Les besoins nutritifs des ruminants d’élevage
> L’objectif d’un éleveur
est de produire de la viande et / ou du lait afin de pouvoir commercialiser ces produits. L’éleveur doit pouvoir fournir aux ruminants les différents éléments nécessaires à la couverture des besoins de production de viande et / ou de lait.Fiche C1
Comme le montrent les deux graphiques ci-dessus, on retrouve 4 composés essen- tiels dans le corps d’un ruminant :
- De l’eau en grande quantité, - Des protéines,
- Des graisses (lipides),
- Une fraction minérale (cendres contenant
les minéraux).
Une fois l’eau enlevée du lait, on retrouve les 3 mêmes composés plus des sucres (glucides). Ces 4 éléments doivent être apportés par l’alimentation pour assurer la production de viande et de lait.
L’EAU est le premier besoin à satisfaire chez un ruminant. L’eau intervient dans de nom- breux mécanismes : digestion, production, rafraîchissement, excréments, … L’eau est donc essentielle et il faut que les animaux aient à disposition de l’eau propre à volonté : vous devriez pouvoir boire l’eau de vos animaux !
Figure 2 - Schéma de la constitution du système digestif d’un ruminant.
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Les différents éléments constituant le corps des ruminants et le lait
Quels sont les besoins d’un ruminant d’élevage ?
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L’herbe et les fourrages en général sont la BASE de l’alimentation des ruminants, et de ce fait le premier aliment à utiliser.
Figure 1 (de gauche à droite) : Compositions en éléments nutritifs du corps d’un mouton et du lait de vache une fois l’eau enlevée - Source : d’après l’alimentation des ruminants, J. Chesworth, 1996.
Rappel de physiologie : un ruminant pos- sède 4 « estomacs », contrairement au porc qui n’en possède qu’un. Cette particularité permet aux ruminants de digérer l’herbe.
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Par exemple, 1 kg de matière sèche de kikuyu (Brachiaria humidicola) contient en moyenne 0,64 UF ; ce qui revient à dire que 1 kg de matière sèche de kikuyu contient moins d’éner- gie qu’un kilogramme d’orge, environ les 2 / 3 d’énergie en moins qu’un kilogramme d’orge.
Les ruminants ont également besoin de PROTEINES afin de produire les protéines nécessaires à la production du lait, de viande, le développement du fœtus,… Le ruminant synthétise des protéines à partir d’acides aminés arrivant dans l’intestin,
pour faire du muscle, du lait, un foetus, … On peut dire que le ruminant à fort niveau de production a du mal à trouver tout l’azote dont il a besoin dans son alimentation, d’où la nécessité d’une complémentation azotée.
La consommation en fourrages d’un rumi- nant est liée à sa capacité d’ingestion qui est définie comme la quantité totale de matière sèche qu’un animal peut consommer par jour. Cette capacité d’in- gestion sera satisfaite si l’animal trouve la quantité nécessaire de fourrage pour remplir son rumen au pâturage. Par conséquence,
les besoins énergétiques, protéiques et minéraux (Ca,P) seront ou non satisfaits.
Exemple : un cabri de 15 kg aura un rumen beaucoup plus petit qu’un jeune bovin de 400 kg de poids vif, la capacité d’ingestion de ces deux ruminants sera donc totalement différente et liée au poids vif.
Les MINERAUX ET VITAMINES sont des éléments OBLIGATOIRES utilisés dans de nombreux mécanismes du corps d’un
ruminant. Les besoins en minéraux sont expri- més en gramme ou mg (FICHE C12 : La com- plémentation minérale des ruminants).
Les besoins en protéines sont exprimés en PROTÉINES DIGESTIBLES DANS L’INTESTIN (PDI) en grammes. La teneur en protéines des aliments
est également exprimée dans cette unité.
3 Les besoins des ruminants ne sont pas constants toute l’année
La capacité d’ingestion d’un ruminant dépend du POIDS, de l’AGE et de l’état physiologique de l’animal
Les apports en FOURRAGES sont estimés en kilogramme de matière sèche (kg MS) par jour et par animal.
