REPUBLIQUE DU SENEGAL
Un Peuple- Un But – Une Foi
PLAN D’ACTION NATIONAL POUR L’ACCELERATION
DE L’ABANDON DE L’EXCISION 2010
-2015
FEVRIER 2010 ACCELERATION DE L’ABANDON DE L’EXCISION :
LES COMMUNAUTES S’ENGAGENT
TABLE DE MATIERES
PREFACE ... 4
RESUME... 6
INTRODUCTION ... 7
I. CONTEXTE ET ENJEUX... 9
1.1. Contexte socio démographique... 9
1.2. Situation de l’excision au Sénégal ... 9
1.3. Réponse nationale et leçons apprises... 10
II. ORIENTATIONS STRATEGIQUES... 14
2.1. Vision... 14
2.2. Principes directeurs... 14
2.3. Zones d’intervention ciblées ... 15
2.4. But... 15
2.5. Résultats... 15
2.6. Composantes et stratégies des interventions pour l’abandon total ... 15
2.7. Activités par composante ... 16
2.8. Cadre logique ... 18
III. MISE EN ŒUVRE ... 19
3.1. Stratégie de mise en œuvre ... 19
3.2. Dispositif institutionnel... 20
3.3. Suivi-évaluation ... 26
3.4. Moyens d’intervention ... 26
3.5. Mesures de renforcement ... 26
3.6. Hypothèses et risques... 27
IV. PLANS D’ACTION ANNUELS PAR COMPOSANTE... 28
V. BUDGET TOTAL DU PLAN D’ACTION PAR COMPOSANTE ET PAR ANNEE ... 45
SIGLES ET ABREVIATIONS
ACDI Agence Canadienne de Développement International AJS Association des Juristes Sénégalais
ANOFEN Association Nouvelles Opportunités pour Femmes et Enfants ASAFE Association Sénégalaise pour l'Avenir de la femme et de l'Enfant ASBEF Association Sénégalaise pour le Bien-être Familial
CAP Connaissances, Attitudes et Pratiques CDD Comité Départemental de Développement CNJS Conseil National de la Jeunesse du Sénégal
COFDEF Collectif des Femmes pour la Défense de la Famille
COSEPRAT Comité Sénégalais sur les pratiques Traditionnelles ayant une effet sur la santé de la mère et de l’enfant
CRD Comité Régional de Développement
DFID Département For International Développement DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté EDS Enquête Démographique et de Santé
ENDA Environnement et Développement en Afrique FAFS Fédération des Associations Féminines du Sénégal FAWE Forum des Educatrices Africaines
FNGPF Fédération Nationale des Groupements de Promotion Féminine FNUAP Fonds des Nations Unies pour les activités de la Population/UNFPA GTZ Coopération Technique Allemande
IEC Information, Education, Communication MGF Mutilations Génitales Féminines
PTF Partenaires Techniques et Financiers OMD Objectifs du Millénaire du Développement OMS Organisation Mondiale de la Santé
ONG Organisation Non Gouvernementale
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PRCC Programme de Renforcement de Capacités des Communautés RPPD Réseau des Parlementaires pour la Population et le Développement SIDA Agence Suédoise de Coopération Internationale pour le Développement UNESCO Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
UNIFEM Fonds des Nations Unies pour les Femmes
USAID Agence des États-Unis pour le Développement International
PREFACE
Au Sénégal, l’excision touchait, selon la dernière Enquête Démographique et de Santé de 2005, 28% de la population féminine de 15 à 49 ans. Ce chiffre témoigne de l’ampleur de ce problème de santé publique, mais aussi et surtout, de développement et de violation des droits des filles et des femmes. Face à ce défi, le Gouvernement du Sénégal, sous l’impulsion de la Société Civile et du mouvement associatif féminin, a eu à engager la lutte contre ce fléau dès 1970.
Après une trentaine d’années de mobilisation des acteurs, la loi N° 99-05 du 13 janvier 1999, modifiant le Code pénal et interdisant la
pratique de l’excision et de toutes les formes de violence portant atteinte à l’intégrité physique des filles et des femmes, a été votée. Cette mesure de haute portée politique et juridique a été soutenue au plan institutionnel par un Plan d’action quinquennal 2000-2005.
Ce premier Plan a été mis en œuvre et évalué ; les résultats obtenus de cet exercice ont été encourageants certes, mais n’ont pas manqué non plus de mettre en évidence des contraintes majeures, observées à tous les niveaux d’intervention. Toutefois, il faudrait au final, saluer l’engagement des communautés qui ont accepté d’aborder un sujet qui était considéré comme tabou, mais également magnifier leur abnégation et la ferme volonté qu’elles ont exprimée d’abandonner la pratique de l’excision. C’est le moment de souligner, en s’en félicitant, les efforts et les sacrifices consentis par les pionnières et les pionniers, au service et au bénéfice exclusifs de la communauté. C’est dans ce cadre que les communautés, appuyées par les organisations non gouvernementales et les associations, ont développé et mis en œuvre, de manière active, des initiatives qui ont induit des déclarations publiques d’abandon au sein des communautés pratiquantes. Voilà pourquoi le Sénégal a pris l’option réaliste d’accélérer le processus vers l’abandon définitif de l’excision d’ici à 2015.
A cet effet, le Gouvernement du Sénégal a décidé, en relation avec les communautés, les organisations de la société civile et les partenaires au développement, d’élaborer un nouveau plan d’action.
Ce plan répond aux besoins exprimés par les communautés d’accélérer les activités et de mettre en place un cadre institutionnel pour leur durabilité, Il s’articule parfaitement avec le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP II) et les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Il constitue pour le Gouvernement et ses partenaires le cadre unique de référence des interventions pour l’abandon total de l’excision, dans la période 2010-2015
Il est hautement souhaitable que ce Plan, fruit d’une approche participative et consensuelle, permette aux parties prenantes engagées dans le mouvement pour l’abandon de l’excision, de contribuer significativement à un abandon total, à court et moyen terme. Il y a un grand espoir de créer au Sénégal un environnement de protection des filles et des femmes qui leur assure un épanouissement et une pleine participation au développement de leur communauté. Ainsi,
il est permis de façon volontaire d’espérer installer définitivement dans notre Société le réflexe du maintien de l’intégrité physique de la fille et de la femme Sénégalaises pour le respect de leurs droits et de leur dignité.
En ce qui concerne le Gouvernement, comme le recommande le Chef de l’Etat, la voie du succès passe par une action intersectorielle concertée des différents départements ministériels concernés par le fléau, et le Ministère chargé de la Famille responsable de la coordination y veillera fermement.
Mme NDEYE KHADY DIOP Ministre d’Etat, Ministre de la Famille, de la Sécurité alimentaire, de l’Entreprenariat Féminin, de la Micro finance et de la Petite Enfance
RESUME
Le Plan d’action national a pour objectif d’amener les communautés à abandonner totalement l’excision en 2015.
