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Evaluation et harmonisation de programmes de sécurité alimentaire en vue de faciliter leur application en Afrique de l' ouest

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(1)

CEA/MIE/NIA/III/(b)/(ii)/15

NATIONS UNIES

COMMISSION ECONOMIQUE POUR L'AFRIQUE CENTRE MULTINATIONAL DE PROGRAMMATION

ET D'EXECUTION DES PROJETS (MULPOC) POUR L'AFRIQXJE DE L'QUEST

EVALUATION ET HARMONISATION DES PROGRAMMES DE SECURITE ALIMENTAIRE EN VUE DE FACILITER

LEUR APPLICATION EN AFRIQUE DE L'QUEST

WASRDC/98/36

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Au cours des deux dernieres decennies, la sous-region ouest- africaine a vu S la fois diminuer son autosuffisance alimentaire et

croitre de facon dramatique sa population en etat de famine quasi permanente. Tous les facteurs qui entravent les efforts de

developpement se sont conjugues pour aboutir a cette situation

alarmante. .. -

La gravity de la situation est telle qu'elle n^cessitera pour plusieurs ann£es encore, un recours accru & l'aide alimentaire. Les dangers de celle-ci, relatifs au decouragement des productions locales par effet depressif sur les prix et par perversion des comportements alimentaires, risquent done d'y §tre plus graves qu'ailleurs. Aussi, des tentatives sont en cours de telle sorte que cette aide ne s'oppose pas au d£veloppement des productions locales et des ^changes au niveau de la sous-region. C'est dans cet esprit

que des experiences d'aide triangulaire ont ete menses et qui

pourraient accroitre les solidarity r^gionales.

Pour chaque pays pris dans son ensemble et^ pluf particulierement pour les groupes mal nourris, la securite alimentaire constitue le but commun des strategies alimentaires nationales. La securite alimentaire postule qu'il soit possible de se procurer les vivres satisfaisant les besoins nutritionnels minimums, au niveau national cotnme a celui des menages.

Certes, on peut pretendre que 1'autosufisance alimentaire n'est pas une condition necessaire de la securite alimentaire puisqu'en fonction des avantages comparatifs dont dispose un pays dans le commerce international, des exportations agricoles^ou non agricoles peuvent egalement lui permettre d'acceder a la securite alimentaire. Cependant, la recherche de 1'autosuffisance alimentaire semble etre l'approche la meilleure pour les pays africains, specialement les pays de la sous-region dont plusieurs sont enclaves.

he volume des importations de vivres s'est accru ces dernieres annees dans la sous-region et ces produits vivriers arrivent d'autres continents et entrainent des frais de transport eleves a partir du port le plus proche.

Cette augmentation des importations survient a un moment ou

les stocks mondiaux de cereales sont limites et ou les prix ont augmente de plus de cinquante pour cent dans le courant de l'annee

dernidre (1995) .

Dans un rapport de la FAO rendu public le 29 mai 1996, on estime que la facture des importations de cereales des pays a faible revenu et en deficit alimentaire pour la pgriode 1995-96 depassera celle de l'annee dernidre de 1,4 milliard de dollars

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INTERGOUVERNEMENTALES (OXG) , DES PROGRAMMES SPECXFIQUES RELATIFS A L'AGRICULTURE, L'ELEVAGE, LA PECHE ET DES PROGRAMMES SPECIAUX VISANT LA SECURITE ALIMENTAIRE EN AFRIQUE DE L'QUEST

Les preoccupations alimentaires se presentent en Afrique de l'Ouest comme un des fils conducteurs liant les reflexions et actions de developpement consacrees a cette sous-region depuis les annees soixante-dix. L'attention des gouvernements s'est toutefois consideralement recentr^e. D'une priority initialement accordee au theme de 1'autosuffisance nationale et qui est du reste toujours valable, on s'est de plus en plus preoccupe de securite alimentaire, en l'occurrence d'harmonisation des politiques et de mise en place d'un marche de produits vivriers au plan sous- regional.

La presente etude aura surtout une approche sous-regionale quand bien tneme, elle touchera necessairement a certains cas nationaux en matiere de sdcurite alimentaire.

Aussi, la revue qui suit concernera particulidrement les programmes des organisations intergouvernementales ainsi que ceux d'autres structures ayant un lien avec la securite alimentaire et revetant un interet sous-regional.

Afin de faciliter 1'evaluation et faire ressortir des a present les bases d'une meilleure harmonisation en matiere de securite alimentaire, les differents programmes seront regroupes sous les rubriques suivantes, selon leur cadre institutionnel et leurs contributions respectives a la securite alimentaire au plan sous-regional:

(i) Programmes des organisations intergouvernementales (OIG) intervenant dans les secteurs de 1' agriculture, de l'elevage, de la pe"che et des for§tS;

(ii) Programmes sectoriels specifiques

(iii) Programmes des organisations intergouvernementales (OIG) engagees dans la protection et la preservation des ressources naturelles;

(iv) Programmes des organisations intergouvernementales de bassins fluviaux et lacustres;

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poursuivre sa tendance a la baisse et totnber a 7,6 millions de tonnes, soit presque la moitie du niveau de 1992-93. C'est egalement le volume le plus bas enregistre depuis 1975-76.

Toujours selon les estimations de la FAO, les pays d'Afrique

au sud du Sahara dont la sous-region ouest-africaine, ont importe

12,7 millions de tonnes de cereales pour la periode 1995/96, soit

cinq pour cent de plus que les annees precedentes. Aussi, estime-t- elle que 22 millions d'Africains se trouvent dans des situations de carence alimentaire de diverses intensites.

Malgre ces conditions catastrophiques, 1'Afrique de 1'Quest serait a meme de couvrir ses besoins alimentaires dans le moyen terme si elle en a la volote politique et si elle beneficie du

soutien necessaire de ses partenaires en developpement.

Pour ce faire, une harmonisation dans la mise en oeuvre des differents programmes de securite alimentaire qui ont prolifere dans la sous-region, s'avere indispensable.

C'est l'objectif principal de la presente etude dont

1'ossature est la suivante:

le chapitre 2 ci-apres donnera un apercu: des programmes de securite propres & certaines organisations inter- gouvernementales (OIG); des programmes specifiques dans les secteurs de 1'agriculture, de 1'elevage et de la peche ainsi que des programmes speciaux visant la securite alimentaire dans la sous-region ouest-af ricaine;

le chapitre 3 portera dans une premiere partie sur 1'evaluation et les mesures novatrices en cours pour ameliorer la securite alimentaire;

le chapitre 4 mettra un accent particulier sur le probleme de connection avant d'aborder 1'harmonisation des principaux domaines strategiques d'intervention visant la securite alimentaire en Afrique de 1'Quest; et enf in

les recommandations qui vont evidemment dans le sens d'une meilleure harmonisation des programmes de securite alimentaire en vue de faciliter leur application en

Afrique de 1'Quest.

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la Communaute Economique des Etats de 1'Afrique de

l'Ouest (CEDEAO)

(vi) Programmes speciaux en matie"re de alimentaire.

2.1- PROGRAMMES DBS ORGANISATIONS INTERGOUVERNEMENTALES INTERVENANT DANS L'AGRICULTURE, L'ELEVAGE, ET LA PECHE EN

AFRIQUE DE L'OUEST

2.1,1- ASSOCIATION POUR LE DEVELOPPEMENT DE LA RIZICULTURE EN AFRIQUE DE L'OUEST (ADRAO)

L'objectif general assigne" a l'ADRAO est d'accroitre la productivity durable des systemes de culture intensifs a base-nz de maniere a ameliorer et stabiliser les conditions de vie des menages de families & faibles revenus.

