• Aucun résultat trouvé

Sur un procédé de fixation des figures d'évolution de l'huile sur l'eau et sur le mercure

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2021

Partager "Sur un procédé de fixation des figures d'évolution de l'huile sur l'eau et sur le mercure"

Copied!
9
0
0

Texte intégral

(1)

HAL Id: jpa-00241812

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00241812

Submitted on 1 Jan 1912

HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.

Sur un procédé de fixation des figures d’évolution de l’huile sur l’eau et sur le mercure

Henri Devaux

To cite this version:

Henri Devaux. Sur un procédé de fixation des figures d’évolution de l’huile sur l’eau et sur le mercure.

J. Phys. Theor. Appl., 1912, 2 (1), pp.891-898. �10.1051/jphystap:019120020089101�. �jpa-00241812�

(2)

891 ces problèmes. Je crois cependant avoir montré qu’on ne saurait se

passer, pour expliquer les perturbations magnétiques, de l’intermé- diaire obligé des courants telluriques qui constituent, dans la ques-

tion, un élément primordial.

SUR UN PROCÉDÉ DE FIXATION DES FIGURES D’ÉVOLUTION DE L’HUILE SUR L’EAU ET SUR LE MERCURE

Par M. HENRI DEVAUX.

Au cours de mes recherches sur les laines minces de l’huile et d’autres substances (2) j’ai été amené à prévoir, en 1904, que le

papier devait s’imbiber beaucoup (aCtlenzent par l’eau s’il est taché d’huile que s’il ne l’est pas.

L’expérience, tentée aussitôt a vérifié mes prévisions, quelque paradoxales que parussent celles-ci à première vue. Les moindres taches huileuses faites sur un papier que l’on trempe dans l’eau s’imbibent aussitôt beaucoup mieux que le reste de la feuille.

J’aurai plus tard à revenir sur ce fait singulier. Pour le moment,

je veux seulement montrer ici comment cette propriété curieuse du

papier a été mise à profit pour prendre des empreintes de lames

d’huile en évolution et (1) pour en faire des pseudo-photographies.

Principe de la méthode.

-

Si au lieu d’eau pure on emploie une

solution aqueuse d’ une matière colorante quelconque, celle-ci im- prègne aussi de préférence les endroits huilés d’une feuille de papier.

Mettons par exemple de l’encre dans une cuvette à photographie ou

dans une assiette, et posons une feuille de papier, tachée d’huile, à

sa surface. L’encre pénètre aussitôt de préférence les taches, si bien

(~) Communication faite à la Société française de Physique : séance du

19 avril 19t2.

-

Des additions importantes à cette communication ont été portées ici, spécialement en ce qui concerne les lames d’huile sur le mercure.

,

(-) H. DEV.Aux, ltecfie;cfies suo les lames très minces liquides ou solides (Proc.-

Verb. Soc. Sc. pltys. Bo;deaux, novembre 1903) ; Jlem,bl’anes de coagu- lation pa; simple contact de avec l’eau Soc. Sc. phys. de Boocleaux, janvier 1904); Co»ii>a»aiso>i de Cépaisseul’ cl’ilique des laînes très 1ninces ccvec le cliarnètoe théooigue de la 1nolécule (Proc.-I"ei-b. Soc. Se. phys. de Bordeaux, avril 190) ; De l’épaisseur c>.itique des solides et des liquides réduits

en très 1ninces (J. de P7cys., juin 1904).

(3) Voy. H. DEVAux, Reche)’ches les lam.es d’huile étendues su?- l’eau (,I. de Ph’s., ce vol., p. 699).

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:019120020089101

(3)

892

qu’en lavant immédiatement la feuille à grande eau, on a une sil-

houette noire de tous les points où il y avait de l’huile, tandis que

partout ailleurs le papier s’est à peinte teinté.

La même expérience réussit avec de l’encre de Chine ou avec de

vraies dissolutions.

-

L’huile agit donc comme un véritable rnordant pour le papier, a l’égard de l’encre et des couleurs dissoutes dctns l’eau.

Application lames

--

Déposons une goutte d’huile

sur l’eau. Tandis qu’elle s’étale en suivant son évolution particulière,

avec teintes chromatiques, taclles noires et finalement globules (1),

nous appliquons sur elle une feuille de papier blanc. Cette applica- tion, faite d’un mouvement rapide et régulier, nie produit aucune perturbation : l’huile se colle à mesure au papier, aux places

mêmes qu’elle occupait, de telle sorte que le voile huileux tout en- tier se trouve immobilîsé dans la figure d’évolution qu’il avait

atteinte. C’est une véritable empreinte de cette figure d’évolution,

c’est-à-dire d’une phase fugitive et complexe, et cette empreinte se

fait en une ou deux secondes.

