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18"" -ANNU NOUVELLE
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CULTUREL INTERNATIONAL
REVUE PEDAGOGIQUE DE L'INSTITUT COOPÉRATIF DE L'ECOLE MODERNE (PARAIT 3 FOIS PAR MO 1 S)
!flU111111111111111111111111111111111111111111111,!
§ Dans ce numéro ~
- -
5
C. FREINET : Encore les poèmes ;:5
d'enfants. :- -
i
M. PORQUET : Quo leur joie ::E
demeure.E:
- -
5
Livres et revues5
- -
5
R. LALLEMAND : L'éducation enE:
E
URSS (interviow de Jean Ro- :=
a:1urt)=
- -
5
?IDACOCIE INTERNATIONALE=
- -
5
L'imprimerie à l'Ecole en Allema-E S
tne. - Les places de jeux de5
=
Stockholm. - Le cinémi et la=
S
délinquance juvénile (Italie).Ë
i muu1111111111111111111111111111111111111111Fr
(Photo Guérin)
:!l l l l l l l li l l l l Ill l l l li l l l l l l l l l l l li l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l li l l l l l l l l l l l l l l l l li l l l l l l l li 111111111111111111111111111111111111111111 r.;
- -
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: L'E D U CA T E U RTARIF !
FRANCE. . . . . . . . .DES AJJONNEMENTS
. . . . . . . . . . . . . . . . 1 an 900 fr.~ - ~
§
3 numéros par mois ETRANGER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 1.1 OO fr. : ::; 1 numéro culturel C.C.P. Marseille 115.03 au nom deË
§
2 numéros de travail Coopérative de !'Enseignement Laïc - Place Bergia - Cannes (A.-M.)5
; 111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
i F.
FÉ VRI ER 1' 9 5 6
C ANNES (Alpes- M ar itim es) 13> EDITIONS DE L'ECOLE
M ·O D E R N E F R A N Ç A 1 S E
LES DITS DE MATHIEU
Bréviaire · de l'Ecole Moderne
Ne faites pas de l'inutile travail de soldat
Vous connaissez l'histoire - qui n'est pa s
un~charge
~de cette corvée de cinq hommes et un ca poral qui avaient mission de transporter, à l'auirç bout de la cour, un tas de gra v,er encombrant. ' Il y faut la mise en train, bien sûr, et ;amais accélérée car la besa- gne n'est évidemment pas emballante. U n quart d'h eure
apr~,l'équipe est à pied d'œ uvre, si l'o"t1 peut parler en l'occurrence d ' équipe et d'œ u - vre : un soldat tient les mancherons de la brouette ; il s'a,ssiéra d essus quand il sera fatigué. Un deuxième surveille la roue et s'assiéra
dess~~pour faire équilibre. Et les hommes munis de pelle ? lis surveillent l'adju- dant et, quand celui-ci regarde, hop ! une pelletée de gravier ...
« Levez-vous de là, ose un bleu malin. A moi tout seul, j'en fais plus que cinq équipes réunies ...
- Il ne s'agit pas de cela, répondent les hommes d'expérience. Nous ne sommes pas dans le civil et tu n'es pas payé aux pièces. Tu vas déranger tout le monde : les copains qui N 'ont pas env ie de travailler, le caporal qui doit nous surveillet' ici jusqu'à la soupe et l'adjudant qui te dira s érieusement, q1umd tu auras fini : « Recommencez ... Ramenez te tas de gravier où il était !
nQuand tu seras chez toi, tu mettras ltM bouchées doubles. Ici, on fait du travail de soldat. Ça n'a ni. but ni raison d'être. C 'es t fait pour embêter les militaires et faire croire aux contri- buable s qu'il faut à la caserne une main-d'œuvre abondante et spécla, Usée. n
Pourquoi faut -il, hélas ! que la technique scolaire rappelle si souvent ce travail de soldats ? En avons-nous déplacé inutilement de ces tas de gravier dont les ma nuels restent bourrés ? En avons-nous fait de ces exèr- cices qui n'ont pour fonction que de noircir des cahiers et de remplir.
avec discipline, les heures désespérantes que rien n'anime ni ne no urrit ? L'avons-nous entendue la form ule f atidique : A refaire I
Les soldats et les ch a nsonniers rient de bon cœur du transport du gra vier, de la corvée de patates, du nœ ud de cravate ou de la position du calot. Il est vrai que les chefs pensent peut-être sérieu sement que ce sont là des éléments déterminants de la préparation du soldat à $a fonc tion de combattant.
On n'a pas encore eu l'i!!ée de cha nsonner les désespéran ts exercices de /'E cole, l'encre rouge dans les cahiers et ce rythme uniforme et lent qui fait qu'une classe marche au pas - physiqueme nt et intellec tuelle- ment - dan s l'ordre et la discipline, et que p our maintenir cet ordre et cette discipline, elle doit livrer bata ille au x enfants trop rapides ou trop consciencieux, à ceux qui ont trop vite fini leur devoir qu'on ne p eut décemment pas faire refaire. Il y a une loi du milieu scolastique.
Qui essaie de la violer jette bas tout l'édifice.
Vous devez courir ce risque. Examinez loyalement chacune des acti- vités que vous prévoyez pour vo tre classe. Faites la chasse aux tra vaux de soldat, et si vous y êtes provisoirement contraint, sachez que ce ne sont que tra vaux de soldat, sans but ni résultat.
Galopez, galopez I Enthousiasmez vos enfants pour qu'ils allient toujours plus vite et toujours pl::s loin. Il vous suffira de prévoir suffi- samment d'activités - et nous en sommes heureusement riches - pour nourrir le besoin de créer et de réaliser.
Le travail de soldat, voilà l'ennemi !
\
;:
..
... .
-- f• ••
1
Dessin d'Alain Corard
~ous
avions _écrit, l':;in dernier, quelques longs articles pour
f~1rele point. du poème d'enfant dan s nolre J1édagug1 e mod erne. No us nous étions appli- qués, exe1nples
àl'appui,
àdire ce qu' il ne doit pas être, et ce qu 'il peut ê tre ce qu'il doil être dans la généralité do nos
classe~.Nous
no~srendons compte,
~lla. leclure des jour- naux scolaires, que nos conseils sont bien souvent restés sans effet et que rar es sont encore les classes où le poème d'enfant. s'épanouit colllme une fleur nalurelle, sans forçage ni apprêt.
