A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION A
R OLF D OBBERTIN
Sur une méthode fonctionnelle en mécanique statistique des plasmas
Annales de l’I. H. P., section A, tome 9, n
o1 (1968), p. 45-87
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45
Sur
uneméthode fonctionnelle
en
mécanique statistique des plasmas
Rolf DOBBERTIN
Institut Henri Poincaré, Paris.
Ann. Inst. Henri Poincaré, Vol. IX, n° 1, 1968,
Section A : Physique théorique.
ABSTRACT. - We derive a
general
kineticequation
from Liouville’sequation
without anyapproximation.
Then we getspecial
kinetic equa- tions for systems withlong-range
andshort-range interparticle
forcesby
successiveapproximations
of thegeneral
kineticequation.
We solvethe
special
kineticequation
for ahomogeneous fully
ionizedplasma
underreasonable
physical conditions;
for thisplasma
we calculate the electricconductivity
forparticles
of finitesize;
in the limit ofpoint particles
andhigh frequencies
we find the result of Oberman and Dawson and for zero-frequency
we get the direct current result ofSpitzer. Finally,
we calculatethe distribution of a finite system of
charged particles
inequilibrium
forthe rather
particular
case where theDebye sphere
is greater than thesphere enclosing
the system.I. - INTRODUCTION
L’objet physique
de notre étude est unsystème
de Nparticules
en inter-action et évoluant suivant les lois de la
mécanique classique.
Celui-ci eststatistiquement
décrit par une fonction de distribution deprobabilité DN qui
évolue selonl’équation
de Liouville. Nousappelons équation cinétique générale
uneéquation qui
ne contient que la fonction de distribution réduite pour uneparticule
commegrandeur
inconnue etqui
dérive del’équation
de Liouville sans aucune
approximation.
Notre but est d’établir une telleéquation
et d’en tirer deséquations cinétiques spécialisées
à l’aide d’unprocédé d’approximations qui
nes’appuie
pas sur l’existence depetits
paramètres.
Nous portonsparticulièrement
notre intérêt surl’équation cinétique
pour unplasma complètement
ionisé. C’estpourquoi
nous nousinterdisons
d’exploiter
ladisparition
éventuelle des corrélationsbinaires,
ternaires ou autres àgrandes
distances en raison de laprésence
de forcesd’interaction d’une
portée
infinie. Nousexigeons
que cetteéquation
ciné-tique
décrive aussi bien lesphénomènes
collectifs que la relaxation vers unétat stationnaire.
Les
équations cinétiques
que de nombreux auteurs ontdéjà
dérivéesde
l’équation
de Liouville par diverses méthodesd’approximation
ne satis-font pas à nos conditions. En
particulier,
ces méthodes utilisent toutes,sous une forme ou sous une autre, l’absence de corrélations en
première approximation,
cequi
introduitexplicitement
la non-linéarité dansl’équa-
tion
cinétique
avec la nécessitéd’approcher
encore cettepremière approxi- mation, puisque
toute solution del’équation
non linéaire passe par la linéarisation.Si l’on trouve une relation entre les fonctions de distribution réduites pour une et deux
particules Fi
etF2,
on obtient immédiatementl’équation cinétique générale
en portant cette relation dans lapremière équation
de lahiérarchie
B-B-G-K-Y,
lesystème
bien connud’équations couplées
pour toutes les fonctions de distribution réduitesqu’on
obtient enintégrant
successivement
l’équation
de Liouville sur toutes les variables. Pour le casde
l’équilibre, Bogolioubov [1]
a trouvé une telle relation enexprimant F2
par
Fi
et sa dérivée fonctionnelle par rapport à unchamp
test. Nous réalisonsnotre programme en établissant une relation
analogue
pour unsystème
hors de
l’équilibre. L’équation cinétique générale
ainsi obtenue n’étant pas fonctionnellementintégrable
au stade actuel de nos connaissancesmathématiques,
nous en tirons deséquations cinétiques approchées.
Leprocédé d’approximation
sera différent suivant que les forcesinterparti-
culaires sont de
longue
ou de courteportée.
A titre
d’exemple,
nous utiliserons enfinl’équation cinétique
relativeaux
plasmas complètement
ionisés pour l’étude de la conductivitéélectrique
dans un
champ
defréquences quelconques.