Suite au developpement de capacites dans les domaines de la science, de la technologie et des aspects socio-£conomiques de la production du riz, plusieurs programmes de recherche de 1'ADRAO ont abouti & des resultats concrets contribuant a un accroissement de la securite" alimentaire au niveau de la sous-re'gion, a savoir:

- le programme continuum riz pluvial/riz de bas-fond dans les centres de recherche de la vallee du Mb6 ( en Cote d'lvoire) et qui cible les syste"mes pluviaux et humides et sous-humides;

- le programme riz irrigue dans le Sahel a Saint-Louis (Senegal) qui met l'accent sur les syst^mes rizicoles en zones semi-humides qui se revdlent §tre les systemes les plus intensifs mais §galement les plus productifs en Afrique de l'Ouest, mais dont la production risque d'etre compromise par les probl^mes de salinisation et d'alcalinisation et enfin

- le programme riz de mangrove a Rokpur (Sierra Leone) qui est actuellement en veilleuse a cause de la situation qui a prevalu

recemment dans ce pays.

Les programmes de recherche sur le riz de 1'ADRAO jouent un rdle tres important dans 1' augmentation de la productivity de cette denree de premiere n£cessit£ en Afrique de 1'Ouest. Dans le processus d'harmonisation en matiere de se'curite' alimentaire dont il sera question plus loin, les programmes de cette OIG occuperont

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alimentaire durable.

2.1.2- CONSEIL AFRICAIN DE L'ARACHIDE (CAA)

Malgr§ les nombreuses difficultes qu'il traverse actuellement, on peut compter a l'actif du CAA, les realisations suivantes:

la construction ou le renforcement de laboratoire de contole de la mycotoxine dans les six Etats membres;

la formation des techniciens et

1'etablissement de standards du CAA pour 1'arachide et ses derives.

En outre, d'autres projets sont programmes comme:

la creation d'un Centre de diffusion des informations sur l'arachide et

le projet de developpement des utilisations alimentaires de 1'arachide.

Malgre toutes les difficulte's qu'a connues l'arachide ces dernieres annees et qui se sont repercutees sur la CAA, cette plante oleagineuse a autant a offrir aux hommes qu'aux animaux et en ces temps de penurie alimentaire, son apport est appreciable pour faire face aux carences de calories de protides et de lipides et contribuer ainsi a atteindre les objectifs de la securite alimentaire dans la sous-region.

2.1.3- CQMMUNAUTE ECONOMIQUE DU BETAIL ET DE LA VIANDE (CEBV)

La plupart des pays de 1'Afrique de 1'Ouest accusent un

deficit net en matiere de production de viande et autres produits

de l'elevage.

La C6te d' Ivoire par exemple, produit moins de la moitie de sa demande en produits carnes et par consequent, elle est tr£s dependante de 1'approvisionnement ext6rieur pour assurer sa securite alimentaire en viande. II en est ainsi de la plupart des Etats de la sous-region comme le Be'nin, le Ghana, le Nigeria, la Sierra Leone qui importent une bonne partie de leur consommation de produits de l'elevage.

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une certaine mesure, le Niger et la Mauritanie avaient done comme vocation d'assurer l'approvisionnement des pays cotiers.

Cependant avant Janvier 1994, avec la surevaluation du franc CFA, 1'importation de la viande extra-africaine a conquis la majeure partie des marches des pays cotiers de l'Afrique de l'Ouest au detriment du betail et de la viande des pays exportateurs traditionnels du Sahel.

C'est ainsi que durant les annees 70 et 80 et cela, jusqu'au changement de parite du franc CFA intervenu le 12 Janvier 1994, le dumping de la viande extra-africaine fortement subventionnee, a constitue une des contraintes majeures du developpement de l'elevage dans la sous-region.

Actuellement, l'objectif de la CEBV est d'elargir sa zone d' intervention conformement au marche reel et d'en faire une

"Maison Regionale de l'Elevage" devant couvrir tous les pays de la sous-region et susceptible d'apporter une contribution appreciable dans le domaine de la securite alimentaire en Afrique

de l'Ouest.

2.2- PROGRAMMES SECTQRIELS SPECIFIQUES DANS LES DOMAINES DE LA PECHE ET DE L'ELEVAGE ET PROGRAMMES SPECIAUX EN MATIERE DE SECURITE ALIMENTAIRE DANS LA SOUS-

REGION

2.2.1- PROGRAMMES SECTORIELS SPECIFIQUES A LA PECHE

De nombreuses structures specifiques au secteur de la peche ont ete mises en place et certains programmes sont en cours d'execution dans la sous-region et les zones limitrophes pour dgfinir et conduire les politiques communes en matiere d'exploitation, de preservation des ressources halieutiques et de

reduction de pertes aprds capture:

a)- le ComitS des pSches pour 1'Atlantique Centre- Est (COPACE) cree en 1967, comprend les pays de la cote occidentale de l'Afrique depuis le Maroc au nord jusqu'au Zaire en Afrique centrale et dix pays non africains.

Son objectif a ete d'aider les pays de la sous-region a ameliorer leur systeme d'information et leur connaissance des ressources halieutiques. On constate malheureusement que depuis 1'interruption du financement exterieur en 1989, le r61e de lieu d'echange d'experiences du Comite a diminue. Ces echanges ont tendance a s'effectuer entre certaines institutions mieux equipees

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sous-region n'ont pas acces & ces informations.

b) - la Commission sous-rSgionale de pGche regroupant le Cap Vert, la Gamble, la Guin§e, la Guinee-Bissau, la Mauritanie et le Senegal a ete creee en 1985.

Elle constitue une base de cooperation dans le domaine de la gestion et du developpement des pecheries pour ces pays caracterises par une interde"pendance ge"ographique et biologique des stocks de poissons. La Commission doit favoriser 1'elaboration des politiques en matiere d'acc£s aux zones de p§che entre les Etats membres. Ses faibles moyens financiers ne lui permettent pas cependant d'assurer la tenue reguliere de reunions de travail qui sont prevues et de pouvoir realiser ses objectifs.

c) - la Conference ministe'rielle sur la cooperation halieutique entre les Etats Africains riverains de 1'Ocean Atlantique s'est tenue & Rabat en Avril 1989.

A cette occasion, les pays de la region ont exprime leur volonte commune de renforcer et de developper leur cooperation dans le domaine de 1'evaluation et de la preservation des ressources, ainsi que dans celui de la production halieutique. Pour ce faire, ils ont insiste sur le developpement de la recherche scientifique marine et le renforcement de la formation professionnelle et

technique.

d) - le Programme de developpement int^gre de peches artisanales (DIPA)

Creee en 1983 et ayant son siege & Cotonou, le Programme de developpement int£gre de peches artisanales (DIPA) couvre vingt pays et lies du littoral Atlantique de la Mauritanie a 1'Angola.

L'objectif global du programme est d'assurer a ses membres un developpement durable de leurs peches artisanales afin que leurs communautes de pecheurs puissent tirer le plus grand avantage en termes d'emploi, de proteine et de revenus.

Le programme de ce point de vue est axe sur une problematique de securite alimentaire sous-regionale.