Nous tenon s
àredire
à.nos lecteurs la place émi- nente que la poésie et l'art. enfantins tiennent da ns le système éducatif que nous nous appliquons
ilpromou voir. Il s permettent
àl'enfant d'échapper
ùl' envoùtement paral.''sant des olJligalions scolaires
àbase de principes, de règ les et de devoirs et de réussir cla ns n os classes avec ce rnaxirl'lurn d e mai- fri se qui est. comme le sel du tràvail.
Par le dessin, par la. peinture,
parle poème et le cha nt, l'enfant dépasse d'un bond la scolastiqu e trart iti onnelle et a tt eint
àdes sommets que les édu- cateurs se refusent bien souvent.
àlui laisser tou- cher. La maitri se ne saurait se conquérir que dan s les déceptions et les larmes
!Gagne r clans nos classes la bataille de l'art enfan- tin,
Ir\bataille des dessins, des pei11t ures el d es poèmes, est pour notre pédagogie, beaucoup plus vita l qu 'on ne le suppose. Nous allons, une fois en core, nous
yemployer.
Nous demandons
cl'abord
ànos adh érents de s'in- téresser à l'art enfantin dans le cadre de notre Péda- gogie. Ils se rendront bien vite compte qu'il ne s'agit point là d'une activité de luxe,
àpratiquer de temps en temps
àcertaines heures creuses, mais que c'est, au contraire, l'élément vital qui est susceptible
d 'élever magistralement le tonus moral de leur
classe, "<l'opérer des rattrapages i,ensutionn els, de
(Nt 0 Rf
Lf S f Of Mf ' S
O'f Nf ANTS
re donner de l'élan et. de l'espoir, et de montrer aux parents aussi un aspect. - dont ils sentiront la valeur - de noire conception nouvelle du travail des enfants.
Lisez les
N°•spéciaux de
l'Eclucateurque nous avons consacrés a qx. poèmes d'enfants :
N°
du
1••ja nvie r
1954. - C'est la. vie (1••jan- vier
1953). - Ailes Fleuries (terjanvier
1952). - Poèmes cl'enfo11tsW' janvier
1951). - Fleurs écloses (1"'janvier
1950).Achetez, si vous ne ) 'avez déjà, notre livre des
Enfants-Poètes (1) ;r elisez, avec vos élèves, quel- ques-uns de ces bouquets fra is et neufs que
La Gerbea rbore
àchaque numéro , comme
unflambeau.
Alors, vous deviendr ez, du m ême coup, sen sibles
àl'indigence des faux poèmes classiques d'enfant s el vous éliminerez d es journa u x scolaires des hor- reurs qui ont p euL-être rythme et rime, mais qui n'ont rien de commun avec la poésie que nous exa l- tons.
Voici, cueillis, hélas
!dans des pages toujours trop nombreuses, trois spécimens des
faux poèmesque nous ne voudrions plus jafll ais voir da us a ucun journa l scolaire . Supprimez- les, invit ez vos corres- pondants à en faire autant. Ce sera le premier geste de comp réhension, le premi er pas sm· la
voiroit nous vous engageons.
NOTRE IIJE ST LOUIS St, Louls est une granilc ile Avec un pont à plusieurs piles On y porte llans ùes charrettes De pleins saos de cacahuètes Dans les rues
se
promènent De superbes dJguènes(1)
E<:olc Moderne, Cannes.
Priiç 6iOfr ,
L/ E DUC ATEUR
l\1al11 mol, tous les matins
Avec un petit morceau etc llalo Je cours vite prendre le car Avant huit heures füoins le i:uart Pour arriver à l'éco:e
Sans attendre ma sœur Nicole, L'AUTOi\L'IE L'octobre est là ; Et l'été pcaauct s'en va.
Soir et matin ta brume s'étale Sur les prés et tes jarcli11s p.iles.
Les hiromlellcs, Que le froicl pique, Ont f'ilé vers l'Afrique, Elles sont p:lrties,
En traçant de!! sillons noirs Dans le ciel g1·is.
Les fcurtes tombent mollement Laissent tes arbres dépouillés, Et jonchent les \'ertes prairies De leur parure clorée.
Et voilà l'automne, Saison triste et monotone.
LES POi\fi\ŒS DE TERRE Les pommes de terre
Poussent dans la terre.
Quand je vals en arracher Je !lTCnds 11ne fourche et un 11anler.
Quand maman m'appelle pour les peler Je lut cric : u C'est prêt! ,,
L'autre jour, j'en ai mangé Et je me suis régalé.
J
ene fera
ipas aux camarades l' injure de
leur expliquer pourquoi de tels tex tes ne so1ll pas des poèmes, mais tou t
aup'.us de très rnauYais ,·ers.
Nous
allons
e!'savcr de
con<>lruire en ré.,u111ant d'abord ici qu
P:ques-11nsdes principes
e ·sentielsde la poésie. Ce
sont d'ailleurs. toujours, des prin-
cipes exccssiHrn
ent slinples,qu
e lc•
s cnfnnlscom prennent fort bien, 111
'.eux sou,cnt. cl plusvil
e,qu
eles éducateurs d
éforméspar la
scolnstique.
-
Dites- vous bi
end' abord qu
ela poésie n
'est nila ri111e ni le ry
th1ne,pu
isqu
'un 1
110n·c•au deprose peut
èlre très poét ique,
cl qu'il
y a. \OUSle
sa\CZ, une
émouvanlrporsie dan
sl'
éclate111e11tdes
boutonsd
el' amandie r
qui,hrnsqu
ement,rrgardl'nt
/>tonnés la clartédu printemps qui. s'annon
ce.Da ns
rert
aines œu,•rt•s, le ry tl1111c rl la r;me
a jn11-tent inco nt
esa
1•lemenlune mus ique
clune harmon ie qui les font
6lc1 neli
es.!\fais nous \
nusdonn
onsto ut de
suite un
conseil: Ne
.vouslancez jamais dans
levers
c·assiquc;
supprimezlrs rirncs -
ou,du 111
oins,ne les
rechr1·rhrz pas ;ne
\"Otishasa rde z
jamais à imite r
et ;\ copierdes \"
ers,rnême s i cr
sont ceuxque
\OUs ai111cz dan
s \"OSn1a11uels
oudont la 1nus iqu
e chante d
ans votre tète. Vou
s i:crez ains i débarras
sésd' un premier
souci etvous
aborderez,neufs et
sans complexes,le prolJlèrn
cde la poésie
enfantine.- 1
e vous posez pas
laques tion d
e savoir si les poèmes de vos en
fants s'inscrivent un tant
soitpeu dans les canons d
espoèmes acad
é111iques.Pas plus que vous ne vous appliqu
e1·ez ùimiter Picasso ou i\la lisse qua nd vos
enfants dessinent ou pei- gnent.