En effet, au Sénégal, d’après les résultats de l’Enquête Démographique et Santé (EDS) de 2005, 28% des femmes de 15 à 49 ans ont déclaré avoir été excisées. Cette prévalence au niveau national cache de fortes disparités selon le lieu de résidence et l’ethnie. Il ressort des résultats de l’EDS de 2005 que les proportions de femmes excisées sont plus élevées en milieu rural (34%) qu’en milieu urbain (22%).
L’excision obéit à une convention sociale vieille de plus de 2000 ans et constitue une violation des droits des femmes, des jeunes filles et des enfants. Cette atteinte à la dignité des femmes et les séquelles qu’elle génère dans la vie de ces dernières, constituent un problème réel de développement. Les autorités étatiques, les associations et les Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont développé des initiatives et stratégies d’intervention pour promouvoir l’abandon définitif de l’excision.
De 1975 à 2008, selon les données publiées par certains acteurs, 3 548 villages auraient déclaré publiquement l’abandon de la pratique. Une évaluation dans les zones d’intervention a montré que les actions de formation et d’information ont abouti à des déclarations publiques d’abandon de l’excision. Le nouveau plan d’action vise à renforcer les acquis et relever le défi de l’abandon total en 2015, par :
- La promotion d’une approche holistique et multisectorielle pour renforcer les capacités des communautés en vue de promouvoir l’accélération de l’abandon de la pratique de l’excision en 2015,
- La promotion d’une approche sous-régionale, transfrontalière et diaspora, favorable à une solidarité agissante en faveur de l’abandon total de l’excision par tous les groupes ethniques et communautés des zones de prévalence.
- L’amélioration de la coordination des activités des Secteurs et des Acteurs et la mise en œuvre d’un plan de suivi-évaluation
- La contribution à la pérennisation des interventions en faveur de l’abandon total et définitif de la pratique de l’excision.
La mise en œuvre du Plan d’action national sera sous-tendue par le renforcement du cadre organisationnel et institutionnel permettant d’assurer de façon effective et efficiente le pilotage, la coordination et le suivi de la mise en œuvre.
Des mécanismes de suivi au niveau national, régional et départemental sont proposés. Une évaluation externe du programme sera effectuée en 2015 au terme du programme. Elle s’appuiera sur une évaluation à mi-parcours prévue en 2012 et sur les résultats des revues annuelles du plan.
INTRODUCTION
L’expression Mutilations Génitales Féminines (MGF) désigne selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), « toutes les interventions aboutissant à une ablation totale ou partielle des organes génitaux de la femme et/ou toute autre lésion des organes génitaux féminins pratiquée à des fins non thérapeutiques »1. On estime à 28% de filles et de femmes de 15 à 49 ans qui ont été excisées au Sénégal.
Schématiquement, la classification utilisée par l’OMS regroupe les formes de mutilations en 4 types essentiels :
- type 1 : ablation partielle ou totale du clitoris et/ou du prépuce (clitoridectomie), - type 2 : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans
mutilation des grandes lèvres,
- type 3 : rétrécissement de l’orifice vaginal avec recouvrement par l’ablation et l’accolement des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans mutilation du clitoris (infibulation),
- type 4 : toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes génitaux féminins à des fins non thérapeutiques, telles que la ponction, le percement, l’incision, la scarification et la cautérisation.
Le Sénégal ne considère pas ce phénomène comme une mutilation mais plutôt comme une norme sociale adoptée par les communautés qu’il convient aujourd’hui de dépasser. Aussi, le terme consacré dans ce plan d’action sera : EXCISION.
Les communautés qui pratiquent l’excision invoquent un ensemble de raisons sociales et religieuses pour justifier la poursuite de la pratique. Beaucoup d’entre elles, considèrent que l’excision répond à une recommandation de la foi musulmane. D’autres considèrent qu’elle représente une tradition fortement enracinée, un legs de leurs ancêtres. Les raisons éducatives les plus avancées variant entre le renforcement du sentiment d’appartenance à un groupe et les cérémonies d’initiation du groupe.
Considérant que l’excision peut engendrer des problèmes psychologiques et sociaux, et qu’elle est également à l’origine de problèmes de santé lors des accouchements, avec des complications pouvant entraîner la mort de la mère ou celle du nouveau-né, les autorités étatiques, les associations et les ONG ont développé des initiatives et stratégies d’intervention pour promouvoir son abandon définitif.
Les résultats de l’évaluation du Plan d’action national pour l’abandon de la pratique de l’excision réalisée en octobre 2008 ont montré, des progrès significatifs accompagnés par des changements effectifs au niveau des comportements culturels, et le développement accru du leadership des femmes dans les zones d’intervention. Ils ont également montré l’engagement réel des populations en faveur de la défense de leurs droits et du développement de leurs communautés. Ils ont aussi souligné l’efficacité de la stratégie fondée sur l’approche
« éducation aux droits humains » comme une approche pertinente en faveur de la promotion de la défense des droits de la femme.
1 Organisation Mondiale de la Santé. Eliminer les mutilations sexuelles féminines : déclaration inter-institutions HCDH, OMS, ONUSIDA, PNUD, UNCEA, UNESCO, UNFPA, UNHCR, UNICEF, UNIFEM. Genève : OMS.
2008. 16 pages.
Enfin, ils ont montré que malgré les efforts réalisés pour l’abandon de l’excision, il existe encore des poches de résistance en raison d’un ensemble de facteurs liés à la religion, à l’influence des immigrés, à la méconnaissance de la loi et aux zones de prévalence non encore couvertes.
C’est pour combler ce gap et assurer un abandon total à l’horizon 2015, que le Ministère de la Famille, de la Sécurité alimentaire, de l’Entreprenariat Féminin, de la Micro finance et de la Petite enfance, s’est fixé comme objectif l’actualisation du Plan d’action national pour l’accélération de l’abandon de l’excision au Sénégal.
Ce plan élaboré de façon participative s’est appuyé sur les résultats de l’évaluation du premier plan d‘action national et de l’atelier régional sur la stratégie coordonnée. Le présent document est articulé autour de 4 parties.
La première partie « Contexte et enjeux » traite de l’environnement de l’excision au Sénégal et retrace l’historique du mouvement pour l’abandon de l’excision initié depuis 1997 par les femmes de Malicounda Bambara, fait le bilan de la mise en œuvre du Plan d’action national pour l’abandon de la pratique de l’excision de 2000-2005 et met en évidence les leçons apprises.
La deuxième partie « Orientations stratégiques » présente la vision, les objectifs, les principes directeurs, les cibles prioritaires et les différentes composantes du Plan d’action.
La troisième partie aborde la mise en œuvre du Plan en précisant le dispositif institutionnel, les moyens, les mesures d’accompagnement et le dispositif de suivi-évaluation.
Enfin la quatrième partie dégage le budget prévisionnel du plan d’action.