Les rencontres annuelles du programme regroupant les fonctionnaires de liaison, les bailleurs de fonds, la FAO et les personnes-ressources en font un forum d'echanges permettant le developpement de la peche artisanale. C'est egalement un creuset favorable a la valorisation des produits halieutiques dans la sous- region dans la mesure ou les activites du programme a travers les administrations nationales de p§che( couvre la filiere d'amont en aval.

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Valorisation des captures de la p§che artisanale (PPAO)

Ce programme, axe sur l'aval de la peche artisanale, a ete

initie en 1990 dans le cadre de la Convention de. Lome UE/ACP) pour les seize pays de 1'Afrique de 1'Quest et finance par la Commissxon

de 1"Union Buropeenne.

Ce programme de valorisation des captures de la peche artisanale intervient comme structure d'appui aux groupements professionnels par le biais des ONG et son siege se trouve a Abidjan.

Le but du programme est de reduire de 25 pour cent les pertes apres capture en ameliorant les techniques de conservation et de transformation et en assurant la promotion du commerce dans la sous-region et ce faisant, son objectif global est d'assurer la

securite alimentaire.

2.2.2- PROGRAMMES SBCTORIELS SPECIFIQUES A L'ELEVAGE

La contribution du secteur Elevage a la security alimentaire peut s'analyser en termes de contribution directe et de

contribution indirecte.

- La contribution directe correspond a 1'ensemble des produits de 1'elevage {viande, lait, oeufs) entrant dans la consommation des populations de la sous-region;

- la contribution indirecte est constitute par les elements

suivants:

a) les revenus gen£res par 1'elevage permettant un meilleur acces a la nourriture et I7acquisition d'intrants pour la production agricole;

b) la traction animale;

c) la fumure du sol.

Parmi les projets sectoriels d'elevage d'envergure sous- r^gionale, on peut citer:

1) - le Plan d'action conjoint USAID/Banque Mondiale pour la liberalisation du commerce et du betail dans le

couloir central

Ce plan est consacre a la liberalisation et a 1'amelioration des echanges de produits d'Elevage dans l'espace sous-regional qui

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concerne le Burkina Faso, le Mali et la Cote d'lvoire. Le plan d£gage une panoplie de mesures pour la reduction des obstacles entravant le commerce intra-r£gional de produits animaux. Ces mesures concernent les infrastructures, 1'information, les procedures administratives et les rdglements.

2) le Programme de lutte contre les maladies animales dans la sous-rggion

Dans cette rubrique, on notera specialement le volet ouest- africain de la Campagne contre la peste bovine (PARC) qui a ete lance en 1986 pour couvrir tous les Etats de la CEDEAO et le projet de renforcement des laboratoires v6t£rinaires de production de vaccins de la sous-region: Dakar-Hann (Senegal), Bamako (Mali), Bingerville (Cote d'lvoire) et Vom (Nigeria).

2.3- PROGRAMMES DES ORGANISATIONS INTERGOUVERNEMENTALES ENGAGEES DANS LA PROTECTION DE I«' ENVIRONNEMENT ET LA

PRESERVATION DES RESSOURCES NATORELLES

2.3.1- COMITE INTER-ETATS DE LUTTE CONTRE LA SECHERESSE AU SAHEL (CILSS)

Avec le Plan de Redressement et de Relance durable adopte en 1993, il a ete assign^ au CILSS le mandat de s'investir exclusivement dans la recherche de la securite alimentaire durable des populations et de la gestion rationnelle des ressources natturelles avec comme toile de fond la coordination et le renforcement de la solidarite r^gionale.

Dans la conception et la mise en oeuvre de son programme de securite alimentaire durable, le CILSS pilote les grandes activites

suivantes:

1- le programme d'appui regional aux offices cerealiers (PAROC) qui a oeuvr£ a la mise en place de syst^me de prevention et de gestion des crises sur la base de quatre elements essentiels que

sont:

- le fonds de security qui est une monetisation du stock;

- les stocks de securite alimentaire;

- les plans de secours d'urgence;

- 1'information.

2- Le projet de coordination regionale des politiques agro-alimentaires (CREPAG) qui s'emploie & une maitrise des

elements tels que:

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- les determinants des echanges;

- les goulots d'etranglements.

Les resultats concluants obtenus dans ce domaine sont a

1'origine des cinq dossiers suivants en cours de gestation:

la mise au point d'une grille d'indicateurs de suivi

des politiques;

la dynamique des echanges dans le sous-espace ouest;

le r6le charniere de la Mauritanie entre les espaces saheliens et maghrebins;

le couloir central elargi tant du point de vue geographique que du point de vue des produits;

la zone d'emprise du Nigeria.

Etant donne les resultats appreciables du CILSS et ses organes

specialises comme l'AGRHYMET et INSAH dans la lutte centre les

effets desastreux de la secheresse et de la desertification a travers des programmes concrets ebneus et mis en oeuvre avec tous les partenaires et particulierement les populations saheliennes, cette OIG pourrait jouer un role trds important dans la promotion de la securite alimentaire en Afrique de 1'Ouest.

On reviendra sur ce role primordial du CILSS dans le chapitre 4 relatif a l'harmonisation des programmes de securite alimentaire et specialement dans le cadre du domaine strategique d'intervention ayant trait a 1'environnement et population.

2.3.2- ORGANISATION COMMUNE DE LUTTE ANTIACRIDIENNE ET ANTIAVIAIRE (OCLALAV)

L'OCLALAV fondee en 1965, a pour objectif la protection des vegetaux contre les oiseaux et les depredateurs acridiens tels que les sauteriaux. L'Organisation a fait l'objet d'une profonde restructuration qui a considerablement reduit ses activites nationales au profit des Etats membres mais qui lui a tout de meme permis de se consacrer aux activites d'interet sous-regional et

regional.

Cette OIG en participant activement a la lutte contre les criquets et les oiseaux nuisibles, continuent de jouer un role de premier plan dans la reduction des pertes alimentaires et ce faisant, contribue a la securite alimentaire.

(12)

2.4- PROGRAMMES DES ORGANISATIONS CHARGEES DES BASSINS FLUVIAUX ET LACUSTRES

2,4.1- AUTORITE DU BASSIN DU NIGER (ABN)

L'Autorite du Bassin du Niger regroupe actuellement neuf pays se partageant le bassin du f leuve Niger. C est une des plus anciennes organisations intergouvernementales de l'Afrique de 1'Ouest puisqu'elle tire son origine de la Commission du Fleuve Niger <CFN) qui a ete creee en 1963.

Les objectifs principaux de 1'ABN ont trait a:

1'harmonisation, la mise en valeur et la gestion des ressources en eau du bassin;

la mise en oeuvre d'un plan de developpement integre du bassin;

la promotion et/ou 1'execution de projets d'interet commun visant la securite alimentaire et la protection de 1'environnement.

Malgre 1'immense potentiel du bassin du fleuve Niger, force est de reconnaitre qu'a ce jour, une faible

portion seulement a ete mise en valeur par les etats membres et cela, depuis plus de trois decennies d'existance de l'Autorite du Bassin du Niger (ABN).

Les realisations les plus importantes de l'ABN se situent dans deux domaines en accord avec les objectifs qui lui sont assignes, a savoir, la gestion des ressources en eau avec le projet Hydroniger et la protection de 1'environnement par le biais de la lutte contre la desertification:

a) - La Gestion des ressources en eau - Centre Inter- Etats de Provisions Hydrologiques (Projet

HYDRONIGER)

L'objectif d'Hydroniger est la prevision des debits et des hauteurs d'eau a des points critiques du systeme hydrologique du fleuve Niger de facon a gerer les ressources en eau de la

meilleure maniere.