Si on laisse alors un instant la feuille sur l’eau, on voit que par- tout où il existait des gouttes ou des parties assez épaisses d’huile,

l’eau pénètre et rend le papier translucide. On entrevoit dès lors

l’empreinte dès ce moment-là ; mais il est inutile d’attendre cette imbibition.

Il faut au contraire retirer la feuille de papier et la sécher immé- diatement avec du papier buvard, puis avec un fer chaud. Cette opé-

ration de dessiccation est essentielle; on pose ensuite la feuille sur de l’encre placée dans une cuvette, en la relevant par instants pour bien chasser les bulles d’air qui pourraient s’interposer. On surveille en

même temps la pénétration de l’encre. Cette pénétration demande de cinq à soixante secondes, et quand elle semble suffisante, on porte la feuille sous un filet d’eau pour enlever rapidement tout ce qui n’a pas

pénétré le papier. Aussitôt après, il faut sécher au papier buvard pour

empêcher le délayage de l’empreinte. On peut à la fin terminer le

séchage en passant légèrement au fer chaud.

Cet ensemble d’opérations est très rapide, de sorte qu’en quelques

minutes on possède sur le p,apier une silhouette très fidèle de la lame d’huile, saisie sur l’eau en pleine évolution.

(1) H. DEYAUX, Recherches sui les lcones d’huile (loc. cit., p. 699).

(4)

893 Dans cette silhouette à l’encre, les par- ties huilées sont noires tandis qu’elles étaient brillantes sur l’eau. Au contraire, les parties non huilées, ou bien celles qui n’ont reçu que la pellicule extrêmement mince d’huile correspondant à la tache

noire (’ ) sont presque blanches, tandis qu’elles étaient sombres sur

l’eau. La silhouette est donc un de la lame d’huile. Mais il est facile de la transformer en

I’t suffit d’appliquer la silhouette, à la façon d’un négatif ordinaire,

sur une feuille de papier sensible, dans un châssis, et d’exposer le

tout à la lumière. On obtient alors une,véritable pseudo-photographie qui ressemble singulièrement à une photographie véritable.

Cette pseudo-photographie est du reste aussi fidèle qu’une vraie photographie, puisqu’elle correspond à une empreinte de la lame

elle-même sur le papier, avec tous ses détails.

Mais c’est une photographie en vrccze grandeur, un véritable fac- similé. L’huile y forme un dessin clair sur un fond sombre. Les tons dus à l’huile sont d’autant plus voisins du blanc que l’huile était plus abondante, si bien que les gouttelettes paraissent comme des points

tout à fait blancs.

Le fond sombre général correspond au contraire à l’eau pure, ou

plus exactement à l’eau recouverte de la très mince couche d’huile

qui occupe les taches noires ou la surface entre les globules une fois

l’état stable atteint (2).

Choix du pap£er et cle

-

Comme on pouvait s’y attendre,

la nature du papier et celle de l’encre jouent un rôle dans la prise de l’empreinte. Certains papiers, en particulier ceux collés à la géla- tine, ne s’y prêtent absolument pas. Mais la plupart des types de papier blanc ordinaire, dit papier écolier, donnent des résultats très

satisfaisants ; le choix est facile par chaque opérateur.

Il en est de même de l’encre : j’ai adopté comme donnant de bons résultats une encre dite communicative (encre violet noir communi- cative d’Anioine).

Larnes d’huile formées sur le

-

On sait que l’huile s’étend sur le mercure comme elle le fait sur l’eau. J’ai observé

qu’elle y donne aussi des figures d’évolution très analogues et en particulier qu’il ~T apparait des taches noires. Tout dernièrement j’ai

(1) H. DEvAux, loc. Cit., 1912, p. ’;01.

(2) Ibid., p. 699 et 115.

(5)

894

pu obtenir des lames très belles de trioléine, d’huile de ricin, d’acide oléique ifig. 2), d’huile de lin, etc.

L’empreinte de ces lames peut être saisie encore plus facilement qu’avec les lames posées sur l’eau, les opérations étant abrégées, puisque la phase du séchage après l’empreinte est supprimée.

Fic. 1.

-

Épais réseau produit à la longue par une très grosse goutte de trioléin e

déposée sur l’eau. Quelques fines gouttelettes sont restées sur les taches noires.