II. -
HYPOTHÈSES
Le
système
de N= à Na particules est enfermé dans un volume V,
a
Na
étant le nombre departicules
del’espèce
a. Uneparticule
porte laSUR UNE MÉTHODE FONCTIONNELLE EN MÉCANIQUE STATISTIQUE DES PLASMAS 47
masse ma et la
charge électrique e’a C’a
= 0 : neutre ;~a
= - 1 :électron;
’a
= + 2 : ionpositif
doublementionisé, etc.)
et éventuellement d’autrespropriétés (un
momentmagnétique,
parexemple). L’énergie
d’interactionentre deux
particules d’espèces a
et b estx~),
i #j ; l’énergie
poten-tielle d’une
particule d’espèce a
dans unchamp
extérieur constant(champ test)
est =(q, p) représente
unpoint
dansl’espace
desphases;
le vecteur q étant la
position
et p sonimpulsion canonique.
La
mécanique statistique
repose sur la définition d’une densité deproba-
bilité ...,
t).
L’évolution deDN
est donnée parl’équation
deLiouville
où
AN
estl’opérateur
Ho
est l’hamiltonien dusystème
en l’absence de la force extérieureXQ :
le crochet de Poisson étant défini par
Nous avons
supposé
queXa
dérive d’unpotentiel,
mais tout le forma-lisme reste valable
quand Xa
contient la force deLorentz,
les pi étant alors lesimpulsions cinétiques
et nonplus
lesimpulsions canoniques.
La solution de
l’équation
de Liouville nécessite la connaissance d’une condition initiale.Celle-ci,
la densité deprobabilité initiale, exprime
nosconnaissances
fragmentaires
de l’étatmécanique
de notresystème
de N par- ticules.Puisque
lesystème
est enfermé dans un volume donné et que lenombre de
particules
est constant, nous savons parexpérience qu’il tend,
en l’absence des forces extérieures vers un état
asymptotique
sta-tionnaire que nous
appellerons pseudo-équilibre.
Cet état est décrit par la densité de distributioncanonique D03B2N
=(Q03B2)-1
exp(- 03B2H0) qui
est unesolution
asymptotique
del’équation
de Liouville pourXa
= 0. Cette notionde
pseudo-équilibre
peut à la foiscomprendre
celle del’équilibre
proprement dit et celle d’état stationnairequand
çengendre
un flux. Dans la limiteANN. INST. POINCARÉ, A-ix-1 4
~2014~0,
lepseudo-équilibre
devientl’équilibre thermodynamique;
c’estpour cette raison que nous donnons à la
constante p
le sens de l’inverse de latempérature thermodynamique (en
unitésd’énergie).
-
La distribution de
pseudo-équilibre exprimant
notre seule connaissance dusystème,
nous la choisissons donc comme condition initiale pour la solution del’équation
de Liouville avecl’arrière-pensée
d’ailleurs de nous en débarrasserplus
tard.En choisissant le
pseudo-équilibre
comme conditioninitiale,
nousgéné-
ralisons en
quelque
sorte une idée de Kubo[2] qui,
en partant del’équilibre thermodynamique,
étudiait laréponse
linéaire dusystème
à des forcesappliquées qui
l’écartaient del’équilibre.
Notre but se situe bien au-delàde ce dessein
puisque
nous cherchons uneéquation cinétique générale
n’étant
plus
limitée à des conditions initialesparticulières
et n’étant pas bornée à laréponse
linéaire à uneperturbation
extérieure.Comme condition aux limites de
l’équation
deLiouville,
nousimposons
l’annulation deDN
sur la surface du volume V et pour des1 p 1
= oo .Puisque DN
est une densité deprobabilité,
il faut quej
... , ... = 1; dx =dp . dq
est l’élément de volume del’espace
desphases.
Nous définissons une
fonction fN(x1,
..., xN,t)
= Q(t)DN(x1,..., xN,
t) (qui
s’écrit pour lepseudo-équilibre fi
= avecOn voit facilement
que fN
estégalement
solution d’uneéquation
de Liou-ville
et que
Q(t)
=Q(to).
PourfN(to) =~.
il s’ensuit queQ(t)
=QP
=Q.
L’indice 03B2 indiquera toujours
que lagrandeur
se rapporte à l’état depseudo- .,équilibre (ou d’équilibre
si ç =0).
Les fonctions de distribution servent à calculer des valeurs moyennes de
grandeurs dynamiques.