Les ruminants ont besoin d’ÉNERGIE pour se déplacer, boire, respirer, manger et digérer, produire de la viande, du lait, un foetus…
Cette énergie est présente dans les sucres et les graisses (glucides et lipides) que l’on retrouve essentiellement dans l’alimentation
des ruminants ainsi que dans les réserves corporelles. Les besoins en énergie des ruminants sont exprimés en fonction d’une unité : l’Unité Fourragère Lait (UFL), qui prend en compte la transformation de l’énergie en viande ou en lait pour des bovins avec une croissance inférieure à 1 kg / jour. La valeur énergétique des aliments est également exprimée en UFL.
1 Unité Fourragère correspond à la quantité d’énergie contenue dans 1 kg d’orge.
Les besoins en énergie, protéines, et minéraux varient en fonction de plusieurs facteurs :
- Le poids vif,
- Les objectifs de production de l’éleveur, - Le stade physiologique,
- L’état corporel.
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TOUS ces besoins (entretien + production + gestation) doivent être couverts par l’alimentation si l’on veut obtenir de bonnes croissances, des femelles reproduc- trices avec du lait pour nourrir leurs petits, de bons résultats de reproduction.
Prenons l’exemple d’une brebis en train d’allaiter deux agneaux : si l’alimentation de cette brebis n’est pas assez riche pour couvrir tous ses besoins, elle privilégiera la
production de lait pour les deux agneaux qu’elle doit allaiter plutôt que de se reproduire et développer de nouveaux fœtus.
Comme le montre la figure 3, les besoins en termes d’énergie changent en fonc- tion du stade physiologique. Il en est de même pour les protéines et les minéraux.
Les premiers besoins à être satisfaits par un ruminant sont les besoins d’entretien, qui correspondent à toutes les dépenses néces- saires pour maintenir l’animal en vie (respirer, se déplacer, boire, maintenir sa température, …).
Besoins d’entretien = SURVIE DE L’ANIMAL.
Les besoins de production correspondent à toutes les autres fonctions de l’animal, on distingue ainsi les besoins de :
- croissance (production de viande, consti- tution de réserves),
- lactation (production de lait pour allaiter le veau / agneau / cabri),
- reproduction (cyclicité, gestation, dévelop- pement du fœtus).
Figure 3 - Variations des besoins d’une vache de 500 kg en fonction de son stade physiologique (Source : INRA, 2010)
Figure 4 – Ordre de satisfaction des besoins des ruminants
Une femelle peut couvrir ses besoins de reproduction si son alimentation le permet : la REPRODUCTION sera ASSURÉE UNIQUEMENT SI TOUS LES AUTRES BESOINS SONT COUVERTS.
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Il existe un critère de notation visuel qui permet d’apprécier si les besoins des animaux adultes sont couverts : la Note d’Etat Corporel, ou NEC (FICHE C13).
La NEC permet de noter les réserves corporelles d’un ruminant avec une note allant de 0 à 5.
Pour les animaux en croissance (jeunes bovins à l’engraissement et génisses de renouvellement), les pesées régulières (au sevrage, à un an, à 18 mois, à 24 mois) permettent de connaître précisément la croissance et de corriger, si besoin, l’alimentation pour la période suivante.
4 Comment savoir si les besoins des mes animaux sont satisfaits ?
Tableau récapitulant les besoins des ruminants
pouraller plusloin
Livre rouge INRA : alimentation bovins, ovins et caprins – Besoins des animaux - Valeurs des aliments -Tables INRA 2007, Mise à jour 2010
NATURE DES
BESOINS EXPRIMÉS EN ORDRE DE GRANDEUR
EXEMPLE POUR UN JEUNE BOVIN AVEC UNE PERFORMANCE DE CROISSANCE
DE 500 GRAMMES PAR JOUR
Eau Litres 9 litres / kg de MS ingérée 36 litres d’eau pour un JB de 160 kg 95 litres d’eau pour un JB de 420 kg
Fourrages kg de matière sèche (MS) 2,5 kg de MS pour 100 kg de poids vif
4 kg de MS pour un JB de 160 kg 10,5 kg de MS pour un JB de 420 kg
Energie UF = Unité fourragère Variable
3 UF pour un JB de 160 kg 5 UF pour un JB de 420 kg
(Source INRA 2007)
Protéines PDI = Protéines Digestibles
dans l’Intestin Variable
300 g PDI pour un JB de 160 kg 450 g PDI pour un JB de 420 kg
(Source INRA 2007)
Minéraux
En grammes / kg de MS (essentiellement pour Calcium et Phosphore)
Variable
9 g de P pour un JB de 160 kg 14 g de P pour un JB de 420 kg
(Source INRA 2007)