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Quand est-ce ?, Iluomo

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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Quand est-ce que je te retrouverai ? Quand est-ce que l'homme que tu es, celui que j'aime, reviendra ? Nos premiers jours, nos premiers mois, furent somptueux. A peine avais-je finis de t'écrire que tu me répondais déjà, à peine avais-je détourner le regard, que tu m'appelais. Nous rigolions, gênés, nos yeux n'osaient se rencontrer, et nos âmes dégageaient une envie, qui m'était encore inconnue, incontrôlable, celle de m'approcher de ta peau, et de te savoir près de moi. Nos sourires courtois et inexpliqués finirent par laisser place à des sourires amoureux et à des rires inexplicables.

Il ne passa pas plus d'une semaine avant que tu débarques, devant moi. Tu scintillais. Tu parlais, et je buvais chacune de tes paroles. Ce que nous disions paraissaient tellement désuet, dénué de tout sens ; mais il suffisait que nous nous regardassions pour accorder une logique à ce qui ne pouvait en avoir. Vite, très vite, j'ai succombé. Nous avons succombé. Nous avons alors laissé place à des nuits, des journées entières de mots doux et de sentiments, désorganisés mais sincères.

Puis la vie a repris ses habitudes. L'un comme l'autre, nous avions à retrouver nos occupations. Loin de moi l'idée que cela ne m'ait pas plu. Pourtant, plus le temps avance, et plus les mots, tes mots, s'effacent, sont éphémères, perdent de leur valeur, et se font rares ou absents.

Je t'aime, et j'ose encore croire que toi aussi. J'ose croire que l'homme que j'ai aimé au tout début reviendra. J'ose pensé qu'il n'a pas disparu et que ce n'est qu'un temps, un moment où il lui est important de laisser place à autre chose qu'à l'amour. Puisque tu n'es pas un homme comme cela, toi. Toi, tu es un homme qui vit, qui photographie les paysages en conduisant, qui roule vite, qui rigole fort, et qui pleure seul le soir, sans que personne puisse le savoir. Le pire étant de savoir que tu pleures, et que je dois rester silencieux, muet.

Aujourd'hui, tu es là, tout près, et pourtant si loin...

J'ai le sentiment de te perdre doucement, et j'ai le sentiment que l'âme meurtrie que tu avais soignée en moi ne reçoit plus le traitement que toi seul pouvait lui donner.

Qu'importe, l'ange que tu es, je l'aime.

Un jour, dans peu de temps, ou dans des dizaines de mois, je te retrouverai comme auparavant. Mais quand est-ce ?

"Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé". - Alphonse de Lamartine.

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