LES RÉGULATIONS THERMIQUES
DANS LA RUCHE EN ÉTÉ
Y. LENSKY
Université
hébraïque
deJérusalem,
Faculté
d’Agriculture,
Rehovot(Israël)
SOMMAIRE
L’auteur a étudié au moyen de
thermocouples
le microclimat de la ruche exposée auxconditions
subtropicales
de l’été israélien. Il tire de ce travail des conclusions quant à lapossi-
bilité de protéger efficacement les ruches contre le soleil par un revêtement convenable. Il met en évidence les conséquences fâcheuses pour la récolte de miel d’un effort
exagéré
de thermorégu-lation demandé aux abeilles. Il expose un
procédé d’approvisionnement
continu en eau des ruchesqui
assure uneaugmentation
de la ponte de la reine.INTRODUCTION
Le nid des Insectes sociaux
présente,
d’unefaçon
trèsgénérale,
desphéno-
mènes de
régulation
des facteursclimatologiques qui
sont renduspossibles
par la division du travail au sein de la colonie. Les conditionsoptimales
detempérature
et
d’hygrométrie qui règnent
dans le nidpermettent
undéveloppement
larvaireplus rapide
que chez les Insectessolitaires, lesquels
sont directement soumis à l’in- fluence du milieu ambiant. Onpeut
donc considérerqu’il
y a, de cepoint
de vue,supériorité
des insectes sociaux(ALLEE
etal., 195 0).
Chez l’Abeille
(Apis melli fcca, L)
latempérature
du nid à couvain est relati-vement très stable et
indépendante
de latempérature
extérieure(R IBBANDS , I953)!
Il existe donc une
régulation thermique, laquelle
n’aguère
étéétudiée,
aussi bienen
Europe qu’en Amérique,
que dans le sens d’une lutte contre les bassestempé-
ratures
extérieures ;
les réactions àl’égard
d’une chaleur excessive sont moins connuesOr,
lesproblèmes posés
par larégulation thermique
chez les Abeilles en pays froidou
tempéré
sont tout à fait différents de ceuxqui
seposent
dans les pays subtro-picaux.
Dans lespremiers,
l’activité des ouvrières et laponte
de la reine cessent souventcomplètement pendant
l’hiver. Dans lesseconds,
iln’y
a pasd’hivernage
(B ODENH E IM E
R
etal., 1937 )
et leproblème
essentiel pour les abeilles est celui de la climatisation du nidpendant
les fortes chaleurs de l’été.C’est
pourquoi,
dans laprésente étude,
nous avonsétudié,
dans des conditionsnaturelles,
lecomportement
des abeilles au cours de l’été israélien. Nous avonsexaminé l’influence du
régime thermique
sur lathermorégulation
et sur la récolte du miel. Nous avonségalement
étudié l’action d’unapport
artificiel d’eau(sous
forme
d’aspersion)
sur laponte
de la reine. Nous avons tenucompte
pour réaliserce travail des remarques de WELLINGTON
( y 57 ) qui
insiste surl’importance
desfacteurs du milieu dans les études sur le
comportement
des Insectes.Le travail que nous
présentons
vient encomplément
de deux étudesprécédentes.
La
première (L ENSKY , 19 6 4 )
concerne lacapacité
des colonies d’abeilles de stabi- liser latempérature
du nid à couvainpendant
les très fortes chaleurs. La seconde(LE N S KY
, 195 8)
serapporte
au microclimat de la ruche vide.Rappelons
brièvementque nous avons montré que le maximum de
température enregistré
à l’intérieur de ruches nonpeuplées
varie en fonction du revêtement et en fonction de la nature de sol surlequel
ellesreposent.
Lestempératures
lesplus
basses ont étéenregistrées
dans les ruches recouvertes d’un
badigeon
à la chaux( 37° 8 C)
ouprotégées
par l’ombre(32,3! C).
Les ruches recouvertes d’unepeinture
à l’aluminium ou d’unepeinture
bleues’échauffent
davantage (respectivement
50,0! C et48,8! C).
Les ruchesposées
sur unepelouse
verte s’échauffent moins.MATÉRIEL
ETMÉTHODES
Dans les
expériences
décritesci-après,
nous avons utilisé uniformément des ruches rie typeLangstroth-Root peuplées
d’abeilles de race italienne(Apis uellifica
var.li!·ustica).