Celles-ci nedépendant
que d’une ou de deuxvariables x, on déduit
généralement
deDN
les fonctions de distribution réduites pour uneparticule d’espèce a
49
SUR UNE MÉTHODE FONCTIONNELLE EN MÉCANIQUE STATISTIQUE DES PLASMAS
et pour deux
particules
desespèces a
et bà l’aide
desquelles
on calcule les valeurs moyennes.Fa
etFab
sont liés par lapremière équation
de la hiérarchieIII. -
L’ÉQUATION CINÉTIQUE GÉNÉRALE
Puisque Ho
etl’opérateur AN
sont fonctions de ç ou de ses dérivéespartielles,
lesgrandeurs Q, Fa, Fab,
etc., sont fonctionnelles de Nous cherchons une relation entreFa(x1, t | 03C6), 03B4Fa(x1, t | 03C6) 03B403C6b(x2)
etx2, t | 03C6).
Le
signe après
la barre dansl’argument indique
unedépendance
fonction-nelle. Nous l’omettrons souvent.
Fa
n’est pas seulement fonctionnelle de ~ mais aussi fonction deqJa(Xl)’ Quand
cettedépendance risque
de créer desdifficultés,
nous utiliserons la définition de la valeur moyenne d’une gran- deurdynamique Aa(x)
qui
est, commeQ,
une fonctionnelle pure de ({J.La dérivation fonctionnelle de
(7)
par rapport se fait suivant desrègles
bien connues du calcul variationnel :avec l’abréviation
En utilisant la
symétrie
del’intégrant
àl’égard
des variables X2, ..., XN’on peut écrire
Cette
équation
doit être valable pour un Aquelconque;
il s’ensuit doncLa différentiation de
Q
=Q(t)
=Qa
par rapport nous donne les deux relationsQuand
on substitue(9)
et(10)
dans(8),
il vientdevons donc calculer les dérivées et . Pour les
~b ~ ~~Pb
déterminer,
nous dérivonsl’équation 3
q~ )
ar p rapport pp â Y = 03C6b,~b ~ q2 ~-03C6b ~-q2
ou~-03C6b ~-p2:
PZ51
SUR UNE MÉTHODE FONCTIONNELLE EN MÉCANIQUE STATISTIQUE DES PLASMAS
Cette
équation
admet pour solutionsi
l’opérateur
d’évolutionU(t, t’)
satisfait à certaines conditions[3]
quenous supposons
remplies.
La solutionopératorielle
del’équation (3)
est=
U(t,
Il vient donc à l’aide de(12) :
ce
qui permet
d’écrire(11)
comme suit :Pour raison de
symétrie,
on aégalement
la relationLa différentiation fonctionnelle de la relation
Q(t)
=QP
parrapport
à fournit en outre
ce
qui
devient à l’aide de(12)
Après multiplication
avec -V2/PQ
et en vertu de(5),
cette relation s’écritNous voyons immédiatement que les
intégrales
dans(13), (14)
et(15)
peuvent être éliminées par une
simple
combinaison. Nous obtenons finale- ment la relation recherchée[4] :
Pour t = to, nous trouvons la relation
correspondante
pour lepseudo- équilibre :
Pour éviter
l’apparition
des fonctions 5 dans nosrelations,
nous utiliserons leplus
souvent à laplace
deFa
etF ab
leurs écarts de leurs valeurs depseudo-équilibre t)
=Fa(xl, t)
- etfab(Xl,
x2,t)
=F ab(Xl,
x2,t) - x2).
La relation(16)
s’écrit alors53 SUR UNE MÉTHODE FONCTIONNELLE EN MÉCANIQUE STATISTIQUE DES PLASMAS
La
première équation
de la hiérarchie pour les écarts dupseudo-équilibre
s’écrit
Nous n’avons pas
précisé
l’instant to. Nous mettons to = - oo. Dans l’intervalle - oo t 0 des forcesXa (inconnues) appliquées
ausystème
peuvent amener celui-ci à un état horsd’équilibre.
Nous devons alorsconnaître
fa(xl, 0)
et x2,0) qui
seront les nouvelles conditions ini- tiales pour la résolution de(19).
Nous supposons que toute distribution
physique
servant de condition initialepourrait
être atteinte àpartir
del’équilibre
par l’action de forces extérieuresagissant
durant l’intervalle - oo t 0. Il n’est pas nécessaire que ces forces existent vraiment dans la nature. Nous deman- dons seulementqu’elles
permettent d’écrirel’opérateur AN
sous laforme
(1).
Cela nous permet de considérer(19)
avec(18)
commeéquation cinétique générale
pour des conditions initiales(t
=0) quelconques.
Quand
la distribution initiale a été formée par un processus non adia-batique,
nous devonspréciser
le sens de la constante(3.
