création de richesse (VA), de la croissance économique nationale notamment par l’innovation, dans le domaine de l’économie de la connaissance. C’est « l’avantage métropolitain ». L’engouement pour ce type d’organisation urbaine s’accompagne souvent d’un regain de confiance dans la capacité des métropoles à apporter des solutions novatrices aux problèmes rencontrés. Comme le disait déjà Michel Giraud en 1987 : « Si l’on reproche
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Hiver 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Un colbertisme étendu à l’Europe Dans le cas de l’EPR, la technologie française a été développée en partenariat avec le groupe allemand Simens et expérimentée en Finlande - avant même le démarrage en France du chantier de Flamanville. L’opération fête cette année ses 10 ans de retard. L’industriel français Areva qui avait programmé la mise en service de l’EPR de Olkiluoto pour 2009, annonce maintenant la date de 2019. Son client finlandais TVO lui réclame 2,6 milliards d’euros de dédommagement pour le retard et les surcoûts. Le coût de construction évalué initialement à 3 milliards sera sans doute de 9 milliards. Les difficultés viennent- elles de la technologie (qui n’est pourtant pas de rupture) ou de problèmes de coordination? En tout cas cela ne décourage pas EDF (continuateur d’Aréva) de vouloir vendre l’EPR à la Grande-Bretagne, cette fois-ci en coopération avec le groupe chinois CGN, sur le site de Hinkley Point. Aux dernières nouvelles (Le Monde, 23.11.2017), la facture que les Britanniques vont devoir régler est passée d’une estimation de 6 milliards de livres à 30 milliards ! Un rapport parlementaire au vitriol s’en indigne, mais le gouvernement britannique reste obstinément favorable au projet. Même le contexte du Brexit n’y a rien changé…
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Eté 2018 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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en 2009 et 2010, l’endettement s’est réduit pour s’établir dès 2016 à un niveau proche de celui prévalant avant la crise. Au début de la crise, la dette publique de l’Italie représentait 102,4 % de son PIB. De 2009 à 2016, l’Italie a connu une situation économique particulièrement difficile comme l’illustrent un écart de production largement négatif (−2,8 % par an et en moyenne sur la période considérée) et un taux de croissance nominale annuel de 0,3 % en moyenne. Bien que l’Italie ait amélioré son solde structurel (le déficit structurel moyen est tombé à 1,9 % du PIB en moyenne de 2009 à 2016, contre 3,5 % en moyenne durant la décennie qui a précédé la crise) et ait réussi à maintenir un excédent primaire annuel moyen, certes plus faible que durant la décennie précédente, mais encore positif de 1,1 % du PIB entre 2009 et 2016 (et de 8,8 % en cumulé, comme indiqué sur le Graphique 5), le ratio dette publique/PIB a fortement augmenté (de 30,2 points de pourcentage). Cela s’explique par le fait que le pays a souffert d’un très grand effet boule de neige (atteignant 32,4 % de PIB en cumulé sur la période) résultant de la combinaison d’un important stock initial de dette, de la faiblesse de la croissance nominale du PIB et de taux d’intérêt élevés. En effet, bien que les taux d’intérêt italiens aient été très proches de ceux de l’Allemagne depuis l’introduction de l’euro, ils ont fortement augmenté, notamment en 2011-2012, dans le sillage de la crise de la zone euro, suite à la perception du risque que faisait peser la crise économique sur la soutenabilité de la dette publique dans plusieurs pays européens. Ce risque a fortement affecté le marché des obligations souveraines italiennes et la hausse des taux qui s’en est suivie est devenu un facteur déterminant de la poussée de l’effet boule de neige après 2008 8 .
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Hiver 2018 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Le Portugal est l’un des pays européens les plus touchés par la crise économique et financière de 2008-2009. Cela s’est traduit en 2009 par une baisse de 3 % du PIB national et par une détérioration importante de ses finances publiques (déficit budgétaire de 9,4 % du PIB et dette publique de 89,6 % du PIB détenue en grande partie par des étrangers). Cette situation a entraîne la défiance des agences de notation, ce qui a conduit à celle des opérateurs sur les marchés financiers internationaux et à une hausse du coût du financement du pays sur ces marchés. Pour faire face à ces difficultés, le gouvernement a mis sur pied en mars 2011 un programme de redressement économique et d’assainissement des finances publiques que le parlement a rejeté, ce qui a incité les agences de notations inquiètes pour la solvabilité du pays, à continuer à dégrader la note de la dette publique portugaise. De ce fait, il a été impossible pour le pays d’obtenir des ressources financières sur les marchés internationaux à un taux d’intérêt raisonnable pour rembourser une dette de 5 milliards d’euros venant à échéance à la mi-juin 2011. Le gouvernement portugais a donc été obligé de faire appel, malgré ses réticences, à l’aide européenne. Cette aide s’est traduite par un prêt de 78 milliards d’euros sur trois ans fournie par le Fonds européen de stabilité financière et par le Mécanisme européen de stabilité financière. Cette aide a permis de couvrir les besoins de financement du Portugal (refinancement des titres de la dette arrivant à échéance et financement du déficit public courant) à un taux d’intérêt plus favorable que celui du marché financier international. Elle s’accompagne d’un « programme économique global » que le nouveau gouvernement issu des élections de juin 2011 doit appliquer de
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Hiver 2018 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Le Portugal est l’un des pays européens les plus touchés par la crise économique et financière de 2008-2009. Cela s’est traduit en 2009 par une baisse de 3 % du PIB national et par une détérioration importante de ses finances publiques (déficit budgétaire de 9,4 % du PIB et dette publique de 89,6 % du PIB détenue en grande partie par des étrangers). Cette situation a entraîne la défiance des agences de notation, ce qui a conduit à celle des opérateurs sur les marchés financiers internationaux et à une hausse du coût du financement du pays sur ces marchés. Pour faire face à ces difficultés, le gouvernement a mis sur pied en mars 2011 un programme de redressement économique et d’assainissement des finances publiques que le parlement a rejeté, ce qui a incité les agences de notations inquiètes pour la solvabilité du pays, à continuer à dégrader la note de la dette publique portugaise. De ce fait, il a été impossible pour le pays d’obtenir des ressources financières sur les marchés internationaux à un taux d’intérêt raisonnable pour rembourser une dette de 5 milliards d’euros venant à échéance à la mi-juin 2011. Le gouvernement portugais a donc été obligé de faire appel, malgré ses réticences, à l’aide européenne. Cette aide s’est traduite par un prêt de 78 milliards d’euros sur trois ans fournie par le Fonds européen de stabilité financière et par le Mécanisme européen de stabilité financière. Cette aide a permis de couvrir les besoins de financement du Portugal (refinancement des titres de la dette arrivant à échéance et financement du déficit public courant) à un taux d’intérêt plus favorable que celui du marché financier international. Elle s’accompagne d’un « programme économique global » que le nouveau gouvernement issu des élections de juin 2011 doit appliquer de
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Eté 2018 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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en 2009 et 2010, l’endettement s’est réduit pour s’établir dès 2016 à un niveau proche de celui prévalant avant la crise. Au début de la crise, la dette publique de l’Italie représentait 102,4 % de son PIB. De 2009 à 2016, l’Italie a connu une situation économique particulièrement difficile comme l’illustrent un écart de production largement négatif (−2,8 % par an et en moyenne sur la période considérée) et un taux de croissance nominale annuel de 0,3 % en moyenne. Bien que l’Italie ait amélioré son solde structurel (le déficit structurel moyen est tombé à 1,9 % du PIB en moyenne de 2009 à 2016, contre 3,5 % en moyenne durant la décennie qui a précédé la crise) et ait réussi à maintenir un excédent primaire annuel moyen, certes plus faible que durant la décennie précédente, mais encore positif de 1,1 % du PIB entre 2009 et 2016 (et de 8,8 % en cumulé, comme indiqué sur le Graphique 5), le ratio dette publique/PIB a fortement augmenté (de 30,2 points de pourcentage). Cela s’explique par le fait que le pays a souffert d’un très grand effet boule de neige (atteignant 32,4 % de PIB en cumulé sur la période) résultant de la combinaison d’un important stock initial de dette, de la faiblesse de la croissance nominale du PIB et de taux d’intérêt élevés. En effet, bien que les taux d’intérêt italiens aient été très proches de ceux de l’Allemagne depuis l’introduction de l’euro, ils ont fortement augmenté, notamment en 2011-2012, dans le sillage de la crise de la zone euro, suite à la perception du risque que faisait peser la crise économique sur la soutenabilité de la dette publique dans plusieurs pays européens. Ce risque a fortement affecté le marché des obligations souveraines italiennes et la hausse des taux qui s’en est suivie est devenu un facteur déterminant de la poussée de l’effet boule de neige après 2008 8 .