Les principaux utilisateurs des produits d'Hydroniger sont les entreprises hydro-electriques et les amenagements hydro-agricoles.

Ces produits sont les bulletins mensuels de situation et de

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previsions hydrologiques, les annuaires hydrologiques et les notes techniques specifiques elaborees a la demande.

Ces informations ont un impact certain sur 1'augmentation de la production alimentaire.

L'autre projet parraine par l'ABN et finance par le Japon est JALDA qui, comme on le remarquera ci-dessous, est oriente principalement vers la lutte contre la desertification-

b)- Lutte contre la desertification- (Projet JALDA - Japan Agricultultural Land Development Agency)

Les actions entreprises dans le cadre de ce Projet comportent

deux etapes :

une etude dite de base pour le Developpement Agricole dans le Bassin du Niger ;

une etude dite reelle pour la lutte contre la desertification dans le Bassin du Niger.

L'etude de base pour le developpement agricole dans

le Bassin du Niger a pour objectif d'apprehender la situation

reelle de la desertification dans le Bassin du Niger d'une part, et d'autre part, proposer des mesures globales contre ce ph£nomene pour ce qui concerne le developpement agricole en particulier.

L'etude a ete conduite par 1'Agence Japonaise pour le Developpement Agricole (JALDA) sur financement du Gouvernement

japonais pour un montant d'un million de Yen environ.

Elle a ete executee en 5 ans (1985 = 1990), avec essentiellement, le concours des experts japonais et la collaboration d'un expert de l'ABN. Plusieurs missions ont ete effectuees dans les pays membres pour la collecte des donnees.

Le rapport final a ete diffuse par l'ABN a 1'ensemble des pays

membres.

Dans 1'etude reelle pour la lutte contre la desertification, un "concept de base des mesures de lutte contre la desertification" a ete identified

Ce concept porte sur un certain nombre de propositions, de methodes devant permettre aux populations concernees de faire face au phenomene de desertification dans la perspective d'un developpement durable. A cet effet, cette etude dite reelle est en

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cours par la mise sur pied d'un nombre important de mesures pluridisciplinaires adaptees aux conditions de vie locale et associant des actions de protection et de stabilisation des terres et des actions liees aux pratiques agricoles comme la prodution vegetale, les ressources en eau, les populations rurales, les transports et infrastructures, les energies, 1'education et la

formation.

V etude a initialement concerne une superficie d'environ 200 km2 dans la region de Torodi (Departement de Tillabery) en Republique du Niger. Une zone d'experimentation de 100 ha a ete amenagee sur la riviere Goroubi (affluent rive droite du Niger) a Magou (Torodi) situe a 70 km a 1'Quest de Niamey. Le centre

entreprend entre autres:

des observatoires meteorologiques, hydrologiques;

experimentations rizicoles, fruitieres, fourrages et de legumes;

des essais de protection de sols;

des mesures au sol et le suivi de 1'evolution de la desertification assuree par la teledetection.

Les experimentations en cours ont necessite une etroite cooperation avec des organismes nationaux (ONAHA, INRAN) ou regionaux (AGRHYMET, ICRISAT, HYDRONIGER). Notons que 1'etude de

base a propose de

s experimentations similaires sur 55 autres sites dans le Bassin du Niger dont le financement reste & rechercher.

Ces deux projets sont appeles a jouer un role important en matiere de securite alimentaire dans la sous-region.

2.4.2- ORGANISATION DE MISE EN VALEUR DU FLEUVE SENEGAL (OMVS)

Les principaux ouvrages de l'OMVS ont ete construits de 1979 a 1988. II s'agit:

du barrage anti-sel de Diama, proche de 1'embouchure;

du barrage de Manantali, sur un affluent, le Bafing, au Mali- ouvrage a vocation hydro-agricole et hydro-

electrique.

La gestion des deux ouvrages doit permettre, en outre de garantir la navigabilite du fleuve depuis Ambidedi au Mali jusqu'a

(15)

Saint-Louis au Senegal. ««,,«

Selon les premieres estimations des responsables de^l OMVS, 1'exploitation des ouvrages aboutira notamment aux resultats suivants:

a)

b)

le debit regularise de 300m3 par seconde provenant de la retenue de Manantali permettra a lui seul 1'irrigation d'environ 255.000 ha de terres dans la valise du fleuve;

la retenue de Manantali (11 milliards de m3 d'eau), permettra la production garantie a 90 pour cent des 900 millions de kwh par an qui ont 6te prevus. Selon l'OMVS, la demande en energie des trois pays est en mesure d'absorber cette production des la premiere annee. II semble que le probleme de trace des lignes de transport d'energie est maintenant resolu et que le financement de la premiere phase est boucle frayant ainsi la voie aux appels d'offre pour la pose des turbines,

Durant la presente periode transitoire, la crue artficielle a deja permis de mettre en chantier des perimetres irrigables d'une superficie de 227.140 hectares au ler Juillet 1992 (Amenagements hydroagricoles dans le bassin du fleuve Senegal,

Projet OMVS/USAID, Mai 1993) . Parmi cette superficie irrigable, les Etats disposent deja de 74.707 ha mobilisables tandis que le reste est encore a 1'etat d'6tude avancee.

La situation des amenagements par pays membre et par la nature de 1'encadrement serait la suivante:

c)

MALI

MAURITANIE

SENEGAL

Secteur encadr£: 8023 ha Secteur non encadr6: 96 ha Secteur encadre: 71950 ha Secteur non encadre 29747 ha Secteur encadre 79789 ha Secteur non encadre 29540 ha

2.4.3- ORGANISATION DE MISE EN VALEUR DU FLEUVE GAMBIE (OMVG)

EN 1978, l'OMVG a ete cr£ee pour coordonner la planification des ressources en eau dans le bassin. Sous les auspices de l'OMVG

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plusieurs etudes hydrologiques du bassin ont ete realisees. Un projet de barrage au Senegal a Kereti et un autre sur le cours inferieur en Gamble ont fait l'objet d'etudes. La sensibility de la position de 1'interface eau salee/eau douce a toute modification du regime d'ecoulement dans la riviere constitue une preoccupation toute particuliere. Toute regulation des debits a l'amont risque d'entraxner un deplacement du front salin vers 1'interieur des terres. Ceci aurait pour consequences de degrader les performances du systeme d'irrigation en zone d'influence de la maree en Gambie, qui prevoit la possibility d'obtenir de l'eau douce en saison des pluies meme au maximum de la maree haute. Ce barrage serait aussi le premier passage permanent sur le cours inferieur du fleuve et viendrait remplacer le service de ferry sur la liaison routiere Trans-Gambienne. Selon les etudes les plus recentes, ces deux projets ne sont pas economiquement rentables.

C'est ainsi qu'en 1985, a la lumiere des conclusions d'une mission multidisciplinaire et multi-bailleurs de fonds, la VHIe Conference des Chefs d'Etat et de Gouvernement de 10MVG, reunie a Conakry en Janvier 1991, ont adopte un programme de relance de 1'Organisation appele Programme minimum et des mesures de restructuration.

