Article original
Interaction génotype-densité et compétition
dans un dispositif clinal d’épicéa commun
P Dreyfus
INRA,
Station desylviculture méditerranéenne,
avenueAntonio-Vivaldi,
84000Avignon,
France(Reçu
le 6 mai 1988;accepté
le 16 février1989)
Résumé — Dans le nord-est de la
France,
2 descendances maternellesd’épicéa
commun(Picea
abies
Karst.)
sont cultivées enplantation
pure et enmélange
dans undispositif expérimental original
où densité du
peuplement
et taux demélange
varient defaçon
clinale(densité
200-10000/ha,
taux demélange 0%-100%).
La descendance GANN 7 est nettementplus vigoureuse
que MORZ 4. Pour les 2génotypes,
la circonférence atteinte 14 ansaprès
laplantation (hauteur
moyenne 5 à 8m)
estfortement influencée par le
gradient
dedensité,
mais l’étude des 2peuplements
purs démontrequ’il
n’existe pas pour cette variable d’interaction
statistique génotype-densité
suffisammentprononcée
pour être mise en évidence dans cette
expérience.
La diminution de taille due à une densitéplus
forte est la même en valeur absolue pour les 2
génotypes.
Enmélange,
et pour une densitédonnée,
la croissance d’unarbre, quel
que soit songénotype,
est d’autant meilleurequ’il
se trouve dans unepartie
dudispositif
où laproportion
de MORZ 4 estplus
forte. MORZ 4possède
donc unpouvoir
concurrentiel
plus
faible que celui de GANN7,
cequi
concorde avec lescaractéristiques
devigueur
des deux
génotypes.
Cette tendance est d’autantplus marquée
que la densité dupeuplement
estélevée. On démontre que la forte croissance des individus GANN 7 situés dans une
partie
à domi-nance de MORZ 4 est due à la faiblesse de la concurrence exercée par MORZ 4 et non à un
phéno-
mène de
coopération.
L’estimation de la surface terrière depeuplements
fictifscomposés
des deuxgénotypes
étudiés démontre que lepeuplement
pur dugénotype
leplus vigoureux (GANN 7)
estsupérieur
auxmélanges.
Interactiongénotype-densité
enpeuplement
pur etcompétition intergéno- typique
enpeuplements mélangés
doivent êtreprises
encompte
dans la détermination des courbes decroissance,
surtout pour desgénotypes
à faible variabilitégénétique.
Picea abies /
épicéa
commun / interaction /génotype
/ densité /compétition
/dispositif
clinal / descendance maternelleSummary — Spacing-genotype
interaction andcompetition
inNorway
spruce. In the North- East of France 2open-pollinated
half-sibprogenies (GANN
7 and MORZ4)
ofNorway Spruce (Picea
abiesKarst.)
wereplanted
in pure and mixed stands with aspecial experimental design:
cli-nally varying
standdensity (200-10
000stems/ha)
and mixture rate(0-100%).
The GANN 7 proge- ny was much fastergrowing
than MORZ 4. Fourteen years afterplanting,
atage 18 (mean height
=5 to 8
m), girth
at breastheight
wasstrongly
reducedby density
in bothprogenies.
In purestands, for girth,
the statisticalspacing-genotype interaction, if any,
was notimportant enough
to be noticed.An absolute value of reduction in
girth
withincreasing density
was the same for the twoprogenies.
In mixed stands and for a
given density level,
thegrowth
of individual trees, whatever theirgenoty-
pe, increased with anincreasing proportion
ofsurrounding
trees of MORZ 4. Therefore MORZ 4 can be considered as lesscompetitive
than GANN7,
which is in accordance with the difference invigour
of the twogenotypes.
The observed trend wasemphasized by increasing
standdensity.
Itwas shown that the fast
growth
of individual GANN 7 trees surroundedmainly by
MORZ 4 treeswas
only
due to the rather weakcompetition
exertedby
MORZ 4 and could not be attributed to some kind ofcooperation.
An estimate of basal area for stands of simulated mixtures of the twogenotypes
showedclearly
that the pure stand of the mostvigorous genotype (GANN 7)
was super- ior to all mixed stands. Thespacing-genotype
interaction in a pure stand and theinter-genotype competition
in mixed stands must be taken into account whenestablishing growth
curves,especial- ly
forgenotypes
of very lowgenetic variability.
Picea abies /
Norway
spruce /spacing
/genotype
/ interaction /competition
/ clinaldesign
/half-sib progeny
INTRODUCTION
Les
progrès
réalisés enmatière
desélec-
tion et les
perspectives
dans ce domainesont autant
de justifications
nouvellespour l’étude
durôle
desfacteurs génétiques
dans la croissance des
arbres,
dans lacompétition
et la différenciation sociale ausein des
peuplements forestiers. Dans
une
analyse
de l’interface entre améliora- tion des arbres forestiers etsylviculture,
Birot
(1986) souligne
la nécessité deprendre
encompte
la dimensiongéné- tique
dans les recherchessylvicoles
etdans la mise au
point
de modèles decroissance, que
cesoit à des
finsscienti-
fiques (par exemple pour la recherche
sur lesphénomènes
decompétition)
oupra-
tiques (outils
d’aideà
ladécision destinés
aux
gestionnaires).
