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Les variations actuelles du climat: de simples fluctuations naturelles?

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Les variations actuelles du climat: de simples fluctuations naturelles?

SESIANO, Jean

Abstract

Les fluctuations du climat ces dernières années dépassent de plus en plus souvent les normes observées jusqu'alors. La courbe moyenne des températures croît de plus en plus rapidement. L'influence anthropique ne semble plus faire de doute.

SESIANO, Jean. Les variations actuelles du climat: de simples fluctuations naturelles? Nature et Patrimoine en Pays de Savoie , 2007, no. 8, p. 14-20

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:41262

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1 / 1

(2)

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Après

l'eTê2007 que nous venons de vivre, pourri dans nos régions s'il en était, il est difficile de parler de réchauffement et d'aridité estivale croissante

I

Et pouftant, c'est ce que l'on nous avait prédit, la main sur le cæur... A qui la faute ? Peut-être

à

la complexité du problème et à la soif de l'Homme, par médias interposés qui portent une lourde responsabilité, à vouloir tout prévoir et quantifieç même lorsque le nombre

de

paramètres alimentant cette équation est gigantesque. Tournons- nous d'abord vers le passé.

On sait depuis une centaine d'années, mais de plus en plus précisément, que les

grandes divagations

du

paramètre climatique le plus important, la température, sont réglées par la quantité d'énergie solaire arrivant sur la Terre. S'il est évident qu'à l'échelle géologique, le Soleil a évolué (il y a 4,55 milliards d'années, il émettait 30% moins d'énergie qu'actuellement), c'est à bien plus courte échelle de temps que ses fines fluctuations d'énergie vont affecter notre climat. Ce sont celles-ci dont nous allons parler. Cette quantité d'énergie reçue varie pour plusieurs raisons, à savoir :

, Cette si mal

nommée "constante"

(actuellement environ ''l 400 Wm2/an, hors atmosphère et

à

incidence normale) varie de +/- 0,1o d'après des mesures satellitaires remontant à 50 ans environ, Un recul dérisoire sur des siècles et des millénaires. Vu I'inertie thermique du globe, ses effets se manifesteront avec un décalage de 2 ans environ.

W', ,, i'.,,i.:) t'l.tt ti ; ,irl r,ll iirltl. irlir'rr'1i j"' i.lri . C'est la théorie de Milankovitch, affinée

parA.

Berger (Berger et al., 1991). Linclinaison de I'axe de rotation terrestre sur l'écliptique, actuellement

de

23,50o environ, oscille autour

de

cette valeur de

+/-

1,5o avec une périodicité d'environ 41 000 ans. Ce paramètre a une influence aux hautes latitudes surtout, la Terre étant plus ou moins "penchée" vers le Soleil, ll y a ensuite la précession des équinoxes qui joue un rôle, avec des périodes de

axe de rotation PerPendiculaire

(axe des pôles) au plan de l'écliptique

(3)

it [, ô

Ji Cl

t-

19 000

eI23

000 ans. ll s'agit d'une lente rotation de notre périhélie : actuellement, nous sommes

au

plus proche

de

notre étoile le

4

janvier (périhélie),

et au

plus éloigné, six mois plus tard, début juillet (aphélie). Au plus proche en hiver pour nous, mais avec une incidence modeste des rayons solaires si bien que les températures sont faibles quand même, On réalise alors que lorsque l'aphélie tombe en hiver (il y a 11 000 ans), la température est encore plus basse. Ce paramètre aflecte les latitudes moyennes, avec des saisons plus ou moins marquées. Enfin, notre orbite autour du Soleil est elliptique, avec des périodes de 100 000 et 413 000 ans, La

forme de l'ellipse oscille entre une forme très elliptique et un cercle. Actuellement notre trajectoire est presque circulaire, Ce seront surlout les basses latitudes qui seront affectées par ce changement. De plus, on réalise que dans le cas d'une orbite 1rès elliptique, notre trajectoire peut venir recouper celle

de

nuages de poussières faisant partie du système solaire, ce qui affaiblira l'énergie reçue sur la

Terre.