Nous ue prétendons pas conc
urrencer les o.dult os a
rtistes ou poètes. Nous voulons s
eu'.emcn t
laissernos enfants s'exprimer avec un maxi mum de pro-
fondeur eld'élégance.
-
i\lais qu'est, pou1· nous,
lapoésie
'7C'est sur pièce,
i\même les
textesqu
evous le comprendrez
et que vous le ferez comprendre.
Il
ya, pas seulement pou r les enfants, mais uuss i pour les adultes, un lan
gage courant, stéréotypé,qui n
es'exprime que pa r
clichés ; ces mol
s cesi111ages el ces phrases qu
rnous
avons
tenda1~ce i\ressortir sans
cessepour
lesme ttr·p
ùtous usages,
el quisont tellement usés qu'ib 11'éveil
lc11lp
lusen nous que celle
lassit udcde la d
etrop quotidi
enne.Lundi
dernier,
ma lanle faisait la lessive ... Jeudi~tpr~s-midi, papa /n1Jo11rnil depuis u11 momc11/ q11a11tl 1/
_me
dit ... Pflr unc trap71e jP. fai.rnis dcsr1'1Hlrc du fow tla11s la granye ... Je suis allé as.~isler à u11e chasse d courre ... Les ]Jiqueurs défi/ère11l pour aller manger ...i\la
ls est-cedonc pur se ul
souci d
'originalité
etde renom e'.lemenl que nous devons essa yer d
e'1
6passer cette prose trop prosaïque? P
eut-être alors objcc-
~;;~;~éo ~o~~c
l'~~ f~~il, c~t ~~~h~o~~u ~"~~~.\~s: ·:C~~::
rence, une
opiiquetrop prétentieuse.
'on, il s
'agit \'raiment <l'autre chose.
Cette
tante qui fait la
lessiven'esl pc11t
-ètrcpas
commetoutes
lestn.11les qui font
lalessi\'e. E
ilca
snnsdoute des
~estes,des
habits,1h·s réac! ions, un
epensée qu
i soulbir
n ~lelle et qu'
unéc1·ivnin
detalent saurait m
ettre envaleur dès le début... P
apa
labourait... ~laisétait
-ilvraiment
scn1hlable iltous les papas· qui
lnhourcnt,dans un
emême atmo-
sphère? N'ya-t
-ilpas quelque choi:e. nu
rontrn
ire,qui
se sentpeul
-êtrep
lusqu'il ne s'
explique,qui le rend plus partic ulièrem
ent. significatif et émoll\ant?
Les piqueurs c léfï
ontpour al
ler manger ... Vrai- ment
rîy a-t-il qu
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e soucide mmrge r, leur hesogne
faitc, dans cc
rléfil~ drspique11rs? Nr pnmrinn
s-nous rien
sentir deplus profond
et deplu
sri
cheda ns les fig ures de
ceshommes qui
virnncnt de ha rcelcr
lecerf ?
Ces formules el ces phrasrs c'.ichés,
sans modelé ni profondeur,
ce sont lesclichés d
'runateurqui
sorlcntdes
appa reils ma nœmTéS san
slalrnt
el snnsnmour, par drs hommes qui ne sa \ ent fi>.1·1
· sur la pellir ule que lu
fnrmp extérieure,froid
e el imper-
sonnel!r,qui ne dit rien. L
'amateu r photogra phiera a
insi la ta n
tequi fuit
lnlessive,
lepnpn qui
!ahoure etles piqu
eursqui vont n1a ngPr
... Cr srra sanshis toire
el sansémotion.
Mais qu
e selro11vP tlrrn11l les 111è111Ps pr rso nnagcs
rtles ml>me!' siluation
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ne se conlPntepas de la forme, m
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\'CU[ et sait, sur sapcllieulc,
lransrrirrdPs
pPn~éPs,des
sensa-tions
et des sentiments; il
saura choisir un moment du
geste, dansl'ambiance particu lière 1
l't111fonds qu
in'
estpas étranger à l'é111oti
onde la
scène,il
éviterapeut
-êtrele
crnde la lumière, lui p1•éférnnl l'ombre disc
rèteµlu
s suggestive. l\Ia
isl'œuHe a
lorsnous lou
che et nousé1neul. Nqus ne regarcl.on
splus qu'accident
elleinenl
celte forme com111une, 111aisnous nous
laissonspé11étrer par
cellepoésie à la- qucï
enou
s n'a\ ions, du premier
coup, su
att
eindre.Nous voyons et nous penson
s en profondeur.
Il
faut que, non
scule111ent dans nosessais poéti·
L'EDUCATEUR
ques mais dans nos textes eu prose de tous les jours,nous dépassions ainsi la photo d'amateur pour voir plus loin que la forme, la pensée et les senti- ments qui sont les \'l'ais éléments vitaux de nos textes.
La chose est, nous le répétons, beaucoup plus facile qu'on ne croit. Le plus gros obstacle est nolrn propre formation d' " amateurs "· i\lais les enfants s'habituent très vite ù dépasser cette forme. Ce dépassement leur est. m(\me naturel. Nous leur reprochons parfois de ne pas Yoi r a \'CC une suffi- sante précision la réalité des choses, et de l'em- brumer de création et de rêve. Un fait est C'ertain : l'enfant non déformé, sent, comme les poètes, par des antennes o!'iginales el subtiles qui lui fo11t volt·
et interpréter le monde avec une optique qui leur esl personnelle, et à laquelle le pédagogue, par fonction, donne la chasse.
i\lettez vos enfants, ou remettez-les, sur ces nou- velles pistes et ,·ous aurez les poèmes originaux qui, sans rime ni rythme, rempliront leur fonc- tion d'éducation artistique et d'éducation tout court.
Un de nos élèves, nou\'eau ,-cnu, qui n'a que dix ans, mais a beaucoup lu, nous apporte le poème suivant :
LA RUCHE L'hiver a succédé à l'aut-omne.