Pour certainesvarié- tés sélectionnées, les lois de croissance
risquent
des’écarter
notablement de celles connuespour
despopulations
ordi-naires: relation hauteur
dominante-âge
deforme ou de niveau
différent,
accroisse-ment
moyen
maximumplus
élevé ouatteint
plus tôt...
Laréaction à
ungradient
de densité du
peuplement
ou à des varia- tions de milieupeut
aussi être différente:on
parle
alors d’interactiongénotype-den-
sité ou
génotype-milieu.
Ceci a d’autantplus
de chance de seproduire que
la variabilitégénétique
de l’entité considérée estplus
faible.Nous nous intéressons ici à 2 formes d’interaction
que
nous définissons de manièrethéorique
comme suit:- l’interaction au sens
statistique
entre lefacteur
génotype
et ladensité
dupeuple-
ment. Une telle interaction existe
lorsque,
cultivés
séparément,
2génotypes réagis-
sent différemment à un même
gradient
dedensité. Le
long
de cegradient,
ladiffé-
rence
de croissance
entreles
2génotypes peut s’accroître, diminuer, s’annuler,
oumême s’inverser. C’est un cas
particulier
de l’interaction
génotype-environnement.
Pour des
caractères dendrométriques, Campbell
et Wilson(1973)
constatentl’absence d’étude
rapportant
l’existence d’une inversion du classement de 2géno- types pour des
essencesforestières; pour
desespèces fourragères,
lephénomène
aété observé entre
espèces différentes (graminée
ettrèfle,
parexemple)
maissemble absent ou
d’importance
mineureentre variétés d’une même
espèce.
Pour 3provenances
deDouglas
au stadejuvéni- le,
Birot(1972)
adémontré
l’absenced’une interaction de ce
type.
-
l’interaction biologique
entregénotypes
cultivés en
mélange, qui
existepratique-
ment dans tous les
peuplements mélan- gés
etqui
s’identifieà
la«compétition intergénotypique».
Ellepeut
se définirpar
le faitque
la croissance moyenne d’un au moins descomposants
dumélange
estdifférente
de sa croissancemoyenne
enpeuplement pur
à la mêmedensité
totale.Elle résulte des différences entre les
caractéristiques intrinsèques d’aptitude
àla
compétition des génotypes confrontés.
Les
multiples
et souvent infructueuses tentatives visant à cultiver deux ouplu-
sieurs
espèces
en futaiemélangée
ontdémontré
ladifficulté
de maintenir laplu- rispécificité
et surtout d’atteindre lesobjec-
tifs de
gestion,
du fait de cette interactioninterspécifique.
Mêmelorsqu’il s’agit
depeuplements
naturellementmélangés (chêne-hêtre, hêtre-sapin, sapin-épi- céa...), il
est difficile de maintenirl’équi-
libre voulu.
Pour deux clones de
peupliers
enmélange, Delvaux (1967)
amontré qu’il peut
exister unecorrélation négative
entreles 2
caractères de vigueur
et derésistan-
ce à la concurrence. Il
suppose
mêmeque
cecipourrait
être unerègle
assezgénéra- le,
tant au niveauspécifique qu’au
niveaud’entités génétiques
moins variables.Le maintien d’un
mélange
au niveaud’équilibre souhaité
est d’autantplus
diffi-cile
que
l’existence d’interactions entre legénotype
et les conditions de milieu nepermet pas
uneprévision précise
de lacroissance des
protagonistes, même
enpeuplement
pur.Si, malgré
cesdifficultés,
desexpé-
riences de
sylviculture de futaies régu-
lières
mélangées
ont étépoursuivies,
c’estsouvent dans
l’espoir d’obtenir, à densité
initialeégale,
desproductions supérieures
à celles des
peuplements purs.
Ils’agirait
là d’une des situations décrites dans les travaux de De Wit
(1960).
Enmatière
forestière et à notre
connaissance,
cetespoir
atoujours été déçu.
Pour
Perry (1986),
il n’estraisonnable d’escompter
ungain
substantiel que si lesgénotypes confrontés
sont suffisammentdifférents. Si
tel est le cas, onpeut
eneffet espérer qu’ils exploiteront
le milieu dans descompartiments
ou à despériodes
suf-fisamment différentes
pour qu’ils
seconcurrencent le moins
possible.
Indépendamment
del’aspect produc- tion,
la culture enpeuplement mélangé peut
de toutefaçon présenter
des avan-tages
surle plan phytosanitaire.
Il est clair que la
densité globale
dumélange peut
influencer lacompétition
entre
génotypes:
àl’extrême,
dans unpeuplement très lâche,
les individus ne sontpas
encompétition
etn’interagissent pas.
Ceci revient à direqu’il peut
existerune interaction
statistique
entre ladensité
et
l’interaction biologique. C’est probable-
ment
pour
cette raison que les 2types
d’interaction sont souvent
englobés
sousle terme
unique
d’«interactionsgénotype-
densité».
L’amalgame
entre les 2 notionspeut cependant
rendredélicate l’interprétation
de certains
résultats expérimentaux.
