HAL Id: jpa-00207017
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Submitted on 1 Jan 1971
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Relaxation nucléaire dipolaire dans la molécule de chloroforme 13C1HCl3
A. Briguet, J.C. Duplan, A. Erbeia
To cite this version:
A. Briguet, J.C. Duplan, A. Erbeia. Relaxation nucléaire dipolaire dans la molécule de chloroforme
13C1HCl3. Journal de Physique, 1971, 32 (1), pp.23-27. �10.1051/jphys:0197100320102300�. �jpa-
00207017�
RELAXATION NUCLÉAIRE DIPOLAIRE DANS LA MOLÉCULE
DE CHLOROFORME 13C1HCl3
A.
BRIGUET,
J. C.DUPLAN,
A. ERBEIALaboratoire de
Spectroscopie
etLuminescence,
Faculté des Sciences deLyon,
43, Boulevard du 11 novembre1918,
69-Villeurbanne(Reçu
le 16juillet 1970)
Résumé. 2014 La méthode de la matrice densité pour l’étude de la relaxation nucléaire dans les
systèmes couplés est utilisée afin d’établir la matrice relaxation d’un système A 2014 X dans une molé- cule du type (A - X) Yn d’un échantillon liquide. La théorie est appliquée à l’analyse des résul-
tats d’expériences de saturation sur les raies protoniques de la molécule 13C1HCl3 contenue dans le chloroforme naturel. La détermination du temps de relaxation dipolaire intramoléculaire du proton de 13C1HCl3 est effectuée par comparaison avec le temps de relaxation protonique de
12C1HCl3 dans le même échantillon.
La valeur trouvée pour le temps de corrélation de rotation de la molécule de chloroforme est : 03C4c = (1,55 ± 0,15) 10-12 s à 30 °C.
Abstract. 2014 The density-matrix theory of relaxation for coupled spin systems in the liquid
state has been used to derive the relaxation matrix of an A - X system in a
(A -
X) Yn molecule.The theory is applied to the results of saturation recovery experiments on the proton lines of 13C1HCl3 in natural abundance in chloroform. It is also shown that the measurement of proton relaxation time of 12C1HCl3 in the same sample permits to determine the internal dipole relaxa-
tion time of 13C1HCl3.
The rotational correlation time of chloroform is measured to be 03C4c = (1.55 ± 0.15) 10-12 s
at 30 °C.
1. Introduction. - Les contributions à la relaxation du proton dans les molécules de
chloroforme l2CiHCl3
ont pour
origine
des interactions intra et intermolé- culaires entre le proton et les noyaux dechlore,
etdes interactions intermoléculaires entre protons. Nous
pouvons
exprimer
le temps de relaxationprotonique
sous la forme :
Les
expressions
de(1/Tl)
intra et(1/Tl)
inter sonthabituellement calculées en utilisant la théorie de
Bloembergen,
Purcell et Pound[1]. Lorsque
lechamp magnétique
directeur estélevé,
la contribution créée par l’interactiond’échange
via les électrons - terme de contact ducouplage
scalaire - estnégligeable [2, 3].
Nous pouvons alors considérer que le terme
(1/T1)
intraprovient
seulement des interactionsdipôle-dipôle
entre proton et noyaux de chlore. Dans ce cas nous
négligeons
une éventuelle interactionspin-rota-
tion[4].
L’inverse du tempsTl
intramoléculaire[(IIT,) intra]
peut êtreévalué,
une fois connu letemps de corrélation interne de la molécule.
Nous proposons une méthode
qui
permet de déter- miner le temps de corrélation de rotation de la molé- cule13ClHCl3 :
Le temps de relaxationlongitudinale
du proton de
12C1HCl3
est mesuré par latechnique
du passage
adiabatique ;
ensuite desexpériences
de recroissance
après
saturation sont effectuées sur les raies satellites créées par lecouplage
avec le noyau de carbone13,
au sein du même échantillon. Les résultats de cesexpériences
permettent une mesure du temps de relaxationdipôle-dipôle
dusystème
nucléaire13ClH.
La connaissance de cettegrandeur
permettraensuite le calcul du temps de corrélation des molé- cules
13CIHCI3.
Nous supposeronsqu’il
est le mêmepour
12Cl HCI3.
