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Academic year: 2022

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N°24 - VIA DO MITI A

N

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oc O

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VIA DOMITIA

Administration : 56, rue du Taur, 31000Toulouse

COMITÉ de RÉDACTION de VIA DOMITIA

Directeur : J. Allières Rédacteur : J-C. Dinguirard Rédacteur-adjoint : X. Ravier

Répondants :

A) domaine basque : J. Allières (U niversité de Toulouse-Le Mirail )

domaine espagnol : Jeanine Fribourg (Université René Descartes )

Philippe Cahuzac ( U niversité de Bretagne Occidentale ).

domaine occitan : J. Boisgontier ( Centre National de la Recherche Scientifique )

B) linguistique : J. Allières ( U niversité de Toulouse-Le Mirail )

dialectologie : X. Ravier ( Centre National de la Recher­

che Scientifique )

onomastique : F. Baby ( U niversité de Toulouse-Le Mirail )

littérature : C. Anatole ( Université de Toulouse-Le Mirail )

ethnographie : J-C. Dinguirard (U niversité de Toulouse- Le Mirail )

ABONNEMENTS : 1 an (2 fascicules), 50F

Les chèques doivent être libellés et envoyés avec la commande au nom de Régisseur du Service des Publications de l’Université de Toulouse-Le Mirai 56, rue du Taur - 31000 Toulouse - CCP Toulouse 8620-29 E

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via domitia

24 1980-n°2

Langues et cultures du Sud de la France et du Nord de l'Espagne

Service des Publicationsde l’Universitéde Toulouse-Le-Mirail 56, rue du Taur - 31000 Toulouse - France

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via domitia

24 1980-n°2

SOMMAIRE

H. ARNOLD,

M. BANNIARD,

J.P. CHAMBON,

Discussion:

Lectures

La réception en Allemagne des problèmes régionalistes

français... 1 Géographie linguistique et linguistique diachronique:

essai d'analyse analogique en occitan-roman et en

latin tardif... 9 Observations sur la toponymie ancienne du

Haut Rouergue... 45 A. pr. panai (A. SOUTOU). - L'énigme persiste

(J.C. DINGUIRARD)... 61 A. GALLEGO MORELL, Fama postuma de Garcilaso de la

Vega (A. LEAL). - J. MARTINEZ MARIN, Sintaxis de la Celestina (A. LEAL). — A. NARBONA JIMENEZ, Las proposi- ciones consécutivas en espanol médiéval (A. LEAL.) —

B. LARADE, La Margalide gascone (J.C. DINGUIRARD)... 65

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pour un bon nombre de chercheurs, il s’agitavant tout d’unouvrage à consul­ ter.

Antonio Narbona JIMENEZ. Las proposiciones consécutivas en espanol médiéval. Universidad de Granada. 1978. 405 pages.

Plus ambitieux que le précédent, cet ouvrage réunit destextes d’époques diverses (des origines de la littérature espagnole au XIVe siècle). Il est conçu comme uneétude diachronique classiquemais l’évolution yest considérée aussi comme une série de coupessynchroniques.Là encore, l’auteurinsiste sur l’im­ portance des contextes sémantiques. Cependant, comme le précédent, cet ouvrage aurait gagné à être nanti d’unindex plus détaillé. L’étenduedu corpus justifiait un telajout Exemple, l’index renvoità Tamano page 117,mais selon la même table nous ignoronsqu’il estquestiondumêmemot à lapage95. Il est évident qu’un index onomastique eûtété plus pratiqueet aurait rendu laconsul­ tation de cette étudeplus facile aux romanistes.Il restequecetravail de synta­

xe historique est lefruit d’une recherche de longuehaleinequiméritetousles éloges. De plus, et ce n’est pas lamoindre de ses qualités, il peut donner envie derelire les textes deBerceo,d’Alphonse X, Juan Ruiz, Don Juan Manuel, Sem Tob deCarrion,Lopez de Ayala, etc. et susciter des vocations dans lavoie de la syntaxe historique si délaissée en Espagne.

Amaldo LEAL B. LARADE, La Margalide gascoue e Meslanges de diberses poésies.