La neige est là recouvrant tout De sa blancheur immaculée et calme.
Plus de fleurs, plus de joies.
Les arbres se sont recouverts et dorment.
La ruche est à sa même place
Sous le même chêne relevant majestueusement la tête.
Mals où est passé le joyeux bourdonnement Qul, autrefois, jetait ses accords mélodieux Dans le pré
Les abeilles dorment
La-nature est morl-e mals se réveillera de son grand sommeil blanc.
Les enfants eux-mêmes onl détecté très vite ce qui, dans ce lexie, n'était q11e vnine litf{>rnfnre.
QueJq-ues explications et l'auteur reviendra
aux
sensations \Taies et à la simplicité.Quelques jours après, faisant suite à des essais plus ou moins fructueux, nous imprimons de ce même élève :
LE i\fiMOSA Gentll mimosa doré Tu embellis la campagne De tes 11ctltes perles d'or.
Au bord du sentier Les enfants te cueillent Et te portent en brassées Parfumées.
El tes feuilles dentelées
Te font « éventailler »» par le vent Doux,
Gentil mimosf1 doré.
DEUX PETITS ENFANTS Deux petits enfants
Veste rouge et pantalon gris Sont venus
&e donnant la main Et trnttant menu
Sur la route aventureuse Les deux petits eninnts
Pompon rouie el cavucholl gris Retournent en trottinant.
Nous ne disons pas que ce sont des chefs-d'œuvre.
Ils témoignent déjà d'une sensibilité qui s'aiguise el d'une' maitrise de lu langue qui est au moins honorable.
Avec la mème aisance, avec le mème souci de profondeur et de poésie, nos enfants iront ensuite plus avant. Les deux exemples ci-dessous vous mon- trent que, dans celle voie, nous ne sommes pas dans une impasse mais que nous ouvrons à nos enfants la roule large et. féconde de la sensibilité et de l'idéal.
LE VAGABOND DES CIEUX Toi,
le beau vagabond des cieux tu as rôdé près de moi mystérieux et pensir.
Tu as marché à pas légers sur l'amour, Toi,
le beau vagabond des cieux tu es passé
devant mes yeux et tu as volé vers les cieux.· Toi,
le beau vagabond des cieux tu es resté attentif
devant mes yeux regardant les cieux,
C. F.
Alain BARTHOT.
L'HOJ\IME BLANC L'homme blanc
JJabl!Jê de noir
Est passé dans l'air léger li a laissé son blanc mouchoir Négligemment accroché
à l'arbre, aux toits cles chaumines, au g-rand c:ochcr du manoir ...
Et les cloches du manoir ...
Ont sonné si douces clans la brwne Que l'homme blanc
S'est endormi.
Le mouchoir de l'l10mme blanc était tout petit
clans la brume.
Et pourtant ce mouchoir Qui n'était pas grand
i\ couvert la montagne des rêves.
Des rêves des rieUts enlants Immenses dans la tourment~.
Le calme clu soir de nouveau est descendu.
Les arbres chuchot.'llent les secrets Que personne ne connait,
L'homme blanc ressusrité Avançait à grands pas Et semait à pleines mains par les prés et les chemins Les perles blanches de l'hiver ...
France CLASTRIER.
L'EDUCATEUR
LE POINT SENSIBLE
Nous recevons de notre ami Lnurenl, Inspecteur Primaire à Dinan, le projet suh'ant :
11 s'aait de 7Jl'ojetel' l'eJ:posilio11 que nous ferons à Sai11l-Brir11c da11s la qtti11:ai11e d'après Pdques.
Faut-il la co11cevoi1' sotts 11111' for1111' r/l>ur111w trn- dilio1111el/e? Je 11e le pense p11s.
Choisir un tl1èmc, 011 1nie1u, 1111 motif.
J'ai proposé aux camarndes «Le point se11sifl/t' "·
Mettre en évide11ce ce moment délicat. parfois im- pel'ccptiûlc, où /'cnfcwt sent, prcsse11t co11{11séme11t, est sur le point de rléco1111rir /'1!111otirm, l'e.rplicotion, Ici rnison qui fonrlern l'étape d 11e11ir. C'c.~t Dnnie/
qui, dans sa conférc11c1• ci Di11011. 11ous a frtit toucl1er
<ln doigt celle notion que j'ai retrouvée aujow d'hui en 71ar/a11t aux adeptes de la 111rllwclr 1111/urcl/e P11 lecture.
Alors, combien serait. sianifica/ive une e3-·po.~ilio11 qui, d'un côté. ferait percevoil' tes le11/s ldtomie- menls, 71/acerai/ au sommet le 11oi11t se11sible cl, s11r L'autre pe11te, le rléro11/ement consécutif rie la 1·éali sation d'une omvre oit de soi-lllt!me.
Gageure difficile, el qui
m e
te11te ! Qu'en pensez-vous ?Nnus ne sn11rions lrnp ronseillPr fi l\J. Ln11rent rie réaliser son idée. Ce sera sans cloute clélical, mais c'est justement parce que c'est délicat qu'un esprit philosophe et compréhensif doit essayer.
• . ... ...
n.,r n n nwe ..,.,11 en faut si peu pour qu'un enfa11L remonte la pente et soiL sauvé. i\Iais, cc peu est d'une qunlit6 particulière, qui n'a pas de com1111111e mesure avec la pédagogie. Nous touchons là un domaine encore inexploré pour l'étude duquel le Pavlo,•ismc pour- rait nous ètrc d'un grand secours.
C. F.
....
u uPOUR BIEN ORGAN ISER
notre travail pédagogique, il nous faut la c ollaborat ion de camarades connaissant l'an glais, l'allemand, l' espagnol, le ru sse
Les camarades auront remarqué l'excellente documen- tation italienne que nous publions depuis un an. Nous la devons à Ines Bellina, qui connait parfaitement l'italien mais qui ne se contente pas de traduire mécaniquement
c~ que nous lui envoyons. Elle détecte, dans les publications que nous lui transmettons, les articles et les passages d'ar- ticles qui intéresseront plus particulièrement nos lecteurs.
11 faut absolument que nous trouvions la même bonne volontf., et une compétence appréciable aussi, pour l'ansl.iis, l'allemand, l'espagnol, le russe.
Qui s'offre pour ce travail?
La valeur documentaire de notre revue en dépend.
,., ... ...,..., ... .
