E/ECA/POP/APC.3 UNFPA Project No. fV>J'192/~
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_,JTROISIEME CONFERENCE AFRICAINE SUR LA POPULATION
DOCUMENTS DE LA CONFERENCE
ORGANISEE AVEC LA COLLABORATION DU FONDS DES NATIONS UNIES POUR LA POPULATION (FNUAP),
DE L'ORGANISATION DE L'UNITE AFRICAINE (OUA), DE LA BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT (BAD) ET DU GOUVERNEMENT DE LA REPUBLIQUE DU SENEGAL
FINANCEE PAR LES GOUVERNEMENTS FRAN<;AIS ET NEERLANDAIS ET PAR LE FNUAP
DAKAR (SENEGAl), 7-12 DECEMBRE 1992
NATIONS UNIES
COMMISSION ECONOMIQUE POUR L'AFRIQUE ADDIS-ABEBA, 1994
VOLUME III PREMIERE PARTIE
DOCUMENTS DE LA CONFERENCE
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION .
I. MISE EN OEUVRE DU PROGRAMME D' ACTION DE KILIMANDJARO
MISE EN OEUVRE DU PROGRAMME D' ACTION DE KlLlM,\NDJARO (PAK) : ENSEIGNEMENTS ET PERSPECTIVES (E/ECA/POP/APC,3/92/2)
EVALUATION DES POLITIQUES EN MATIERE DE POPULATION DANS CERTAINS PAYS AFRICAINS (E/ECA/POP/APC.3/92/6)
STRATEGIES POUR UN DEVELOPPEMENT DURABLE (E/ECAiPOPIAPC.3/92/4)
ASSISTANCE TECHNIQUE ET F1NANCIERE DE L'ORGANISATION DES NATIONS UNJES AUX PROGRAMMES DE POPULATION ET AUX ACTIVITEs STATISTIQUES CONNEXES EN AFRIQUE: TENDANCES ET INCIDENCES (E/E/CA/POP/APC.3/9217)
ETAT D'AVANCEMENT DES ACTIVITEs PREPARATOJRES DE LA CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA POPULATION ET LE DEVELOPPEMENT DE 1994 (E/ECA/POP/APC.3/92/8)
MISE EN OEUVRE DU PROGRAMME D'ACTION DE KILIMANDJARO : LEl;ONS ET PERSPECTIVES: LE CAS DES PAYS DU SAHEL
(POP/APC.3/92/INF.14) .
iii
3
19
33
55
.67
7S
II,
COLLECTE DES DONNEES, RECHERCHE ET
FORMATION DEMOGRAPHIQUES EN AFRIQUE
81NOUVELLES QUESTIONS EN POPULATION, NOUVELLES ORIENTATIONS
ET STRATEGIES (E/ECAiPOP/APC.3/92/S) 83
FORMATION ET RECHERCHE EN DEMOGRAPHIE : BILAN ET PERSPECTIVES
(POPI APC.3/92/TNF.4) 91
III. ETAT ET PERSPECTIVES DE LA
POPULATION EN AFRIQUE
107CONSEQUENCES DE LA STRUCTURE DE LA POPULATION
EN AFRIQUE(POP/APC.3/92/INF.11) 109
IV. STRUCTURE ET DYNAMIQUE DES FAMILLES
EN AFRIQUE
141SYSTEMES FAMILIAUX AFRICAINS DANS LE CONTE.XTE DU DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE
(E/ECA/POPIAPC,3/92/3) 143
V. TENDANCES, FACTEURS ET CONSEQUENCES
DE LA FECONDITE EN AFRIQUE
161LES CONSEQUENCES DE LA PERSISTANCE DE LA
FECONDITE ELEVEE EN AFRIQUE (POP/APC.3/92/INF, 10) 163
VI.
VII.
MIGRATIONS ET REFUGIES
MIGRATIONS, REFUGIEs ET VIE DE FAMILLE EN AFRIQUE (POP/APC.3/92/INF.13) .
POPULA TION ET ENVIRONNEMENT
DEGRADATION DE L'ENVIRONNEMENT EN AFRIQUE: POPULATION, FEMME ET ENVIRONNEMENT(POPIAPC.3/92/INF.15)
II
181
183 195
197
INTRODUCTION
La troisieme Conference africaine sur la popula- tion (CAP.3) s'est tenue
a
Dakar (Senegal) du 7 au 12 decembre 1992. Elle a ele conjointement organisee par la Commission economique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), Ie Gouvemement du Senegal. I'Drgani- sation de I'unite africaine (OUA) , le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), en collaboration avec la Banque africaine de developpement (BAD) el l'Union pour I'erude de la population africaine (DEPA). Le Comite preparatoire etait compose d'experts de quelques Etats membres de la CEA, de BAD, de rOUA, des agences des Nations Unies, CEA, Division de la popula- tion du Siege, FNUAP, Unesco et d'institutionsafricaines suivantes ; Insritut de formation et de recherche dernographiques (lFORD. Regional Institute for Popula- tion Studies (RIPS), Centre detudcs et de recherche sur la population pour Ie developpement (CERPOD), Institut africain pour Ie developpement eccnomique et la plani- fication (lDEP) et Union pour I'erude de la population africaine (DEPA).Les objectifs majeurs de la Conference etaient les suivants :
a) Donner aux representants des Etats mernbres l'occasion d'exprimer leurs vues sur les problemes de population auxquels sont con frontes leurs pays;
h) Evaluer les progres accomplis dans les activites en matiere de population depuis ladoption du Programme d' action de Kilimandjaro qui contient diverses recommandations aux Gouvemements africains. aux organisationsinternationaleset aux bailleurs de fonds;
c) Donner aux Etats membres I'occasion d'harrnoniser leurs vues et de contribuer efficacement aux deliberations de la Conference intemationale sur la population et le developpement de 1994; et
d) Faire des recommandations pour la prochaine decennie.
Pour atteindre ces object! fs, des documents de travail et dinformarion ont ete prepares ou sollicites et mis
a
Ia disposition des participants en vue de leur foumir des informations de base pouvant servir aux discussions.Tous les documents qui onteM recus et distribues sont publies dans ce volume.
Les documents de travail (working papers) ont fte prepares par la Division de la population de la CEA
III
au par des consultants. Ces documents sont publies en deux volumes: I'un en anglais et I'autre en francais. lis portenl les sigles EfECAfPOPfAPC.3f92fx (x designant le numero du document). Les documents d'information sont par contre reproduits dans leurs langues originales.
I1s portent les siglesPOP/APC.3/92/Inf.x(x designant Ie numero du document), Ces documents ont ele sollicites aupresde certaines institutions et prepares par celles-ci.
Chacun des deux volumes comprend sept chapitres portant sur un thorne specifique. Le chapitre I regroupe les documents qui portent sur la "mise en oeuvre du Programme d'action de Kilimandjaro", Le chapitre Il regroupe les documents qui traitent de la "collecte des donnees, recherche et formation demographiqaes en Afrique' . Le chapitre III comprend les documents qui traitent de I'" etat et perspectives de la population en Afrique". Le chapitre IV regroupe les documents sur la
"structure et dynamique des families en Afrique". Le chapitre V regroupe les documents sur les "tendances, facteurs et consequences de la fecondite en Afrique". Le chapitre VI comprend Ie document sur les "migrations et refugies" . Le chapitre VII comprend Ie document qui traite de la "population et de I'environnement". Pour chaque chapitre, les documents de travail soot d'abord presentes , suivis des documents d'information qui sont senses les completer.
Outre Ie fait qu'ils ant foumi des informations de base pouvant servir aux discussions, les documents rassembles et publicsdans ce volume apportent des con- naissances substantielles, et parfois inedites, sur la physionomie actuelle de la dernographie africaine, lis confirment un certain nombre d'hypotheses, grace notam- ment
a
I' utilisation de donnees, recentesdans certains cas, recueiliies des differentsrecensements et enquetes menes dans le continent. Celaetaitencore dificilement realisable lors des precedentes conferences. Ces documents pre- sentent aussi certaines (nouvelles) grilles d'analyse des problemes de population en Afrique. lls presentent par ailleurs de nouvelles questions et hypotheses pour lesquelles de nouvelles recherches et davantage de donnees sont necessaires.La prcsente publication est Ie dernier des trois volumes des Acres de la Conference. Les deux autres volumes portent respectivement sur le "Rapport de la Conference et des activites connexes (volume I) et les
"Rapports nationaux sur I'etat d'application des recommandations du Programme daction de Kilimendjaro" (volume II).
