Stéphane Rozencwajg.
ISBN : 978-2-84990-642-2
LES SECRETS DE L ’OLIVIER ÉMILIE BOREL
« L’histoire de l’olivier est secrète et intense.
Fragile, il aime la paix et ne s’épanouit que lorsque la folie des hommes s’atténue et laisse place à la dou- ceur de la vie. Mais l’olivier puise sa bienveillance de plus loin : il a en lui le don de la mémoire. Devant l’ignorance, la bêtise et le découragement, il suffit de regarder les feuilles argentées de l’olivier danser au rythme de la brise et épouser la course du soleil dans le ciel pour puiser courage et volonté. L’olivier est un géant au cœur lumineux. »
É. B.
Les Secrets de l’olivier est l’histoire d’une jeune femme qui, après avoir parcouru le monde, s’installe en Corse et plante de ses mains une oliveraie pour y produire une huile fruitée et ardente.
Elle devra affronter le maquis, l’adversité, les forces de l’ombre, pour faire triompher la beauté et surtout l’amour.
Antigone de la Méditerranée et de l’olivier, Émilie Borel nous offre le récit dévorant de sa vie, mais aussi une philosophie de l’huile d’olive.
Émilie Borel a créé le Moulin Oltremonti en 2008.
Les Secrets de l’olivier est son premier livre.
ÉMILIE BOREL
LES SECRETS DE L’OLIVIER
« L’olivier immortel, intemporel, offre sa lumière intacte à chaque goutte d’huile qu’il produit année après année. Rien n’est ajouté ni modifié, rien d’autre que la vie qui chante et perdure. Dans un monde étouffé par le superflu et l’innovation à outrance, la culture de l’olivier est un acte de foi et de courage. »
« Il n’existe pas une seule variété d’olivier mais plus d’un millier autour de la Méditerranée. Les arômes varient de l’herbe coupée à la banane verte, en passant par l’artichaut, la pomme verte, la menthe sauvage, le romarin, la feuille de tomate, suivis d’une légère ou intense amertume et d’un poivré noir ou vert. »
Les secrets de L’oLivier
Émilie Borel
Les secrets de L’oLivier
ÉQUATEURS
isBN 978-2-84990-644-6.
dépôt légal : août 2019.
© Éditions des Équateurs / Humensis, 2019.
170 bis, boulevard du Montparnasse, 75014 Paris.
[email protected] www.editionsdesequateurs.fr
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L e d o u x e x i L
Je suis née à Marseille d’un père provençal et d’une mère vietnamienne dans une famille qui quitta les rives de la Méditerranée pour les terres lointaines d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie du sud-est.
Mon père était le fils unique d’une famille de la bour- geoisie marseillaise très peu attachée à la terre. Néan- moins, il aimait profondément sa ville natale, cette cité phocéenne aux rochers blancs. son sens de l’humour, sa forte personnalité, sa voix sonore et ses manières méridionales séduisaient tous les auditoires. Mais, au fond, c’était un être cartésien, assez secret : difficile de savoir réellement ce qui le traversait. son prénom, Philippe, me faisait penser au roi de Macédoine, père d’Alexandre, autoritaire et sévère, à la jovialité contrastée. Après des études d’ingénieur agronome, il avait choisi la voie de l’humanitaire. conscient des risques, il décida néanmoins de nous emmener par-
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courir le monde. Petites, ma sœur et moi étions, en plus de nos cours d’école, formées aux arts martiaux, à la littérature française et aux mathématiques.
Ma mère était à l’opposé de la personnalité de bronze de mon père. ils s’étaient connus adoles- cents et jamais quittés depuis, pourtant elle semblait ne pouvoir s’habituer à l’exubérance de son mari.