II. Théorie. - A. CALCUL DE LA « MATRICE RELAXATION ». - La méthode de la matrice den- sité
[5, 6]
permet de décrire la relaxation nucléaire d’unsystème
despins couplés [7]. L’analyse
desexpé-
riences de recroissanceaprès
saturation nécessite l’écriture deséquations
d’évolution despopulations,
le tableau des coefficients de ces
équations
forme lamatrice relaxation.
Nous considérons la molécule
13C1HCl3
commeun
système (A - X) Yn
où A et X sont deux noyaux despin 1/2, couplés
scalairement. Les noyaux Y ontun nombre de
spin quelconque
et leurs temps de relaxation sont très courts de sortequ’ils
n’affectent pas le spectre R. M. N. de A ou de X parcouplage.
L’hamiltonien
qui
traduit les interactionsdipolaires
dans le
système (A - X) Y.,
peut s’écrire :Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:0197100320102300
24
Dans cette
expression Jeoo(M - N) représente
les interactions intramoléculaires entre les noyaux M et N etHXD(M - N)
les interactions intermoléculaires.Nous pouvons ainsi écrire :
où
XDD
etHXD
sont des hamiltoniensd’origine
intra-moléculaire et intermoléculaire
respectivement.
Nousadmettrons
qu’il
n’existe aucune corrélation entre cesdeux
hamiltoniens,
par suite la matrice relaxationcomprendra,
elleaussi,
deuxparties :
Les éléments non
diagonaux
de[Wli.,,a
et[W]inter
sont calculés à
partir
des densitésspectrales
des fonc-tions de corrélation des hamiltoniens
JCDD
etHXD,
Le calcul fait
apparaître
des termes croisés de cor- rélation[8]
dontl’importance dépend
du lienqui
existeentre les différentes contributions
prises
deux à deux.En
principe
il estpossible
d’obtenirexpérimentale-
ment une mesure du
degré
de corrélation entre les mécanismes de relaxation[7],
mais leproblème
estpratiquement
insoluble si ces mécanismes sont nom-breux. Pour
simplifier
nousnégligerons
les termescroisés de corrélation devant les termes d’autocorré- lation. La matrice relaxation
présente
alorsl’aspect
suivant :L’expression
de[W]DD (A - X)
a été donnée parShimizu
[9].
L’évaluation des autres contributions est aisée. Prenons pour fonctions propres du sys- tème A - X :(1)
= aa,(2)
=afl, (3) = pa, (4) = fip.
Le travail est
simplifié
si l’on remarque que les seuls éléments non nuls sont ceuxqui correspondent
à unflip
du noyau A ou du noyauX ;
ainsi les termes nondiagonaux
à considérer sont :Enfin,
la matrice relaxations’exprime :
Avec :
La troisième matrice
correspond
à[W]DD (A - X).
Les
symboles
utilisés ont leursignification
coutu-mière,
enparticulier
rc est le temps de corrélation de lamolécule, rA - x la
distance entre les noyaux A et X.Les termes faisant
partie
du membre de droite desexpressions (11.6)
et(11.7)
sont calculés suivant laméthode de
Bloembergen,
Purcell et Pound[1],
dans
l’hypothèse
du rétrécissement extrême :avec
où N est le nombre de molécules par unité de volume du milieu
liquide
de viscosité fi. Les distances mini- malesd’approche
entre deux noyaux, ro, sont intro- duites pour tenir compte desphénomènes
de diffu- sion[1]
et il est courant de les considérer commeégales
au diamètre d’encombrement moléculaire 2 a.Les formules établies ici sont cohérentes avec les résultats de Blicharski
[10]
ou deGutowsky
etWoessner
[11 ].
B. EVOLUTION LIBRE DES RAIES DE DOUBLET. -
La matrice relaxation
(II. 5)
peut aussis’exprimer
sousune forme
plus
condensée pour la suite des calculs :Nous écrirons le
système
différentielsuivant,
utili-sant le
symbole général
Xi pourreprésenter
l’écart dela
population
i par rapport à sa valeur àl’équilibre thermique :
La résolution s’effectue en formant les combinaisons Xl + X4 et X2 + X3
Puis
Xl - X4 et X2 - X3.Les solutions
générales
sont de la forme :Les constantes de temps ayant pour
valeurs,
engénéral négatives :
L’intensité réduite de chacune des quatre transitions
s’exprime
de la manière suivante :avec q =
Ii/NkT [7]
et WA, Wxpulsations
centrales des résonances des noyaux A et X.Compte
tenu de lapropriété
X1 + X2 + X3 + X4 = 0, A + A’ = 0,
B +B’ = 0,
la différence entre les intensités réduites de
chaque
doublet est :
Lorsque
lesystème
despins
n’a pas subi de pertur-bation,
les intensités des deux raies d’un même doubletsont
égales, dA
etdX
sontnulles,
il vient :KA
etKx dépendent
des conditionsinitiales,
c’est-à-dire de lafaçon
dont a été modifié lesystème
despins,
parune irradiation le
plus
souvent[12].
