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Poly Monde

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Poly Monde

2 0 1 6

R o y a u m e - U n i & I r l a n d e

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2

(3)

« N’acceptons aucune entrave à la liberté de créer, d’imaginer, d’apprendre, d’explorer! »

Roger-Maurice BONNET

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4

Contributeurs

Rédaction

Laurent-David Beaulieu Raphaëlle Benoit Christophe Brizard Catherine Corriveau Mariane Dallaire Nathan Fohlen-Weill Mathieu Jolin Jérôme Laviolette Vincent Lebel Chad Lortie Yanis Mellata Pierre-Luc Miquelon Patrick Monnot Maxime Nadeau Sébastien Paradis Charles Poiré

Louis-Etienne Pratte Camille Salvas

Antoine Sirard Sabrina Watelle Camille Wilhelmy

Correction

Laurent-David Beaulieu Raphaëlle Benoit Camille Hamelin Jérôme Laviolette Catherine Marcoux Pierre-Luc Miquelon Patrice O’Carroll

Mise en page

Vincent Lebel Chad Lortie

Louis-Etienne Pratte

Crédits photo

Mathieu Jolin (MJ) Chad Lortie (CL)

Comité Poly-Photo (PP)

Olivier Martel Savoie (OM) (Couverture)

Soutien pédagogique

Marcelin Joanis, Ph. D.

Impression durable

Le rapport suivant a été imprimé au Québec sur du papier 100% recyclé. L’impression de ces documents a contribué à sauver :

14

arbres

49 664 L

d’eau

142 jours de consommation d’eau

0.56

tonnes de déchets 12 poubelles commerciales

3223 kWh

55 190 ampoules de 60W pendant 1h

2 tonnes

de CO2 13436 km de voiture

2,7 kg

de NOX

Émission d’un camion pendant 8 jours

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Remerciements

La Mission Poly-Monde ne serait pas un tel succès sans l’appui de tous ses contributeurs.

Tout d’abord, soulignons la contribution des entreprises et institutions québécoises, britanniques et irlandaises pour leur implication financière et leur chaleureux accueil lors des visites industrielles. C’est leur soutien, et leur intérêt qui permet la réalisation de ce projet. Poly-Monde 2016 tient à remercier Mme Thibodeau-DeGuire, présidente du conseil d’administration de la Corporation de Polytechnique Montréal, M. Christophe Guy, directeur général de Polytechnique, M. Pierre Baptiste, directeur sortant du département de mathématiques et génie industriel (MAGI) ainsi que les directeurs de départements pour leur support financier et leurs précieux conseils, et ce, depuis plusieurs années.

La Mission est sous l’entière responsabilité de ses vingt-quatre étudiants membres, mais elle est également appuyée par le Conseil d’administration de Poly-Monde composé pour l’année 2015-2016 de : Mme Thibodeau-DeGuire, M. Pierre Baptiste, Mme Line Dubé, la directrice du Bureau des relations internationales (BRIN), M. Marcelin Joanis, le coordonnateur académique, Mme Camille Hamelin, la coordonnatrice de la Mission, M.

François Cartier, le trésorier du Fonds Poly-Monde, Simon Papineau, le secrétaire du comité destination, et de quatre anciens des missions, Jeanne Gagnon, Rosalie Nadeau-Fredette, Philippe Pèron et Olivier Grant. Le rôle du Conseil comprend entre autres le choix des destinations des missions annuelles.

Le BRIN est un partenaire important de la réussite du projet. Sans son implication dans les multiples communications avec les entreprises et universités britanniques et irlandaises, l’expérience n’aurait pas été la même. Cette année l’équipe a eu la chance d’être accompagnée de Mme Line Dubé et Mme Julie Defretin. Pour une seconde année, l’inestimable contribution de M. Marcelin Joanis a permis de mettre ensemble ce rapport et d’en rehausser la qualité grâce à sa supervision jusqu’à la toute fin. En guise de préparation, M. Joanis donne un cours aux vingt-quatre membres durant la session précédant la Mission. Véritable lieu d’échange, ce cours lui permet de nous fournir beaucoup d’information, de pistes de réflexion et bien sûr du support pour la rédaction du rapport final. De plus, nous avons eu le privilège de sa compagnie pour toute la durée de la mission dans les îles britanniques. Il va sans dire que tous les membres sont profondément reconnaissants de son implication. Finalement, de la part de tous les membres, un merci spécial à l’intention de nos parents et amis qui ont fourni leur appui lors des nombreux évènements et tout au long de l’aventure.

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Mission Poly-Monde est rendue

possible grâce à

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Le département de mathématiques et de génie industriel

MAGI

Polytechnique Montréal

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8

En collaboration avec

CIMA EY

Telesystem Zimmer CAS Accenture Keurig Lussier

Département de génie civil, géologique

et des mines

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CIRANO Hatch

Fromagerie Polyethnique Desjardins

Institut de génie biomédical - Departement de génie électrique

EBR CAE Exaclan

Collège Laval Coopoly

Prinoth

VUSunglass

Merci à tous les commanditaires

de la Mission Poly-Monde 2016

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Poly-Monde 2016

L’équipe

Équipe Édition

Raphaëlle Benoit

Génie industriel

Vincent Lebel

Génie mécanique Responsable édition

2e position CCI (génie conseil)

Chad Lortie

Génie industriel

Échange à Linköping, Suède VP Congrès IIE 2016

Louis-Étienne Pratte

Génie civil

Coordonnatrice

Camille Hamelin

Génie civil Coordonnatrice

3e position compétition canadienne d’ingénierie (communication scientifique)

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Équipe Logistique

Patrice O’Carroll

Génie mécanique Responsable Logistique Stage chez Merck, Allemagne

Jérôme Laviolette

Génie civil

Échange Lund, Suède VP-Externe AEP

Laurent-David Beaulieu

Baccalauréat génie mécanique Étudiant à la maîtrise

Pierre-Luc Miquelon

Génie biomédical

Échange à Lausanne, Suisse

Christophe Brizard

Génie mécanique

Échange à National Chiao Tung University (Taiwan)

Maxime Nadeau

Génie mécanique

Échange à Bruxelles, Belgique

Mariane Dallaire

Génie biomédical

Fondatrice société technique Métis

Antoine Sirard

Génie civil

Échange à Valence, CIPO 2014 Canoë de Béton

Nathan Fohlen-Weill

Génie mécanique Échange à Lulea, Suède Trésorier A15 PolyDébat

Sabrina Watelle

Génie mécanique Dir. Avion Cargo

Resp. logistique CQI 2016

Équipe Financement

Catherine Marcoux

Génie industriel

Responsable Financement

VP Réseautage du CEGI 2013-2014

Sébastien Paradis

Génie civil

Échange à Valence, Espagne VP externe Polyjam

Catherine Corriveau

Génie civil

VP Financement Jeux de Génie 2016, Directrice CEGCi 2014-15

Charles Poiré

Génie mécanique VP Conseil CCGP

Mathieu Jolin

Génie industriel Échange à Hong Kong

Camille Wilhemy

Génie biomédical

Trésorière CEGbiomédical 2015 Échange en Australie

Yanis Mellata

Génie mécanique Président CCGP Échange à Hong Kong

Camille Salvas

Génie biomédical Trésorière

Trésorière Jeux de Génie 2016 Échange à Prague

Patrick Monnot

Génie physique VP Carrière CCGP Échange à Lund, Suède

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12

1990 2005 2010 2017

Japon AllemagneScandinavieItalie Royaume-UniJapon AllemagneFranceÉtats-Unis et MexiqueBeneluxCorée du SudEspagneBrésil ScandinavieSuisse Chine Pologne et République tchèqueInde Taïwan, Hong-Kong et SingapourRussieDanemark et Pays-BasFranceAfrique du SudAustralieAllemagneCorée du Sud Royaume

-Uni et I rlande

Finlande et pa ys Balt

es (en c ours)

2000

Les missions précédentes

26 ans d’international

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Les missions Poly-Monde sont une tradition à Polytechnique Montréal. Chaque année depuis plus d’un quart de siècle, un groupe sélect de futur(e)s ingénieur(e)s de l’École s’impliquent corps et âmes dans l’organisation d’une mission industrielle à l’étranger. Les étudiant(e)s impliqué(e)s dans ce formidable projet qu’est Poly-Monde se voient donc offrir une occasion unique de faire l’expérience concrète et directe des grandes tendances de notre temps, tant économiques et technologiques qu’environnementales ou culturelles.