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Été 2012 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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1 PPTE : Pays pauvres très endettés. Initiative mise en place pour réduire la dette des pays pauvres très endet- tés. Devarajan et Rodrik (1991) estiment que la parité fixe entre l’euro et le franc CFA n’a pas permis la maîtrise du taux d’inflation et le maintien des performances économiques et commerciales escomptées par rapport à d’autres pays africains non membres de la zone CFA et ayant le dollar comme monnaie d’ancrage. Quand les échanges commerciaux sont importants entre deux zones monétaires, un régime de taux de change fixe est préférable car le taux de change est moins volatile. Cependant, lorsque la structure du commerce connaît régulièrement des changements, c’est le cas des pays de l’UEMOA et de la CEMAC, la parité fixe n’est plus adaptée pour la stabilité du taux de change effectif nominal (Lonkeng Ngouana, 2012). Ces pays orientent leurs échanges vers les pays émergents notamment la Chine. De plus, la volatilité du taux de change effectif a un impact négatif sur la productivité et la croissance (Aghion et al, 2009). Ce système de change fixe devient insoutenable pour les pays de la zone CFA dans la mesure où leurs économies sont très sensibles à des chocs asymétriques trouvant leur source dans la volatilité des marchés de matières premières. C’est le cas par exemple des producteurs du Burkina Faso qui se trouvent en difficulté face à la baisse des cours du coton relative à la baisse de la demande mondiale du textile. Figure 3 : Évolution de l’indice synthétique de dispersion des soldes de la balance courante à l’intérieur de l’UEMOA et la CEMAC entre 1998 et 2011 (base 100 : 1998)
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Été 2013 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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économiques nationales est capitale, car il y a un manque de confiance entre les gouvernements des pays du Nord et ceux des pays du Sud de la zone euro, qui fait obstacle à un renflouement solidaire. Pour faciliter cette transparence, émerge l’idée d’une autorité budgétaire indépendante dans chaque pays, qui serait garante de la qualité des informations relatives aux finances publiques. Il existe déjà, en principe, au sein de chaque pays, une Cour des comptes indépendante, qui doit certifier les comptes publics. La responsabilité de l’autorité budgétaire indépendante serait de garantir le respect du principe de sincérité des comptes et des prévisions. En France, un Haut conseil des finances publiques, créé par une loi de décembre 2012 et présidé par l’économiste Michel Aglietta, a justement pour rôle de donner des avis sur l’adéquation de l’orientation des finances publiques avec les règles budgétaires européennes et françaises. En ce qui concerne la gouvernance, il aurait fallu organiser une restructuration de la dette publique grecque dès la fin 2009, lorsque les économistes savaient déjà que le gouvernement grec était en défaut de paiement. Ce dernier a été déclaré officiellement en 2012, trop tard. Quant à la manière de gérer la crise chypriote en 2013, l’erreur a été la même que pour la Grèce : au début, on se dit qu’il n’est pas nécessaire d’intervenir parce que le pays est petit en proportion du PIB de la zone euro, mais c’est oublier le risque systémique dans l’ensemble de la zone euro, qui est lié aux 4 Voir A. Sibert (2010), Love letters from Iceland : Ac-
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Hiver 2016 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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1978, 4 alors que le taux de croissance de la consommation n’était que 2,3 %. La stratégie de développement adoptée par la Chine durant la période 1950-1978 ressemblait à celle adoptée par beaucoup de pays en développement. Dans les années 1950, ces pays étaient caractérisés par un revenu par tête faible, une population peu éduquée, peu d’infrastructure, une spécialisation dans la production des matières premières destinée à l’exportation, et peu de production manufacturière locale. Les décideurs politiques de ces pays percevaient le développement des industries modernes comme la seule façon de faire décoller rapidement l’économie nationale afin d’éviter la dépendance par rapport aux puissances industrielles occidentales et d’éliminer la pauvreté. Sous l’influence de l’Union soviétique, la stratégie de développement à la mode dans les pays en développement socialistes et non-socialistes mettait l’accent sur l’industrie lourde et la substitution des produits importés. Pour mettre en œuvre cette stratégie, leur gouvernement introduisait des distorsions et intervenait fortement dans l’économie. Bien que cette stratégie ait permis d’établir des industries modernes et une croissance rapide tirée par l’investissement pendant une ou deux décennies entre les années 1950 et les années 1970, elle induisait un ensemble de problèmes, comme les contraintes budgétaires souples, la recherche des rentes ou une mauvaise allocation des ressources, qui étaient à l’origine de la stagnation économique et des crises socio-économiques fréquentes observées dans les pays en développement dans les années 1970 et 1980. Les distorsions constatées dans ces économies sont dues aux arrangements institutionnels de second rang mais indispensables pour protéger les entreprises dans les secteurs prioritaires.
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Hiver 2016 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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1978, 4 alors que le taux de croissance de la consommation n’était que 2,3 %. La stratégie de développement adoptée par la Chine durant la période 1950-1978 ressemblait à celle adoptée par beaucoup de pays en développement. Dans les années 1950, ces pays étaient caractérisés par un revenu par tête faible, une population peu éduquée, peu d’infrastructure, une spécialisation dans la production des matières premières destinée à l’exportation, et peu de production manufacturière locale. Les décideurs politiques de ces pays percevaient le développement des industries modernes comme la seule façon de faire décoller rapidement l’économie nationale afin d’éviter la dépendance par rapport aux puissances industrielles occidentales et d’éliminer la pauvreté. Sous l’influence de l’Union soviétique, la stratégie de développement à la mode dans les pays en développement socialistes et non-socialistes mettait l’accent sur l’industrie lourde et la substitution des produits importés. Pour mettre en œuvre cette stratégie, leur gouvernement introduisait des distorsions et intervenait fortement dans l’économie. Bien que cette stratégie ait permis d’établir des industries modernes et une croissance rapide tirée par l’investissement pendant une ou deux décennies entre les années 1950 et les années 1970, elle induisait un ensemble de problèmes, comme les contraintes budgétaires souples, la recherche des rentes ou une mauvaise allocation des ressources, qui étaient à l’origine de la stagnation économique et des crises socio-économiques fréquentes observées dans les pays en développement dans les années 1970 et 1980. Les distorsions constatées dans ces économies sont dues aux arrangements institutionnels de second rang mais indispensables pour protéger les entreprises dans les secteurs prioritaires.
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Eté 2016 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Eté 2016 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

