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DÉSIRS SILENCIEUX., FREDERIC D.

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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DESIRS SILENCIEUX.

N'avez-vous jamais croisé le sourire de quelqu'un qui vous regardait de manière un peu insistante, procurant en vous, comme une petite boule de chaleur... N'avez vous jamais constaté que vous étiez suivi du regard, lorsque vous arriviez à proximité de la terrasse d'un café, sentir que de droite à gauche, jusqu'à ce que vous vous perdiez, loin du champs de vision de cette personne, son attention n'était que pour vous, sans savoir vraiment ce qui l'attirait chez vous... Etait-ce l'allure générale, le regard, la démarche, votre tenue... A quoi bon.

Peut-être nourrissait-il le souhait de vous voir vous installer à la terrasse de ce même café, non loin de lui afin de vous observer d'avantage, voire engager la conversation par quelques banalités avant de s'aventurer dans un dialogue plus précis, fournis, attentionné... Mais il a perdu l'espoir lorsque les limites de la terrasse s'étaient arrêtées derrière votre passage vous laissant libre de poursuivre votre chemin... et lui, assis devant son café, à peine refroidi.

Plus tard, sur le quai du métro, vous d'un côté, un homme de l'autre, grand, distingué, élégant... Vos regards se soutenant mutuellement. "Prochain train dans quatre minutes" venait de laisser échapper, le haut parleur juste au dessus de la tête... Cette voix féminine vous accorde ainsi largement le temps de voir celui qui, de son regard chaleureux, vous déshabille de la tête aux pieds. Vous voici l'objet de l'occupation qui lui fera patienter jusqu'à l'arrivée de la prochaine rame. Il regarde votre visage, arbore un sourire auquel vous répondez, sans vous questionnez sur une politesse ou plus... Son regard s'abaisse lentement.

Vous avez déjà perdu l'écharpe, le pull.

Tels ces doigts que vous devinez délicats, ce sont ses yeux qui vous caressent le torse. Le regard plonge encore... "Prochain train dans une minute" la voix féminine semble précipiter le temps et se jouer de vous... Et vous regrettez alors que les minutes ne soient constituées que de 60 secondes... Avec 100 fois plus de temps, vous seriez passé sur le quai d'en face, vous approcher de ces yeux, auteurs de votre effeuillage éphémère et virtuel, afin de lui signifier, de votre bouche, que si il osait, vous ne lui refuseriez pas la poursuite de son assaut, le souhaitant plus tactile, mais dans un peu plus d'intimité qui pourrait être la chaleur d'un lit.

Le temps d'y songer, et la rame entre en gare... Sa silhouette disparait derrière les wagons de la ligne 7. Il pénètre dans la deuxième voiture et vous fait face, se poste à hauteur des portes, soutient

toujours votre regard, et, à l'instant où retentis le signal de fermeture des portes, laisse échapper un plus large sourire, accompagné d'un haussement d'épaules, manifestement le signe d'un profond regret de ne pas partir dans le même sens que vous... Mais satisfait de cet échange à quelques mètres de distance, si riche, si intense, si prometteur, et qui ne sera resté qu'à l'état de désirs, de perspectives, sans aller au delà pour ce jour...

Le train s'éloigne, le votre est en approche, et vous vous prenez à rêver de croiser à nouveau cet homme, d'oser vous avancer vers lui, de lui sourire à nouveau, de recommencer ce jeu, et cette fois, de ne plus vivre cette frustration de la limite du temps, de la séparation des quais par les voies, mais au moins de percevoir le son de sa voix, d'apprécier plus précisément la teinte de son regard,

respirer son odeur, apprécier le dessin de son visage soutenu d'une barbe de quelques jours qui lui conférait un charme, que même une dizaine de mètres vous séparant, vous aviez remarqué. Le voici gravé en votre mémoire...

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Il ne saurait vous échapper la prochaine fois... Mais prochaine fois y aura-t-il ?

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