SOCIÉTÉ FRANCOPHONE de MÉDECINE TROPICALE et SANTÉ INTERNATIONALE
Société francophone de MÉDECINE TROPICALE et SANTÉ INTERNATIONALE
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Contrôle, élimination, éradication :
où en est-on dans les MTN ?
Jeudi 25 novembre 2021
AS S O C I A T I O N R E C O N N U E D'U T I L I T E P U B L I Q U E H A B I L I T E E A R E C E V O I R D O N S E T L E G S SFMTSI (ex SPE) - Hôpital de la Pitié-Salpêtrière - Pavillon Laveran
47-83 Bld de L’Hôpital 75013 Paris
Téléphone (33) 9 67 65 17 99 Courriel : [email protected] - N° Siret : 784 617 680 00011
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Fondée en 1908 par Louis-Alphonse Laveran (prix Nobel de médecine 1907), la Société de Médecine Tropicale et Santé Internationale (ex SPE) a pour buts :
• l'étude des maladies exotiques de l'homme et des animaux ;
• l'étude de l'hygiène et des mesures sanitaires destinées à empêcher l'extension des épidémies et des épizooties d'origine exotique ;
• l'étude de tout problème de médecine, biologie et santé tropicales, et de ceux posés par les expatriations et les voyages.
La SFMTSI est membre de :
• la Fédération des Société européennes de médecine tropicale et santé internationale (FESTMIH)
• l'International Federation for Tropical Medicine (IFTM)
La SFMTSI publie un Bulletin depuis 1908
• Depuis sa création, la Société de pathologie exotique publie un Bulletin, recueil d'articles scientifiques et de comptes-rendus de séances.
• La Société de pathologie exotique a toujours un rôle de promotion pour la santé et d'information en pathologie tropicale ; le Bulletin de la SPE est ainsi une référence pour tous les médecins et étudiants francophones originaires de ces pays (africains en particulier).
• Si le Bulletin de la Société de pathologie exotique est avant tout une revue internationale francophone, les articles peuvent être envoyés dans une langue autre que le français dans la mesure où les auteurs ne sont pas francophones.
• Les articles sont à envoyer par e-mail à l’adresse suivante : [email protected]
La Société (association Loi 1901) est reconnue d'utilité publique depuis 1962. Elle est habilitée à recevoir dons et legs.
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Contrôle, élimination, éradication : où en est-on dans les MTN?
Journée scientifique dématérialisée de la SFMTSI (ex SPE) Jeudi 25 novembre 2021
Sur inscription uniquement Visio conférence
Programme
09h30 – 09h45 : Accueil : Jean-Philippe Chippaux, SFMTSI / Pierre Gazin, SFMTSI
09h45 – 10h15 : Contrôle/élimination/éradication des MTN : Jean Jannin, SFMTSI
10h15 - 10h40 : Onchocercose : Michel Boussinesq, IRD
10h40 - 10h55 : Les défis de l’éradication du ver de Guinée : Jean-Philippe Chippaux, SFMTSI
10h55 - 11h20 : Hommage à Philippe Ranque : Hubert Balique, IRD 11h20 – 11h45 : Pause
11h45 – 12h10 : Lutte contre l’ulcère de Buruli en Afrique : Etat des lieux et perspectives : Ghislain Sopoh, IRSP Bénin
12h10 – 12h35 : Trypanosomiase Humaine Africaine : une bataille de gagnée mais la lutte continue : Dramane Kaba, Institut Pierre Richet / Vincent Jamonneau, IRD
12h35-13h45 : Pause déjeuner
13h45 - 14h10 : Echinococcose : Bernadette Aleba-Rider, OMS
14h10 - 14h35 : Le progrès de la lutte contre les géo-helminthiases jusqu’en 2020, et les objectifs pour 2030: Antonio Montresor, Albis Gabrielli, OMS 14h35 - 14h55 : Pause
14h55 à 15h20 : Maladie de Chagas. Vérifier les avances, briser le silence épidémiologique et mettre en œuvre un nouvel agenda de travail ambitieux : Pedro Albajar Vinas, OMS
15h20 à 15h45 : Schistosomoses, maladies tropicales négligées, feuille de route 2021-2030, élimination : Amadou Garba Djirmay, OMS
15h45 – 16h00 : Conclusion de la journée
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Introduction
Les Maladies Tropicales Négligées constituent un groupe de vingt maladies infectieuses hétérogènes par leur agent causal, leur technique de prévention et de traitement. Elles ont en commun d’atteindre les populations les plus pauvres, souvent rurales et isolées, des régions tropicales où le développement, quels que soient ses formes et ses choix, a le plus de difficultés à se réaliser. Facteurs de pauvreté, ces pathologies en sont également la conséquence, maintenant environ un milliard d’humains dans la souffrance. Les combattre est une nécessité pour favoriser un développement plus harmonieux, moins inégalitaire. Pour y parvenir, il faut bien connaitre leur épidémiologie, les moyens de lutte pertinents, l’importance des facteurs humains et environnementaux.