Nous donnonsà 03B2
la valeur de thermalisation de la distribution initiale en l’absence de forces extérieures durant l’intervalle 0 t oo. Nouspourrions partir
à t = - oo avec un
fi’
de sorte que les forcesagissant
dans l’intervalle- oo t 0 portent la valeur de thermalisation
qu’on
peut attribuer à tout état d’unsystème
fermé à lavaleur fi correspondant
aux conditionsinitiales.
Pour le cas où les forces
interparticulaires
nedépendent
que desdistances,
l’équation cinétique générale
s’écritIV. 2014
L’ÉQUATION CINÉTIQUE
POUR UN
SYSTÈME
AVEC UNE INTERACTION DE LONGUE
PORTÉE
L’équation (20)
contientimplicitement
une non-linéarité sous forme de dérivées fonctionnelles.Puisque
nous n’étudions pasl’intégration
fonctionnelle de cette
équation
et que nous ne supposons pas l’existence depetits paramètres,
il ne nous reste que latechnique
desapproximations
successives au sens où on l’utilise pour la résolution des
équations intégro-
différentielles non linéaires.
Nous écrivons
(20)
pour la suite des fonctionsf a2 ~, fa3 >,
...u
Nous supposons que la suite converge. La solution de
(20)
est alorsPour que le
procédé d’approximations fonctionne,
nous devons déterminerune
équation
pour Nous l’obtenonssimplement
en dérivant(21)
par rapport à avec la condition
~3 =~
xi, c’est-à-dire nous omettonsles termes contenant des fonctions 5
qui
ne contribueront pas àl’intégrale
de collision :
Cette
équation
contient les doubles dérivées fonctionnelles pourlesquelles
on obtient une
équation
en dérivant(22)
par rapport à avec x3 ~ x4.Nous écrivons ces
équations
pour ~ 2014~ 0. A l’aide des définitions55
SUR UNE MÉTHODE FONCTIONNELLE EN MÉCANIQUE STATISTIQUE DES PLASMAS
elles deviennent
Nous obtenons donc un
système d’équations intégro-différentielles
linéaires
couplées
dontl’opérateur
différentiel esttoujours
le même. Cesystème
est essentiellement différent dusystème
récurrentiel B-B-G-K-Y pour lesFa, Fab, F abc’
..., dont leséquations
ont desparties dynamiques
deplus
en
plus compliquées (correspondant
auxproblèmes
à1, 2, 3,
...,corps).
est la solution de
(20)
pourK~
=0;
nous commençons donc notre processusd’approximations
successives par la solution del’équation
deVlasov linéarisée.
f a2~
est la solution deoù
K~}
est la solution de(24). K~ dépend
deL’équation (26)
peutdonc s’écrire sous la forme suivante :
J1
étantl’opérateur intégro-différentiel correspondant
àl’équation
deVlasov linéarisée et
32
étantl’opérateur
decollision,
défini par le dernierterme de
(26)
et par ladépendance
deK~~
En poussantl’approxi-
mation
plus loin,
on obtient pour la fonctionf a3~ l’équation
où
J3 représente
lapartie
de la solution de(24)
pour n = 2qui
tient compte de Enpoursuivant
ce processus etaprès
le passage à la limite ~ 2014~ oo,on aura
L’équation (27)
est une nouvellereprésentation
del’équation cinétique générale (20).
Nous obtenons deséquations cinétiques approchées
ennégli-
geant lesJn
àpartir
d’un certain n. Cesapproximations
admettent uneinterprétation physique
très intuitive à l’aide de la série deTaylor
fonction-nelle
de fa
par rapport à ~ :Négliger
lesJn
àpartir
de n = 2équivaut
àKab
= 0, onnéglige
alorsles corrélations.
Négliger
lesJ’n
àpartir
de n = 3 estéquivalent
àKabc
=0 ;
cela
s’interprète
de la manière suivante : lapremière
dérivée fonctionnellede fa représente
unepartie importante
des corrélations pour les écarts del’équilibre;
l’annulation de la deuxième dérivéesignifie
donc que cescorrélations sont extrémales
quand
lechamp
extérieur est nul. Annuler(négliger
lesJ’n
àpartir
de n =4) signifie qu’une
contributionsupé-
rieure des corrélations a un extrémum, etc. L’arrêt de la série deTaylor
fonctionnelle
qui
estéquivalent
à l’arrêt de la série infinied’opérateurs Jn
n’est pas lié à l’existence de
petits paramètres. Puisqu’il
estimpossible
d’estimer la convergence de ce
procédé d’approximations
sous une formegénérale,
nous lejugerons plus
tard sur sesconséquences.