Les mesures de
températures
ont été effectuées à l’intérieur des ruches au moyen de thermo-couples
cuivre-constantan de 180 mm de longueur, reliés à unpotentiomètre
« Skin températuremeter » de la
Cambridge
Instruments. Tous les essais ont été effectués en Israël, soit à Rehovot.soit à Yad-Mordecaï.
RÉSULTATS
A. EFFICACITÉ DE LA RÉGULATION THERMIQUE CHEZ LES ABEILLES DANS LES CONDITIONS NATURELLES
Les
expériences
dontl’exposé
va suivre ont été réalisées en octobre195 8.
Ellesnous ont
permis
d’étudier larégulation thermique
des colonies d’abeilles dans diffé- rentes conditions detempérature
et lecomportement
des ouvrières assurant cetterégulation.
Les mesures de
température
ont été faites dans des ruches depopulation
sem-blable couvrant 20
cadres,
maisplacées
dans des conditions différentes dupoint
de vue de la
protection
contre l’échauffement. Une ruche était enduite d’unepein-
ture à
l’aluminium,
sauf le toitqui
est resté en zinc brut. Une seconde ruche étaitbadigeonnée
entièrement au moyen de lait de chaux. Une troisième étaitprotégée
par un abri artificiel constitué par un
parasol
soutenu parquatre piquets.
Cet abrine fournissait de l’ombre que
pendant
lapériode
où le soleil est trèshaut ;
le matinet
l’après-midi
lesparois
de la ruche recevaient les rayonsobliques.
La
température
au soleil et à l’ombre ainsi que la vitesse du vent ont été enre-gistrées
au rucherpendant
toute la durée desexpériences (fig. r).
I!atempérature
au soleil a été obtenue par un
thermocouple placé
dans unglobe
noirci(LE NSKY , 19
63).
Les
température
à l’intérieur des ruches a été établie au moyen de thermo-couples
installés auxpoints
suivants(fig. 2 ) :
i)
Au milieu d’un rayon demiel,
dansl’espace compris
entre les rayons 9et 10, du côté de laparoi
nord.2
)
En haut d’un rayon, dansl’espace compris
entre les rayons 8 et 9.3
)
Au centre du nid àcouvain,
dansl’espace compris
entre les rayons 7 et 8 et à l’intérieur d’une cellule contenant une larveâgée
de 3jours.
4
)
Au centre du passage entre le rayon i et laparoi
sud.5
)
Au-dessous du rayon 5, à 3 cm au-dessus duplancher
et à 5 cm du trou de vol.6)
Dans lahausse,
entre le haut du cadre 5 et laplanchette
couvre-cadre.7
)
Dans une alvéole à miel du rayon 2, à côté de laparoi
sud de la ruche.Les variations
thermiques
moyennes en cessept points
de mesure et dans lestrois ruches sont
représentées graphiquement
sur lafigure
n° 3. On constate que les variations sont du même ordre dans la ruche abritée et dans la ruche blanchie àla chaux. Par contre, elles sont
plus
élevées dans la ruchepeinte
à lapeinture
àl’aluminium.
,&dquo;oyons
maintenant comment se sont faites les variations detempérature
auxdifférents
points
de mesure et en fonction du mode deprotection.
Point n° 1
(fig. 4 ).
Le maximum detempérature enregistré
est de37 , 9 °
C dans la ruchepeinte
à l’aluminium contre35 ,6°
C seulement dans la ruchepeinte
à lachaux.
Point n°
2 (fig. 5 ).
En cepoint
les variations detempérature
sont trèsimpor-
tantes.
Rappelons
que latempérature
estprise
en dehors du couvain.Point n°
3 (fig. 6).
On remarque laplus grande
stabilité destempératures,
enrapport
avec laprésence
de couvain.Point n° 4
(fig. 7 ).
On note des différencesremarquables
en fonction de la nature de laprotection.
La ruchepeinte
à l’aluminium atteint un maximum de42 0 C
contre33
, 3
°
C pour la ruche blanchie à la chaux.Point n°
5 (fig. 8).
Latempérature
laplus
élevée a été mesurée dans la ruchepeinte
à l’aluminium( 43 , 7 ° C)
et laplus
basse dans la ruche à l’ombrePoint nO 6
(fig. g).
