Écologie industrielle et territoriale

Top PDF Écologie industrielle et territoriale:

Comparaison des approches méthodologiques utilisées pour la mise en oeuvre des projets d'écologie industrielle et territoriale : les projets menés par Idée Alsace

Comparaison des approches méthodologiques utilisées pour la mise en oeuvre des projets d'écologie industrielle et territoriale : les projets menés par Idée Alsace

27 2. MÉTHODE ET CAS D’ÉTUDE Après avoir présenté les différents types d’approches méthodologiques, une comparaison de leurs caractéristiques propres est essentielle afin de proposer des recommandations adaptées quant à leur utilisation. Pour ce faire, la méthode permettant de réaliser cette comparaison, ainsi que les cas d’études sur lesquelles la comparaison sera menée sont introduits dans ce second chapitre. Ainsi, la méthode comprend la construction d’une grille d’analyse, couplée à une collecte de données spécifique. Les cas d’études sont trois démarches d’écologie industrielle et territoriale auxquelles prend part l’organisme Idée Alsace. Cette association d’entreprises alsaciennes engagée dans le développement durable et l’accompagnement de ses adhérents vers la responsabilité sociétale, au sein de laquelle cet essai-intervention est réalisé, participe en effet à l’avancement de trois démarches d’EIT, soit celle du Port Autonome de Strasbourg (PAS), de Thur-Doller, et de Mulhouse Alsace Agglomération (m2a).
En savoir plus

93 En savoir plus

L’écologie industrielle et territoriale : une politique alternative pour la gestion de la décroissance urbaine? le Cas de Dunkerque.

L’écologie industrielle et territoriale : une politique alternative pour la gestion de la décroissance urbaine? le Cas de Dunkerque.

en friche que de celui de la justice alimentaire (Chouraqui, 2017; Clochey, 2017; Paddeu, 2017), de la transition énergétique (Miot & Rousseau, 2017 ; Florentin, 2017), etc. Le potentiel transformatif d’une écologie industrielle et territoriale insérée dans une véritable transition écologique s’apprécie également à travers son impulsion donnée à la relocalisation de l’activité économique. En effet, elle oblige les entreprises à soumettre l’organisation de leurs process aux contraintes et aux opportunités locales. De plus, elle est potentiellement porteuse d’un développement de nouveaux secteurs économiques, à l’image de ceux relevant de l’économie sociale et solidaire par exemple, plus en phase avec les contraintes environnementales (Swaton, 2018). La transition énergétique, on l’a dit, offre la possibilité d’aller vers un tel ancrage territorial de la ressource. L’exemple de Dunkerque montre par exemple que, l’écologie industrielle et territoriale contribue à la relocalisation de la production énergétique, en se fondant sur la proximité géographique des producteurs et consommateurs concernés.
En savoir plus

26 En savoir plus

Les formes d’organisation utilisées pour développer des synergies d’écologie industrielle et territoriale : propositions de positionnement pour Électricité de France (EDF)

Les formes d’organisation utilisées pour développer des synergies d’écologie industrielle et territoriale : propositions de positionnement pour Électricité de France (EDF)

1 INTRODUCTION La notion d’écologie industrielle et territoriale (EIT) fut introduite en France dans le début des années 2000. Depuis, le développement de plusieurs projets emblématiques a permis de témoigner des bénéfices apportés par l’EIT et de nombreuses démarches apparaissent aujourd’hui sur l’ensemble du territoire. Dans le cadre de la Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte de 2015, des objectifs économiques et environnementaux ambitieux ont été fixés au niveau national. En réponse à cela, la stratégie de l’économie circulaire, récemment inscrite dans la législation, préconise le développement de diverses solutions. L’EIT en fait partie. Ainsi, de nombreux acteurs publics et privés s’approprient les concepts proposés par cette discipline, dans l’optique d’optimiser le fonctionnement de leurs activités et de développer de nouvelles dynamiques territoriales. Plus concrètement, l’EIT consiste à la réalisation d’échanges de flux, appelés « synergies », entre les entreprises d’un territoire. Elle permet aux acteurs d’optimiser l’utilisation de l’ensemble des ressources existantes et de réaliser des économies de matière et d’énergie. Historiquement, les synergies mises en œuvre permettaient aux grosses industries d’améliorer leurs processus industriels afin de bénéficier de gains économiques et de se conformer à la réglementation environnementale. Avec la compréhension publique grandissante des enjeux du changement climatique, l’approche de l’EIT est aujourd’hui davantage collective. En effet, de plus en plus d’acteurs territoriaux initient de nouvelles démarches, en fédérant les entreprises et les acteurs publics, afin d’améliorer la cohérence et de dynamiser les activités économiques sur leurs territoires.
En savoir plus