CHAPITRE I
MISE EN OEUVRE DU PROGRAMME D' ACTION
DE KILIMANDJARO
MISE EN OEUVRE DU PROGRAMME D' ACTION
DE KILIMANDJARO (PAK) : ENSElGNEMENTS ET PERSPECTIVES
3
I. INTRODUCTION: NAISSANCE DU PAK
1. Dans Ies annees 60, les gouvernements africains etaient plus preoccupes du processus de decolonisation el de transformation des structures et des politiquesheritees de la colonisation que des questions de population. lis avaient cependant un besoin pressant de donnees et d'infonnations pour leurs plans de developpement socio- economique. Mais, avec le temps, ily a eu un progres dans la perception de la pertinence des facteurs demo- grephiques dans les plans de developpemenr en Afrique.
Dans Ie passe, la famille nombreuse etait consideree comme une main-d'oeuvre essentielle dans I'agriculture.
Le systeme economique poussait les gens
a
se concentrer sur les cultures de rente plutot que sur la production vivriere. Ceci a cree un desequilibre entre la croissance dernographique et la production vivriere. Le mode d'industrialisation a renforce la dichotomie entre Ie monde rural et le monde urbain et accelere l'cxode rural.2. On peut distinguer trois phases dans cette evolu- tion :lapremiere met l'accent sur Ia collecte des donnees, la deuxierne sur I'analyse des donnees et a abouti
a
l'adoption du Programme d'acrion de Kilimandjaro con- cernant la population (PAK), ella troisieme sur la mise en oeuvre des recommandations du PAK. L'accroisse- meat des activites en matiere de collecte, d'analyse et d'evaluation des donnees, avec le soutien du Programme regional de population pour l'Afrique (1961), du Projet regional d'analyse des donnees demographiques (1969) er du Programme africain de recensement (1971), afavorise Ia prise de conscience croissante des incidences de la croissance demographique sur les conditions de vie des soctetes africaines.
3. La premiere Conference africaine sue la population s'esttenueen 1971 aloes queIesgouvemements africains consideraient encore la population comme etrangere au developpement. Son objectif etait de suscirer une prise de conscience des problemcs de developpement nes 'de la situation dernographique dans la region'. Elle a mis en lumiere les relations etroites entre les tendances demo- graphiques et les efforts en vue du developpement socio- economique et souligne la necessite de former du per- sonnel pour Ia collecte, l'analyse et I'utilisation de donnees dernographiques de base dans la formulation et la mise en oeuvre de plans de developpement nationaux , 4. Alors que l' Afrique se preoccupait des questions relatives
a
la transformation des economies coloniales et au processus de decolonisation, le systeme des Nations Unies essayait, au fil des ans, de gerer les rapports entre population, ressources, environnement el developoement.La tache s'est revelee plutot complexe en raison surtout de ]'approche interdisciplinaire et de la planificatlon prospective
a
long terme requises. La plupart des plans de uevtloppement en Afrique sonta
court et moyen termes rlutil' qu" long lerme. La difficulte etait de trouver des mayens concrets permettant d'evaluer les Incidences feciproques entre Ics facteufs afin d'examiner les options ded~vdoppt:menta
long terme tout en deter- minant des strategies viables pour le devdoppement nationar.5. LePlan d'action mondial sur la population adopte
a
Bucharest en 1974 a enonce les principes et les mesures concernanl les politiques demograpbiques nationalesSQU-veraines en mettant I'accent sur Ie changement du systeme economique international. II encourageait la recherche en matiere de politiques de population qui est devenue un elemenl important du programme de travail dee organismesdes NationsUnies.
6. La Conference de Mexico (1984) a examine et evalue Ie Plan d'action mondial et fait des recommanda- tions pour promouvoir sa mise en oeuvre en vue d'ame- liorer Ie niveau de vie ella qualite de la vie. E1le a .ole precedee de la deuxieme Conference africaine sur Ja population tenue
a
Arusha en janvier 1984 'lui a adopte le Programme d'action de Kilimandjaro concernant la popu- lation africaine et le developpement autonome lequel annonce une nouvelle ere d'une plus grande" prise de conscience des questions de population en Afrique? et souligneI'importancede trouver Iejuste milieu entre les objectifs socio-economiques et les objectifs demo- graphiques".7. Des apres 1984, avec I'emergence de la prise de conscience des questions de population, un changement important de l'environnement socio-economique se fit jour, caractertse par une periode de graves difficultes economiques sans precedent, d'accroissement de la dette exterieure et d'augmentation de la pauvrete absolue.
Parmi les causes, on peut citer la mauvaise gestion des economies nationales, la faiblesse et Pinadequation des politiques de developpernent socio-economique, Malgr6 quelques progees dans Ia formulation des poJitiques de population, les recommandations du PAK n'ont .ole que Ires faiblemenl appliquees. II est done tout indique d'evaluer cette tendance.
8. En general, on est passe du point de vue des annees 60 qui mettait I'accent sur Ie contrcle de la fecondite cornme moyen de stabiliser une croissance demographique rapide
a
celui des annces 70 preconisant de pourvoir aux besoins essentiels, Au debut des ennees 80, it devenait evident que les problemes de population etaient plus vastes et plus complexes. Une approche rnultidisciphnaireadepuislors etepreconiseepour traiter resautres aspects nouveaux desproblemes depopulation.9. Dans ce contexte, I'objectif de la prochaine Con- ference internationale de 1994 sera de consoJider lcs resultats enregistres jusqu'ici pour promouvoir une bonne comprehension de la correlation entre population et developpement. Parmi les activites preparatoires figure la convocation de la troisieme Conference africaine sur la population qui devait mettre en place une nouvelle stra- tegie pour la nuse en oeuvre acceleeee du PAK durant les annees 90 et au-deJa. Jusqu'ici, Ie PAK demeure un cadre valable et essentiel pour faire face aux questions de population en Afrique.
10. La famille, en lanl que cadre fonctionnel de la vie de 80S membres et en lant que composante de la sociele
5
- - - -
avait evolue dans le temps et dans l'espace. Ledevelop- pement economique et social, 13modernisation et levolu- tion demographique ont provoque des modifications fondamentales dans la structure et Ie role de la famille.
En tant que variable interrnediaire fcndamentale dans le comportement procreateuret entant quinstitutionadapta- tive de grande importance, la nature de Ia famille a influence les processus demographiques et d'autres pheno- menes connexes. En constituent un forum pour l'echange d'tdees concernant l'{nteraction entre I'evolution sociale et la forme/structure de la famille, le theme de cette Conference est certainement une contribution regionale appropriee au debat mondial non encore tranche sur la correlation entre population et developpernent.
11. Le present document a pour but d'analyser Ia mise enoeuvre du PAK (section II), d'examiner Ies contraintes associees (section Ill), et de faire des propositions pour
line nouvelle orientation en vue de la mise en oeuvre du PAK (section IV).
II. ANALYSE DE LA I\IISE EN OEUVRE DU PAK 12. Malgre l'accroissement du nombre de pays ayant forrnule des poliriques de population explicites depuis 1984, la fecondite reste elevee dans la plupart d'entre eux. Des problemes se posent egalement concernant la baisse souhaitee des niveaux de mortalite et des taux d'exode rural; la promotion du role des femmes dans le dcveloppement; la mise en oeuvre des programmes pro- poses affectant les enfants et les jeunes; la foumiture de donnees ct d'informations adcquatcs pour l'elaboration de poliuquesde population; la promotion accrue du role des organisations non gcuvernementales dans la formulation de telles potitiqucs: et la mise en place des points focaux nationaux necessaires
a
la collecte eta
la diffusion d'infonnations sur la population pour aidera
integrer les facteurs de population dans ies plans de developpement.Ces questions en suspens semblent indiquer une faihle execution des recommandations du PAK. Voici les details de certains de ces problemes :
A. Strateuieet rolitHJUe en matiere de popuLtion et de divdoppement
13. Le PAK a recommandeque les Etats mernbres con- siderent J'integration des facteurs de population dans Ie
proces~us de l..h~veloppement(lPPD) comme une prioril~.