La

combinaison

de ces

trois courbes périodiques donnera une courbe apériodique,

d'où des

périodes glaciaires

qui ne

reviennent

pas à

intervalles réguliers.

Cette

théorie

de

Milankovitch-Berger permet

de

représenter d'une manière tout à fait satisfaisante les variations climatiques des dernières centaines de milliers d'années, c'est-à-dire les périodes glaciaires et interglaciaires, ainsi que les divers stades

de

réchauflement

et de

refroidissement durant celles-ci. Ce modèle, appliqué

dans le

futur, prévoit

dans 10 000 ans un

refroidissement généralisé de I'ampleur de ce que nous avons vécu

ily

a20 0OO ans, puisque nous sommes plutÔt vers la fin d'un interglaciaire (ou d'un interstade ?) et si rien ne vient perturber cette évolution. Souvenez-vous, les médias en faisaient leurs gros titres dans les années 70 I

Avant

de

passer

en

revue d'autres facteurs

qui

pourraient être

à

I'origine des fluctuations climatiques que I'on observe,

de

l'échelle de la décennie à-celle du millénaire, voire plus, il est bon de rappeler qu'une période glaciaire est engendrée par une succession d'hivers longs, mais pas forcément rigoureux (sinon, l'air ne

peut pas contenir assez d'humidité, et les précipitations sont insignifiantes), suivis d'étés frais et humides, Au plus fort des deux dernières périodes (suite page 17)

AUJOURD'HUI équinoxe de printemps

21 mars

-, - .,.. .-- :-:;--:::::-:'::---'':l f':r:

aphélie

"'",".

périhétieffi

!. '"ljfli':"' 22 décembre solstice d'été

22 juin

solstice d'hiver it'

17 décembre i.

IL Y A 11 OOO ANS

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équ in oxe d'a uto mn e "r*'ts 23 septembre

solstice d'été 4 juin

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équinoxedeprintenlps - - \i Y

Combinaison de la variation des 3 paramètres orbitaux

Variations de I'insolation en été à la latitude 45"N

(4)

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Les oaramètres orbitaux déterminent I'évolution climatique à long terme, mais d'autres causes modulent les variations I

;""iriiilffi;, ;;Ë'i';i;ii;;i"i*,

uôÈunisre dxprimo

iaites

éruptions majeures ou l'efret de serre exprimé i

ôuilà t"nâi à"

râir en

coz

en réuàncné, tàienounce g'énéralè depuis siècle (côurbe rouge graphe ci-dessous) i Ëxemole d'interprétation

:Au

début

du

siècle (1900-1917) (A) les lempératures relativement faibles peuvent

être.

à"ioiiees à

la iaible intensité des maxima solaire,

à

la longueur des cycles

el a

de puissantes éruptions. Le^lort : réchauffement qui se produit de 1918 aux années 1940 (B) correspond à un progrès de seulement 7 ppIY

ldl

!91 ,1 I

g-Og), à

,ne

hau'sse niodérée de l'activité solaire mais à une absence d'éruptions majeures à partir de 1913 (lusqu

à

I

1956).

Principales éruptions :

- 1902: Santa Maria (Guatemala), Montagne Pelée (Martinique), Soufrière (Guadeloupe)

- 1907 : Ksudach (Kamtchatka)

- 1912: Katmai (Alaska)

- 1928 : Paluweh (lndonésie)

- 1929: Reventador (Equateur)

- 1932: Cerro Azul (Argentine)

- 1942-47 : Hekla (lslande)

- 1954 : Mt Spurr (Alaska)

- 1956 : Bezimianny (Kamtchatka) - 1963 : Agung

- 1966 : Awu (lndonésie)

- 1971 : Hekla (lslande)

- 1974: Fuego (Guatemala)

- 1980 : St Helens

- 1982: El Chichon

- 1985 : Nevado del Ruiz (Colombie)

- 1991 : Pinatubo (PhilipPines)

- 1992: Mt Spurr (Alaska)