Dans la ruchepeinte
à l’aluminium latempérature
adépassé
de ZOO celle des autres ruches. Cette différence considérable est due à la radiation solaire
atteignant
directement letoit, lequel
n’a reçu aucuneprotection.
Point nO 7
(fig. io).
La sonde se trouvait dans une cellule à miel etexposée
au sud. Dans la ruche à
l’ombre,
l’influence des rayonsobliques
est évidente mais c’est encore la ruchepeinte
à l’aluminiumqui présente
leplus
fort maximum.L’activité thermorégulatrice
des abeilles a été examinéeparallèlement
aux varia-tions de la
température
à l’intérieur des ruches. Nous avons observé d’unepart
l’activité des ventileuses et d’autrepart
celle des collectrices d’eau.Activité des ventileuses.
L’activité des ventileuses a été déterminée heure par heure. La
qualité
de ven-tileuse a été établie en se basant sur la définition
d’H AZ E LHOFF ,
1954. La courbe de l’activitéjournalière
des ventileuses estreprésentée
à lafigure
m. Les valeurs sontexprimées
en «moving
averagen (AxxiN
etC OLTON , 1955 )
et calculéesd’après
les données absolues.
Les tendances de l’activité des ventileuses sont semblables dans les trois ruches mais leur niveau diffère selon la
protection.
La ruchepeinte
à l’aluminium se dis-tingue
par une très forte activité. Dans la ruche àl’ombre,
une montée de l’activité estenregistrée jusqu’à
12h ;
il y a ensuite unpalier jusqu’à
15 h. Entre 12 et 15h,
laprotection
offerte par l’abri est à son maximum. Dans la ruchepeinte
à lachaux,
le niveau d’activité est le
plus
bas.Activité des collectrices d’eau.
L’activité
journalière
des collectrices d’eau a été établie par examen dujabot
d’échantillons de 50 abeilles butineuses
capturées
au trou de vol au moment de leuratterrissage
au moyen d’unaspirateur.
Les abeillescaptives, transportées
aussitôtau laboratoire ont été
légèrement pressées
entre deuxobjets
defaçon
à obtenir larégurgitation
d’unegouttelette
deliquide (P ARK , r 93 2).
Celui-ci étantdéposé
entreles
prismes
d’un réfractomètreABBÉ,
nous en déterminions immédiatement la teneuren sucres. Nous avons considéré comme collectrice d’eau toute abeille dont le
jabot
contenait un
liquide
renfermant moins de 10°,ô
de sucre. Les autres étaient consi- dérées comme butineuses de nectar.L’activité des collectrices d’eau est
représentée
sur lafigure
12 en p. 100 du nombre d’abeilles de l’échantillonprélevé.
On constate que l’activité a étébeaucoup plus grande
dans la ruchepeinte
à l’aluminium etpendant
les heures lesplus
chaudesque dans les autres ruches.
L’apport
d’eau dans la ruchebadigeonnée
à la chauxa commencé tôt le
matin,
aprogressé pendant
le midi et s’estpoursuivi jusqu’au
soir. Il convient de noter que cette colonie
possédait plus
de couvain ouvert que les deux autres. L’activité des collectrices d’eau dans la matinée est sans doute enrapport
avec les besoins du couvainjeune.
Pendant les heures chaudes l’eau néces- saire à larégulation thermique
accroît les besoins. Dans la rucheabritée,
on noteune chute de
l’approvisionnement
en eauqui correspond
bien à lapériode
de pro- tection maximum contre lerayonnement.
Si,
au lieu de ne tenircompte
que des collectricesd’eau,
on établit des courbesexprimant
lepourcentage
des abeilles dont lejabot
estchargé
deliquide, qu’il s’agisse
d’eau ou de nectar, on obtient legraphique représenté
à lafigure
13. Lesfigures
12 et r3 sont donccomplémentaires.
On constate que pour toutes lesruches,
il y a une forte activité matinale en ce
qui
concerne la récolte du nectar ; en effet les collectrices d’eau sont peu nombreuses à ce moment. Alors que pour la ruchepeinte
à la chaux et pour la ruche àl’ombre,
lepourcentage
des abeilles dont lejabot
contient du
liquide
ne cesse de baisserpendant
lapériode
laplus
chaude. il remonte pour la ruchepeinte
à l’aluminium. Cephénomène
traduit bien lesapports
d’eauimportants
mis en évidence sur lafigure
12etqui correspondent
à une intense activitéthermorégulatrice.