Différentes par leurs agents étiologiques, leurs modes de transmission, leurs moyens de lutte préventive et curative, ces pathologies ont en commun des caractéristiques favorisant leur réduction avec, pour certaines, la perspective réelle d’être durablement contrôlées voire éliminées. Des traitements efficaces, bien tolérés et d’un faible coût permettent des stratégies de lutte communautaire ou à large échelle. Ils utilisent généralement des molécules anciennes, la recherche pharmaceutique pour la mise au point de nouvelles molécules étant une activité peu rentable. La recherche publique et le financement par les pays les plus avancés ainsi que par les institutions interétatiques des Nations unies ou humanitaires doivent jouer un rôle de première
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importance, sous réserve d’être coordonnés. Leur contrôle passe également par l’éducation, leur compréhension par les populations concernées, avec la perspective d’améliorer leurs conditions de vie.
La Journée scientifique d’automne de la SFMTSI ce 25 novembre 2021 sera l’opportunité d’une présentation par des acteurs de terrain, de la situation actuelle d’une partie de ces maladies, les avancées et les limites actuelles d’une lutte intégrée ou non. Le choix a été fait de ne pas être exhaustif mais de privilégier les pathologies pour lesquelles les résultats, en termes de santé publique, ont été les plus marquants au cours des dernières années.
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Contrôle, élimination, éradication
Jean JANNINSFMTSI
! : [email protected] Biographie
Médecin Général de Santé Publique, le Dr Jean Jannin est président de la Société Francophone de Médecine Tropicale et Santé Internationale.
Ancien coordinateur de l’Unité « Innovation et Intensification de la prise en charge des maladies » du Département des Maladies Tropicales Négligées de l’OMS, spécialement en charge des programmes de lutte contre les trypanosomiases
africaines, les leishmanioses, la maladie de Chagas, l’ulcère de Buruli et le Pian (2005-2015), il est Docteur en médecine, lauréat de faculté de
médecine de Paris, spécialiste en médecine tropicale et en santé publique.
Il a exercé comme médecin des grandes endémies (Cameroun, Gabon, Tchad) puis chef du service de lutte contre la trypanosomiase humaine au Congo(1982-1991).
Diplômé d’immunologie parasitaire, de léprologie, de médecine tropicale, de statistiques et d’épidémiologie, titulaire d’un DEA de santé publique (1991-Paris VI) et issu de l’École
nationale de Santé Publique (1992), Jean Jannin a été Médecin Inspecteur de la santé publique de Seine Maritime (1992-1995), puis auditeur du Centre des Hautes Etudes sur l’Afrique et l’Asie modernes – Institut d’Etudes Politiques de Paris (1994-1995).
Responsable du programme de lutte contre la trypanosomiase africaine à l’OMS, à Genève entre 1995 et 2005, il est co-fondateur de « Kids for World Health » (New-York) et secrétaire exécutif du réseau Francophone de lutte contre les Maladies Tropicales Négligées (AVIESAN)
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Résumé
Les MTN sont des maladies éliminables. Le chemin de l’élimination est long et passe par différentes étapes avant d’atteindre le moment ou l’élimination peut être annoncée. Ce moment de l’élimination est éphémère et ne peut être conçu sans la notion de durabilité. Les définitions des différents stades de contrôle, élimination ou éradication sont strictement définies par l’OMS mais ne décrivent pas correctement la phase « péri » élimination dont la complexité est grande et déborde largement le cadre strictement scientifique.
