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« Je ne suis pas vulnérable! » : analyse du récit de vie professionnelle d’une enseignante paraplégique au prisme des épreuves, du handicap et du genre

« Je ne suis pas vulnérable! » : analyse du récit de vie professionnelle d’une enseignante paraplégique au prisme des épreuves, du handicap et du genre

2.1 Recrutement de l’informatrice et protocole d’entretien Nous avons rencontré Laurie lors d’activités associatives communes. Laurie articule ses expériences autobiographiques dans une véritable trajectoire. Dans son récit, il n’existe pas un « avant » et un « après » l’accident invalidant, séparés, selon notre expression, par un « no man’s land existentiel ». Exprimer ces trois temporalités revient à reproduire une représentation stéréotypique de la rupture majeure du parcours de vie des personnes paraplégiques. Au contraire, Laurie raconte une trajectoire de vie unifiée, articulée autour de relations de causalité construites de façon originale (De Coninck et Godard, 1990). Nous avons mené avec Laurie un entretien semi-directif sous la forme d’un récit de vie professionnelle. Notre question de lancement fut : « Pourriez-vous me raconter votre carrière professionnelle depuis votre première activité jusqu’à aujourd’hui? ». Cette question fut accompagnée d’un protocole de questions complémentaires qui ont trait aux choix d’orientation initiale et de réorientation, aux pratiques socio-sexuées d’orientation dans les professions, et à l’influence de l’environnement social sur les choix d’orientation et de réorientation. Nous avons enregistré le récit de Laurie, d’une durée d’une heure, dans sa salle de classe. Malgré la mise à distance de l’expérience par la narration, nous estimons que le contexte familier favorise l’identification à sa propre trajectoire.
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Étude de récits de vie professionnelle d'enseignants du premier degré : analyse du discours

Étude de récits de vie professionnelle d'enseignants du premier degré : analyse du discours

Les approches et les sujets d’étude que peut venir sous-tendre le recueil de récits de vie sont multiples : leur utilisation peut ainsi relever de champs très spécifiques concernant certaines situations familiales ou encore certaines pratiques de vie. Parmi ceux-ci, je me suis intéressée à l’étude d’un milieu professionnel particulier, à savoir celui de l’enseignement du premier degré. Plusieurs recherches ont d’ailleurs déjà été produites dans ce domaine, à l’image de celle menée par Bliez-Sullerot et Mével (2004) qui tend à démontrer que l’usage du récit de vie professionnelle en formation des enseignants concourt à la formation de leur identité professionnelle ; à l’heure où l’expression « malaise enseignant » ne cesse de parcourir les médias comme l’ensemble de la profession, penser l’enseignant en être total apparaît une approche riche de sens. Outre cet aspect, s’intéresser aux récits de vie de professeurs des écoles c’est également concourir à la valorisation de cette fonction, notamment à travers la reconnaissance de l’individu au sein du champ professionnel ; le métier d’enseignant est en effet caractérisé par une liberté pédagogique non négligeable qui laisse une grande possibilité d’expression de l’individu dans l’exercice de sa fonction. Dès lors, il semble pertinent de s’interroger sur certaines postures professionnelles qui peuvent par exemple être liées à un parcours et des expériences personnelles telles que des rencontres ou des circonstances familiales particulières.
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Transitions des jeunes vers la vie adulte : processus d’insertion et rapports à la vie professionnelle

Transitions des jeunes vers la vie adulte : processus d’insertion et rapports à la vie professionnelle