Re})roduetion - Comme on peut obtenir des posi-

tifs sur papier, on peut aussi obtenir des clicliés en vue de la zinco-

(6)

895

gravure. C’est ainsi que la figure de lame d’huile du mémoire pré-

cédent (’) a été obtenue, une silhouette à l’encre ayant servi de négatif. Il en est de même des figures données ici même.

La fil. 1 représente un état d’évolution très avancé d’une très grosse gomtte d’luile sur l’eau. La lame produite s’est transformée

en bandes très épaisses, disposées en réseau irrégulier et entourant

de gigantesques taches noires (2).

La 2 représente deux silhouettes différente, juxtaposées pour permettre de faire des comparaisons. Les gouttelettes y paraissent

comme des points blancs, les lames comme des parties plus ou moins claires, les taches noires et le fond y sont très sombres.

Sensibih’te du procéclé.

-

Ce procédé de révélation des marques huileuses fixées sur un papier est d’une sensibilité extraordinaire à laquelle j’étais loin de m’attendre. Des couches d’huile qui, sur

l, 1

,.

1 1

d .) l,

,

l’eau ou sur le mercure, n’avaient que A, 1 de millimètre,

1.000 10.000

ou moins encore, et étaient absolument invisibles une fois fixées sur

-le papier (après dessiccation), deviennent tout à fait manifestes après

le passage à l’encre.

C’est ce que montre en particulier la fig. 2, qui représente deux lames juxtaposées d’acide oléique formées sur le mercure.

Dans la tigure de gauche, la lame huileuse avait une teinte chamois brun passant au violet qui correspond, je crois, à une épaisseur d’en-

viron 90 pp (3).

Dans la lame de droite, la lame était plus épaisse, elle avait une

teinte gris blanc bleuâtre qui correspond à une épaisseur d’environ

140 pp (’~) . Comme on le voit, des épaisseurs d’huile se chiffrant en

dix-millièmes de millimètre donnent ici des empreintes très fortes,

et la teinte obtenue est d’autant plus marquée que l’épaisseur d’huile

était plus grande.

(1) Loc. cit., 1912, p. 700.

(2) DEvAux, loc. cit., 1912, p. 700.

(3) Cette figure était destinée au mémoire précédent, c’est à elle que se rapporte

l’indication portée à la dernière ligne de la page 714 et non à la fig. 5.

(4) Je ne donne ces évaluations d’épaisseurs qu’à titre d’indication. D’une

part, en effet, il est extrêmement difficile d’établir la concordance des teintes interférencielles des lames d’huile (surtout celles faites sur le mercure) avec les teintes données par une lame d’air. D’autre part, on sait qu’il se produit une

variation de phase dans la réflexion de la lumière, dans les conditions réalisées

ici, variation inconnue, qui dépend de l’incidence et d’autres causes mal connues

[voy. VI:’iCENT, les Couches de passage et le Rayon d’activité inoléculaile (Revue

générale des sciences, 15 juin 1899, p. -Ik-25)].

(7)

896

Il y a donc une certaine gradation du mordançage du papier par

l’huile, g radation qui est en rapport avec l’épaisseur de la lame fixée.

Mais il n’y a pas. semble-t-il, proportionnalité avec l’épaisseur, autant

du moins que j’ai pu m’en rendre compte.

FIG. 2.

-

Deux lames d’acide oléique formées isolément sur le mercure.

--

La lame de gauche avait une couleur chamois brun passant au violet (épaisseur

90 Celle de droite était gris blanc bleuâtre (épaisseur 140 !J.fJ.) ? L’encrage.

pour les deux a duré exactement 60 secondes.

Les différences de mordançage sont plus sensibles pour les épais-

seurs très minimes, telles que celles qui caractérisent les teintes d’interférences de premier ordre, c’est-à-dire pour des épaisseurs

d’huile de j0 à ‘?00 !J-1.L.

_

Révélation des - J’ai cherché à voir si le

procédé serait assez délicat pour révéler, par une différence de

teintes après encrage, la couche d’huile excessivement mince (2 à

(8)

897 3 pp) qui subsiste encore sur l’eau entre les globules d’huile quand

celle-ci est en excès. Autrement dit j’ai cherché à rendre visible,

avec l’encre, la pellicule formant la tache noire, pellicule que l’ceil

ne peut distinguer de l’eau pure par un éclat particulier (1).