120 En savoir plus

Pour une perspective sociale de l'écologie industrielle et territoriale (EIT) : mécanismes d'action collective, processus d'apprentissage, création de valeur territoriale. Une mise en récit à partir des démarches d'EIT dans la municipalité régionale de co

Pour une perspective sociale de l'écologie industrielle et territoriale (EIT) : mécanismes d'action collective, processus d'apprentissage, création de valeur territoriale. Une mise en récit à partir des démarches d'EIT dans la municipalité régionale de comté (MRC) du Kamouraska et au port Atlantique de La Rochelle

Ces différents développements théoriques et empiriques autour des proximités font de celles-ci des mécanismes d’efficience de l’action collective. Dans le cadre de cette thèse, je fais quelques hypothèses fondamentales. En premier lieu, les proximités se renforcent mutuellement. En second lieu, elles peuvent être lues comme sources et résultantes d’une action collective. Ces hypothèses s’inscrivent dans le prolongement de celle de Fournier et al. (2005) : le type de proximité originellement constitutive du réseau influe largement sur le type d’activités développées, les modalités d’interactions entre les acteurs, sa durabilité et les conditions de son institutionnalisation. Ainsi, si l’on s’inscrit dans une perspective territoriale de l’écologie industrielle, il s’avère que la coordination par le marché du réseau est insuffisante. Les échanges de flux s’articulent à des relations complexes, construites autour de la localisation des acteurs, une pluralité de valeurs en jeu, des interactions sociales, etc. Puis ces relations complexes et asymétriques nécessitent des formes nouvelles de gouvernance et/ou de coordination. Comme le suggèrent Beaurain et al. (2017), la complexité de ces relations amène à distinguer dans l’analyse des démarches d’écologie industrielle, une proximité spatiale et une proximité de naturelle relationnelle qui elle, renvoie aux modalités d’agencement des activités humaines, aux différentes manières d’être proches hors de la proximité géographique (appartenance à un réseau, à une organisation, etc.). Si leur raisonnement se concentre sur une dimension interactionniste de la proximité, l’on ne peut occulter l’importance des mécanismes institutionnalisés. Dès lors, mon cadre proximiste repose sur trois dimensions essentielles (Tableau 5).
En savoir plus

331 En savoir plus

Évaluation de la démarche d'écologie industrielle et territoriale à Sherbrooke

Évaluation de la démarche d'écologie industrielle et territoriale à Sherbrooke

i SOMMAIRE Mots clés : Écologie industrielle et territoriale, symbiose industrielle, synergies, Sherbrooke, Synergie Estrie, économie circulaire, développement économique, stratégie d’accompagnement d’entreprises L’objectif de cet essai est d’étudier la situation à Sherbrooke pour actualiser les éléments méthodologiques et les outils techniques utilisés dans la démarche d’écologie industrielle et territoriale. Alors que Synergie Estrie prend de l’ampleur, ses animateurs ont avantage à revoir leurs méthodes et outils pour augmenter les performances du projet. Le faible taux de participation des entreprises et l’accès à l’information sur leurs activités demeurent des obstacles de taille lors de la recherche de synergies. Au premier chapitre, le portrait du contexte sherbrookois et de Synergie Estrie cible les caractéristiques territoriales et les éléments relatifs au développement d’une symbiose industrielle. Le deuxième chapitre fait état des projets innovants et des outils émergents qui appuient l’écologie industrielle en France et ailleurs au Québec. Certains de ces éléments sont repris dans le troisième chapitre où sont présentés divers projets pour l’animateur de symbiose industrielle à Sherbrooke. Ces pistes de solutions sont analysées en fonction des ressources et du temps requis à leur réalisation, de façon à prioriser l’accessibilité de leur aspect opérationnel. Voici en ordre de priorité d’action les projets proposés :
En savoir plus

92 En savoir plus

Construire et pérenniser la gouvernance d'une démarche d'écologie industrielle et territoriale - Étude des démarches de Dunkerque, Strasbourg et écoParc à Genève, regards critiques et recommandations pour une démarche guadeloupéenne naissante