En mars 2015, la BCE a décidé, dans le cadre de sa politique monétaire non conventionnelle, de prendre des mesures d’assouplissement quantitatif analogues à celles mises en œuvre aux Etats Unis, en Grande-Bretagne et au Japon. Cette politique dont les mesures ont été amplifiées en mars 2016 consiste à injecter dans les circuits financiers un volume de liquidités de 1680 milliards d’euros de mars 2015 à mars 2017. On espère que les effets de cette expansion monétaire dans le secteur financier se transmettront au secteur non financier et que de ce fait la déflation qui menace la Zone Euro pourra être évitée. La faible efficacité de cette injection massive de liquidités constatée jusqu’ici a suscité des réflexions sur une alternative à la politique actuelle consistant à substituer à l’injection de liquidités au bénéfice du secteur financier, une alimentation monétaire directe du secteur non financier (entreprises, ménages, secteur public). Cette idée est soutenue depuis 2015 par différents mouvements, comme le think tank britannique Positive Money. Elle a également suscité l’adhésion de certains économistes, comme J. Muellbauer, et certains responsables politiques, comme J. Corbyn, chef du parti travailliste anglais, et elle a fait l’objet d’une campagne européenne à laquelle participent plusieurs mouvements soutenant des propositions différentes. En février 2016, elle a constitué le thème d’une conférence au Parlement européen et en mars 2016, le président de la BCE n’a pas semblé l’exclure a
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Hiver 2015 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Hiver 2015 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