I. CONTEXTE ET ENJEUX
1.1. Contexte socio démographique
D’une superficie de 196 722 km², le Sénégal est limité au Nord par la Mauritanie, à l’Est par le Mali, au Sud par la Guinée et la Guinée Bissau et à l’Ouest par l’Océan Atlantique. La Gambie est une enclave dans le Sénégal.
En 2005, la population est estimée à 11 126 833 habitants. La population est très jeune avec 55,6% ayant moins de 20 ans et de près de 64% ayant moins de 25 ans. Les femmes représentent 52% de la population. Les principaux groupes ethniques sont les Wolofs (43%), les Pulaar (24%), les Sérères (15%), les diolas (5%) et les mandingues (4%). La population sénégalaise est essentiellement musulmane (94%). On y trouve des chrétiens (4%) et les autres religions représentent 2%.
La population essentiellement rurale (49,4%) reste à majorité analphabète. L’analphabétisme affecte surtout les femmes.
1.2. Situation de l’excision au Sénégal
« Au Sénégal, d’après les résultats de l’EDS de 2005, 28% des femmes ont déclaré avoir été excisées. Cette prévalence au niveau national cache de fortes disparités selon le milieu de résidence. Il ressort des résultats de l’EDS de 2005 que les proportions de femmes excisées sont plus élevées en milieu rural (34%) qu’en milieu urbain (22%).
On constate que c’est dans les régions du Sud, du Nord et de l’Est que les proportions de femmes ayant déclaré avoir été excisées sont les plus élevées. Les régions de Kolda et Matam se caractérisent par une prévalence très élevée avec respectivement 94% et 93%. Elles sont suivies par les régions de Tambacounda (86%), de Ziguinchor (69%) et de Saint-Louis (44%).
A Dakar, région de forte immigration, la prévalence est est de 17%. A l’opposé, dans les régions de Thiès (7%), de Louga (4%) et surtout de Diourbel (2%), les proportions de femmes excisées sont beaucoup plus faibles.
Les résultats selon l’âge montrent une légère baisse des proportions de femmes excisées des générations anciennes aux plus récentes : en effet, de 31% dans le groupe de 45-49 ans, la proportion est passée à 25% dans le groupe 15-19 ans
La prévalence de l’excision dans les régions s’explique surtout par l’appartenance ethnique et la religion. Cependant, chez les chrétiens, en dehors de la Casamance, l’excision n’est pas pratiquée. En outre, chez l’ethnie majoritaire, les wolofs, la pratique de l’excision est presque inconnue. » 2
Le type d’excision le plus pratiqué au Sénégal est le type 1 : mutilation partielle ou totale des organes génitaux externes. Selon les Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS) IV, la proportion de femmes excisées par ethnie se présentent comme suit : 78,2% soninkés, 73,7%
mandingues, 62,1% pulaar, 59,7% diolas, 1 ,8% sérères et 1,6% wolof.
2 UNICEF Dakar. L’Mutilations Génitales Féminines (MGF) au Sénégal : sens, portée et enseignements tirés de la réponse nationale : étude réalisée par Dominique Gomis et Mamadou Moustapha Wone. Dakar. 2008. 25 pages.
L’âge moyen de l’excision se situe entre 6 et 7 ans, cependant il est noté au niveau de certaines ethnies la tendance à la précocité de la pratique entre 0 et 1 an.
1.3. Réponse nationale et leçons apprises
1.3.1. Historique du mouvement pour l’abandon de l’excision
L’abandon de l’excision constitue un objectif majeur de la politique du Gouvernement du Sénégal en matière de protection de l’enfant et de la femme. Le processus de l’abandon a effectivement démarré en 1970 avec une expression d’engagement au plus haut niveau de l’Etat et de la société civile. L’année 1997 marque un tournant décisif avec la prise de position publique du Président de la République, condamnant, à l’occasion du Congrès mondial des Droits de l’Homme tenu à Dakar, la pratique des mutilations génitales féminines.
« Cette volonté politique a été soutenue par la mobilisation et l’engagement de plusieurs ONG, Associations et Réseaux intervenant aux côtés de l’Etat pour promouvoir l’abandon définitif des MGF. Parmi eux : COSEPRAT, TOSTAN, Enda Action en Casamance, branche d’ENDA SYNFEV, le Réseau des Parlementaires en Population et Développement, le Réseau des Journalistes en Population et Développement, le Réseau des Communicateurs Traditionnels, l’Association Sénégalaise pour le Bien-Etre Familial (ASBEF), FAWE. Les partenaires de la communauté internationale (UNICEF, OMS, UNFPA, UNIFEM, GTZ,
Alima Saň- Saň, (Alima Droits Humains) : la première petite fille qui bénéficie de la décision d’abandonner l’excision
USAID et diverses Fondations et institutions de la coopération bilatérale) ont apporté leur appui technique et financier à l’Etat, aux ONG et Associations impliquées. »3
Le 13 janvier 1999, l’Assemblée Nationale vote la Loi n° 99-05 interdisant la pratique des mutilations génitales féminines sous, l’impulsion du collectif des femmes parlementaires et des Organisations de femmes.
En l’an 2000, le Plan d’action national pour l’abandon de l’excision a été élaboré de façon consensuelle. La mise en œuvre de ce plan a permis d’enregistrer des progrès considérables qui sont le résultat d’un véritable mouvement social en faveur de l’abandon de l’excision au Sénégal. Le renforcement des capacités nationales et celles des communautés à promouvoir l’abandon de l’excision, la forte dynamique de mobilisation communautaire sous le leadership des femmes, des jeunes et des autorités administratives et locales et l’engagement des partenaires au développement pour appuyer l’accélération de l’abandon de l’excision - Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), Organisation des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF)) - constituent des facteurs déterminants des résultats obtenus.
1.3.2. La Réponse Nationale.
Le premier plan d’action national 2000-2005 pour l’abandon de la pratique de l’excision est né de la volonté du Gouvernement, qui a pris conscience très tôt de la nécessité d’enrayer ce mal, de se mobiliser contre cette pratique traditionnelle néfaste par les conséquences qu’elle générait. Il avait pour objectifs de :
• contribuer à augmenter le niveau de connaissance des acteurs sur la situation des MGF et sur les droits des femmes et des filles,
• intégrer l’enseignement sur l’excision dans ’éducation formelle et non formelle.
• contribuer à une meilleure prise en charge des MGF et de la violation de la loi la condamnant dans l’ensemble du Sénégal.
• assurer la coordination des interventions visant l’abandon des MGF à tous les niveaux.
Le plan d’action était essentiellement articulé autour de 4 composantes : la mobilisation sociale et communication, l’éducation formelle et non formelle, les mesures d’accompagnement et le cadre institutionnel. Les stratégies définies dans ledit plan étaient axées sur la recherche, la capacitation des parties prenantes, la sensibilisation et le plaidoyer.