Cela implique quatre activites principales : la d~tinition
d'un cadre conceptuel; la mise en place de I'infrastructure insritutionnellerequise; Ie programme de formalion re.quis pour combler1\~cartentre la main-d'oeuvre necessaire ct 1a creation d'un point focal pour la diffusion de I'infor- mation. Le financerncnt des activites dans ces quatre domaines a eti en grande partie fourni par Ie FNUAP.
l4. A partir du suivi et de revaluation de ces acti- vites, Ies moualites de formulation d'une politique en tant que partie integrante de la planitication glohale du developpemcnt sont asst'Z bien coonues. De meme,
r
atti- tude des pays a change, passant de la preference pour une population nombreuse durant les annees 70a
celie d'une population plus faihle pendant les annres 80; de plus en plus, Ies niveaux du taux de croissance demographique sont consideris comme eleves. Les conclusionstin~esde6
l'analyse des donnees demographiques ont contribue
a
ce changement d'auitude des gouvemementsa
I'egard des questions de population. Parmi les aurres facteurs favorables itconvient de citer l'accrorssement de la capa- cite d'elaborer des politiques demographiques nationales dont la disponibilite accrue de main-d'oeuvre qualifiee, le renforcement de l'engagement en faveur des politiques demogrephiques et I'incorporation de la populationcomrne question legitime dans les programmes de developpement social, economique, en matiere denvironnement et autre" De plus. la plupart des pays ont realise des reformes legislatives susceptibles d'mfluencer certains aspects de leur .ynamique dernographique, La legislation sur la population fixe Ies possibi lites et les Iimites concernant le succes d'un programme national de popula- tion.15. Les programmes destines
a
susciter une prise de conscience des effets de la croissance dernographique rapidesur I'economie [seminaires, conferences et ateliers nationaux sur la populationet le developpement), etablis par la communaute intemationale ont egalement contribuea
modifier I'attitude des dirigeants poliriques, des cadres, des decideurs et des principaux leaders d' opinions. A cet egard, et en matiere d'assistance de la part de Ia com- munaute internationale. la CEA, en liaison avec dautres institutions soeurs, a prepare et diffuse les "Principes directeurs elaboresa
I'intention des Etars mernbres de fa CEA en vue de I'mtegrarion des variables demographiques dans la planification du developpement" (1988), un docu- ment intitule "Status and Prospects of Population Policies in ECA Member States" (1989) et un "Manuel pour Pintegration des variables cernographiques dans la planification du developpernent" (1991)(';.B. Fecondite et planitication familiale
16. Seuls neuf pays africains ont rnis au point des pro- grammes nationaux de planification familiale durant les annees 60 avec des ohjectifs variables? En outre, 21 autres pays ont fait de meme au cours des annees 708•
Sur ces 30 pays, 18 soutenaient les programmes pour des raisons de sante publique et quatre (Egypte, Maurice, Maroc et Tunisie) avaient fixe des objectifs specifiques pour reduire la fecondite. En 1988, 42 pays dont l'Angola, le Burkina Faso, leBurundi, Ie Cameroun. le Tchad, les Comores. la Cote d'Ivoire , la Guinee, Madagascar, Ie Malawi, la Mauritanie et Ie Niger, ont soutenu la phmification familiale pour des raisons de sante publique. Parmi ces pays, 27 avaient fixe des objectifs
d~mographiques.
l7. Plusieurs recommandatl0ns faiks it. partir de Ia recherche sur 1a fecondite par la CEA ont ett largement diffusees aupres des ministeres du plan des pays en vue de favoriser la bai"e de la fecondite. En 1972, rOMS, en liaison avec la Banque mondiale, IeFNUAPel IePNUD, a mis au point un programme special de RDTHR (recherche, developpement et formation dans Ie domaine de la procreation) pour promouvoir, mener et coordonner des activites de recherche en matiere de procreation9.
grace
a
des mesures visanta
s'assurer que ceux qui veulent fonder un foyer ont atteint leur rnaturite physique et sQciale et au renforcement des strategies de recherche concernant la procreation. Des institutions dans 13 paysC. Morbidite et mortalite
21. S'agissant de la fecondite, des eludes realisees notamment par la CEA ont abouti
a
plusieurs recom- mandations sur les niveaux, les caracteristiques, les differentiels et les correlations de la mortalite qui ont ete largement diffusees, En outre, I'OMS a mis au point un manuel intitule "Maternal Health and Safe Motherhood"pouraider
a
reduire Ie taux eleve de mortalite maternelle.19. Parmi les efforts faits dans cedomaine, il convient de citer, qu'en 1987, 12 pays avaienl intensifie leurs programmes de vaccination en vue d'assurer l'Immunisa- tion pour tous avant 1990. Les nunistres africains de la sante ont decide
a
Bamako en 1987 de mettre au point une nouvelle methode de financement et de gestion des medi- caments essentiels pour la region, adepteea
la situation econorniquelocale. En outre, 24 pays ont fixe, en 1988, des objectifs quantitatifs pour reduire les taux de rnottaiite, de morbidite et de mortalite infantile'>.20. En consequence, I'esperance de vie
a
la naissance etait passee d'environ 36 ans en 1950a
50 ans en 1985 et on prevoit qu'elle atteindra 56 ansa
l'horizon 2000. Des -progres modestes mais constants ont ete realises pour reduire Ie taux de mortalite infantile et celui des eofants de mains de cinq ans de Ja region au cours des trois dernieres decenmes. Le Programme elargi de vaccination (PEV) est passe de 20% en 1985a
56% en 1990. Une etude de la performance annuelle moyenne (1960-1989) compareea
l'objecrif de l'an 2000 d'une reduction de 50% au moins de la mortalite infantile indique que les deux tiers des pays devront realiser une reduction annuelle moyenne superieurea
5%. Au moins cinq pays ont signale des taux de mortalite maternelle de plus de WOO pour 100 000 naissances vivantes. Ces faits constituent les principaux delis deI'Afrique.E. Evolution du role de Ia femme dans Ie processus de developpement
D. Urbanisation et migration
23. La preoccupation des pays concernant les ques- tions de rnauvaise repartition de leur population est que - une distribution optimale devrait contribuer aux objectifs de developpement - I'evidence empirique ne semble foumir aucune directive generale sur la maniere dont tel ou tel mode de repartition de la population favorise ou entrave le developpement, En fait, I'experience contem- poraine sur la distribution de population n'est pas con- c1uante.
22. La repartition de la population en Afrique fait generalement apparaitre des variations nettes entre diverses zones ecologiques ainsi qu'une juxtaposition de zones
a
faible eta
forte densite de population. Les pays se differencient egalement d'une facon ou d'une autre dans leur niveau d'urbanisation, leur taux de croissance urbaine, leur mode d'etablissement urbain et Ie taux de croissance de leur population urbaine. Lors de la cinquieme enquete demographique des Nations Unies de 1987. certains gouvemements africains ont considere la repartition "irrationnelle" de leurs populations nationales plutot que Ie tau, de croissance demographique rapide comme etant I'obstacle demographique au developpement.A ce moment aueun d'entre eux ne considerait son mode de repartition de la population comme satisfaisant. Seion Ie sixieme rapport de suivi des Nations Unies (1991) seuls 13 % des pays consideraient la repartition de leur popula- tion comme satisfaisante. Sur cette base, certains des Etats ont adopte des politiques visant
a
modifier les tendances delarepartition de leur population.L'Organisation a egalernent adopte, en 1985, I' African Health Development Framework (cadre africain pour I' amelioration de 1a sante) qui est axe sur I' amelioration des services de sante grace a I'intensification des activites de formation et de recherche operationnelle dans Ie cadre des trois programmes prioritaires regionaux relatifs
a
l'eau et
a
I'assainissement:a
la prevention des maladies;et
a
1a sante maternelle et infantile/planification familiale (SMIIPF) et met I'accent sur Ie soutiena
apporter aux pays pour la formulation de politiques nationales plus appropriees de SMIIPF; I'elaboration de plans opera- tionnelsnationaux et locaux envue de la reduction de la mortalite et de la morbidite matemelles et infantiles gracea
des activites de formation et de recherche adequates en vue d'une mei1leure gestion des programmes.24. Suivant (et dans certains cas avant) I'adoption du PAK, de nombreux pays ont adopte des reformes pour assurer I'egalite des chances entre les femmes et les hommes qui participent
a
la vie economique et sociale de la societe, en particulier dans des dornaines tels que I'emploi, le conge de matemite, Ie mariage, l'heritage et la propriete, I'education et les droits constitutionnels.S'agissant des dispositions legislatives et reglementaires par exemple, environ la moitie des pays avaient, en 1989, ratifie la Convention des Nations Unies sur I'elimination de toutes les formes de discrimination
a
l 'egard des femmes. Certains d'entre eux avaient egalement etabli des organisations au niveau local telles que des Ethiopie, Kenya,Soudan, Tunisie, cnt collabore
a
ce (Benin, Cameroun, Egypte,Mozambique, Nigeria, Senegal, Ouganda, Zambie et Zimbabwe) programme.