Taux en ppmv de dioxyde de carbone (chaque décennie de 1900 à 1990)

(voir aussi le graPhe en bas de page)

+ : maximum du cycle solaire 10,4 : longueur du cycle solaire Activité faible : cycle 14 et 16 Activité moyenne : cycle 15-17-2O Activité forte : cycle 1B-19-21-22

Les

cycles

de 11 ans sont

d'amplitudes inégales' Les valeurs des minima restent

très

proches, tandis

que

les valeurs maxima montrent de fortes variations'

Un rapport existe entre le nombre de taches

et

l'intensité solaire : le maximum de rayonnement se produit en même temps que le maximum de taches.

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A5 V CO:

J/.

31?

(5)

glaciaires, le Riss il y

a

135 000 ans et le Wûrm il y a 21 000 ans, la température moyenne annuelle dans nos régions n'a pas été inférieure de 6

à7"C

par rapport

à ce que l'on

observe actuellement.

Avec une

décroissance moyenne

de

la

température de 6,5'C pour 1 000 m

d'élévation, cela abaisse

de 2 500

m actuellement

à 1

500

m

l'altitude

de

I'isotherme annuelle

0'C.

La formation de glaciers dans des cirques abrités du Jura, entre "1 500

et .l

700 m, devient alors possible. Les conditions

de

(sur)vie

à

Thonon

ou à

Annecy devaient alors être semblables

à

celles que I'on observe actuellement

à

la station intermédiaire du téléphérique de l'Aiguille du Midi, à 2 300 m !

Remarquons en passant qu'aussi loin que l'on remonte dans l'histoire du globe, on découvre des traces géologiques de périodes glaciaires, sous forme de tillites par exemple, anciens dépôts morainiques, Mais pas seulement

sur

les terres qui occupaient à ces époques les zones polaires qui ont été de tout temps des régions à déficit d'énergie solaire (les rayons y arrivent toujours sous une faible incidence, de 0

à

25").D'où le lien avec la tectonique des plaques ; nous en parlerons plus bas, Corollaire

des

périodes glaciaires,

des

interglaciaires

se sont

succédés, certains aussi chauds voire plus (de 2 à 3'C) que la période actuelle (par exemple, l'Eémien il y a 120 000 ans, ou il y a 340 000 ans). Curieusement, ces alternances durant

le

CénozoiQue, les derniers

65

millions d'années, sont

de

plus

en

plus fréquentes, particulièrement depuis

3

millions d'années, avec une multiplication durant les derniers 500 000 ans, Est-ce la réalité ou un "effet de loupe" dû à notre pouvoir de résolution toujours croissant à mesure que I'on se rapproche de I'Actuel ? En plus de la variation cyclique des éléments de l'orbite terrestre dont nous venons de parleç d'autres facteurs peuvent jouer un rôle déterminant.

li:iitlj: iii

éruptions volcaniques, Les effets seront les mêmes

:

des aérosols solides ou liquides

mis en

suspension

dans

l'atmosphère.

Ce

seront

par

exemple des poussières minérales, d'origine primaire, semblables

à

celles dégagées lors de gigantesques feux

de

forêts

ou de

brousse

et

lors

de

combustions d'origine anthropique ou non, ou mises en suspension par le vent, ou d'origine secondaire, comme des gouttelettes (du gaz SOz oxydé puis hydraté avec formation d'acide sulfurique, de l'acide chlorhydrique, du sulfure de diméthyl produit par des algues planctoniques). En suspension dans l'atmosphère, ces aérosols seront plus ou moins rapidement rabattus au sol par les précipitations. De quelques semaines pour ceux injectés dans la troposphère (de

0 à

12-18 km)