Construire et pérenniser la gouvernance d'une démarche d'écologie industrielle et territoriale - Étude des démarches de Dunkerque, Strasbourg et écoParc à Genève, regards critiques et recommandations pour une démarche guadeloupéenne naissante

87 entreprises du territoire et acteurs publics. Ceux-ci pourraient faciliter une fédération des acteurs autour d’un référentiel d’actions commun en vue de développer des stratégies de réponses communes aux problématiques du territoire. Aussi, afin d’assurer une mobilisation révélée et pérenne des acteurs, l’ouverture d’un espace de coworking dans la zone industrialo-portuaire de Jarry est proposée. Un espace neutre qui proposerait ainsi une incarnation de la dynamique collaborative nécessaire à la mise en place de symbioses dans le cadre d’une démarche en écologie industrielle et territoriale. Parallèlement, cet espace pourrait être utilisé d’une part, par les acteurs industriels locaux, facilitant les rencontres et potentielles collaborations et, d’autre part, par les acteurs de la gouvernance. Ainsi, tous gestionnaires d’entreprises (ou autre), curieux de connaître plus en détail les acteurs de la gouvernance et leur rôle, pourraient le faire en venant un jour travailler à leurs côtés. Aussi, toujours dans une idée de mobilisation, une plateforme web interactive (soit allant au-delà du site web proposé actuellement) pourrait être développée. Celle-ci agirait comme interface entre la gouvernance et les industries. Enfin, pour motiver les entreprises à rejoindre une symbiose dans laquelle elles ont été, par exemple, identifiées, des bilans pourraient leur être proposés. Ceux-ci offriraient ainsi une photo de leurs dimensions environnementales, sociales et économiques avant et après la mise en place de cette symbiose. Ces bilans permettraient parallèlement une communication facilitée des bienfaits de la démarche à l’échelle locale, nationale voir internationale. Relativement au modèle d’affaires de la démarche (actuellement prévu sur des subventions et des cotisations), le développement progressif d’un caractère commercial est recommandé à l’acteur porteur. Enfin, pour assurer un accompagnement le plus loin possible de la gouvernance dans la mise en œuvre des symbioses, la nomination d’un gestionnaire d’interface est conseillée.
En savoir plus

102 En savoir plus

Logiques d’action collective et agencement des dynamiques territoriales dans les démarches d’écologie industrielle et territoriale

Logiques d’action collective et agencement des dynamiques territoriales dans les démarches d’écologie industrielle et territoriale

C HAPITRE 1 : LE PROBLEME DES LOGIQUES D ’ ACTION Seront exposés, dans ce premier chapitre, les contextes scientifiques et sociétaux à la base de la problématique de cette thèse. Le bagage théorique et intellectuel que nous abordons permet de prendre le recul nécessaire pour percevoir les croyances et pratiques conventionnelles des acteurs de la société industrielle moderne. Ce faisant, notre démarche d’observation et d’analyse questionne la capacité sociale et collective à faire évoluer, dans un temps dit de « crises des équilibres écosystèmiques », les certitudes et habitudes communes remettant en cause notre propre rapport à l’environnement naturel et à nous-même. L’étude des logiques d’action collective – c’est-à-dire l’étude du sens que donnent les personnes en société pour organiser de manière cohérente leurs actions - constitue une base pour mieux comprendre comment des pratiques banales (professionnelles, techniques, politiques) peuvent évoluer. En nous appuyant sur les principes de l’écologie industrielle et territoriale, et de la tentative de recomposition des pratiques et des regards sur l’action humaine qu’elle propose, nous souhaitons montrer comment l’articulation entre plusieurs logiques d’action collective est problématique pour comprendre les conditions à réunir pour réussir une transformation culturelle en profondeur. Pour ce faire, nous nous appuierons sur la théorie de la rationalité procédurale que nous articulerons avec les apports de l’économie des conventions pour comprendre l’influence des contextes institutionnels et sociaux dans les comportements des personnes. Nous verrons que les démarches d’écologie industrielle et territoriale répondent à une diversité d’enjeux qu’elles tentent de conjuguer de manière cohérente à l’intérieur d’un certain modèle d’action : enjeux environnementaux, techniques, politiques, économiques, sur des territoires et à des échelles multiples. Face à cette complexité, l’uniformisation des jugements, la réduction des interactions sociales à un seul mode de raisonnement ou la domination d’un objectif unique dans une action collective – que celle-ci soit d’ordre industriel, commercial, politique ou environnemental – ne peut avoir lieu sans une perte importante de pertinence de la démarche. Certes, cela facilite grandement la coordination entre participants, mais au prix d’une simplification et d’un traitement parfois réducteur de situations perçues derechef comme très complexes.
En savoir plus

