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Academic year: 2022

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65 rue de St-Brieuc 35042 Rennes Cedex

des marges de manÏuvre des Žlevages ˆ

partir de la mesure des inefficacitŽs

On dit quÕil y a inefficacitŽ technique lorsque le niveau de production qui est atteint pourrait lÕ•tre en utilisant moins dÕintrants ou,

autrement dit, en utilisant une meilleure combinaison des facteurs de production. La mesure de ces inefficacitŽs permet de caractŽriser les amŽliorations qui pourraient •tre apportŽes.

RŽsumŽ

Apr•s une br•ve revue de la littŽrature Žconomique sur la notion dÕefficacitŽ et sur son intŽr•t pour la gestion, cet article dŽfinit lÕinefficacitŽ technique comme la distance sŽparant tout niveau de production observŽ du niveau optimal qui serait obtenu si tous les intrants Žtaient utilisŽs de mani•re techniquement efficace.

LÕutilisation dÕune mŽthodologie non paramŽtrique, appelŽe Data Envelopment Analysis (DEA), basŽe sur des techniques de programmation linŽaire, permet la mesure de lÕefficacitŽ technique de trois Žchantillons du RICA (RŽseau dÕInforma- tion Comptable Agricole) pour lÕannŽe 1991 de producteurs de porcs ayant des orientations diffŽrentes : porcs seuls, porcs et herbivores ou granivores (porcs et volailles).

Les premiers rŽsultats attribuent une plus grande efficacitŽ moyenne aux produc- teurs de porcs. Ces derniers sont en gŽnŽral moins ‰gŽs et mieux formŽs que les producteurs des deux autres groupes. Ce rŽsultat appara”t liŽ ˆ la plus grande homogŽnŽitŽ des techniques de production mises en Ïuvre et ˆ la prŽpondŽrance des facteurs variables par rapport aux facteurs fixes dans le processus de produc- tion. Pour les producteurs dÕherbivores, les plus et les moins efficaces ont plut™t une orientation laiti•re. La diffŽrence de performance sÕexplique par une meilleure utilisation des consommations intermŽdiaires chez les plus efficaces.

Enfin, le groupe de producteurs de granivores se rapproche de celui des Žleveurs de porcs mais prŽsente des caractŽristiques moins marquŽes. Sur un plan envi- ronnemental, une compatibilitŽ entre amŽlioration de lÕefficacitŽ technique et rŽduction des rejets azotŽs semble possible seulement chez les Žleveurs dÕherbi- vores et de granivores. Quant aux marges de manÏuvre pour amŽliorer lÕeffica- citŽ technique des producteurs, elles concernent ˆ court terme principalement les charges liŽes ˆ lÕactivitŽ de production de vŽgŽtaux et ˆ plus long terme le facteur terre pour les exploitations hors sol et le matŽriel pour celles Žlevant des herbi- vores. Enfin, la mesure de lÕefficacitŽ dÕŽchelle met en Žvidence des possibilitŽs dÕŽconomies de cožt suite ˆ une modification de lÕŽchelle de production pour plus de 52 % des Žlevages quel que soit lÕŽchantillon considŽrŽ.

Traditionnellement, lÕŽconomie de la pro- duction se prŽoccupe de la fa•on dont les firmes choisissent leur plan de production.

Les principes qui guident ce choix sont basŽs sur la maximisation du profit, sachant le prix

des produits et des facteurs de production, ou, ce qui revient au m•me, sur la minimisation du cožt, connaissant le prix des intrants. Une telle dŽmarche peut sembler assez thŽorique et, en fait, peu susceptible de guider pratique- ment le bon fonctionnement des entreprises.

A premi•re vue, on est assez ŽloignŽ de la ges- tion qui Ç ne poursuit pas une connaissance dŽsintŽressŽe et contemplative, mais cherche ˆ diriger les organismes de mani•re optimale ou, du moins, de la moins mauvaise mani•re possible È (Lass•gue 1981). Pour cet auteur, la gestion ne rel•ve pas Ç dÕune connaissance gratuite, mais dÕune connaissance tournŽe vers lÕaction È.

Sans entrer dans le dŽbat plus gŽnŽral des rapports entre Žconomie de lÕentreprise et ges- tion (cf Glais 1990), nous voudrions montrer ici quÕun certain nombre de dŽveloppements rŽcents en Žconomie de la production ouvrent la voie dÕune rŽconciliation entre ce qui peut appara”tre comme la Ç connaissance gratuite È, et la Ç connaissance tournŽe vers lÕaction È.

Une telle rŽconciliation passe par lÕŽtablisse- ment de mesures dÕefficacitŽ qui permettent lÕŽvaluation des performances relatives dans un groupe dÕunitŽs productives.

LÕapplication de ces mŽthodes ˆ lÕagricul- ture para”t particuli•rement judicieuse dans la mesure o• cÕest un champ dÕapplication pri- vilŽgiŽ de lÕŽconomie de la production, en rai- son des rapports relativement Žtroits entre Žconomistes agricoles et utilisateurs, comme le note Mairesse (1993). De plus lÕŽconomie agricole est, en amont, ˆ lÕorigine des princi- pales innovations intervenues en Žconomie de la production (Chambers 1988).

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On se trouve donc ˆ lÕintersection des besoins des praticiens, pressŽs par les nou- velles r•gles du jeu rŽsultant du mouvement gŽnŽral de libŽralisation du secteur, et dÕun certain nombre dÕavancŽes thŽoriques.

LÕarticle est structurŽ autour de deux axes : le premier ˆ caract•re plut™t mŽthodologique, le second Žtant basŽ sur lÕanalyse concr•te de rŽsultats. La premi•re partie est consacrŽe ˆ la notion dÕinefficacitŽ et ˆ la prŽsentation dÕune mŽthode particuli•re de calcul, en sÕai- dant de graphiques simplifiŽs. La deuxi•me partie met en Ïuvre la mŽthode ŽvoquŽe en proposant des estimations des inefficacitŽs pour trois groupes dÕexploitations dÕŽlevage produisant des porcins mais ayant des orien- tations diffŽrentes (porcs seuls, porcs et herbi- vores, porcs et volailles). Il sÕagit dÕŽchan- tillons issus du RŽseau dÕInformation Comptable Agricole (RICA) pour lÕannŽe 1991.

Ces rŽsultats permettent dÕillustrer lÕintŽr•t de lÕapproche proposŽe.

1 / La notion dÕinefficacitŽ et son estimation

par lÕapproche non paramŽtrique

La notion dÕinefficacitŽ est prŽcisŽe par rŽfŽ- rence ˆ son contraire, lÕefficacitŽ, telle quÕelle est entendue dans la thŽorie Žconomique depuis Pareto, et diffŽrents types dÕinefficacitŽ sont dŽfinies.