Le fait que notreprocédé d’approximations
successives commence avecl’équation
de Vlasovlinéarisée nous
indique qu’il
sera vraisemblablement valable pour des57 SUR UNE MÉTHODE FONCTIONNELLE EN MÉCANIQUE STATISTIQUE DES PLASMAS
systèmes qui
montrent un comportement collectif. Ceux-ci sont dessystèmes
dont les
particules interagissent
par des forces delongue portée.
Nous nous
spécialisons
maintenant au cas d’unplasma complètement
ionisé. Nous savons
qu’une simple
interaction coulombienne entre lesparticules ponctuelles
conduit à uneintégrale
de collisiondivergente
à causede la
singularité
à courtes distances. Cephénomène
ne peut être évité par un artificequelconque
parcequ’il
traduit le fait que lesparticules
nesont pas
ponctuelles.
Dans lechapitre VII,
nous discuterons despossibilités
de tenir compte des interactions simultanées de courte et de
longue portée.
Le
plus
souvent, on peutcependant
tenir compte de lanon-ponctualité
des
particules
d’une manièreplus
sommaire par la méthode des fonctions de distributiontronquées.
Lorsque
lesparticules
ne sont pasponctuelles,
elles auront toutes des distances mutuellessupérieures
ouégales
à leur diamètre ’0. On définit alors des fonctions de distributionqui
tiennent compte de cette situation.Soit
1)s le
sous-domaine del’espace
desphases
pour laparticule s,
définipar 1 qs -
ro, qi étant laposition
fixe de laparticule 1 ;
soient1) =
1)2
x~3
x ... x~N
et D’ =~3
x~4
x ... x1)N.
La fonctionde distribution
tronquée
est alors la densité de
probabilité
de trouver uneparticule
en xiquand
toutesles autres
particules
sont au moins à une distance ro de cepoint.
La distri-bution
tronquée
pour deuxparticules
est définie parLa
première équation
de la hiérarchie pour les fonctions de distributiontronquées
s’obtient parintégration
del’équation
de Liouville sur ledomaine D.
Après quelques
transformations enintégrales
desurface,
on obtient
avec la force
tronquée
0(x)
étant 1 pour x > 0 et 0 pour x 0.Sous des conditions bien connues
(cf.
Grad[5])
on peut transformer l’in-tégrale
de surface enintégrale
de collisions boltzmannienne poursphères
dures.
Lorsqu’on
suppose, poursimplifier,
que les diamètres desparticules
sont
égaux
pour les différentesespèces,
cetteintégrale
de Boltzmann poursphères
dures peut être transforméeaprès
linéarisation suivant leprocédé
de Hilbert en deux termes, l’un étant ql,
t)
et l’autre un termeintégral
que nousnégligerons.
Lafréquence
de choc vo est enprincipe
une fonctionnelle de ~, mais nous supposerons
négligeable
cettedépendance
fonctionnelle. Si la densité n’est pas trop
élevée,
on peutnégliger c’est-à-dire,
on peut omettre les tildes dans(29).
Après
soustraction de lapartie équilibre, l’équation (29)
devient dans cetteapproximation
oû fab
est donné dans lareprésentation (18);
vo est une fonction connue de p.Mais
lorsque
les chocsproches
sont des événements rares(une supposition
raisonnable dans les
plasmas complètement ionisés),
on peut utiliser un vo moyen défini pour uneimpulsion
moyenne. Le termevola
est alors un termede relaxation
qui garantit
l’irréversibilité du processus.V. - LE PLASMA
COMPLÈTEMENT IONISÉ
EN
ÉQUILIBRE
Dans nos
équations cinétiques
interviennent lesgrandeurs
del’équilibre Ff
et
K~,
etc., que nous devons calculer. Lapremière équation
de la hiérarchiepour le
pseudo-équilibre
est59
SUR UNE MÉTHODE FONCTIONNELLE EN MÉCANIQUE STATISTIQUE DES PLASMAS
Elle détermine avec la relation fonctionnelle
(17)
les fonctionsFf
etF~.
Nous passons à la limite où
qJ(x)
nedépend plus de p (qJ(x)
-~ Avecles définitions
où
Qa = f exp (-
nous pouvons écrire(32)
et(17)
commesuit
Nous en déduisons un
système d’équations pour
et lescomme pour
les f au
dernierchapitre.