à

plusieurs mois ou années pour ceux parvenant dans la stratosphère (entre 1B et 50 km d'altitude) où les courants atmosphériques les disperseront sur tout le Globe. A noter que de tels événements sont peu fréquents. Les énormes éruptions

de

Laki (lslande, 1783- 1784), du Tambora (lndonésie, .1815), du Krakatao (lndonésie, 1BB3), et celles bien plus modestes

de

l'Agung (lndonésie, 1962-1963),

du St

Helens (Etats-Unis, 1980), d'El Chichon (Mexique, 1982) ou du Pinatubo (Philippines, 1992) n'en sont que

de

pâles reflets, même si elles ont été suivies d'hivers rigoureux

et

surtout

Estimrtion de la tempi globale noïenn(

ltlrnperature "lenr1

inferieure

sup(

à

l'rcnrelle

à l';r

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û,01 1,8

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Pldistocène

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montées en épingle par les médias pour les quatre dernières (Sesiano, 1985)' Quel est I'effet de ces Ëerôsots sur le climat ? ll est controversé. Certains y voient un effet de miroir, avec renvoi vers l'espace de l'énergie solaire qui aurait dÛ nous atteindre àr donc un refroidissement. C'était la grandà peur de "l'Hiver Nucléaire" durant la pàri6oô

ôé

ru Guerre Froide, par

la riise

en suspension

de

poussières suite à

i;à*prôiio" o"

oômoes

A ou H.

D'autres pensent

à une sorte de

couvercle ainiôsprrerique empêchant le rayonnement- infrarouge terrestre géothermique et radiatif de s'échàpper, un effet dô serre en fait. Cette abondance d'aérosols peut auJsi mener à une intensification des précipitations par la multiplication des noyaux de condensation.

w 1...n i*i:;iurrir_il;* rjçi* i.;l;:ijirr,:Ll. Avec une répartitionchangeante de l'emplacement

et de la forme des continents et des océans sur la Terre, c'est toute la dynamique du mouvement àô t'ut.osphère et des océans qui est bouleversée. La présence de chaînes de montagnes pourra altérer le climat d'une région, de même que la

Ëàrtrroâtion des courànts thermohalins. Ces derniers résultent des différences de

à"niito

entre des eaux marines légères, car chaudes et/ou peu salées, et celles plus denses, car froides et/ou saléés. ll n'est que de rappeler la présence du Gulf btream, courant chaud issu

du

golfe

du

Mexique

et

traversant I'Atlantique

à

la

latitude

des

Caro-linêi (Etats-UnË)

en

direction

de

l'lslande

et de

l'Europe' A tâtituàes egales, re contiaste climâtique entre.la côte orientale de l'Amérique du nord et ta dôte ôccidentale de l'Europe est saisissant. En l'absence de ce courant ôÀuù0,

la

Scandinavie

et

I'Europe

au

nord

de la

Pologne ressembleraient au

Groeniand actuel

!

Ce cas

de

figure

s'est

présenté

par le

passé. Prenons un

à*"rôr". En

période chaude, leé précipitations augmentent

et

les fleuves de

iÂictiôJe dirijent

plus d'eau douce vers l'océan. Moins dense, elle restera en surface et poùrra cionc geler plus facilement que I'eau salée (on sale les routes en hiver l). LextenrioÀ

à"

là banquise mènera à un retrait du courant chaud, donc à un refroidisseméÀi. Les précipitations, bien que moins abondantes, feront croître la

ôdotte

arctique ôontindntale

qui

s'épaissira. L'accélération

du

mouvement des glaciers sous cette surcharge mènera à des naissances d'icebergs rapides, donc

à un

refroidissêment

de focéan. D'un

réchauffement,

on

aura passé

à

.un

refrordissement, et cela dans un lapse de temps qui pey.t être assez court, moins d;;À ôiéô1" (Weaâ, 2OO3). Les répônses thermiques différentes. des continents et

àes

océans peùvbnt môner

à un

affaiblissement

ou à

une intensification des éèÀuÀg"r o,eneigiô, se traduisant par des.situations météorologiques de calmes pAtJ o-u de tempëtes, plus fréquentes et plus marquées. ll en est de même entre moyennes et hautes latitudes.