 Une importance croissante est également accordée au critère de stabilité. Si, comme nous l’avons vu, la stabilité est pour certains jeunes un critère essentiel tout au long de leur parcours, pour d’autres, la recherche ou le maintien d’un emploi stable importe davantage au cours des vagues et apparaît comme central parmi les critères pour choisir, poursuivre ou quitter un emploi. Le cas de Jérémie illustre cette évolution. Au départ, ce dernier entretenait un rapport plutôt instable à l’emploi et aux critères liés au salaire : « Moi, ce que je voudrais, c’est être intérimaire toute ma vie […] En premier ? C’est le salaire. Moi, je suis intérimaire, donc, je suis assez bien placé pour savoir comment choisir une mission. On prend celle qui paye le mieux. Le choix, c’est vite fait. » Il alterne les périodes de chômage et les emplois précaires (CDD et intérim) pendant cinq ans : brancardier, préparateur de commandes, cariste dans différentes entreprises, chauffeur-livreur dans un magasin d’alimentation et magasinier- cariste dans une société automobile. Son rapport à l’emploi se maintient jusqu’à ce que survienne un événement extérieur à sa vie professionnelle : sa femme accepte une offre d’emploi et ils déménagent à Rennes, ce qui le pousse à accepter un emploi en CDI en tant qu’agent de mouvement à l’entreprise nationale de trains. Cette expérience transforme ses critères d’emploi, et Jérémie considère à présent la stabilité d’emploi comme un critère important : « Stabilité essentiellement. Et puis, pas une paix intérieure, mais bon, un souci en moins. Avant, c’était quand même : je suis en mission 15 jours, en mission 3 semaines, je finis là, il faut que je retrouve du boulot. Donc quelque part, c’est des soucis en moins aussi. La stabilité avant tout. »
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Organisation du travail et conditions d'exercice du travail autonome : une source d'amélioration de la conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle ?

Organisation du travail et conditions d'exercice du travail autonome : une source d'amélioration de la conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle ?

L’exercice d’un travail autonome favoriserait l’organisation des tâches et obligations liées à la présence de jeunes enfants. Certains ont justement choisi ce mode de travail afin d’être en mesure de prioriser la famille ou encore de trouver un certain équilibre entre la famille et la vie professionnelle. Selon les réponses obtenues, cela demande toutefois une discipline quant à l’horaire de travail puisqu’il faut tenter de respecter l’horaire établi. Comme l’indiquent également les travaux de Felstead et Jewson (2000), il n’est pas toujours facile d’établir de telles frontières lorsqu’on travaille à domicile. Certains interviewés ont dit planifier leur journée de travail en intégrant la sphère de travail à la vie familiale alors que d’autres entrevoient la souplesse des temps de travail comme un outil pouvant être utilisé au besoin, même s’ils conservent un horaire plutôt fixe. À cet égard, on peut participer aux activités organisées par l’école ou la garderie qui requièrent la présence d’un parent. Aussi, le fait d’être là pour les enfants quand ils reviennent de l’école peut représenter un avantage important et cela, même si ce n’est pas l’objectif premier du choix du statut d’autonome ; d’ailleurs cela se planifie avant même d’avoir un enfant. Finalement, si l’horaire de travail du type « 9 à 5 » est celui choisi par le travailleur autonome, même lorsqu’il travaille hors du domicile, il reste plus facile de modifier l’horaire de travail lorsqu’on est travailleur autonome, que ce soit pour s’occuper des enfants malades ou en congé. Les propos suivants illustrent ce qui précède :
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Inégalités au travail : les enjeux de l'articulation entre vie professionnelle et vie personnelle chez les employé(e)s de bureau.

Inégalités au travail : les enjeux de l'articulation entre vie professionnelle et vie personnelle chez les employé(e)s de bureau.

Se dessine en filigrane une autre thématique propre à l’articulation : la porosité entre les sphères. Peut-il y avoir par exemple disponibilité si la porosité est importante ? Quels peuvent alors être les modes de régulation et de relation entre porosité et disponibilité ? A trop vouloir la disponibilité des personnes dans leur insertions multiples, ne risque t-on pas d’introduire une porosité non maîtrisée qui déborderait les l’individus ? N’y a t-il point, dans le couple « disponibilité/porosité » poussé à son maximum, la possibilité pour les entreprises de rejouer une partition réarrangée du paternalisme XIXe siècle ou d’exclusion par une sélection sur ces critères voire d’intrusion dans la vie privée des salariés ? Pour Rachel Silvera, ce danger existe mais pour autant, existe t-il d’autres solutions ? Marie-Agnès Barrère-Maurisson avance que ces mesures trouvent leur origine dans la préoccupation de l’entreprise quant aux possibles pénuries de main-d’œuvre et pour retenir la plus qualifiée tout en faisant en sorte que lorsqu’il est à l’intérieur de l’entreprise, le salarié ne subisse pas les contraintes de sa vie à l’extérieur. Rachel Silvera introduit une nuance sur cet extérieur qui, selon elle, est plutôt d’ordre familial que d’ordre privé ou personnel au nom de la responsabilité sociétale et démographique qui nous incombe (entreprises, partenaires sociaux…) quant au renouvellement des générations. La condition sine qua none étant, pour que ce qui pourrait s’appeler « néo-paternalisme » fonctionne, que chacune des parties y trouvent son intérêt. Les médecins du travail, eux- mêmes, tant ceux rencontrés, que ceux qui peuvent participer à divers groupes de travail, témoignent clairement que des mesures facilitant, dans l’organisation du travail, l’articulation vie personnelle/vie professionnelle sont nécessaires pour soulager du stress, de la souffrance au travail, faute de quoi cela se traduit par de l’absentéisme et des congés maladie. La logique de prévention santé au travail rejoint ici la logique économique.
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Conciliation entre vie professionnelle  et vie familiale, les leçons des enquêtes auprès des ménages

Conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, les leçons des enquêtes auprès des ménages

auprès des ménages Hélène Garner (*) , Dominique Méda (**) , Claudia Senik (***) Le travail et la famille ne sont pas seulement deux « valeurs » ou deux domaines importants qui constituent à des degrés divers l’identité des personnes, mais aussi et surtout deux « activités », fortement consommatrices de temps et entre les quantités desquelles les individus – et notamment les femmes, étant donné l’état actuel de la répartition des charges domestiques et familiales – sont contraints d’arbitrer. Cette concurrence dont les termes sont à la fois temporels et fi nanciers peut se « résoudre » selon plusieurs modalités, parmi lesquelles le retrait d’activité. L’article analyse les déterminants d’un tel retrait et notamment l’infl uence des conditions d’emploi, grâce à une enquête menée par la DARES et le CREDOC en 2003, auprès de 1 000 femmes s’étant arrêté de travailler à la naissance d’un enfant. Mener de front vie professionnelle et vie familiale peut en revanche provoquer des diffi cultés de conciliation, fortement ressenties par les femmes, mais aussi par les hommes. Les résultats de l’enquête « Histoire de vie – Construction des identités » sont étudiés : ils mettent en évidence le caractère déterminant des horaires et des rythmes de travail dans la perception de diffi cultés de conciliation.
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Langues étrangères dans les études et la vie professionnelle des femmes russes au XIXe siècle

Langues étrangères dans les études et la vie professionnelle des femmes russes au XIXe siècle

II. Les années 50 et 60: "nouvelle femme"impliquée aux mouvements sociaux et politiques III. Les années 60 jusqu'au début du XXe s.: l'accès aux études supérieures et à l'activité proféssionnelle des femmes et l'autonomisation de l'action féministe A chacune de ces périodes, les langues étrangères dans la vie des femmes jouent un rôle spécifique, mais toujours important, représentant un atout, un moyen ou un instrument dans leur combat pour l'émancipation, reconnaissance des droits à une vie professionnelle dans plusieurs domaines d'activités traditionnelement masculins.
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Aider un parent âgé dépendant Impact sur la vie professionnelle et sociale des femmes

Aider un parent âgé dépendant Impact sur la vie professionnelle et sociale des femmes

Il soulève aussi souvent en parallèle la thématique du déficit parental ou de l’irresponsabilité parentale dans le débat public Un troisième modèle possible consiste à promouvoir des ménages à deux pourvoyeurs de revenu à temps plein. Le développement rapide de l’emploi féminin a fait de ce modèle domestique le modèle dominant de la famille européenne contemporaine, même si ce phénomène affecte les différents pays avec une intensité variable (les plus concernés sont la Suède, la Finlande, le Danemark, la France, la Belgique, le Portugal). Néanmoins, le fait que les femmes tiennent aujourd’hui à faire le plus possible des carrières professionnelles continues ne signifient pas que la question de la conciliation soit posée au niveau du ménage, à la fois pour l’homme et pour la femme. Dans la majeure partie des cas, les pouvoirs publics n’envisagent cette question que pour les femmes. Parce qu’ « elles » sont confrontées au problème de l’incompatibilité entre vie familiale et vie professionnelle, le débat sur la conciliation n’est posée que pour « elles ». Cette manière quelque peu hypocrite de parler de la conciliation seulement pour les femmes est typique de la configuration française. Dans ce schéma dominant, les hommes ne semblent pas concernés par la question de la conciliation, puisque leur rôle demeure principalement celui de travailleur. Ce modèle de conciliation se traduit donc par le développement de services publics, principalement, mais aussi privés, permettant de déléguer à d’autres le travail de soin aux enfants, mais aussi aux personnes âgées dépendantes.
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ARTICULER VIE FAMILIALE ET VIE PROFESSIONNELLE AVEC DES HORAIRES DE TRAVAIL NON STANDARD