18. Lesservices de sante coloniaux, orientes vers la medecine curative ont laisse place aux soins de sante pri- maire, suite
a
I'adoption de la Declaration d' Alma Ata en 1978'°. Depuis l'adoption du PAX:, Ie principal prob- Ierne en matiere de politique de sante dans la region a ete Ia reduction des taux de mortalite, facea
des revenus faibles, en depit d'une tendance a la hausse concernant I' adoption de programmes massifs de vaccination. Seion I'OMS (1987) lamoitie des deces dans la region etait en grande partie duea
des maladies infectieuses et parasi- taires, les cinq causes de deces les plus cites etant Ies complications Iieesa
la maternite, la diarrhee, la malaria, la rougeole et la tuberculose. Les causes fondamentales de I'etat sanitaire dans la region comprennent : Ie faible niveau general de 1a productivite aggrave par des facteurs exogenes et endogenes: les grandes disparites entre developpement rural et developpement urbain; la delle exterieure; les catastrophes naturelles; I'epidemie du SIDA; et la forte incidence des maladies sexueHement transmissibles. Des projections portant sur le SID A ont indique un renversernent total de la tendance observee jusqu'a present en matiere de reduction de la mortalite!'.7
assocratrons professionnelles, des cooperatives, des, organisations religieuses, des societes d'entraide, des groupements feminiils infonnels et des organisations feminines d'interet general pour faire de la recherche, tenir des seminaires de formation, poursuivre des objectifs specifiques",
25. En ce qui concerne I' assistance de la communault!
intemationale, toutes les institutions des Nations Unies ant recu mandat de leurs organes directeurs d'introduire,
a
titre prioritaire, la question de I'mtegration des femmes dans Ie developpement dans leurs programmes. Un modele de simulation sur micro-ordinateur,
realise
par IeDepartement du developppement economique et social des Nations Unies pour etre utilise comme demonstration, mantee comment peut augmenter la contribution des femmes au developpement, par la manipulation de cer- taines variables de politiques'", En 1980, la Conference mondiale de Copenhague a adopte Ie Programme d'action pour la seconde moitie de la Decennie des Nations Unies pour la femme pour poursuivre I'etude de la plupart des obstacles qui entravent Ie role des femmes dans Ie developpement. La Conference mondiale de Nairobi (1985) a adopte les Strategies prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la femme. Elle a ete pre- cedee de la Conference regionale africaine qui a adopte les Strategies d' Arusha pour la promotion de 1a femme en Afrique,
26, A titre d'exemple, Ie Comite regional de coordina- tion pour lintegration de la femme au developpement et Ie Centre regional africain de formation et de recherche pour la femme (CARFF) ont joue un role considerable pour la promotion des femmes dans la region. II s'agit en l'occurrence de la promotion et du developpement par Ie CARFF d'entreprises pour les femmes africaines et d'assurer leur acces au credit. Certaines ONG telles que Ie Comite inter-africain ont elabore un plan d'action (1987) en vue de collaborer avec les gouvemements etles Nations Unies dans leurs efforts visant
a
promouvoir la maternite sans danger. A cet egard, le Conseil d'adminis- tration de l'Unicef a approuve en 1987 une strategic pre- voyant la prise en compte des preoccupations des femmes dans I'ensemble des progranunes nationaux (dans environ 46 pays) et tous les sectcurs essentiels (sante, education, eau et assainissement, nutrition et securite alimentaire du menage).F. Enfants et jeunes
27, En 1990 Ie nombre d· Africains ages de 15il24 ans etait d'environ 122 millions. La tache consistant
a
saris- faire les besoins d'un tel nombre de jeunes hommes et femmes (c'est-a-dire leur offrir toute opportunite de developper toutes leurs potentialites, de participera
la vie de la communaute et de la societe et d'etre libre de faire leur choix) est veritablement une tache ardue". En con- sequence, la reunion regionale internationale sur I' Annee internationale de la jeunesse : participation, developpe- ment et paix s'est tenuea
Addis-Abeba du 20 au 24 juin 1983 et a adopte Ie Plan regional africain pour la jeunesse", Son objectif principal etait de promouvoir des mesures efficaces dans les pays africains en vue de la participation active de la jeunesse dans tous les aspects du8
developpement national grace
a
des politiques et pro- grammes nationaux de jeunesse globaux et coordonnes, 28. II convient de rappeler que Ie Plan regional com- portait trois phases d'execution. Dans la premiere phase, les pays etaient invitesa
etablir des structures, organes ou organismes de coordination(lil oil ils n'existent pas) lout en realisant un diagnostic de la situation des jeunes gnlcea
des etudes, des enquetes, des activites de recherche, en restructurant la participation des jeunes au developpement sur la hase des donnees recueillies durant la phase de diagnostic et en fonnulant des politiques et des pro- grammes de jeunesse. Dans la deuxieme phase, les pays devaient examiner et consolider I'evolution des activites.La troisieme phase (1986-1995) qui comprenait les poli- tiques et programmes de jeunesse au-dela de I'Annee internationale de la jeunesse, coincidait avec Ie Pro- gramme prioritaire de redressement economique de I'Afrique (1986-1990) et Ie PANUREDA (1986-1990).
29. La plupart des pays africains ont mis en place des structures pour Ie suivi des activites de jeunesse (par exemple les ministeres de la jeunesse et des sports, des affaires sociales, du travail et de l'emploi ou du develop- pernent communautaire; les mouvements de jeunes des partis politiques; les associations de jeunes et les conseils nationaux de jeunes) et, pour coordonner les activites de I' Annee internationale de la jeunesse, ils ont cree des comites natiooaux specifiques dont certains sont devenus des structures permanentes11.
30. Divers pays ont entrepris une evaluation de leurs besoins, problemes et aspirations concernant la jeunesse grace
a
des etudes, des enquetes et des activites de recherche. D'autres, ayant une politique nationale de 18 jeunesse, ont formule des politiques specifiques pour mettre I' accent sur Ie developpement et I' execution des activites de jeunesse. Certains ont favorise des possi- bilites d'emploi dans les zones rurales, particulierement dans I'agricultureet/ou modi fie leurs systemes d'enseigne- ment et de formation. D'autres encore ont renforce leurs programmes relatifs Ii la sante, il la nutrition eta
lapopulation concernant les jeunes en tant qu'agents du changement. Tandis que certains ont pris des mesures pour proteger et preserver leur environnement, d'autres ont organise diverses activites culturelles, sportives et
recreatives. '
G, Collecte et analyse de donnees formation et recherche en matiere de population
31. Les recensements de la population et les enquetes par sondage demeurent les deux principales sources de donnees demographiques tandis que les enregistrements de donnees de I'etat civil restent
a
la traine. Grace au soutien et au role technique d'un certain nombre d'initia- tives au niveau international (en particulier de la part du Programme statistique africain et de ses services consul- tatifs en matiere de collecte de donnees et d'analyse dernographique, du Departernent de la cooperation tech- nique pour Ie developpement et du Bureau de statistique de l'ONU), la collecte, l'analyse et l'utilisation des donnees demographiques se sont beaucoup arneliorees depuis I'adoption du PA1(l' tant quantitativement que qualitativement.32. Outre l'accroissement du nombre de pays partici- pant aux diversesseries de recensements, la couverture et la portee ant
e16
elargies pour comprendre des caracteris- tiques sociales economiques et en matiere de logement.Cependant, I'analyse, la diffusion et l'utilisation des donnees sont resteesitla traine. Des efforts continus ont porte sur l'elaboretion de strategies et l'amelicranon des methodes et des techniques de collecte, de traitement, d'evaluation et d'analyse de donnees - visant tous Ii assurer un produit sahsfaisant en termes d 'uulite, d'exactitude et dopportunite. Plus de la moitie des pays ant realise au mains une enquete demographique.