677 En savoir plus

Pérenniser une démarche d’écologie industrielle et territoriale : cas du port autonome de Strasbourg

Pérenniser une démarche d’écologie industrielle et territoriale : cas du port autonome de Strasbourg

3.1.2 Historique du développement de la démarche sur la zone portuaire C’est en 2012, dans le cadre de la stratégie Strasbourg Eco 2020 de la CUS (loin des problématiques du port de Strasbourg) que naissent les prémices de la démarche d’EIT (Kauffmann, 2014). L’une des actions promulguées à travers cette stratégie est de favoriser le développement de procédés économes en énergie et à faibles impacts environnementaux au sein des entreprises de la CUS (Idée Alsace, 2013). Pour répondre à cette problématique, Idée Alsace, un réseau d’entreprises alsaciennes engagées dans le développement durable et accompagnant déjà ses adhérents « vers l’efficacité énergétique des entreprises » propose à la CUS de l’accompagner dans le pilotage de cette action (Idée Alsace, 2013). Si cette proposition intéresse la CUS, il est rapidement décidé d’élargir l’accompagnement non seulement à l’efficacité énergétique, mais à une thématique plus large d’écologie industrielle et territoriale car jugée comme plus innovante par le responsable « économie verte » de la CUS (Kauffmann, 2014). Si le fait de vouloir entreprendre une démarche d’EIT sur le territoire de la CUS semble se dessiner, le choix d’une zone sur laquelle initier la démarche reste à identifier. Ce choix ne restera pas infondé très longtemps et se portera sur la zone du PAS pour plusieurs raisons. Tout d’abord, comme il a pu être décrit précédemment, l’importance des enjeux économiques et environnementaux qui sont concentrés sur le territoire du Port Autonome et la diversité des entreprises sur la zone en fait un territoire favorable au développement d’une telle démarche. De plus, cette démarche favorisant l’émergence de synergies entre les entreprises pour optimiser la gestion des services et des flux et stock de matières (notamment matières premières et déchets) et d’énergie tend à répondre aux souhaits émis par les entreprises du Port à travers le cahier d’espérance. (Kauffmann, 2014)
En savoir plus

107 En savoir plus

Écologie industrielle et territoriale à l’heure de la transition écologique et sociale de l’économie

Écologie industrielle et territoriale à l’heure de la transition écologique et sociale de l’économie

Les indicateurs classiques décrivant les flux et les stocks de matière et d’énergie ainsi que le taux de « circularité » sont souvent des instantanés qui ne représentent pas le processus d’évolution d’une démarche d’écologie industrielle et territoriale ou d’un territoire. Les approches rétrospectives peuvent permettre aussi de proposer des scénarios d’évolution. Cependant, l’évolution des flux matériels comporte un effet retard : cette évolution résulte de la modification des modes de production et de consommation internes ou externe aux territoire, de l’évolution des interactions entre les différents acteurs territoriaux et de leur représentation du territoire, de différentes prises de décision à une échelle micro, méso ou macro, ou bien de l’évolution de stocks. Elle peut être expliquée à postiori ou contribuer à percevoir des évolutions tendancielles mais est impuissante à décrire les mécanismes précis dirigeant cette évolution. Pour ce faire, il est nécessaire de caractériser les interactions entre les acteurs du territoire, leurs formes de représentations, ainsi que les démarches d’écologie industrielle et territoriale qui en découlent. Ces informations sont souvent qualitatives. Elles peuvent être collectées au travers de différentes grilles de lecture : écologie du milieu, insistant sur l’émergence de communs, approche par la complexité, visant à caractériser les propriétés émergentes, d’auto organisation et d’auto régulation d’un territoire, approche par la convivialité , approche interdisciplinaire telle que celle de l’Aussois sont autant de tentatives qui pourraient permettre de mieux décrire et suivre les processus à l’œuvre, pour ensuite pouvoir les prédire, au moins partiellement.
En savoir plus

21 En savoir plus

L'écologie industrielle et territoriale comme outil pour l'atteinte des objectifs fixés par le Plan d'action 2011-2015 québécois pour la gestion des matières résiduelles