La feuille de route de l’OMS décrit les objectifs de l’élimination pour les MTN dans leur diversité et si chaque étape de leur mise en œuvre est spécifique, un certain nombre de principes restent communs et doivent être respectés sous peine d’échec.
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Onchocercose
Michel BOUSSINESQ
Institut de Recherche pour le Développement, UMI-233 TransVIHMI (IRD- Inserm-Université de Montpellier), Montpellier
! : [email protected] Biographie
Médecin parasitologiste, Michel Boussinesq a préparé une thèse de sciences portant sur un essai clinique de l’ivermectine contre l’onchocercose au Nord-Cameroun (1987-1995). Recruté à l’IRD en 1991, il est Directeur de recherche depuis 2004. Ses travaux ont notamment porté sur l’épidémiologie de l’onchocercose, l’efficacité de doses élevées et/ou trimestrielles d’ivermectine contre Onchocerca volvulus, les effets secondaires graves post-ivermectine chez les sujets infectés par Loa loa, les stratégies pour prévenir ces derniers (pré-traitements, stratégies Test-and-treat), la résistance d’O. volvulus à l’ivermectine, la relation entre onchocercose et épilepsie, le poids de la loase et l’impact de traitements semestriels par albendazole seul sur la filariose lymphatique.
Ces recherches ont été menées au Cameroun, où M. Boussinesq a été affecté 10 ans, mais aussi au Congo et en RDC. M. Boussinesq a été membre du Comité consultatif technique du Programme africain de lutte contre l’onchocercose de 2003 à 2015, et du Mectizan Expert Committee.
Résumé
Les traitements de masse par ivermectine (150 µg/kg en dose unique) organisés depuis 1990 dans les zones où l’onchocercose est méso- ou hyperendémique ont permis d’éliminer la maladie en tant que problème de santé publique. En 2012, l’OMS a élargi son objectif à l’élimination de l’infection et sa feuille de route pour 2021-2030 prévoit que 12 pays auront vérifié l’interruption de la transmission en 2030. D’ores et déjà, cet
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objectif a été atteint dans quatre pays latino-américains et quelques foyers africains (Ouganda, Soudan, …). Ailleurs, les activités de lutte doivent être étendues aux zones hypoendémiques, dont les limites restent à préciser. Les outils utilisés pour cette cartographie (sérologie, recherche d’ADN parasitaire chez les vecteurs) posent quelques problèmes. Par ailleurs, en Afrique centrale, la co-endémie avec la loase interdit la distribution de masse d’ivermectine dans les zones où l’onchocercose est hypoendémique car le risque d’effet secondaire grave (ESG : encéphalopathies à Loa) y excèderait le bénéfice des traitements.
Des stratégies alternatives, plus coûteuses que le traitement de masse par ivermectine, doivent donc être employées dans ces régions de co- endémie. Ainsi, des stratégies Test-and-treat visant à identifier soit les rares sujets à risque d’ESG devant être exclus du traitement par ivermectine, soit les personnes effectivement infectées par Onchocerca volvulus et qui doivent être traitées, ont été proposées. Une autre approche consisterait à réaliser un pré-traitement de masse des populations avec un médicament abaissant progressivement les densités microfilarienne à Loa au-dessous du seuil de risque d’apparition des ESG, puis à distribuer, sans risque, l’ivermectine. Dans les régions sans loase, des traitements de masse par ivermectine plus rapprochés (semestriels, voire trimestriels) ou par moxidectine, permettraient d’accélérer l’élimination de l’onchocercose. La moxidectine, qui abaisse les densités microfilariennes beaucoup plus longtemps que l’ivermectine, a été approuvée par la FDA en 2018 pour le traitement de l’onchocercose (8 mg en dose unique). Elle fait l’objet d’essais supplémentaires pour que l’OMS recommande son utilisation contre l’onchocercose. Par ailleurs, trois médicaments potentiellement macrofilaricides (tuant les vers adultes) ont fait l’objet d’essais de phase 1 : l’émodepside, l’oxfendazole et le TylAMac (ABBV-4083). Les essais précliniques ont montré que les deux premiers ont un effet macrofilaricide direct sur les filaires tandis que le TylAMac élimine les bactéries symbiotiques du genre Wolbachia nécessaires à la survie et à la reproduction des parasites. Des essais en phase 2 sont programmés, avec des traitements répétés plusieurs jours de suite.