1

.1

/ La notion dÕinefficacitŽ et son intŽr•t

pour la gestion

Dans le syst•me de concurrence ŽlaborŽ par les Žconomistes, le marchŽ joue un r™le fonda- mental dans lÕallocation optimale des res- sources entre les entrepreneurs, en recher- chant lÕefficacitŽ sociale (ou collective). Cette efficacitŽ correspond ˆ une situation o• il nÕest plus possible de dŽgager de surplus dis- tribuable sans pŽnaliser un individu. Ce mŽcanisme repose toutefois sur la prŽsence dÕagents rationnels et efficaces, cÕest-ˆ-dire qui produisent un niveau maximum de pro- duits compte tenu de la technologie et des marchŽs des produits et des facteurs.

Si lÕon a beaucoup discutŽ sur le r™le de la concurrence pure et parfaite par rapport au fonctionnement des marchŽs, on sÕest beau- coup moins prŽoccupŽ de lÕefficacitŽ des pro- ducteurs et des consŽquences qui pouvaient en rŽsulter tant au niveau collectif quÕau niveau des performances des entreprises. Or les Žcarts entre le niveau maximum de pro- duction que lÕon peut obtenir en intŽgrant toutes les contraintes auxquelles font face les producteurs, et la rŽalitŽ sont sensibles et montrent lÕexistence dÕimportantes marges de manÏuvre.

Sans rŽduire lÕentreprise ˆ une simple fonc- tion de production, on peut quand m•me

admettre, dans le cas de lÕagriculture, que nous sommes en prŽsence dÕunitŽs de faible dimension qui, prises individuellement, ne risquent pas dÕinfluencer les conditions dÕŽqui- libre du marchŽ. Ces unitŽs subissent intŽgra- lement le syst•me des prix, que celui-ci soit administrŽ, comme pour le lait, ou plus ou moins libre, comme pour le porc. LÕexploitant a tout juste la possibilitŽ de fixer le volume de sa production ˆ lÕintŽrieur dÕune certaine marge, qui peut plus ou moins varier selon les contraintes institutionnelles, avec lÕacc•s au foncier, rŽglementaires, avec la limitation des effluents dÕorigine animale, ou administra- tives avec les droits ˆ produire.

CÕest ˆ lÕintŽrieur de cet ensemble de contraintes que le producteur va gŽrer son exploitation. QuÕil sÕagisse de maximiser le profit, de minimiser le cožt, ou de chercher ˆ produire le plus possible compte tenu des fac- teurs de production disponibles et de leur prix, la notion de fonction fronti•re est utilisŽe dans chaque situation. La distance existant entre les exploitations et cette fronti•re donne une mesure de leur inefficacitŽ, les plus efficaces Žtant Žvidemment situŽes sur celle-ci.

La mise en Žvidence de ces inefficacitŽs, et surtout de leur origine, donne des indications sur les possibilitŽs dÕamŽlioration des rŽsul- tats Žconomiques, soit en produisant plus avec le m•me niveau de facteurs, soit en pro- duisant autant avec moins dÕintrants. CÕest ˆ Debreu (1951) que lÕon doit la premi•re mesure de lÕefficacitŽ avec le Ç coefficient dÕutilisation des ressources È calculŽ ˆ partir de la rŽduction Žquiproportionnelle maximale de tous les intrants permettant la production continue des produits fabriquŽs. Un tel coeffi- cient donne une Žvaluation numŽrique de la perte associŽe ˆ une situation non optimale.

Toutefois, cÕest Farrell (1957) qui dŽfinit de mani•re plus prŽcise lÕefficacitŽ en dissociant ce qui est dÕorigine technique de ce qui est dž ˆ un mauvais choix par rapport au prix des intrants.

LÕefficacitŽ technique, proche de lÕesprit du coefficient dÕutilisation des ressources de Debreu, mesure la fa•on dont lÕentrepreneur combine les facteurs de production lorsque leurs proportions dÕutilisation sont donnŽes. Il y a inefficacitŽ technique quand on pourrait obtenir le m•me rŽsultat avec une moindre quantitŽ dÕintrants. LÕefficacitŽ-prix se dŽfinit par la fa•on dont lÕentrepreneur fixe les pro- portions entre les diffŽrents intrants partici- pant ˆ la combinaison productive en se basant sur leurs prix respectifs. Cette mesure donne une apprŽciation de la mani•re dont les firmes allouent leurs ressources productives par rapport ˆ un objectif de production. DÕo•

lÕappellation dÕefficacitŽ allocative souvent utilisŽe en lieu et place du terme dÕefficacitŽ- prix employŽ par Farrell. La figure 1 donne une reprŽsentation graphique de ces notions.

ConsidŽrons une exploitation A qui utilise deux facteurs de production (x1, x2) dispo- nibles ˆ un certain niveau de prix fixŽ pour produire un produit y. La fronti•re de produc- tion dŽcrite par yyÕ exprime le montant maxi-

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mum de produit pouvant •tre obtenu ˆ partir de toute combinaison des deux intrants. En A, lÕexploitation prŽsente une inefficacitŽ tech- nique car elle se situe au-dessus de la fron- ti•re pour un niveau donnŽ de produit. En rŽduisant lÕutilisation de ses deux facteurs de production x1 et x2le long du rayon OA jus- quÕen Q, lÕexploitation peut produire le m•me niveau de bien ˆ partir dÕun vecteur plus petit dÕintrants sans modifier la combinaison des facteurs utilisŽs. Avec cette rŽduction OQ/OA, lÕexploitation A rŽalise une Žconomie sur les cožts de production mis en Ïuvre sans perte de produit. Ainsi la mesure OQ/OA dŽcrit lÕef- ficacitŽ technique de A. NumŽriquement elle prend des valeurs comprises entre 0 et 1, avec un score dÕefficacitŽ technique de 1 pour toute exploitation situŽe sur la fronti•re de produc- tion.

Si ˆ prŽsent on suppose que lÕon est en prŽ- sence dÕun marchŽ des facteurs de production concurrentiel, les prix relatifs des deux intrants x1et x2peuvent •tre reprŽsentŽs par la droite dÕisocožt C0C1. Le point de contact B entre cette droite dÕisocožt, et la fronti•re de production yyÕ, donne le cožt minimum de production pour la fabrication dÕune unitŽ de produit. Le point R, sur la droite dÕisocožt, a le m•me cožt que le point B. Le point Q, qui est sur la fronti•re dans le prolongement de OR, correspond ˆ un emploi de ressources pro- ductives plus important. La distance RQ mesure le surcožt dÕutilisation des facteurs x1 et x2. Compte tenu du rapport des prix exis- tants, nous nÕavons pas la combinaison de facteurs optimale. RQ reprŽsente donc lÕinef- ficacitŽ-prix ou inefficacitŽ allocative de lÕex- ploitation A.

Globalement lÕexploitation A cumule une double inefficacitŽ, technique et allocative que

lÕon peut exprimer par le rapport OR/OA.

Celui-ci peut sÕŽcrire : OR/OA = OQ/OA x OR/OQ

cÕest-ˆ-dire que lÕinefficacitŽ totale est le produit de lÕinefficacitŽ technique par lÕineffi- cacitŽ-prix. Dans le m•me ordre dÕidŽe, lÕex- ploitation D prŽsente une inefficacitŽ tech- nique tout en Žtant allocativement efficace.

Seule B est techniquement et allocativement efficace.