L'écologie industrielle et territoriale comme outil pour l'atteinte des objectifs fixés par le Plan d'action 2011-2015 québécois pour la gestion des matières résiduelles

3.1 Définitions 3.1.1 Écologie industrielle et territoriale Le concept d’ÉIT apparaît dans les années 1990 et depuis il ne cesse d’être étudié et approfondi. Adoue définit l’ÉIT comme une approche au travers de laquelle la société industrielle est vue comme « un écosystème particulier de la Biosphère composé par des éléments et leurs interactions » (Adoue, 2007, p.15). Cette nouvelle pratique de management environnemental a pour objectif principal de reconceptualiser l’ensemble des activités économiques et de les faire évoluer selon le modèle de fonctionnement de la Biosphère (Université Virtuelle Environnement et Développement durable (UVED), 2006). Pour ce faire, l’approche se construit sur l’étude des flux de matière et d’énergie du territoire considéré, afin d’en avoir une représentation globale et systémique (Brullot, 2012). L’approche systémique a pour but d’optimiser les cycles de matières et d’énergie du berceau à la tombe, depuis les matières premières, en passant par leur transformation, leur utilisation et leur fin de vie. La mise en œuvre immédiate de l’ÉIT est bien souvent la symbiose industrielle, qui résulte de l’engagement collectif de différentes industries cherchant un avantage compétitif et impliquant des échanges de matières, d’énergie, d’eau ou de coproduits. Cette application de l’écologie industrielle est favorisée par la proximité des acteurs et apparaît souvent au sein de parcs industriels (Van Berkel et autres, 2008).
En savoir plus

104 En savoir plus

L’écologie industrielle comme processus de construction territoriale : application aux espaces portuaires

L’écologie industrielle comme processus de construction territoriale : application aux espaces portuaires

« En réalité, on ne peut plus parler de territoire sans parler de la relation entre le port et le territoire, et notamment la relation ville-port. » Extrait d entretien, Missionnaire local) Cette interpénétration de la ville et du port fait l objet d une littérature abondante (oyle, ; Ducruet, 2004 ; Ducruet, 2008 ; Lee et al., 2008). Hoyle (1989) décrit ainsi le développement de l espace portuaire Marseille-Fos comme révélateur de la transformation des relations ville-port dans les cités maritimes européennes. Cet espace portuaire est progressivement passé d une ville portuaire traditionnelle, caractérisée par une forte intégration du port dans la ville, à un complexe maritime et industriel séparé de la ville et développé plus à l ouest sur le pourtour de l Etang de Berre, dans les années , et Fos, à partir des années 1960. Ainsi, l espace portuaire Marseille- Fos est caractéristique d une déconnexion de la ville et du port. Cette déconnexion a été institutionnalisée, en France, par la création des Ports Maritimes Autonomes, en 1965, puis des Grands Ports Maritimes, en 2008, établissements publics à caractère industriel et commercial de l Etat, indépendants des territoires dans lesquels ils s inscrivent Direction de l information légale et administrative, . Cependant, les réformes institutionnelles portant sur la gouvern ance des ports maritimes français témoignent d une évolution dans la distance organisationnelle du port et de la ville. La réforme portuaire de 2008, en France, a pris acte de cet enjeu fondamental d une réflexion stratégique menée conjointement par l Etat, les ports autonomes et les collectivités territoriales Direction de l information légale et administrative, . Le processus de décentralisation mené en France, entre et , œuvre pour un transfert, essentiellement au profit des collectivités territoriales, de la propriété et de la gestion de ports d intérêt national, notamment en Méditerranée (Lavaud-Letilleul, 2008). Ainsi, pour Lee et al. (2008), un autre modèle de développement des relations ville-port est possible : caractéristiques selon eux des cités portuaires asiatiques, ce mode de développement définit un espace dans lequel les villes portuaires et les nouveaux complexes industrialo-portuaires restent fortement interconnectés. L évocation de cette relation ville-port, dans les propos recueillis sur la construction territoriale à l œuvre de l écologie industrielle, peut être révélatrice d une volonté des acteurs de renouveler cette interface ville-port, par une plus grande interconnexion des flux urbains et industrialo-portuaires au-d elà d un rapprochement institutionnel. Ces relations ville-port influent donc sur la définition que les acteurs donnent de leur espace en territoire, en passant d une représentation statique à une représentation dynamique :
En savoir plus

