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Submitted on 1 Jan 1912
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Sur un procédé de fixation des figures d’évolution de l’huile sur l’eau et sur le mercure
Henri Devaux
To cite this version:
Henri Devaux. Sur un procédé de fixation des figures d’évolution de l’huile sur l’eau et sur le mercure.
J. Phys. Theor. Appl., 1912, 2 (1), pp.891-898. �10.1051/jphystap:019120020089101�. �jpa-00241812�
891 ces problèmes. Je crois cependant avoir montré qu’on ne saurait se
passer, pour expliquer les perturbations magnétiques, de l’intermé- diaire obligé des courants telluriques qui constituent, dans la ques-
tion, un élément primordial.
SUR UN PROCÉDÉ DE FIXATION DES FIGURES D’ÉVOLUTION DE L’HUILE SUR L’EAU ET SUR LE MERCURE
Par M. HENRI DEVAUX.
Au cours de mes recherches sur les laines minces de l’huile et d’autres substances (2) j’ai été amené à prévoir, en 1904, que le
papier devait s’imbiber beaucoup (aCtlenzent par l’eau s’il est taché d’huile que s’il ne l’est pas.
L’expérience, tentée aussitôt a vérifié mes prévisions, quelque paradoxales que parussent celles-ci à première vue. Les moindres taches huileuses faites sur un papier que l’on trempe dans l’eau s’imbibent aussitôt beaucoup mieux que le reste de la feuille.
J’aurai plus tard à revenir sur ce fait singulier. Pour le moment,
je veux seulement montrer ici comment cette propriété curieuse du
papier a été mise à profit pour prendre des empreintes de lames
d’huile en évolution et (1) pour en faire des pseudo-photographies.
Principe de la méthode.
-Si au lieu d’eau pure on emploie une
solution aqueuse d’ une matière colorante quelconque, celle-ci im- prègne aussi de préférence les endroits huilés d’une feuille de papier.
Mettons par exemple de l’encre dans une cuvette à photographie ou
dans une assiette, et posons une feuille de papier, tachée d’huile, à
sa surface. L’encre pénètre aussitôt de préférence les taches, si bien
(~) Communication faite à la Société française de Physique : séance du
19 avril 19t2.
-Des additions importantes à cette communication ont été portées ici, spécialement en ce qui concerne les lames d’huile sur le mercure.
,
(-) H. DEV.Aux, ltecfie;cfies suo les lames très minces liquides ou solides (Proc.-
Verb. Soc. Sc. pltys. Bo;deaux, novembre 1903) ; Jlem,bl’anes de coagu- lation pa; simple contact de avec l’eau Soc. Sc. phys. de Boocleaux, janvier 1904); Co»ii>a»aiso>i de Cépaisseul’ cl’ilique des laînes très 1ninces ccvec le cliarnètoe théooigue de la 1nolécule (Proc.-I"ei-b. Soc. Se. phys. de Bordeaux, avril 190) ; De l’épaisseur c>.itique des solides et des liquides réduits
en très 1ninces (J. de P7cys., juin 1904).
(3) Voy. H. DEVAux, Reche)’ches les lam.es d’huile étendues su?- l’eau (,I. de Ph’s., ce vol., p. 699).
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:019120020089101
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qu’en lavant immédiatement la feuille à grande eau, on a une sil-
houette noire de tous les points où il y avait de l’huile, tandis que
partout ailleurs le papier s’est à peinte teinté.
La même expérience réussit avec de l’encre de Chine ou avec de
vraies dissolutions.
-L’huile agit donc comme un véritable rnordant pour le papier, a l’égard de l’encre et des couleurs dissoutes dctns l’eau.
Application lames
--Déposons une goutte d’huile
sur l’eau. Tandis qu’elle s’étale en suivant son évolution particulière,
avec teintes chromatiques, taclles noires et finalement globules (1),
nous appliquons sur elle une feuille de papier blanc. Cette applica- tion, faite d’un mouvement rapide et régulier, nie produit aucune perturbation : l’huile se colle à mesure au papier, aux places
mêmes qu’elle occupait, de telle sorte que le voile huileux tout en- tier se trouve immobilîsé dans la figure d’évolution qu’il avait
atteinte. C’est une véritable empreinte de cette figure d’évolution,
c’est-à-dire d’une phase fugitive et complexe, et cette empreinte se
fait en une ou deux secondes.
Si on laisse alors un instant la feuille sur l’eau, on voit que par- tout où il existait des gouttes ou des parties assez épaisses d’huile,
l’eau pénètre et rend le papier translucide. On entrevoit dès lors
l’empreinte dès ce moment-là ; mais il est inutile d’attendre cette imbibition.
