Feuille d’exercices n
o3
Exercice 1. Déterminer le rayon de convergence des séries entières suivantes.
(1) °
n¥0
3n2 17n 5 n 5 zn; (2) °
n¥0
np2qn 1zn; (3) °
n¥0
2 cospnq zn; (4) °
n¥1 nn
n!zn; (5) °
n¥1
cosp1{nqnα
zn, où αPR; (6) °
n¥0enzn2; (7) °
n¥0
n!zn2; (8) °
n¥1
1 pn1qnn2
zn.
Exercice 2. Déterminer le rayon de convergence R et la somme dans l’intervalle s R, Rrdes séries entières suivantes.
(1) °
n¥1
n2xn; (2) °
n¥a 1 1
naxn, où aPN; (3) °
n¥2 n n21xn; (4) °
n¥0 1 2n 1xn. (5) °
n¥1
cosp2nπ{3q n xn (6) °
n¥0
wnxn, où wn³π{2
0 cosptqn
dt.
Exercice 3. Développer en série entière les fonctions suivantes, en précisant à chaque fois le plus grand disqueDp0, Rq ou le plus grand intervalle s R, Rr possible.
(1) fpzq z1a, où aP C;
1
(2) fpzq 1 z z1 2;
(3) fpzq z22zpcossinaaqz 1, où a PR; (4) fpzq p1zqp11z3q;
(5) fpxq log ?
1 x ?
1x
(dériver f);
(6) fpxq arcsin?1xpx2q (montrer que f est solution d’une équation différentielle simple).
Exercice 4. Montrer que pour toutxP R, on achpxq ¤ ex2{2.
Exercice 5. Soit fpzq °8
n0
cnzn la somme d’une série entière de rayon de conver- gence infini. Montrer que pour tout r¡0, on a
cnrn 1 2π
»2π
0
eintfpreitqdt.
Exercice 6. Soit fpzq °8
n0
cnzn la somme d’une série entière de rayon de conver- gence infini. On suppose qu’il existe un entier N et deux constantes a, b ¥ 0 tels que
@z PC : |fpzq| ¤ a|z|N b.
En utilisant l’Exercice 5, montrer que f est une fonction polynômiale de degré¤N.
Exercice 7. Soit fpzq °8
n0cnzn la somme d’une série entière de rayon de conver- gence infini. On suppose qu’il existe une constanteC telle quefpzq OpeC|z|qquand
|z| tend vers l’infini.
(1) En utilisant l’Exercice 5, montrer qu’il existeR ¡0 et une constante A tels que|cn|rn ¤AeCr pour tout r¡R.
(2) En déduire qu’on a|cn| OpCen qn quand n tend vers l’infini.
Exercice 8. Soit f :RÑR la fonction définie par fpxq ex
2 2
»x
0
et
2 2 dt.
(1) Montrer que f vérifie une équation différentielle simple.
(2) En déduire que f est développable en série entière sur R et déterminer son DSE.
Exercice 9. Le but de l’exercice est de calculer S ¸
n¥1
p1qn 1 np2n 1q
(1) Justifier que S est bien défini.
(2) Déterminer le rayon de convergenceRde la série entièreΣ °
n¥1
p1qn 1 np2n 1qx2n 1. (3) PourxP s R, Rr on pose fpxq °
n¥1
p1qn 1 np2n 1qx2n 1. (a) Exprimer f1pxqau moyen des fonctions usuelles.
(b) En déduire une expression de fpxq pourxP s R, Rr. (4) Calculer S.
Exercice 10. Le but de l’exercice est de calculer la somme S ¸8
n2
p1qn npn1q (1) Déterminer le rayon de convergenceR de la série entière °
n¥2 p1qn npn1qxn. (2) Dans cette question on veut calculerfpxq °8
n2 p1qn
npn1qxn pourxP sR, Rr; ce qu’on va faire de 2 façons différentes.
(a) 1ère méthode. En remarquant que 1
npn1q 1 n11
n,exprimerfpxq à l’aide de fonctions usuelles.
(b) 2è méthode. Exprimer f1pxq à l’aide de fonctions usuelles, et en déduire fpxq.
(3) Calculer S.
Exercice 11. Soit pbnqnPN une suite de nombres réels positifs. On suppose que la série entière °
bnzn a pour rayon de convergence R ¡ 0. Montrer que, même si la série °
bnRn diverge, on peut écrire que lim
xÑR
¸8 n0
bnxn ¸8
n0
bnRn.