Reproduccion fotografîca amb una introduction literària de J.Larzac. Besièrs, 1979.

Poète montréjaulais de dialecte gersois, Larade nous estresté longtemps inaccessible,l’éd. de 1604deses œuvres n’étant représentée quepar un unicum.

La rééd. saint-gaudinoise de 1932 de sa Margalide gascoue n’améliora que médiocrement sa diffusion: l’ouvrage ne fut tiré qu’à soixante exemplaires.

Aussi me suis-je réjoui, dans une revue locale, de la reproduction photogra­

phiqueque le CIDO deBéziers,grâce à unexemplairemiraculeusementretrou­ vé àRouen, vient de mettre à laportée de tous.Dansce c.-r., je notais au passa­

ge que la rééd. de 1932 — en dépit des protestations de fidélité scrupuleuse, jusque dans laponctuation,qu’afficha Sarrieu à l’entrée de l’ouvrage — diffèreà chaque pas de l’originale, etcefaisant, j’ai peiné les inconditionnels de l’éditeur.

Sans même se reporter aux textes, ils décident qu’un livre dont Sarrieu prit copie,puis qu’il livraaux typographes, est aussi fidèlequelaphotodumodèle ; et mieux encore, si j’ai biencompris, queletexte de larééd. Sarrieu seraità la foisexemplairementfidèle, et supérieur à celuiide l’éd. de 1604 ! C’estm’accu­ ser, ou tout au moins me chercher une mauvaise querelleen déplaçantvers le qualitatifet le littéraire un propos qui n’avait de portée que philologique et quantitative.Me voicidoncsomméde mejustifier : je n’examinerai (mais c’est amplement suffisantpourqu’unesprit non prévenu se fasse uneopinion)quele verso des pp. 14 à 30 de larééd. Sarrieu — le recto est occupé parla traduction

—, dans les écarts qu’elleprésente par rapportà l’original auquel elle serait si conforme :

Remarque générale: l’abréviation & de 1604 est résolue par et. C’est heureux, particulièrement lorsqueR. Colomiez avait utilisé cesigne pour trans-

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àconsul­ tas en

’époques est conçu eréeaussi sur l’im- dent, cet u corpus ais selon 95. U est aconsul- de synta-

tous les iner envie

îuei, Sem la voie de pLEAL poeszes.

iBesièrs, Kgtemps liOT/cum.

•a que

retrou-

‘s le ue et

c’est

’’est is-

crire le pronon et(p. 18, sonnet H, v. 14; p. 24,I, v. 13) ! Mais il fallait s’en tenir à cette règlefixe, et ne pas conserver ailleurs la perluète (p.20,1,v.13 p.

ex.).De même, puisque S. avaitopté (etce seraitplus contestable aujourd’hui) pour le respect de i et j, resp. u et v, on comprend mal des modernisations (p.22, I, v. 12 et II, v. 6 ; p.28,1, w. 6, 10...) dontrien ne permet de saisir la raison. Enfin il est desabréviations qu’ilfallait absolumentrésoudre :l’accent circonflexe ne sauraitguère être admis à représenter l’ancienne barre de nasali­

sation, etmieux eût valu imprimer monde etblonde que modeetblôde(p. 18, II, w. 2 et 6).

P. 14: au lieu de locz (1. 6), sus(1. 9), sehise (13), bostébon (14) et que de (16), le texte de 1604 porte Locz, sur, se hise, bosté bon et que de.

P. 18: je passe sur l’omission du point après SOVNET, constante dans larééd. de 1932. Mais laponctuationdiffère après grandou (v. 9) et canta (13), et l’accent sur auprès (9) n’est que chez S.

Même p., second sonnet: outre laquestion des circonflexesdéjàévoquée, on notera qu’au v.7, au lieu de fonde chez S., il faut évidemment lire sonde avec l’éd. de 1604.

P.20 : différences de ponctuation après LARADE (L 1) et t'amou (v. 12); accent ajouté à bié (11) par S., qui agglutine aussi An de (4).