Beaucoup de pays ant participe au renforcement et
a
I'amelioration des statistiques de I'etat civil et
a
I'enregistrernent deI'etatcivil mais seuls quelques-uris ant atteint une couverture nationale raisonnable a l'instar des iles Cap-Vert, de Maurice, de Sao Tome-et-Principe, des Seychelles et des pays d' Afrique du Nord.
33. S'agissant de la formation et de la recherche, plusieurs pays sont en train de mettre en place au de ren- forcer des centres de formation qui dispensent des cours dans le domaine de la population et du developpement au sein de leurs universites. De plus, ils ont realise des etudes sur les relations entreIs legislation et la population afin de formuler despolitiqueset des programmes appro- pries. Ces efforts au niveau national sont soutenus par les instituts regionaux de formation (RIPS, IFORD, CDC, IDEP) et les programmes mondiaux de formation et de recherche en matiere de population et developpement (par exemple Louvain-La-Neuve en Belgique; l'lnstitut de sciences sociales de La Hayeaux Pays-Bas: et IeCentre of Development Studies de Trivandrum en lode).
H. Information en matiere de population 34. Au fi] des ans, la portee des informations neces- saires a la formulation de politiques et de programmes de population dans la region s'estelargie par le fait que les programmes nationaux ont besoin d'informations sur des indicateurs du developpernent tels que la sante et la degradation de I'environnement. A la suite de I'adoption du PAK, l'information en matiere de population est devenue un moyen pour aiderles gouvemements
a
recon~naitre que les politiques de population sontsouhaitableset que les programmes de planification farniliale sont un element essentiel des services nationaux sociaux et de sante. La couverture mediatiquede la population s'esr egalernent beaucoup amelioree et a permis de faire evoluer le debat national sur la population.
35. Travaillant avec les medias, les aidant
a
acquerir Ie materiel de production eta
former du personnel spe- cialise, l'Unicef a pu orienter le contenu et Panention des medias vers les questions de sante maternelle et de survie des enfants, en particulier en faisant de la publicite pour Ie Programme elargi de vaccination et Ia therapie par rehydration orale. De meme, en achetant des temps d'antenneAla radio et a la television ou en faisant de la publicite dans les revues et les joumaux, des organisations religieuses ont sensibilise davantage Ie public aces ques- tions".36. Lorsque la population mondiale a atteintle chiffre de 5 milliards de personnes (Ier juillet 1987), Ie FNUAP
9
a institue une "journee nationale" pour celebrer I'eveae- ment et diffuser des informations. De plus, Ie FNUAP a finance 1apublication de bulletins periodiques a I' intention des medias ainsi que de programmes sur cassettedestines a la diffusion par les stations de radio.
1. Participation de Is collectivite et role des organisations non gouvemementales fONG) 37. Plusieurs ONG du Nord operant dans different..
parties de la region out finance un certain nombre de petits projets dans Ie but depromouvoir laparticipation de la communaute dans la formulation, l'execution et l'eva- luation de programmes de population. Une bonne partie de leurs activites (principalement en milieu rural et dans Ie secteur agricole) est centree sur le developpement social et comrnunautaire, les programmes de sante et d'eau salubre, I'education et la formation". Grice aces divers projets, ces ONG apportent une contribution importante
a
la mobilisation eta
l'organisation des popu- lations au niveau local pour controler et gerer leur environnement physique et economique afin d'ameliorer leurs conditions de vie".38. A partir d'une evaluation du role des ONG dans trois pays (Kenya, Ouganda et Zimbabwe), il a ere estime que les ONG avaient ete relativement efficaces dans la foumiture de services a leur population cible et en ce qui concerne la participation des communautes defavorisees dans les activites de developpement, 11 y a des change- mentsrnanifestes dans certaines des conditionsd'existence des populations beneficiaires en termes d'emplois accrus pour les jeunes. de revenus supplementaires pour les femmes, de vaccination des enfants et d'approvisionne- ment en eau".
III. INSUFFISANCES DE LA MISE EN OEUVRE DU PAK ET/OUOBSTACLES RENCONTRES 39. En depit des efforts signales dans la mise en oeuvre des recommandations du PAK dans Ie domaine de la strategie et de la politique en matiere de population et de developpement, seuls 15 a 20 Etats membres (en 1992) avaient fcrmule des politiques de population explicites censees reduire les faux de croissance demographique rapide. Meme en faisant abstraction des insuffisances de donnees, des croyances traditionnelles fortement enracinees a propos de la dimension de la farnille (par exemple les valeurs culturelles liees Ala fecondite des femmes) du faible soutien politique, de I'msuffisance de I'mfrastructure, des ressources nationales et de l'expertise technique qui entravent Ie developpement des pclitiques de population dans la region, une incoherence subsiste encore entre la perception du probleme de Ia population et les mesures visant
a
attenuer les consequences des faux de croissance demographique rap ide dans les divers pays.40. Cela es dO, en partie, a la difficulte de formuler une politique de population. Les pays africains con- stituent une mosaique complexe de traditions, de tribus, de coutumes et de pratiques religieuses. En outre, les idees nouvelles progressent lentement et Ies opinions et attitudes doivent changer si ron veut fonnuler ou modifier une politique, sans parler de sa mise en oeuvre effective.
II faut un large consensus sur I'importance et la necessite
d'une politique"'. Avoir une impression generale sur une situation, meme correcte, ne suffit pas pour prendre une action ou creer I'impulsion requise pour adopter des mesure.sopportunes pouvant etre cruciales pour I'avenir.
II est necessaire d'avoir une comprehension et des methodes plusprecises,
41. Precisement, la formulation d'une politique de population en sci, bien que necessaire, n'est pas une condition suffisante pour provoquer une baisse des taux de fecondite eleves actuels. Plusieurs facteurs tant internes qu'extemes influencent I'aptitude d'un gouvemement l executer sa politique. Au nombre de ces facteurs la volonte et I'engagement politiques; une planification appropriee et desstrategies bienCOD<;Ues fondees sur une information fiable; des contraintes d'ordre culturel et religieux (par exemple I'opposition des chefs religieux et des notables, une mefiance generale l I'egard des pou- voirs publics, un conservatisme socio-politique croissant et une mauvaise gestion des ressources); des arrangements institutionnels pour Ie choix et I'application desstrategies;
la disponibiliteet l'utilisation d'informationsfiables pour evaluer les strategies; la frequence et la qualite de l'eva- luation des programmes; Ie degre de participation des leaders d'opinions et des ONG; et Ie degre d'mtegration des activites relatives
a
la population et au developpement, La conception d'un "plan d'action" efficace est un pre- alahlea
toute pclitique effective pour influer sur les taux de croissanceeleves actuels.42. De mente, la preuve empirique it partir d'une analyse des liens entre les niveaux estimes des taux de croissance, les perceptions signalees et les options poli- nques souhaitees ou expnmees de la part des divers rapports de suivi des Nations Unies ne revelent pas de scenario logique et ne refletent aucune realite, LaLibye et Maurice en constituent des exemples. Selon Ie deuxieme rapport de suivi des Nations Unies (1979), ces deux pays ont considere leurs taux de croissance demo- graphique estirnesde 3,8 et 1,6 comme "trop faibles" et
"trop cleves" respectivement. Et, landis que Maurice optait pour une politi que logique visantitfaire baisser son taux de croissance dernographique estimee, la Libye decidait d' elever son propre taux de croissance. Des considerations geographiques et/ou poliriques ont influence ces perceptions. Lorsque l'on examine plusieurs autres cas de pays, il devient evident que les perceptions indiquees par lesdits pays sont fonetion des caracteris- tiques generales des recenses : particularites geogra- phiques, politiques, socio-economiques - education, lieu de residence, etc. II est done futile de faire dependre les decisions politiques de cette analyse factuelle.