Il faut au contraire retirer la feuille de papier et la sécher immé- diatement avec du papier buvard, puis avec un fer chaud. Cette opé-
ration de dessiccation est essentielle; on pose ensuite la feuille sur de l’encre placée dans une cuvette, en la relevant par instants pour bien chasser les bulles d’air qui pourraient s’interposer. On surveille en
même temps la pénétration de l’encre. Cette pénétration demande de cinq à soixante secondes, et quand elle semble suffisante, on porte la feuille sous un filet d’eau pour enlever rapidement tout ce qui n’a pas
pénétré le papier. Aussitôt après, il faut sécher au papier buvard pour
empêcher le délayage de l’empreinte. On peut à la fin terminer le
séchage en passant légèrement au fer chaud.
Cet ensemble d’opérations est très rapide, de sorte qu’en quelques
minutes on possède sur le p,apier une silhouette très fidèle de la lame d’huile, saisie sur l’eau en pleine évolution.
(1) H. DEYAUX, Recherches sui les lcones d’huile (loc. cit., p. 699).
893 Dans cette silhouette à l’encre, les par- ties huilées sont noires tandis qu’elles étaient brillantes sur l’eau. Au contraire, les parties non huilées, ou bien celles qui n’ont reçu que la pellicule extrêmement mince d’huile correspondant à la tache
noire (’ ) sont presque blanches, tandis qu’elles étaient sombres sur
l’eau. La silhouette est donc un de la lame d’huile. Mais il est facile de la transformer en
I’t suffit d’appliquer la silhouette, à la façon d’un négatif ordinaire,
sur une feuille de papier sensible, dans un châssis, et d’exposer le
tout à la lumière. On obtient alors une,véritable pseudo-photographie qui ressemble singulièrement à une photographie véritable.
Cette pseudo-photographie est du reste aussi fidèle qu’une vraie photographie, puisqu’elle correspond à une empreinte de la lame
elle-même sur le papier, avec tous ses détails.
’
Mais c’est une photographie en vrccze grandeur, un véritable fac- similé. L’huile y forme un dessin clair sur un fond sombre. Les tons dus à l’huile sont d’autant plus voisins du blanc que l’huile était plus abondante, si bien que les gouttelettes paraissent comme des points
tout à fait blancs.
Le fond sombre général correspond au contraire à l’eau pure, ou
plus exactement à l’eau recouverte de la très mince couche d’huile
qui occupe les taches noires ou la surface entre les globules une fois
l’état stable atteint (2).
Choix du pap£er et cle
-Comme on pouvait s’y attendre,
la nature du papier et celle de l’encre jouent un rôle dans la prise de l’empreinte. Certains papiers, en particulier ceux collés à la géla- tine, ne s’y prêtent absolument pas. Mais la plupart des types de papier blanc ordinaire, dit papier écolier, donnent des résultats très
satisfaisants ; le choix est facile par chaque opérateur.
Il en est de même de l’encre : j’ai adopté comme donnant de bons résultats une encre dite communicative (encre violet noir communi- cative d’Anioine).
Larnes d’huile formées sur le
-On sait que l’huile s’étend sur le mercure comme elle le fait sur l’eau. J’ai observé
qu’elle y donne aussi des figures d’évolution très analogues et en particulier qu’il ~T apparait des taches noires. Tout dernièrement j’ai
(1) H. DEvAux, loc. Cit., 1912, p. ’;01.
(2) Ibid., p. 699 et 115.
’894
pu obtenir des lames très belles de trioléine, d’huile de ricin, d’acide oléique ifig. 2), d’huile de lin, etc.
L’empreinte de ces lames peut être saisie encore plus facilement qu’avec les lames posées sur l’eau, les opérations étant abrégées, puisque la phase du séchage après l’empreinte est supprimée.
Fic. 1.
-Épais réseau produit à la longue par une très grosse goutte de trioléin e
déposée sur l’eau. Quelques fines gouttelettes sont restées sur les taches noires.
Re})roduetion - Comme on peut obtenir des posi-
tifs sur papier, on peut aussi obtenir des clicliés en vue de la zinco-
895
gravure. C’est ainsi que la figure de lame d’huile du mémoire pré-
cédent (’) a été obtenue, une silhouette à l’encre ayant servi de négatif. Il en est de même des figures données ici même.
La fil. 1 représente un état d’évolution très avancé d’une très grosse gomtte d’luile sur l’eau. La lame produite s’est transformée
en bandes très épaisses, disposées en réseau irrégulier et entourant
de gigantesques taches noires (2).
’