APPEL
aux adhérents non inscrits au Congrès de Bordeaux
Un millier de camarades p•rticipent chaque année à nos congrès. Mais une dl:raine de milliers d'autres, empêchés par diverses raisons, en su'vcnt les tra- vaux, participent à sa prépar,tion et bénéficient directement ou Indirecte- ment du travail réalisé.
avant1gés au change ou convenablement payés, peuvent assurer les frais de leur participition. Mais il en est, comme les camarades italiens, les camarades d'Afri- que ou ceux de piys plus éloignés en- core, qui ont de gros frais à engager pour être des nôtres.
Nous avons pensé que les adhérents à notre mouvement qui n'assistent pas au congrès, et qui ont conscience ce- pendant de la nécessité d'une Impor- tante part'cipation internationale, vou- dront bien nous aider d1ns ce geste d'accueil fraternel.
Nous invitons toujours à ces oongrès les camarades des groupes frères des pays étrangers. Quelques-uns parmi eux,
Chaque année, au con~rès, une sous- cription est faite pour aider ces cama- radn et assurer au moins leur héberge- ment gratuit. Seulement, les partici- pants aux congrès entiment eux-mêmes sérieusement leurs réserves pour faire le déplocement, de sorte que nos appels sont toujours relativement peu fruc-
tueux.
Si queloues centaines de camarades voulaient bien verser 500 à 1.000 fr, pour le fonds d'aide pour le congrès, nous serions en mesure d'assurer à nos invités un accueil digne de l'Ec;ole Mo- derne.
Prière de verser les fonds à la Coo- péritive de !'Enseignement Laïc, 115.03 Marseille.
C/J-euillez nole~ ... + Que vous devez souscrire au livre de Frei·
net: LES METHOJlES NATURELLES DE LA PEOAGOr.IE MODERNE et aux 4
Dl~QUESDE DANSES FOLKLORIQU ES (voir derni er n° ),
+ Qu'il faut vous faire inscrire d'urgence pour le Congrès.
+ Que le stage d'été de l' Eco le Moderne a ura lieu à Boulouris (Var) , du 27
ao~ta1-1 2 sep- tembre 1966,
+ Que notre magnétophone à 125.000 fr. est un des outils les plus merveilleux de l' Ecole Moderne,
+ Que nous pouvons vous aider pour la réalisa·
tion de peintures granit format,
5
(Que
Mais le \'ert paraclis des amours enfantines,LeuL- joie
demeu~e
Les
courses,
leschansons,
les baisers, lesbouquets, est-il
déjà 11lus loin que l'Inde ouque
laChine.
Peut-on le ra11peler
a\'CC
descris ulaintifs Et
l'animerencor d'un e
\'OÎX argent.ine, L'innocent
11ara!lls 11lein Ile plaisir furtifs.... De ma fenêt.re, je regarde
mes petits qui
lrnve1·sent lacour de
l'école.Parmi eux
s'estglissé Richard, 7 ans,
le frère de ma Thérèse,
lepoulbot de
l'écolede garçons, toujoms sale,
lecrâne rasé, avec son
pardessustrop
longet
usé, ses galoches, sesfossettes et ce regard de
faïenceperpétuellement étonné Qu'il porte sm· Je
monde.Richard
s'est
faufilédans
lepréau. Un regard à
droite, unautre
àgauche.
Lestrottinettes et les
vélossont là,
dans cecoin. Comme
unvoleur,
rc;;:ardantde
touscôtés autour de lui, Richard se saisit d'une
trot-tinette.
Visage tendu, musclescontractés,
ils'élance.
Le
carrelage file sous
les roues.... Au bout de
lapiste,
ily a le tramponnement. la chute,
lescris du pet.il, renversé : « Madame, Richard ... »
Je
m'approche.c·est
mon premiercontact avec Richard, la
premièreétincelle d'une amitié complice, qui
ignore
les communs tuageset
lemonde de la connais- sance, qui vit d'un smmre, d'un élan, de la confiance
de deux mainsaccordées, de
la splendeur d'un arbre, de la douceur d'unfruit, de l'inquiétude
clun départ, du bonheur du retour, d'une amit
iéqui me ramene aux
joies fécondesde mon enfance.
Les joies d'un grenie:· tout odorant d'étoffes fanées, de
vieille3malles, de t&pl s, d oignons et de toiles d'arai- gnées, olt nous rèvions et
jouions etdansions des heures entières de mystérieuses
vies.Les joies d'un jardinet clos de murs bas où grim- paient
lesroses et les giroflées
sauvages.Les
joies d'une petite rue ouvrant
sur lesgrands champs vert3 et d01 és, les hauts talus fletu-is de pâque- rettes et de claire églantine qu'il fais11it
si ben« dérou-
ler». Les
joiesdes jeux avec
les garçonsde la rue : escalader
les tasde
briques,trainer
lespieds dan
s Je ruisseau, sonner aux portes et fermer les volets et filer en étouffant nos
rires.Tout cela me remonte par bouffées en regardant Ri- chard. Et je pen ;e qu'à mes joies d'enfant,
l'école n'aeu que peu de part.
Toute cette espiègle joie de vivre, d'aimer, de rêver, de prendre le monde
àpleines mams, il me fallait la comprimer,
l'étouffer, laretenir, pendant ces longues
heuresd'école maternelle où nous
1 estionsassis,
sage- ment, devant
Jetableau noir, Olt nous tendions docile- ment les doigts au bâton redresseur de torts involon-
taires,et Olt, à
l'heurefixe,
noussortions, tous ensem- ble, sans
un rire,sans
unélan, de leurs casiers vert bouteille, de pauvres pet
itespoupées aussi tristes et Jm-
mobilesque nous dans
leurs lit.sde carton.
De
l'école,
jen'ai eu, ô Alain, que mon premier acte
de courage: lejour de mes 6 ans je me suis enfuie de la
Maternelleet
jesuis venue, seule,
lecœur battant,
m'inscrireà
l'écoleprimaire.
Ma
première grande peur : l'arrivée de la Directrice
d'école mat.crnellevenant me rechercher.
Et mes premières
joiesintellectuelles : celles de
l'effortde la
réussite, celle de
l'emporter, assez souvent, enmémoire ou en raisonnement, sur mes compagnes, celles de conna.tre, parfois de comprendre, rarement de sentir.
