Bulletin n°2 du 21 mars 2019 HORTICULTURE / PEPINIERE
LEGENDE DES TABLEAUX
Ravageurs
et maladies Intensité des attaques Très faible à nulle Faible Moyenne Elevée
Auxiliaires Stades observés Adulte : A Larve : L Nymphe : N Œuf : O
Intensité des observations Absence Présences ponctuelles Présences généralisées PT = Pleine terre / CT ext = conteneurs extérieur / CT ab = conteneurs sous abris
Photos Isabelle VANDERNOOT Chambre d’Agriculture-Conseil Horticole IDF sauf mention spécifique
Animatrice : Isabelle VANDERNOOT Chambre Agriculture Île de France
SITUATION GENERALE
Observations basées sur 0 visites terrain conseiller, 10 retours en hors sol et 9 en pleine terre.
Climatologie : 1ère quinzaine de mars plus fraiche que la quinzaine précédente, beaucoup de vent et de nombreuses pluies parfois accompagnées de grêle. Température fraiches la nuit avec encore quelques gelées matinales. La végétation se développe doucement. En pleine terre, les végétaux sont en phase de débourrement, avec les premières floraisons (Cornus mas, Amelanchier, Prunus cerasifera Pissardii, Ulmus…). Sous tunnels, la végétation est plus avancée.
A surveiller notamment
Très peu d’observations de ravageurs et maladies. Quelques auxiliaires présents.
Ravageurs : Augmentation des populations de psylles de l’Elaeagnus sous abris (les sortir), de pucerons (abris et début en extérieur). Otiorhynques au stade larvaire dans différentes cultures notamment de 18 mois - 2 ans.
Maladies : pas de problème particulier.
AUXILIAIRES
Auxiliaires 7/3 21/3 4/4 18/4 2/5 16/5 30/5 13/6 27/6 11/7
25/07 8/8 22/8 5/9 19/9 3/10 17/10
Commentaires BSV
n°
Coccinelles A A
Présences d’adultes de coccinelles notées dans quelques entreprises en PT, CT ext et CT ab (x C. leylandii)
Syrphes O L A OL
Présences de Syrphes œufs et larves sous abris uniquement (rosiers, Buddleia, Photinia).
Chrysopes A
Parasitoïdes Momies pucerons
Momies de pucerons repérées sous abris (Photinia)
Mésanges A A Mésanges actives sous abris et en extérieur
RAVAGEURS
INSECTES PIQUEURS SUCEURS Acariens / Phytoptes
RAVAGEURS 8/3 22/3 5/4 194 2/5 17/5 31/5 14/6 28/6 12/7 26/7 9/8 23/8 6/9 20/9 4/10
18/10
Commentaires BSV
n°
Aca- riens
PT CT ext
CT ab Gaurra (très faible attaque)
Aleurodes
Aleurodes 1
Cicadelles / Aphrophores
Cica- delle
PT CT ext CT ab
Cochenilles
Coche- nilles
PT
1
CT ext Farineuse au niveau des racines
CT ab Syringa, V tinus
Psylles
Elaeag nus
CT ext
CT ab Présence sous abris en augmentation 1
Si possible, sortir les Elaeagnus des abris afin de limiter le développement des Psylles.
Pucerons
Puce- rons
PT Quelques observations de pucerons verts
CT ext Ribes, rosiers (sanguinea)
CT ab Photinia, Hypericum, Buddleia, rosiers
Pucerons lanigères
En PT et CT ext, sur Malus tiges et scions
COLEOPTERES PHYTOPHAGES
Chrysomèles et Galéruques
Présence de Criocères du Lys sous abris dans une entreprise
Otio rhyn ques
PT
2
CT ext L L Heuchera, V tinus, Pinus de 2 ans
CT ab L L Choisya, Lavandula
Présence de Criocères du Lys sous abris dans une entreprise
Larves et adultes de Criocères sur Lys
Otiorhynques - Otiorhynchus sulcatus
Ravageur le plus préjudiciable en pépinière hors sol comme pleine terre Cultures sensibles
Les plantes particulièrement sensibles ont souvent des racines charnues
Conifères : Thuya plicata 'Atrovirens' et T. occidentalis 'Emeraude',…
Plantes de terre de bruyère : Rhododendron,…
Arbustes : Ligustrum texanum, Choisya, Photinia, Hydrangea,…
Plantes grimpantes, vivaces … Symptômes et dégâts
Les dégâts les plus préjudiciables et les plus importants sont ceux réalisées par les larves dans le sol qui se nourissent des racines et collets. Ils peuvent entrainer la mort de la plante.
Bord des feuilles rongé de façon caractéristique en ‘poinçonneur’ par les adultes nocturnes.
Ces dégâts ne sont qu’esthétiques et donc non néfastes pour la plante mais ils déprécient sa valeur commerciale et permettent de juger de l’importance de la présence de ce ravageur.