Autour de ce plan d’action, il a été constaté, à côté du Gouvernement, un mouvement d’acteurs. C’est ainsi que le Programme de Coopération Sénégal-UNICEF fut le premier prétexte pour assurer une Réponse Nationale. Dans la dynamique du « faire-faire, moins d’Etat et mieux d’Etat », adoptée par le Gouvernement, un partenariat avec des ONG comme TOSTAN et COSEPRAT a été mis en place en faveur des interventions à la base Le Suivi était opéré par les services déconcentrés et la Coordination par le Ministère chargé de la Femme. Le programme réalisé dans ce cadre a été à l’origine d’abandon de la pratique, mais également de la reconversion d’exciseuses et de la prise de conscience des communautés informées et sensibilisées. De même, le Forum des Educatrices Africaines (FAWE) a eu à
3 Diop-Diagne Astou. Evaluation du plan d’action national pour l’abandon de la pratique des mutilations génitales féminines : résumé exécutif. Dakar. Ministère de la Famille, de la solidarité nationale, de l’entreprenariat féminin. 2008. 6 pages.
développer une expérimentation réussie dans le domaine du « Renforcement de la promotion de l’abandon de l’excision dans l’Education Formelle ». Les approches utilisées par les acteurs -ONG, Associations, Leaders religieux- ont été multiformes et l’évaluation a permis au Gouvernement de cerner leurs points forts et leurs points faibles
Pour les années à venir, il s’agira donc d’apporter une Réponse Nationale à la hauteur de l’engagement du Gouvernement et des Partenaires Techniques et Financiers mais également en phase avec la vision du Chef de l’Etat en matière de protection des femmes et des enfants, pour la promotion de la famille et sa participation active dans le processus de développement.
Il s’agira, dans le cadre de cette réponse nationale :
• D’avoir une parfaite maîtrise des Acteurs intervenant dans l’excision et des Zones de résistance, sur la base d’une cartographie nationale permettant de définir clairement les axes d’intervention de chaque Acteur.
• De mettre en œuvre des actions communautaires pour l’accélération de l’abandon de l’excision à travers le renforcement des capacités des Acteurs impliqués, avec obligation de rendre compte et de partage des résultats et des leçons apprises.
• De réaliser des études de référence et d’impact au niveau de chaque Zone d’intervention.
• D’opérationnaliser des cadres de mise en œuvre cohérents de Suivi et de Supervision des interventions.
• De mettre en place un mécanisme fonctionnel de coordination de la mise en œuvre du plan d’action national par le Ministère chargé de la Famille, grâce notamment à une approche intersectorielle de l’action gouvernementale.
• D’évaluer le Programme selon les normes requises.
• De capitaliser et de documenter les «bonnes pratiques ».
• De pérenniser les acquis et les échanges d’expériences.
1.3.3. Leçons apprises
L’analyse de la situation de l’excision et de l’exécution du Plan d’action a permis de tirer les leçons suivantes.
1. L'adoption d'une loi à elle seule et la déclaration d’abandon ne sont pas suffisantes à dissuader définitivement les populations de pratiquer l’excision. La masse critique de villages n’a été obtenue que quand le plan a renforcé l’implication des communautés par la responsabilisation des structures communautaires dans la mise en œuvre du programme pour assurer l'appropriation et la pérennité des actions de sensibilisation et de formation. Ceci a permis d’accélérer la progression de la couverture ;
2. La responsabilisation des communautés et leur appropriation des concepts et notions de droits et leur utilisation dans la vie quotidienne a également permis l’amélioration de la situation socio-économique. Ceci a aidé à accélérer les changements de comportement en vue d’abandonner la pratique de l’excision ;
3. La mobilisation de ressources conséquentes a permis l’atteinte des résultats et notamment à mettre en œuvre des activités génératrices de revenus ;
4. Les interventions ont particulièrement ciblé les populations locales ignorant les populations émigrées ou certains décideurs-clés ; ce qui a généré des poches de résistance où ces groupes d’influence ont joué un rôle capital pour empêcher l’abandon de l’excision
5. La progression aurait pu être plus rapide si la mise en place de mécanismes de coordination n’avait pas été lente. La résolution de ces contraintes sera un élément critique pour pérenniser les acquis une fois que l’abandon total sera déclaré d’ici 2015.
Au total, il existe des défis importants pour le passage à l’échelle dont les dimensions les plus déterminantes sont l’engagement soutenu de tous les Acteurs, le financement à long terme, le pilotage, la coordination, le suivi-évaluation de la mise en œuvre du plan d’action par le Gouvernement et le développement d’un partenariat entre tous les Acteurs (gouvernementaux et non gouvernementaux), pour une meilleure couverture des zones de prévalence et l’harmonisation des approches et des outils.
II. ORIENTATIONS STRATEGIQUES
2.1. Vision
La vision est d’atteindre l’abandon total de l’excision, pour créer au Sénégal un environnement protecteur des droits des filles et des femmes qui leur assure une bonne santé, un maintien de leur intégrité physique et le respect de tous leurs droits.
Cette vision s’inscrit en droite ligne des objectifs du millénaire pour le développement, de la stratégie nationale de protection sociale et des objectifs de l ’Axe 3 du DSRP II, visant à garantir aux jeunes filles et aux femmes une protection, notamment contre les abus, les violences et les pratiques néfastes.
2.2. Principes directeurs
Le plan d’action sur l’accélération de l’abandon de l’excision 2010-2015, repose sur les principes directeurs suivants :
∗ La responsabilisation des communautés : Elle va leur donner une autorité et un pouvoir à prendre des décisions favorables à leur épanouissement et à leur développement Cette responsabilisation va s’appesantir sur le respect, sur l’écoute et sur la promotion des droits humains fondamentaux pour un changement durable.
L’expérience a montré qu’il est plus facile d’aboutir à une transformation sociale positive quand toute la communauté, hommes, femmes, jeunes, et surtout les leaders religieux et coutumiers sont au cœur du processus l’abandon de la pratique.
∗ l’approche basée sur les droits humains fait une référence permanente aux droits fondamentaux de la personne, à la notion de sensibilité, à l’engagement des titulaires de droits. Elle requiert la participation active, libre et réelle des personnes concernées. Elle impose une attention particulière à la non discrimination, à l’égalité et à l’équité.
∗ la stratégie coordonnée est axée sur la théorie de la convention sociale de Schelling qui indique que le processus décisionnel dépend des choix des autres, qu’il s’agisse d’évitement, de stigmatisation, d’exclusion et de rejet. Ceci implique l’importance d’agir sur le collectif en apportant des informations nouvelles sur les alternatives acceptables et une masse critique d’adhérents pour impulser le basculement. Dans cette perspective, il convient de souligner l’importance de la diffusion organisée, les moments de reconnaissance communautaire du changement, en rendant explicite: c’est une gestion qui définit clairement les responsabilités, des parties prenantes impliquées l’engagement par les déclarations publiques.