IndŽpendamment des inefficacitŽs tech- niques et allocatives, une autre forme dÕineffi- cacitŽ peut se manifester, liŽe ˆ lÕŽcart exis- tant entre les performances constatŽes et celles qui seraient obtenues dans une situa- tion dÕŽquilibre concurrentiel de long terme.

Cet Žcart rŽsulte de la prŽsence dÕŽconomies dÕŽchelle dans la situation observŽe, dÕo•

lÕexistence dÕune inefficacitŽ dÕŽchelle. Cet Žtat des choses peut sÕexpliciter en partant de la fonction liant le cožt de production aux quan- titŽs produites, connaissant le prix des intrants.

Cette fonction de cožt C dŽpend de y (quan- titŽs produites) et de p (prix des intrants) soit C = C(p,y). Les Žconomies dÕŽchelle E(p,y) vont sÕapprŽcier ˆ travers le rapport entre cožt moyen CM et cožt marginal Cm. Elles sont croissantes quand E(p,y) est supŽrieur ˆ 1, constantes quand E(p,y) = 1 et dŽcrois- santes quand E(p,y) est infŽrieur ˆ 1. Cette mesure Žquivaut aux rendements dÕŽchelle obtenus en raisonnant ˆ partir de la technolo- gie, cÕest-ˆ-dire quand on examine la valeur du coefficient kÕ par lequel est multipliŽ la production lorsquÕon multiplie les quantitŽs dÕintrants par k.

Dans le cas particulier o• le cožt moyen est minimum, cožt moyen et cožt marginal sÕŽga- lisent et E(p,y) = 1. On atteint alors un Žqui- libre concurrentiel de long terme, avec un pro- fit nul, o• les facteurs quasi-fixes sont parfaitement adaptŽs au niveau de produc- tion. Il nÕy a aucune sous-capacitŽ dÕemploi de la terre ou du travail familial et le prix du produit est Žgal au cožt marginal. La mise en Žvidence dÕun dŽcalage entre cožt moyen et cožt marginal, par le biais des Žconomies dÕŽchelle permet donc la mise ˆ jour dÕune inefficacitŽ dÕŽchelle.

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/ La mesure des inefficacitŽs par lÕapproche

non paramŽtrique

Dans un deuxi•me point nous montrons comment, ˆ partir dÕune approche non para- mŽtrique basŽe sur la programmation linŽaire, un score dÕefficacitŽ par exploitation peut •tre calculŽ. LÕapproche dŽveloppŽe selon les propositions initiales de Farrell (1957) est qualifiŽe de non paramŽtrique car on construit par programmation mathŽmatique une enveloppe des observations sans quÕaucun vecteur de param•tres ne soit estimŽ.

Charnes et al(1978) ont gŽnŽralisŽ et rendu opŽrationnelles les propositions de Farrell en permettant lÕestimation de la fronti•re ˆ par- y

A

Q

R

B

D

y ' x2

0 x1A x1

x2A

C0 C1

yy ' : production maximale permise par les facteurs de production x1 et x2.

C0C1 : droite d'isocoût des facteurs de production

Figure 1. Mesures de l’inefficacité technique et allocative dans le plan x1x2des facteurs de production.

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tir dÕune courbe enveloppe formŽe de seg- ments de droite reliant les unitŽs efficaces, dÕo• le nom de Data Envelopment Analysis (DEA). La DEA fait reposer une surface linŽaire par morceaux au sommet des obser- vations et met en place un processus dÕoptimi- sation considŽrant chaque entreprise de mani•re individuelle.

La premi•re Žtape de lÕapproche DEA est la construction dÕune reprŽsentation de la tech- nologie ˆ partir de lÕensemble des observa- tions dont on dispose. Il convient de noter le caract•re relatif de la technologie dŽfinie ici puisque lÕon raisonne ˆ un moment donnŽ en dŽfinissant une fronti•re de production ˆ par- tir de lÕŽchantillon dÕexploitations considŽrŽ. Il est Žvident que hors de cet Žchantillon peu- vent exister dÕautres unitŽs productives plus performantes. Ces unitŽs performantes peu- vent m•me •tre encore assez ŽloignŽes dÕun optimum thŽorique qui peut de plus Žvoluer dans le temps par lÕintŽgration de nouvelles techniques. Ce caract•re statique et relatif de lÕanalyse doit •tre prŽsent ˆ lÕesprit, notam- ment lors de lÕinterprŽtation des rŽsultats.

La seconde Žtape de la DEA consiste ˆ mesurer lÕŽcart existant entre chaque exploi- tation observŽe et la fronti•re de production dŽfinie prŽcŽdemment. Les valeurs des Žcarts sont comprises entre 0 et 1. Toute exploitation observŽe situŽe sur la fronti•re technologique dŽfinie en premi•re Žtape se voit attribuer la valeur de 1 et est dŽclarŽe techniquement effi- cace, au moment considŽrŽ et relativement ˆ lÕŽchantillon. Les autres observations, situŽes ˆ lÕintŽrieur de lÕensemble de production ont un score infŽrieur ˆ 1 et sont techniquement inefficaces par rapport aux exploitations ayant un score de 1.

LÕencadrŽ page ci-contre prŽsente la mŽthode de mani•re plus rigoureuse.

2 / InefficacitŽs

dans les Žlevages hors-sol et bovins

La mŽthodologie DEA a ŽtŽ appliquŽe, ˆ titre illustratif, ˆ trois Žchantillons du RICA (RŽseau dÕInformation Comptable Agricole) pour lÕannŽe 1991. Apr•s une prŽsentation des exploitations et la dŽfinition des variables uti- lisŽes pour dŽcrire la technologie de produc- tion mise en Ïuvre, les rŽsultats obtenus ˆ partir des mesures dÕefficacitŽ technique et dÕŽchelle sont prŽsentŽs et commentŽs.

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/ CaractŽristiques

des exploitations analysŽes

LÕŽtude sÕest intŽressŽe aux exploitations du RICA produisant des porcins pour lÕannŽe 1991. Celles-ci sont regroupŽes en 3 sous- Žchantillons. Le premier nommŽ Ç Porcs seuls È contient 107 Žlevages de lÕOTEX 50 (spŽcia- lisŽs en granivores) produisant, en moyenne, 97 % de porcins. Le deuxi•me groupe dŽnommŽ Ç Herbivores È regroupe

129 exploitations de lÕOTEX 71 (polyŽlevages ˆ orientation herbivores). Les Žlevages concer- nŽs produisent, en moyenne, 70 % de bovins et 25 % de porcins. Enfin, le groupe Ç Grani- vores È contient des exploitations de lÕOTEX 72 (polyŽlevages ˆ orientation granivores) produisant 55 % de porcs, 24 % de volailles et 16 % de bovins, en moyenne. Dans lÕensemble ces trois groupes produisent peu de vŽgŽtaux : 5 % de la production totale pour les porcs seuls et les granivores et 13 % pour les herbi- vores.