Mais toutes mes
joiesperdu es, la
joiede créer, de
jeter ;,Ur le papier l'émotion, lafantaisie du moment, de pos3écler la couleur, la
matière,la. terre, la
musique,de d,,p11
sserà t1 a V
<!rs elles nos besoJns i11stmct1fs d'amour,
de pu.s:mnce, de reve, seuls, mespetits me les ont rendues.
... R.chard est; toujours là, tout seul, devant
moi.Der- rière lui,
le groupehostile des petit.s
: ilest
jaune, ilest sale,
il n'e.>t pas de notreécole, alors on
ne l'aimepas. A
la grandeécole au.,si, il est seul :
ilne sait
nilire, ni écrire, ni compter, ni ori:aniser un jeu, même p11s bousculer les aut1e.>.
Ilna pas un camarade. A
la maison, ile.>t le seul garçon dune famille de
8eniants.
Sans doute sat.sfait-on à ses besoins les plus élément.aires.
Mais pom le res.
e, pour élever cet entant,pour déJivr.er
sanature, peut-ë.re riche :;uu:, sa
ga1lJUt:lnt
ste, ilfRudrniL beaucoup de patience, d'amour et d'mtuition.
Le cours préparatoire que 1réquenle Richard a 40
élè-ve.>, et des taches bien précises, que ne peut délaisser l'
institutrice,pourtant atlent1ve et maternelle, au seul profit de cette âme inculte.
Les parents, eux, n'y pensent guère. Reste
larne.
Larue v.vante et mysterieuse avec
sesma1wns impénétra- bles, ses boutique.; attirantes, ses métiers étalés, ses ru1SSeaux,
sonodeur,
se.;brmts.
Mais n
'est-ilpas tragique
leplaisir de la rne pour
l'enfantsolit.aire,
rejeté
lctpar sa famille, exclu des
jeuxde.; ga
rçons deson âge, poursuiyi de leurs
moque-ries et sentant s'appesantn· sur lui
lapitié méprisante des grandes per
sonnes.Devant cette détresse qui
s'ignore,j'ai honte : Honte de mon
enfance heureuse.Honte de mon impu1s.;ance
àguérir.
Honte aussi de notre lâcheté d'éducateurs qui déses- pérons
si facilement de sortir Jediamant de la gangue.
Honte de notre facilité
à oublierqu'il
estdes joies essentielles, dont aucun
enfant ne peutêtre frustré, et qu'il
sutritsouvent d'un peu d'amour pour faire naitre.
-
J'ai pris Richard par la main el je
l'ai emmenédans ma classe.
Il y
va de découverte en découverte et d'étonnements en joies.
Voici
laplace de sa sœur, ses dessins, ses cahiers :
C «
Elle dessine bien, hein. Thérèse, et elle sait camp·
ter
?et lire ? » ) .
Voici
les modelages qui
l'enchantent, et l'imprimeriequi l'intrigue. Et
les grandespeintures qui chantent sur nos
mur.>clairs ( « qui a fait celle·ci
?et celle-là?
c'est Thérèse
?» )
Voil:i
les pots de couleurs comme d'énormes berlingots
6 L' EOUc.A'fEUR
d&ns leur botte
de
carton, l~ tableaux v&rbl et leêct'ài.ea
1·ouges, blanche3, bleues. ·Et voilà Richard tirant la langue sur son premier grand bonhomme tout auréolé de chiffres et de lettres comme un dieu assyrien.
Richard, triomphant el expliquant :
«
J'ai écrit papa qui va travalller dans les champs. »Depuis, Richard vient nous voir très souvent. Je sais bien que nous ne pouvons pas grand chose pour lui : on l'accueille, on J'aide à se débarbouill~r ( « à la maison, il n'y a pas de robinet»), les enfants lui prêtent mainte- nant leurs jouets, il vient prendre t.rès fièrement sa part des réussites picturales de sa sœur, il s'essaie à ccmposer un mot à l'imprimerie, li commente les nouveautés de la classe, li caresse le ch.len et il s'en va.
Il est de toutes nos fête:;;, toujours Je premier arrivé.
Je le retrouve dans la rue, en faisant mes courses ou en descendant du car.
Il accomt, nous nous sourions et nous faisons. main dans la main, Je chemin qui mène à ma vieille maison.
Il tourne un peu aut.our de mes poteries, regarde les reproductions, essaie un fauteuil. croque une pomme ...
et retourne à la rue.
- Mals ce que nous ne pouvons pas faire pour Richard nous essayons de toutes nos forces de le créer pour nos 140 oisillons : Une atmosphère où chacun se déliera dans la joie de Io. création, et où tous se retrouveront dans une pensée commune, dégagée par la maitresse des Intérêts de chacun, soutenue et enrichie par sa propre culture.
Certes, cela n'est pas facile. Et nous essuierons encore plus d'un échec. Nous nous reprocherons beaucoup de défaillances, d'impatiences, d"incompréhensicns. Pourtant nous essayerons dans cet.te école privilégiée qu'est l'école matemelle, de faire épanouir chaque nature d"enfant.
Pour tous, il y aura Je:;; joies des jettx dans la cour, du sable, de l'eau, de la terre, des promenades au bols, des danses, des a1miversaires célébrés avec tant de
bonheur et où :w. 3Celle si bien notre anut.1é commul'lo.
Et puis le plaisir de raconter à la maîtresse attentive ses joies, ses peines, les mêmes événements de la vie quotidienne, et celui bien plus glorieux et fécond de voir son « histoire
»
écrite au tableau, sm· les cahiers, lue.Imprimée, envoyée « aux petits amis ».
Pour tous, Il y aura la joie de dessiner, de peindre (et tous auront leur chef-d'œuvre), de modeler, de bro- der, de créer pour la maman la lapis.serie originale ou la poterie cocasse.
Bien sûr, il y aura toujours i\ côté des « forts en lec- ture et en calcul
»
à côté des enfants soigneux et équl· librés, les simples, les instables. les nerveux, les désor- donnés. L'essentiel est de trouver pour chacun d"eux « la brèche », la matière dans laquelle il réussira, celle dont.les réussites lui vaudl'Ont l'unanime admiration de ses cama rades, et la confiance en lui-même.