ARTICULER VIE FAMILIALE ET VIE PROFESSIONNELLE AVEC DES HORAIRES DE TRAVAIL NON STANDARD

« On a réussi à garder des temps de famille : le lundi et le dimanche après midi notamment. Mais ça, c’est une vraie volonté de notre part, c’était important … d’ailleurs ça un coût, hein, puisqu’on a pris un adjoint pour s’occuper du magasin ». Comme le montre le cas de Christine et de Gaëtan, il est indispensable pour les familles de trouver la bonne articulation entre vie professionnelle et vie familiale. C’est à cette seule condition que les contraintes inévitables sont vécues de façon positives et par là même surmontées. Il n’y a pas de modèle type d’équilibre, chaque famille le compose en fonction de ses aspirations familiales et professionnelles. D’ailleurs, la satisfaction ressentie dans l’une des deux sphères permet de surmonter l’insatisfaction que l’on peut vivre dans l’autre. Ainsi, Gabriel n’est pas entièrement satisfait de sa vie professionnelle. Jusqu’à récemment, il travaillait comme agent de maîtrise dans la boulangerie industrielle. Ce poste à responsabilités lui apportait d’importantes satisfactions sur le plan professionnel, mais était difficilement compatible avec sa vie de famille. Il commençait en effet à 16h00 l’après midi et travaillait en fait 10h d’affilée, week-end compris. Suite à des problèmes avec son employeur il a changé d’entreprise. Il est désormais employé, toujours dans la boulangerie industrielle, mais a réussi à maintenir son niveau de salaire. Son activité est beaucoup moins satisfaisante, mais son emploi du temps est beaucoup moins lourd et il peut se consacrer beaucoup plus à sa vie de famille. C’est d’ailleurs ce qui justifie pour lui le faible enthousiasme qu’il a à aller travailler :
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La cité des métiers à La Villette : Informer et conseiller à la vie professionnelle

La cité des métiers à La Villette : Informer et conseiller à la vie professionnelle

La demande de rencontres directes avec les professionnels pour faciliter la découverte des métiers de manière sensible est très forte ; il est bien entendu identifié qu'il y a un chaînon manquant entre les fiches métiers, les audiovisuels métiers, et la véritable vie professionnelle. Cela pourrait se faire en multipliant le nombre d'événements et en proposant de nouveaux usages d'Explora, l'exposition permanente de la cité des Sciences. Il s'agit là non seulement de proposer des parcours et des animations, mais aussi de développer la présentation des métiers et du travail au sein même des expositions. En réalité il s'agit alors d'atteindre un second objectif : aider le public à mieux identifier les liens entre développement scientifique et technologique, procédés de fabrication et exigence de qualification.
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Redonner du sens à sa vie professionnelle par une rupture intentionnelle de carrière chez des cadres français au mitan de la vie

Redonner du sens à sa vie professionnelle par une rupture intentionnelle de carrière chez des cadres français au mitan de la vie