Le groupe porcs seuls se situe ˆ 77 % en Bretagne avec une superficie moyenne par exploitation de 28 hectares de SAU. LÕ‰ge moyen des producteurs est de 41 ans et 60 % dÕentre eux ont une formation agricole secon- daire ou supŽrieure. Les chefs dÕexploitation de cette catŽgorie sont en moyenne plus jeunes et relativement plus formŽs que ceux des deux autres groupes. LÕŽchantillon herbi- vores est beaucoup plus dispersŽ sur le terri- toire national, et ses exploitations ont une superficie moyenne de 48 hectares de SAU, la plus ŽlevŽe des trois groupes considŽrŽs. Les chefs dÕexploitation sont en moyenne plus

‰gŽs (45 ans) et moins formŽs que dans les deux autres Žchantillons. Seuls 29 % dÕentre eux ont un niveau de formation agricole secondaire ou supŽrieur. Le groupe granivores a une situation intermŽdiaire. Principalement situŽes en Bretagne, les exploitations de ce groupe ont une superficie moyenne de 39 hec- tares de SAU. LÕ‰ge moyen des chefs dÕexploi- tation est de 44 ans avec un niveau de forma- tion agricole secondaire ou supŽrieur pour 44

% dÕentre eux. Quel que soit le groupe, il convient de noter que le travail est essentiel- lement familial avec une moyenne de 1,79 UTA(1)pour les porcs seuls, 1,77 UTA pour les herbivores et 1,98 UTA pour les granivores.

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.2

/ ReprŽsentation

de la technologie agricole

Pour construire lÕenveloppe technologique servant de rŽfŽrence aux mesures dÕefficacitŽ technique, il est nŽcessaire de dŽfinir les pro- duits et les facteurs mis en Ïuvre dans la technologie de production. Pour les trois Žchantillons, trois produits sont pris en compte : la production animale, la production vŽgŽtale et lÕazote organique disponible, Žva- luŽ ˆ partir des effectifs des animaux prŽsents sur lÕexploitation et en se basant sur les normes du CORPEN(2). Les deux premiers

(1) Une UTA (UnitŽ de Travailleur Annuelle) est Žquivalente ˆ 2 200 heures de travail par an ˆ rai- son de 8 heures par jour pendant lÕexercice, soit 275 jours de 8 h. Pour un temps partiel, on calcule une UTA partielle Žgale au temps de travail effec- tuŽ divisŽ par 2 200 heures.

(2) LÕŽvolution des excŽdents azotŽs est faite ˆ par- tir dÕun bilan simplifiŽ des entrŽes et sorties pro- posŽ par le CORPEN (ComitŽ dÕOrientation pour la RŽduction de la Pollution des Eaux par les Nitrates et les phosphates provenant des activitŽs agri- coles).

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Première étape

La DEA construit une représentation de la technologie à partir d’un ensemble d’observations. Pour ce faire, chaque exploitation est comparée aux autres entre- prises dont elle-même. Si aucune observation ne pro- duit plus avec la même dotation factorielle, ou autant avec une quantité d’intrants plus faible, alors l’exploita- tion appartient à la frontière de production, sinon elle est incluse dans l’ensemble des possibilités de production.

Une enveloppe linéaire par morceaux est obtenue (cf.

figure ci-dessous), sous hypothèse de convexité de la technologie, qui s’écrit, en termes analytiques comme

suit : J

T = { (x,y) : y≤ λY,x≥ λX,

λj= I,λj≥O,j = 1 ... J}

J = 1

mesure la distance séparant toute observation de la frontière des facteurs permettant d’atteindre ce niveau fixé de production.

Comme l’illustre la figure ci-dessus, le point A est techniquement inefficace car il ne se situe pas sur la frontière de l’ensemble des possibilités de facteurs.

En A’, projection de A le long du rayon OA, l’exploita- tion A peut produire le même niveau de produits en consommant seulement x2A’de biens au lieu des x2A observés, étant donné la technologie mise en œuvre dans l’échantillon considéré. Quant à l’observation B, elle est techniquement efficace relativement à l’échantillon car elle se situe sur la frontière de pro- duction.

La mesure de l’efficacité technique dans l’espace des facteurs d’une exploitation se définit par : ET (x,y) = min {h : (hx,y) ∈T} 0 < h≤1

avec h la valeur du score d’efficacité technique.

Comme noté précédemment, l’écart ainsi mesuré peut aussi traduire une inefficacité liée à une échelle de production plus petite que celle d’autres exploita- tions de l’échantillon, du fait de la présence d’écono- mies d’échelle présentes à court terme et pouvant être exploitées dans un plus long terme.

L’approche DEA permet de comparer plusieurs mesures d’efficacité technique obtenues sous diffé- rentes hypothèses de rendements d’échelle pour la représentation de la technologie définie dans la pre- mière étape. On peut ainsi définir une technologie à rendements d’échelle constants (ABOx sur la figure ci-dessous), à rendements d’échelle non croissants (ABDD’x) et à rendements d’échelle variable (C’CBD- D’x).

La mŽthode consiste ˆ construire une Òfronti•re de productionÓ, qui reprŽsente la production maximale pouvant

•tre obtenue ˆ partir des facteurs de production, puis ˆ mesurer lÕŽcart entre chaque exploitation et cette fronti•re : cet Žcart dŽfinit lÕinefficacitŽ technique.

Approche DEA (Data Envelopment Analysis) et mesure de l’efficacité des exploitations

y

x Enveloppe linéaire par morceaux

avec y un vecteur de produits et x un vecteur de fac- teurs de production comparés aux produits et fac- teurs observés contenus respectivement dans les matrices Y de dimension (J,M) et X de dimension (J,N). La contrainte y ≤ λY traduit le fait que l’on peut trouver une combinaison convexe de produits obser- vés au moins aussi grande que le vecteur considéré et x ≥ λX signifie qu’il existe une combinaison convexe de facteurs observés au plus aussi grande que le vecteur d’intrants considéré.

Cette enveloppe technologique T fournit ainsi l’en- semble de tous les x capables de produire y et va servir de référence dans une deuxième étape pour mesurer l’efficacité des exploitations.

Deuxième étape

Lorsque l’on considère l’ensemble des facteurs de production permettant la production d’un niveau donné de produits, l’efficacité technique de Farrell

x2

x2A

x2A '

0

A

A '

B

x1 Résorption de l'inefficacité technique

y

A

B

C ' F

E

D

0

D '

x C

Mesure de l'efficacité d'échelle

Comme l’illustre cette figure, la mesure de l’efficacité technique obtenue pour l’exploitation E par rapport à la technologie à rendements variables est plus faible que celles obtenues par rapport à la technologie à rendements constants ou non croissants. Ainsi, on en déduit que l’observation E présente, à court terme, des rendements d’échelle croissants et donc que des économies de coût peuvent être obtenues pour cette exploitation en augmentant son niveau de production. Inversement pour F, qui présente des rendements d’échelle décroissants, c’est en rédui- sant le volume produit que les économies peuvent apparaître.

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produits sont exprimŽs en francs et le dernier en kilogrammes.