Exercice 12. Soit panqn¥0 une suite de nombres complexes, et pbnqn¥0 une suite de nombres réels, avec bn ¡0 pour tout n. On suppose que abn
n admet une limite λ0 quand n Ñ 8. On suppose également que la série entière °
bnzn a pour rayon de convergence R 1, et que la série°
bn diverge.
(1) Montrer que la série entière°
anzn a un rayon de convergence égal à1.
(2) En utilisant l’Exercice 11 et un raisonnement “de type Cesàro”, montrer qu’on a
xÑ1lim
°8 n0
anxn
°8 n0
bnxn λ.
Exercice 13. Soit f :s 1,1rÑR la fonction définie par fpxq ¸8
n0
xn2. (1) Justifier la définition.
(2) Soit x P r0,1r. Montrer que pour tout n P N, on a ³n 1
n xt2dt ¤ xn2 ¤
³n
n1xt2dt, et en déduire l’encadrement
»8
0
xt2dt¤fpxq ¤1
»8
0
xt2dt.
(3) On rappelle que l’intégrale ³8
0 eu2du vaut ?
π{2. En utilisant (2), montrer que
fpxq
?π 2a
|logpxq|
?π 2?
1x quand xÑ1.
Exercice 14. Soit Σ°
anxn de rayon de convergence égal à 1. On suppose que fpxq ¸8
n0
anxn admet une limite l quand xÑ1. La question est de savoir si la série °
an converge.
(1) Montrer que la réponse est “non” en général. (Considérer an p1qn.) (2) Montrer que la réponse est “oui” si les an sont réels ¥0.
(3) Dans cette question, on suppose que an op1{nq quand n Ñ 8. On veut montrer que °
an converge et a pour somme l. (Ce résultat s’appelle le théorème de Tauber.)
(a) Pour N PN, on pose xN 1 N11 Montrer qu’on a
f xN
¸N n0
an ¤
¸N n0
an xnN 1
¸8 nN 1
anxnN
¤ 1
N 1
¸N n0
nan sup
n¥N 1
nan ¸8
nN 1
xnN n (b) Conclure.
Exercice 15. Soit R ¡ 0, et soit f : r0, RrÝÑ R une fonction de classe C8. On suppose que toutes les dérivées de f sont positives, i.e.
@k PN@xP r0, Rr: fpkqpxq ¥0.
(1) PourxP r0, RretnP N, on poseRnpxq ³1
0 p1sqn
n! fpn 1qpsxqxn 1ds. Montrer que si 0¤x a R, alors
0¤Rnpxq ¤x a
n
Rnpaq ¤x a
n
fpaq.
(2) Montrer que f est “développable en série entière sur r0, Rr” , autrement dit que
@xP r0, Rr: fpxq ¸8
k0
fpkqp0q k! xk.
Exercice 16. En utilisant l’Exercice 15, montrer que fpxq tanxest développable en série entière sur s π2,π2r.
Exercice 17. Soitf :RÑRla fonction définie parfpxq 0six¤0etfpxq e1{x six¡0. Montrer quef est de classeC8, mais n’est pas développable en série entière au voisinage de 0.
Exercice 18. Soit f :RÑR la fonction définie par fpxq ¸8
n0
cosp2nxq
n!
(1) Justifier la définition; puis montrer que f est de classe C8 sur R et calculer fpkqp0q pour tout kPN.
(2) Montrer que f n’est pas développable en série entière au voisinage de 0.
Exercice 19. Soit f une fonction développable en série entière dans un disque Dp0, Rq, et vérifiant fp0q 0. Le but de l’exercice est de montrer que la fonc- tion g 1{f est développable en série entière au voisinage de 0, en utilisant une autre méthode que celle vue en cours. Dans la suite, on écrira fpzq °8
n0
anzn. (1) Montrer qu’il existe une unique suite de nombre complexe pbnq telle que
l’identité
fpzq ¸8
n0
bnzn 1
soit formellement satisfaite. (Calculerb0, et déterminer une relation de récur- rence vérifiée par pbnq.)
(2) Justifier l’existence d’un δ¡0tel que °8
n1
|an|δn ¤a0 (3) Montrer à l’aide de (2) qu’il existe une constante C telle que
@nPN : |bn| ¤ Cn
|a0|
(4) Montrer que le rayon de convergence de la série entière°
bnznest strictement positif, et conclure.