Le Programme minimum comprend:

- 1'etude d'actualisation d'un pont routier sur le fleuve Gambie. La Banque Africaine de Developpement a accorde une subvention de 1.900.000 dollars US pour cette etude, la fin de 1'etude etait prevue au debut de 1995;

1'etude du Schema directeur d'amenagement et de developpement integre des bassins des fleuves Kayanga/Geba et Koliba/Corubal. Cette etude a ete egalement financee par la BAD par une subvention d'environ 2.400.000 dollars US;

1'etude sur 1'integration des investissements de production et de transport d'energie electrique dans les pays membres de l'OMVG. Une autre subvention de 1.400.000 a ete acquise aupr^s de la BAD pour cette etude en Juin 1993 et enfin

- 1'etude du schema hydraulique de la Gambie.

Avec la restructuration de l'OMVG, le Secretariat Executif a repris toutes les attributions et prerogatives precedemment devolues a 1'ancienHaut Commissariat. Cependant, 1'organigramme se presente desormais comme une structure legere comprenant, outre le Secretaire Executif, le Directeur de l'Agriculture, le Directeur des Etudes, de la Planification et de 1'Infrastructure et enfin le Diecteur Administratif et financier.

2.4.4- AUTORITE DE DEVELOPPEMENT INTEGRE DU LIPTAKO- GOURMA (ALG)

Les activites de l'ALG concernent cinq grands programmes qui vont dans le sens de la securite alimentaire:

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- un proqramme de desenclavement axe sur le coeur de la zone

d<intervention et prenant en compte le^^ MaSov/aTBurkina

betail: Ayorou au Niger, Tessit au marche et Markoye au BurKina

Faso;

Un programme de construction de barrages; Tossaye,

Kandadji et W-Gambou;

un programme de developpement de la production agricole;

un programme de developpement de la peche; et un programme de developpement de l'elevage.

Les relations de l'ALG et de l'ABN devraient etre plus etroites puisque les deux organisations interviennent dans les memes domaines, sur le meme bassin fluvial, que les pays membres de

l'ALG sont egalement membres de l'ABN. En consequence, deux options semblent essentiellement offertes aux deux OIG afin d'harmomser leurs programmes respectifs visant la securite alimentaire:

a) la decision au niveau des Etats membres d'aller vers les deux organisations de plus en plus souhaitee conformement

a 1'appel des Chefs d'Etats membres de la CEDEAO ; les

institutions auraient alors "simplement" a elaborer les arrangements et les mecanismes allant dans ce sens ; b) un rapprochement technique de concertation et d'echanges

d'experiences et de coordination de certains programmes.

Cette perspective suppose cependant comme prealable la redynamisation des deux institutions.

2.4.5- COMMISSION DU BASSIN DU LAC TCHAD (CBLT) Avec 1'assistance du systeme des Nations Unies et des bailleurs de fonds bilateraux comme la France, 1'USAID et

l'ltalie, la CBLT a pu atteindre certains resultats tangibles allant dans le sens de la securite alimentaire:

1- le developpement des paturages dans la zone des yaerSs

Ce projet fournit des points d'eau convenablement espaces sur 1'ensemble de la zone inondable. Ces points d'eau aident a

reduire la charge du betail sur les paturages;

2- le developpement de la p£che sur le Lac Tchad visant a 1'amelioration des techniques de^peche et de conservation du poisson ainsi que la creation de peche;

(18)

3- le developpement de centres forestiers autour du Lac.

Ce projet qui a eu moins de succes, se proposait de restaurer le couvert forestier sur le bassin par 1'extension des zones forestieres existantes et par la creation de nouvelles

p^pinieres. Ces centres forestiers ont vu le jour a Bol, Kousseri et Diffa;

4- le creusement de puits et 1'execution de forages dans le bassin du Lac. Ce projet visait a faire des forages de

reconnaissance pour etudier la piezometrie d'une part et d'autre part observer le betail et fournir de l'eau aux populations;

5- la creation de 4 centres de developpement rural respectivement a Malo (Tchad), a Kousseri (Cameroun), a Diffa

(Niger) et a Ngala (Nigeria) oil il a ete etabli un centre de formation pour les agents de vulgarisation agricole et les conducteurs d'engins a 1'intention des £tudiants de tous les etats membres.

Cependant, tous ces projets sont loin d'avoir atteint leur but, a savoir la securite alimentaire dans la zone suite aux

imprevus et aux difficultes auxquelles la CBLT a du

faire face. En outre, & cause des e've'nements qui ont eu lieu au Tchad, le si&ge de la CBLT avait e'te' transfer^ pour un certain temps & Maroua avec comrae consequence la perte de ses equipements, de sa documentation et de la plupart de ses bailleurs de fonds.

2.5- COMMDNAUTE ECONOMIQUE D'INTEGRATION: PROGRAMMES DE LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ETATS DE L'AFRIQUE DE

L'OUEST (CEDEAO)

Dans le Chapitre IV du Trait§ revise relatif a la cooperation en matiere d1alimentation et d'agriculture, 1'Article 25 intitule

"Developpement agricole et securite alimentaire" dispose comme suit:

"1. Les Etats Membres conviennent de cooperer en vue de developper 1'agriculture, la sylviculture, l'elevage et la p§che, dans le but d'assurer:

(a) la securite alimentaire;

(b) 1'accroissement de la production et de la productivity de 1'agriculture, de 1'elevage, de la p£che et des ressources forestieres ainsi que 1'amelioration des conditions de travail et la creation d'emplois dans les zones rurales;

(c) la valorisation des productions agricoles par la transformation sur place des produits d'origines vege"tale; et

(19)

(d) la protection du cours des produits d'exportation sur le

marche international.

2. A cet effet, et en vue de promouvoir 1'integration des

structures de production, les Etats Membres s'engagent a cooperer dans les domaines suivants:

(a) la production des intrants agricoles: engrais, pesticides, sentences s§lectionnees, machines et

equipements agricoles et produits veterinaires;

(b) la mise en valeur des-bassins fluviaux et lacustres;

(c) le deVeloppement et la protection des ressources marines

et halieutiques;

(d) la protection des especes veg§tales et animales;

(e) l'harmonisation des strategies et politiques de developpement agricole notamment les politiques de fixation et de soutien des prix en ce qui concerne la production et la commercialisation des produits agricole essentiels et des intrants;

(f) l'harmonisation des politiques de securite alimentaire en accordant une attention particuliere:

(i) a la reduction des pertes dans la production

alimentaire;

(ii) au renforcement des institutions existantes en matiere de gestion des calamite naturelles et de lutte contre les maladies des animaux et des

plantes;

(iii)la conclusion d'accords au niveau regional en matiere de securite alimentaire;

(iv) a la fourniture d'assistance alimentaire aux Etats Membres en cas de penurie grave;

(g) l'§tablissement d'un systeme d'alerte precoce communautaire;

(h) a 1'adoption d'une politique agricole commune dans les domaines de la recherche, de la formation, de la conservation, de la transformation et de la commercialisation des produits de 1'agriculture, de la sylviculture, de 1'elevage et de la peche."

(20)

Au regard du contenu de 1'article 25 du Traite" revise cit£

ci-dessus, les quelques realisations suivantes de la CEDEAO semblent bien maigres.

Les programmes de developpement agricole de la CEDEAO ainsi que ceux relatifs a la conservation des ressources naturelles, comprennent plusieurs importants volets qui vont non seulement dans le sens de la se*curite* alimentaire, mais qui ont aussi l'avantage et 1'ambition de couvrir la sous-region dans son ensemble.

2.4.1- Programmes de developpement agricole de la CEDEAO

a)- les centres communautaires semenciers-

Concernant les centres communautaires semenciers, 1'orientation nouvelle est fonction de l'inter£t manifeste par les Etats. Ainsi, les centres qui font de la recherche pourront beneficier de subvention tandis que les centres de production

seront finances par des prets.