Parmi les huit facteurs de production utili- sŽs pour dŽcrire la technologie, quatre dÕentre eux sont supposŽs fixes car lÕanalyse ne concerne que lÕannŽe 1991. Ce sont : la terre (mesurŽe en hectares), le travail (mesurŽ en UTA) et le matŽriel et les b‰timents (expri- mŽs en francs). Dans la variable matŽriel sont regroupŽes les charges de lÕexercice liŽes ˆ la location, ˆ lÕamortissement ou ˆ lÕentretien du matŽriel et dans la variable b‰timents sont pris en compte lÕentretien des b‰timents ainsi que lÕamortissement des constructions et ins- tallations complexes spŽcialisŽes.

Les quatre autres facteurs sont supposŽs variables ; ils correspondent ˆ : lÕazote minŽ- ral (exprimŽ en kg), les autres achats cou- rants pour la production vŽgŽtale, les charges pour la production animale ainsi que les autres charges dÕexploitation. Ces trois der- ni•res variables sont exprimŽes en francs. Le volume dÕazote minŽral utilisŽ sur chaque exploitation est dŽterminŽ ˆ partir des achats dÕengrais(3). Le tableau 1 prŽsente les valeurs moyennes des variables utilisŽes pour les dif- fŽrents Žchantillons.

Les charges dÕŽlevage constituent un poste important des dŽpenses des exploitations.

Elles reprŽsentent 77 % des charges des pro- ducteurs du groupe porcs seuls, 67 % de celles des granivores et 41 % de celles des herbi- vores. Dans chaque groupe, lÕachat dÕaliments constitue plus de 75 % de la dŽpense, attei- gnant m•me 92 % de celle-ci pour lÕŽchan- tillon porcs seuls. Les autres frais engagŽs sont les achats de combustibles, les frais de vŽtŽrinaires ou les travaux et services effec- tuŽs par des tiers. Les charges affectŽes aux cultures correspondent principalement aux travaux et services effectuŽs par des tiers pour lÕactivitŽ de culture ainsi quÕˆ lÕachat de produits phytosanitaires.

Notons que lÕapproche DEA nÕutilise que des variables exprimŽes en volume. Cepen- dant la nŽcessitŽ dÕagrŽger certaines variables

nous conduit ˆ les exprimer en valeur. Cette agrŽgation peut alors introduire un biais dans la mesure de lÕefficacitŽ technique car elle peut capturer lÕeffet du syst•me des prix en plus des diffŽrences techniques existant entre les diffŽrentes exploitations. Toutefois, les tests mis en Ïuvre rŽv•lent que ce biais est peu significatif (Piot-Lepetit 1995).

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/ Mesure de lÕefficacitŽ technique

LÕefficacitŽ technique des trois Žchantillons est prŽsentŽe dans le tableau 2 en distinguant les agriculteurs performants avec un score unitaire, ceux qui le sont moins, avec un score compris entre 0,85 et 1, et ceux dont le score est infŽrieur ˆ 0,85 qui ne le sont pas. Si, par dŽfinition, le score moyen des meilleurs est identique dans les trois Žchantillons, on constate quÕil est assez semblable dans la classe intermŽdiaire (entre 0,93 pour le groupe porcs seuls et 0,98 pour celui des her- bivores) tandis que les Žlevages les moins per- formants prŽsentent une forte variabilitŽ selon lÕorientation. Ainsi le score dÕefficacitŽ technique atteint seulement 0,48 pour lÕorien- tation herbivores, 0,64 pour les producteurs de granivores et 0,78 pour les Žleveurs de porcs seuls.

En ce qui concerne la distribution des scores dÕefficacitŽ technique ˆ lÕintŽrieur des orientations ŽtudiŽes, on constate que, quel que soit lÕŽchantillon, plus de la moitiŽ des exploitations ont un score Žgal ˆ 1. CÕest dans le groupe herbivores que cette proportion est la plus ŽlevŽe (59 %). Toutefois, la part rela- Les inefficacitŽs

techniques ont ŽtŽ mesurŽes dans 3 Žchantillons dÕŽlevages de porcs ayant des orientations de production diversifiŽes ou non.

(3) Le RICA distingue les charges dÕengrais desti- nŽs aux cultures fourrag•res des charges dÕengrais destinŽs aux autres types de culture. On a supposŽ que pour les cultures fourrag•res, les producteurs utilisent un ammonitrate 33,5 tandis que pour les cultures ils prennent un triple 17. Connaissant le prix moyen de lÕunitŽ dÕazote de ces deux types dÕengrais, on en dŽduit la quantitŽ dÕazote minŽral utilisŽe.

Tableau 1. Valeurs des variables du modèle.

Porcs seuls Herbivores Granivores

moyenne Žcart-type moyenne Žcart-type moyenne Žcart-type Produits

Produit animal (F) 1 628 439 1 189 820 240 491 238 144 758 250 595 117

Produit vŽgŽtal (F) 87 946 108 134 70 274 74 776 65 573 110 086

Azote organique (kg) 6 480 4 479 3 778 2 992 5 863 3 648

Facteurs fixes

Terre (ha) 28,20 16,87 47,70 27,71 39,01 21,30

Travail (UTA) 1,82 0,67 1,77 0,67 1,98 0,80

MatŽriel (F) 93 406 77 730 70 218 53 336 83 997 55 502

B‰timents (F) 98 263 80 125 26 156 30 045 62 924 50 801

Facteurs variables

Charges Žlevage (F) 923 652 673 254 159 408 216 301 519 804 451 931

Azote minŽral (kg) 3 744 3 062 8 396 5 822 5 939 4 467

Charges cultures (F) 68 349 53 713 51 317 44 981 55 503 46 258

Autres charges (F) 198 483 268 384 83 442 77 788 124 997 90 793

(7)

tive des unitŽs dont lÕefficacitŽ est comprise entre 0,85 et 1 diff•re tr•s nettement selon les types dÕŽlevage avec une proportion proche de 32 % pour les porcs et seulement 10 ˆ 13 % pour les herbivores et granivores. Logique- ment, dans ces deux derniers Žchantillons, un tiers environ des exploitations ont une faible efficacitŽ (score infŽrieur ˆ 0,85). Il en rŽsulte un score moyen tr•s ŽlevŽ pour les porcs seuls, avec 0,94, tandis que pour les herbi- vores le score est le plus faible (0,84), lÕŽchan- tillon granivores Žtant intermŽdiaire (0,87).

Les rŽsultats prŽcŽdents sugg•rent plu- sieurs rŽflexions. En premier lieu, on peut attribuer la supŽrioritŽ moyenne de lÕefficacitŽ technique chez les producteurs de porcs ˆ lÕexistence pour eux dÕune technologie stan- dard recourant essentiellement aux facteurs variables, les aliments concentrŽs en lÕoccur- rence. Cette prŽpondŽrance des facteurs variables par rapport aux facteurs fixes signi- fie une meilleure saturation de ces derniers.

Cela est vrai pour le travail familial qui peut faire lÕobjet dÕun emploi rŽgulier dans lÕannŽe, et plus encore pour la terre. Rappelons que la taille moyenne des exploitations productrices de porcs est de 28 ha contre 48 pour les herbi- vores et 39 pour les granivores. A contrario, la part relative plus faible des charges variables dans les Žlevages dÕherbivores est synonyme de quasi-fixitŽs importantes, dont tŽmoigne la superficie moyenne. Quant aux Žlevages de granivores, leur position reste intermŽdiaire.