Panetsos
(1980)
étudie des clones depeupliers cultivés
en combinaison au sein d’undispositif clinal de Nelder, constitué
de cercles
concentriques.
Le facteur den-sité correspond
à l’écartement desplants,
de
plus
enplus grand quand
ons’éloigne
du centre du
dispositif (=
2 mà
6 m,pour
une hauteur
à
6 ans de 17 à 20m).
Le dis-positif
estsubdivisé
en 3 faisceaux de 7 rayons; sur chacundes
7rayons
est ins- tallé un clonedifférent.
Panetsos
(1980)
obtient unrésultat par-
ticulièrement intéressant età
peuprès unique
à notre connaissance: le clone leplus performant
àdensité
faible(vers l’extérieur)
n’estpas
lemême que
leplus performant à
fortedensité (vers le centre),
ce
qui
estinterprété
en terme d’interactionstatistique clone-densité.
Compte
tenu del’espacement
desarbres relativement à leur
taille,
onpeut
considérer que l’on n’a pas affaire à une
comparaison
entrepeuplements purs.
Ilexiste très probablement
une interactionbiologique (compétition interclones)
entreles clones situés sur des
rayons adja- cents,
interactionqui peut
varier selonl’espacement.
De cefait,
les résultatsobtenus ne
permettent
pas de tirer direc- tement des conclusions surl’opportunité
d’utiliser tel ou tel clone selon la densité de
plantation
pour unpeuplement pur;
faute de données en
peuplement pur,
on n’apas
la certitudequ’il
existe une inter-action
statistique clone-densité.
Pour les clonesconsidérés,
il estpossible qu’il
y ait à la fois les 2 formesd’interaction,
maispeut-être
aussi l’une des 2 seulement.Matériel
etMéthode
L’expérimentation
est située en forêt domanialed’Amance,
à 12 km au nord-est deNancy (com-
mune
d’Amance, Meurthe-et-Moselle).
L’altitudeavoisine 250 m, le terrain est à peu
près
hori-zontal. Le
climat,
à tendancecontinentale,
com-porte
encore des influencesocéaniques
mar-quées.
Lapluviométrie
annuelle moyenne est de 690 mm. Le sol est dutype
brun lessivé àpseudogley
sur marnesliasiques
recouvertes delimon;
il est assezprofond
et riche en baseséchangeables.
L’humus est un mullmésotrophe
à
eutrophe.
Lepeuplement d’origine
était untaillis-sous-futaie
(chêne
et charmeprincipale- ment).
Le
dispositif,
trèsoriginal,
a été conçu par Décourt(1970).
IIs’agit
d’uneparcelle
rectan-gulaire,
au sein delaquelle
sont cultivés enmélange
2génotypes d’épicéa
commun dansdes conditions de densité et de
mélange qui
varient
progressivement
et defaçon
continue(caractère clinal)
lelong
des côtés durectangle.
Mis à
part
les contraintes de densité et de taux demélange,
ladisposition
des arbres est tirée defaçon
aléatoire. Lemélange
est constitué de 2 descendances maternelles:- GANN 7,
(provenance
LaGanne, Auvergne, peuplement artificiel);
- MORZ 4,
(provenance Morzine, Préalpes
duNord, autochtone).
Ce
mélange
était apriori déséquilibré.
Laprovenance La Ganne est très
vigoureuse
ettrès
précoce;
ellepeut
convenir pour les sta- tions où lesgelées
tardives ne sont pastrop fréquentes.
La provenance Morzine est trèsprécoce
et peuvigoureuse
à moyenne et basse altitude du fait de sa haute altituded’origine (1
700-1 800m).
Le
dispositif comporte
une surfaceexpéri-
mentale de 30 x 60 m, la densité totale N varie de 200 à 10 000/ha
(génotype
A +génotype B)
dans le sens de la
longueur,
lepourcentage
deplants
detype
A varie de 0 à 100% dans lesens de la
largeur (fig. 1).
On ne note aucunehétérogénéité
stationnellesusceptible
d’interfé-rer avec les 2
gradients expérimentaux
ou des’y
superposer.Des zones de
protection
entourent la surfa-ce
d’expérience
sur unelargeur
de 10 m(5
mseulement du côté des fortes
densités).
Les 2zones
parallèles
auxgrands
côtés durectangle
central contiennent chacune un des
génotypes
en
plantation
pure, mais avec le mêmegradient
de densité que dans le
dispositif proprement
dit.La variation de la densité totale
(N/ha)
estproportionnelle
aux abscisses: N = 166,66 · X(Xen mètres, origine extérieure).
Le
pourcentage P A
desplants
dugénotype
A est
proportionnel
aux ordonnées:P A
= 3,33 · Y(Yen mètres).
N etP A
sont évidemment desgrandeurs théoriques.
La
plantation
a été faite en mai 1970. Lesplants
étaientâgés
de 4 ans(2 + 2).
Les entre-tiens ont été réalisés par
fauchage (1970, 1971)
et traitement
chimique (diquat
+paraquat, 1971, 1972, 1973).