La 27e mission Poly-Monde s’est déroulée au Royaume-Uni et en République d’Irlande au printemps 2016, deux pays avec lesquels le Québec entretient depuis deux siècles et demi des liens étroits.

Reflet éloquent de ces liens transatlantiques historiques, les deux pays des Îles Britanniques combinés se retrouvaient, en 2014, au 3e rang des pays de destination des exportations québécoises et au 5e rang des pays de provenance des importations. Cette mission aura eu lieu à un moment déterminant pour les deux pays visités, quelques semaines seulement avant la tenue du référendum historique qui a donné la victoire au camp du « Brexit ».

Comme professeur responsable de l’orientation thématique Projets internationaux à Polytechnique, j’ai le plaisir et l’honneur de superviser le volet académique de la mission. Dans le cadre de ce volet, les participant(e)s à Poly-Monde ont acquis les compétences requises pour tirer pleinement profit de l’expérience de leur mission au Royaume-Uni et en Irlande, des techniques d’analyse économique aux rudiments de la géopolitique.

Mais au-delà des compétences acquises pendant la phase de préparation et lors de la mission elle- même, Poly-Monde est un projet d’une grande richesse. Les membres étudiant(e)s de Poly-Monde y font l’apprentissage de tous les aspects de l’organisation de la mission et de son financement. Dans ces tâches, ils sont épaulés par un conseil d’administration – dont je remercie chaleureusement tous les membres – où s’impliquent notamment des anciens de Poly-Monde, un témoignage concret de l’impact que la mission a eu sur eux, tant au plan professionnel que personnel.

Alors que tire à sa fin la mission Poly-Monde Royaume-Uni et Irlande 2016, déjà couronnée de succès, j’ai la ferme conviction que ses participants ont su y développer des compétences complémentaires cruciales pour leur formation d’ingénieur certes, mais qu’ils y ont surtout fait des rencontres qui les suivront toute leur vie, tant dans les pays visités qu’ici parmi leurs pairs.

Sur une note plus personnelle, cette mission Poly-Monde restera gravée dans ma mémoire. J’y ai appris à connaître plusieurs leaders de demain dont je suivrai avec passion la progression et les réalisations au cours des prochaines décennies, sans aucun doute aux quatre coins du monde. Enfin, je lève mon chapeau à Camille Hamelin, coordonnatrice étudiante, pour une mission particulièrement réussie.

Marcelin Joanis, Ph.D.

Professeur responsable des missions Poly-Monde et de l’orientation thématique Projets internationaux

Professeur agrégé, Département de mathématiques et génie industriel

Responsable, groupe de recherche en Gestion et mondialisation de la technologie (GMT) Vice-président Développement économique, CIRANO

Mot du coordonateur académique

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Introduction

C’est avec grande fierté que l’équipe Poly-Monde 2016 vous présente ce rapport annuel de mission. Cet ouvrage est le fruit de plus de trente visites d’entreprises et conférences au Québec et en Ontario suivies de trente autres au Royaume-Uni et en Irlande. De Montréal à Dublin, en passant par Aberdeen, Glasgow, Londres et Belfast, notre séjour en sol étranger fut parsemé de défis, de rencontres enrichissantes et de discussions captivantes. Nous espérons que les enjeux et les sujets traités dans ce rapport susciteront votre intérêt autant qu’ils ont suscité le nôtre.

Les Missions Poly-Monde : Une tradition à Polytechnique !

Cette 27e édition a su honorer la notoriété des missions Poly-Monde, conçues pour préparer les ingénieurs de demain au contexte industriel qui deviendra le leur. À défaut d’aborder la concurrence internationale et la mondialisation des technologies dans le cursus typique d’études en ingénierie, les membres de Poly-Monde sont appelés à se familiariser avec ces concepts clés tout au long de la Mission. Ainsi, à travers ce projet, ils développent un profil international qui les distingue de leurs pairs.

Durant l’année scolaire, les membres ont reçu une formation sur l’économie internationale donnée par Pr. Marcelin Joanis, coordonnateur académique des Missions Poly-Monde.

Ainsi préparés, ils ont su profiter pleinement de leur expérience sur le terrain, intégrant les notions du cours et mettant en lumière les meilleures pratiques en innovation et en stratégie.

Au-delà des connaissances acquises lors des formations et des visites, l’expérience Poly- Monde en soi s’avère des plus formatrices pour les étudiants qui, bien que supportés par Polytechnique, ont l’entière responsabilité du succès de leur Mission. Ils sont donc appelés à prendre en charge l’organisation des visites industrielles, le séjour à l’étranger, la campagne de financement ainsi que le côté éditorial du projet. Ainsi, ils allient la théorie à la pratique, passant du laboratoire à la soirée bénéfice, exerçant leur leadership au sein d’une équipe d’étudiants passionnés et dynamiques.

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Péninsule de Dingle, Irlande

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Destination Royaume-Uni et Irlande

Qu’ils soient de nature économique ou culturelle, les liens entre le Canada, le Royaume- Uni et l’Irlande sont indéniables. À l’instar de son passage au Canada, l’Empire Britannique a laissé une trace indélébile sur plusieurs cultures étrangères, malgré les nombreuses décolonisations. Aujourd’hui, le Royaume-Uni comprend l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Irlande du Nord ainsi que l’Écosse. Alors que Londres incarne la capitale financière mondiale, Dublin peut être vue comme un paradis pour les différentes sociétés technologiques qui s’y établissent, étant exposées à des taux d’imposition bien modestes.

Même si l’Irlande a été grandement affectée par la crise économique de 2008-2009, elle a bien surmonté ce désastre financier. Le Royaume-Uni, quant à lui, s’est vu secoué par de nouveaux enjeux politiques et sociaux. Pensons entre autres à l’automne 2014, alors que le monde entier avait les yeux rivés vers l’Écosse qui tenait un référendum historique. De plus, en pleine campagne du « Brexit », l’équipe Poly-Monde se trouvait aux premières loges du débat sur une possible sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Parallèlement à une analyse économique et géopolitique, cette 27e Mission Poly-Monde a su cibler les secteurs économiques dominants des industries britanniques et irlandaises.

Ainsi, c’est avec grand intérêt que l’équipe 2016 s’est penchée sur les secteurs de l’aéronautique, de l’énergie ainsi que sur le secteur de la santé et de la pharmaceutique.

De toute évidence, une immersion dans le secteur de l’aéronautique, incluant Boeing, Bombardier, Pratt & Whitney et bien d’autres, a permis de souligner l’importance de cette industrie au Québec et de mieux comprendre la compétition livrée par Airbus et Boeing aux entreprises qui cherchent à percer leur marché. Grâce à d’importantes capacités de production ainsi que de forts appuis gouvernementaux, ces deux multinationales ont établi des barrières à l’entrée qui forcent les compétiteurs à viser une part plus spécifique du marché de la construction aéronautique.

En contraste avec le système québécois, le secteur énergétique de l’Irlande et du Royaume- Uni est diversifié et axé sur l’innovation. En effet, le contexte géopolitique de ces deux pays a favorisé le développement de nouvelles technologies, telles que l’éolien en mer ou l’exploitation de l’énergie marémotrice. De plus, nous avons pu comparer la gestion énergétique du Québec avec celle de l’Irlande et du Royaume-Uni, mettant en relief les particularités d’un modèle fondé sur un monopole étatique.