Relation entre la
température
du nid à couvain et l’activitéthermorégulatrice
des abeilles.Cette relation est la
plus significative
dans la ruchepeinte
à l’aluminiumqui
a été soumise à des
températures plus
fortes que les deux autres ruches. Si nouspartons
sur un mêmegraphique (fig. i 4 ),
latempérature
du nid à couvain(point
de mesure n°
3 ),
le nombre des ventileuses et le nombre des collectrices d’eau enre-gistrés
dans la ruchepeinte
àl’aluminium,
nous constatonsqu’il
existe une corré-lation très nette entre les trois
phénomènes.
Activité des butineuses aux sources d’eau et de nectar.
Afin de contrôler par des observations à l’extérieur celles que nous faisons dans les ruches ou à leur
entrée,
nous avonsprocédé
à des dénombrements d’abeillessur une source de nectar
importante,
les fleurs de SalviaLeucophylla,
et au bordd’un bassin d’eau douce. Dans ce dernier cas, nous
comptions
les ouvrières sur unelongueur
de i mètre delong
du bassin enquestion.
I,a
figure
15représente
l’activité des butineuses sur les deux sourcesexprimée
en
pourcentage
de l’activité totale pour lajournée.
On remarque que les visitesaux fleurs de Salvia ont lieu surtout le matin et que le maximum est atteint à
m heures. La. récolte de l’eau est nettement décalée par
rapport
à celle du nectaret elle n’atteint son maximum
qu’à
14 heures. Cepic correspond
au maximum del’activité
thermorégulatrice
des abeilles telqu’il
est mis en évidence sur lesfigures
m Iet 12. Bien
entendu,
les observations faites à l’extérieur constituent une moyenne de toutes les ruches enexpérience placées
dans des conditionsthermiques
fort diffé- rentes.B. - L,FI,UENCE D’UN APPPORT D’EAU DANS LES RUCHES SUR LA PONTE DE LA REINE
Sur les conseils du Pr R.
CH.!uvrn-,
nous avons effectué un certain nombred’expériences
sur l’influencepossible
d’unapport
artificiel d’eau dans la ruche sur laponte
de la reine. Les essais ont été réalisés au cours duprintemps
et de l’étéI9 6i
sur io ruches
Langstroth-Rooth peintes
en blanc. Toutes les colonies avaient des reinesâgées
d’un an. Afin d’éviter touteperturbation
de laponte
desreines,
nous n’avonspas utilisé de
grilles
à reines et nous n’avonsprocédé
à aucune extraction de miel.L’opération
a débuté à Rehovoth auprintemps,
au moment de la miellée desAgrumes.
Ensuite,
les ruches ont ététransportées
en mai àBeit-Dagan
pour yprofiter
d’unemiellée de Trèfle et
d’Eucalyptus.
Les mesures de couvain ont été faites selon laméthode décrite par F’x!s!ny! et LENSKY
( 19 6 1 ).
Chaque
ruche mise enexpérience
étaitéquipée
dudispositif
de distribution d’eaureprésenté
à lafigure
16. Laplanchette
couvre-cadre estremplacée
par une toile insérée dans un cadre de bois( 2 ).
Une moitié de la toile est recouverte parune étoffe de laine
( 3 )
tandis que l’autre moitié est laissée libre pourpermettre
leséchanges
d’air entre l’intérieur de la ruche et l’extérieur. Le toit de la ruche(i)
est maintenu à 5 cm au-dessus du couvre-cadre au moyen de
quatre petites
cales.Par cet espace, on fait arriver un tube
capillaire qui
déversegoutte
àgoutte
sur l’étoffe de laine l’eau d’un réservoirplacé
sur le toit. Le débit est de i ooo à i 300 ml par 2 ! heures.On a
comparé
l’étendue du couvain dans les ruches traitées comme il vient d’être décrit et dans les ruches témoins(fig. 17 ).
L’alluregénérale
des courbes est la même. Laponte présente
un maximum en avril avec lesapports
de nectar prove-nant des agrumes. La fin de la miellée est
marquée
par unerégression
de laponte.