Il est clair que l’étude de ces deuxgrandeurs
permettra la détermi- nation deÂ2.
(11.21)
peut s’écrire :D’autre part si nous déterminons
expérimentalement
lesvaleurs de
TA
etTx il
estpossible
de calculerTDD(A - X)
et par suite d’obtenir la valeur du temps de corrélation de rotation de la molécule(A - X) Yn.
III. Etude
expérimentale.
- A. PRÉPARATION DESÉCHANTILLONS - Nous avons utilisé des échantillons de chloroforme non enrichi en carbone
13,
contenantune
petite quantité, 1,5 %
envolume, d’hexaméthyl-
disiloxane
(H.
M. D.S.). L’oxygène
dissous dans le chloroforme a été éliminé en pompant sur l’échan- tillon condensé contre laparoi
froide d’unpiège
àazote
liquide,
lapression
étant inférieure à10-6
mmde mercure. Les échantillons ont été scellés sous vide dans des tubes de 5 mm de diamètre et étudiés dans
un
spectromètre
Varian HA 100.B. PASSAGES ADIABATIQUES - Cette
technique
nousa
permis
de mesurer le temps de relaxation du proton des molécules12ClHCIJ.
La valeur obtenue était de 71 ± 1 s à 30OC,
elle a pu êtrecomparée
àquelques
valeurs données dans la littérature
[3, 4, 13].
C. EXPÉRIENCES DE RECROISSANCE APRÈS SATURA- TION. - L’échantillon se trouve à la même
tempé-
rature que pour les
expériences
de passageadiabatique.
Le
champ
d’irradiation est fourni par un oscillateur Hewlett-Packard 4204 A dont la dérive enfréquence
est inférieure à
1/20 000
si latempérature
du labora- toire reste constante. Nedisposant
pas d’unappareil-
3
26
lage
permettant l’étude du carbone13,
et compte tenu de sa faible abondance naturelle(1,1 %)
nous avonsréalisé ces
expériences
sur les deux raies satellites du proton, utilisant lebalayage
enfréquence
d’unchamp
d’observation
Hl
maintenu suffisammentpetit
pour éviter la saturation.Le
champ
d’irradiation étaitappliqué
à la raieobservée ou à l’autre satellite et nous
pouvions
étudier l’évolution libre d’une raieaprès
saturation ou pen- dant saturation de l’autresatellite,
par unbalayage périodique.
Nous n’avons pas effectué de mesure duchamp
d’irradiationH2,
mais nous avons pu maintenir le niveau de l’oscillateur de manière à saturer un satel- lite sans affecter le second. Le bruit de fondimportant
ne
permettait
pas de déceler l’existence d’un effet Overhauser nucléaire entre ces deux raies. Par suite l’étude de la différence des intensités réduites se ramène à celle de la raie saturéeuniquement.
Un nombreimportant d’expériences s’impose
devant les fluc- tuationsenregistrées
dans la hauteur despics.
D. ANALYSE DES NOMBRES DE RECROISSANCE APRÈS
SATURATION. - Pour
chaque enregistrement
nousavons déterminé la hauteur des
pics
enrégime
perma- nent soitho, puis
mesuré la hauteur despics, h(t),
durant l’évolution libre de la raie
après
saturation.Nous avons
porté Loge [1 - h(t)/ho]
en fonction du temps(cf. Fig.
1 et2).
Lespoints
obtenus sont sensi-blement
alignés,
la pente moyenne dechaque droite
aété calculée par un
lissage polynomial
dedegré
1.La valeur la
plus probable
du tempsde-relaxation longitudinal
dechaque
satellite a été estimée àTi -
30 ± 3 s(cf.
tableauI).
Satellite
champ
faible Satellitechamp
fortTABLEAU 1
Résultats de quatre mesures de
T’1
pour
chaque
raie satellite.Les
numérotages correspondent
à ceuxdes figures
1 et 2.,
Fie. 1. - Recroissance après saturation du satellite champ fort.