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Étant doté d’un système de santé public comme au Canada, le Royaume-Uni a décidé d’intégrer des processus de marché, ce qui permet d’augmenter sainement la compétition entre les établissements de santé et d’inciter à l’innovation continue. Par ailleurs, les visites dans le pôle pharmaceutique de l’Irlande ont mis en perspective le récent exode des compagnies de ce secteur au Québec.

Ces thèmes seront abordés avec une plus grande profondeur au fil de ce rapport et c’est avec grand plaisir que nous vous invitons à plonger dans cette analyse, en espérant que vous apprécierez l’ensemble de ce travail.

Bonne lecture !

Visite de Bombardier UK, Belfast, Irlande du Nord

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Visites au Canada

Fondamentaux

Rotman School of Management, University of Toronto

Conférence du consul général britannique à Montréal, M. Nick Baker

Conférence du consul honoraire irlandais à Montréal et du président de la chambre du commerce d’Irlande au Canada, Pr. Michael Kenneally et Vivian Doyle-Kelly

Conférence du Pr. Mel Cappe Conférence du Pr. Andrea Lodi

Conférence de M. Bernard Beausoleil Chartrand

Aéronautique

McKinsey

Esterline CMC Électronique GE Bromont

Héroux-Devtek Pratt & Whitney

Conférence du Pr. Mehran Ebrahimi

Énergie

Accenture

Ville de St-Hyacinthe

Institut de Recherche d’Hydro-Québec (IREQ) Éolectric

Boralex Dunsky Gaz Métro Hatch

Symposium Trottier MM. Mark O’Mally & Mark Z. Jacobson Union Gas

Toronto Hydro Clearesults

Ontario Energy Board

M. Michel Carreau en conférence pour Poly-Énergie Conférence de M. Alain Brunel, AQLPA

Santé et Pharmaceutique

Schneider Electric Amaris

Merck Canada

Institut National d’Excellence en Santé et Services Sociaux (INESSS)

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Telus Santé Zimmer CAS Laboratoire RIVA Sandoz

IBM KPMG BORN Ontario

Conférence de Mme Joanne Castonguay

Visites au Royaume-Uni et Irlande

Fondamentaux

Strathclyde University

Délégation du Québec à Londres Mme Mary Harney

Aéronautique

Boing Defence Bombardier Belfast

Énergie

Oil and Gas UK All Energy conference Sgurr

Hatch Lightsource Ovo Energy National Grid Open Hydro Accenture Dublin

Santé et Pharmaceutique

Bristol Meyers Squibb University of Birmingham Hurley Medical Group Sir John Oldham

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Géopolitique 22 Macroéconomie 48

Microéconomie 74

Commerce 100

International

Énergie 120

Aéronautique 164

Santé 190

Bibliographie 216

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Géopolitique

Cartographie de la politique

01

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« L’analyse géopolitique est aussi un moyen de conjurer des guerres ou de trouver une solution à certains conflits. »

- Yves LACOSTE

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Mise en contexte

Stratégiquement positionnés sur l’une des plus grandes routes maritimes et aériennes reliant l’Amérique du Nord à l’Europe, le Royaume-Uni et la République d’Irlande font partie de l’archipel britannique se situant au nord-ouest de l’Europe continentale. Géographiquement, l’île d’Irlande est séparée en deux pays distincts, la République d’Irlande, occupant plus de 80% du territoire ainsi que l’Irlande du Nord, appartenant au Royaume-Uni. Ce dernier comprend également l’Angleterre, l’Écosse et le pays de Galles. Avec un contexte économique bien différent, ces deux pays ont tout de même de nombreux points communs dans plusieurs secteurs d’activités. Afin de mieux visualiser l’évolution de leurs industries, il est important de comprendre les enjeux géographiques, historiques, politiques et culturels de cette région du monde.

Le Royaume-Uni est la 5e puissance économique mondiale derrière les États-Unis, la Chine, le Japon et l’Allemagne (Banque Mondiale, 2016). L’Irlande, quant à elle, avec une superficie trois fois plus petite et une population beaucoup moins importante, connaît de très bonnes années entre 1997 et 2007, nommée la période du Tigre Celtique (« Celtic Tiger »). La position économique irlandaise passe alors d’une des plus pauvres d’Europe à l’une des plus dynamiques mondialement avec une croissance moyenne de 7,2% sur la période (Banque Mondiale, 2016).

Angleterre, Grande-Bretagne et Royaume-Uni…

La Grande-Bretagne, constituée de l’Angleterre, de l’Écosse et du pays de Galles, a été créé en 1707 à la suite de l’Acte d’Union.

En 1922, s’ajoute à ce regroupement l’Irlande du Nord pour former le Royaume-Uni.

Positionnement de l’Irlande et du Royaume-Uni selon certains indicateurs économiques (Banque Mondiale, 2016)

Irlande Royaume-Uni

Superficie (km2) 70 273 242 495

Population (M) 4,6 64,5

PIB par habitant (USD) 49 402 40 227

Devise Euro Livre sterling

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Le Royaume-Uni et l’Irlande subissent fortement les effets de la récession économique mondiale de 2008. La reprise économique de l’Irlande est liée aux investissements étrangers, spécifiquement dans le domaine de l’informatique, des sciences de la vie (englobant le secteur pharmaceutique et des biotechnologies), ainsi que dans le domaine des services. Une forte croissance est enregistrée au niveau de l’exportation, surtout dans le domaine agroalimentaire. Un élément clé de la stratégie irlandaise est la recherche et développement avec la mise en avant des technologies vertes et des énergies renouvelables.

L’énergie est aussi au cœur de l’économie de l’Écosse.

En effet, cette dernière est un leader mondial dans le domaine du pétrole, du gaz naturel et dans le secteur éolien en mer. Avec la crise pétrolière de 2015, il est intéressant de voir les stratégies des entreprises

britanniques leur permettant de rester concurrentielles sur le marché global. Le port d’Aberdeen, premier port britannique, vieux de 900 ans, est un incontournable pour les échanges internationaux. Le Royaume-Uni est le dixième plus grand exportateur et le sixième plus grand importateur de biens et services au monde (Albergel & Blin, 2015).

Acteur clé de la scène internationale, il possède une économie diversifiée au sein de ses différentes régions. L’Irlande du Nord, pour sa part, occupe un rôle majeur dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC) ainsi qu’en aéronautique.

Finalement, l’Angleterre est reconnue pour son secteur des services, responsable de 77%

du PIB du Royaume-Uni. Londres, capitale financière européenne, rivalise sans cesse avec New York au niveau de l’importance globale de son marché financier (Albergel & Blin, 2015).

Le présent chapitre est consacré aux enjeux géopolitiques en débutant par un bref historique des principaux éléments marquants de l’histoire du Royaume-Uni et de l’Irlande.

Les caractéristiques des politiques intérieures seront ensuite abordées, suivies des différentes répercussions du Brexit, des politiques internationales ainsi que de la culture des pays analysés.

Le tigre celtique

Cette période marque un changement crucial dans l’économie irlandaise. Son nom est une variation du tigre asiatique (Asian Tiger) qui fait référence à la croissance économique faramineuse de l’Asie débutant en 1994. Les économistes ont repris ce terme en 2004 pour définir l’émergence de l’Irlande au niveau mondial (voir section macroéconomie).

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Histoire : la collision entre l’Irlande et la Grande-Bretagne

Les îles britanniques se séparent du Vieux Continent il y a plus de 12 000 ans avec la montée considérable du niveau des mers. Cet archipel, entouré d’un passé géologique tourmenté, rend le paysage vaste et différent d’une région à l’autre. Des émigrants européens sont arrivés sur les terres il y a des milliers d’années. Les Celtes, originaires d’Allemagne et de France, envahissent le nord de l’Angleterre, de l’Écosse et de l’Irlande 400 ans avant J.-C.

en imposant la langue gaélique au peuple (L. Rosen, 2015).