43. Outre la question des perceptions, il est connu que les annees 80 ont vu une deterioration des conditions socio-economiques dans de nombreux pays, Les pro- grammes d'ajustement structurel (PAS) ont ete institues pour rendre les economies nationales plus efficaces et plus performantes. Cependant, ils ont pratiquement mis un terme
a
la planificationa
long terme du developpement socio-economique,a
cause en grande partie du delai d'integration des variables demographiques dans la plani- fication du developpement dans une perspective de 10it 20 80S. Nul n'ignore qu'a part quelques exceptions, la plupart des plans de developpement dans la region sontIO
des plans quinquennaux, evidemment compatiblesavecles imp6ratifs d'ajustement l court tenne. La plupart des efforts de developpement dans la region sont
axes
8lJtl'infrastructure ella fonnation. Par exemple, en 1990, 14 pays avaienl &bli des commissions nationales de popula- tion pour coordonneretsuperviser 1a mise en oeuvredes activites de population; 29 pays avaient des unitesde population pour promouvoir une meilleure comprehension de la variable populationdansla planification du develop- pemenr". Une pareille allention n'apas ete donaee aux deux autres aspects du processus d'integrstionl savoir la defmition d'ua cadre coneeptuel et la diffusion de l'information sur la population et Ie developpement, 44. Concernant la fecondite et la planification familiale, tout porte
a
croire que les premiers programmes nationaux de planification familiale ont tous ete entraves par Ie manque general d' infrastructure et de personnel.En outre, la plupart d'entre eux dependaient du ministere de la sante, etaient en grande partie concentres sur les femmes et etaienl implantes dans.les zones urbaines. Les taux eleves d'analphabetisme et de mortalite infantile pre- dominaient tout comme le statut inferieur des femmes, I'accent mis sur la regulation de la feconditeet I'absence de mecanismes d'evaluation. Malgre les activites men- tionnees soutenues par Ia cornmunaute intemationale, la feccndite reste elevee, principalement du fait que la formulation des politiques n'arrive souvent pas
a
com- prendre Ie milieu socio-economique sous-jacent,a
savoir la famille ou plus precisemenr, la femme.45. Les PAS semblent avoir derourne J'attention de domaines cruciaux deI'institutionsocialeafrieaine comme la famille. A la lurniere de la severe regression dans dautres secteurs SOCi3UX (par exernple I'education, la sante, l'emploi) dont dependdirecternentla protection de la famille, le traumatisme dans les farnilles africaines provoque par I'inaptitude des parents
a
satisfaire les besoins fondamentaux des enfants est revele par I'accrois- sement de la delinquance juvenile, de la prostitution des jeunes, de l'abus des drogues, de l'alcoolisme, du vol it main armee ainsi que des crimes contre la propriete privee et publique. Lorsqu'il est question de developpe- ment durable, ces sympt6mes soot malsains".46. Dans Iedomaine de lamortalite etde la morbidite, les principaux facteurs qui expliqueot Ies taux de mortalite infantile, juvenile et matemelle cleves indiques dans la region sont la situation generalement defavorable des femmes. les facteurs socio-culturels et les pratiques traditionnelles qui favorisent la fecondite, la pauvrete, Ia mauvaise alimentation des femmes en grossesse, Ie faible taux d'alphabetisation des femmes, et l'acces limite/inegal aux soins de sante de qualite. Malgre plusieurs declara- tions, les services de sante de la region ne Mneficlent toujours pas de financements suftisants et sont mal geres.
Des strategies eprouvees (par exemple, approche des risques. l'utilisation d'accoucheuses traditionnelles formees, etc.) sont toujours en oeuvre dans des endroits isoles tandis que les structures d'accueil sont generalement incapables de rendre les services de base.
47. Dans Ie domaine de l'etude des migrations lntemes de population la typologie suivante a ete proposee:
mouvements des zones curales vers les mnes rurales, des
zonesurbaines vers les zones urbaines, des zones rurales vers les zones urbaines". Quatre types de problemes sont associes
a
ces formes de migration : concentration disproporticnneede la population urbaine et desprojetsde developpernent dans un au, au plus, deux centres urbains, repartitioninegale de la population urbaine et taux eleve d'emigration des zones rurales vers les zones urbaines.Le premier de ces problemes est de loin le plus visible dans la region: il traduit
a
la fois la nature circonscrite du developpement et 1ajuxtaposition de la prosperite et de la pauperisation de vastes etendues dans les campagnes.D'une part, si les mouvements d'une region rurale vers line autre constituent I'essentiel de ces flux migratoires l'exode rural constitue la migration la plus importante eu egard
a
ses effets sur Ie developpement. D' autre part, la migration des zones urbaines vers les zones rurales et les mouvements inter-ruraux ont pris de I'arnpleur et exigent des rnesures concertees et des ressources appropriees pour assurer le developpement rura!".48. Etant donne quil est difficile de definir nne repar- tition optimale de la population pour un pays donne", les polinques de repeuplement adoptees par les pays afri- cains onteu tendance
a
inclure des facteurs internationaux (par exemple, CEDEAO et UDEAC) et des facteurs internes (par exemple, la colonisation des tares, les systernes de remembrement des terres agricoles, la sed en- tarisation des nornades. la mise en valeur de nouvelles exploitations, etc,) ainxique les mouvements spontanes (par exemple, les restrictions it I'emi~ration vers les villes, Ie developpernent rural. etc.) el des politiques inclirectes(parexernple. le.;programmes dinvestissernent public, la reduction des tensions inter-ethniques par Its autorites administrative», de.).49. Ces politique..; nont gcncralement pas pu assurer efficacernent la repart.uon de la population. en grande p;trtie r;\n.:e qu'e!les xc tondarcnt sur des informations relanvement inappropricc-, et sur dc..; structures econo- IlllljUe'S traduisant line' situatlllll Je d~relllhmee
a
['2ganlU1l systeille economi4.uc lntemtttion ..d. Le scenario de rlan1f!calion du de\'e!uprcment met l'aLL'ent sur la nois-
';~Hh.:e
uu
PIB r1ut(l! que sur Ia lransformation socio- l'l·OIlOllllljlk· plus fpnJamentale has~e sur IA mohllisation effc'l'lin'. lk J'enst'mhle de la pnpulMI(1nd de.-; reS"Olll-.:es Ju krriloirl' nalinnal. Le" lnsut'ti.;an.:cs en matiere de fllrllllllatinn Jt' pollllques albnl Je pair ave ...· I'ltlcfticacile UeS mt'utIli ..;mt:s Ue L()orJinaliIHl~~ rn~T1tent c:galement d'etre n()l~cs.50. S'agissant
uc
1'~\'()lution UUH)le de la femme dans It:proc~ssus Lie Lieve!oppeme.::nt, malgre les eftorls mani- feste:-; fails par ks pays et la communaute intemalionale, seuls deS progre;s modestes onl ete realises dans Ie dOlllaine Lie la participation des femmesa
la politique et de I'occupation des postes de responsabilite tant dans Ie :.;ccteur public que prive. Nomhreuses sont Ie.::s entravesa
la promotion du role de la femme dans Ie developpe- ment. Pour n'en citer que quelques-unes, les programmes se heurtenta
des problemes d' ordre structurel car lesm~canismes nationaux n'accurent pas une place de choix au niveau de.::s pouvoirs publics et ne beneticient pas d'un tinancement suffisant. De nomhreux pays n'ont toujours pas adopk de politiques nationales sur la femme.:: et Ie dt!\'doppement. Le rtJle de la femme dans Ied~veloppe-
11
ment n'est ni apprecie 01 reconnu it. sa juste valeur, en partie par manque de donnees. Dans le dornaine de la sante, les pratiques nefastes (par cxcmple, les mariages precoces et les grossesses repetees. I'excision, etc.) restent en vigueur. IIexistetoujoursde graves lacunes au niveau des techniques mises au point par la recherche pourreduire Ie volume de travail des femmes, en matiere de production agricole, de stockage et de transformation.
par exemple.