1.2.12. Un regard critique sur le récit d’Armelle On remarque dans le récit d’Armelle qu’il s’agit d’une personne motivée et qui a envie d’aller de l’avant. Dans ses deux expériences professionnelles elle a cherché à évoluer, à s’investir, un peu trop parfois car elle n’hésite pas à donner son avis quitte à aller contre sa hiérarchie, ce qui l’a selon elle pénalisé dans ses souhaits d’évolution. Elle souffre beaucoup du fait qu’on ne lui confie plus de travail, qu’elle n’a plus de responsabilités. Armelle indique elle-même qu’elle désire être sur tous les fronts : avoir une activité professionnelle dans laquelle elle puisse s’investir tout en assumant pleinement ses activités de mère de famille. C’est à partir du moment où elle a compris que la clé de son problème résidait dans le fait qu’elle n’avait ni l’autonomie ni la liberté dont elle avait besoin dans son travail, que la création d’entreprise est apparue comme une autre possibilité professionnelle. Ce qu’Armelle évoque par autonomie et liberté représentent des notions bien plus vastes que ces deux concepts. En effet, elle évoque en plus la liberté d’organiser son temps comme elle le souhaite, de choisir ses clients, de concilier sa vie professionnelle et personnelle selon le rythme qui lui convient. Elle mentionne aussi le fait d’être autonome dans son travail car elle est la seule responsable de son activité. De plus, bien qu’elle soit dans un espace de coworking, elle travaille seule et non pas dans une équipe avec des contraintes de réunions, et c’est ce qui semble lui convenir davantage. Armelle indique aussi que cette manière de travailler, qui est une manière assez unique, correspond à sa personnalité, à son expérience et à ses valeurs. À son avis, elle apporte à ses clients un produit ou un service unique, ce qui lui procure un sentiment d’utilité.
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Bifurcation biographique au cœur de la dynamique des parcours d'entrée dans la vie professionnelle

Bifurcation biographique au cœur de la dynamique des parcours d'entrée dans la vie professionnelle

C.2 Enjeux et problématique, état de l’art Les sciences sociales sont mal outillées pour donner du sens à des situations d’incertitude, de rupture, de contingence et d’événement, situations pourtant bien présentes au sein des parcours de vie. Là où les ressources et les dispositions sont essentiellement conçues dans une logique de continuité, on gagne à les envisager dans une perspective plus dynamique et chargée d’imprévisibilités. Comment se construit un parcours de vie ? Il s’élabore certes sur le long cours, avec des héritages, des ressources, des contraintes, dans des temporalités plutôt longues ; mais il se construit aussi de façon plus concentrée et mouvementée dans certains moments-clés (Abbott, 2001, Sewell, 1996), des périodes de crise parfois, avec des événements plus ou moins prévisibles, ouvrant sur des « carrefours » de possibilités alternatives, où les personnes expérimentent un processus de choix et de réorientation. Les éléments mobilisés lors d'un choix, les cadres qui définissent les ressources et contraintes et les moteurs de l'action, sont plus visibles et plus explicités lors d'un changement d'orientation que dans le « fleuve tranquille » du cours de la vie. Les données longitudinales, fondées sur des interrogations successives des mêmes personnes, sont particulièrement pertinentes pour l'étude de tels processus. Plus qu’une cause unique, l’analyse qualitative et quantitative de ces bifurcations éclaire des configurations d’éléments conduisant au changement imprévisible. Cette perspective peut paraître très ancrée dans la singularité. Pourtant, il est possible d’y rechercher des régularités et de dépasser les histoires de vie et leurs environnements. La mise en perspective internationale permet d’amplifier la portée de ces recherches, de croiser les perspectives sur les modes de socialisation au travail et les parcours d’insertion professionnelle, mais aussi d’identifier ce qu’ils doivent aux cadres sociaux, aux régulations et aux cultures dans des contextes différents (Hareven et Masaoka, 1988). Ce projet cherche à renouveler l'approche des parcours d'entrée dans la vie professionnelle en les considérant sous l'angle des bifurcations plutôt que sous celui des continuités. Il a pour finalité de comprendre les logiques des décisions individuelles dans des moments-clés des parcours, par l'identification des combinaisons de facteurs pertinents sur diverses échelles biographiques et macrosociales.
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Les employeurs, un autre acteur de la politique familiale ? Un état des lieux de leur participation dans la conciliation vie familiale-vie professionnelle

Les employeurs, un autre acteur de la politique familiale ? Un état des lieux de leur participation dans la conciliation vie familiale-vie professionnelle