Un second maximum est
enregistré
enjuin
au moment de la floraison des Trèfleset des
Eucalyptus. L’influence
favorable del’apport
artificiel d’eau aux colonies est évidentependant
toute la durée del’expérience
àl’exception
du 8 maiig6i.
L’analyse
de la variance(S!r!D!coR, ig 5 g )
des résultats montre que la diffé-rence entre ruches traitées et ruches témoins est
significative
au niveau de 5 p. 100(tabl. I ).
Les différences entre les dates sontsignificatives
à I p. 100et l’interaction entre les traitements et les dates n’est passignificative
à 5 p. 100.Il ressort de ces résultats que les différences entre les surfaces de couvain des deux traitements ont
augmenté graduellement
avec latempérature
ambiante(fig. I 8) malgré
une tendance commune aux deux groupes de colonie à réduire l’étendue de laponte
en fonction du manque de nectar.C. - INFLUENCE DU RÉGIME THERMIQUE DES RUCHES SUR LA RÉCOLTE DE MIEL
Dans les
expériences
dont ladescription
vasuivre,
nous avons étudié l’influence du revêtement des ruches sur leurcapacité
deproduction
du miel. Onsait,
eneffet,
à la suite des
expériences précédemment exposées
que la nature du revêtementprotecteur
des ruches influe considérablement sur leurrégime thermique
interne etsur les nécessités de
régulation
par les ouvrières. Il était donc normal de rechercher si cette influence a desrépercussions jusqu’au
niveau de laproduction
du miel.On a examiné
également
l’incidence éventuelle sur laponte
de la reinepuisque
lesdeux
facteurs,
taux deponte
etproduction
dumiel,
sont liés ainsi que l’a montré FARRAR
( 1937 ).
L’expérience
s’est déroulée au rucher deYad-Mordecaï,
àproximité
d’ !scalonen
195 8.
Enfévrier,
on a choisi au hasard I5 colonies d’abeilles italiennespossédant
des reines
âgées
de un an et toutes soeurs. Lescolonies,
dont les réserves de miel étaient sensiblementégales,
ont été divisées en trois lotsplacés
dans les conditions suivantes :I
) Cinq
ruchespeintes
à l’aluminium et couvertes d’un toit nonpeint
ont étéplacées
enplein soleil ;
2
) Cinq
ruches blanchies à la chaux ont étéplacées
enplein soleil ; 3
) Cinq
ruchespeintes
à l’aluminium et couvertes d’un toit nonpeint
ont étéplacées
à l’ombre d’un boisd’Eucalyptus.
Les données
météorologiques
relatives auprintemps
et à l’été195 8
à Y ad-Mordecaï sont
consignées
dans lafigure
19. Nous avons considéré comme récoltede
miel,
le mielemmagasiné
dans les hausses et d’où nous l’avons extrait. Lepoids
de cette récolte a été déterminé par
pesée
des cadres avant etaprès
extraction du miel. Les surfaces de couvain(couvain
de tousâges)
ont été mesurées par la méthode de !R!srrAyr; et LENSKY(ig6i)
c’est-à-dire en déterminant les dimensions des deuxaxes de
l’ellipse
formée par le couvain. Elles sontexprimées
en em2.Les récoltes moyennes de miel
d’agrumes
de lapremière
extraction( 2 8
avril195
8)
ont été semblables dans les ruches des trois lots(tabl. z).
A cetteépoque,
les ruches n’ont pas souffert d’un échauffement
exagéré
car lestempératures
am-biantes étaient relativement basses.
(fig. ig)
La récolte de miel s’est faite en untemps
assez court et la miellée a été abondante. On n’a pas trouvé de différences entre les surfaces de couvain des ruches des différents lots.Cependant,
on a trouvéune corrélation entre les surfaces de couvain et les
récoltes,
mais le coefficient de corré- lation est assez bas : r =0 ,6 01 (fi
=0 ,8).
Par contre, l’influence du revêtement des ruches
apparaît
avec évidence pour les récoltes de miel effectuéespendant
les mois d’été(tabl. 2 ).
La miellée a étélongue
et s’estprolongée jusqu’à
l’extraction du miel. Les récoltes lesplus
élevéesont été obtenues dans les ruches
protégées
contre la radiation solaire par l’ombre naturelle ou par un lait de chaux. Les récoltes lesplus
basses ont été obtenues dans les ruchespeintes
à l’aluminium etexposées
directement aurayonnement
solaire.La différence de récolte entre les trois lots de ruches est
significative
à 5 p. 100 deprobabilité.