Lorsque sa voix résonnait dans la maison, ma mère plissait un peu plus les yeux, se réfugiant dans le temple de patience qu’elle avait réussi à construire au fil des années. elle aussi était issue d’une petite bourgeoisie de la région de Hai Phong, au nord du vietnam, où l’on cultivait l’ananas sur l’une des îles de la baie de Ha Long. Ma grand-mère était d’ail- leurs l’une des rares filles à être allées à l’école et à apprendre le français comme ses frères. Mais les événements en indochine détruisirent cette vie pai- sible. La présence des Japonais et la guerre qui s’en- suivit dans le Nord séparèrent ma grand-mère et ses enfants de son mari, qu’elle ne revit plus jamais. elle se remaria avec un Français. La famille quitta le viet- nam pour la Guinée, à Grandes-chutes, avant de rentrer définitivement à Marseille. Ma mère, vân (qui veut dire nuage), rebaptisée Alice à l’école, reprit le lycée et c’est un jour de Noël qu’elle rencontra mon père à l’âge de seize ans. discrète et timide, de longs cheveux noirs, une allure fine et musclée, elle était dotée du sens du beau. elle vivait l’art et la musique jusqu’au plus profond de son âme.
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Lorsque j’eus un an et, après un court passage à Paris où mon Méridional de père ne put s’acclima- ter, il fut recruté à un poste de technicien agronome de l’oNu en Bolivie. Nous quittâmes donc l’eu- rope et la famille atterrit à La Paz, à plus de quatre mille mètres d’altitude, là où ma petite sœur naquit quelques mois plus tard. de ce séjour en Bolivie je ne retiens que la douceur de ma mère, une enfance gaie dans un pays sec et aride aux ponchos colorés, aux petits chapeaux melon et nattes brunes ; le contraste entre un ciel froid et son soleil éblouissant au pied de la Puerta del sol. Nos premiers mots se mêlèrent aux accents boliviens, un espagnol mélangé à l’aymara et aux notes de flûtes andines. Ma sœur sophie, que l’on appelait la cholita, avait d’ailleurs décidé qu’elle ne parlerait qu’en espagnol et conserva sa nationalité bolivienne. Malgré les couleurs vives qui nous entou- raient, ces femmes si douces aux larges sourires, les fêtes où l’on faisait danser les mouchoirs en tissu et les carnavals endiablés, il régnait une certaine insta- bilité. elle surgissait tout de même à travers les dis- cussions, les lectures de mon père et les chants à la guitare qui dénonçaient souvent la pauvreté extrême, un malaise qui se traduisait par le chuchotement de certains noms que l’on ne devait pas prononcer à voix haute.
Mon père fut ensuite appelé à tunis, où il devait s’occuper d’un projet d’irrigation et de plantation d’oliviers. ce chantier avait pour but de stabiliser les collines aux alentours de tunis et de prévenir l’éro-
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sion en utilisant des techniques romaines qui consis- taient à récupérer le ruissellement des eaux à travers de micro-barrages pour y planter des oliviers. Nous n’étions pas restés longtemps mais ce soleil médi- terranéen sur les mosaïques délaissées de carthage, dotée de colonnes grandioses, m’avait laissé une vive impression. À l’époque, très peu de touristes se promenaient sur le site et, à ma grande joie, je pou- vais m’imaginer en reine d’antan marchant délicate- ment sur ces dessins, respirant le parfum du jasmin qui embaumait l’air du soir, écoutant les chants des oiseaux dans le ciel. Les petits bouquets de jasmin que l’on pouvait acheter en ville étaient souvent accompagnés des piaillements des milliers d’oiseaux qui colonisaient les arbres de l’avenue Bourguiba.
Quand, avec nos parents, nous allions au grand souk, où il y avait à cette époque peu de monde, ma sœur et moi aimions par-dessus tout courir à travers les allées qui sentaient le cuir. inlassablement, on nous cherchait et retrouvait toujours sur les toits du souk, invitées par les uns ou les autres à boire du thé sucré à la menthe. Nous habitions à Khereddine et j’allais à l’école assez loin de notre maison.
un jour, maman s’était mise d’accord avec une mère d’élève pour qu’elle me prenne à l’arrêt du bus en même temps que sa fille. Quand mes parents appe- lèrent pour savoir s’ils pouvaient venir me chercher, la femme s’aperçut tout à coup qu’elle m’avait totale- ment oubliée. Mon père commença à téléphoner aux uns et aux autres pour savoir où pouvait se trouver le
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bus. on lui répondit tout naturellement que le bus était au dépôt. Mes parents s’y rendirent aussi vite que possible alors que le soir tombait et que ma mère se mordait les lèvres en chemin. ils me retrouvèrent assise sagement à l’arrière du bus, attendant qu’on vienne me chercher pendant que le chauffeur patien- tait sur le siège avant, fumant une cigarette avant de pouvoir rentrer chez lui.
ce séjour tunisien fut bref mais paisible, rempli de cette belle lumière que j’aimais tant, le soleil dan- sant sur les murs bleu et blanc de sidi Bou saïd, où il faisait bon se promener, regarder la mer au loin et croquer dans des beignets aux parfums inoubliables.