Second sonnet : différencede ponctuation après hurouse(11).

P. 22:différence de ponctuation après dous(4) ; l’accentsur le a (10)est dûàSarrieu, qui impose aussi un j à ioüissence (12)et corrige sy non en s'y non (ibid.).

Second sonnet : Margalide(1) a une majuscule en 1604 ;c’estrende(4) et non rendrequ’offre l’éd. originale; aux w.10 et 11, larééd. de 1932inverse les rimes.

P. 24 : différences de ponctuation après Legidou (1. 1), hé (v. 11) et demoresse (12) ; à la 1. 2, le plurielSOVNETSde 1604 était parfaitementlégiti­ me, il convenait de le conserver.

Second sonnet: différences de ponctuation après entreprese (2) et surprese (3).

P. 26 : différence de ponctuation après rason (9) ; je lis par ailleurs en'aura (4) au lieu de e n'aura dans l’éd. de 1604, ainsi que L'Arade et non LARADE (6).

Second sonnet : différences de ponctuation après MARGALIDE (12) et automne (13) ; divergence d’accent sur mes (3) ; apostrophe supprimée dans l’ou (4).

P.28 : différences deponctuationaprès t'a (1),honestetat (3),prebeside (4), oüeillade (11) et extremitat(12) ; uau lieu de vailleurs conservé (6, 10) ; coupure de pertu (8).

Second sonnet: différences de ponctuationaprèsbrut (7)etoueils(14).

P. 30: différences deponctuationaprès by(1),couratge(1), dichouy (5), troubarem (6), bluets (7). Apostrophes seulement chez S. dans b'auoez (2), ioous' (3), espiaus' (4), pregaus' (11) et dem' (13).

Est-il bien utile de poursuivre cefastidieux inventaire ?J’en doute.Reste le problème qualitatif,surlequelon a vouluplacer le débat. Les retouchesnom­ breuses que Sarrieu imposa au texte de 1604 (et qu’il aurait dû signaler en

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notes, commeil estderègle dans l’édition critique) sont-elles réellement toutes aussi heureuses et utiles que le prétendent ses fidèles ? On peut en douter en plus d’un cas, et notamment lorsque Sarrieu

— agglomère indûment desmots que sépare correctement l’éd. de 1604 (p. 14, w. 13, 14; p. 26, II, v. 8) ;

— confond une s àqueuelongue avec/(p. 18, n, v. 7) ;

— tranforme une forme gasconne en languedocianisme inopportun (p. 22, H, v. 4);

— inverse des rimes(p. 22, II, w. 10 et 11);

— change la ponctuation aumépris de la syntaxeetdu sens, attribuant par exemple à Larade

...sonale houe surprese: De l’astre...(p.24, II, w. 3-4)

alors que la leçon, seule intelligible, de 1604 est ...sonalehouesurprese

De l’astre...

Mais passons, puisqu’aux yeux de certains (ignorant le poète pour qui L'art est une question de virgules l) la ponctuation doit être tenue pour une misérable futilité...

Tout bien pesé, je maintiens donc mon propos et le chiffre : Sarrieu s’écartede son modèle à plus de soixante reprises en neufpages. Unemoyenne de sept différences par page, c’est beaucoup;c’estmême trop pour une édition qu’il annonçait quasi-diplomatique et où ilseserait borné àcorriger « quelques très rares inadvertances » (p. 9 ; c’est Sarrieu qui souligne). Par ailleurs, ses émendations étaient loin de s’imposertoutes, on vient de le voir. Tout cela n’en­

lèverien à la joliesse de l’éd. saint-gaudinoise, ni même au réelmérite de Sar­

rieu, dontle métier n’était pas d’éditer des textes anciens: les exigences scienti­

fiquesdece travailsont tellesqu’un amateur, mêmedoué,ne s’y peut guère ris­

quersans un long apprentissage. Mais tout cela fait aussi que,en l’absence des manuscrits de Larade, c’estbien au reprint duCIDO, et non à l’éd. Sarrieu,que l’on s’adressera pour approcher l’un de nos très grands poètes gascons.

J.-C. Dinguirard

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