Les surfaces de couvain des ruches
protégées
par l’ombre ou par lapeinture
à la chaux ont été
supérieures
à celles des ruches enduites depeinture
à l’aluminium etexposées
enplein
soleil.Cependant,
les différences ne sont passignificatives
à5 p. 100 de
probabilité.
Contrairement à ce
qui
se passe auprintemps,
nous n’avons trouvé aucunecorrélation entre la surface de couvain et les récoltes du miel
(r
=0 , 007 ).
DISCUSSION ET CONCLUSIONS
Il résulte de nos observations sur ruches vides que la meilleure
protection
pen- dant les fortes chaleurs de l’été israélien consiste d’unepart
en unbadigeonnage
à la
chaux,
d’autrepart
en une installation surpelouse
verte et sousl’ombrage
d’arbres à feuilles
caduques.
Ces arbres ont pouravantage
de ne fournir de l’ombre quependant
lapériode
où elle est utile.Le
régime thermique
des ruchespeuplées
est influencé par la nature du revê- tement tout comme pour les ruches vides.Ainsi,
les ruchespeintes
à l’aluminium ont fourni lestempératures
internes lesplus
élevées que nous ayonsenregistrées.
La
paroi
sud des ruches mérite une attentionparticulière
en raison des tem-pératures
élevéesqui règnent
à sonvoisinage
par suite du rayonnement solaire continu. Il estpossible
de réduire latempérature
auvoisinage
de cetteparoi
par insertion de rayons de miel. Nous avons observé que les reinespondent
depréférence pendant
l’été du côté nord de la ruche. Par contre, enhiver,
ellespréfèrent
le côté sud.Les
températures
élevéesqui
ont étéenregistrées
sous le couvre-cadre(point
de mesure n°
6, fig. 9 )
dans la ruchepeinte
à l’aluminium sont dues à ce traitement et aussi à l’absencecomplète
depeinture
sur le toit.La stabilité relative des
températures enregistrées
dans le nid à couvain des différentes ruches est due à larégulation thermique opérée
par les abeilles. L’acti- vité derégulation
se déclenche dès que latempérature
ambiante atteint oudépasse 25°C (I,mDau!R,
i955 ; !’um!,aumm,1957 ).
Elle est basée surl’apport
d’eau ou denectar dans les ruches et sur la
dispersion
duliquide
sous forme degouttelettes ainsi,
parailleurs,
que sur la ventilation. Les courants d’air créés par les ventileuses causent uneévaporation
duliquide
et le refroidissement du nid à couvain(P ARK , ig6o ;
RIBBANDS, r953 ; HAZELHOFF, r954 ; LENSKY,19 6 3 ).
Il est évident que l’effort des abeilles pour climatiser le nidaugmente
leurmétabolisme,
leur consom- mationd’hydrates
de carbone et, parconséquent,
de miel.L’activité
thermorégulatrice
laplus
intensive a été observée dans la ruchepeinte
à l’aluminium. Elle a étéprovoquée
par lestempératures
élevéesqui
yrègnent.
Elle a été efficace
puisque
latempérature
du nid à couvain est restée dans des limites normales.Dans la ruche
peinte
à lachaux,
on a noté une surface de couvain souventsupérieure
à cellequi
existait dans les deux autres ruches enexpérience.
Lapré-
sence de cet abondant couvain ouvert
explique
la forte activité des abeilles collec- trices d’eau. Onsait,
eneffet,
que la colonie utilise l’eau pour diluer la nourrituredes larves
(B UTL E R ,
1949 ; I,mDau!R,1955 ) laquelle
en contient de 54 à78
p. 100(R HEIX
, ig 5 i).
Les besoins en eau sont enrapport
direct avec la surface du couvainnon
operculé (hm D nu>;x, 1955 ). Toutefois, l’augmentation
des besoins en eau pen- dant les heures lesplus
chaudes est bien enrapport
avec les nécessités de larégu-
lation
thermique.
L’ensemble de ces résultats montre
l’importance
d’assurer aux colonies d’abeillesun
approvisionnement
normal en eau, surtout partemps
très chaud etlorsqu’il
ya manque de nectar, toutes conditions
qui
sont réunies surtoutl’après-midi.