Puis mon père fut nommé de l’autre côté de l’océan, au Laos, cambodge et vietnam pour la mise en œuvre d’une mission du Programme alimentaire mondial (oNu). un paysage qui contrastait avec les hauteurs des montagnes andines de la Bolivie : les horizons semblaient plus doux avec les monas- tères bouddhistes parsemés entre les rizières qui lon- geaient les méandres du Mékong. Mais nous étions arrivés à un moment de bascule historique. c’était la fin de la guerre au vietnam et le Pathet Lao prenait le pouvoir. Les missions de mon père continuèrent mais nous fûmes ainsi privées, ma sœur et moi, de la petite école française. concernant sophie, mon père n’était pas très inquiet car notre cholita s’était mise à parler le français en remplaçant systématiquement le son
« r » par « l ». il remercia la maîtresse japonaise de ses
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efforts et nous continuâmes les cours à distance avec notre mère. ce fut une époque hors du temps. Nous avions l’âge de comprendre certains événements mais l’insouciance de la vie avait pris le dessus. Notre père nous embarquait à bord du Land rover assises sur la roue de secours vissée au capot avant quand nous n’étions pas tous les quatre sur sa moto. Nous nous promenions ainsi à travers des paysages souriants de lumière. on croisait des moines vêtus de safran entre les rizières où le parfum du riz jeune était tout aussi particulier que celui de l’encens et des offrandes de fleurs déposées dans les pagodes ou devant les autels des ancêtres. Nous jouions souvent à l’extérieur, dans le poulailler, avec les lapins et courions après le pauvre dindon qui essayait de se réfugier entre les piliers de notre maison sur pilotis. Pendant la mousson qui amenait l’abondance et la joie, nous sortions à tout moment danser à moitié nues sous la pluie chaude avec, en musique de fond, le chant des grenouilles.
un soir, alors que nous venions de finir notre leçon de lam vong, une danse laotienne, nous traversâmes la salle lorsque des dizaines de grenouilles jaillirent d’un grand seau placé près de la porte de la cuisine et enva- hirent toute la pièce. Ma sœur et moi hurlions de peur et de rire à la vue de ces bestioles qui, affolées par nos cris, tentaient de trouver la sortie. Notre vieux cui- sinier, ancien employé de l’ambassade, avait décidé de préparer ce soir-là des cuisses de grenouilles pour nous faire plaisir. il se vexa quand, après cet épisode, chaque membre de la famille décida de boycotter ce
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repas pour notre plat favori, le plat du pauvre : du riz grillé au sucre et au nuoc-mâm.
L’insouciance de cette époque était néanmoins mêlée aux tensions révolutionnaires. La plupart des expatriés avaient été expulsés du quartier et nous étions les seuls à rester là. en face de notre rue, un camp de rééducation pour les hauts fonctionnaires lao avait été établi. ils y pratiquaient la gymnastique et apprenaient les vertus du nouveau régime. de grands haut-parleurs placés aux quatre coins du camp diffu- saient à tue-tête de la propagande en lao ou des dis- cours de Fidel castro en espagnol. en réponse à cette cacophonie dès le lever du jour, mon père avait ins- tallé des baffles sur le mur de la maison et passait en continu le nouveau tube de War, « Why Can’t We Be Friends » ou ceux des Pink Floyd. on nous demanda poliment à plusieurs reprises de partir mais mon père refusait chaque fois poliment de quitter le quartier.