Les
principales grandeurs
mesurées sont lacirconférence à
1,30
m et la hauteur totale. La variableprise
en considération ici, notéeC83,
est la circonférence à la fin de la saison de
végétation
de 1983. La hauteur au mêmeâge
n’a pu être utilisée pour cette étude car elle n’a pas été mesurée dans les
peuplements
purs et seulement pour 1 arbre sur 9 dans lepeuple-
ment
mélangé.
Les 2 descendances ont des croissances nettement différentes comme le montrent les moyennes calculées pour chacune
d’elles,
toutes densitées et tous
mélanges
confondus(tableau I).
On a étudié successivement les 2types
d’interaction cités en introduction.L’analy-
se
statistique
consiste en unecomparaison
desrégressions
C83 surN,
calculées pour chacun des 2génotypes
enplantation
pure(interaction statistique)
ou pour un mêmegénotype
mais àdifférents taux de
mélange (interaction
biolo-gique).
On teste leparallélisme
des courbes derégression puis,
siparallélisme
il y a, leur coïn- cidence encomparant
leurordonnée
àl’origine (Kozak 1970,
Décourt1971).
Indépendamment
des facteursexpérimen-
taux, il existe uneimportante
variabilité indivi- duelle, liée à larépartition spatiale irrégulière
etaussi à la variabilité initiale de la taille des
plants (H69,
hauteur à laplantation)
ou à leurhauteur en fin de crise de
transplantation (H72,
fin de la
période
où la croissance en hauteur estmédiocre).
La variabilitéspatiale
n’a pu êtreprise
encompte,
faute d’une mesure de densité localeperformante (Dreyfus, 1988).
Les hau-teurs à la
plantation
et en fin de crise de trans-plantation
sont liéespositivement
à C83(tableau II)
Pour
H69,
cette liaisonstatistique
estpartiel-
lement biaisée à cause d’une tendance
proba-
blement inconsciente à
utiliser,
lors de laplan- tation,
desplants
de taille moyenne un peusupérieure
pour les densités lesplus faibles;
or, celles-ci sontjustement
lesplus
favorables pour la croissance en circonférence. En outre, la crise detransplantation
a occasionné de nom-breux déclassements
individuels; parmi
lesdéclassements
importants
entre le rang de 1969 et le rang de 1983(correspondant,
parexemple,
à unchangement
de rang d’uneamplitude supérieure
à 10% del’effectif), plus
des 2 tiers se sont
produits
entre 1969 et 1972(données
nonpubliées).
Pour ces 2
raisons,
et bien que H72 soitdéjà
influencéenégativement
par la densité(R 2
= 0,060 pour 725 individus GANN 7; R2=
0,003
pour 701 individus MORZ4)
etqu’il
en résulteune
légère
sous-estimation de l’effet du gra- dient de densité surC83,
on apréféré
utiliserH72
plutôt
que H69 comme covariable de C83.La hauteur fin 1972
correspond
à un stade oùles effets incontrôlables de la crise de trans-
plantation
ontpratiquement
cessé dejouer;
moins d’un tiers des déclassements cités
pré-
cédemment ont eu lieu entre 1972 et 1983.
L’utilisation d’une covariable
permet
de réduire ladispersion
autour del’ajustement
deC83 à N. C83 a été
corrigé
àpartir
de larégres-
sion linéaire de C83 sur H72 calculée pour l’ensemble des individus de
chaque génotype:
- GANN 7
pour
C83
etH72
en cmϵ
i
= résidu
H72M = moyenne
arithmétique
de H72 pour tous les individus dugénotype
considéré.La circonférence C83
corrigée correspond
àune circonférence ramenée à hauteur H72
égale.
Pour lasuite,
C83corrigée
est notéeC83.
Peuplements purs ·
Interaction statis-tique
entregénotype
etdensité
totaleDu fait du caractère clinal du
gradient
demélange,
legénotype
GANN 7 pur et legénoty-
pe MORZ 4 pur ne sont
représentés
dans ledispositif proprement
dit que de manière théo-rique
et linéaire sur lesgrands
côtés du rec-tangle
central. Dans ledispositif proprement dit,
il n’existe pas de véritable
peuplement
pur.Pour comparer l’effet de la densité sur chacun des
génotypes
enpeuplement
pur, nous noussommes résolus à utiliser les zones de
protec-
tion. Comme celles-ci sont influencées par l’effet de
lisière,
les valeursindiquées (200
à10
000/ha)
surestiment les densités réellementéprouvées,
au moins pour les arbres de bordu- re; ceux-ci ont été conservés dans l’échantillon faute d’un critère satisfaisant pour les définir et les éliminer. L’étude concerne 286 individus GANN 7 et 292 individus MORZ 4.On note sans
surprise
une taille moyenne(C83)
nettementplus
élevée pour GANN 7 purque pour MORZ 4 pur et, pour les 2
génotypes,
une réduction très forte de C83
lorsque
la den-sité
augmente.
Pour savoir si cette réduction est semblable pour les 2 descendances ousi,
au contraire, il existe une interaction
statistique
entre le
génotype
et la densité dupeuplement,
on a
comparé
les 2 courbes C83= f(N).