La montée de la nation anglaise débute au XIIIe siècle avec la création des universités d’Oxford et de Cambridge. Une période de frustration face à l’Église catholique s’ensuit, menant à la montée d’une autre forme de religion, le protestantisme. L’Empire britannique étend son pouvoir lors des XVIIe et XVIIIe siècles avec la colonisation de plusieurs régions du monde, dont les États-Unis, le Canada et l’Australie. Sous le règne de la reine Victoria,

Look right © CL

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l’Angleterre dirige près du quart de la population mondiale et devient la nation la plus industrialisée d’Europe après avoir connu la Révolution industrielle (L. Rosen, 2015). Cet empire s’éteint jusqu’au XXe siècle à la suite de la Deuxième Guerre mondiale, qui amène de grands changements politiques et sociaux.

L’arrivée du peuple celte en Irlande, il y a plus de 7 000 ans, a introduit le pays au christianisme par Saint-Patrick au Ve siècle. L’immigration des Normands au XIIe siècle amène une grande partie du pays sous l’emprise de l’autorité britannique. Plusieurs révoltes s’ensuivent avec la plantation de l’Ulster, en 1609, soit la colonisation organisée d’une région de l’Irlande par les Anglais et les Écossais (Department of Foreign Affairs and Trade, 2012). Cette plantation marque officiellement l’emprise de la Grande-Bretagne sur une terre majoritairement gaélique et catholique. Plusieurs conflits surgissent au XVIIe siècle avec le monopole du pouvoir politique et des biens immobiliers d’Irlande par les protestants de l’École anglicane. Des lois pénales discriminatoires sont instaurées et seulement 5% des terres appartiennent dorénavant aux catholiques (Department of Foreign Affairs and Trade, 2012). Le mouvement indépendantiste en Irlande, grandement influencée par la Révolution française de 1789, débute au milieu du XVIIIe siècle . Cette

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révolte du peuple contre la Royauté se traduit aussi par des tensions palpables entre la Grande-Bretagne et ses colonies d’Amérique du Nord. Ce mouvement mène alors à une union parlementaire entre la Grande-Bretagne et l’Irlande ainsi qu’à une plus grande importance décisionnelle des catholiques.

La Grande Famine

Une partie du XVIIe siècle est marquée par des récoltes catastrophiques de pommes de terre en Irlande causant plus de deux millions de morts. Une forte émigration vers l’Amérique du Nord et l’Europe est alors enclenchée. Cet épisode marquant de l’histoire irlandaise a des conséquences politiques considérables. Cela mène à la création du « Home Rule Party » en 1882. Ce parti politique aspire à l’autonomie et au contrôle des terres par les Irlandais (Department of Foreign Affairs and Trade, 2012). Le mouvement est interrompu par la Première Guerre mondiale, mais une ambiance d’inquiétude est maintenue en Irlande du Nord étant donné la minorité protestante sur l’île.

En 1916, une révolution irlandaise a lieu à Dublin, nommée la Insurrection de Pâques (Easter  Rising), organisée par les républicains et nationalistes afin de chasser les Britanniques d’Irlande.

Finalement, la Guerre d’indépendance en 1922 marque la création d’une République d’Irlande séparée de l’Irlande du Nord et de la Grande-Bretagne. En 1968, la stabilité politique créée à la suite de cette entente est interrompue en Irlande du Nord lors d’une période nommée

« The Troubles ». Cette dernière est causée par la réaction des protestants loyalistes contre la montée des catholiques nationalistes minoritaires prônant l’égalité de leurs droits civils.

Le dimanche matin du 30 janvier 1972, la situation se détériore. Plus de 10 000 personnes se rassemblent à Londonderry afin de manifester. La fin des tensions se produit en 1998 à Belfast avec les accords de paix de Stormont (Department of Foreign Affairs and Trade, 2012). Depuis, la coopération entre le Nord et le Sud est grandement améliorée. Les liens historiques et la proximité géographique des deux pays voisins les amènent aussi à avoir de relations économiques serrées malgré leur passé tumultueux. Lors de la visite d’État de la Reine Élisabeth II en mai 2011, celle-ci stipule qu’« avec le recul de l’histoire, il y a des choses dont nous aurions tous préféré qu’elles se soient passées différemment, ou n’aient pas eu lieu du tout » (Department of Foreign Affairs and Trade, 2012).

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Drapeau britannique © CL Big Ben © CL

Métro de Londres © CL

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Le cas écossais

L’Écosse connaît une histoire semée d’embûches avec ses voisins. La première tentative d’indépendance date du VIIIe siècle. En 1707, l’Acte d’Union unit officiellement l’Écosse, l’Angleterre et le pays de Galles pour créer la Grande-Bretagne, mais cette union n’a jamais fait l’unanimité. Des rébellions ont lieu durant les décennies qui suivent mais, à la suite d’une importante défaite en 1746, le gouvernement britannique impose des restrictions importantes qui briment l’espoir des Écossais d’obtenir leur indépendance durant les deux prochains siècles. Ce n’est qu’en 1934, alors que le Parti national écossais (« Scottish National Party ») est fondé, que les indépendantistes écossais retrouvent espoir. En 1997, ils votent en faveur d’une dévolution des pouvoirs, ce qui leur confère plusieurs nouvelles responsabilités, dont le contrôle de leur système de santé et de leur système d’éducation (Pruitt, 2014). C’est alors que le mouvement nationaliste prend de grandes proportions menant au référendum sur l’indépendance de l’Écosse. Les deux camps, unionistes contre indépendantistes, se disputent une chaude lutte afin de sceller l’issue de l’avenir du pays.

Le 18 septembre 2014, plus de 84% des Écossais se rendent aux urnes. Le camp du non à l’indépendance l’emporte avec 55% des votes (BBC, 2016). Les statistiques démontrent une divergence entre les différentes classes sociales. Les jeunes âgés entre 18 et 34 ans sont en faveur du oui avec 53% tandis que la population âgée de plus de 65 ans souhaite rester unie avec plus de 73% des votes (Beausoleil Chartrand, 2016). L’indépendance reste un sujet de tensions en Écosse. Le sentiment de patriotisme des jeunes est toujours aussi palpable. Il est intéressant de constater qu’un résultat similaire a été enregistré au Québec lors des référendums de 1980 et de 1995 ayant tous deux un résultat négatif face à la séparation du Canada. Les éléments principaux de l’histoire des différents pays sont présentés dans la ligne du temps de la figure à la page suivante.

Le Québec, l’Irlande et l’Écosse ont tous été liés à l’Angleterre en ayant été une colonie britannique à un certain moment de leur histoire respective. Chacune a soutenu son point de manière différente afin de conserver sa culture, ses valeurs et son identité.

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Politique intérieure

Systèmes politiques

En Irlande

L’Irlande est une République parlementaire. Le Premier ministre (Taoiseach) est le chef du gouvernement, élu par une majorité simple à la chambre basse du Parlement, Dail Éireann (Chambre des représentants). La chambre haute, le Sénat, aussi appelé Seanad Éireann, a un rôle essentiellement consultatif. Les députés sont élus au suffrage universel direct avec un vote à la proportionnelle. La République a aussi un Président, élu au suffrage universel et dont la fonction, à l’image de la Reine d’Angleterre au Royaume-Uni, est surtout honorifique (Élections en Europe, 2014; eu2013, 2013; Perspective Monde (UdeS), 2014).

