Prise en charge de la douleur aiguë
Philippe Le Conte
Quelques principes
Association morphine et paracétamol
Synergique
Permet d’administrer de plus faibles doses de morphine
Détection d’un surdosage
Fréquence respiratoire
Vigilance
Réversible par du Narcan® titré
Quelques principes (2)
Traumatologie
Nécessité de doses élevées de morphine
Intérêt éventuel du fentanyl® ou du sufentanyl®
Bien connaître ces drogues (pharmacocinétique et pharmacodynamie)
Sujet âgé
Commencer par des doses plus faibles
Utilisation de la PCA au SAU
PCA= Analgésie Contrôlée par le patient
Mars 2004 – Dr C. Longo
ª Quelles indications ?
-
Patients présentant des douleurs d’intensité moyenne à forte, dont la douleur ne sera pas réglée dans les heures à venir, ne présentant ni trouble de conscience, ni trouble des fonctions supérieures.- En pratique aux urgences :
Patients qui vont être hospitalisés à l’UHCD ou en MPU ou dont le passage au bloc demandera un délai important.
o Patients traumatisés (traumatisme du thorax, du bassin…).
o Patients présentant des douleurs chroniques (Néoplasies)
o Douleurs aiguës d’origine médicale (douleurs
rhumatologiques, pancréatite, crise drépanocytaire…)
ª Quelles contre-indications ?
- Apnées du sommeil
- Insuffisance respiratoire chronique décompensée
- Refus du patient Précaution d’emploi si : - Insuffisance rénale
- Insuffisance hépatique (encéphalopathie) - Patient âgé ou de petit poids
ª Information du patient
- Cotation de la douleur (Échelle Numérique de 0 à 10)
- Explication de la technique : quand appuyer,
apprendre à anticiper sur les mobilisations, les soins douloureux, comte tenu du délais d’action du produit de 5 à 10 min., objectif: EN
≤ 3, quand appeler l’IDE.
- Démystifier, rassurer: peu de risque de surdosage, pas de risque d’accoutumance…
ª Quel matériel ?
- Voie veineuse périphérique
- Tubulure spécifique (anti-reflux)
- Pousse seringue spécifique (ALARIS)
- Morphine ramenée à une concentration de 1mg/ml
- Fiche de surveillance spécifique
- 1 ampoule de Narcan disponible à proximité
Par exemple :
patient de 70 kgo Bolus de 7 mg (dose à diminuer si I Rénale, I Hépatocellulaire, patient âgé) puis
o Titration de 1 mg par 1 mg toutes les 10 min.
pour l’obtention d’une EN
≤
3 o Puis mise en place de la PCAª Paramètres de réglage de la pompe
La programmation de la pompe est préétablie par le médecin
Programmation usuelle :
- Concentration Morphine : 1mg/ml - Bolus 1mg (0,5 à 1,5 mg)
- Période réfractaire 7 min (5 à 15 min)
- Facultatif : Dose maximale sur 4 heure : 20mg
ª Quelle surveillance ?
Recherche d’un surdosage :
o Sédation : apparition d’une somnolence (1er signe de surdosage) ou d’un coma (cf échelle de sédation sur la feuille de surveillance) o Myosis serré
o RR < 10
Recherches d’effets adverses :
o Nausées, vomissements (15% des patients) o Diurèse (globe ?)
o Transit ralenti Qualité analgésie :
o EN (considérée comme acceptable si ≤ 3) Evaluation des besoins :
o Nombre de doses injectées, dose cumulée
o Rapport nombre de demandes/ nombre de doses injectées
ª Quel rythme de surveillance ?
- Toutes les 15 minutes dans l’heure suivant la mise en route, et à chaque changement de
paramétrage puis
- Toutes les heures pendant 4 heures, puis - Puis toutes les 4 heures au minimum
Bloc Crural
Indications
Fracture de la diaphyse fémorale,
Fracture du 1/3 inférieur du fémur,
Traumatisme du genou,
Fracture du plateau tibial.
Bloc Crural
Contre-indications
Allergie aux anesthésiques locaux.
Mauvais état cutané ou anédopathies au point de ponction.
Trouble sensitif du membre inférieur.
Plaie délabrante du membre inférieur.
Traumatisme du rachis lombaire.
Refus du patient.
Patient sous anticoagulants.
Épilepsie non contrôlée.
Bloc Crural
Matériel
Compresses, champ et gants stériles.
Antiseptique cutané type Bétadine®
Seringue de 20 ml.
Aiguille à biseau court téflonée Stimulplex® A50 4 89450/2 (22G, 50 mm) si utilisation du
stimulateur.
Ou aiguille à biseau court 22 G et 50 mm. Un anesthésique local.
Solutions anesthésiques utilisées
Xylocaïne® 2 % (lidocaïne) + Marcaïne® 0,5 % adrénalinée (bupivacaïne
Bloc Crural
Posologies
Adulte : 200 mg de Xylocaïne ® 2 % soit 10 ml + 50 mg de Marcaïne® 0,50 % soit 10 ml.
Enfant : 2 mg/kg (0,1 ml/kg) de Xylocaïne® + 2 mg/kg (0,2 ml/kg) de Marcaïne® .
Délai d’action
Cinq à 15 min (Xylocaïne® ).