Notons tout d’abord que pour les 2
peuple-
ments purs, la relation entre C83 et N est mieux
représentée
par un modèlequadratique
en N etN
2 que par un modèle linéaire ou
cubique.
Leséquations ci-dessous, correspondant
aux 3modèles
comparés
parl’analyse, permettent
d’illustrer le fonctionnement de cette dernière:-
premier
modèle: courbeunique
- deuxième modèle: 2 courbes non coïnci- dentes mais
parallèles
- troisième modèle: 2 courbes non coïncidentes
et non parallèles
Les test F
indiquent
que l’onpeut
considérer les 2 courbes comme étantparallèles
mais pas coïncidentes:Autrement
dit,
les 2génotypes
nepeuvent
pas être réduits àl’équation unique (1), mais
les 2 courbescorrespondant
auxéquations
dusystème (3) (fig. 2)
n’ont pas des directionssignificativement
différentes. Lesystème d’équations (2), intermédiaire,
eststatistique-
ment la meilleure
représentation
de l’influence de la densité sur la taille des arbres des 2génotypes
pour notre échantillon: les courbescorrespondant
à GANN 7 pur et à MORZ 4 pur sont considérées comme étantparallèles.
Pource
système d’équations,
l’écarttype
moyen résiduel est ramené à 5,5 cm.Le
parallélisme
des courbes sembleindiquer
que le facteur densité intervient de manière similaire sur la croissance en circonférence des deux
génotypes
enpeuplement
pur: sur lapériode
considérée(14
ansdepuis
laplanta- tion),
une mêmeaugmentation
de densité aprovoqué
uneperte
de croissanceéquivalente
en valeur absolue pour les 2
génotypes (en
valeur
relative,
laperte
est doncplus
forte pour MORZ4).
Toutefois, compte
tenu du «bruit de fond»important
introduit par laposition
aléatoire des arbres dans ledispositif,
on nepeut
pas consi- dérerqu’il
n’existe pas d’interactionstatistique;
on
peut simplement
affirmer que si elle existe,elle est
d’importance trop
limitée pour être décelable dans cetteexpérimentation.
Peuplements mélangés ·
Interactionbiologique · Compétition intergénoty- pique
Approche descriptive
Cette
fois,
l’étudeporte
sur ledispositif complet.
La situation observée est décrite à la
figure
3.Bien que la densité et le
mélange
varient defaçon continue,
les tendances observées nepeuvent
être traduites directement sous la forme d’une surface deréponse
à cause de lagrande
variabilité des conditions de croissance pour une densitéthéorique
donnée. Les taillesmoyennes
(C83)
sontreprésentées
defaçon simplifiée
à lafigure
4 pour 5 tranches de den- sité définiesarbitrairement,
enpeuplement
pur et dans 3 situations demélange:
-
«67-100%», mélange
contenant au moins 2/3de
plants
dugénotype
considéré(le peuple-
ment pur est
exclu);
- «33-67%»,
mélange
contenant entre 1/3 et 2/3 deplants
dugénotype considéré;
- «0-33%», mélange
contenant moins d’1/3 deplants
dugénotype
considéré(le peuplement
pur de l’autre
génotype
est évidemmentexclu).
Schématiquement,
on constate, d’unepart qu’à
densité totaleégale,
les arbres dugénoty-
pe
vigoureux (GANN 7)
ont moins bienpoussé
en
peuplement
purqu’en mélange
avec lesarbres du
génotype
peuvigoureux (MORZ 4),
et d’autre
part,
que ces derniers ont mieuxpoussé
enpeuplement
pur que confrontés augénotype vigoureux.
Cecicorrespond
à uneinteraction de
compétition
entre les 2géno- types.
Pour une densité
donnée,
la croissance d’unarbre, quel
que soit songénotype,
a étéd’autant meilleure
qu’il
se trouvait dans unepartie
dudispositif
où laproportion
de MORZ 4était
plus
forte(et
donc laproportion
de GANN7
plus réduite).
MORZ 4possède
par consé-quent
unpouvoir
concurrentielplus
faible que celui de GANN7,
cequi
concorde avec lescaractéristiques
devigueur
des 2génotypes.
Analyse statistique
On compare pour un
génotype
donné lescourbes de
régression
de C83 sur N correspon- dant aupeuplement
pur et aux 3 situations demélange
citées.En
premier lieu,
on a cherché à savoir si la relation entre C83 et N était linéaire en N oucurvilinéaire en
N,
N2.Lorsque
legénotype
estpur ou
représente plus
des 2/3 dumélange,
lameilleure
régression
est celle en N et N2. Lors-qu’il représente
moins d’un tiers ou entre untiers et deux tiers du
mélange,
le modèle en N et N2n’est pas meilleur que le modèle linéaire.Mais la taille des échantillons dont on
dispose
est considérablement
plus
faible pour les 2 der- niers cas que pour legénotype
pur ourepré-
sentant
plus
des 2/3 dumélange (tableau III).
Ilest fort
probable qu’un
effectifplus important
aurait
permis
de conclure à une allure curvili- néaire. Partant de cettehypothèse,
et par soucid’homogénéité,
nous avonsadopté
le modèlecurvilinéaire en N et N2 pour les 4 situations
(peuplement
pur et 3 taux demélange).