51. Ainsi ,huit ans apres la Strategic de Nairobi et la mise en place de cellules chargees des femmes dans les structures gouvemementales, Ies programmes visant
a
ameliorer la situation des femmes, s'ils existent, demeurent generalement inappropries, imperceptihles et braises. Malgre la Convention des Nations Unies sur lelimination de toutes les formes de discrimination
a
l'egarddes femmes, la discrimination persiste. surtoat en ce qui conceme la situation matrimonialetI familiale, en depit de rnesures Iegislatives. La plupart Lies femmes tt des hommes ne connaissentpas les droits des femmes au regard de la lot ni ne comprennent les systcmcs jurid.ques et administratifs par lesquels ces droits doivent are exerces. Par exemple. pour susciter une plus grande participation de la femme au developpcment , il aelepro-
pose d'orgamser de" services consultatifset de formation internationaux de [aeon
a
permettre aux pay~ de partager leurs experiences en matiere d'alipnement de la l~gi~lationnationale relative
a
Ia situation de la femme sur les normes inremationales. Les mcsures dapplivaticmeftec- tive de cette propositiond de bien dautrc-; font defaut.52. S'ugissant des enfants et des jeunes. dans une cer- taine mesure, les activires de la premiere phase du Plan daction regional africain pour la jeunesse (ARPA Y) a satisfait la plupart des aspirations ct des besoins des jeunes. Cependant, un grand nombre de prcjets educatits et de communications dependent des infrastructures scolaires d sanitaires et des medias inaccessible-s
a
lamajorite des je.::unes. Par exemple, selon les estimations de l'Unesco concernant les taux bruts de scolarisatlon primaire, sur 44 pays disposant de.:: donnee.::s, les effectifs de 1988 ne depassent ceux de 1980 que dans 20 cas.
Dans 26 cas, la proportion J'enfants ayant I'age d'entrer it I'ecole primaire qui "ne vont pas
a
l't~cole" depasse de loin la proportion des inscrits·1O•53. De.::puisIePlan d'aclion de Kilimandjaro, la qualite de l"education de base dispensee n'a ce,,,s~ de baisser.
Les probl~mes auxquels se trouvent confront~sles Etats sont numhreux: et varies. lis conce.::me.::nt, notamment, Ie manque de structures d'e.::nseignement, la r~partition in~gale de.:: ces de.::miere.::s entre zones urhaines et zones ntrales, laran::t~des ressources tinarIL·i~res,1(: tau x eleve d'analphabetisme, l"lnegalit~des chance~, la haisse.:: des normes, la demntivatinn des enscignantset deS dudiants, ]'incapacite d'adapler le~ programmes ~LolalrcS aux besoins sociaux, culturels d economiques Lies jeuncs, d, entin, Ie nomhre rlt~lhorique de dipl{)m~s formts par rapport
a
la capaL'lk J'ah,orption du marehe du travail.L'utilisationJt:~ langues nalional~sJitns I'enseignemcnt, la promotion Lie l't'n..;cli:!nclllent Je .... ..;cil.':nl'C"; L.r Lies kch- niqueset la n.:lation enlrt: l'l"n,;cl~'nelllcnt d It:mOllllc du travail sont dt's JomalnCs DU l'~can c'ntrl' la thel)ric' c'l la pratique a sans Joule etc. IerIll" granJ.
54. Pourtant, pour entrer dans Ie vingt-et-unieme siecle, la jeunesse africaine "a besoin d'une strategie d' education adaptee • ce voyage dans I'inconnu", Alors que .Ie taux de frequentation scolaire reste faible, Ja proportion d'enfants quittant el abandonnant I'ecole reste assez elevee, la consequence etant que les programmes de population executes essentiellement dans Ie contexte scolaire delaissent un grand nombre d'enfants et de jeunes en dehors du systeme educatif officie!. De meme, Ie faible impact des medias, du en partie au manque de postes de radio et de television, et 1'analphabetisrne generalise limitent la portee des programmes sur la vie des jeunes.
55. II n'y a pas eu de suivi de la deuxierne phase du Plan d'action regional africain pour lajeunesse (ARPAY)
SOllS forme de controle de I'execution des activites pro- grammees pour la premiere phase, essentiellement par manque de ressources et
a
cause de lacunes dans la pro- grammation. Cela fait plusieurs annees que la troisieme phase aurait du commencer. Certains pays ont elabore des plansa
long tenne pour l'execution de cette phase.On esperait qu'etant donne que nombre d'entre eux s' etaient engages
a
executera
la fois Ie Progranune prioritaire de redressement economique de I'Afrique et Ie PANUREDA en marne temps que I'ARPAY, nambreux seraientceux quiferaientde la jeunesse une prioritedans leurs politiques et programmes nationaux de developpe- ment.56. S'agissant de la collecte des donnees, de Ia forma- tion et de la recherche, il apparait que face aux PAS et au manque d'organisations statistiques efficaces, la regularite des recensernents, malgre quelques ameliorations apportees aux enquetes faites pendant la peri ode 1980- 1990 par rapporl
a
la periode 1970-1980, reste en-deca des recommandations du PAK et aggrave davantage I'ecart de longue date existant entre les besoins et la disponibilite des donnees pour la planification. Par ailleurs, les institutions de collecte de donnees ont da faire facea
certaines exigences, notamment celles d'accroitre Ie nombre de sujets traites, maintenir la frequence de collecte des donnees, reviser sans cesse les methodes de collecte des donnees, mettre un plus grand accent sur les programmes d'eveluation de 1a collecte des donnees, faire davantage d'efforts pour arneliorer la qualite des donnees, procedera
une analyse approfondie des donnees, assurer la publicationa
temps des resuuars des recensements et diffuser Ies resultars et les etters le plus largement possible".57. Le manque de direction do it I'absence de docu- mentation sur Ies recensements passes (administration et organisation) et l'echec de plusieurs offices de statistiques dans I'elaboration d'outils efflcaces pour planifier et conduire des recensements constitutent un second prob- Ierne de la region (comme la publicit" limilee et la sous- estimation des besoins quantitatifs de materiel). Un troisieme probleme est la mauvaise definition du role des comites de recensement. Beaucoup reste
a
faire pour 1a pleine utili salion des donnees pour les politiques el pro- grammes de population.58. Trois problemes onl ete souleves pour ce qui est de J'amelioration des possibilites qu'offrent les enquetes par
sondage en tant qu'apport • Ja pJanificalion, • savoir Ie type de programmes d'enquetes mieux adaptes • la region (qu'il s'agisse d'enquetes speciales ou integrees), Ie choix entre les enquetes
a
serie unique et cellesa
plusieursseries et la relation entre les enquetes dernographiques et d'autres activites nationales de collecle de donnees. Les principaux problemes que connatr Ie systeme d'etat civil ont trait
a
I'insuffisance des fonds alloues par les gouvernements nationaux, au manque de motivation de la population, aux problemes lies aux fonctionnaires charges de l'enregistrement, it la gestion administrative et aux difficultes rencontrees dans Ies zones rurales (en parti- culier la difficulte d'acces, I'eparpillement des etablisse- ments, etc.). Bien que les progres realises scient limites, certains pays ont demontre leur intereta
mettre en place un systeme d'etat civil/enregistrement des faits d'etat civil depuis l' adoption du PAK en formulanl des projets en attente d'un financement.59. S'agissant de I'information en matiere de popula- tion, Ie projet POPIN-Africa a tente, pendant sept ans (1984-1991) de mettre en ptace des centres de liaison nationaux pour la collecte et la diffusion de I'information utile
a
I'IPPD. Les echecs sont largement dus aus diffi- cultes de conception et de financement. Les organes d'impression ont des moyens insuffisants ou sont inexistants dans Iaplupart des pays africains. En 1989, jusqu'a huit pays nepubliaientpas de "quotiJiens d'tnterer general"; ]a mejorite ne publiait qu'un quotidien, et la plupart des joumaux avaient un tirage relativement faible a cause d~ difficulres economiques et techniques et de problemes d'education et de distribution. En raison dela deterioration de la situation economique dans Ia region, Ie secteur deI'{nformation et de la communication, qui n'a jamais figure parmi les grandes priorites pour I'affectation des ressources publiques, sera probablement neglige, ce qui lirnitera davantage I'acces de la majorite de la population aux medias".60. En ce quiconcerne les ONG,on a assiste
a
I'emcr-gence d'ONG africaines locales pendant les annees 60 et
a
leur expansion rapide pendant les annees 80. Ces ONG de la deuxierne generation partagent I' approche du developpement de leurs homologues du Nord quanta
la necessite d'mvesrir dans Ies populationset de promouvoir la participation des communautds de base au developpe- ment. CepenJant, etant donne qu'elles sont de creation relativernent recente, elles n'ont 'pas encore eu suffi- sarnment de temps pour eteblir une tradition dactivitesa
la base. Elles n 'ont pas de ressources propres - et dependent done de financements exteneurs - et a'attelent encore
a
asseoir leur leginmite. Etant donne l'ampleur des problemes de developpement et Ia tache qui leur incombe de toucher les populations non desservies dans Ies differents pays, les avantages qu'offrent leurs activites.qui sont parcellaires et isol~es, demeurent trop limites.