357 En savoir plus

Dynamiques de transition dans les territoires portuaires : apport de l’écologie industrielle et territoriale aux processus d’adaptation vers une société bas-carbone

Dynamiques de transition dans les territoires portuaires : apport de l’écologie industrielle et territoriale aux processus d’adaptation vers une société bas-carbone

3.1.1. Un processus dé-corrélé d’une véritable ambition territoriale et politique Nous montrons par cette analyse de cas que le processus de complexification de la Métropole d’Aix- Marseille-Provence ne s’opère pas de manière pro-active sur le territoire industrialo-portuaire mais résulte plutôt d’un processus d’évolution distinct des différents sous-systèmes constitutifs du système territorial, processus lui-même déclenché par une série d’aléas et de facteurs endogènes et exogènes. Cela renvoie à l’hypothèse que ce processus de complexification, ici illustré par le phénomène de métropolisation, dépend d’une démarche volontaire et conjointe des parties prenantes afin de pouvoir appréhender collectivement, à cette échelle de territoire, des enjeux (d’aménagement du territoire, de gestion énergétique, etc.) dans une logique de coopération entre acteurs (synergies). Cette démarche, basée initialement sur des besoins vitaux de chaque partie prenante (soit criticité sur l’accès à une ressource, soit incapacité à l’exploiter seul) se différencie en cela des approches d’opportunités qui visent à la structuration de niches, par un ou des acteurs isolés, qui n’entrainent pas forcément un bénéfice mutuel pour l’ensemble des parties prenantes (commensalisme). Cette démarche collective et partenariale s’illustre par exemple à travers le cas du projet de plateforme PIICTO qui a émergé suite à la perte d’un important prospect commercial (entreprise Hexcel) et à la mise en liquidation judiciaire de deux industriels locaux, avant que le territoire métropolitain (notamment ses élus) ne se saisisse pleinement de ce besoin d’évolution de son modèle d’organisation. Cela illustre aussi la difficulté d’évaluer concrètement l’impact et le poids de l’initiative territoriale métropolitaine (cf. partie 3 de l’équation présentée dans la problématique de recherche). La démonstration d’un gain en efficacité (ou d’une diminution de la dépense, des intrants), via l’établissement de boucles en interne est intuitivement facile à comprendre. Plus le nombre de boucles est important, plus le système sera complexe. Au-delà, pour que ce système soit résilient, il faut que ces boucles ne soient pas déconnectées entre elles et qu’elles ne dépendent pas non plus d’un seul et unique itinéraire ou vecteur (qui pourrait fragiliser, par sa disparition ou son disfonctionnement, le comportement du système global). Pour autant, démontrer une augmentation réelle de la complexité par une étude des évolutions socio-écologiques des niveaux de diversité et connectivité, n’est pas chose facile. C’est sur ce point que nous avons focalisé notre travail.
En savoir plus

249 En savoir plus

Analyse et évaluation de la pérennité des démarches d'écologie industrielle et territoriale

Analyse et évaluation de la pérennité des démarches d'écologie industrielle et territoriale

L’évaluation des flux sortant est relativement simple à utiliser, car un seul type de flux doit être prix en considération (le produit fabriqué). Cependant, elle ne tient pas compte des pertes de matière durant le procédé de fabrication. Par conséquent, il est nécessaire de prendre aussi en considération la quantité de déchets matériaux générés (soit l’ensemble des flux sortant du système, à l’exception des flux liquides et gazeux). Néanmoins, cette seule évaluation ne peut pas suffire, puisqu’elle est dépendante à la fois du nombre d’entreprises considérées (et donc de l’évolution de l’effectif de la DEIT), mais aussi de la quantité de produits fabriqués. Ainsi, il est nécessaire de factoriser cette quantité. En considérant que l’objectif de l’écologie industrielle est de dissocier la croissance économique des flux de matière (et d’énergie), les bénéfices économiques des entreprises apparaissent très pertinents pour cette étude. Ainsi, l’indicateur correspondra à la factorisation de la somme des flux matériels sortant de chaque entreprise de la DEIT par les bénéfices totaux engendrés par l’activité de ces entreprises. Cet indicateur permettra par conséquent d’évaluer la dématérialisation des produits fabriqués par ces entreprises, ainsi que le développement des stratégies d’économie de fonctionnalité.
En savoir plus