Ces 4 situations sont
comparées
2 à 2, et on teste leparallélisme
et la coïncidence des courbescorrespondantes
afin de savoir si la confrontation avec l’autregénotype
influenceseulement la taille moyenne ou si elle influence
également
lafaçon
dont la densité totaleagit
sur la circonférence 1983. Les courbes corres-
pondant
aux 4 situations sontreprésentées
à lafigure
5 pour MORZ 4 et pour GANN 7 avec les intervalles de confiance pour les valeurspré-
dites moyennes au seuil de
probabilité
P = 0,95; certaines courbes débutent à une densitéun peu
supérieure
à 200/ha parce que l’échan- tilloncorrespondant
ne contient pas d’arbresplus proches
de 200/ha. Les résultats des testsstatistiques
sont donnés tableaux IV et V. Danschaque
case,qui correspond
à lacomparaison
de 2
courbes, figurent
l’effectifconcerné,
le test F et le seuil deprobabilité
pour leparallélisme (Fp, Pp)
et éventuellement pour la coïncidence(Fc, Pc).
Dans le cas de MORZ 4, même si les courbes
correspondant
auxmélanges
n’ont pas toutes des alluressignificativement
différentes(cas
de «0-33%» et «33-67%», de «33-67%» et de«67-100%»),
aucune n’estparallèle
à lacourbe
correspondant
aupeuplement
pur. Pour cegénotype,
il existe donc une interaction sta-tistique
entre lacompétition
avec GANN 7 et ladensité du
mélange.
Pour GANN 7, en
revanche, l’analyse
nedétecte pas de différence
significative
en cequi
concerne la forme des courbes. Il semble néan- moins que les diverses situations se
distinguent
à la fois par des différences de taille moyenne et par la
rapidité
de la décroissance de C83 enfonction de la densité: la concurrence se ferait sentir
plus rapidement
enpeuplement
purqu’en mélange
àprépondérance
de MORZ 4. Lavariabilité des conditions de croissance liée au
caractère aléatoire du
dispositif
masqueproba-
blement en
partie
les différences d’allure entre les courbes, différencesqui,
de cefait,
ne sontpas détectées par
l’analyse.
Deplus,
les troismélanges
sont définis par des fourchettes etnon par un taux
précis
d’où une variabilité des conditions au sein même d’unéchantillon,
variabilitéqui
nuit à la distinction desmélanges.
Il est intéressant d’examiner
plus
en détail lecomportement
des deuxgénotypes:
-
a)
aux faiblesdensités,
les courbes sontproches
les unes des autres pour GANN 7 et nettementéloignées
pour MORZ 4. A ces den-sités,
GANN 7profite
donc peu de la confronta- tion avec ungénotype
moinsvigoureux.
Auxtrès
grands espacements,
lacompétition
estfaible de toute
façon;
elle influence peu la crois-sance de GANN 7. Par contre, pour MORZ 4, le
mélange correspond
auremplacement
d’arbrespeu
vigoureux
par descompétiteurs beaucoup plus «agressifs»,
et lacompétition intergénoty- pique
se fait sentir dès les faiblesdensités;
-
b) lorsque
la densitéaugmente,
l’influence de lacompétition intergénotypique
s’accentue pour GANN 7 et s’atténue un peu pour MORZ 4.Pour GANN 7, le
remplacement
d’individus du mêmegénotype
par des concurrents moinsvigoureux
est d’autantplus profitable
que lapression globale
de concurrence s’accentue.Pour MORZ 4, à forte
densité,
la taille est très réduitequel
que soit le taux demélange.
Laconfrontation avec GANN 7 reste très défavo- rable mais, en valeur absolue les différences sont moins
importantes qu’à
faibledensité;
-
c)
la remontée de certaines courbes pour des densités voisines de 10 000/hacorrespond
pro-bablement
à un effet de lisière. La zone de pro- tection à l’extrémité laplus
dense dudispositif
n’a que 5 m de
largeur
pour une hauteur moyen-ne en 1983 de
4,0
m pour MORZ 4 et de7,4
m pour GANN 7 dans la tranche de densité 7 500- 10 000; elle ne suffitapparemment
pas à absor- ber l’effet favorable en bordure dupeuplement;
-
d)
pour GANN 7, les courbes«peuplement
pur» et «67%-100%» sont très
voisines,
aumoins
jusqu’à
une densité totale de 6 000/ha.Ceci
peut
résulter del’emploi
de la zone de pro- tection en tant quepeuplement
pur: l’effet delisière provoque
probablement
une remontéede la courbe
«peuplement
pur», cequi
tend à larapprocher
de la courbe «67%-100%». Peut- être cecisignifie-t-il
aussi que la tension decompétition
se relâche peulorsque
lerempla-
cement par des individus moins
vigoureux
neporte
que sur une faiblepartie
de l’effectiftotal,
mais ce n’estqu’une hypothèse;
-
e)
en cequi
concerne MORZ4,
on constate que la concavité de la courbe «0%-33%» est inversée. Enfait,
comme on l’asignalé plus haut,
l’effectif de l’échantilloncorrespondant
esttrès faible et cette courbe
correspondant
à latranche 33-67%.