En second lieu, on peut remarquer la plus grande homogŽnŽitŽ des rŽsultats des produc- teurs de porcs, ˆ lÕopposŽ du groupe herbi- vores. Cette moindre dispersion se marque ˆ travers lÕŽcart-type peu important et au fait que le score minimum dÕefficacitŽ soit seule- ment de 0,67 pour les premiers contre 0,19 pour les seconds. Il faut noter que les Žlevages de granivores ont lÕefficacitŽ technique mini- male la plus faible (0,16), leur dispersion Žtant comprise entre celle des deux autres types dÕŽlevages.

LÕhomogŽnŽitŽ des rŽsultats obtenus par les producteurs de porcs par rapport aux autres productions ne signifie pas que les Žlevages possŽdant la plus petite SAU ou tr•s spŽciali- sŽs sont efficaces. En effet, lÕapproche DEA menŽe ici compare des techniques de produc- tion similaires. Ainsi, sont dŽclarŽes techni- quement efficaces de tr•s petites exploitations

mais aussi de tr•s grandes. De m•me, parmi les efficaces, nous trouvons des Žlevages spŽ- cialisŽs mais aussi des productions diversi- fiŽes. Les autres exploitations, dites Ç ineffi- caces È, sont comparŽes aux exploitations efficaces ayant la technique de production la plus proche pour dŽterminer leur score.

Afin de mettre en Žvidence quelques fac- teurs susceptibles dÕexpliquer les diffŽrences de score, les principales caractŽristiques des Žlevages par classe dÕefficacitŽ sont prŽsen- tŽes dans le tableau 3. Il appara”t que les Žle- veurs de porcs efficaces sont plus jeunes et mieux formŽs que les Žleveurs des autres groupes. Par ailleurs ils obtiennent un pro- duit brut supŽrieur en utilisant moins de tra- vail. La disponibilitŽ de terre ne joue pas de r™le, les chiffres moyens de SAU Žtant tr•s proches selon les catŽgories. En ce qui concerne les producteurs dÕherbivores les choses sont plus complexes dans la mesure o•

ni lÕ‰ge ni la formation des Žleveurs, ni la taille des exploitations ou la quantitŽ de tra- vail ne fournissent dÕexplication univoque. En fait, une Žtude plus dŽtaillŽe montre que les Žlevages appartenant ˆ la classe dÕefficacitŽ intermŽdiaire rel•ve plut™t dÕune orientation viande tandis que les Žlevages techniquement efficaces et inefficaces sont de type laitier. Les diffŽrences entre ces derniers tiennent ˆ une meilleure utilisation des consommations intermŽdiaires chez les plus efficaces. Quant au groupe des granivores, il se rapproche de la situation des Žleveurs de porcs avec un effet capital humain, les plus efficaces Žtant plus jeunes avec un niveau de formation agri- cole et gŽnŽral lŽg•rement supŽrieur.

Sur un plan environnemental, on peut se demander si, Žtant donnŽ la lŽgislation mise en Ïuvre en mati•re dÕŽpandage, les niveaux dÕazote produits par les Žleveurs les plus effi- caces sont les plus faibles. Ces rŽsultats sont toutefois ˆ prendre avec rŽserve puisque dans le RICA, seules les SAU sont renseignŽes.

LÕabsence dÕinformation sur les surfaces dÕŽpandage hors exploitation introduit forcŽ- ment un biais dans les mesures proposŽes dans le tableau 4. Ainsi, les exploitations spŽ- cialisŽes dans la production de porcs produi- sent plus dÕazote lorsquÕelles sont dŽclarŽes efficaces sur un plan technique. Pour les deux autres Žchantillons considŽrŽs, la classe dÕeffi- cacitŽ la plus faible (infŽrieure ˆ 0,85) produit

LÕefficacitŽ moyenne des Žlevages les moins performants (< 0,85) est tr•s variable selon le groupe : de 0,48 pour les Žlevages avec herbivores ˆ 0,78 pour les Žlevages de porcs seuls.

Tableau 2. Scores d’efficacité technique.

Nombre % Score

moyen Nombre % Score

moyen Nombre % Score moyen

Porcs seuls Herbivores Granivores

EfficacitŽ technique

Žgale ˆ 1 55 51,4 1 76 58,9 1 71 52,6 1

entre 0,85 et 1 34 31,7 0,93 13 10,1 0,98 17 12,6 0,94

infŽrieur ˆ 0,85 18 16,8 0,78 40 31,0 0,48 47 34,8 0,64

Score moyen 0,94 0,84 0,87

(Žcart-type) (0,085) (0,254) (0,191)

minimum 0,67 0,19 0,16

(8)

Porcs seuls Herbivores Granivores Score dÕefficacitŽ de 1

Nombre dÕexploitations 55 76 71

Azote organique (kg/ha) 824 85 172

Azote minŽral (kg/ha) 127 178 130

Score dÕefficacitŽ compris entre 0,85 et 1

Nombre dÕexploitations 34 13 17

Azote organique (kg/ha) 240 70 118

Azote minŽral (kg/ha) 132 144 144

Score dÕefficacitŽ infŽrieur ˆ 0,85

Nombre dÕexploitations 18 40 47

Azote organique (kg/ha) 208 77 163

Azote minŽral (kg/ha) 128 205 187

Tableau 3. Caractéristiques des élevages selon leur niveau d’efficacité.

Porcs seuls Herbivores Granivores Score dÕefficacitŽ de 1

Nombre dÕexploitations 55 76 71

Superficie moyenne (ha) 27,7 48,1 36,8

Produit brut (F) 1 819 905 355 754 858 530

Travail (UTA) 1,75 1,77 1,89

Age moyen du chef dÕexploitation 39,9 46,1 43,5 Formation agricole (%)

- aucune 12,7 26,3 21,1

- primaire 21,8 48, 7 38,2

- secondaire et supŽrieure 65,5 25,0 40,7

Formation gŽnŽrale (%)

- aucune 3,6 13,2 8,5

- primaire 27,3 67,1 47,9

- secondaire 69,1 19,7 43,6

Score dÕefficacitŽ compris entre 0,85 et 1

Nombre dÕexploitations 34 13 17

Superficie moyenne (ha) 29,6 39,9 46,6

Produit brut (F) 1 706 586 186 102 873 649

Travail (UTA) 1,92 1,79 1,86

Age moyen du chef dÕexploitation 42,2 42,3 43,5 Formation agricole (%)

- aucune 11,8 23,1 29,4

- primaire 23,5 46,2 29,4

- secondaire et supŽrieure 64,7 30,8 41,2

Formation gŽnŽrale (%)

- aucune 5,9 76,9 17,6

- primaire 35,3 23,1 35,3

- secondaire 58,8 0 47,1

Score dÕefficacitŽ infŽrieur ˆ 0,85

Nombre dÕexploitations 18 40 47

Superficie moyenne (ha) 26,9 49,3 39,5

Produit brut (F) 1 418 588 265 802 755 982

Travail (UTA) 1,87 1,76 2,14

Age moyen du chef dÕexploitation 46,8 44,4 46,6 Formation agricole (%)

- aucune 22,2 22,5 19,1

- primaire 33,3 42,5 31,9

- secondaire et supŽrieure 44,4 35,0 48,9

Formation gŽnŽrale (%)

- aucune 5,6 5,0 12,8

- primaire 38,9 60,0 46,8

- secondaire 55,6 35,0 40,4

Tableau 4. Niveau d’azote des élevages selon leur niveau d’efficacité.

moins dÕazote organique que la classe la plus efficace (score de 1) mais utilise plus dÕen- grais. On constate alors quÕune amŽlioration de lÕefficacitŽ technique des producteurs dÕher- bivores et de granivores peut conduire ˆ une rŽduction du niveau dÕazote tout en augmen- tant le produit brut et donc le revenu des Žle- veurs. Cette compatibilitŽ entre amŽlioration de lÕefficacitŽ technique et rŽduction des rejets azotŽs nÕest pas gŽnŽralisable aux produc- teurs de porcs seuls.