Avant de dire quelques mots sur les outils utilisés pour déchiffrer le climat du passé

"t Ë

perioO" reôenie, penchons-nous encore un instant sur ce qui peut arriver aux hautés latitudes lorr d"rn interglaciaire, période chaude et humide par définition.

gêâr"orp

Oe maiiOre organiqué, amenée

pq

les fleuves arctiques, sera prégée sur

la ptatefdrr"

"*tinentàe (lo1e

littorale s'étendant

de

la surface

à 200 m

de

ôr,jionO"rr) et surie talus (-)oo m et plus bas),.Or, dans les zones polaires,.le sol

àsi

geté

en

permanence,

c'est le

pergélisol.,

La

profondeur atteinte par.

le

gel dépànd

de

son intensité

et de

sa'durée, elle peut aller d.e quelques mètr9: à plusieurs centaines àe mètres (en Sibérie ou en Alaska actuellement). Ce pergélisol contient Oes fryOrates

de gai

lctatnrates) _formés de. glace

contenant

des gaz dissous

"orru O, gaz"caràonique

COz,

du

méthane CH+

et du

sulfure

o;nvàiôg*

Hré

(i éri o.

glace peut contenir jusqu'à

.161 cm' pe gaz)'.ll est très sensible

ur*

"r,uÀgements ée préssion (niveau-de i'océan) et à la température de I'eau, Si cette derriière croît de quelques degrés ou si le niveau océanique baisse,

"éË ôur vont êire libérés dans t'àtmôsphère, avec un impact majeur sur le climat, puisque ce sont des gaz à effet de serre'

par des documents, des archives

et

I'iconographie (Le Roy-Ladurie, 1967)' Ces outils ne nous amènent pas très loin dans le pàssé, mis à part le nilomètre mesurant le niveau ou tr,tit au temËJ des Pharaons (crues, étiages) et donc les oscillations du climat dans les régions de son bassin d'alimentation.

W i;.1 i:{(1",tt,jir-ir.-:,ilii,:.,i1t:1r:ti.}ir.:'. c'est l'étude des cernes de croissance des arbres' Leur épâisseur varie selon' les conditions climatiques

du

moment. Les banques de données remontent au plus à quelques milliers d'années.

*-

i t,::t i:-:;,liïr ii':i,;ilir:

:

le'CarOttage deS Sédim.entS deS laCS

et

deS tOurbièreS, et l,analyse des pôllens qu'on y tro"uve, permet d'avoir une idée du climat d'une région rôioÀ't".

"rp"c"r

végétales s'y développant. Cette technique permet de remonter sur quelques centaines de milliers d'années'

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(7)

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Depuis le dernier maximum glaciaire du Wûrm, il y a 21 000 ans, la température est remontée par à-coups, des-périodes chaudes de quelques centaines à quelques milliers d'années succédant

à des

récurrences froides. Loptimum climatique holocène, plus chaud de 1'C que l'époque actuelle, date d'il y a 6 000 ans' La forêt alpine montait alors jusqu'à

2

500

m,

le Sahara était partiellement verdoyant et parsemé de lacs, et ie niveau océanique était 2 à

3

m plus faut-que maintenant.

Êncore faut-il, concernant ce dernier point, faire la part due à la fonte des glaces, à la dilatation de l'eau et à la réaction isostatique faisant suite à la décharge des glaces ! Puis, le climat est devenu plus instable avec une succession de périodes f"roides

et

chaudes dues, semble-t-il,

à

une insolation estivale en baisse de 5%

(précession

des

équinoxes). Mais, est-ce

à

nouveau

un

effet

de

loupe, notre èonnaissance des âges antérieurs s'affaiblissant avec le temps

?