C et article étudie l’aide des employeurs apportée à leurs salariés en matière de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, sujet rarement traité de manière quantitative. Les auteures dressent en premier lieu un panorama des diverses mesures proposées par les établissements en France puis analysent ensuite comment elles varient selon les caractéristiques des établissements employeurs (taille, secteur, taux de féminisation, statut public- privé…). Ainsi, les mesures contribuant à la conci- liation vie professionnelle-vie familiale revêtent deux dimensions principales, qui ne se cumulent pas forcément entre elles : les possibilités de sou- plesse des horaires, d’une part, et les prestations, qu’elles soient en nature ou sous forme monétaire, d’autre part. Prestations en nature et financières ont tendance à se cumuler, notamment dans les établissements de grande taille. Mais les horaires y sont moins souples. Globalement, il ressort que les politiques de conciliation sont plus développées dans les établissements publics. La proportion de femmes parmi les salariés joue aussi positivement sur les prestations offertes mais moins sur la sou- plesse horaire, qui dépend fortement des contraintes organisationnelles.
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Les mobilités en début de vie professionnelle.

Les mobilités en début de vie professionnelle.

s’estiment plus satisfaits de leur nouvelle situation d’emploi que de la précédente. Cette proportion varie toutefois selon la nature du changement. Elle est de 48 % pour les jeunes ayant changé d’entre- prise sans bénéficier d’une promotion, contre plus de 84 % pour ceux dont la mobilité externe a été promotionnelle. Entre les deux, environ deux tiers des jeunes ayant fait l’expérience d’une mobilité interne sont satisfaits de leur nouvelle situation. Pour ces jeunes, les motifs de satisfaction diffèrent légèrement selon le type de mobilité. Certains font consensus, comme le fait que la mobilité ait permis « de progresser dans son métier » (cf. graphique ci-contre). Mais pour les jeunes ayant changé d’entreprise sans bénéficier d’une promotion, l’éventail des motifs de satisfaction est plus large et déborde de la sphère du travail proprement dit. Nombre d’entre eux estiment en effet que la mobilité leur a permis d’améliorer leur cadre de vie et de mieux concilier vie personnelle et vie professionnelle. Pour les jeunes ayant effectué une mobilité interne, qu’elle soit jugée ou non promotionnelle, la satisfaction à l’égard de l’emploi est assez fortement nourrie par les caractéristiques intrinsèques de l’activité de travail : plus forte autonomie, accroissement des responsabilités et progression dans le métier.
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Vie professionnelle et maternité : représentations comparées de jeunes entrepreneures et cadres en TPE et PME en croissance

Vie professionnelle et maternité : représentations comparées de jeunes entrepreneures et cadres en TPE et PME en croissance

La conciliation emploi-famille par les entrepreneures Pour les entrepreneures en TPE, dont la majorité vit maritalement (73%) avec des enfants à charge (52%), 38% des mères ayant créé leur entreprise après ou dès l’arrivée de l’enfant (Caisse d’Epargne, 2012 :13), se posent la question de la conciliation vie privée-vie professionnelle. Ce thème a surtout fait l’objet d’études comparées femmes/hommes sous l’angle de la performance et de la croissance. Fitzgerald et Winter (2001) rappellent que la conciliation nécessite pour les entrepreneurs, hommes ou femmes, travaillant à domicile un véritable apprentissage de la gestion du temps, la vie familiale étant perturbée, entre autres, par les appels téléphoniques professionnels. L’autonomie dans l’organisation de leur temps est largement tempérée par un rythme soutenu et une durée de travail bien supérieure à celle de leurs homologues salariées (APCE, 2007). Le niveau d’activité des entrepreneures serait influencé par le temps disponible pour le travail, le soutien de la famille, la satisfaction au travail, le statut matrimonial et l’harmonie dans le couple (Nikina, Le Loarne et Shelton, 2012). Jennings et McDougald (2007) émettent l’hypothèse que la petite taille des entreprises dirigées par des femmes (en nombre de salariés et en bénéfices) serait le reflet d’une stratégie réfléchie de contrôle/limitation de la croissance par les entrepreneures qui vivent plus intensément le conflit travail-famille. A l’inverse, les études européennes insistent sur le fait que nombre d’entrepreneures font le choix de la croissance et de la conciliation travail-famille à travers plus de délégation, de partage ou de réduction de leur rôle dans l’entreprise que les hommes (Kirkwood et Tootell, 2008 ; Richomme-Huet, 2013 ; Léger-Jarniou, 2013).
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La difficile conciliation entre vie professionnelle et vie familiale