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Les défis de l’éradication du ver de Guinée
Jean-Philippe CHIPPAUXMERIT, Institut de Recherche pour le Développement et Université de Paris, 4 Avenue de l’Observatoire, 75006 Paris, France
Biographie
Directeur de recherche émérite, médecin microbiologiste, spécialiste en santé publique.
Recruté à l’ORSTOM comme entomologiste médical, mes thématiques de recherche ont évolué pour se concentrer sur le développement de médicaments ou vaccins efficaces et bien tolérés pour une utilisation à large échelle ou dans des centres de santé isolés.
J’ai effectué toute ma carrière en Afrique subsaharienne et en Amérique du Sud sur la transmission et la prise en charge des endémies tropicales (paludisme, schistosomoses, filarioses, dracunculose, leishmanioses, maladie de Chagas, méningites, envenimations). A ce titre, j’ai participé au lancement du programme mondial d’éradication du ver de Guinée.
Je co-organise le cours annuel Animaux Venimeux et Vénéneux du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Je dirige la collection
« Didactiques » des Editions de l’IRD. Je suis rédacteur en chef de Médecine Tropicale et Santé Internationale et éditeur scientifique d’une demi-douzaine de revues, dont PLoS NTD.
Résumé
La maladie du ver de Guinée, ou dracunculose, est causée par l'ingestion de copépodes dulçaquicoles infectés par des larves de Dracunculus medinensis. Alors que la variole est la seule infection humaine à avoir été éradiquée, le Programme d'éradication de la dracunculose (PEVG) est, avec la polio, l'un des deux programmes d'éradication actifs de l’OMS.
Le ver de Guinée, particulièrement fréquent dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie jusque dans les années 80, a vu son incidence décroître considérablement grâce à l’amélioration de l’approvisionnement en eau de boisson dans les zones rurales reculées et aux interventions des programmes nationaux de lutte contre le ver de Guinée. Son incidence annuelle est passée d'environ 3,6 millions de cas humains à la fin des années 1980 à 27 en 2020.
En l'absence d'un traitement efficace, la stratégie de lutte contre la dracunculose est basée sur des mesures de santé publique telles que l'accès à l'eau potable, l'éducation, une surveillance renforcée, le
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confinement des cas, le contrôle des copépodes et des incitations à la notification des cas. Il n’existe aucun médicament ni vaccin utilisable en prophylaxie ou traitement de la maladie. Seize pays ont déjà été certifiés exempts de transmission de D. medinensis et deux sont en attente de l’être. Cinq pays restent endémiques : l'Angola, l'Éthiopie, le Mali, le Soudan du Sud et le Tchad.
Cependant, le programme est confronté à des défis majeurs à mesure qu'il progresse vers l'éradication, car la certification de l'absence mondiale de transmission de l'agent pathogène nécessite le respect de critères stricts. Les problèmes actuels concernent : a) des ressources insuffisantes ou mal utilisées ; b) une insécurité récurrente empêchant la poursuite des interventions de contrôle de la maladie et le travail des équipes internationales de certification ; c) des migrations de populations d’un pays endémique vers d’autres certifiés exempts de transmission, notamment les pays limitrophes ; d) l’appauvrissement des populations qui réduit l’entretien et l’usage des ouvrages de distribution d’eau ; e) l’existence d’un cycle domestique animal (notamment canidés) ou d’hôtes paraténiques (poissons, batraciens) susceptibles de maintenir le parasite ; f) l’infection humaine par une espèce distincte mais voisine de D. medinensis.