DÕautre part, un score dÕefficacitŽ moyen de 0,94 chez les producteurs de porcs signifie une diminution moyenne possible de 6 % de tous les facteurs variables et du niveau dÕazote organique pour les Žleveurs prŽsentant une inefficacitŽ technique. Cette rŽduction poten- tielle est de 16 % chez les Žleveurs dÕherbi- vores et de 13 % chez les Žleveurs de grani- vores. En termes dÕajustement des charges variables, ces diminutions permettraient, si elles sont rŽalisŽes, une rŽduction moyenne du cožt variable de 71 604 F pour le groupe des porcs purs, 53 063 F pour celui des herbi- vores et 96 807 F pour celui des granivores.

Cependant ces ajustements ne sont pas effec- tifs pour lÕensemble des producteurs de chaque Žchantillon. En effet, comme nous lÕavons vu dans le tableau 3, pour les produc- teurs dits efficaces (score de 1), aucune dimi- nution des facteurs ou de lÕazote organique nÕest nŽcessaire pour amŽliorer leur situation.

Par contre, pour ceux dont le score est infŽ- rieur ˆ 0,85, les ajustements seront beaucoup plus importants que pour les Žleveurs ayant un score compris entre 0,85 et 1. En effet, les rŽductions potentielles sont comprises entre 2 et 7 % pour les Žlevages appartenant ˆ la classe intermŽdiaire des scores et entre 22 et 52 % pour ceux ayant le niveau dÕefficacitŽ le plus faible.

Pour dŽterminer les secteurs sur lesquels les producteurs disposent le plus de marges de manÏuvre pour amŽliorer leur efficacitŽ, le programme DEA fournit une information sur les facteurs de production devant •tre ajustŽs en prioritŽ en identifiant les intrants Ç sur- utilisŽs È par les exploitations prŽsentant une inefficacitŽ technique par rapport ˆ dÕautres Žlevages ayant la m•me technique de produc- tion mais dŽclarŽs efficaces. Ainsi, en moyenne sur lÕŽchantillon sans modifier le niveau de production animale, les producteurs dÕherbivores peuvent amŽliorer leur efficacitŽ en rŽduisant dans un tr•s court terme leurs charges variables de lÕordre de 19 % dont 20 % pour les engrais et les charges pour les cul- tures et 16 % pour les charges liŽes ˆ lÕactivitŽ dÕŽlevage. Dans un plus long terme, des ajus- tements de certains facteurs fixes sont aussi possibles qui concernent le matŽriel et les b‰timents. Pour les Žleveurs de granivores, on observe une rŽduction potentielle des facteurs variables de 21 % avec une baisse possible de 30 % pour les achats dÕengrais et de 23 % pour les charges associŽes ˆ lÕactivitŽ de culture.

LÕajustement sur les facteurs fixes concerne la terre et le matŽriel (16 %). Enfin, pour les pro- ducteurs de porcs, les marges de manÏuvre

(9)

sont plus faibles, Žtant donnŽ le niveau de spŽcialisation. Toutefois on note une possibi- litŽ de baisse des facteurs variables en moyenne de 14 % dont 9 % pour les engrais et 15 % pour les charges pour les cultures.

Comme nous lÕavions dŽjˆ observŽ dans le tableau 3, une amŽlioration de lÕefficacitŽ technique se traduit ˆ plus long terme par une rŽduction potentielle de 16 % de la terre.

En ce qui concerne le niveau dÕazote orga- nique, une amŽlioration de lÕefficacitŽ tech- nique a pour consŽquence une augmentation de 2 % de celui-ci chez les Žleveurs de porcs seuls et une rŽduction de respectivement 8 et 5 % chez les producteurs dÕherbivores et de granivores.

Ainsi, on constate que quel que soit le type dÕŽlevage, lÕajustement le plus important ˆ court terme sÕeffectue sur les charges liŽes ˆ la production de vŽgŽtaux, alors quÕˆ long terme, il concerne la terre pour les exploita- tions produisant des porcs et des granivores et sur le matŽriel pour celles des groupes her- bivores et granivores.

2

.4

/ Mesure de lÕefficacitŽ dÕŽchelle

Des mesures dÕefficacitŽ dÕŽchelle ont ŽtŽ calculŽes pour les trois Žchantillons de notre Žtude (tableau 5). LÕefficacitŽ dÕŽchelle est en moyenne plus ŽlevŽe chez les producteurs de porcs purs (0,97) et chez les granivores (0,96).

que chez les herbivores (0,90). Ainsi, pr•s de 3

% de lÕinefficacitŽ sÕexplique par lÕŽchelle de production mise en Ïuvre par les producteurs de porcs seuls. En effet, pr•s de 45 % des exploitations sont dans une situation dÕŽqui- libre concurrentiel de long terme alors que 20,6 % dÕentre elles peuvent augmenter leur niveau de production de mani•re plus que proportionnelle ˆ lÕaugmentation des facteurs de production car les rendements dÕŽchelle sont croissants. De plus, 34,6 % des Žlevages ont une taille de production o• les rende-

ments dÕŽchelle sont dŽcroissants, cÕest-ˆ-dire que toute augmentation des intrants conduit ˆ une hausse proportionnellement plus faible du niveau des produits.

Les rŽsultats obtenus pour les Žlevages de granivores sont tr•s proches de ceux observŽs pour ceux produisant des porcs purs. Par contre, lÕefficacitŽ dÕŽchelle plus faible de lÕorientation herbivores se traduit aussi par un nombre plus important dÕexploitations en situation de rendements dÕŽchelle constants et croissants que dans les deux autres groupes.

LorsquÕon compare les informations entre classes dÕefficacitŽ, on constate que les Žle- veurs les plus efficaces techniquement (score de 1) sont ˆ plus de 70 % en situation de ren- dements dÕŽchelle constants. Par contre, pour la classe intermŽdiaire dÕefficacitŽ, on trouve la plus grande proportion de rendements dŽcroissants chez les producteurs de porcs (62

%) suivis de ceux produisant des granivores (41 %) et des herbivores (15,5 %). Ces derniers sont plut™t dans une situation de rendements dÕŽchelle constants (46 %) ou croissants (38

%). Les producteurs de granivores prŽsentent quant ˆ eux des rendements dÕŽchelle crois- sants (53 %) et dŽcroissants (41 %). Enfin, les Žleveurs de porcs et dÕherbivores les moins efficaces sont dans une situation de rende- ments dÕŽchelle croissants et dŽcroissants alors que 66 % de ceux produisant des grani- vores prŽsentent des rendements dÕŽchelle dŽcroissants.