∗ la gestion axée sur les résultats avec un système suivi-évaluation rigoureux pouvant aider à l’obtention des résultats dans les délais et aussi pouvant garantir l’efficacité et l’efficience. Ces résultats devront être perceptibles sur le terrain.
2.3. Zones d’intervention ciblées
Il s’agit des communautés, dans leur ensemble, les plus affectées au Sénégal par la pratique de l’excision, évoluant principalement dans les régions de Dakar, Fatick, Kaolack, Kaffrine, Kédougou, Kolda, Matam, Saint-Louis, Sédhiou, Tambacounda, Thiès et Ziguinchor Les actions doivent aussi concerner les communautés ayant déjà abandonné, mais également les immigrés, les leaders religieux et coutumiers, la presse, les communicateurs traditionnels les professionnels du droit, la police, la gendarmerie et l’Administration pénitentiaire.
2.4. But
Le but est l’abandon total de l’excision d’ici 2015.
2.5. Résultats
Les communautés sénégalaises abandonnent totalement la pratique de l’excision en 2015.
La Promotion de l’abandon total de la pratique de l’excision est renforcée dans les zones transfrontalières et la diaspora.
La création d’un environnement institutionnel favorable à la coordination des interventions et au suivi et évaluation de l’abandon total de l’excision.
La prise en charge correcte des séquelles de l’excision est assurée.
2.6. Composantes et stratégies des interventions pour l’abandon total Le plan d’action est essentiellement articulé autour de 4 composantes :
Extension et couverture nationale, pour l’abandon total de l’excision ; Coopération sous-régionale et diaspora ;
Coordination, suivi-évaluation avec un mécanisme de collecte et d’analyse permanent ; Mesures d’accompagnement.
Les stratégies définies sont axées sur l’éducation aux droits humains, à la responsabilisation des communautés et sur le renforcement de capacité, la sensibilisation et le plaidoyer, sur l’harmonisation des politiques et stratégies et sur la mobilisation de ressources.
le renforcement de capacités des intervenants des communautés et autres partenaires sur l’approche « droits humains » dans la perspective de l’abandon total de l’excision.
la sensibilisation des associations, ONG, élus locaux, services de l’Etat sur les approches droits humains.
la mobilisation sociale, communautaire pour l’adhésion massive de la totalité des communautés au mouvement d’abandon de l’excision.
les échanges de bonnes pratiques.
le partenariat.
2.7. Activités par composante
2.7.1. Composante 1 : Extension et couverture nationale Cartographie des interventions ;
Sensibilisation des différents Secteurs sur l’approche des droits humains ;
Intégration et/ou réactualisation des curricula sur l’excision en tenant compte de l’ADH pour les écoles de formation et dans l’éducation nationale ;
Intégration de l’ADH pour l’abandon total de l’excision dans les Politiques, Normes et Protocoles de la Santé de la Reproduction 2010 – 2011 ;
Formation des formateurs, sur l’approche Droits Humains, au profit des responsables des associations et ONG actives dans le mouvement pour l’abandon de l’excision effectuée, la première année ;
Formation des responsables des associations, parlementaires, élus locaux, des ONGs, des services publics décentralisés et des journalistes sur l’approche par les Droits Humains, effectuée dans les 12 des 14 régions du Sénégal concernée par la pratique de l’excision ; Formation de 900 communautés pratiquantes sur le Programme de Renforcement de Capacités des Communautés (PRCC) ;
Organisation de 60 rencontres inter communautaires par année pour discuter de l’abandon de l’excision ;
Organisation de 05 déclarations publiques départementales pour l’abandon de l’excision par année ;
Organisation de campagnes d’information à travers des émissions radiotélévisées, des causeries et des visites à domicile ;
Les professionnels de la Justice disposent d’un module de vulgarisation et l’utilisent pour l’accélération de l’abandon de l’excision.
2.7.2. Composante 2 : Coopération sous-régionale et diaspora
Elaboration et mise en œuvre d’une stratégie coordonnée sous régionale au niveau des pays frontaliers au Sénégal (Mali, Guinée, Guinée Bissau, Gambie et Mauritanie) et dans la diaspora ;
Organisation de déclarations d’abandon de l’excision de groupes ethniques sous régionaux et internationaux obtenues ;
Renforcement de la coordination, du suivi et de l’évaluation du mouvement d’abandon de l’excision dans la sous-région et au niveau de la Diaspora ;
Mise en œuvre d’un plan de communication et de plaidoyer à l’endroit des organisations sous régionales ;
Elaboration et mise en œuvre d’une stratégie de mobilisation des collectivités locales, de l’Etat et des partenaires au développement pour le financement des programmes et projets pour l’abandon de l’excision dans la sous région et au niveau de la diaspora.
2.7.3. Composante 3 : Coordination, suivi-évaluation
Plaidoyer auprès du Gouvernement, du parlement, des partenaires techniques et financiers ;
Mise en place de cadres ou de mécanismes de veille communautaires pour le suivi et l’évaluation des activités pour l’abandon de l’excision ;
Mobilisation de ressources locales, nationales et internationales pour l’abandon de l’excision ;
Participation des leaders d’opinion des groupes ethniques/ communautés et des collectivités à participent au mouvement pour l’abandon ;
Mise place de réseaux de protection des femmes contre toutes les formes de pratiques traditionnelles néfastes ;
Intégration de la prise en charge dans les structures sanitaires et communautaires.
2.7.4. Composante 4 : Mesures d’accompagnement Assistance médicale et psycho sociale
- Adaptation du Guide de Formation de l’OMS ; - Formation des formateurs au niveau national ; - Formation des prestataires au niveau de 6 régions ; - Réparation de séquelles liées à l’excision.
Appui socio-économique aux initiatives communautaires - Activités Génératrices de Revenus ;
- Dons ;
- Fournitures de matériel d’allégement des travaux ménagers.
Elaboration d’une stratégie et d’un plan de communication pertinents ; - Elaboration de supports de communication ;
- Campagne de mobilisation en faveur de l’accélération de l’abandon de l’excision ; - Reportage, émission radio, Film.