- La libéralisation des activités économiques La Grèce est sommée d’adopter les mesures de libéralisations préconisées par l’OCDE et spécifiées par l’Eurogroupe. Ces dispositions sont définies avec minutie dans le mémoran- dum. Elles concernent notamment l’ouverture des pharmacies par des non-pharmaciens, la vente de médicaments sans ordonnance dans les grands magasins, la vente du pain en de- hors des boulangeries, l’ouverture des maga- sins le dimanche et les soldes commerciales pendant toute l’année. De plus, il convient d’ouvrir à la concurrence certaines profes- sions, comme celle de notaire. De telles me- sures sont déjà envisagées ou mises en œuvre dans un certain nombre de pays européens sans que leurs incidences positives sur la croissance et l’emploi soient vraiment démon- trées. Enfin, il faudra prévoir un programme de privatisation dont la réalisation sera confiée à un fonds indépendant, c’est-à-dire non contrôlé par le parlement. Les ventes de biens publics effectuées par cette institution qui est assez analogue à la Treuhand chargée de pri- vatiser les biens de l’Allemagne de l’Est de- vraient rapporter 50 milliards d’euros, selon les estimations de la Commission. Celle-ci fournit une liste détaillée des biens et des acti- vités à privatiser et des modalités à suivre pour réaliser cet objectif. Cette liste comprend notamment les 14 aéroports nationaux, les ports du Pirée et de Salonique, et des activités traditionnellement publiques, comme les ser- vices de la poste, l’exploitation de l’eau, cer- tains services de transport et la fourniture d’énergie. On attend de ces opérations une hausse de l’efficacité et une baisse des prix par rapport aux monopoles publics. Mais les exemples de certaines privatisations, comme celle du réseau d’eau ou d’autoroute, effec- tuées dans des autres pays européens, parfois au bénéfice des mêmes sociétés, suscitent des doutes sur l’efficacité de ces opérations. Le montant que la Commission espère retirer des privatisations semble peu crédible si l’on considère que ces opérations se feront dans l’urgence et sous la pression, connue par les futurs acquéreurs, de la nécessité pour le ven- deur d’obtenir des ressources le plus rapide- ment possible. D’ailleurs les privatisations ef- fectuées de 2011 à 2015 dans des conditions analogues n’ont rapporté que 5,4 milliards d’euros.
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Eté 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Eté 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