Nous supposons le
plasma complètement
ionisé et infini(V 2014~
oo, N -~ oo,v =
V/N oo) ;
lesystème
est alorshomogène 0)
= 1. La forcetronquée
est alorsNous cherchons
k b
dansl’approximation
= 0. Avecl’équation (36)
devientde la force
tronquée 8(ql - q2)
s’écritEn posant
kD
=4?~ o~/~
on tire de(37)
la solutionPour ro =
0,
nous retrouvonsaprès
inversion le résultat bien connu deDebye-Hückel.
l’inverse de
kD
étantappelé
rayon deDebye.
Pour notre
plasma
infini lesgrandeurs F~
etK b
serontce
qui
résulte d’unecomparaison
de(34)
et(17).
VI. -
L’É QUATION CINÉTIQUE
POUR UN PLASMA
COMPLÈTEMENT IONISÉ
DANS UN CHAMP
ÉLECTRIQUE
FAIBLENous choisissons comme force extérieure
Xa
unchamp électrique faible, Xa(xl, t)
= établi à l’instant t = 0. Pour une forcefaible,
on peutnégliger
dans lapartie dynamique
del’équation cinéti ue (31)
P g g
Pi
P Yn q q q( )
61
SUR UNE MÉTHODE FONCTIONNELLE EN MÉCANIQUE STATISTIQUE DES PLASMAS
qui
s’écrit alors pour unplasma complètement ionisé,
infini etglobalement
neutre (03B6ana =
0)
dansl’approximation Kabc
= 0 sous Ia forme du sys- tèmed’équations
Nous avons utilisé la neutralité
(ou
l’extensioninfinie),
cequi
entraînaitNous avions exclu de
(24)
les termes où xl - ~3 ; pourKâ~
nous omettronsdonc le deuxième terme de
(42),
tandis queKfc
est donné parl’expression complète (42).
Le terme avecKfc
devient doncen vertu de
l’équation (37).
La
grandeur 2014 ~
est la force exercée par uneparticule
2 sur laparticule 1,
un
rapprochement
à une distance inférieure à ro étantexclu;
cela veut direqu’une particule sphérique
ayant son centre aupoint
qi sentirait unchamp
électrique ~be -1 ~ 12
dû à laparticule
2. Lechamp
moyen dû à toutes lesparticules
est parconséquent
-
A ce
champ s’ajoute
lechamp appliqué
E et nous avons lechamp
totaldans le
plasma 8
=E~ +
E.Compte tenu de ces remarques
(44)
s’écrit enfinavec
tandis que
(43)
s’écrit à l’aide de «l’intégrale
de collisions »de la manière suivante
A l’aide de la transformation de
Laplace
(s complexe, t à 0, y
>0)
et de la transformation deFourier,
leséqua-
tions
(48)
et(45)
deviennent63
SUR UNE MÉTHODE FONCTIONNELLE EN MÉCANIQUE STATISTIQUE DES PLASMAS
où
et avec
nous écrivons
(47)
de la manière suivanteNous introduisons l’abréviation
La
multiplication
de(51)
parkl)
suivie d’une sommation sur a et pi fournitL’intégrale
dans lepremier
terme à droite de(54)
peut être ramenée à lapremière
dérivée de la fonction dedispersion
deplasma Z,
définie par[6]
ua =
(~/2)- ~.
Les indices ... =(1, 2, 3) indiquent
les composantes vectorielles(sommation
sur indiceségaux).
Deux indicesséparés
par une virgule auront touiours la simiiication suivante :Avec la définition
ANN. POINCARÉ, A-I X-1 5
nous pouvons
exprimer K"
par desgrandeurs
connues :La
substitution
de cerésultat
dans(51)
donne la solutionKac
en fonctionde f,
soit : . _par
simple sommation,
nous trouvons ensuiteNous déterminons maintenant
quelques intégrales.
La transformée de Fourier et deLaplace
deGac,
définie par(46),
s’écrit :A
partir
de(60)
on calcule :SUR UNE MÉTHODE FONCTIONNELLE EN MÉCANIQUE STATISTIQUE DES PLASMAS 65
La substitution de ces résultats dans
(52)
nous fournit leJa(pl, kl, s)
cherché.Nous remarquons
qu’il
y a quatre types de termes. Nous regroupons ces termes de la manière suivante :J’°
est la contribution due aux conditions initiales. PourM,
P etN,
noustrouvons
La substitution de
(61)
dans(50)
nous donnel’équation cinétique
recher-chée -
Notre
équation cinétique
pourchamp
faible ne décrit pas seulement laréponse
linéaire à unchamp appliqué,
mais l’évolution dusystème
sousl’effet du
champ
total.(65)
satisfait notreexigence
selonlaquelle l’équation cinétique approchée
doit décrire aussi bien lesphénomènes
collectifs que la relaxation vers un état stationnaire. Eneffet,
le termeproportionnel
à 6exprime
le comportement collectif dusystème, - e03B6a ~-F03B2a ~-p1 E
étant le termede Vlasov linéarisé et
~-M ~-p
étant une correction à ce terme due aux corré-lations ;
elleexprime,
entre outre, la déformation dessphères
deDebye.