116 En savoir plus

Écologie industrielle et territoriale : un outil pour favoriser le développement durable au Viêt Nam

Écologie industrielle et territoriale : un outil pour favoriser le développement durable au Viêt Nam

The Natural Step John Ehrenfeld (2004) a identifié sa métaphore écologique assimilée aux principes de The Natural Step (TNS). Le paradigme de lřécologie industrielle se rattache à la base écologique puisque, dans la même logique systémique, la normativité fondamentale de TNS vise à une société durable qui exige la prévention de lřaccumulation des substances naturelles et anthropiques rejetées dans la biosphère (Ehrenfeld, 2004). Cette réclamation de similarité entre lřÉIT et TNS est aussi étudiée par plusieurs autres auteurs comme Hawken (1993) et Lowe, Warren et Moran (1997). Dans une perspective pour maximiser les bénéfices dřune vision de convivialité, Molly Scott Cato dans son livre « Green Economics : an introduction to theory, policy and practice », a assimilé lřÉIT à un modèle dřaffaires compatible avec la nature en utilisant un désign intelligent pour créer les systèmes qui préviennent les impacts négatifs à lřenvironnement tout en accroissant les bénéfices économiques. Ce modèle se basant sur le métabolisme de la nature, qui permet de soutenir une croissance de faible teneur en carbone, correspond aux principes de TNS (Cato, 2009). LřÉIT et TNS possèdent donc des similitudes afin dřactiver le système écologique pour accroître lřéconomie et les bénéfices sociaux.
En savoir plus

101 En savoir plus

Valorisation des déchets inertes du BTP, suivant le principe d’écologie industrielle et territoriale

Valorisation des déchets inertes du BTP, suivant le principe d’écologie industrielle et territoriale

1.2.1 Historique Le concept d’écologie industrielle a fait son apparition dans les années 1950 et s’est développé timidement durant les années qui ont suivi, il a fallu attendre 1989 pour que le concept prenne de l’ampleur. Cette année-là, les industriels Robert Frosh et Nicholas Gallopoulos ont publié un article dans la prestigieuse revue Scientific American abordant la réutilisation des rejets d’une industrie comme matière première d’une autre pour réduire leurs impacts sur l’environnement (Seager et Theis, 2002). Cet article soutenait que les systèmes industriels fonctionneraient plus efficacement et avec moins d’impacts environnementaux s’ils étaient conçus d’après les écosystèmes naturels où « la consommation d’énergie et de matière est optimisée, la production de déchets est réduite et les effluents d’un procédé […] servent de matière première à un autre procédé » (Frosch et Gallopoulos, 1989). Suite à cette publication, de nombreux travaux de recherches ont été conduits sur le sujet. La conception de chacun a amené à plusieurs visions de l’écologie industrielle, dont certaines s’opposent tel est le cas des visions de Brad Allenby et de John Ehrenfeld .
En savoir plus

151 En savoir plus

Le potentiel d'écologie industrielle en France : approche territoriale et éléments de réalisation

Le potentiel d'écologie industrielle en France : approche territoriale et éléments de réalisation

rue Lafayette) demande l'autorisation d'exploiter au lieu-dit le Bioco, à l'angle du pont d'Epinay, une manufacture dans laquelle on emploie en grand le sulfure de carbone pour la fabrication de caoutchouc synthétique. Durant la même période (1910), les époux Pierre et Marie Curie installent quai du Châtelier des laboratoires d'extraction de radium 226 : «le fleuve offre à la fois un acheminement par bateau des minerais en provenance du Portugal ou de Madagascar et une grande quantité d'eau, nécessaire à l'extraction du radium » [LEVEAU- FERNANDEZ, 2013, p134]. Cette usine, financée par Henri de Rodhschild fonctionne de 1910 et 1928 pour produire le radium à destination de l'armée (service de santé, peintures lumineuses). L'ANDRA référence ce site dans l'inventaire des déchets radioactifs en France en 1999 , la DDE de Seine-Saint-Denis le prend en compte pour le risque d'inondation lié à la Seine et on en retrouve la trace dans les archives départementales (PREF93 S14 00004 A). Il fut en partie démoli en 1948, mais réoccupé par une entreprises industrielle : les établissements Charvet (aujourd'hui fermés), entreprise de collecte de déchets de viande en occupent une partie. Les bâtiments et les environs présentent une contamination variable à l'uranium et au radium 226. L'assainissement d'une partie de la voirie a été réalisé, et un revêtement provisoire installé sur le trottoir pour permettre une libre circulation. La berge de la Seine sur laquelle débouche un ancien émissaire est clôturée. En juin 1999, la remise en propreté de l'usine reste à réaliser et les zones contaminées sont toujours interdites d'accès 55 .
En savoir plus