Une surface d’eau, contenue dans une cuvette rectangulaire, a

reçu une goutte d’huile assez grosse, c’est-à-dire de plusieurs milli-

mètres cubes. Elles’est étendue en une lame qui, finalement, a donné

une multitude de fines gouttelettes.

J’ai alors déposé en travers de la surface un fil à coudre très fin, paraefiné, portant deux petits contrepoids pour le tendre, et j’ai pris soin de bien appliquer ce fil au contact de l’eau. J’ai ainsi obtenu

une barrière capillaire partageant la surface de l’eau en deux parties

FIG. 3.

égales. Alors, en posant une feuille de papier mince sur une de ces moitiés, j’ai enlevé l’huile qui l’occupait, en répétant l’opération

pour enlever les dernières traces. Il en est résulté, d’un côté, une sur- face fortement huilée, avec lame noire au maximum d’épaisseur (puis- qu’elle était en équilibre avec des globules en excès), et, de l’autre,

une surface d’eau pure, tirant fortement sur le fil. Je ne pouvais dis- tinguer à l’oeil aucune différence d’éclat entre les deux surfaces, de

sorte que, sauf l’existence des nombreux globules brillants qui occu-

(1) Sur les pellicules d’eau de savon, la lame noire réfléchit la lumière, mais si

faiblement qu’il n’est pas étonnant que l’éclat propre de la lame noire des huiles

soit noyé dans celui de l’eau ou du mercure qu’elle recouvre.

(9)

898

paient l’une d’elles, elles semblaient identiques. Il en était de même

au nicol en incidence brewstérienne.

J’ai appliqué alors une feuille de papier blanc sur l’ensemble, ce qui m’a permis d’obtenir une empreinte simultanée des deux surfaces,

et de la révéler par encrage, comme nous l’avons expliquéci-dessus.

C’est cette empreinte qui a servi de négatif pour obtenir la fig. 3.

On voit sur cette figure (’ ) que le fond noir entre les globules occu-

pant la surface huilée est manifestement moins sombre que le fond uniformément noir de la surface d’eau sans huile. La couche d’huile formant la tache noire a donc manifesté son effet, malgré sa minceur (2 à 3 u.u.) : c’est la preuve directe que méme des épaisseurs de

couches ?>io>io»iole’culctire.s d’huile peuvent encore agir sur le papier

pour favoriser la pénétration de t’encre (1).

Toutefois je dois dire que les différences, si évidentes dans le cas

actuel, ont été bien moins marquées dans d’autres expériences.

Néanmoins il est bien certain que nous sommes ici en présence

d’action d’une délicatesse remarquable, et il est probable que l’on pourra en tirer des conséquences intéressantes ; j’espère montrer plus tard, en tous cas, quelques applications du procédé d’empreintes.

Je dois, en terminant, signaler le fait que j’ai pu obtenir très faci- lement une série de clichés positifs sur verre de l’évolution d’une goutte d’huile sur l’eau, ce qui m’a permis de montrer cette évolu- tion aux membres de la Société de Physique sous forme de projec-

tions (séance du 19 avril 191~). J’avais auparavant, à la séance de

Pâques, montré de nombreuses pseudophotographies des mêmes

lames.

Bordeaux, le 22 octobre 1912.

(1) La trace de la ligne horizontale qui traverse la figure n’est qu’un accident

provenant d’un pli du négatif.

Références

Documents relatifs

Ce n’est que lorsqu’il leva la main sur elle qu’elle dit avoir compris qu’il allait trop loin et qu’elle parvint à le quitter en se promettant que dorénavant, elle ne

Bien entendu, je ne veux nullement dire par là que la possession subite d'une propriété soit incapable de faire naître des habitudes de travail!.. Mais tous ces plans - qu'il

La technique d’enregistrement des mouvements oculaires basée sur la réfraction lumineuse (photo-électique); nous a été très utile pour la démonstration des modalités différentes

Cette recherche analyse les effets de deux tâches d‟aide à la compréhension et à la production d‟un texte explicatif en français et montre que ces tâches

Analyse du total des informations correctes produites au Questionnaires Q1 et Q2 Nous analysons, tout d’abord, le total des réponses correctes aux questions portant sur la base de

[r]

Si tu as 17 ans et que tes parents ne reçoivent pas d’allocations familiales supplémentaires, il se peut que tu aies quand même droit au système d’allocations pour adultes. Tu

Le Conseil économique et social des Nations Unies (1997) donne une définition pertinente du concept d’intégration de la dimension genre, laquelle suggère que