Leterme en
P:Y
est du type Fokker-Planck. Il décrit lephénomène
de relaxation dusystème
vers un état stationnaire dû aux interactions delongue portée qui s’ajoute
à celui dû aux chocsproches
décrits par vo. Le terme enNây
ne
s’interprète
pas facilement. Il est intéressant de remarquer que le terme Fokker-Planck ainsiqu’une partie
du terme enN:Y
ressemblent fort à ceuxtrouvés par Berk
[7]
àpartir
d’un modèle où les ions sontfixes,
distribuésstatistiquement
et décrits par unpotentiel
du typeDebye,
tandis que les électrons forment un fluide vlasovien.VII. -
ÉQUATIONS CINÉTIQUES
EN
PRÉSENCE
DE FORCES DE COURTEPORTÉE
Le
procédé d’approximation qui
consiste à annuler l’un des « coefficients »Kab
... n de la série deTaylor
fonctionnelle suivant ~p s’est avéré valable pour l’étude des interactions delongue portée;
il fournit en effet en pre- mièreapproximation
l’effet d’écran(dans
le cas del’équilibre)
et lesphéno-
mènes collectifs
(hors
del’équilibre).
Cesphénomènes
n’existant pas dans lessystèmes
à interaction de courteportée seule,
nous en concluons que ceprocédé d’approximation
n’estplus
valable dans ce cas-là. Si nous nousSUR UNE MÉTHODE FONCTIONNELLE EN MÉCANIQUE STATISTIQUE DES PLASMAS 67
rappelons l’interprétation
donnée à cettetechnique d’approximation,
cela nous
paraît également plausible,
car les corrélations dues aux inter- actions de courteportée
ne sauraientproduire
la même réaction vis-à-vis d’unchamp
extérieur que les forces delongue portée.
Pour l’étude d’un
système
departicules qui interagissent
par des forces de courteportée,
nous devons donc trouver un autreprocédé d’approxi-
mation. Pour rester dans le même
esprit d’approximation
- nous avonsl’intention
d’appliquer
la nouvelle méthode simultanément avec la méthode pour interaction delongue portée,
afin d’obtenir uneéquation cinétique
pour un
plasma partiellement
ionisé - nous cherchons à nouveau unereprésentation
fonctionnellede fab.
Nous en obtenons une, trèssimplement,
en
considérantfa etfab
comme fonctionnelles d’une fonction Pour que cechangement
de variable ait un sens, il faut que lestechniques d’approxi-
mation étudiées
précédemment
conduisent encore à dessystèmes
fermésd’équations;
nous devons enplus exiger u(0)
= 0. Une étude détailléemontre que la classe des fonctions
u(qJ)
satisfaisant à ces conditions est très restreinte. L’arbitrairequi
nous reste sera levé ens’imposant
de retrou-ver dans le cas de
l’équilibre
pourf b
la série des clusters irréductibles deMayer
de deuxièmeespèce.
On peut montrer que cetteexigence
estsatisfaite par la transformation
La relation
(18)
devientalors,
à causede 03B4fa 03B403C6
= - 03B2-(1
~ +0~
Les
particules qui n’interagissent qu’à
travers des forces delongue portée
sont une idéalisation
ponctuelle,
uneapproximation.
Toutes lesparticules
réelles
interagissent
suivant une loiqui diffère,
à courtedistance,
des loisde
Coulomb,
de Newton, etc. Nous écrivons 03A6 =03A6l
+03A6c, 03A6l
étant lepotentiel
d’interaction delongue portée,
celui de courteportée,
lepremier
pouvant être éventuellement nul.Nous
séparons l’intégrale
de choc dans(19)
en deuxparties
correspon- dant aux contributions de courte et delongue portée;
il vient :où et
f
sont les deuxreprésentations (18)
et(67)
de la mêmegrandeur
Nous avons maintenant le choix entre les deux
procédés
suivants pourapprocher l’équation (68) [8] :
A)
Nousconsidérons fa
comme fonctionnelle des deux variables indé-pendantes 03C6
et u. Nous posonsKabc
= 0. Avec4:>:u, = (68)
s’écritAvec la définition
l’équation (69)
devient pour u = ç = 0 et pour unsystème
infini :Pour déterminer
Kob
ethab,
nous dérivons(69)
auxpoints
x~ d’une part par rapport à u, d’autre part, par rapport à ç et nous passons ensuite aux limites u,~p ~ 0.