L’analyse
ne détecte d’ailleurs pas de différencesignificative
d’allure entre ces2 courbes.
Nature et
importance
de l’interactionbiologique
On
peut
conclure à une influence nette des pro-portions
dumélange
sur la croissance des 2 descendances maternelles pour une densité donnée(interaction biologique,
oucompétition intergénotypique)
et à une influenceprobable
du
mélange
sur la réaction au facteur densité(interaction statistique
entre densité etcompéti-
tion
intergénotypique),
mêmesi,
pour GANN 7, cette dernière interaction n’est passtatistique-
ment
significative
dans cetteexpérience.
Pour
préciser
la nature de cesinteractions,
on a refait les
analyses
enprenant
commevariable
explicatrice,
nonplus
la densitétotale,
mais la densité du seulgénotype
concerné(fig.
6).
La densité d’ungénotype
varierespective-
ment de ≈ 50 à 2 355, de 100 à 5 000 et de ≈
150 à 7 355 selon
qu’il représente
moins de1/3,
1/3 à 2/3 ou 2/3 à 100% dumélange,
etévidemment de 200 à 10 000 pour le
peuple-
ment pur. Les intervalles de confiance de la moyenne au seuil de
probabilité
P = 0,95 sontreprésentés;
les résultats des testsstatistiques
sont donnés dans les tableaux VI et VII.
L’examen des 4 courbes
correspondant
à ladescendance GANN 7 montre que MORZ 4
exerce
malgré
tout à sonégard
une actionconcurrentielle: à l’inverse du faisceau des courbes tracées en fonction de la densité totale
(fig. 5),
les courbes lesplus
hautes correspon- dent ici auxpeuplements
où GANN 7 est lemieux
représenté.
Bien que les tests deparallé-
lisme et de coïncidence des courbes ne revè- lent pas de différence
significative,
il est indis-cutable que GANN 7 ne
profite
pas réellement de laprésence
de MORZ 4. Pour un nombrefixe d’individus du
génotype
GANN 7,l’ajout
d’individus MORZ 4
(en
l’occurrence, un com-plément
à concurrence de la densitétotale) paraît pénaliser
la croissance individuelle moyenne de GANN 7.Il
s’agit
parconséquent
d’une interactioncompétitive classique,
c’est-à-dire d’uneconcurrence. La
plus
forte croissance des indi- vidus GANN 7 situés dans unepartie
à domi-nance de MORZ 4 n’est due
qu’à
la faiblesse de la concurrence exercée par MORZ 4 et non pas à unphénomène
decoopération.
En cequi
concerne MORZ 4, le faisceau de courbes ne
fait que confirmer la sensibilité de cette prove-
nance à la concurrence exercée par GANN 7:
les 4 courbes sont considérablement
plus
écar-tées que pour ce dernier.
On a tenté
d’apprécier l’impact
de lacompé-
tition
intergénotypique
sur laproduction
en sur-face terrière au niveau du
peuplement.
Lesrégressions
C83 = f(N)
réaliséesprécédem-
ment
permettent
decalculer,
en fonction de ladensité,
une estimationsimple
de la surface ter- rière de 5peuplements
fictifscorrespondant
aux 2
plantations
pures(de
GANN 7 et deMORZ
4)
et à 3plantations mélangées
oùGANN 7
représenterait
15, 50 et 85% de l’effec- tif et MORZ 4 lecomplément
à 100%.Les courbes sont
présentées
pour des den- sités de 200/ha à 7 000/ha(fig. 7); au-delà,
lesestimations deviennent
trop
incertaines car les effets de lisière constatés à l’extrémité des courbes C83 = f(N)
sontamplifiés
par le cumul des valeurs individuelles. Ilapparaît qu’aucun mélange
n’estsupérieur
aupeuplement
pur de GANN 7. Du fait de la structureparticulière
dudispositif
dont leséquations
sonttirées,
il nefaut pas voir dans ce résultat
plus qu’une
ten- dance conforme à cellessignalées
dans la litté- rature etqui
mériterait d’être confirmée dans despeuplements
engrandeur réelle,
de densitéet de
composition homogènes.
DISCUSSION
L’étude de ce
dispositif
trèsoriginal
susci-te
quelques
réflexions sur leplan métho- dologique.
Dans toutdispositif
destiné àl’étude de ces
phénomènes,
il serait inté- ressant d’avoir uneplus
fortereprésenta-
tion des densités
auxquelles
sont cultivésles
peuplements
dans lapratique (<
1100-3 300/ha). Sans réduire forcé-
ment la fourchette des densitésexpéri-
mentées
ici,
et enpartant
du schémaexpérimental élaboré par Décourt (1970),
ceci
pourrait
être obtenu enadoptant
uneffectif constant
pour chaque densité, grâce à
une variation nonlinéaire
de ladensité le
long
de laparcelle.
Enoutre,
ilparaît indispensable
dedisposer
depeu- plements purs permettant
unecomparai-
son tout à fait
rigoureuse
avec lesmélanges.