Exercice 20. SoitΣ°
anzn une série entière de rayon de convergenceR ¡0. On suppose que la suitepanqestpériodique, autrement dit qu’il existe un entier ptel que
@nPN : an p an. Montrer que fpzq °8
n0
anzn est une fonction rationnelle.
Exercice 21. Le but de l’exercice est de calculer la somme S ¸
n¥0
1 p3nq! (1) Justifier que Spxq °8
n0 x3n
p3nq! est bien défini pour tout xPR.
(2) Soit j e2iπ{3. Calculer 1 jk j2k pour tout entier k PN, et en déduire le développement en série entière de ex ejx ej2x.
(3) Calculer Spxqpour tout xPR, et conclure.
Exercice 22. Le but de l’exercice est d’établir la formule
»1
0
logpxqlogp1xqdx ¸8
k1
1 kpk 1q2
(1) Montrer que la fonction f définie sur s0,1r par fpxq logpxqlogp1xq se prolonge par continuité à r0,1s, et donner les valeurs de fp0q etfp1q.
(2) Pour tout entier k¥1, on définituk :r0,1s ÑR par unp0q 0 et ukpxq 1
kxklogpxq si 0 x¤1.
(a) Montrer que la série°
ukconverge simplement surr0,1set que sa somme vaut f.
(b) Étudier chaque fonction uk sur r0,1s, puis montrer que la série ° uk converge en fait normalement sur r0,1s.
(c) Calculer ³1
0xklnpxqdx pour tout k¥1.
(3) Conclure.
Exercice 23. Soit p P N. Pour n P N, on note Kn,p le nombre de p-uplets pk1, . . . , kpq PNp tels que k1 kp n.
(1) Montrer que pour tout xP s 1,1r, on a 1
p1xqp ¸8
n0
Kn,pxn.
(2) En déduire Kn,p pour toutn PN.
Exercice 24. Pour n P N, on note an le nombre de couples pp, qq P N2 vérifiant p 5q n.
(1) Montrer que la série entière°
anzn a un rayon de convergence au moins égal à1.
(2) PourxP s 1,1r, on posefpxq °8
n0
anxn. Établir l’identité fpxq 1
1x 1 1x5 (3) En déduire que
fpxq p1 x x2 x3 x4q ¸8
k0
pk 1qx5k.
(4) Pour n P N, exprimer an en fonction du quotient k kn de la division euclidienne de n par 5.
(5) Calculer a3773.
Exercice 25. Soit punq la suite réelle définie paru0 1et la relation de récurrence un 1
¸n k0
ukunk. Les un s’appellent les nombres de Catalan.
(1) Montrer qu’il existe une constanteC telle que @nP N : un ¤ pnCn1q2 (2) En déduire que la série entière °
n¥0
unxn a un rayon de convergenceR non nul.
(3) PourxP s R, Rr, on pose fpxq °8
n0
unxn.
(a) Montrer que f satisfait l’équation fonctionnellexf2pxq fpxq 10.
(b) En déduire qu’il existe ρ¡0 tel que pour tout x non nul dans s ρ, ρr, on a
fpxq 1? 14x
2x
(4) En utilisant (3), trouver une expression de un en fonction de n.
Exercice 26. Pour tous les entiersk etn tels quen¥1et 0¤k ¤n, on noteDn,k
le nombre de permutations σ de l’ensemble t1, . . . , nu ayant k points fixes, c’est à dire telles que
# iP t1, . . . , nu; σpiq i( k.
On pose également D0,0 1, et dn Dn,0 pour tout n¥1. Ainsi, dn est le nombre dedérangements det1, . . . , nu, i.e. de permutations sans point fixe.
(1) Dresser la liste de toutes les permutations det1,2,3u et en déduire la valeur deD3,0,D3,1, D3,2 etD3,3.
(2) Montrer que n! °n
k0
Dn,k pour tout nPN (3) Établir l’identité Dn,k nk
Dnk,0. (4) Montrer que la série entière°dn
n!zn a un rayon de convergence au moins égal à1.
(5) Montrer que pour tout xP s 1,1r, on a ex
¸8 n0
dn
n! xn 1 1x
(6) En déduire que pour tout n¥1, on a dn n!
¸n k0
p1qk k!
(7) Pourn ¥1, on note pn la probabilité pour qu’une permutation de t1, . . . , nu prise au hasard soit un dérangement. Déterminer (si elle existe) la limite de pn quand nÑ 8.