Au Royaume-Uni

Le Royaume-Uni, quant à lui, est une monarchie constitutionnelle et parlementaire, avec à sa tête la Reine d’Angleterre qui règne, mais ne gouverne pas. Il s’agit du système de

1609

1707

1763

1922

1980 1995

2014

Éléments marquants de l’histoire des pays analysés Acte d’Union

Écosse et Angelterre

Indépendance de l’Irlande

Référendum écossais Référendums

québécois Le Canada devient

une colonie britannique Conquête anglaise

Ulster

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Westminster, qui s’applique aussi au Canada. Le gouvernement dirige le pays sous l’autorité du Premier ministre, chef du parti ayant obtenu le plus de sièges à la chambre basse du Parlement, la Chambre des communes. La Chambre haute, jouant un rôle secondaire, est la Chambre des Lords (perspective Monde (UdeS), 2014). En plus d’élire leurs députés au Parlement national, qui est aussi celui de l’Angleterre, chacune des nations constitutives (constituencies) (Écosse, pays de Galles, Irlande du Nord) bénéficie d’une assemblée régionale, soit le Parlement écossais, l’Assemblée nord- irlandaise et l’Assemblée nationale de Galles. Ces organismes régionaux n’ont toutefois pas tous les mêmes pouvoirs. Ce processus de délégation de certains pouvoirs du Parlement de Londres vers les parlements régionaux porte un nom  :   la dévolution. Amorcée en Irlande du Nord au moment de l’indépendance irlandaise, la pratique a repris de plus belle sous le gouvernement de Tony Blair avec la création des parlements régionaux (Élections en Europe, 2014).

Dynamiques irlandaises

Le paysage politique irlandais se caractérise par un nombre restreint de partis et de coa- litions gouvernementales fréquentes. Ainsi, deux grands partis au centre droit dominent régulièrement les élections : le Fainna Fail et le Fine Gael. Ce dernier a pris le pouvoir en 2011, après plus de vingt ans de domination de Fianna Fail. Le Labour, ou parti travailliste est également une force politique importante. Aussi, Sinn Fein, le parti nationaliste, est représenté au Parlement. Ce dernier est l’anncienne aile politique de l’IRA, l’Armée Ré- publicaine Irlandaise, qui s’est finalement rallié au combat démocratique. D’autres partis sont présents, comme les Verts et le Parti socialiste, ainsi que plusieurs candidats in- dépendants qui ont connu un regain d’attention aux dernières élections (Kennealy, 2016).

Fine Gael et Fianna Fail sont en réalité très proches dans leurs programmes, sauf sur une position héritée de l’époque de la création de la République d’Irlande : le cas de l’Irlande du Nord. Le premier accepta en 1921 la partition de l‘Irlande tandis que le second s’y

The Queen

La reine d’Angleterre, bien que sans pouvoir exécutif, jouit après plus de 60 ans de règne, (le plus long de l’histoire de la couronne britannique) d’une aura certaine au Royaume-Uni et de par le monde. Souveraine de 16 pays (dont le Canada), ses interventions sont très suivies, comme ce fut encore récemment le cas à propos du Brexit (Bernard, 2016; Le Monde, 2015; Lopez, 2015).

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opposa. Et alors que les loyautés partisanes ont été longtemps une histoire de famille, les traditions évoluent lentement (Collins, 2016).

Les élections de 2016 ont donné lieu à un vote qui a mis en difficulté le gouvernement en place. Le Labour, membre de la coalition gouvernementale pilotée par le Fine Gael, sort très affaibli du scrutin. En effet, depuis 2011, une cure d’austérité est imposée aux Irlandais, couronnée certes par un retour de la croissance en 2015. Toutefois, de nombreux électeurs estiment ne pas encore en toucher les dividendes. L’instauration d’une taxe sur l’eau et une crise immobilière de grande ampleur succédant à celle de 2008 sont venues augmenter le mécontentement populaire, nourri par des années d’austérité et de coupes importantes dans les services publics tels l’éducation, le transport et la santé (Bernard, 2016, 2016; Losson, 2016). Aucun parti n’obtient de majorité suffisante, et le Fine Gael voit son allié du Labour plonger. C’est le risque d’une Irlande temporairement sans gouvernement ou difficilement gouvernable qui se profile (Albert, 2016; Bernard, 2016; Le Monde, 2016, 2016). Mais un accord historique se réalise finalement après deux mois de tractations entre les deux anciens frères ennemis, le Fine Gael et le Fianna Fail, permettant la formation d’un gouvernement minoritaire du Fine Gael. En échange d’une augmentation des dépenses publiques et du retrait de la redevance sur l’eau, le Fianna Fail s’engage à s’abstenir sur certains vote-clés permettant ainsi au Fine Gael de continuer à gouverner. Et même s’il n’est pas au gouvernement, c’est bien le Fianna Fail qui est en position de force, car il peut faire tomber le gouvernement quand bon lui semble (Harney, 2016; Le Monde, 2016, 2016).

Le Sinn Fein continue à progresser et se positionne en tant que principal parti d’opposition en doublant presque le nombre de sièges conquis depuis les dernières élections. Cependant, le chemin semble encore long avant d’arriver au pouvoir. De plus, les récentes affaires

« Them that know don’t need to ask and them that ask will never know », Jackie Healy-Rae, ancien député du Dail Éireann, à propos de la

difference entre Fine Gael

et Fianna Fail

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criminelles qui secouent l’Irlande du Nord, revendiquées par des branches dissidentes de l’IRA ou mettant en cause certains de ses ex-membres, pourraient bien rendre la tâche plus difficile pour ce parti héritier de l’organisation (Albert, 2016; Bernard, 2015; Delesalle- Stolper, 2016; Le Monde, 2016, 2016).

Multipartisme britannique

Le paysage politique se caractérise au Royaume-Uni par un multipartisme certain. Les principaux partis sont les conservateurs à droite, le parti travailliste (Labour) au centre gauche, et les Libéraux démocrates (Liberal Democrats, LibDem) au centre. Les partis indépendantistes sont aussi bien représentés, tout comme les Verts (Greens) et l’UKIP, soit un parti nationaliste d’extrême droite plaidant notamment pour la sortie de l’Union européenne. Ces derniers connaissent une forte croissance depuis la dernière décennie (Blumenau & Hix, 2015).

Jusqu’aux dernières élections, tenues en 2015, le parti conservateur gouvernait en coalition avec les Libéraux démocrates après avoir mis fin à treize années de domination travailliste.

Bibliothèque du Trinity College © OM

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Les conservateurs ont depuis retrouvé une majorité absolue leur permettant de gouverner à nouveau seuls (Ministère des Affaires étrangères et du Développement international, 2015; Toute l’Europe.eu, 2016).

Relations avec l’Union européenne

L’Irlande, Européenne enthousiaste

La majorité des Irlandais se dit europhiles. Cela s’explique en partie par le fait que l’Irlande, qui a rejoint l’UE en 1973, était alors sous-développée. Et que c’est par sa participation à l’UE qu’elle s’est modernisée (Kenneally, 2016). Une part de cet engouement est aussi liée à la fierté nationale. L’UE a de facto offert à l’Irlande de pouvoir s’asseoir et s’exprimer à la même table que le Royaume-Uni, d’égal à égal, offrant ainsi au pays une fierté retrouvée et décomplexée. Et c’est aussi le caractère très mobile de ses jeunes citoyens qui fait de l’Irlande un pays ouvert sur le monde et, par conséquent, un soutien indéfectible à la construction européenne (Kenneally, 2016). En 2013, l’Irlande a assuré pour la septième fois la présidence tournante de l’UE (le Conseil de l’UE change de présidence tous les six mois, chaque pays membre se relayant à tour de rôle pour l’assurer) (CIIE, 2016; eu2013, 2013;

Toute l’Europe.eu, 2016).