L’influence d’un
supplément
d’eauapporté
par notre méthoded’aspersion
esttrès
favorable,
mêmependant
la floraison des agrumes en avril. Onpeut
supposer quelorsque
latempérature
ambiante nedépasse
pas 25,20 C(fig. 1 8)
lesupplément
d’eau est utilisé dans l’alimentation. En
dépit
del’opinion générale
selonlaquelle pendant
la miellée les abeilles cessent de récolter de l’eau(DE
LAYENS,1 88 0 ;
Gw-D
OT, 1907 ; I,mnau!R,
1955 )
nos résultats montrent une influence favorable d’unsupplément
d’eau sur lap g nte
des reines.En ce
qui
concerne la baissetemporaire
de laponte
dans les ruchessupplémen-
tées en eau au début de
mai,
nous n’avons aucuneexplication
à proposer. Nous pen-sons
qu’il s’agit
d’unphénomène purement
accidentel.Les résultats obtenus montrent
l’importance
d’unapprovisionnement
décenten eau, dans les
ruches,
mêmelorsque
les sources sont abondantesprès
du rucher.Cet
approvisionnement
serait sans doute encorebeaucoup plus
efficacelorsque
lessources d’eau
potable
sont rares etéloignées
du rucher.On
peut
enfin affirmer une influence directe dutype
deprotection
des ruchescontre la
chaleur,
sur la récolte demiel,
tout au moins en cequi
concerne lespériodes
les
plus
chaudes. Les différences de récoltespeuvent
être attribuées à l’incidence de l’activitéthermorégulatrice
des abeilles. Plus cette activité estélevée, plus
la con-sommation de miel est forte
(B!uT!,!R, 1937 ) plus
le métabolisme est élevé(C HAD -
WICK, rg53 ; KALABUCHOV,
1934 )
etplus
leglucose sanguin s’épuise rapidement (BE
UTL E R
, rg 37 ).
Mais ce n’est pas seulement l’activité musculairequi
est en cause.On sait que chez l’Abeille le métabolisme
augmente
au-dessus de32 °C (F’aRx.!R,
Io3I;
JOXGBLOED
etal.,
ig34 ;O L AE R T S , ig56 ;
PARHOK, igog ; WooDwoRTH,ig36).
Dans nos
expériences,
nous avons montréqu’il règne
dans laplupart
des endroits de la ruche destempératures supérieures
à cellesqu’on enregistre
dans le nid àcouvain,
surtoutlorsqu’il s’agit
de ruchespeintes
à l’aluminium. Onpeut
doncsupposer que le métabolisme des abeilles
qui séjournent
dans lesparties
très chaudesse trouve fortement
élevé,
cequi
conduit à uneaugmentation
de la consommation de miel. En fin decompte,
il en résulte une baisse de larécolte,
que nous avons effectivement constatée.Reçu pour
j!ublicalion
en novembre 1963.REMERCIEMENT
Ce travail,
qui
fait partie d’une thèse, a été réalisé sous la direction de M. le Professeur Z. AVIDOV,chef de la Section
d’entomologie
à la Facultéd’Agriculture
de Rehovot. Je tiens à le remercier pourson intérêt et ses conseils qui m’ont guidé dans cette étude.
’
J’exprime
magratitude
à M. le Professeur R. CHAUVIN pour ses conseils et ses encouragements dans ce travail.Je
veux enfin remercier mescollègues
de la Facultéd’:lgriculture,
MM. A. BERMANet D. l!:!xo!,qui
ont bien voulu m’aider, chacun dans son domaine.SUMMARY
THERMAL CONTROL Or REE-HIVES IN SUMMER
Temperature
was measured at7 different points
inpopulated
hives coated with aluminiumpaint,
whitewashed orprotected by
shade in asubtropical
climate. Diurnalactivity
patternwas
simultaneously
recorded.In the brood nest, temperature was almost constant, while in the other 1>arts considerable temperature fluctuations were found.
Strongest activity
ofventilating
and watercarrying
bees was observed in aluminiumpainted
hive.Direct
watering
of the combs increasedoviposition.
This effect was more markedduring
the hotter season.
Shading
and whitewashing increased honeyyields
during the hottest nwnths.RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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