C'est ai11si que la sœur de Richard, Thérèse, enfant imtable et fruste au début de l'année scolaire, tenue à l'écart et méprisée par les autres, s"est peu à peu épa- nouie par l'expression libre, est devenue un de nos
«
as » en peinture et a conquis à la fois : équilibre, confiance, désir de se dépas3er, d"égaler les autres dans les diffi- cultés de la lecture, de l'écriture, du calcul. Elle est maintenant l'égale, l'amie de tous.Mais elle n'a pu le deve1ûr que par la tendre confiance que. dès le prem:er jour, nous lui avons, comme à t.ous. et même plus qu'aux autres, manllesté.
Car voilà le grand secret li\ché : Freinet dit volontiers que tout. dans une classe est fonct.ion de !"atmosphère qui y règne. Et cette atmosphère, œuvre de l"éducatrlce, est d"abord fondée sur la confiance et l'amour, confiance et. amour clairvoyants, sans cesse en éveil, attentifs aux be.>olns et aux po..."Sibilités de chacun, sans défaillances, et qui, dans notre maison d'enfants, permett.ront chaque jour que, pour enfants et. éducateurs,
«
la joie demeure ».Madeleine PORQUET. Walincourt <Nord).
... ... . ...
L'ENRECISTREUR C. E. L. M U LT I STAN DARD
Dans le n° 26 de « L' Educateur»
1954-55, nous avions donné un aperçu général de l'équipement sonore de nos classes. Nous avions mis l'accent sur deux points essentiels :
1° Il nous faut un matériel de qualité, c'est toujours notre premier mot d'ordre.
En effet, si un travail intéressant est médiocrement enregistré, il est perdu, aucune astuce ne permet de le rendre valable, aucune gerbe sonore, aucun échange valable ne peut naitre.
Le matériel CEL couramment utilisé a servi :
• •
a) pour l'enregistrement des disques Danses normandes, Danses charentaises, Chanis normands et diverses autres productions coopératives ;
b) un enregistrement effectué sur combiné, par Dufour, a obtenu un 5' prix au Concours international du meil- leur enregistrement sonore 1955.
2° Prene:i: garde à l'imbroglio des standards d'enreg:stremcnt. Ce problème est essentiel pour la réalisation ration- nelle de la correspondance sonore.
Là encore, notre expérience quoti-
dienne nous a permis de concilier ces divers impératifs. Notre ami Paris a réussi à vaincre les dernières difficultés.
Aujourd'hui, la seule solution ration- nelle est trouvée. Nous fournissons aux camarades un matériel unique pour l'ins- tant, résolvant élégamment tous les in- convénienls de la pluralité des standards.
Nous invitons les camarades qui avaient arrêlé leur choix sur le Combiné, à reporler leur confiance sur noire nou- vel appareil qui sera désomais seul fa- briqué.
• . . . __,.., - .
L'esprit du passé contre le pédagogue moderne
« Il fut un temps où cet esprit du passé, usant des expressions les plus neuves, couvrait de sarcasmes et de dérision l'œuvre de Zakharov, tout en exigeant de lui prodiges et miracles. Il s'ingéniait à lui proposer des énigmes fabuleuses, formulées en termes exquisement scientifiques, et lorsqu'il succombait sous un poids parfaitement réel, le passé le montrait du doigt en criant :
- Faillite!»
MAKARENKO.
REVUE DE LA PRESSE
Nous allons, dans ce numéro, essayer de donner un aperçu général de la Press•; Pédagogique sur la base des livres et revues que nous recevons, nous ré~n•ant de revenir plus longuement sur .quelques points µarticuliers de cette
.hude.
Le Bulletin de la Société Alfred Binet est consacré depuis de nombreux numé- ros, à une étude de Suzanne Borel- Maisonny sur De Io perception du langage et de la pensée à l'OTt/iograpl1e dans laquelle l'auteur met beaucoup trop exclusivement
r
accent sur )'étude systématique de la grammaire. En re- voyant ce1tains exercices du numéro 423, je me retrouve dans cet état d'esprit de mystère et de malaise dans lequel je m~ trouvais il y a plus de 40 ans, quand je me trouvais en face des exer- cices de grammaire el de conjugaison du Larive et Fleury de l'époque. Je n'y comprenais r;en et je ne crois pas qu'au- cun de ces exercices m'ait jamais été d'aucun secours. Les réact:ons de l'en- fant d'aujourd'hui ne sont sans doute pas autres, et nous serions à plaindre si nous n "entrevoyions pas d'autre solu- tion.Nou3 rappelons alor~ les principes de nore ense!gnement de la langue par les méthodes naturelles: acquérir d'abord, par l'expi!rience tâtonn!e et ln vie, la maîtris:! de la langue écrite. la giam maire viendra ensuite.
Ca/iiers du Centre de Documentation de l'UNESCO, no 16, feuillet SS.
Télévision et Télé-Clubs en milieu rural {une expérience française) par Roger Louis e! Joseph Rovan.
Nous transmetlons à notre ami Dufour.
qui voudra bien communiquer à Beau fort pour compte rendu spécial s'il y a lieu.
L'UFOLE.4, revue mensuelle de l'Union Française des Œuvres Laïques d"Education art1st1que, 1 ou jours luxueusement présentée, est tout pa1ticuliè1ement recl:>mmandée à nos adh !rents. (3, rue Récamier, Paris. Abonnement : SOO francs.).
Nous recevons d'Italie un certa!n nom- bre de revues très intéressantes. Notre excellen'.e collaboratrice, Inès Bellina, en extrait d"ordinaire l'essent!el. Mais il y aurait du travail encore pour d" autres collègues· connaissant l'italien et qui voudraient voir ces revues :
Scuola e Cilla, mensuel, dirigé par le Pr Codignola, avec quelques-uns de nos collaborateurs habituels : Visalber·
ghi, Laporla, Pet1ini, ele.
I diritti della Scuola. (Les droits de l'Ecole) de !'Association des Instituteurs.
Ri/orflla della Scuo/a, dont le no 2 vient de paraître, mériterait d'être lu11 et résumée poµr nos lecteurs.
L'EDUCATEUR.
LIVRE/ !
ET
REVUE/
L'indice d'oio, revue arl1$ltque qui étudie tout particuliè1emenl le dessin de• enfants.
La Scuola secondaria e i suoi problemi et diverses autres revues de maisons d"édition.
Nous metlons naturellement à pait la revue de noire mouvement pédagogique Coopr:.razione Educaliva, dont le respon- sable est notre ami Tamagnini et à laquelle ceux de nos camarades qui con- naissent l'l.alien sont invités à s'abon- ner.