Ces contraintes expliquent, à des degrés divers, le retard important que connaît l’éradication du ver de Guinée.
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Hommage à Philippe RANQUE
Hubert BALIQUEIRD
Résumé non communiqué
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Lutte contre l’ulcère de Buruli en Afrique : Etat des lieux et perspectives
Ghislain SOPOH IRSP, Bénin
Biographie
Médecin, de Nationalité Béninoise, je suis Maitre de Conférences Agrégé des universités de la Confédération Africaine et Malgache de l’Enseignement Supérieur (CAMES), et exerce actuellement, en tant qu’enseignant chercheur à l’Institut régional de Santé Publique de Ouidah, au Bénin. J’ai 19 ans d’expériences clinique, mais aussi en matière de contrôle et de recherche dans la lutte contre l’ulcère de Buruli, dont 17 à la direction du centre de dépistage et de traitement de l’ulcère de Buruli d’Allada. Je suis actuellement auteur ou coauteur d’environ 80 publications scientifiques, en majorité portant sur la lutte contre les maladies tropicales négligées en générale, l’ulcère de Buruli, la Lèpre et le pian en particulier.
Résumé
L'ulcère de Buruli (UB), causé par Mycobacterium ulcerans, est une maladie tropicale négligée avec des manifestations cutanées polymorphes. La grande variabilité de la présentation clinique et le large éventail de conditions similaires rendent la gestion difficile, en particulier dans les pays en développement, où les cliniciens doivent souvent travailler avec un soutien de laboratoire limité. Par ailleurs, le mode de transmission n’est pas totalement établi, mais des études ont démontré que le contact prolongé et répété des populations avec les sources naturelles d’eau, à la recherche de l’eau pour le ménage, augmente la probabilité de contracter la maladie.
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Bien qu’il existe désormais des tests de diagnostic performants, les cibles de l’Organisation Mondiale de la Santé peinent à être atteintes par les pays, du fait de la grande variété du diagnostic différentiel de la maladie, mais aussi, de la faible maitrise des critères du diagnostic clinique.
Par ailleurs, l’épidémiologie de la maladie semble ne pas avoir encore été bien maitrisée, avec un descriptif très variable, probablement dépendant des activités de lutte.
Récemment, l’OMS a développé un algorithme de diagnostic clinique, sous la forme de scores basées sur les connaissances épidémiologiques et cliniques existantes. De même, dans les pays ou l’ampleur de la maladie évolue de manière décroissante, la mise en œuvre d’une stratégie intégrée de lutte, à divers niveaux donne des résultats intéressants, en termes d’efficience et d’impact sur plusieurs maladies négligées et sur le système de santé. Les expériences rapportées au Bénin, et ailleurs, montrent en effet, qu’à travers la mise en œuvre d’une activité de lutte intégrée, plusieurs maladies tropicales négligées à manifestation cutanée, telles que la scabiose, le mycétome et autres mycoses profondes, mais aussi la bilharziose, sont dépistés et pris en charge.
Les perspectives de la lutte contre l’ulcère de Buruli, passent par une meilleure connaissance de ses manifestations cliniques par les agents de santé de première ligne, la disponibilité de test de dépistage rapides fiables ainsi que la promotion de l’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement du milieu, la prise en charge communautaire des plaies et la mise en œuvre d’interventions de dépistage précoce intégrées.
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Trypanosomiase Humaine Africaine : une bataille de gagnée mais la lutte continue !
Dramane KABA
Institut Pierre Richet / Institut National de Santé Publique
Biographie
Dramane Kaba est médecin entomologiste (MD, PhD), Maître de Recherche du CAMES à l’Institut Pierre Richet (IPR) de Bouaké, Côte d’Ivoire, dont il est le Directeur depuis 2014. Lauréat de la Chaire des Docteurs Mérieux de l’année académique 2015-2016, il travaille sur la surveillance épidémiologique, la biologie et l’écologie des tsé-tsé, la conception, l’élaboration et la mise en œuvre de programmes de lutte anti-vectorielle. A l’IPR, il dirige l’Unité de Formation et de Recherche « Trypanosomoses et Leishmanioses ». Dans le cadre d’une approche « Une seule Santé », il est co-investigateur du projet d’élimination de la THA et du projet de contrôle des trypanosomoses animales en Côte d’Ivoire. Il coordonne aussi la mise à jour de la situation épidémiologique de la leishmaniose cutanée dans ce pays. Il est également le point focal dans son pays en Côte d’Ivoire, du Programme Thématique Recherche en santé (PTR-Santé) du CAMES.