Conclusion

Ce travail ˆ caract•re exploratoire met en Žvidence dÕune part lÕintŽr•t de la notion dÕin- efficacitŽ pour mieux apprŽhender les per- formances des Žlevages et dÕautre part le caract•re opŽrationnel de lÕapproche non paramŽtrique. Sur une base plus restreinte, tant en nombre dÕexploitations quÕen type

Cette mŽthode met en Žvidence les ajustements ˆ rŽaliser dans les Žlevages de moindre efficacitŽ, par exemple, dans cette Žtude, la rŽduction des charges liŽes ˆ la production vŽgŽtale.

Tableau 5. Efficacité d’échelle et rendements d’échelle.

EfficacitŽ technique EfficacitŽ dÕŽchelle

constants croissants dŽcroissants Rendements dÕŽchelle (% dÕexploitations)

Porcs seuls

- de 1 0,98 76,4 12,7 10,9

- comprise entre 0,85 et 1 0,94 11,8 26,5 61,8

- infŽrieure ˆ 1 0,99 11,1 33,3 55,6

Moyenne 0,97 44,8 20,6 34,6

Herbivores

- de 1 0,91 72,4 13,2 14,5

- comprise entre 0,85 et 1 0,97 46,2 38,5 15,5

- infŽrieure ˆ 1 0,85 2,5 50,0 47,5

Moyenne 0,90 48,1 27,1 24,8

Granivores

- de 1 0,97 76,1 9,9 14,1

- comprise entre 0,85 et 1 0,95 5,9 52,9 41,2

- infŽrieure ˆ 1 0,96 8,5 25,5 66,0

Moyenne 0,96 43,7 20,7 35,6

(10)

dÕorientation, Boussemart et Dervaux (1994) ont montrŽ la cohŽrence du diagnostic dÕeffica- citŽ productive avec des indicateurs tech- niques, comptables et financiers dÕun groupe de naisseurs-engraisseurs. Ici, par lÕanalyse de trois Žchantillons de taille convenable nous arrivons ˆ caractŽriser des syst•mes de pro- duction les uns par rapport aux autres, mais aussi des sous-groupes ˆ lÕintŽrieur de ces sys- t•mes.

Parmi les rŽsultats les plus significatifs, on notera lÕimportance dÕune bonne caractŽrisa- tion des technologies de production. En effet, en prŽsence de syst•mes o• les facteurs variables jouent un r™le prŽpondŽrant, la plus grande homogŽnŽitŽ de la technologie permet une meilleure caractŽrisation des ajustements possibles pouvant •tre effectuŽs ˆ court terme. Pour les syst•mes de production o• la combinaison factorielle repose surtout sur le foncier ou le travail familial, des amŽliora- tions sont possibles mais obligatoirement ˆ plus long terme.

Dans une perspective opŽrationnelle, nous avons raisonnŽ en comparant les caractŽris- tiques factorielles et humaines des exploita- tions peu ou moyennement efficaces, ˆ celles des plus efficaces techniquement. Cette approche sÕapparente dans son esprit aux mŽthodes classiques de gestion t•te-intermŽ-

diaire-queue dont lÕintŽr•t nÕest pas remis en cause. Ces techniques donnent toujours des rŽsultats intŽressants (cf. BŽbin et al 1995).

Toutefois la DEA, en chiffrant par type de fac- teurs les possibilitŽs de gain dÕefficacitŽ qui sÕouvrent aux Žleveurs, permet dÕaller plus loin. En mettant lÕaccent sur les facteurs fai- sant lÕobjet dÕune sur-utilisation en comparai- son des combinaisons factorielles mises en Ïuvre par les exploitations les plus efficaces, la DEA fournit un levier dÕaction aux agents du dŽveloppement. Au-delˆ, la possibilitŽ dÕin- tervenir au cas par cas est ouverte. En effet, la mŽthode permet de caractŽriser chaque individu, mettant en Žvidence les possibilitŽs de rŽsorption des inefficacitŽs qui lui sont propres. LÕaide au diagnostic, puis au conseil est ainsi grandement amŽliorŽe.

Enfin, notons lÕaspect relatif de la notion dÕefficacitŽ puisque lÕon compare des individus entre eux. D•s que lÕon Žlargit la population de rŽfŽrence, le risque est alors de faire entrer dans lÕŽchantillon des exploitations encore plus efficaces que les prŽcŽdentes. Par ailleurs, rien nÕemp•che lÕŽlaboration de fron- ti•res de production thŽoriques prenant en compte un certain nombre dÕinnovations ˆ caract•re encore expŽrimental. Ainsi pourrait- on apprŽcier une sorte dÕinefficacitŽ Ç absolue È au lieu dÕune inefficacitŽ relative.

RŽfŽrences bibliographiques

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Abstract

Breathing room in farm management as deter- mined by inefficiency measurements.

This paper begins with a brief survey of the lite- rature relating to the idea of inefficiency and how it relates to management. The concept of techni- cal inefficiency is defined in this paper as being the difference between the observed production level and the maximum attainable level of output

which could be theoretically reached if the input were to be used in a technically efficient manner.

Measure of technical efficiency of three different farm types (pigs alone, pigs and herbivores, pigs and granivores (poultry)) is given for the year 1991 using a nonparametric method, Data Enve- lopment Analysis (DEA) based on linear program- ming techniques.

(11)

The initial results, on average, revealed that the producers of pigs alone had the greatest effi- ciency. These farmers tended to be younger and had received better training than the two other groups of farmers. These results also seemed to be linked to the greater homogeneity in production techniques in use and to the preponderence of variable factors involved in the production pro- cess as compared to the quasi-fixed factors. For the pig and herbivore farmers, both the most and least efficient producers tended to involve dairy farms. The performance differences between these were explained by a better use of interme- diate level consumptions on the more efficient farms. The pig and poultry group had efficiency values approaching those of the pig alone group, but their characteristics were less pronounced.

Environmentally, the possibility of increasing

technical efficiency and while decreasing the pro- duction of nitrogen waste seemed only possible on the mixed farms (pig and herbivore or grani- vore). The maneuvering room available for impro- ving farm technical efficiency concerns, in the short term, the costs relating to the production of vegetable products, primarily, and in the long term, the cost of land and material, in particular for farms involving bovines. In conclusion, the efficiency measure indicated that cost savings are possible if the production scale is modified on 52

% of the farms considered, no matter what their type.

PIOT-LEPETIT I., RAINELLI P., 1996. DŽtermina- tion des marges de manÏuvre des Žlevages ˆ partir de la mesure des inefficacitŽs. INRA Prod. Anim., 9 (5), 367-377.

Références

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