Conditions favorables au développement / période de présence
Lutte difficile qui doit être anticipée car les larves blanches à tête brunâtre sont souterraines. Elles se nourrissent des racines et collet des végétaux durant une grande partie de l’année et notamment tout l’hiver.
Les adultes, coléoptères noir ne volant pas, sont nocturnes et présents quasiment toute Larve
Nymphe
Prophylaxie
Surveiller les jeunes plants à réception et lors du rempotage. Si vous détectez la présence de larves ou de nymphes refusez le lot et/ou brûlez le! Il est vraiment primordial de ne pas contaminer vos cultures par des apports extérieurs.
Jeter les vieilles plantes Lutte biologique
Mettre en place des pots de Bergenia cordifolia, plantes pièges attractives pour la ponte, dans les cultures sensibles avant l’émergence des adultes d’otiorhynques (courant mars- avril) : 1/25 m²- tous les 5 m en quinconce. Adapter la taille du conteneur du Bergenia à celle de la culture dans laquelle il est placé pour assurer un arrosage correct de cette culture. Eliminer ces plantes pièges en décembre en brûlant-noyant bien les larves pour éviter toute recontamination du site (pas sur le tas de compost).
20 fois plus de pontes d’otiorhynques dans le Bergenia que dans les cultures.
Pailler la culture, avec des cosses de sarrasin (> 1 cm : diminue de 80 % les pontes d’otiorhynques) ou de Miscanthus. Attention: ne pas pailler les plantes pièges.
Incorporer au substrat un champignon entomopathogène
Appliquer au printemps et/ou à l’automne des nématodes entomopathogènes sur larves développées. Pensez-y dès maintenant !
Morsure collet
Morsures feuilles
Bergenia plantes pièges attractives
LEPIDOPTERES - CHENILLES PHYTOPHAGES
RAVAGEURS
8/3 22/3 5/4 194 2/5 17/5 31/5 14/6 28/6 12/7 26/7 9/8 23/8 6/9 20/9 4/10 18/10
Commentaires BSV
n°
Pyrale du Buis L L Présence de chenilles en PT
Processionnaire
du chêne Sur Quercus en PT et en CT ext
Processionnaire du pin
L L Pinus nigra 'Austriaca' et ‘Corsica’, Cedrus
deodara en PT et gros CT ext Les chenilles sont actives
2
Processionnaire du pin / Thaumetopoea pityocampa
Cultures sensibles
Ce ravageur est de plus en plus présent en Ile de France.
Pinus nigra, Pinus sylvestris, Pinus pinater, Pinus halepensis…
mais aussi sur Cedrus ou autres conifères Symptômes et dégâts
La processionnaire du pin pose surtout des problèmes de santé publique du fait de son pouvoir urticant. Les dégâts sur la végétation sont assez réduits sur des sujets adultes.
En production de pépinière ce ravageur va cependant engendrer une perte d’esthétique et rendre la plante infestée non vendable.
Pour pondre, les femelles peuvent parcourir quelques kilomètres à la recherche d’un hôte.
Comme elles se dirigent vers les silhouettes d’arbres se découpant sur fond clair, les processionnaires se trouvent souvent en lisière ou sur des arbres isolés.
Conditions favorables au développement / période de présence
La processionnaire du pin accomplit son développement larvaire en automne-hiver dans un nid sur un rameau bien exposé au soleil. Son cycle est annuel. Le développement larvaire comprend 5 stades, chacun caractérisé par des chenilles de couleurs et de tailles différentes. Les chenilles peuvent atteindre 5 cm.
C’est d’abord un pré-nid construit autour de la ponte (2 1ers stades larvaires). Puis, au début de l’hiver, à partir du stade L3, elles construisent un nid qui va alors fonctionner comme un radiateur solaire. C’est à partir du 3ème stade larvaire que les chenilles possèdent des poils urticants libérables en cas d’agression.
Entre janvier et mai ont lieu les processions de nymphoses ; les chenilles profitent des journées ensoleillées pour quitter leurs nids à la queue-leu-leu, descendre le long du tronc et chercher un terrain meuble et éclairé ou elles vont s’enfouir. Chaque chenille tisse son cocon pour former sa chrysalide.
La nymphose peut durer quelques jours et parfois les chenilles entrent en diapause prolongée pouvant durer jusqu’à 5 ans.
Les adultes, papillons nocturnes, émergent entre fin juin et mi-août. Leur durée de vie n’est que de quelques jours.
Après l’accouplement, la femelle pond environ 200 œufs en un manchon de 5 cm autour des petits rameaux ou à la base des aiguilles. Les œufs éclosent 30 à 45 j plus tard.
Nid d’hiver sur rameaux
Procession de chenilles Photo
FREDON IDF
Cycle de reproduction de la processionnaire du pin : https://chenilles-
processionnaires.fr
Lutte biologique (cf lutte chenilles)
Captures par phéromones sexuelles
installation de pièges dès la fin du mois de juin et jusqu’au milieu du mois d’août.