Vincent JAMONNEAU IRD
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Biographie
Vincent Jamonneau est parasitologiste, chercheur à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) depuis 2002, dans l’Unité mixte de recherche INTERTRYP (IRD-CIRAD) qui s’intéresse aux Interactions hôte-vecteur-parasite- environnement dans les Maladies Tropicales Négligées dues aux Trypanosomatidés (maladie de chagas, leishmanioses et trypanosomiases).
Vincent mène essentiellement ses recherches sur la trypanosomiase humaine africaine en Afrique (THA) de l’Ouest où il coordonne actuellement un projet d’élimination en Côte d’Ivoire dans le cadre d’un partenariat avec le Programme National d’Elimination de la THA (Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique), l’Institut Pierre Richet de Bouaké et l’Université de Daloa. Il est aussi membre du Comité d’Experts de l’OMS sur la THA et responsable d’un Centre Collaborateur OMS depuis 2012.
Résumé
La Trypanosomiase Humaine Africaine (THA) est une affection parasitaire causée par un trypanosome transmis à l’Homme par la glossine ou mouche tsé-tsé. Si les efforts considérables de lutte menés dans la première moitié du 20ième siècle ont permis d’endiguer une épidémie qui a fait plusieurs millions de morts dans les années 1920 et 1930, et de déclarer la maladie « résiduelle » dans les années 1960, le relâchement qui a suivi, dans un contexte de nouvelles interactions entre l’homme et son environnement, a été responsable d’une réémergence puis d’une situation épidémique de nouveau très meurtrière dans les années 1990.
Grâce à une riposte efficace qui s’est organisée autour des structures nationales dédiées à la lutte contre la maladie, avec le soutien de l’OMS et l’appui de la recherche, le nombre de cas rapportés annuellement est passé en 2018 sous la barre des 1000 pour la première fois de l’histoire.
Les stratégies de lutte contre la THA visent à dépister, traiter les cas et à lutter contre la glossine vectrice pour limiter le risque de transmission. En passant en 20 ans d’un contexte épidémique à un contexte d’élimination, la maladie du sommeil a subi une transition épidémiologique sans précédent à laquelle les stratégies et les outils de lutte ont dû s’adapter.
Ceci a été le cas en Côte d’Ivoire où un appui important de la recherche multidisciplinaire au service du Programme National d’Elimination a permis de combattre la maladie sur tous les fronts. Les résultats spectaculaires obtenus avec seulement 9 cas rapportés entre 2015 et 2019 ont permis de valider l’élimination de la THA comme problème de santé publique en décembre 2020.
Il est aujourd’hui essentiel de poursuivre les actions de prévention et de prise en charge dans un objectif de durabilité. Pour cela, il est crucial de prendre en compte à la fois (i) les facteurs épidémiologiques comme le réservoir résiduel humain et le réservoir animal du trypanosome pathogène pour l’homme ; (ii) les facteurs sociologiques dans un contexte où les populations et les personnels de santé vont de moins en moins
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considérer la maladie comme une menace et (iii) les facteurs environnementaux pour la prise en compte de l’effet des changements globaux sur les conditions de transmission locale.
Les auteurs mettront l’accent sur ces nouveaux défis à relever pour atteindre l’interruption de la transmission fixée par l’OMS en 2030.
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Echinococcose
Bernadette ABELA-RIDER OMS
Résumé non communiqué
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Le progrès de la lutte contre les géo-helminthiases jusqu’en 2020, et les objectifs pour 2030
Albis GABRIELLI OMS
Biographie
Albis Francesco Gabrielli est médecin et chef d’équipe dans le Département Lutte contre les Maladies Tropicales Négligées au siège de l’OMS à Genève. Il s’occupe notamment du plaidoyer, de la communication, du développement stratégique et du suivi-évaluation des programmes de lutte contre les maladies tropicales négligées. Dans le passé, il a été conseiller régional au Bureau OMS pour la Méditerranée orientale et a été affecté dans plusieurs pays. Depuis 2020, il appuie le Programme des Urgences de l’OMS dans le cadre de la réponse à la pandémie de COVID-19.