2.8. Cadre logique
But/Résultats Indicateurs objectivement vérifiables (IOV)
Moyens de
vérification Risques et postulats
But : Abandon total de la pratique de l’excision d’ici 2015
% de personnes qui ont une fille non excisée qui dit ne pas avoir l’intention de l’exciser
% de personnes enquêtées qui sont contre la continuation de la pratique
EDS MICS Enquête du
Ministère Enquêtes EDS
Contraints socioculturels Non-respect des
engagements de partenaires
Instabilité institutionnelle
R1 : Les communautés sénégalaises abandonnent totalement la pratique de l’excision en 2015
Nombre communautés qui déclarent l’abandon de l’excision
Nombre de déclarations publiques d’abandon de l’excision au niveau départemental et national Nombre de secteurs impliqués dans le processus d’abandon de l’excision des
communautés
Rapports d’évaluation Production de vidéo, reportage
Resistances coutumières et religieuses
R2 : La Promotion de l’abandon total de la pratique de l’excision est renforcé dans les zones transfrontalières et la diaspora
Nombre de pays engages dans le processus
Enquête et rapport
Résolution des rencontres régionales
Resistances coutumières et religieuses
Faible engagement des communautés des autorités des pays voisins Intervention négative de la diaspora
R3 : La création d’un environnement
institutionnel favorable à la coordination des
interventions et au suivi et évaluation de l’abandon total de l’excision
Mécanisme de coordination et de suivi
Augmentation des allocations de l’Etat et des PTF au Plan
Rapports
Bulletins des arrêts Arrêtés, décret
Manque de synergie d’action
Insuffisance des ressources
R4 : La prise en charge correcte des séquelles de l’excision est assurée
Nombre de cas pris en charge Crédit alloué
Rapports Insuffisance des ressources
III. MISE EN ŒUVRE
3.1. Stratégie de mise en œuvre
Le ministère chargé de la Famille responsable de la mise en œuvre du plan d’action national pour l’accélération de l’abandon de l’excision au Sénégal doit assurer la coordination des activités au double niveaux, stratégique et technique :
3.1.1. La coordination stratégique
Le Gouvernement du Sénégal a décidé de mettre en œuvre un programme d’accélération de l’abandon de l’excision grâce à une action multisectorielle et l’appui de Partenaires Techniques et financiers engagés. C’est dans ce cadre que, sous la coordination du Ministère chargé de la Famille, les départements de la Santé, de l’Education Nationale, de la Justice et de la Jeunesse devront développer des actions de formation , d’information et de plaidoyer à l’intention des communautés et des Acteurs, pour l’abandon total de l’excision en 2015. Ces secteurs techniques de l’action gouvernementale devront recevoir une formation sur « l’approche par les Droits Humains » pour tempérer la tonalité de leurs discours techniques souvent peu nuancés.
Le Ministère de la Famille travaille depuis le premier plan d’action avec des Partenaires techniques comme l’UNICEF, l’UNIFEM, l’OMS et l’UNFPA qui ont largement contribué à affiner « l’approche Droits Humains » ; pour le plan 2010-2015 cette coopération va se poursuivre en s’appuyant au sein du Comité Technique National de Coordination qui assurera le suivi technique de la mise en œuvre du Plan d’Action.
3.1.2. La Coordination Technique
La leçon apprise du précédent plan est qu’il est nécessaire d’avoir au niveau du Gouvernement une harmonisation et une coordination des interventions pour éviter le gaspillage et augmenter l’efficacité. Aussi l’ensemble des Acteurs seront formée sur
« l’approche » et un appel d’offres avec un cahier des charges sera lancé par le Ministère de la Famille pour une manifestation d’intérêt dans le cadre de l’exécution du Plan d’Action 2010- 2015. Il est presqu’évident que TOSTAN, qui a eu un long compagnonnage avec le Ministère de la Famille, pourrait bénéficier du statut de Partenaire stratégique pour l’abandon total de l’excision.
3.2. Dispositif institutionnel
La mise en œuvre du plan d’action national se fait dans un cadre organisationnel et institutionnel selon les 3 fonctions suivantes : orientation, coordination et suivi de la mise en œuvre.
3.2.1. Conseil National Missions
Le Conseil national de promotion de l’abandon de l’excision au Sénégal est l’organe politique d’orientation et de décision. Ses missions sont de :
orienter les actions du Gouvernement pour l’accélération de l’abandon de l’excision ; valider les plans d’action sectoriels annuels ;
assurer le suivi et évaluer les performances des plans d’action annuels et du plan d’action national ;
assurer le plaidoyer, la mobilisation des ressources et le partenariat, au plus haut niveau, pour l’abandon total de l’excision.
Gouvernement Conseil National Promotion Abandon
de l’Excision
Education PTF
Ministère de la femme (UC)
Coordination des actions pour l’accélération de l’abandon de l’excision
(Tous OS)
Justice Collectivité
locale
Partenaires (OS3)
Santé Autres secteurs
(OS2)
OCB/ONG (OS1)
Communautés de base
Composition
Président : Premier Ministre
Secrétariat : Ministre de la Famille, de la Sécurité alimentaire, de l’Entreprenariat Féminin, de la Micro finance et de la Petite Enfance
Membres :
1.Gouvernement Ministère de la Famille Ministère de l’Education Nationale
Ministère de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs Ministère de l’Economie et des Finances/Direction du Budget
Ministère de l’Information et de la Communication Ministère de la
Justice/Direction des Affaires criminelles et de la Grâce Ministère de
l’Intérieur /Gouverneurs des régions cibles
Ministère de la Santé et de la Prévention : SR EPS
Ministère de la Famille Représentant Conseil National de la Jeunesse
2. ONG :
Représentant TOSTAN Représentant Comité Sénégalais sur les Pratiques Traditionnelles ayant un effet sur la Santé de la mère et de l’enfant (COSEPRAT)
Représentant Réseau Siggil Jigeen
Représentant Association Sénégalaise pour le Bien-Être Familial (ASBEF)
Représentant d’Environnement et Développement en Afrique (ENDA SYNFEV
Représentant Forum des Educatrices Africaines (FAWE)
Représentant Association des Juristes Sénégalais
3. Organisations de Femmes Représentant Fédération Nationale des Groupements de Promotion Féminine (FNGPF)
Représentant de l’Association Sénégalaise pour l'Avenir de la femme et de l'Enfant (ASAFE)
Représentant de l’association Nouvelles Opportunités pour Femmes et Enfants,
Représentant Fédération des Associations Féminines du Sénégal (FAFS)
Représentant du Collectif des Femmes pour la Défense de la Famille
4. Leaders Religieux et Coutumiers
Représentant Réseau de communicateurs traditionnels.
Représentant Réseau Islam et Population
5. Communication et Presse
Représentant du réseau des Journalistes sur Population et Développement
Représentant du Réseau des radios communautaires
6. Parlementaires
Représentant du Réseau des Parlementaires pour la Population et le
Développement (RPPD)
7. PTF
Représentant des Partenaires Techniques et Financiers.
Plan d’action pour l’abandon total de l’excision en 2015 Fonctionnement
Le Conseil National se réunit une fois par semestre et exceptionnellement sur convocation de son Président. Le Secrétariat des sessions du Conseil National est assuré par la Direction de la Famille. Selon les besoins, le Conseil National peut mettre en place des commissions thématiques ad hoc afin d’examiner en profondeur les documents qui leur sont soumis pour avis.
3.2.2. Le Comité Technique National de Coordination
Le comité Technique National de coordination assiste la cellule de coordination dans sa mission, notamment en lui fournissant en cas de besoin l’assistance technique requise.