406 En savoir plus

Analyse des métabolismes communicationnels en écologie industrielle : recommandations pour la communauté Synergie Québec

Analyse des métabolismes communicationnels en écologie industrielle : recommandations pour la communauté Synergie Québec

de l’environnement sont diminués. Conséquemment, le rapetissement des chaines de valeurs et l’économie de matières premières diminuent les émissions de gaz à effet de serre et assurent une meilleure gestion des risques environnementaux. (CTTÉI, 2013) En matière de gains sociaux, les acteurs de l’écologie industrielle et territoriale sont porteurs de valeurs ajoutées quant à l’attrait du territoire. En ce sens, ils participent au maintien et à la création d’emplois locaux, ainsi qu’à la formation continue de la main-d’œuvre. Aussi, l’implication et la collaboration entre les parties prenantes rayonnent par le renforcement d’un sentiment d’appartenance à la communauté et à son milieu. De plus, la promotion des actions en faveur du développement durable améliore l’image corporative des membres de la symbiose et crée une attractivité et une compétitivité pour le territoire et ses entreprises, qui peuvent se traduire par des opportunités d’affaires et de nouveaux partenariats (CTTÉI, 2013). Parallèlement, même si des entreprises ne participent pas aux synergies, elles sont indirectement sensibilisées et ainsi plus conscientes de leur consommation et de l’usage de leurs ressources (Association Orée, 2008). Aussi, les entreprises du territoire peuvent tendre vers un changement de modèle d’affaires par leur participation grandissante à l’économie de fonctionnalité (Association Orée, 2008).
En savoir plus

84 En savoir plus

De l’ingénierie territoriale à l’intelligence territoriale pour des territoires durables

De l’ingénierie territoriale à l’intelligence territoriale pour des territoires durables

Dés lors l’ingénierie territoriale prend de l’ampleur pour construire des projets de développement local. Le territoire change de sens. Ce n’est plus l’endroit où les choses se passent, c’est le lieu où les politiques s’inventent avec la prise en compte des réalités locales, des besoins exprimés par les élus, des spécificités de toute nature qui caractérisent un territoire : géographie, histoire, culture, tissu productif…Il n’y a plus un modèle unique.

5 En savoir plus

Écologie, écosophie et réseaux numériques

Écologie, écosophie et réseaux numériques

Nous donnons suite à notre parcours avec une analyse de l'influence que les technologies de communication peuvent avoir sur la perception et la façon dont les différentes technologies [r]

314 En savoir plus

Écologie politique et fabrique des territoires

Écologie politique et fabrique des territoires

C’est ainsi que l’on peut brosser à grands traits l’émergence d’une écologie politique, une sorte de nouvelle critique du modèle capitaliste mondialisé, justifiant ainsi ses liens précoces avec la gauche radicale évoqués plus haut (en guise d’illustrations Grenobloises de ce lien on pourra citer la présence dans les premières associations écologistes d’un nombre important d’anciens de « La Monta », un groupe se revendiquant de la gauche prolétarienne ; ou encore le fait que les premières publications écologistes locales comme SuperFolix ou Le Casse Noix sortirent des presses de Vérité Rhône Alpes, un périodique très ancré à gauche). Mais cela serait réducteur de ne considérer que cet aspect de l’écologie politique : le Marxisme auquel la gauche radicale « traditionnelle » est irrémédiablement liée ayant été interprété essentiellement comme un productivisme il semble difficile de l’extraire de ce cadre et ainsi le rendre compatible avec cette nouvelle idéologie (Flipo, 2014). L’écologie politique semble donc s’épanouir en tant que nouvelle grille de lecture, qui, en remettant notre socle terrestre au centre de son logiciel, nous oblige à « atterrir », ce qui revient à considérer au sein du champ politique à la fois notre environnement local comme premier élément nécessaire à notre subsistance et l’environnement global dont les interactions avec nos vies, souvent moins visibles, n’en sont pas moins capitales (Latour, 2017).
En savoir plus

144 En savoir plus

Show all 1018 documents...