Antonio MONTRESOR OMS
Biographie
Antonio Montresor coordonne le travail de l’OMS sur les géo-helminthiases à l’échelle mondiale. Médecin de formation, il a travaillé dans plusieurs pays endémiques pour maladies tropicales négligées. Il a notamment contribué au développement de la toise à praziquantel, qui a simplifié l’administration de ce médicament en zones endémiques pour la bilharziose. Ses activités se focalisent actuellement sur l’inclusion de la strongyloïdose dans le groupe des géo- helminthiases, sur le renforcement de l’accès à l’ivermectine comme médicament essentiel contre cette maladie, et sur l’expansion du traitement contre les géo-helminthiases aux femmes en âge de procréer.
Résumé
La présentation abordera les sujets suivants : introduction aux géo- helminthiases ; leur distribution géographique ; groupes de population à risque ; stratégies de lutte ; élimination de la morbidité par la chimiothérapie préventive ; assainissement ; progrès dans la couverture des interventions de chimiothérapie préventive entre 2008 et 2020 ; le défi représenté par les femmes en âge de procréer ; les années de vie ajustées sur l'incapacité (DALYs) ; le risque du développement de la résistance aux médicaments ; la strongyloïdose et son inclusion parmi les géo-helminthiases; les objectifs OMS pour 2030.
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Maladie de Chagas. Vérifier les avances, briser le silence épidémiologique et mettre en œuvre un nouvel agenda de travail ambitieux
Pedro ALBAJAR-VINAS OMS
Biographie
Médecin responsable du programme de lutte contre la maladie de Chagas, Département de lutte contre les maladies tropicales négligées, Organisation mondiale de la Santé. Diplômé en Médecine et Chirurgie par l'Université de Barcelone. Diplôme de Médecine tropicale et d'Hygiène du Royal College of Physicians de Londres. Master Science Infection & Health in the Tropics par la London School of Hygiene and Tropical Medicine, University of London. Doctorat en médecine tropicale par l'Institut Oswaldo Cruz - IOC, Fondation Oswaldo Cruz – Fiocruz, Rio de Janeiro.
Auparavant, chercheur au Département de Médecine tropicale de l'IOC/Fiocruz. Professeur invité de plusieurs universités et organisations en Europe et Amérique latine. Consultant en Médecine tropicale de diverses institutions et organisations gouvernementales et non gouvernementales, nationales et internationales. Membre des comités scientifiques ou organisateurs de plusieurs manifestations scientifiques dans divers pays d'Europe, d'Amérique du Sud et du Nord.
Résumé
L’Organisation mondiale de la Santé estime qu’environ six à sept millions de personnes dans le monde sont infectées par le Trypanosoma cruzi, le parasite qui cause l'une des maladies tropicales les plus négligées. Cas humains de cette infection ont été diagnostiqués dans 42 pays sur six continents. La France est un pays endémique pour la maladie de Chagas.
En effet, bien que le parasite T. cruzi ne soit pas présent en France métropolitaine, il l’est en Guyane française. La punaise pouvant être porteuse du vecteur T. cruzi est également présente sur l’Ile de la
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Réunion. Une des dernières études a estimé qu’en France métropolitaine il y aurait 156 895 personnes à risque et 1 464 personnes infectées.
Nombreuses avancées dans la lutte contre les insectes vecteurs en Amérique latine et la transfusion de sang dans cinq continents ont été déjà possibles. La disponibilité des kits de diagnostic nouveaux et des médicaments avec nouvelles présentations pédiatriques sont une réalité.