Le Royaume-Uni, dans l’UE malgré lui

Le débat actuel qui secoue le Royaume-Uni, c’est-à-dire son maintien dans l’UE, peut se lire comme le témoignage de la relation ambiguë qui les lie. En effet, voulue initialement comme un projet économique, mais aussi politique, l’UE est avant tout considérée au Royaume- Uni pour le marché économique qu’elle offre. Politiquement, sa relation privilégiée avec les États-Unis et le monde anglo-saxon est souvent perçue comme un obstacle à une intégration politique plus poussée avec les autres pays européens. La preuve est qu’il ne fait ni partie de la zone euro ni de l’espace Schengen (comme l’Irlande d’ailleurs). La question de l’UE est pourtant largement discutée au Royaume-Uni, et déteint souvent plus qu’on ne le pense sur la politique intérieure. C’est en effet la montée de UKIP qui a poussé le parti conservateur à se positionner plus à droite, et à ultimement proposer un référendum sur le maintien ou la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne : le Brexit (Cassini, 2014). Et c’est le résultat de ce scrutin qui a conduit à un changement à la tête de l’exécutif britannique, Theresa May remplaçant David Cameron au poste de Premier ministre (Le Monde, 2016).

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Brexit

David Cameron prend la tête d’un gouvernement majoritaire dans une phase critique de la relation entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Dans un contexte d’immigration massive au sein de l’Europe, le pays est divisé entre deux camps : d’un côté les «In» voulant rester dans l’UE, et de l’autre, les «Out» voulant sortir de celle-ci. Dans le deuxième cas, on parlera alors de Brexit. D’un point de vue politique, Cameron a fondé sa campagne sur le fait que le Royaume-Uni resterait dans l’UE. La plupart des entreprises britanniques et des résidents de Londres veulent également rester en raison des avantages économiques.

La performance économique du Royaume-Uni, qui est supérieure à celle de l’Europe, et l’immigration découlant de l’appartenance à l’UE, sont les deux principaux arguments des partisans de la sortie du pays (The Economist, 2015).

Enjeux économiques

Selon les partisans du « In », le Brexit désavantagerait le Royaume-Uni dans sa quête d’accords de libre-échange. En effet, le poids économique du Royaume-Uni dans les négociations est faible comparativement aux autres pays. Comme la figure suivante en témoigne, l’UE reçoit environ la moitié des exportations du Royaume-Uni, tandis que ce dernier prend moins de 7% de celles de l’UE (The Economist, 2015).

Également, selon le gouverneur de la Banque d’Angleterre Mark Carney, l’adhésion à l’UE rend l’économie britannique plus forte et plus dynamique (« Never closer union », 2015).

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60%

% du total national

Du Royaume-Uni vers l'UE De l'UE vers le Royaume-Uni

Exportations de biens du Royaume-Uni et de l’UE en 2014 (The Economist, 2015)

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Un marché unique

Est un type d’accord intergouvernemental dans lequel la majorité des barrières d’échange ont été supprimées. Ces échanges de services, de biens, de capital ou de main-d’œuvre nécessitent parfois la coordination de politiques fiscales, sociales et monétaires provenant de l’accord mutuel entre les différents partis (Business Dictionary, 2016).

N’étant pas assez imposant pour afficher un avantage considérable pour certains accords, le Royaume-Uni aurait plus de difficulté à signer des accords que l’UE. Le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI) est un exemple d’entente dont ce pays ne pourrait faire partie s’il n’était plus dans l’UE (The Economist, 2015). Cependant, il est à noter qu’étant la 5e puissance économique mondiale, le Royaume-Uni pourrait tout de même signer assez facilement d’autres ententes à l’international et même des ententes avec l’UE elle-même. Pour ce qui est de l’immigration, la majorité des économistes et des entreprises soutiennent que l’immigration donne plus d’avantages que de coûts supplémentaires à la société (The Economist, 2015). Durcir les règles d’immigration nuirait potentiellement aux relations commerciales avec certains pays. Ainsi, les partisans du «In»

croient que l’immigration apporte plus d’avantages que d’inconvénients.

Du point de vue des eurosceptiques, la sortie du Royaume-Uni de l’UE serait bénéfique sur de nombreux points. Cette décision permettrait entre autres au pays de joindre les marchés d’échanges internationaux

en établissant ses propres règles. Aussi, la somme de plus de 12  G$ USD versée annuellement par le Royaume-Uni pour la contribution budgétaire de l’UE pourrait être réinvestie dans le pays sous forme de compensation pour certaines pertes que la

population vivrait suite au Brexit. Un des points les plus importants est la possibilité de libre-échange avec les États-Unis, l’Inde, la Chine et également le marché unique de l’UE.

Finalement, l’argument de taille discuté durant la dernière année est le contrôle des frontières pour déterminer qui entre dans le pays. L’immigration étant très controversée au Royaume-Uni, les partisans du « Out » croient que de nouvelles réglementations plus sévères seraient bénéfiques pour le pays (The Economist, 2015).

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Exigences & négociations britanniques.

Le Premier ministre britannique a tenté de renégocier les règles de l’adhérence à l’UE au début de l’année 2016. Sa proposition se divisait en 6 aspects distincts.

1. Immigration : L’accord vise à faire cesser le « tourisme de bien-être social » en limitant l’accès de certains services aux nouveaux immigrants. Sa demande vise à ce qu’un délai d’au moins quatre ans soit instauré avant qu’un immigrant, de l’UE ou non, puisse obtenir tous les avantages sociaux d’un Britannique. L’immigration au Royaume-Uni a atteint un record cette année et on considère qu’environ la moitié de ces nouveaux arrivants proviennent de l’UE.

2. Moins de réglementations : David Cameron souhaite que l’UE diminue ses réglementations en général. De ce fait, il voudrait donc que les pouvoirs réglementaires ne se trouvent pas simplement à Bruxelles, mais aussi dans les capitales de l’union.

3. Marchés uniques : le Premier ministre britannique aimerait voir plus d’efforts face à l’obtention d’un marché unique (single market) au niveau des services, des technologies digitales et de l’énergie.

4. Possibilité de retrait : Il aimerait avoir un droit de retrait du Royaume-Uni des objectifs des traités « d’union sans cesse plus étroite » . Autrement dit, il ne veut pas s’imposer entre de nouvelles ententes internes en Europe, mais il voudrait une sorte de porte de sortie face aux traités qui sont reliés à ce concept.

5. Pouvoirs supplémentaires : Il est déterminé à donner plus de pouvoirs aux parlements nationaux. Il aimerait que des regroupements de ceux-ci puissent rejeter une loi proposée par l’UE. Selon lui, il s’agit de la vraie source de l’autorité démocratique qui permettrait d’avoir plus de pouvoir face à l’UE (Duff, 2015).

6. Protection contre la zone euro : Il souhaite obtenir la garantie que la zone euro, étant en constante croissance, n’agira pas à l’encontre des intérêts financiers des pays de l’UE qui sont en dehors de celle-ci. Les huit autres pays membres de l’UE, mais qui ne font pas partie de la zone euro, sont également très concernés par ce point (The Economist, 2015).

À la suite de ces demandes, de nombreuses négociations ont eu lieu entre Bruxelles et Londres au début de l’année 2016. Le compromis qui a été atteint le 19 février 2016 a apporté plusieurs changements au niveau des relations futures entre l’UE et le Royaume- Uni (Phipps et al., 2016). Ce dernier s’est entre autres vu octroyer le droit de limiter les prestations liées à l’emploi des immigrants provenant de l’UE durant les quatre premières

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années. Ensuite, la monnaie, la livre sterling, pourrait être gardée même en restant en Europe et aucune discrimination en lien avec les échanges commerciaux ne serait tolérée.

L’argent britannique dépensé pour renflouer les pays de la zone euro en situation critique serait aussi remboursé. De plus, les grandes institutions financières de Londres seraient épargnées des réglementations imposées par la zone euro. Finalement, les gouvernements pourraient dorénavant avoir un pouvoir plus important dans les décisions de l’UE en bloquant certaines législations si 55% des parlements nationaux de l’UE sont en désaccord. En définitive, aucune action n’a été prise pour répartir le pouvoir de Bruxelles, ni pour obtenir un des marchés uniques dans les industries sélectionnées, ni pour confier davantage de pouvoirs aux parlements nationaux. Ainsi, les volontés du Royaume-Uni avaient progressé, mais elles n’avaient pas toutes été atteintes (Wheeler & News, 2016).