La distribution aléatoire des arbres est à
l’origine
d’une forte variabilité des condi- tions de croissance. Si elleprésente par
ailleurs certainsavantages (Décourt, 1970),
cette variabilité rend difficile ladétermination
de la relation entre la densi- té et lacroissance,
alors que cettedéter-
mination est assez facile dans undispositif
clinal
régulier,
parexemple
detype
Nelder(IIIy, Lemoine, 1970; Décourt, Lemoine, 1974; Panetsos, 1980; Lemoine, 1980).
En
théorie, le
recoursà
unecaractérisa-
tion de ladensité
localepermet
depallier
cet
inconvénient
mais on nedispose
pas, à l’heureactuelle,
de mesures dedensité
locale suffisamment
efficaces,
ni de connaissancesbiologiques (en particulier
concernant la
compétition racinaire) per-
mettant d’enélaborer
une(Dreyfus, 1988).
Un
dispositif
dumême type
mais non aléa-toire
pour
ladensité serait
sansdoute pré-
férable pour cette
analyse:
parexemple,
une
plantation régulière
dontl’espacement
varierait de
façon clinale,
lemélange pou-
vant resterdistribué de façon clinale
etaléatoire.
En
expérimentation,
on agénéralement
intérêt à maîtriser le mieux
possible
lessources
de variabilité.
L’utilisation de clones dans lesdispositifs expérimentaux permettrait
de réduire fortement la variabi- litéintragénotypique.
Elle contribuerait en outreà
combler le manque de connais-sances
sylvicoles pour
les clonesconsidé-
rés.La
sylviculture
intensive modernes’oriente en effet de
plus
enplus
vers l’uti-lisation d’un matériel très
sélectionné,
ycompris
les clones. Pour limiter lesrisques liés à
lafragilité sanitaire
despeuplements monoclonaux,
il estenvisagé,
soit de créer despeuplements
multiclonaux(les
clonesd’épicéa
commun commercialisés actuel- lement ne le sontque
sous forme demélanges
deplusieurs
centaines declones),
soit dejuxtaposer
despetites
par- celles monoclonales etd’organiser
unerotation des clones à
chaque
renouvelle- ment.Bien
qu’il
n’aitpas bénéficié
d’un maté- riel aussifinement sélectionné,
nondispo-
nible
pour l’épicéa à l’époque de
sa miseen
place,
ledispositif expérimental que
nous avons étudié a
permis
de montrerque
peuplements
pur etmélangés
peu- ventcorrespondre,
pour ungénotype donné, à
deslois de croissance diffé-
rentes etprobablement
à des tests desélection différents.
L’existence
oul’absence
d’interactionstatistique génoty- pe-densité
estimportante dans
lapers- pective
d’unesylviculture
depeuplements
monoclonaux. La
compétition intergénoty- pique
et soninteraction
avec la densitédoivent, quant à elles, être prises
encompte dans
la sélection degénotypes
destinés
à
desplantations
multiclonales.L’absence d’interaction
statistique
décelable
entre legénotype
et ladensité
pour la croissance en circonférence va
dans
le même sensque
lesrésultats
obte- nus par Birot(1972)
pourdes
semis deDouglas
enpépinière.
Si cette situation seconfirmait
pourd’autres génotypes,
y com-pris
desclones,
dans desdispositifs
mieuxadaptés
que celuiétudié ici,
celapermet-
traitd’obtenir rapidement
des courbes de croissanceapplicables pour
lesgénotypes
nouvellement
sélectionnés.
Dans une telleoptique,
il seraitnécessaire
derechercher
aussi desinteractions éventuelles pour
d’autrescaractères,
enparticulier
la crois-sance en
hauteur.
Le maintien de la
supériorité
d’un desgénotypes
surl’autre, quelles
que soient les conditions demélange
et dedensité,
confirme les conclusions de
Campbell
etWilson (1973). Même
si ellecorrespond
àun
déséquilibre
connu apriori,
la fortecompétition intergénotypique
observée ici illustre les difficultésinhérentes
à la cultu-re de
peuplements mélangés.
Pour lesdescendances
maternellesétudiées,
lacroissance des
peuplements mélangés
neparaît pas pouvoir atteindre,
ni a fortioridépasser,
celle dupeuplement pur
dugénotype
leplus vigoureux.
CONCLUSION
Les
phénomènes
mis en évidence sont enconcordance avec ceux couramment
observés
en matière forestière:- en
peuplement pur,
ladensité
influence defaçon
assez semblable la croissance degénotypes apparentés,
même s’ils sont devigueurs différentes;
-
l’aptitude à
lacompétition intergénoty- pique paraît être
liée très étroitement à lavigueur.
Il faut
cependant remarquer que
lesgénotypes étudiés
sont encore relative-ment variables et que les rares observa- tions en contradiction avec les constats
indiqués
ci-dessus ontété réalisées
surdes clones de
peupliers (Delvaux, 1967;
Panetsos, 1980).
Des clones sont mainte- nantdisponibles pour
des essencesfores-
tières deplus
enplus
nombreuses et onpeut imaginer qu’avec
cetype
de matérielvégétal,
onpourra
mettre enévidence
expérimentalement
des interactions donton
pourrait alors
tirerparti
sur leplan pra- tique.
REMERCIEMENTS
Je remercie F