Exercice 27. Étant donné n P N, on dit qu’une permutation σ de t1, . . . , nu est une involution si on a σσpkq k pour tout kP t1, . . . , nu. On noteIn le nombre d’involutions det1, . . . , nupour n¥1, et on pose I0 1.
(1) Montrer que sin ¥1, alors In 1 In nIn1 (Pour kP t1, . . . , n 1u, compter le nombre d’involutions det1, . . . , n 1u vérifiant σpn 1q k.)
(2) Montrer que la série entière°In
n!zn a un rayon de convergence au moins égal à1.
(3) PourxP s 1,1r, on poseSpxq °
n¥0 In
n!xn. (a) Établir l’identité S1pxq p1 xqSpxq.
(b) En déduire une expression de Spxq en fonction dex.
(4) En utilisant (3b), donner une expression de In.
Exercice 28. Dans cet exercice, on considère desvariables aléatoires à valeurs dans N; et pour abréger, on écrira “va entière” au lieu de “variable aléatoire à valeurs dans N”. Si X est une va entière, la fonction génératrice de X est la fonction GX :r1,1s ÑRdéfinie par
GXpsq ¸8
k0
PpX kqsk.
(1) Justifier la définition, et montrer queGX est continue surr1,1s et de classe C8 sur s 1,1r.
(2) Montrer quela fonction génératrice détermine la loi : si X1 etX2 sont deux va entières telles que GX1 GX2, alors PpX1 kq PpX2 kq pour tout kP N.
(3) Calculer GX dans les cas suivants :
(i) X suit une loi de Bernoulli de paramètre p;
(ii) X suit une loi binomiale Bpn, pq;
(iii) X suit une loi de Poisson de paramêtre λ¡0.
(4) Montrer que si X et Y sont des va entières indépendantes, alors GX Y GX GY.
(5) Établir les résultats suivants :
(a) si X etY sont des va entières indépendantes suivant des lois de Poison Ppλq etPpµq, alors X Y suit la loi de Poisson Ppλ µq;
(b) si X1, . . . , Xn sont des va entières indépendantes suivant toutes la même loi de Bernoulli de paramètre p, alorsX1 Xn suit la loi binomiale Bpn, pq.
Exercice 29. Montrer que l’équation différentiellep1 x2qy2pxq2ypxq 0possède une unique solutionf développable en série entière sur s 1,1ret vérifiantfp0q a0 etf1p0q a1, où a0, a1 PR sont donnés.
Exercice 30. Soit a¡0. Déterminer les solutions de l’équation différentielle p1t2qx2tx1 a2x0
développables en série entière sur s 1,1r. Exercice 31. Soient pptq °8
0 pntn et qptq °8
0 qntn deux fonctions à valeurs réelles développables en série entière dans un intervalle s R, Rr. On considère l’équation différentielle
(E) x2 px1 qx 0.
(1) Soient a0, a1 P R. Montrer qu’il existe une unique suite panqn¥2 telle que la série entière °8
0 antn soit formellement solution de l’équation (E), et déter- miner une relation de récurrence vérifiée par les coefficientsan.
(2) Montrer que pour tout r P s0, Rr, il existe une constante C Cr 8 telle que
pn 2qpn 1q|pn| ¤ C
rn1 et |qn| ¤ C rn pour toutn PN.
(3) Soient r P s0, Rr, n P N et M ¡ 0. On suppose qu’on a |ai| ¤ M ri pour tout iP t0, . . . , n 1u. Montrer que si n2Cr2 ¤ r12, alors |an 2| ¤M rn2. (4) Montrer que pour a0, a1 P R donnés, l’équation (E) possède une unique so-
lution ϕ développable en série entière sur s R, Rr vérifiant ϕp0q a0 et ϕ1p0q a1.
Exercice 32. Soit panqnPN la suite définie par a0 0 et la récurrence an n1 2
n
n¸1 k0
ak. (1) Montrer que fptq °
n¥0
antn vérifie formellement l’équation différentielle
() x1ptq 2xptq
1t
2t p1tq2
2t2 p1tq3
(2) Résoudre l’équation () sur s 1,1r, et trouver la solution vérifiantxp0q 0.
(On doit obtenir xptq p12tq2 log11t t .)
(3) En déduire une expression de an en fonction de Hn °n
k1 1 k. (4) Montrer qu’on a anOpnLognqquand n Ñ 8.