Pour avoir plus d'impact, Ies nouvelles ONG locales devront travailler davantage en collaboration avec des organisations multilaterales et bilateraies et coordonner leurs activites avec d'autres petites organisations et des organismes publics.
61. Par ailleurs, il manque aCeS ONG un centre d'interet soutenu faisant I'ohjet d'un programme et elles ont tendance
a
passer d'un projet sectoriela
un autre 12selon le financement disponible. Cette incapacite
a
collera
leurs objectifs et a leur mission d' origine ainsi que l' irnpossibilite de se specialiser dans des domaines de competence particuliers rendent inadaptees les connais- sances de ces organisations et impossible la poursuite de tout programme ou objectif particulier. De meme, elles connaissent une penurie de competences specialisees en matiere de planification, d'execution et de suivi, de systernes de cootr6le financier et administratif et d'evalua- tion.62. Dans toute la region, il n'existe que quelques mecanismespermettant aux ONG locales de partager leurs experiences, avec pratiquement pas dereseauxpermanents et de structures de communication viables et efficaces, tant au plan local que national, pourechangerles informa- tions ou diffuser les innovations et les succes. Ily a par consequent un manque notable d'informations concernant les efforts des uns et des aut res. Certaines indications montrent que leurs programmes et projets sont repris par d'autres organisations ou par le secteur public ou que ceux-ci ont des effets par ricochet lorsque les avantages vont au-dela de la population cible initiale. En outre, elles n'interviennent pas de facon decisive dans Ie pro- cessus politique, ont une incidence pratiquelimiteeet sont generalementincapablesd'exercerune influence au niveau macro-econornique, et encore moins influer de maniere systematique sur la structure de I'apauvrissement. L'on ne saurait toutefois sous-estimer le fait que les ONG locales travaillent dans des conditions difficiles, Le defi qu' elles doivent reiever consiste a decouvrir et mettre en place une structure et un processus organisationnels qui englobent la gestion professionnelle modeme tout en maintenant les avantages comparatifs, I'orientation com- munautaire et Ie caractere participatif des ONG locales.
IV. PROPOSITIONS EN VUE D'UNE NOUVELLE ORIENTATION DE LA MISE EN OEUVRE DU
PLAN D' ACTION DE KILIMANDJARO (PAK) 63. Etanr donne les obstacles a la mise en oeuvredu Plan d'action de Kilimandjaro susrnentionnes, la Con- ference doit examiner la nature, la portee et Ie contenu des recommandations du Plan d'action pour tenir compte des nouvelles rea-lites socio-econorniques de la region. Le syndrome du SIDA, Ie problerne desrefugreset le pheno- mene de la migration de retour des zones urbaines vers les zones rurales et 13 question de lenvironnement, deja presents en 1984, ont pris de I'ampleur depuis I'adoption du PAK. II convient d'en reconnaitre l'importance. Par exemple, l'accroissement rapide de la population et les pressions croissanles qui en resulrent sur les terres ainsi que I'mtensification de la croissance industrielle depuis J'adoption du PAK ant provoque une crise ecologique dans toute la region. Les aspirations croissantes des populations partout, la poursuite de modes de vie a forte intensite d'energie, la rapidite et la gravite de la deser- tification et de la deforestation ont contribue it. rendre pratiquement impossible tout developpement durable 51 des changements majeurs n'mterviennent pas dans les priorites de developpement,
64. Dans ce contexte, etant donne que les PAS ont eu et continuent d'avoir une incidence negative considerable sur la capacite des pays
a
faire des "progres satisfaisants"13
dans l'elaboration de politiques en matiere de population, il incombe aux dirigeants africains la responsabilite d'elaborer des plans prospectifs
a
long terme, de pre- server l'environnement etderalentir l'accroissement de la population dans le cadre d'une strategie integree. Les politiques et programmes de population ne pourront apporter d'ameliorations a long termea
I'environnement ou favoriser les perspectives d'autonomie et de develop- pernent durable que s'ils sont mis en oeuvre en IDeIDetemps que des mesures visant
a
faire face aux causes les plus fondamentales de la degradation deI'environnement,a
savoir Jes consequences de la guerre sur l'environne- ment, les technologies polluantes, Ie gaspillage liea
la societe d'abondance et les mauvaises politiques d'amenagement des terres et des zones urbaines".65. Les mesures de politiques de population devraient, en premier lieu, incorporer les facteurs reconnus dans le Cadre africain de reference pour les programmes d'ajuste- ment structure! (CARPAS) qui decoulent de la correlation etablie entre population et developpernent dans Ie cadre de la crise nationale. Elles pourraient ainsi repondre aux realites socio-economiques. Cet aspect du cadre con- ceptuel de l'integration des variables dernographiques dans la planification du developpement est longuement traite dans un manuel recemment publie par la CEA. Les pays devraient s'inspirer des principes directeurs foumis dans ce manuel. Les deux aspects du processus d'integration qui n'ont pas r~u
a
ce jour une attention suffisante (Ia definitiond'uncadre conceptuel et la diffusion de Iinfor- mation generee par Ie processus) devraient etre adoptee et intensifies.66. En deuxieme lieu, dans Ie cadre de la nouvelle orientation tendant
a
accelerer la mise en oeuvre duPAK, les pays devraient aspirera
faire haisser leur taux de fecondite en favorisant des mesures telJes que: i) Pinstauration d'un environnement politique stable et l'affirmation d'une ferme volonte politique; ii)I'etablis- sement d'objectifs demographiques: iii) Ia mise en oeuvre de mesures juridiques (par exemple, retarder J'age au manage, reevaluer la legislation sur I'avortement et la sterilisation); iv) I'arnelioration de la situation des femmes tout en leur permettant d'avoir accesa
la contraception;v) la mise en place de programmes de sante matemelle et infantile consequents; vi) la mise en oeuvre d'une colla- boration etroite entre les secteurs prive et public; vii) la mise en place d 'une base institutionnelle solide pour l'integration des variables dernographiques dans la plani- fication du developpernent; viii) la decentralisation des systemes de prestation de soins de sante (y compris la planification familiale) dans les zones urbaines et rurales allant de pair avec l'utilisation accrue du personnel de sante et d'autres systernes de foumiture des rnoyens con- traceptifs: ix) l'allocation de ressources suffisantes a la mise en oeuvre des politiques en matiere de population; x) la mise en place de capacites de gestion appropriees au niveau de I'administration du programme national de planification familiale.
67. En ce qui concerne la mortalite etla morbidite, les pays devraient non seulement adopter le Cadre africain pour Ie developpement de la sante mais egalernent les plans d'action de leurs programmes nationaux de popula- tion devraient englober ses ideaux. En effet, etant donne