Cependgnt, à l'époque romaine, là température moyenne était plus élevée dans nos régions qu'actuellement, le col du Théodule en Valais, au pied

du

Cervin, était libre de çjtace. Après une dégradation temporaire qui mettait en marche des peuplades à la Iecherche

de

lieux plus favorables (invasions barbares),

la

période des Vikings partis à la découverle des côtes vertes (n'exag_érons rien l) du Groenland montre une embellie, bien fugace pourtant. En effet, si l'on examine les paramètres futurs de I'orbite terrestre, -on

devrait aller droit vers

un

refroidissement généralisé du climat. Alors, pourquoi toutes ces tergiversations de la part du climat ? On a alors pensé examiner I'activité fine du Solèil, e1 particulier pour expliquer le Petit Age glaciaire, période froide entre.1450

et

1850, et dont I'ic_onographie nous montre àes glaciers alpins ayant repris possession des vallées. On observe en effet sur le disqrie solaire un certain nombre de taches. Leur nombre (nolnQç de Wolf) est lié à l'activité solaire et semble suivre plusieurs périodes

:11,22,

B0 et 180 ans.

Ol

ce facteur

a

éIé très bas entre 1281 eI 1347 , 1411 eT 1524; de 1645 à 1715, c'est l'époque de Maunder durant laquelle leur nombre était à peu près nul, puis faible enire i TgO

et

1840. Durant ces périodes, la luminosité solaire avait diminué de

O,4o/o. Y a-t-il relation de cause à effet ? Dans tous les cas, l'énergie solaire croît à nouveau, d'où peut-être le déglacement généralisé du XX" siècle. A noter que sur Mars, la calotte glaciaire est elle aussi en régression.'.

Je pense qu'il faut être très prudent lorsqu'on parle d'influence anthropique. En effet, il nous manque le recui nécessaire. En analysant les carotteg _de glqce du Groenland, on conôtate que les gaz dits à effet de serre comme le COz, le CH+, la vapeur d'eau (HzO), les oxydes

l'azote

(NOx), l'ozone (Oe),

etc'

ont tendance à

croître dès 1BBO, soit peu après la Révolution industrielle ; elle s'accompagne.d'gne augmentation des combusiions en tout genre, du cheptel et des surfaces cultivées (1lères). Mais ces gaz, n'ont-ils pas auési crû ^antérieurement, alors que I'activité Àumainô ne pouvait pas encore être incriminée

?

En effet, durant les interglaciaires (chauds)

du

Quaternaire,

le

COz

a

augmenté très fortement par altération des ioches carbonatées (calcaires)

et

par la prolifération biologique, de même que le

CH+ par dégradation'anaérobique des végétaux abondants et des animaux, ainsi que la vape"ur d'eau abondante dans I'air chaud. On a, du reste, une très bonne corrélation entre la présence de ces gaz dans la carotte de glace

de

la station Vostok et la température du Globe durant les derniers 400 000 ans'

\

l

de et on ter

(8)

Battarbee R.

et

al. (20Oa). Past

climate variability

through

Europe and Africa. 638

p,

Springer éd.

Berger A. et al.

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lnsolation values for the climate

of the

last

10

millions

of

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Le Roy-Ladurie E.

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Histoire du climat depuis l'an mil.

376 p., Flammarion éd., Paris.

Sesiano

J. (1983).

l-influence

des grandes

éruptions

volcaniques sur l'atmosphère et le climat. Mém. Privat docence, 68 p,, Dépt. Minér. Univ. Genève.

Van Vliet-Lanoe

B. (2005),

La

planète des glaces. 470

p.,

Vuibert éd., Paris.

Weat

S. (2003).

The discovery of rapid climate change. Physics Today, B, 30-36.

Si l'on se penche sur l'activité solaire, elle permet d'expliquer 60% de la croissance de la température entre 1BB0 et 1993, le reste se partageant à 30% pour les gaz

eI

1O% pour les aérosols en suspension dans l'atmosphère. Quoi qu'il en soit, l'interaction entre l'atmosphère et les océans est déterminante. Si le niveau de ces derniers vient à changer, leur sudace et profondeur varient, ce qui va altérer le taux d'évaporation (par la température de I'eau) et l'albédo (quantité d'énergie réfléchie),

d'où une atmosphère plus ou moins humide et un effet de serre variable.