Cela donne69
SUR UNE MÉTHODE FONCTIONNELLE EN MÉCANIQUE STATISTIQUE DES PLASMAS
où
Pour cette
grandeur,
nous trouvonsl’équation
A l’aide d’un
développement impropre
suivant lespuissances
derô/v (ro
étant le diamètre desparticules),};, = f â
+ + ..., nous pouvonsapprocher
lesystème
d’une manière cohérente. Cedéveloppement
estimpropre
en ce sens que le terme delongue portée dépend
de la densitépar l’intermédiaire du rayon de
Debye.
Ledéveloppement
formel suivant la densité(en
réalité suivant sejustifie
dans la mesure où on trouveà l’aide de ce
procédé
la série des clusters dans le cas del’équilibre (cf. Bogo-
lioubov
[9]).
f Q
est la solution pour l’interaction delongue portée
seule. A l’ordresuivant, fi
fait intervenir les forces de courteportée.
Ceci nécessite la solution dusystème
de quatreéquations
B)
Les variables u et ç ne sont pasindépendantes,
mais liées par(66).
On a alors =
x3)-
On peut donc utiliser pourf ~
etf la représentation (67)
et introduireKabc
= 0 en mettantau terme avec
C~. Après
cetteopération,
nous pouvons utiliser une argumen- tation semblable à cellequi permit
auchapitre
IV d’éviter le recours auxpetits paramètres
pour fermer lesystème,
en annulant un des « coefficients ))de la série de
Taylor
fonctionnelle suivant u ; = 0 devrait être une bonneapproximation
et définir uneéquation cinétique
assez satisfaisante pourun
plasma
departicules
nonponctuelles,
ainsi que pour unplasma partiel-
lement ionisé.
Remarquons
que dans les deux cas(A)
et(B),
on doit résoudre dessystèmes correspondants
pourl’équilibre.
Nousn’exploiterons
pas cesméthodes dans ce
travail,
parce que les résultats essentiels que nous envi- sageons peuvent être obtenus à l’aide du terme de relaxation vo.SUR UNE MÉTHODE FONCTIONNELLE EN MÉCANIQUE STATISTIQUE DES PLASMAS 71
VIII. - SOLUTION
APPROCHÉE
DE
L’ÉQUATION CINÉTIQUE
POUR UN PLASMA
COMPLÈTEMENT IONISÉ
DANS UN CHAMP
ÉLECTRIQUE
FAIBLE ET
HOMOGÈNE
Jusqu’ici
nous avons étudié deséquations cinétiques approchées
dontla seule
approximation
étaitsuggérée
par le type de loi d’interaction.L’équa-
tion
(65)
a étéétablie,
parexemple,
par la seuleapproximation Kabe
= 0.Une solution
générale
de(65)
serait encore tropcompliquée
et nous sommesamené à utiliser un
procédé d’approximations
pour(65) qui
estsuggéré
par une situation
particulière
où se trouve lesystème physique.
Nous considérons maintenant le cas
particulier
d’unsystème homogène.
Nous supposons que le
système
se trouve àl’équilibre jusqu’à
l’instantt = 0 où le
champ électrique E, homogène
etfaible,
estappliqué. fin
et Jinsont donc nuls. Les deux traits
caractéristiques
duplasma,
lecomportement
collectif et la relaxation due aux interactions de
longue portée,
sont décritsrespectivement
par le terme vlasovien et le terme Fokker-Planck. Nous allons résoudre(65)
parapproximations
successives en commençant par la solutionf â
d’uneéquation cinétique
raccourciequi
tient compte des deuxphénomènes
en ordre dominant. La contribution dominante du terme vlasovien estévidemment - e03B6a ~-F03B2a ~-p1
8. Lapartie
dominante du terme Fokker-Planck sera caractérisée par un que nous allons déterminer.
L’équation
raccourcie s’écrit donc
- n _ -
Nous nous contenterons pour nos
applications
del’approximation
sui-vante
qu’on
obtient enportant/~
dans(50)
tout en considérant 6 commeparamètre
donné :Nous écrivons le terme Fokker-Planck dans
(78)
sous la forme -en