La difficile conciliation entre vie professionnelle et vie familiale

LA DIFFICILE CONCILIATION ENTRE VIE PROFESSIONNELLE ET VIE FAMILIALE « Trouvez vous que votre travail rend difficile l’organisation de votre vie de famille ? ». À cette question liée aux horaires, au lieu d’implantation du travail et aux modalités d'organisation, près de 39 % des actifs ayant un emploi répondent « oui ». 15 % jugent que c’est très difficile, et 24 % un peu (tableau 1). Tel est l'un des premiers constats de l’enquête « Histoire de vie sur la construction des identités » (encadré 1).

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Vie familiale, vie professionnelle : une articulation sous tension

Vie familiale, vie professionnelle : une articulation sous tension

Bien évidemment la double activité au sein des couples concerne une très grande majorité des familles françaises, si bien que les rythmes et horaires de travail des parents sont déterminants sur l’organisation de la vie privée, avec une compétition assez vive entre l’engagement professionnel et la vie de famille. Toutefois, les tensions diffèrent sensiblement selon la composition parentale et l’âge des enfants. La position dans le cycle de vie engendre des contraintes variables dans le temps. Les parents de très jeunes enfants (moins de 6 ans) constituent sans aucun doute ceux qui ont le plus de difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale. Leurs enfants ont besoin d’être pris en charge, du fait de leur dépendance à l’égard de l’adulte, soit dans une structure collective, soit par une tierce personne, durant la totalité du temps d’activité professionnelle et des déplacements qui y sont associés. Cette réalité a encouragé le développement de politiques sociales spécifiques en France, ciblées sur la petite enfance, concernant à la fois le développement d’équipements et de places d’accueil, mais aussi de dispositifs d’aménagement du temps de travail (temps partiels, allocation parentale d’éducation). Sur ce dernier point cependant, les politiques nationales françaises ont davantage ciblé les mères, pour qu’elles puissent mieux concilier vie professionnelle et vie familiale, perpétuant un modèle de ségrégation sexuée du marché de l’emploi. Les propositions politiques en faveur d’un modèle plus égalitaire y ont été très réduites contrairement à d’autres pays européens (Suède, Finlande…). Pour les enfants âgés de 6 à 11 ans, les problèmes sont atténués du fait de la prise en charge des enfants par l’école sur une bonne partie de la journée. La mobilité de cette classe d’âge est plus réduite, étant donné que la scolarisation s’effectue dans un périmètre géographique de proximité. Les tensions les plus vives concernent le temps avant et après la classe, où les parents sont encore en activité, ce qui nécessite le recours à des services spécifiques (accueil périscolaire, aides aux devoirs, activités culturelles et sportives…) ou des modes d’organisation de la présence parentale, alternée le matin et le soir. En revanche, le mercredi est une journée où les tensions peuvent s’apparenter à celles concernant les familles ayant des jeunes enfants. Pour les adolescents, l’accession à une certaine forme d’autonomie, le changement des conditions de scolarisation (passage au collège, puis au lycée) génèrent de nouvelles contraintes, mobilisant à leur tour du temps parental, notamment sur le plan de l’accompagnement éducatif et de certains déplacements.
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L'endométriose au travail : les conséquences d'une maladie chronique féminine mal-reconnue sur la vie professionnelle

L'endométriose au travail : les conséquences d'une maladie chronique féminine mal-reconnue sur la vie professionnelle