On a beaucoup parlé du phénomène El Nino ces dernières années en lui attribuant

tous

les maux dus aux caprices

de

notre climat. Les archives indiennes, puis coloniales ensuite, au Pérou, en Equateur et au Chili nous ont permis de détecter sa signature ces cinq derniers siècles ; mais avec quelle fiabilité ? Le lien entre la pression atmosphérique sur le Pacifique sud et le courant marin froid (upwelling) de Humboldt remontant le long des côtes de I'Amérique du sud est avéré, mais quelle est la part anthropique de ses effets ? C'est un point fondamental.

La manière avec laquelle l'Homme traite le sol est aussi en cause. fagriculture actuelle a tendance à éliminer la matière organique du sol en la remplaçant par des engrais chimiques, faisant ainsi croître I'albédo

et

décroître l'humidité

du

sol,

L'érosion mettra plus de sédiments en suspension dans l'eau

avec

imperméabilisation

des sols

(par tassement mécanique aussi)

et

manque de recharge

des

nappes. Les crues seront violentes, les eaux

ne

s'infiltrant plus, digues et canaux pourront céder,

Les relevés montrent une augmentation des températures durant les derniers cent ans. Quelle est la fiabilité des mesures ? Lanthropisation de nos milieux fait par exemple qu'au centre de Paris, on a gagné 3"C durant cette période, par îlot

de

chaleur.

Si

les catastrophes naturelles semblent

se

multiplier,

il

ne faut pas perdre de vue que la population humaine ne fait que croître. Elle s'établit en des lieux qui, auparavant, lorsqu'on avait le choix, n'auraient jamais été habités à cause des risques

encourus.

D'autre part, les médias

ont

leur part

de

responsabilité, montant en épingle tout événement survenant où que ce soit, Enfin, notre demande croissante de conforl veut que tout soit régulier et reste dans la norme.

Qu'en est-il de la valeur des prédictions ? Nos modèles d'évolution du climat sont

très

complexes. Comme

nous

avons essayé

de le

montrer

dans les

lignes précédentes, ils doivent tenir compte des océans par leurs courants thermohalins, leur surface et leur albédo, de l'atmosphère par sa température, son humidité, la direction des vents et la répartition des pressions, et de la couverture nivoglaciaire des continents

et

océans (l'albédo* est très différent de celui

de

l'eau ou de la végétation), Le modèle doit travailler avec une maille de taille représentative (un carré de 250 km de côté, par exemple) et les équations être résolues à plusieurs niveaux dans l'atmosphère (une vingtaine). La hauteur du soleil (saison) doit être prise en compte de même que la composition de l'atmosphère (gaz,aérosols) et le

couvert végétal (albédo, évapotranspiration). On voit que les paramètres sont très nombreux,

qu'il faut

faire varier légèrement

les

conditions initiales avec une possibilité d"'effet papillon", d'où des calculs complexes et longs même pour les

plus gros ordinateurs, Des changements climatiques majeurs, que l'on avait cru prendre des milliers d'années, se révèlent ne demander qu'un siècle (Weart, 2003).

Et puis, les enjeux politiques et économiques sont si imporlants que la manipulation peut se cacher derrière chaque équation,.,

En conclusion, on peut dire que la machine climatique a

fonctionné

harmonieusement à la satisfaction de tous durant des millions de siècles, excepté lors de rares et brèves catastrophes. Si l'Homme ne vient pas mettre son grain de sable dans cette mécanique bien huilée, on va au devant d'une période froide selon nos modèles. Ce qui arrange bien certains élus clamant que cela compensera un éventuel réchauflement anthropique

I

Mais ils oublient que l'échelle de temps n'est pas la même... La meilleure attitude à adopter est le principe de précaution : après tout,

si

I'Homme était réellement responsable des fortes turbulences observées actuellement dans le climat, ne serait-il pas alors plus sage d'éviter I'emballement de la machine thermodynamique terrestre par un comporlement plus respectueux de la Nature ? Malheureusement, l'inertie de I'atmosphère et surtout des océans fait qu'il est peut-être déjà trop tard et que le point de non-retour a été franchi !

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