Aussi, certains objectifs ont été déjà atteints en permettant un impact plus important sur la santé publique : intégration systématique de la dimension psychosociale (approche multidimensionnel) ; Journée mondiale de la Maladie de Chagas ; feuille de route pour les maladies tropicales négligées 2021-2030 ; réseau de centres sentinelles de pharmaco épidémiologie ; approbation de grands projets (IntegraChagas, project sur la maladie de Chagas congénitale d’UNITAID ; Programme Ibéro -américaine d’élimination de la maladie de Chagas congénitale ; croissance du numéro des associations de personnes affectées par la maladie de Chagas (plus de 30 en cinq continents), avec sa fédération international…
De l’autre côté, la maladie de Chagas est très liée à déterminants sociaux (urbanisation, migration et santé, modification des pyramides populationnelle) et environnementaux (réchauffement climatique, destruction naturel). Le contexte actuel, avec la syndémie causée par COVID-19, a déjà modifié la population à risque et le profile épidémiologique de la maladie.
La détection précoce des cas aigues et chroniques, la prise en charge et suivi des affectés, la notification des cas chroniques et le suivi épidémiologique restent les grands défis. La nouvelle ère numérique et les nombreuses avancées technologiques sont en train d’ouvrir nouvelles opportunités de détection et contrôle de la transmission. Un système d’information open-source et big data de l’OMS a initié la collecte de données épidémiologiques (généralement dispersés en dehors des ministères de la santé), mais l’objective de briser définitivement le silence épidémiologique de la maladie de Chagas est une tâche pour absolument tous les acteurs sociaux (facteur humain).
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Nouvelle feuille de route pour la lutte contre les
maladies tropicales négligées ː contrôle et élimination des schistosomoses
Amadou GARBA DJIRMAY OMS
Biographie
Dr Garba est responsable de la lutte contre la schistosomose à l'Organisation mondiale de la Santé à Genève. Il est médecin, avec une expérience en recherche et en santé publique et a travaillé plus de 25 ans sur la recherche et le contrôle de la schistosomose et d'autres maladies tropicales négligées (MTN).
Avant de rejoindre l’OMS, il a dirigé le programme national de lutte contre la schistosomose du Niger, et y a mis en place le programme de lutte contre les MTN.
Plus tôt dans sa carrière, il a été chercheur au CERMES à Niamey, un collaborateur de l’Institut Pasteur.
Il a mené des recherches et des consultations sur plusieurs questions de santé telles que le contrôle des méningites à méningocoques, le VIH, les essais de vaccins, les politiques de santé scolaire, etc. Il est l'auteur de chapitres de livres et de plus de 80 articles scientifiques dans des revues à comité de lecture.
Résumé
La schistosomose humaine est causée essentiellement par 6 espèces de trématodes: S. haematobium, S. mansoni, S. intercalatum, S. guineensis, S. japonicum, et S. mekongi. Les espèces prédominantes sont S.
haematobium et S. mansoni. Les groupes plus particulièrement exposés au risque de schistosomose sont les enfants d’âge préscolaire, les enfants d’âge scolaire, les adultes appartenant à certaines catégories professionnelles, les femmes qui sont au contact d’eau infestée dans le cadre de leurs tâches ménagères et des communautés entières dans les zones à haut risque.
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La maladie est endémique dans 78 pays parmi lesquels 51 nécessitent la mise en œuvre de chimioprévention, qui est la stratégie de l’OMS consistant en l’administration périodique de praziquantel aux groupes à risque, pour juguler la morbidité liée à la schistosomose.
A l’échelle mondiale, plus de 240 millions de personnes ont besoin d’une chimioprevention contre la schistosomose parmi lesquels 90% vivent en Afrique.
En janvier 2021, l’OMS a lancé une nouvelle feuille de route 2021-2030 pour les maladies tropicales négligées. Ce document définit les cibles et les jalons au niveau mondial pour prévenir, contrôler, éliminer ou éradiquer 20 maladies et groupes de maladies tropicales négligées afin de contribuer à l’atteinte des objectifs de développement durable.
L’exposé présentera la situation mondiale de la schistosomose, les objectifs fixés par la nouvelle feuille de route ainsi que les défis qu’ils faudra relever pour l’atteinte des objectifs et leur pérennisation.
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Conclusions de la journée