Dans le but de contribuer a 1' amelioration de la productivity des cultures vivrieres notamment, la CEDEAO a mis en place un programme d' assistance destine" a 1' achat d' e"quipements de production, de laboratoire, de conditionnement des semences et a la formation locale des techniciens semenciers. Cette assistance est accordee aux structures nationales, a la demande des Etats, sous forme de subvention d'un montant maximum de 50.000 $EU par an et par Etat. Depuis 1990, dix Etats ont b§ne"ficie de cette subvention qui est accordee en fonction des objectifs de securite alimentaire.

b)- les centres de gSniteurs de race bovine-

S'agissant, des centres de ge"niteurs de race bovine, ce programme est en phase d'execution dans trois centres: Marahoue en Cote d'lvoire, Famoila en Guin£e Conakry et Madina Diassa au Mali.

Cependant, la situation serait stationnaire dans les cinq autres centres en attendant une reorganisation probable du programme.

c) - le Programme int€gr6 d'information pour le developpement agricole-

Ce vaste Programme qui a demarre" en 1992, est actuellement en bonne voie avec la realisation d'une etude de faisabilite" ou quatre projets ont et§ identifies et developpe"s. II s'agit des projets suivants:

- Formation des chercheurs en communication agricole;

- Renforcement des systemes de vulgarisation;

(21)

- Production et echanges de programmes radio et de television

rurales;

- Mise en place d'un systeme integre d'information agricole

pour 1'Afrique de l'Ouest.

En outre, deux autres projets dont 1'etude n'est pas encore terminee concerneront:

- le Programme regional d'appui a 1'alphabetisation

fonctionnelle et

- la Revue scientifique agricole ouest-africaine.

Cet important "Programme integre pour le developpement agricole" s'inscrit dans l'optique de 1'integration sous-regionale et vise a renforcer 1'organisation et 1'harmonisation de 1'information pour le developpement agricole en general et l'accroissement de la production alimentaire en particulier. En effet, les objectifs specifiques du Programme consistent a: relever la capacite de production, de traitement et de dissemination de 1'information agricole; faciliter 1'acces k 1'information des differentes catecories d'utilisateurs; promouvoir l'utilisation de 1'information agricole comme facteur de developpement et mettre en place des structures efficaces d'echanges d'informations au niveaux

local, national et regional.

2.4.2- Programmes de Protection de

1'environnement et des ressources naturelles de la

CEDEAO

Dans le domaine des ressources naturelles, la CEDEAO a mene aussi des activites importantes: la lutte contre les mauvaises herbes aquatiques; 1'inventaire des produits toxiques interdits; le Comite de surveillance des depots de dechets; 1'hydraulique rurale;

la peche et la lutte contre la desertification.

Les programmes suivants retiendront 1'attention dans la mesure ou ils ont un impact tres important sur la securite alimentaire:

i) Le programme de developpement de la peche- Ce programme a pour objectif d'analyser les politiques, legislations et systemes de surveillance maritime en Afrique de l'Ouest et d'evaluer les impacts economiques des navires etrangers.

Parraine par la CEA dans le cadre du projet RAF/88/047, 1'etude a ete executee par la FAO et elle vise a favoriser les concertations entre les Etats membres et developper des programmes susceptibles de renforcer la protection et la gestion durable des ressources

(22)

halieutigues dans les sens de la securite alimentaire de la sous- region.

ii) le programme d'hydraulique rurale-

Dans le cadre de ce programme qui est coordonne par le Secretariat Executif de la CEDEAO et le fonds de la CEDEAO, une reunion des bailleurs de fonds a ete organisee en mars 1993 a Cotonou a 1'issue de laquelle quatre Etats membres ont obtenu le financement de leurs projets. Des efforts seraient en cours pour la mobilisation des ressources necessaires a la poursuite des

activites dans d'autres pays.

iii) le programme de lutte contre les veg£taux

flottants-

Sur financement de la Banque Africaine de Developpement (BAD) , la CEDEAO a realise avec 1'expertise du Bureau Euroconsult de Hollande, une etude de faisabilite sur la lutte contre les vegetaux flottants dans les pays membres de la Communaute\

Le rapport final propose six projets a realiser dans les zones affect£es et des campagnes de sensibilisation dans les zones menacees ou les moins touchees:

- le projet integre de lutte dans les systdmes lagunaires du

B§nin et du Nigeria;

- le projet integre de lutte dans les systemes lagunaires de la C6te d'lvoire et du Ghana;

- le systeme integre de lutte dans la moyenne vallee du Niger qui servira le Niger et la partie septentrionale du Nigeria;

- le projet integre de lutte dans la haute vallee du Niger

pour le Mali;

- le projet integre de lutte dans le delta du fleuve Senegal pour le Senegal et la Mauritanie;

- une Unite regionale de coordination sera creee au sein de la

CEDEAO.

iv) le programme metSorologigue-

La CEDEAO a elabore, avec 1'assistance de l'OMM, un programme

m£teorologique sur les applications met§orologiques comprenant cinq

projets:

- un projet de mise en place d'un centre meteorologique sous- regional pour le suivi des activites agrometeorologiques et de surveillance de la secheresse et de la desertification;

(23)

- un projet de mise en place d'un centre sous-regional pour la maintenance, l'etalonnage et la mise au point d'instruments

d'observations;

- un projet d'appui aux stations d'observation synoptique par 1'acquisition de nouveaux equipements et par 1'installation de stations automatiques d'observation synoptique;

- un projet de mise en place d'un reseau sous-regional des

telecommunications; et

- un projet de renforcement des capacites des services

nationaux et sous-r£gionaux en personnel qualifie.

Le financement du programme qui est estime a 12 millions de

dollars est actuellement recherche aupres de la BAD et du PNUD.

v) le programme de lutte contre le desertification- Suite a 1'adoption de la Convention des Nations Unies sur la desertification, le Comite Permanent Inter-Etats de lutte contre la secheresse dans le Sahel (CILSS) a organise, avec l'appui du Secretariat interimaire de la Conference sur la Desertification, la conference r£gionale sur la mise en oeuvre de la Convention Internationale de lutte contre la desertification en Afrique de

l'Ouest.

Cette conference regionale qui s'est tenue a Dakar, Senegal du 24 au 28 juillet 1995, a offert aux pays de l'Afrique de l'ouest, 1' opportunity de faire un pas de plus dans 1'identification des meilleures voies et moyens susceptibles de leur permettre de relever les defis qui les interpellent pour parvenir a une mise en oeuvre effective et correcte de cet important instrument juridique.

Au terme de la conference rggionale, la CEDEAO et le CILSS ont ete designes corame chefs de file pour coordonner 1'elaboration du Programme d'Action sous-regional en Afrique de l'Ouest.

En vue de materialiser cette responsabilite conjointe, une reunion de concertation des OIG a ete organisee conjointement par le CILSS et la CEDEAO en fevrier 1996. Une strategie et un programme d'activites ont ete adoptes et qui doit aboutir &

1'elaboration du Programme d'Action sous-regional (PASR) qui comprendra des projets sous-regionaux prioritaires.

D'autre part, il est prevu de preparer et d'organiser un forum sous-regional (juillet 1996) pour examiner et seiectionner les projets prioritaires du PASR. Les Etats membres, des OIG, des ONG et des partenaires au developpement seront associes a ce forum.

(24)

Une reunion des experts et une Conference minist^rielle seront organises en novembre 1996 pour 1'adoption du PASR.

