• Aucun résultat trouvé

PAC, prix et primes : quelles incidences sur les types de produits vendus (...)

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "PAC, prix et primes : quelles incidences sur les types de produits vendus (...)"

Copied!
1
0
0

Texte intégral

(1)

Renc. Rech. Ruminants, 2005, 12 35

INTRODUCTION

Un des objectifs de la réforme de la PAC en 1992, renforcé en 2000, a été de limiter l’intensification de la production de viande bovine en baissant le prix d’intervention et en instaurant des primes à l’animal et à l’hectare. Nous proposons d’analyser les évolutions des types d’animaux vendus en élevage allaitant Charolais, en confrontant ces évolutions à celles des prix et primes.

1. ECHANTILLON CONSTANT

Notre analyse portera sur un groupe constant de 67 exploitations du Charolais, issues du réseau d’observation du LEE, sur 16 ans. Ces exploitations incluent tous les systèmes existant dans la zone (naisseurs, naisseurs- engraisseurs, cycles courts, cycles longs). La période d’étude de 1989 à 2004 permet d’intégrer des périodes pré et post réforme de la PAC 1992 et 2000 ainsi que les deux crises ESB.

2. PRODUITS VENDUS

L’instauration des primes animales et de la prime à l’herbe en 1992, plus le durcissement des conditions d’attribution du complément extensif après 2000, ont eu pour conséquence un raccourcissement du cycle de production, d’où une évolution des systèmes vers la production de broutards primés (figure 1). Depuis 16 ans, le pourcentage de mâles engraissés est en baisse constante (47 % en 1989 vs. 27 % en 2004), alors que le taux d’engraissement des génisses stagne à 30 % jusqu’en 2000 (date d’instauration de la prime à l’abattage, PAB) pour ensuite passer les 40 %. L’interdiction des anabolisants en 1988 ainsi que l’incertitude du marché n’ont pas encouragé la production de bœufs. La suppression, en 1997, de la seconde prime à 20 mois aux mâles non castrés, les tests ESB pour les animaux de plus de deux ans, ont été quasi fatals aux taurillons gras de deux ans qui, de toute façon, ne trouvaient plus leur place sur le marché (trop lourds, viande trop dure).

Figure 1 : types de mâles vendus

3. RAPPORTS DE PRIX (ECONSTANTS)

Le prix moyen du kilo de viande bovine produit a chuté de 20 % de 1990 à 2004 (2,52 E/kg en 1990 vs. 2,00 E/kg en 2004). Les aides bovines compensatrices ont permis de

maintenir l’ensemble prix + primes à 2,70 E/kg (Veysset et al., 2005). Les rapports de prix entre les différentes catégories d’animaux ont évolué à l’avantage du maigre pour les mâles. La différence de prix entre broutards et taurillons gras (figure 2) est passée de plus de 700 E/tête avant 1992 à guère plus de 300 Eactuellement. Les éleveurs de l’échantillon étant tous naisseurs, les broutards étant quasiment tous primés, la PSBM ne peut donc pas compenser l’affaiblissement de l’écart de prix. La PAB en 2000 aurait pu relancer l’engraissement de taurillons, mais cette PAB équivaut à un plus de 0,20 E/kg carcasse de taurillon soit 80 E/tête, le rapport maigre/gras reste donc favorable au maigre.

Après 1992, l’écart de prix/kg carcasse entre vaches grasses et taurillons s’est creusé et stabilisé autour de 0,20 E/kg en faveur de la vache. La PAB et son complément femelle ont été très favorables à l’engraissement des génisses puisqu’ils représentent près de 0,40 E/kg carcasse. Notons que malgré les mesures incitatives (PAB, 2ndePSBM à 20 mois avec le complément extensif lié) qui se montent à plus de 0,45 E/kg carcasse, l’engraissement de bœufs n’a que légèrement progressé, mais les difficultés de commercialisation de ce type d’animal haut de gamme limitent son développement.

Figure 2 : prix du broutard et du taurillon

DISCUSSION ET CONCLUSION

Alors que l’engraissement est un élément de plus-value que les professionnels voudraient développer sur le bassin de production, les deux réformes successives ainsi que le rapport de prix maigre/gras lié au marché italien, n’ont guère été favorables à l’engraissement des mâles. La nouvelle réforme 2003, avec le découplage de la PSBM et du complément extensif et le couplage à 40 % de la PAB, pourrait inciter à allonger le cycle de production des animaux. Mais ce sont surtout le prix de marché et les rapports de prix qui orienteront les productions et, avec le rapport actuel, la finition des femelles est confortée alors que la finition des mâles reste aléatoire (Lherm et al., 2003).

On peut le regretter pour l’activité de la filière (abattoirs), mais si tous les broutards étaient engraissés en France, quel serait leur débouché ? L’Italie ?

Lherm M., Veysset P., Bébin D., 2003. INRA Sciences Sociales, PAC 2003, journée du département ESR, 6p.

Veysset P., Lherm M., Bébin D., 2005. INRA Prod. Anim., à paraître.

PAC, prix et primes : quelles incidences sur les types de produits vendus en élevage bovin allaitant Charolais ?

CAP, sale prices and premiums : impacts on the type of animals sold on the Charolais beef cattle farms.

P. VEYSSET, M. LHERM, D. BEBIN

INRA Clermont Theix, Laboratoire d’Economie de l’Elevage, 63122 Saint-Genès Champanelle

Références

Documents relatifs

Le frontalier ayant opté pour l’assurance privée française (ex: MMA) et n’ayant jamais exercé à ce jour son droit d’option pour l’assurance de base suisse (BILAS) doit

7.1.3 COVID-19 - Diminution notable du revenu durant l’année précédente Les personnes ayant connu une baisse de revenu importante en 2021 due aux restrictions liées à la

L'Allemagne met en ligne : 3 Ecoles professionnelles; 24 exposants d'horloges, pendules, coucous, carillons et réveils ; 2 exposants de montres, 1 de fournitures d'horlogerie, 1

Analyse comparative des prix de produits vendus en vrac VS en préemballé I 25 I Les références en vrac relevées sont plus nombreuses dans les magasins bio que dans les hypermarchés

The fundamental information concerning prime numbers that we use in the proof is embodied in Lemma 5 below... An auxiliary lemma concerning prime

Vous faites réaliser un audit de votre habitation par un auditeur logement agréé par la Wallonie avant la réalisation de vos travaux Vous recevrez une prime pour couvrir une partie

be prime, working rst on real integers (other Gaussian primes 11, 19 and 23 are given),.. then other Gaussian integers a

In Section 3 we mentioned the work of Brun (1920), according to which Problem 4 is true if primes are substituted by almost primes of the form P 11 (that is, numbers with at most