Membres :
a. Gouvernement : Ministère de la Famille, Ministère chargé de la Santé, Ministère chargé de l’Education, Ministère chargé de la Jeunesse, Ministère chargé de la Justice, Ministère chargé du Budget.
b. Partenaire stratégique : ONG Nationale, Internationale (Plan, Save, etc.)
c. Partenaires Techniques et Financiers : UNICEF, UNFPA, OMS, UNIFEM, USAID etc.
Fonctionnement :
Le Comité Technique National est présidé par la Direction de la Famille et elle se réunit au moins une fois par trimestre pour encadrer dans ses activités la Cellule de Coordination et assurer un suivi régulier de l’exécution du Plan d’action National.
3.2.3. Comités régionaux et départementaux
Le Conseil national est représenté au niveau des régions et des départements par les institutions suivantes :
le Comité régional pour l’abandon de l’excision.
le Comité départemental pour l’abandon de l’excision.
Missions
Les missions des comités régionaux et départementaux sont de :
assurer la responsabilité du suivi et de la supervision des activités de terrain,
assurer l’interface avec les partenaires financiers internationaux et nationaux intervenant dans leur région,
promouvoir le plaidoyer sur le plan financier, politique, religieux et communautaire, élaborer les rapports d’exécution et capitaliser les expériences.
Plan d’action pour l’abandon total de l’excision en 2015 Composition
Les comités déconcentrés sont présidés par l’autorité administrative la plus élevée (Gouverneur pour les régions et Préfet pour les départements). Le Secrétariat est assuré par la plateforme régionale ou départementale du Ministère de la Famille.
Membres
Inspection d’académie ou inspection départementale de l’éducation nationale Inspection régionale ou départementale de la jeunesse
Représentant du Ministère de l’Economie et des Finances
Représentant du Ministère de la Communication
Représentant du Ministère de la Santé : Médecin de Région, Médecin de District Représentant du Ministère de la Justice
Représentant du Ministère de l’Intérieur
Représentant des communautés Représentant des ONG et des associations qui ont une compétence avérée dans le domaine
Représentant des partenaires
Représentant des élus des associations des régions du Sénégal et association des maires
Fonctionnement
Les comités régionaux se réunissent une fois par trimestre pour le suivi-évaluation. En cas de besoin, les comités régionaux peuvent examiner les questions d’importance dans le cadre des Comités Régionaux de Développement (CRD).
Les comités départementaux se réunissent une fois par mois pour le suivi évaluation. En cas de besoin, les comités départementaux peuvent examiner les questions d’importance dans le cadre des Comités Départementaux de Développement (CDD).
3.2.4. Comités de gestion communautaire
Mission
La mission du comité de gestion communautaire est de veiller à la protection des filles et des femmes de la communauté pour assurer l’abandon effectif de l’excision
Composition
17 membres élus démocratiquement par la communauté. Une place importante doit être réservée aux jeunes. L’Acteur Porteur de Dynamiques Communautaires (APDC) assure le Secrétariat.
Fonctionnement
Le comité de gestion communautaire tient une réunion mensuelle pour faire l’état de la situation dans la communauté. Il assure la liaison entre les comités départementaux et les
Plan d’action pour l’abandon total de l’excision en 2015
communautés. Il mène aussi des activités de sensibilisation et de mobilisation sociale dans la communauté et dans d’autres communautés interconnectées. Enfin, il intervient en cas de violation des droits des filles.
3.2.5. Cellule de coordination nationale
La Cellule de coordination nationale, placée sous la tutelle de la Direction de la Famille, est l’organe de coordination et d’appui de l’ensemble des activités se rapportant au mouvement pour l’abandon de l’excision dans le cadre du plan national.
Missions
La Cellule de coordination nationale est chargée de : assurer la coordination des interventions ;
assurer le suivi-évaluation de la mise en œuvre des plans d’action ; assurer la documentation et la capitalisation des expériences ; assurer la mobilisation des ressources ;
préparer la tenue des rencontres et des revues ; élaborer les rapports d’exécution technique ;
promouvoir le plaidoyer et la communication stratégique ; développer le partenariat.
Composition
L’équipe de la Cellule de coordination nationale est composée de : 1 Coordonnateur national
1 Chargé de la Planification 1 Chargé de Suivi-Evaluation 1 Chargé de communication 1 Assistante de Direction
En cas de besoin, la Cellule de Coordination Nationale peut faire appel à des consultants spécialisés notamment des sociologues et anthropologues.
Fonctionnement
La Cellule technique est dirigée par un responsable parmi les agents de la hiérarchie A ou assimilés nommé par arrêté du Ministre de la Famille, de la Sécurité alimentaire, de l’Entreprenariat féminin, de la Micro finance et de la Petite enfance. La Cellule technique doit
Plan d’action pour l’abandon total de l’excision en 2015
organiser des réunions mensuelles de suivi-évaluation et élaborer des rapports de performances et un rapport annuel sur l’état d’avancement du processus d’abandon de l’excision.
3.2.6. Forum des partenaires pour l’accélération de l’abandon de l’excision.
Le Forum des partenaires techniques et financiers regroupe des acteurs clés engagés dans la promotion de l’abandon de l’excision.
Missions
Les missions du Forum des partenaires sont de :
promouvoir un partenariat entre les agences de coopération technique et financière et le Gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’actions national pour l’abandon de l’excision,
participer au plaidoyer national et international pour l’abandon de l’excision, contribuer à la mobilisation des ressources pour le financement du plan d’actions,
participer au suivi-évaluation des performances du mouvement d’abandon de l’excision.
Composition
Représentant de l’OMS Représentant de l’UNICEF
Représentant du Fonds des Nations Unies pour les Activités de la Population (UNFPA)
Représentant du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) Représentant du Fonds des Nations Unies pour les Femmes (UNIFEM)
Représentant de l’USAID
Représentant de la Banque Mondiale Représentant de la Coopération Belge Représentant du Gouvernement de Norvège Représentant de la République du
Luxembourg
Représentant du Canada (Agence Canadienne de Développement International (ACDI)
Représentant du Royaume des Pays- Bas Représentant de la Suède (Agence Suédoise de Coopération Internationale pour le Développement (SIDA)
Représentant du Royaume Uni (Department For International Development (DFID) Représentant de l’Allemagne (Coopération Technique Allemande (GTZ)
Représentant de la Coopération espagnole Représentant de l’Union Européenne Représentant d’Oxfam Grande Bretagne Représentant de Plan International Représentant de Save The Children
D’autres bailleurs de fonds potentiels peuvent être inclus dans cette liste de partenaires techniques et financiers indicative.
Plan d’action pour l’abandon total de l’excision en 2015 Fonctionnement
Le Forum des partenaires se réunit deux fois par année pour évaluer les progrès réalisés et formuler des suggestions de la mise en œuvre du Plan d’action. Le Forum des partenaires élit en son sein un Chef de file. Il adresse, au Gouvernement, ses recommandations et les résultats de ses travaux, par le biais du Ministère de la Famille, de la Sécurité alimentaire, de l’Entreprenariat féminin, de la Micro finance et de la Petite enfance.