Pour la mise en oeuvre de ce Programme, la CEDEAO et le CILSS ont prepare un accord de cooperation qui sera soumis a 1'appreciation de la Commission sur 1'Industrie, 1'Agriculture et les Ressources Naturelles de la CEDEAO.

vi) le cadre de coopSration en matiere de securitS

alimentaire en Afrique de 1'Ouest-

La security alimentaire, comme on l'a vu ci-dessus, a ete amplement prise en compte dans 'Article 25 du Traite revise de la CEDEAO. C'est pourquoi dans le cadre du projet multisectoriel RAF/88/047 finance par le PNUD, la FAO a execute pour le compte de la CEDEAO et de la CEA cette 6tude.

Une premiere version de cette etude intitulee "Programme complet de securite alimentaire de la CEDEAO11 a ete soumise pour examen aux experts des pays membres et d'organisationa sous- regionales et internationales lors d'un atelier tenu du 28 au 31 mai 1995 a Akosombo, Ghana.

Les observations et amendements proposes au cours de cette rencontre ont £t£ pris en compte dans une deuxieme version de 1'etude intitulee "Cadre de cooperation en matiere de securite alimentaire en Afrique de 1'Quest" afin de la rendre plus conforme avec l'objectif i&

Suite a certaines observations formulees par la CEA sur cette deuxieme version, une reunion consultative regroupant la CEDEAO, la CEA, la FAO et l'ADRAO a eu lieu au siege de la CEDEAO a Lagos le 17 mai 1996 qui a discute le contenu et la forme de 1'etude et pris en compte la plupart des commentaires faits par la CEA.

l'e"tude est en cours de finalisation et reference sera faite a certains de ses constats et conclusions pr^liminaires dans le chapitre 3 consacre a 1'evaluation des programmes de s§curit£

alimentaire en Afrique de l'Ouest..

2.6- PROGRAMMES SPECIAUX EN MATIERE DE SECURITE ALIMENTAIRE

(i)- Programme Special FAO d'appui a la securite alimentaire

L'execution de ce programme special de la FAO est placed sous la responsabilite directe des pays concernes. II vise 1'accroissement rapide et durable de la production vivri^re a l'appui de la securite alimentaire. Son objectif final est de reduire le deficit entre production et consommation et d'eradiquer la malnutrition et 1'insecurity alimentaire. Les Etats de 1'Afrique

(25)

de l'Ouest el faible revenu et deficit alimentaire _ qui sont

concermes par ce programme special, devraient pouvoir saisir cette occasion pour developper la cooperation, notamment dans le domaine de la promotion des technologies ameliorees et un meilleur controle des ressources en eau particulierement dans certames zones marginales.

(ii)- Programme de SScurite alimentaire durable en Afrique de 1'Quest-Centrale (SADAOC)

Ce programme, axe sur la security alimentaire, est une

initiative hollandaise executee par le Centre Europeen de

Developpement et de Gestion des Politiques (ECDPM).

Ce programme issu de la dynamique CILSS-Club du Sahel, a comme preoccupation majeure, le renforcement de 1'interface Chercheurs-

Decideurs avec comme domaine d'application, la coordination de la

gestion des politiques agro-alimentaires. L' objectif principal vise reste la cooperation et 1'integration r£gionale par le biais de deux reseaux: r£seau chercheurs et reseau fonctionnaires. Le programme comporte egalement plusieurs volets specifiques: la

strategie paysanne, le projet sur les biens et services, le projet

sur la commercialisation...

A sa premie"re phase, le proj et a couvert cinq pays pour 1'animation des fonctionnaires, c'est-^-dire la coordination_ du dialogue entre les praticiens. Les pays concerned sont le Burkina Faso, la C6te d'lvoire, le Ghana, le Mali et le Togo.

Le reseau recherche couvre deux pays: le Ghana et le Burkina Faso en tandem avec les chercheurs hollandais.

Apres une evaluation de la premiere phase, la seconde etape mettra un accent particulier sur la cooperation sous-regionale.

(iii) - La Conference des Ministres de 1 'Agriculture de 1'Afrique de l'Ouest et du Centre (Filieres de

produits)

L'approche pragmatique adoptee par cette Conference depuis sa reunion de Dakar en mars 1991, est d'organiser les marches regionaux par filieres de produits. L'organisation de chaque filiere est pilotee par l'un des participants avec^l'appui de certains designes par la Conference. En plus des marches r§gionaux des cereales et des ole"agineux, une attention toute particuliere a et£ portee au marche regional b£tail-viande.

<iv) - Organisation non gouvernementale "Afrique Verte" et la securitS alimentaire

"Afrique Verte" intervient pour le moment dans trois pays d'Afrique de l'Ouest: Niger, Burkina Faso et Mali. Elle travaille selon trois grandes orientations pour les trois ann^es a venir.

(26)

- La premiere vise & accroitre le volume des operations de commercialisations par les organisations paysannes au cours des

"bourses aux cereales" et a maintenir un certain 6quilibre au niveau des acheteurs;

- La deuxieme priorite consiste a p^renniser le syst^mes des bourses nationales et

- La troisieme orientation est 1'autonomisation des paysans par la formation des animateurs et des responsables des organisations paysannes.

On estime que dans les trois pays d'intervention de "Afrique Verte", les organisations paysannes ont commercialise 5.700 tonnes de cereales en 1995. Certes, ce tonnage peut paraitre marginal;

pourtant, il represente 1 pour cent des cereales commercialisees dans les trois pays, soit 15 pour cent des cereales produites au Niger, au Burkina Faso et au Mali!

(27)

III- EVALUATION DES PROGRAMMES VISANT LA SECURITE ALIMENTAIRE DANS LA SOUS-REGION

Toute evaluation de ce genre comme celle ayant trait aux programmes visant la securite alimentaire dont certains ont ete presentes dans le chapitre precedent, comporte trois centres d'interet essentiels: elle fait 1'etat des lieux ne serait-ce que sommaire de certains faits saillants et qui sont globalement reconnus comme exacts; elle essaie de porter un jugement par le biais des contraintes et enfin elle peut aider a reorienter et dans le cas precis, a donner des indications utiles en vue de 1'harmonisation des programmes en matiere de securite alimentaire.

3.1- SOMMAIRE DE L'ETAT DES LIEUX

La sous-region ouest-africaine qui couvre plus de 6 millions de km2, possede une grande diversite de zones ecologiques pouvant lui permettre de produire tout ce dont ses populations ont reellement besoin et de creer des complementarites entre les pays membres pour stimuler le commerce intercommunautaxre de produits

alimentaires.

Dans les zones semi-arides, les principales cultures sont le mil, le sorgho, l'arachide, le mais et le niebe mais en outre,

1'irrigation permet de pratiquer la culture intensive du riz et de la canne a sucre. L'elevage presente dans ces regions des avantages comparatifs en raison de la quasi absence de certaines maladies comme la trypanosomxase, de la presence de bons paturages.

Dans les zones semi-humides, on pratique les cultures de manioc, d'ignames, de mais, de fruits et legumes.

Dans les zones humides, les cultures vivrieres sont le taro, l'igname, le manioc, les bananes, le palmier a huile, le cocotier,

etc.

La sous-region possede aussi les c6tes les plus poissonneuses d'Afrique.