Répercussions

À travers l’Europe, les pays alliés du Royaume-Uni sont quasi unanimes et ne veulent pas que le Brexit ait lieu (The Economist, 2015). Ce pays a une grande influence dans le monde, tant au niveau économique qu’au niveau de la sécurité internationale. Bien que les membres de l’UE ne soient généralement pas en accord avec les différentes complications politiques créées par le Royaume-Uni, aucun d’entre eux ne veut réellement la sortie de ce dernier. Des liens politiques, économiques et historiques ont été tissés à travers les années et les ententes ont longtemps été fructueuses. Le Brexit serait d’autant plus désastreux pour l’Irlande. Les relations encore fragiles entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord dépendent beaucoup de l’adhésion des deux pays à l’UE. L’ajout de frontières et le changement de certaines régulations économiques sur l’île d’Irlande seraient néfastes pour la relation entre Dublin et Belfast (The Economist, 2015). Selon le Premier ministre d’Irlande, Enda Kenny, cette séparation pourrait influencer le processus de stabilité de la paix entre les deux pays. D’un point de vue économique, l’Irlande est le 7e marché d’exportation le plus important pour le Royaume-Uni puisqu’environ le tiers des importations irlandaises proviennent du Royaume-Uni et que 16% des exportations irlandaises sont envoyées au Royaume-Uni. Ce dernier est donc le partenaire commercial principal de l’Irlande. On estime que les retombées économiques des deux pays quant aux importations et exportations valent entre 950 M$ USD et 1225 M$ USD par semaine (McGowan, 2016).

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État des lieux

Le référendum décisif a eu lieu le 23 juin dernier. À la grande surprise des europhiles et à l’inverse des prévisions, le Royaume-Uni a voté à 51,9% des voix pour le Brexit, et donc pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (Klopp & Biedermann, 2016). La plupart des jeunes Britanniques sont sous le choc face à ce résultat et dénoncent les personnes âgées, majoritairement eurosceptiques, qui ont bousculé leur avenir. Tel qu’annoncé, le Premier ministre David Cameron cédera donc son poste de dirigeant en octobre 2016. Ce dernier souhaite rester crédible et respecte le choix des Britanniques. Ainsi, le divorce avec l’UE ne sera pas organisé par le Premier ministre Cameron qui demeure un europhile malgré la décision de son peuple. On estime que le processus de divorce prendra environ 2 ans avant de se concrétiser complètement.

Pour ce qui est de l’Irlande du Nord, 56% des suffrages étaient pour le maintien du Royaume-Uni dans l’UE (Ollivier, 2016). Bien que la participation des Irlandais du Nord au référendum n’ait pas été aussi importante que celle des autres britanniques, la République d’Irlande s’est empressée de proposer un référendum pour la réunification de l’Irlande.

Pour l’instant, plusieurs incertitudes territoriales inquiètent la population. À la suite des conclusions du référendum, la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord devient la seule et unique frontière terrestre entre le Royaume-Uni et l’UE.

L’Écosse quant à elle tient fermement à rester dans l’UE. D’après les sondages, c’est avec 62% des votes que l’Écosse affirme son appartenance européenne. Les démarches pour un référendum d’indépendance écossaise sont donc revenues sur le devant de la scène (Klopp

& Biedermann, 2016). Selon la Première ministre d’Écosse Nicola Sturgeon, le Royaume-Uni dans lequel l’Écosse a décidé de rester à la suite du référendum d’indépendance écossaise n’existe plus (Le Monde, 2016).

L’UE tient à couper les liens le plus rapidement possible. En Europe, la crainte d’une réaction en chaîne est palpable (Klopp & Biedermann, 2016). Différents chefs de partis d’extrême droite tels que Marine Le Pen en France et Geert Wilders aux Pays-Bas ont appelé à des référendums dans leur pays.

Le référendum a également influencé plusieurs monnaies qui ont subi des changements drastiques. Dans les quelques jours qui suivirent le résultat, la livre sterling a atteint son niveau le plus bas en 30 ans face au dollar américain. Également, un sondage mené à la

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suite du référendum montre qu’un dirigeant d’entreprise sur cinq envisage de délocaliser du Royaume-Uni une partie de ses activités (Cofflard, 2016).

Bref, les répercussions du Brexit se feront sentir pendant plusieurs années et celles-ci n’influenceront pas simplement l’Europe. La division du pays a surpris le monde entier et les Européens craignent que cette sortie crée un effet domino avec certains autres pays eurosceptiques.

Politique internationale

Le Royaume-Uni et l’Irlande font partie de nombreuses organisations internationales, politiques et économiques, tels le Conseil de l’Europe, l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), l’Union européenne, l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), et l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

L’Irlande se distingue de son voisin par une neutralité plus prononcée. Elle n’a pas rejoint l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), mais le Partnership for Peace (PfP, en 1999) (Smyth, 1999). Ses forces armées, bien que modestes, sont bien équipées. Et forte de cette posture, l’Irlande a participé à de nombreuses opérations de maintien de la paix de l’ONU, comptabilisant plusieurs dizaines de milliers de soldats à avoir servi en tant que Casques bleus (Ahern, 2006).

Le Royaume-Uni est l’un des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies (ONU). Il est aussi l’un des rares détenteurs de l’arme atomique. Ancienne puissance impériale et coloniale d’une grandeur inégalée au sein de laquelle était le Canada, il garde de nombreux territoires aux quatre coins du globe. Il est membre du G7, du G20, du réseau Five Eyes (alliance de renseignement, 1948) (Farrell, 2013) et de l’OTAN, dont il est membre fondateur (1949), et qu’il situe d’ailleurs au centre de sa politique de défense (HM Government, 2015).

Le Royaume-Uni exerce ainsi une influence mondiale et prône le libéralisme économique, notamment par sa langue et sa relation dite privilégiée (special relationship) avec les États-Unis. Mais il n’oublie pas ses atouts, notamment ses instruments de soft power comme le British Council (organisation gouvernementale pour les relations culturelles et éducatives) et la BBC qu’il supporte activement (HM Government, 2015).

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Le Commonwealth et la relation avec le Canada

Il est intéressant de relever que le Canada et le Royaume-Uni sont les deux seuls pays à être à la fois membres du G7, du G20, de l’OTAN, du réseau Five Eyes et du Commonwealth (HM Government, 2015).

Le Commonwealth of Nations est une association volontaire de pays ayant fait partie de l’Empire britannique et ayant pour but la promotion de valeurs communes (démocratie et développement social et économique, entre autres) (The Commonwealth, 2016). Le Royaume-Uni et le Canada siègent ainsi très souvent à la même table. Forts de leur langue partagée et d’une proximité similaire avec les États-Unis, même si elle s’exprime dans des registres différents, leurs relations bilatérales sont très bonnes et d’une grande qualité, basées sur la prospérité, la confiance et l’amitié (Baker, 2016) ; amitié qui s’applique aussi à la relation qu’entretiennent l’Irlande et le Canada.

Culture

La harpe, la Guinness, le trèfle, le scotch, la Saint-Patrick, le thé… Voilà des symboles représentant les traditions irlandaises, écossaises et anglaises qui ont fait le tour du monde. Ces pays ont une culture remarquablement unique qui a pris ses racines à la suite de nombreux conflits et événements historiques rattachant ces nations.