en 1976, pour le nouvel an vietnamien, le têt, nous avions accompagné notre père à Hanoï. il était en étroite liaison avec Mme Minh, haut fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères, qui nous avait reçus lors de notre arrivée au vietnam. La guerre se terminait à peine et le pays vivait ou survivait dans une extrême pauvreté. comme il était mal vu pour des étrangers de circuler en cyclo-pousse, Mme Minh nous avait placées à ses côtés pendant que mon père circulait sur la bicyclette qu’elle lui avait prêtée. Nous avions traversé les routes conduisant à Hanoï et je me
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souviens de paysages noircis par le manque d’élec- tricité et de lumière, des habitants très maigres et d’un silence étrange pour une capitale du sud-est asiatique. Après les diverses visites de mon père au ministère, où un grand vide régnait car tout ce qui pouvait être brûlé pour se chauffer ou cuisiner avait été emporté, Mme Minh nous avait invités au cirque.
Petits et grands s’esclaffèrent lorsqu’un vietnamien apparut sur scène perché sur des échasses et déguisé en l’oncle sam. Les rires redoublèrent lorsqu’un petit vietnamien habillé en bo doi arriva et administra des coups de bâtons sur les fesses de l’oncle sam. À la sortie, Mme Minh ne put s’empêcher de gronder mon père : insouciant, il avait appuyé la bicyclette de Mme Minh à un arbre sans sa chaîne. Les vélos, seuls et rares moyens de locomotion dans le pays, portaient un numéro d’immatriculation mais se faisaient faci- lement voler.
Nous traversâmes de nouveau les océans pour revenir en Amérique latine, au Paraguay. un pays dépourvu d’ouverture maritime, où régnait à l’époque un régime dictatorial et militaire dur, où peu d’in- surgés résistaient et beaucoup d’indiens disparurent.
Ma sœur et moi n’avions pas la possibilité de conti- nuer nos études en français. on nous inscrivit dans une école bilingue américaine. Notre père nous fai- sait prendre des cours particuliers d’anglais dispen- sés par un vieux Britannique du Mi 5 à la retraite.
Nous habitions une maison un peu à l’écart dotée d’un grand jardin guère entretenu avec un énorme
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manguier qui surplombait la terrasse et une piscine à moitié remplie où nous partagions nos jeux avec les grenouilles. Les après-midi de cours étaient chaudes et l’odeur enivrante des mangues mûres faisait som- noler sophie. il me plaisait d’écouter le vieux sujet de sa Majesté car je faisais rire tout le monde en l’imitant en anglais. Le soir, les petites chauves-souris ajoutaient à nos fous rires avec leurs danses autour du manguier car, saoulées par le jus des mangues mûres, elles voletaient maladroitement et se cognaient contre les branches et les murs de la maison.
J’avais aussi commencé à m’entraîner sérieuse- ment au taekwondo avec mon père et prenais à cœur les cours prodigués par notre maître paraguayen, homme doux et bienveillant. ses entraînements me donnèrent beaucoup de courage. À cette époque, ma mère m’avait coupé les cheveux au carré avec une frange toute droite. J’avais des cheveux noirs, la peau mate et je portais des lunettes. Mon côté asiatique se révélait assez évident. dans notre école, de nom- breux enfants de marines américains se mêlaient aux Paraguayens et autres Latinos. un groupe d’élèves m’avaient prise en grippe et me harcelaient en me traitant de sale vietnamienne. un jour, alors que je rentrais de l’école en bus, des élèves m’avaient prise à part et forcée à avaler du papier déchiré de leur cahier de classe. Je revins à la maison sans mot dire. Le len- demain je fus encore une fois harcelée par les mêmes élèves plus grands que moi et cela dura quelque temps. Je continuais à ne rien dire à la maison. Mais,
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1. Le doux exil .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 7 2. La conscience .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 20 3. Bernini. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 28 4. La guerre .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 34 5. La paix. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 40 6. L’appel. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 49 7. L’île .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 54 8. Le philosophe .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 69 9. L’amour.. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 77 10. La vie .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 88 11. La poésie .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 97 12. L’origine . .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 103 13. Le goût .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 110 14. interlude. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 121 15. La politique .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 125
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16. Les fleurs .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 132 17. Étincelle.. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 137 18. Le courage . .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 141 19. ithaque .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 146