De cette enorme richesse et de cette grande diversite, on a 1'habitude de faire les constats suivants qui ont trait au concept de securite alimentaire sous-regionale:

a) la difficile mobilisation des disponibilites qui fait coexister regions excederitaires et regions deficitaires et dont les consequences sont: importations, dependance alimentaire, changement d'habitudes alimentaires...

(28)

b) le niveau eleve des ^changes sous-r6gioaux portant notablement sur les produits vivriers;

c) la formation d'un reseau marchand transnational plus ou moins organise en depit de nombreux probletnes mais qui trouvent generalement leurs solutions a tavers un marche de change monetaire extremement performant mais informel;

d) la limitation de la circulation officielle de 1'information due a un certain cloisonnement et aux insuffisances d'etudes de marches;

e) des obstacles etatiques se dressent sous forme d'une volonte protectionniste qui s'accomode mal avec la volonte d'integration economique sous-regionale prdnee par la charte de la GEDEAO;

Outre ces constats d'ordre general, 1' Afrique de 1'Ouest se singularise comme par la proliferation de programmes de securite alimentaire. Comme on l'a vu dans le chapitre precedent, les organisations intergouvernementales et autres institutions dont il a ete question, participent d'une maniere ou d'une autre dans le processus visant la securite alimentaire. Cependant, on signalera

que:

i) bon nombre d'organisations et d'institutions de la sous-region ont des mandats qui incluent a divers niveaux la problematique de la securite alimentaire. Cependant, peu et parfois aucune coordination n'existe entre leurs programmes de securite alimentaire dans les me'mes espaces ou des espaces se recoupant;

ii) ces organisations ont tendance a se substituer aux Etats au lieu de se concentrer sur des activites d'interet sous- regional creant ainsi des confusions entre responsabilites nationales et regionales;

iii) aucune coordination veritable n'existe entre ces differents programmes d'activites des organisations entre elles- memes d'une part et avec les Etats d'autre part. Cela entraine des chevauchements dans les demendes adressees aux donateurs ou encore une mise en parallele des programmes visant le meme objectif.

3.2- CONTRAINTES

C'est devenu est un truisme que de dire que les politiques alimentaires actuelles dans la sous-region, sont confrontees a un certain nombre de contraintes qui sont celles de tout le secteur de l'economie rurale ouest-africaine. Ce sont:

(29)

a) des contraintes physiques dont

- la mediocrite et la degradation des sols; la reduction

de la jachere et les defrichements massifs;

la mauvaise repartition des precipitations dans l'espace et dans le temps ,-

1'enclavement de certains pays;

la persistance de la sechereresse et la menace de la desertification et d'autres fleaux tels gue 1' invasion des criquets et des oiseaux granivores. . .

b) des contraintes demoaraphiques dont

l'inegale repartition spatiale des populations et la croissance demographique galopante ont conduit a des

taux d'occupation tres sieves de l'espace;

les migrations vers les regions agro-climatiques plus favorables avec des pratiques prejudiciables a

1'environnement...

c) des contraintes socio-6conomiques parmi lesquelles les

facteurs ci-apres peuvent limiter l'accroissenment de la

production:

le regime foncier tradidionnel peut entraver 1'exploitation et la gestion rationnelles des terres rurales;

le faible niveau de revenu des producteurs avec comme consequence la faible capacite

d7 investissement;

1'absence de debouches pour 1'ecoulement des

produits;

le coCt 6leve du credit agricole;

les prix non incitateurs aux producteurs...

d) des contraintes techniques liees a 1'insuffisance ou meme 1'absence drintrants appropri£s comme

- les semences ameliorees, - engrais.

(30)

- pesticides,

- produits veterinaires, - equipements agricoles...

e) des contraintes institutionnelles et orcranisationnelles qui sont d'une importance primordiale dans le cadre de la presente etude et qui sont surtout dues a:

- la multiplicity des intervenants et au manque de coordination et d'harmonisation entrainant des actions incohe'rentes et parfois anarchiques au niveau des OIG et autres institutions qui sont par consequent victimes de ces difficulty.

Cependant, on mentionnera a la d^charge de ces organisations que bon nombre de leurs difficulty sont li£es a:

i) l'amenuisement des contributions financie"res des Etats membres, avec cotnme consequence, le non paiement des salaires des fonctionnaires detaches au sein des organisations concern£es;

ii) la conception que continuent & se faire nos Etats sur la nature des organisations intergouvernementales. En effet, l'idee continue a prevaloir que les besoins des OIG est la somme des besoins des Etats membres et que tout projet regional doit n&cessairement avoir une composante nationale. Aussi, tres peu de projets sous-reginaux et r£gionaux ont un caractere integre et sont pour la plupart, une compilation de besoins nationaux.

Malgre les constats peu flatteurs susmentionnes et les contraintes inherentes, les OIG et les programmes sp£ciaux de la sous-region, ont enregistre quelques succes en matiere de securite

alimentaire, notamment:

1) par le fait qu'ils ont servi de lieu d'echange d'idees et d'information sur les secteurs de production alimentaire;

2) par le fait qu'ils aient contribue a harmoniser les legislations des Etats membres dans les domaines de 1'agriculture, de 1'elevage, de la p£che, de la foresterie et des ressources en

eau;

3) par le fait qu'ils aient fait realiser quelques projets viables de securite alimentaire;

4) enfin, par le fait qu'ils aient contribue1 a la formation des cadres.

(31)

3 3- MESURES ET INITIATIVES SUSCEPTIBLES DE RENFORCER ET DE REORIENTER LES PROGRAMMES DE SECURITE ALIMENTAIRE

DANS LA SOUS-REGION

Comme on vient de le souligner, les programmes de securite

alimentaire ont certes des atouts mais ils comportent beaucoup d'insuffisances et si on devait continuer sur cette lancee, la situation alimentaire, au lieu de s'ameliorer dans la sous-region, se deteriorerait au contraire. Aussi, s'avere-t-il necessaire de prendre des mesures & meme de renforcer et de reorienter les programmes de securite alimentaire dans un cadre mieux harmonxse.

En effet, le renforcement des differents programmes de securite alimentaire etant un prealable a une bonne harmomsation, certaines idees-force et recommandations qui ont couronne des rencontres recentes de haut niveau, meriteraient d'etre citees dans la mesure ou elles fournissent un nouvel eclairage et des solutions interessantes a la problematique de la securite alimentaire.

3.3.1- Conference sur la securite alimentaire et le developpement durable en 1'an 2020

Cette Conference qui portait sur la S€curit& alimentaire et le Developpement durable en 1'An 2020, a ete organisee par l'Institut International de la Recherche sur les Politiques Alimentaires

(IFPRI) du 13-15 Juin 1995 Sl Washington.

Au cours de cette rencontre, le Directeur General de 1'IFPRI devait declarer: "la question aujourd'hui n'est plus de savoir si l'on a de quoi nourrir la planete, mais de savoir si les societes civiles et les gouvernements, dans les pays deVeloppes comme dans les pays en developpement, ont la volonte politique de le faire et sont prgts a faire des gestes necessaires dds maintenant".

Quelques idees-forces de cette reunion ont et6 les suivantes:

- pour vaincre la faim et la malnutrition, la collaboration de tous les partenaires, gouvernements, entreprises privees et organisations non gouvernementales, est indispensable;

- le developpement de 1'agriculture et de la recherche en agriculture, menant a 1'etablissement d'une strategie de production au plus bas cout possible, est prioritaire pour assurer la securite alimentaire des populations dans les pays en developpement;

- les terres fragiles sur le plan environnemental devraient faire l'objet de politiques nationales et d7aides au developpement.

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