L’euroscepticisme ambiant semble reculer. Les citoyens portent des regards plus positifs sur les bénéfices d’être européen. Les responsables assument plus clairement leur confiance dans l’Europe et s’engagent à traiter sur le fond de l’avenir de l’Union. Cette évolution des esprits et des visées ne doit rien au hasard. L’Europe, et particulièrement la zone euro, bénéficient actuellement d’une constellation favorable pour avancer vers plus d’intégration. Les perspectives économiques sont plutôt encourageantes ; les grands défis actuels du terrorisme et du
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Hiver 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Hiver 2017 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

un référendum, tenu le même jour, permettrait à chaque État membre de choisir son avenir. Naturellement, la fédération (le premier cercle) ne serait pas fermée à de futurs candidats. La dynamique citoyenne qui vient d’être esquissée est certes indispensable, mais elle doit être encouragée et soutenue. Rien ne se fera sans les engagements fermes de quelques grandes figures politiques, artistiques et culturelles. De même, ce mouvement réclame un soutien marqué du couple franco-allemand et un

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Hiver 2015 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

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Nous avons eu la chance et l’audace de lancer après guerre une construction que le monde nous envie et dont nous devons être fiers. Ne soyons pas timorés, mais ambitieux[r]

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Eté 2014 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Eté 2014 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Les transferts envisagés sont généralement de petite taille et disparaissent si la dépression est généralisée à l’ensemble de la zone. Comme ils doivent être de solde nul en cu- mul temporel pour chaque pays, ils ne peuvent avoir qu’un impact négligeable. Par ailleurs, il est impossible d’avoir une stabilisa- tion complète par le seul jeu des stabilisateurs automatiques : il faut obligatoirement y ajou- ter des mesures discrétionnaires : les pays membres ne peuvent accepter l’interdiction des mesures discrétionnaires en échange d’une petite dose de stabilisation automatique à l’échelle européenne, d’autant plus que même le Pacte budgétaire autorise le jeu des stabilisateurs automatiques à l’échelle natio- nale (tout en limitant cette possibilité par un calcul contestable du solde conjoncturel). Par ailleurs, le fonctionnement de la zone euro ne peut être bâti durablement sur des transferts entre des pays du Nord (en bonne santé économique et ayant de forts excédents commerciaux) et des pays du Sud (en situa- tion de chômage de masse). D’une part, les habitants des pays du Nord ne l’accepteraient pas. D’autre part, les pays du Sud ne peuvent compenser une situation de détresse écono- mique par des transferts qui les soumettraient aux diktats des pays du Nord et des institu- tions européennes. Ce qui est acceptable dans le cadre national où règne une solidarité instinctive ne l’est pas dans le cadre européen où les actifs des pays du Nord ne sont pas spontanément solidaires des chômeurs des pays du Sud, où les français demain refuse- ront de payer pour les retraites des italiens ou des allemands, où les citoyens européens re- fusent de financer le déficit de la Grèce, cau- sé en grande partie par la fraude fiscale. Aus- si, les transferts entre pays membres ne peuvent être mis en place qu’à titre excep- tionnel ou pour financer des politiques de dé- veloppement productif. Chaque pays doit se donner comme objectif de retrouver un mo- dèle économique satisfaisant, ce qui demande aujourd’hui des stratégies différenciées. La co- ordination des politiques économiques doit viser la résorption des déséquilibres entre pays membres.
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Hiver 2013 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Hiver 2013 - L'observatoire des politiques économiques en Europe

Trois séries de raisons justifient l’aspiration à une Europe plus forte, plus lisible et plus démocratique. 1. D’abord, l’Union économique et monétaire actuelle ne peut pas fonctionner correctement avec une monnaie unique et des politiques économiques nationales -notamment budgétaires- soumises à la tutelle de règles aveugles. Ce fédéralisme tutélaire stérilise les politiques économiques actives, déconstruit nos modèles sociaux et fait reculer la démocratie. Il faut changer la donne dans la zone euro.

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