Durée d’action
Six à 10 heures (Marcaïne® adrénalinée).
Bloc Crural
Préparation du blessé
Décubitus dorsal.
Voie veineuse périphérique.
Surveillance tensionnelle.
Examen neuro-vasculaire soigneux du membre inférieur.
Echelle d’évaluation de la douleur.
Asepsie locale rigoureuse (attendre 3 min avant l’injection).
Bloc Crural
Technique
Opérateur en position controlatérale au membre lésé.
Repère de : l’arcade crurale (épine du pubis à épine iliaque antéro-supérieure), l’artère
fémorale, perçue par la palpation au milieu de l’arcade crurale.
Point d’injection (1 cm en dehors de l’artère fémorale et 3 cm en dessous de l’arcade
crurale).
Direction en refoulant l’artère en dedans, injection perpendiculaire au plan cutané, profondeur 3 à 4 cm.
Bloc Crural
Si utilisation du Stimulplex® : mise en route, une fois la peau franchie, et recherche d’une contraction musculaire de la cuisse.
Test d’aspiration : obligatoire et répétitif.
Injection lente et stable.
Contact verbal.
Toutes manifestations à type de prodromes,
douleurs ou d’aspiration de sang impliquent
l’arrêt de l’injection
Bloc Ilio-fascial
Bloc Ilio-fascial
Bloc Ilio-fascial
Protoxyde d’azote (meopa®)
MEOPA = Mélange Equimolaire
d’Oxygène et de Protoxyde d’Azote (50%/50%), gaz anesthésique
administré par inhalation, induisant une sédation consciente et une analgésie
superficielle, avec maintien des réflexes
laryngés.
Protoxyde d’azote (meopa®)
Personnel autorisé à l’utilisation du MEOPA :
Médecin
IDE ayant reçus la formation
Manipulateurs d’électro-radiologie uniquement en présence d’un médecin.
Nécessité de 2 personnes : 1 pour le geste à effectuer, 1 se consacrant à
l’administration et à la surveillance du
patient.
Protoxyde d’azote (meopa®)
Soins ou actes médicaux à visée diagnostic ou thérapeutique modérément douloureux, dont la durée moyenne est inférieure à 30 minutes.
Ne dispense pas de l’administration usuelle d’antalgiques de palier I (Paracétamol /
AINS) ou II (Paracétamol-
Dextropropoxyphène / Paracétamol-Codéine)
et/ou d’anesthésiques locaux
Protoxyde d’azote (meopa®)
Petite chirurgie superficielle (exploration et suture de plaies superficielles Réinsertion unguéale, ) en association à l’anesthésie locale, lorsque celle-ci est insuffisante.
Pansements douloureux (plaies,
dermabrasions, brûlures peu étendues)
Réduction de fracture ou luxation simple
Confection de plâtre
Protoxyde d’azote (meopa®)
Contre-indications générales liées au patients
Hypertension intra-cranienne
Troubles de conscience
Traumatisme maxillo-facial
Patient oxygéno-dépendant
Toute accumulation d’air dans un espace clos : pneumothorax, emphysème, occlusion intestinale, embolie gazeuse, accident de plongée
Sinusite ou otite aiguë, chirurgie de l’oreille moyenne
Premier trimestre de grossesse
Echec de l’analgésie après 5 minutes d’inhalation continue
Protoxyde d’azote (meopa®)
EFFETS INDESIRABLES
Modifications de sensations sensorielles (euphorie, excitation paradoxale,
sensations oniriques…)
Paresthésies péribuccales et des extrémités
Nausées, vomissements
Protoxyde d’azote (meopa®)
Installer le patient en position allongée ou assise selon l’acte
Présenter le matériel au patient, lui expliquer le fonctionnement et favoriser l’auto-administration.
Régler le débit de gaz entre 6 et 9 l/min. afin de maintenir le ballon gonflé sans tension
Débuter l’inhalation en faisant respirer normalement le patient pendant 3 minute avant de débuter le
geste douloureux.
Veiller à l’absence de fuite autour du masque
Maintenir le contact verbal avec le patient pendant toute la durée de l’inhalation
Protoxyde d’azote (meopa®)
Surveiller en permanence la respiration, la coloration du patient
Arrêter l’inhalation dès la fin de l’acte ou du soin.
fermer le débitmètre puis le manomètre.
Surveiller le patient au repos pendant 5
minute
Douleur neuropathique
Moins fréquent que les douleurs par excès de nociception
Problèmes thérapeutiues en médecine d'urgence car :
Inefficacité relative des morphiniques
Pas de médicament immédiatement efficaces
Patients souvent en échec thérapeutique
préalable
Types de douleur
Sciatiques et autres douleurs radiculaires
Douleurs de désaférentiation
Membre fantôme
Algodystrophies
Fibromyalgies ??
sémiologie
Douleurs à type de brulure,
d'élancement, de décharges électriques
Peu ou pas calmées par les antalgiques usuels
Fréquence des troubles sensitifs
Hyper ou hypoesthésie
traitement
Prévenir le patient qu'il n'existe aucune solution miracle
Si la douleur est très intense et/ou très invalidante :
Hospitalisation
Laroxyl iv : 50 mg/2 heures
+ rivotril
Sinon :