3.3. Suivi-évaluation
Pour le suivi et l’évaluation du plan, des indicateurs de suivi sont identifiés (voir cadre logique).
Des mécanismes de suivi au niveau national, régional et départemental sont également proposés.
Une évaluation annuelle est prévue. Aussi, une évaluation externe du programme sera effectuée en 2015 par des consultants indépendants à la fin du programme. Elle aura pour but d’analyser les résultats obtenus et de formuler des recommandations pour la suite du programme. Cette évaluation s’appuiera sur une évaluation à mi-parcours en 2012 et les résultats de la revue annuelle du programme.
Le dispositif de suivi-évaluation devra également comprendre une cartographie des zones de prévalence et des zones d’intervention géré par un système d’information géographique et diffusé en utilisant les technologies de l’information et de la communication (site web, SMS, etc.)
3.4. Moyens d’intervention
Pour mener à bien le programme, les moyens suivants sont prévus : le personnel de la Cellule de Coordination Nationale,
l’assistance technique (consultants pour réaliser les études, animer les formations et sessions de partage),
les Fournitures et Equipements de bureau, de matériels informatiques et de moyens de communication (téléphone, fax, Internet) et de déplacement (une voiture),
la mise à disposition de crédits d’appui aux ONG, associations et structures déconcentrées chargées de la mise en œuvre.
3.5. Mesures de renforcement
Le plan d’action national a été élaboré à la demande du Gouvernement à travers le Ministère de la Famille, de la Sécurité alimentaire, de l’Entreprenariat Féminin, de la Micro finance et de la Petite Enfance et avec le concours de partenaires techniques et financiers (UNICEF, UNFPA et OMS). Il s’appuie sur les résultats de l’évaluation du plan d’action national pour l’abandon de la pratique de l’excision 2000-2005 et les conclusions de l’atelier national et de celui régional sur la stratégie coordonnée tenu en octobre 2008.
En ce qui concerne la viabilité financière, le Plan a besoin d’être soutenu au plus haut niveau de l’Etat notamment avec l’organisation de deux Conseils présidentiels sur l’abandon de l’excision.
Plan d’action pour l’abandon total de l’excision en 2015
La première rencontre aura pour but d’impulser la dynamique de changement social au niveau communautaire et de mobiliser les ressources adéquates sur le budget 2010 pour la prise en charge des priorités du Plan.
La deuxième rencontre du Conseil présidentiel aura pour objet d’évaluer les performances du plan en 2012. Les rencontres du Conseil présidentiel devront être préparées par le Ministre de la Famille, de la Sécurité alimentaire, de l’Entreprenariat Féminin, de la Micro finance et de la Petite Enfance en concertation avec le Secrétariat de la Présidence de la République.
Au niveau de la base, il convient de redynamiser les plateformes départementales afin qu’elles jouent un rôle dans la mise en œuvre sur le terrain et sur le suivi-évaluation dudit programme.
Enfin, il convient de prévoir des ressources permettant de témoigner la reconnaissance de la Nation aux pionnières et aux pionniers de l’ « ENGAGEMENT » pour l’abandon de l’excision (décorations, soutien en faveur de leur autonomisation).
3.6. Hypothèses et risques
Le succès du Plan d’action suppose la réalisation des conditions suivantes :
Le Gouvernement du Sénégal matérialise son engagement politique pour l’abandon total de l’excision notamment en prenant les mesures nécessaires pour la stabilité institutionnelle (ancrage du programme au sein de la Direction de la Famille du Ministre de la Famille, de la Solidarité nationale, de la Sécurité alimentaire, de l’Entreprenariat Féminin et de la Petite Enfance. Le Gouvernement devra maintenir l’Equipe ayant travaillé sur le premier plan d’action pour assurer le suivi du dossier et allouer des ressources financières à titre de contribution au financement du Plan et de la coordination de la mise en œuvre.
Le Gouvernement devra aussi s’engager à mettre en place un comité élargi pour favoriser la coordination interministérielle et la mobilisation des ressources,
Les partenaires techniques et financiers supportent la mise en œuvre du plan et contribuent à son financement et à son suivi-évaluation.
Les principaux risques associés à la réalisation des activités du Plan sont : le faible rôle de coordination du Ministère ;
le faible niveau d’engagement de certaines ONG et associations, notamment pour assurer la pérennisation, ou leur soutien à des approches ne respectant pas la stratégie nationale grâce au support de donateurs ;
la pression religieuse et coutumière avec l’influence des leaders d’opinion notamment les guides religieux et les immigrés ainsi que des détracteurs favorables à l’excision.
Plan d’action pour l’abandon total de l’excision en 2015
IV. PLANS D’ACTION ANNUELS PAR COMPOSANTE
Composante 1 : Extension et couverture Nationale
PLAN D’ACTION 2010
Activités Indicateur Cibles Zones Responsables Période Budget
2010 RESULTAT 1: Les différents secteurs de la société sénégalaise s’impliquent dans le processus d’abandon total de l’excision
Indicateur : Nombre de secteurs impliqués et actifs dans le processus d’abandon de l’excision
1.1
Cartographie établie sur les acteurs impliqués dans le processus de l’abandon
de l’excision Existence
de la cartographie
Partenaires impliqués
Régions Départeme nts
Ministère de la
Famille… Premier
semestre
5.900.000
1.2
Sensibilisation des différents secteurs sur l’approche Droits Humains pour l’abandon de l’excision pour une harmonisation des démarches
Nombre de secteurs sensibilisés
Ministères, ONGs, média, parlementaires, collectivités locales, associations, ASC, etc.
Régions Départeme nts
Ministère de la Famille…
Deuxième semestre
43.500.000
1.3
Intégration et/ou réactualisation des curricula sur l’excision en tenant compte de l’ADH pour les écoles de formation - 2011
Curricula tenant compte de l’ADH utilisée dans les écoles de formation
Ecoles de formation (éducation, enseignement supérieur, jeunesse, santé, ETP, etc.)
Dakar
- Ministère de la Famille…
- Ministères
- ONGs
Deuxième
semestre 20.000.000
1.4
Intégration de l’ADH pour l’abandon total de l’excision dans les Politiques, Normes et Protocoles de la Santé de la
Reproduction – 2010 (déjà budgetisé dans le budget de la DSR – voir OMS et autres partenaires)
Intégration effective de l’ADH dans les Politiques, Normes et Protocoles de la SR
Personnel du
Ministère de la Santé
Communa utés concernées
Ministère de la Famille…
Ministère de la Santé
Deuxième semestre
1.5 Vulgarisation de la loi Nbre d’activités de
vulgarisation Communautés Nationale
Ministère de la Justice et les parlementaires
Deuxième semestre
10.000. 000 Conception et édition de modules de vulgarisation 10 000 00