FIG. 2. - Recroissance après saturation du satellite champ faible.
N.B. - L’échelle des ordonnées est définie à une constante additive près.
IV. Discussion des résultats. - Comme il a été calculé
plus
haut(11.28),
la constante de temps de l’évolution libre des raies satellitesprotoniques
duesau carbone 13 est
égale
à :Cette
grandeur
est reliée à l’interactiondipôle-dipôle
intramoléculaire entre A et X par le biais du terme0,41TD (ou O,4/TDD(A - X)).
Les
expériences
de passageadiabatique
donnentune mesure de
TA,
une détermination deTx s’impo- serait,
nous ne l’avons pas effectuée pour les raisons suivantes :Le rapport
magnétogyrique
des noyaux13C
estquatre
foisplus
faible que celui du proton. Les contri- butions intra et intermoléculaires dues à la relaxationde 13C
sont ainsi réduites de 16 devant celles du proton.En outre la
proportion
naturelle de13C
estfaible,
sa contribution intermoléculaire aussi. Nous pouvons omettre le terme
2/Tx
devant2/TA
et le temps de relaxationTi
devient :où
Ti représente
le temps de relaxation des protons des molécules12C1HCl3.
Compte
tenu des valeursTl -
71 ± 1 s etTi
= 30 s ± 3 s à 30 °C nous obtenonsTD
= 21 ± 2 s.Il est clair que cette méthode de mesure de
TD
n’est pas affectée par la teneur en
oxygène
et par lessubstances dissoutes dans l’échantillon. Effectivement
nous avons utilisé un autre échantillon contenant
6 % d’hexaméthyldisiloxane,
et certainement moins bienpréparé.
Dans cet échantillonTi
etTi
valaient respec- tivement 46 et 25 secondes. PrenonsTl =
46 s,TD
= 21 s nous obtenons pourTl
=24,4
s, cequi
esten bon accord avec la valeur
expérimentale.
V. Détermination du
temps
de corrélation de rota- tion. - La détermination du temps de corrélation de la molécule13ClHCl3
a été faite en prenant pour dis-tance internucléaire r13C1H =
1,1 A [14] ;
commeNous obtenons :
Des mesures de temps de relaxation
diélectrique
surle chloroforme pur
[15]
donnent :Cette valeur
correspond
à un temps de corrélation de rotation de l’interaction nucléairedipolaire égal
à1,8
x10-12
s si le mouvementangulaire
de la molé- cule est une diffusion rotationnelle[16].
Nous,
pouvons aussi comparer notre résultat à celuiqui provient
de la loi de Stokes modifiée selon le modèle de Gierer et Wirtz[17]
où fr
est le facteur de microviscosité.En prenant : 1 =
0,541
cp à30 °C,
et a =2,73 A [10]
nous obtenons
[Tc]Stokes
=1,1
x 10-11f, seconde,
ce
qui
conduit à une valeur du coefficient de micro- viscositéégale
à1/7,
valeur en accord avec d’autresauteurs
[4, 17, 18].
Il est aussi
possible
d’évaluer la contribution intra- moléculaire à la relaxation du proton due au chlore dans lamolécule 12ClHC13.
Cette contribution s’écrit :En prenant
et en tenant compte de l’abondance naturelle des deux
isotopes
duchlore,
chacun despin 3/2 ;
il vient :On peut comparer ce résultat à celui que donnent les
mesures de
Pendred,
Pritchard et Richards[18].
Pour le chloroforme en dilution très
grande
dans ledisulfure de carbone = 330 s à 25°C. La valeur obser- vée par ces auteurs est
plus
faible queprévue.
Pritchardet Richards
[4]
ontsuggéré
que cette anomaliepouvait provenir
de l’interaction entre le mouvement de la molécule et le proton : interactionspin-rotation.
Si nous écrivons :
tota i
nous obtenons une estimation de la contribution
spin- rotation,
soit(T1)spin-rotation =
430 s.Cette valeur montre que l’interaction
spin-rotation
est un facteur intramoléculaire non
négligeable
etqui
s’avère finalement
plus important
que la contribution due auchlore,
sa détermination en a toutefois étépossible
connaissant cette dernière. Finalement la méthodeproposée
pour obtenir Tc permet de ne pas tenir compte de l’une comme del’autre,
le temps de relaxation intramoléculaireglobal
restant élevé devantceux que nous avons mesurés.
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