Le Commonwealth

Le Commonwealth est une organisation intergouvernementale composée de 53 pays qui appartenaient historiquement à l’Empire britannique. Bien que le Commonwealth n’impose aucune loi favorisant les échanges commerciaux, les membres du Commonwealth ont 50% plus d’échange entre eux qu’avec des pays non membres. À plusieurs reprises une zone de libre-échange a été discutée pour le Commonwealth, mais jamais concrétisée compte tenu des multiples accords commerciaux existants dont plusieurs membres du Commonwealth font partie. Un accord de libre-échange du Commonwealth représenterait l’objectif ultime des eurosceptiques (The Economist, 2011).

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L’appartenance et l’évolution de la culture celtique

Le patriotisme marqué des Irlandais envers leur pays s’explique par l’histoire qui les entoure et leur perpétuelle résistance à la domination étrangère. Ce peuple exprime une fierté légendaire et profite de sa fête nationale, la Saint-Patrick, ayant lieu le 17 mars de chaque année pour danser, boire et chanter afin de démontrer son appartenance irlandaise. Cet événement religieux est rapidement devenu un événement populaire à l’international, la parade de la ville de New York étant devenue la deuxième plus importante au monde derrière celle de Dublin (Chawax, 2007). Au Canada, l’Irlande a eu beaucoup d’influence sur l’histoire depuis le premier arrivant irlandais en 1661 (Archives Montréal, 2014). À Montréal, où le drapeau de la ville porte fièrement le trèfle irlandais, la parade de la Saint-Patrick la plus importante du Canada est organisée chaque année depuis 1824. De plus, cette fête est une journée fériée pour les habitants de la province de Terre-Neuve et du Labrador.

Ainsi, c’est le moment de l’année pour tous les Irlandais et les non-Irlandais d’arborer le vert et d’afficher le symbole traditionnel de l’Irlande, le trèfle ; emblème de leur racine celte.

Poly-Monde 2016 en visite chez Guinness © CL

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Ville importante de la colonie d’abord française puis britannique, la ville de Montréal a évolué dans un contexte principalement britannique et irlandais. De ce fait, le drapeau à l’effigie de Montréal est orné de quatre armoiries distinctes témoignant de différentes cultures qui ont influencé son histoire. La fleur de lys représente la culture française, la rose de la maison de Lancastre la culture anglaise, le chardon la culture écossaise et le trèfle de sinople la culture irlandaise (Ville de Montréal, 2011).

Les dernières années ont été marquées par une importante transformation de mentalité menant à de nombreux changements culturels dans la société. On note par ailleurs la légalisation du mariage gai par vote populaire en 2015 à la suite du référendum ; une première mondiale. Ce geste est synonyme d’une baisse de l’importance de l’Église catholique dans les décisions du peuple irlandais (Hakim & Dalby, 2015). Rappelons que l’homosexualité est décriminalisée en Irlande seulement depuis 1993.

Du côté du Royaume-Uni, les Écossais véhiculent eux aussi fortement leur identité provoquant de nombreux débats nationaux. Effectivement, à la suite de l’Acte d’Union de 1707 avec l’Angleterre, le peuple a toujours gardé ancrées en lui ses coutumes et ses

Drapeau de Montréal au dessus de l’hôtel de ville

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traditions. À la suite des multiples invasions à travers leur histoire, les Écossais forment un peuple fier de son identité, chaleureux, festif et patriotique. En bref, ces diverses nations ont toutes une appartenance très forte à leur culture et à leurs racines causant ainsi plusieurs conflits et tensions internes au fil du temps.

Culture britannique, icône mondiale

En raison de son ancien grand empire mondial, le Royaume-Uni est très diversifié du point de vue ethnique. Au fil des années, la culture britannique est devenue une icône sur la scène mondiale. Dans la décennie de 1960, le phénomène de la British Invasion fait surface.

La culture britannique fera le tour de la planète grâce à sa jeune culture populaire et de ses groupes de musique maintenant très célèbres tels que les Beatles et les Rolling Stones (Robbins, 2016). Avant cette période, cette nation était davantage connue pour sa littérature avec des écrivains de renommée tels que William Shakespeare, Charles Dickens, Robert Burns, Seamus Heaney, etc (BBC News, 2016).

King’s Road, Irlande du Nord @ CL

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Destination cinématographique

L’Écosse a été votée comme étant la meilleure destination cinématographique selon le choix des lecteurs du USA Today en 2016 en battant de féroces compétiteurs comme la Nouvelle-Zélande (Hudson & Roesch, 2015). Ainsi, sur la scène artistique écossaise, celle-ci ne se résume pas qu’aux emblèmes culturels traditionnels comme la cornemuse et le kilt, mais aussi par son importance dans le monde du cinéma. L’Écosse est devenue un lieu incontournable pour le tournage de certains films en raison de ses paysages à couper le souffle. Notons entre autres le film Skyfall et la série de films Harry Potter dans lesquels plusieurs scènes ont été tournées (Cain, 2014).

L’importance du sport

Malgré les différences marquées entre les différentes nations du Royaume-Uni et de l’Irlande, la pratique de nombreux sports est sans doute leur principal point commun.

Du rugby au football, du golf au cricket, de la crosse à la gymnastique, il y a un nombre inimaginable de clubs de sports dans ces deux pays. En raison de la grande diversité et de l’accessibilité à plus de 151 000 clubs répertoriés au pays, 43% des Britanniques disent pratiquer un sport un minimum d’une fois par semaine en 2012 (The Health and Social Care Information Centre, 2012)(Sport and Recreation Alliance, 2013).

L’Irlande se différencie par la pratique de sports uniques à sa culture. En effet, les jeux gaéliques sont fièrement pratiqués à travers tout le pays. L’association athlétique gaélique (GAA) est l’association de sport la plus grande du pays. Les jeux gaéliques comprennent le hurling et le football gaélique. Il existe plusieurs similitudes entre le hurling et le hockey, tandis que le football gaélique est un mélange de football traditionnel et de rugby.

La grande compétition annuelle des jeux gaéliques nommée All-Ireland, rassemble les équipes des 32 comtés de l’île (Discovering Ireland, 2016).

Au Royaume-Uni, le sport de prédilection est le football. Ce sport, tel qu’on le connaît aujourd’hui, a notamment été inventé à Londres en 1863. C’est durant cette année précise que les règles modernes de ce sport ont été créées et que l’Association de Football a été inaugurée. Depuis lors, ce sport est devenu une fierté nationale. La fameuse Premier League regroupe entre autres les équipes de Chelsea, Manchester United, Liverpool et Arsenal.

Grâce à ces fortes équipes et à des ligues intérieures pour chaque région du Royaume- Uni, le football joue un rôle important dans l’économie du pays. En effet, on estime que

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pour chaque livre sterling investie par la Fondation de Football, 7,73 sont générées dans l’économie nationale (The Football Foundation, 2015). Au niveau de la Coupe du monde de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), il est intéressant à noter que le Royaume-Uni n’a pas qu’une seule équipe. En effet, contrairement à la majorité des pays, celui-ci est divisé en quatre équipes distinctes, soit l’Écosse, l’Irlande du Nord, l’Angleterre et les Pays de Galles. Il en est ainsi puisque la FIFA a été créée plusieurs années après la création des équipes de football propres à chaque région du Royaume-Uni (Palmer, Kois,

& Hannon, 2010). Le pays est également divisé dans d’autres tournois, notamment à la Coupe du monde de Rugby (BBC Sport, 2015). Le sentiment d’appartenance des différentes régions britanniques est donc universellement répandu dans la culture du pays.

Culturellement liés

En résumé, les cultures stéréotypées et connues mondialement du Royaume-Uni et de l’Irlande ont influencé de nombreuses nations au fil des années. Au Québec, nos racines ont grandi à travers celles-ci et nos coutumes témoignent de nos multiples similitudes.

Leur forte appartenance, leur culture populaire unique et leur redoutable esprit sportif ne sont que quelques exemples témoignant de la richesse culturelle qui émane de cette région.

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Macroéconomie

Répercussion de la crise économique

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