*** Ce numéro de Connaissance de l’emploi a mis au jour les conséquences plurielles de l’endométriose sur la vie professionnelle des femmes qui en sont atteintes. Les symptômes multiples et variables de cette maladie rendent le travail pénible au quotidien et lorsque les malades révèlent leur pathologie à leur direction à la suite d’une longue absence ou d’absences répétées, elles s’exposent parfois à des réactions négatives qui provoquent du mal-être au travail (propos intrusifs ou malveillants, harcèlement). Cette maladie extra-professionnelle façonne sensiblement la carrière professionnelle des malades (non-renouvellement de contrat, impossibilité d’honorer des missions ou des contrats, absences fréquentes). Pour autant, l’endométriose n’étant pas reconnue comme une maladie qui peut sensiblement affecter la vie professionnelle des malades, celles qui en souffrent ne se sentent pas légitimes à recourir à leurs droits (arrêts maladie, médecine du travail, ALD « hors liste »). L’enquête a également permis de mettre en lumière les stratégies sous contrainte que les femmes atteintes d’endométriose mobilisent pour concilier maladie et travail (congés ou RTT plutôt que des arrêts maladie, réorientation professionnelle). Ainsi, en l’absence d’une reconnaissance des conséquences de l’endométriose sur la vie professionnelle, les malades s’appuient sur leurs ressources individuelles plutôt que sur des dispositifs institutionnels (médecine du travail, ALD) pour se maintenir en emploi.
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Entrer dans la vie professionnelle dans un contexte social incertain.  Le cas des jeunes en Argentine

Entrer dans la vie professionnelle dans un contexte social incertain. Le cas des jeunes en Argentine

Quel parcours d’insertion professionnelle s’associe à un rapport calculé aux temps ? Les jeunes « planificateurs » retardent et quelquefois résistent à l’insertion précoce dans l’activité en programmant en détail leur choix, d’abord de formation et ensuite d’emploi. La double carrière étude-emploi est moins fréquente et les études gardent la priorité. Cependant, la transition vers l’emploi, quand ils travaillent, suit le modèle des parcours classiques, impliquant des formations supérieures et des séquences de carrière. Ils commencent par des emplois conçus comme transitoires en attendant de finir leurs études puis de s’insérer dans le « vrai métier ». Il s’avère que ces jeunes soient davantage à la recherche de la stabilité dans l’emploi. Des marqueurs linguistiques comme « base solide », « fixe », « normal », « ce qui est basique » sont fréquents. Dans un cadre contingent, ils essaient d’éviter les risques pour la gestion de l’insertion, même s’ils perdent en flexibilité. La possibilité de réversibilité dans les parcours est davantage vécue entre sphères (emploi et formation) qu’entre plusieurs options dans une même sphère (ils évitent d’avoir plusieurs projets dans le professionnel).
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Les pratiques collaboratives chez des enseignantes du primaire selon leur trajectoire de vie professionnelle

Les pratiques collaboratives chez des enseignantes du primaire selon leur trajectoire de vie professionnelle

Il a aussi été question d’un accord en ce qui a trait aux types de relation souhaités dans les pratiques collaboratives. Les enseignantes du deuxième cas et celles du troisième cas sont d’accord pour affirmer que les échanges en collaboration sont plus satisfaisants lorsqu’ils sont vécus avec des collègues qui ont les mêmes aspirations professionnelles ou des intérêts communs. Les participantes du troisième cas ont toutefois exprimé leurs préoccupations quant à leur besoin de retirer davantage du partage en collaboration pour que cela puisse servir à leur enrichissement professionnel. Bien que de cultiver des relations amicales au travail permette de développer une belle complicité et de se sentir bien, il est essentiel de mettre les intérêts professionnels au premier plan. Autrement dit, les échanges de collaboration qui permettent le dépassement de soi sont considérés comme plus utiles que les amitiés selon les participantes du troisième cas. Il a été dit précédemment aussi que les enseignantes du quatrième cas préféraient les échanges avec des collègues qui ont des personnalités et des atouts différents qui permettent de confronter leurs visions ainsi que leurs réflexions. Ces aspects mettent en évidence une perspective moins individualiste de la collaboration puisque cela démontre une ouverture à l’autre et à ses idées, donc à l’intersubjectivité dans les discussions et à la croyance que des apprentissages puissent naitre des échanges. Enfin, les participantes du deuxième, du troisième ainsi que celles du quatrième cas, bien que très favorables aux pratiques collaboratives, ont nuancé en précisant que l’enseignante doit préserver son autonomie en faisant des choix judicieux qui correspondent au contexte de sa classe et à son identité professionnelle; cette dernière est essentielle à son bien-être et à celui de ses élèves selon elles. La dimension personnelle est donc mise à l’avant plan lorsqu’elles font le lien avec leur autonomie professionnelle.
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