Pose de nichoirs à mésanges
Lutte biologique à base de Bacillus thuringiensis (bactérie entomopathogène)
Pose d’écopièges qui ceinturent les troncs, avant mi-janvier permet d’empêcher la migration des chenilles vers le sol.
Destruction mécanique des 1ers nids observés. Le port d’une combinaison intégrale (lunettes, masques, pantalons et manches longues) s’avère indispensable pour limiter les risques d’urtication.
AUTRES RAVAGEURS
RAVAGEURS
8/3 22/3 5/4 194 2/5 17/5 31/5 14/6 28/6 12/7 26/7 9/8 23/8 6/9 20/9 4/10 18/10
Commentaires BSV
n°
Mollus ques
PT Quelques présences de mollusques repérées
en cultures CT ext
CT ab
Plathelminthes Signalisation dans 1 entreprise en CT ext et 1
entreprise en CT ab sur Euonymus japonicus 2
Campagnols Signalisation en PT et CT ext
Lapins/Lièvres Sangliers / Cervidés PT Lapin et Cervidés
CT ext
CT ab
Vers Plathelminthes terrestres exotiques : espèces invasives
Symptômes /dégâts
Les vers plathelminthes terrestres exotiques ont un aspect de sangsue ou limace un peu aplatie. Ils secrètent un mucus parfois toxique. Ils ne présentent pas d’impact direct sur la santé des végétaux mais ce sont des espèces invasives pour lesquelles une vigilance est appelée du fait de leur activité de prédation sur les lombrics.
Conditions favorables au développement / période de présence
En horticulture et pépinière, les lieux d’observation privilégiée sont le substrat humide, le dessous des conteneurs et entre la motte et le pot au cours de l’hiver…car ce ver se développe à l’obscurité + humidité (irrigation).
En fin d’été, à côté de plathelminthes sous des pots on observe la présence de nombreuses
« boules noires » qui sont en fait des cocons de ponte. On ne parle pas d’œufs chez les plathelminthes terrestres mais de "cocons de ponte", qui sont des boules relativement résistantes, renfermant plusieurs juvéniles (de 2-3 à 7-8). Les cocons mesurent 4-5 mm de diamètre. Les cocons juste pondus sont rougeâtres et deviennent noirs après quelques jours.
Ces cocons montrent le côté invasif que peuvent avoir les Plathelminthes terrestres.
Cependant, en pépinières les populations ne semblent pas augmenter bien au contraire.
Le Muséum National d’Histoire Naturelle réalise un travail de recherche d’informations de terrain, relayé notamment par une page du site de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel. Le Muséum souhaite faire le point sur la diversité et la répartition des espèces de vers plats présents en France.
Vers Plathelminthe Marron Plat et cocons de ponte
Contenu des cocons à l’œil nu
MALADIES
FEUILLES – POUSSES
MALADIES
8/3 22/3 5/4 194 2/5 17/5 31/5 14/6 28/6 12/7 26/7 9/8 23/8 6/9 20/9 4/10 18/10 Commentaires BSV n°
Botrytis
Pourriture grise 1
Entomosporiose Photinia
Oïdium PT CT ext
CT ab Aquilegia
Oïdium perfo-
rant Laurier
PT CT ext
Septo- riose
PT
1 CT ext
CT ab
******************
Action pilotée par le Ministère chargé de l'agriculture, avec l’appui financier de l’Agence française pour la biodiversité, par les crédits issus de la redevance pour pollutions diffuses attribués au financement du plan Ecophyto.
• Observations : Chambre d'Agriculture de Région Ile-de-France, les horticulteurs et les pépiniéristes du réseau épidémio-surveillance d'Ile-de-France.
• Rédaction : Chambre d'Agriculture de Région Ile-de-France : Isabelle CADIOU pour l'horticulture et Isabelle VANDERNOOT pour la pépinière.
Comité de relecture: DRIAAF – SRAL, FREDON Ile de France
• Pour recevoir le Bulletin de Santé du Végétal par courrier électronique, vous pouvez en faire la demande par courrier électronique à l'adresse suivante [email protected] en précisant le(s) bulletin(s) que vous désirez recevoir: grandes cultures – pomme de terre – légumes industriels, arboriculture, maraîchage, pépinière – horticulture, zones non agricoles.
Le Bulletin de Santé du Végétal est édité sous la responsabilité de la Chambre d’agriculture de Région Ile-de-France sur la base d’observations réalisées par le réseau. Il est produit à partir d’observations ponctuelles. S’il donne une tendance de la situation sanitaire régionale, celle-ci ne peut être transposée telle quelle à la parcelle. La Chambre d’agriculture de Région Ile-de-France dégage toute responsabilité quant aux décisions prises par les agriculteurs pour la protection de leurs cultures. Tout document utilisant les données contenues dans le Bulletin de Santé du Végétal Ile-de-France doit en mentionner la source en précisant le numéro et la date de parution du Bulletin de Santé du Végétal.