Le No de Nov.-Déc. a été consaer>!
au comp:e rendu détaillé du grand Congrès de la Coopérative qui s'est tenu à San Mar\no el dont noire ami Ja1din, délégué. a rendu compte.
Une telle richesse ne se résume pas, pas plus que ne peuvent se résumer les N°< de /'Educateur consacrés à nos Congrès annuels. Nous signalons cepen- dant un étude sp1'.ciale sur T ec/rniques Freine/ el problème méridional. Par pro- blème méridional en ltal.e, il faut en·
tendre le problème éducatif el scolaire dans toutes les régions pauvres de l'Ita- lie du Sud, si différents de lï:a1ie du Nord. L'auteur d.e cette étude montre comment la lia=son opérée par nos lech- nique3 entre la vie profonde de len- fant dans son milieu et les nouvelles poss:bilités scolaires peul donner nais- sance à une forme éminen:e et nouvelle de culture. C'est celle valeur exception·
nelle de nos techniques qui en justifie la faveur dont elles jouissent et jouiront en Afrique Noire et dans les pays ara- bes.
De l'examen du compte rendu, il ré- sulte que notre Coopérative italienne est aujourd'hui en pleine maturité, el qu'elle aborde comme nous et avec nous létude des grandes questions dont la solution a5'urera le triomphe de nos techniques à l'Ecole publique.
L~ Bulletin d'information des A mis de Sèvres donne, dans son N° de nov.
un inédit d'Alain: L'Educolion ensei- gne-t-el/e la sages•e ? Concluant les ver- tus essen:ielles de l'éducation qu'il sou- haite, il écrit :
• Certes non, ce n'est pas là un art de réus3ir; nous acceptons ce reproche.
Il n "est pas toujours avantageux pour un homme d'ain)er ce qui e•t cla!r. net, propre cl probe, ni d"avoir le souci de l'accord de ·lui-mêm~ avec lui-même.
7
Ces idées claires, que nous vous avons données. seront pour vous, sachez-le bien, d"exigeantes compagnes. Elles courront à cô:é de vous, si vite que vous alliez; elles se lèveront devant vous lorsque vous serez arrivés; leur regard franc vous semblera lourd p)u3 d"une fois : plus d'une fo!s vous regretterez d' a voit d!stJOSt! vous·111~111es, en plus harmonieux, leurs robes immaculées. A côté de leur blancheur, bien des cho- ses, que chacun prend pour blanches, p;naîtronl malpropres. Vous aurez là des témoins bien gênants. Non, assu1>!ment, nous ne vous avons pas appris à réus.
sir toujours. Je dis, au contraire, que nous vous avons appris à ne pas réus·
sir toujours. Oui, en vous donnant des idées cla!res, nous vous avons donné quelque chose qui est un grand obstacle dans la vie, je veux dire une conscience.•
Roger DEN:JX : Les connaissances de base au niveau du Caurs moyen 2• année. {Ecole Libératrice du 2 déc.
19S5.)
Cet exposé, présen:é par R. Denux à la Journée Pédagogique du Congrès de Bordeaux s"applique à !aire le point des acquis:lions qu'il serait logique de demander à !'Ecole à ce degré moyen.
Rapport très nourri dont les principaux paragraphe3 mériteraient d"être repris dan~ une longue et profonde di~cus
sion : Danger de voir le souci d'acqui- sition dominer le besoin de formation et de culture. - Place de la connaissance dans les processus de malurat!on des in· dividus. - La posses•ion des mécanis- mes el Je.; modalités variables de leur acqu1s1t1on. Concenlrat!on mentale.
- L"accession à la culture.
Cc ne sont point là les têtes de cha- p"tre du rapport de Denux, mai, les poinl3 qui, me semble+il, mériteraient d"ê:re débattus nationalement el même intcrnalionalemcnl, par une large con·
frontation des ,_,alisations en cours.
Le Monde Bilingue. - Informations. - (N• de décembre.)
Tou te 1111l•atlvc nouvelle, cl celle-là plus que d'autres encore, - soulève une foule de critiques plus ou moins justi- fiées, mais qui sont salutaires pour le rodage de l'entreprise.
Nou1 transme~tons ce n° à notre ami Lallemand pour un nouvel examen ob- jectif de la question. Il y a, au moins, dans celte initiative du Monde Bilingue
une idée qui est une réussite, qui, corn·
me telle, est appelée à un certa=n déve·
loppement, el dont nous devrions peul- êlre nous-mêmes profiter: le jumelage.
Des jumelages existent déjà ·en fait chez nous au niveau de nos échanges.
Peut-être pourrions-nous les développer en y intéressant davanta2e lea parent•
et le public.
8
Etudes Pédagogiques cl Documcnlt pour la cloue, publié par le Centre Na·
tionale de Documentation Pédago·
gique. - N° 1. du 12 janvier : Celle publication
la documentation jour dans le cadre lion Nationale,
regroupera utilement publiie jusqu'à cc de la revue l'Educa·
Ce N° comporte : Des documents pho·
tographiques et graphiques 1ur les /n- du•lric1 alimentaires, une documenta· lion 1ur les Matières plastiques. lllus·
tration sonore (Louis XIV).
Nous dirons, à propos de celle docu·
mentation, ce que noue avons déjà dit à maintes reprises à propos de la revue EDSCO: la Documentation pour le moη
lre, c'est bien, majs c0est un peu com·
me cea expositions d0outils agricoles qu'on présente aux ngricuheurs. C'est pour ainsi dire un premier stade, et, ù
!"heure présente, nous risquons d'être submergés de ~ocumentation pour le maître.
Car cette documenta.li.on, il noua faut, nous, la reprendre, la décortiquer, la triturer, la digérer, pour en faire un véritable outil de travail pour nos clos·
ses. C'est là la besogne la plus urgente, mais aussi la plus délicate. Nos B.T.
sont des prototypes de ce qu'il nous faut faire dans ce sens. Et nous vou- drions bic~ qu'on nous aide, un jour prochain, dans cc travail qui, seul, fait vraiment progresser nos techniques.
Irène LfZtNE : C<Y.nmenl élever noa cn- Janta ~ - Ed. des Femmes Fran- çaisça, (100 fr. une broch. de 50 pp.) Certes, on ne peut pas mettre beau- coup plu. de: choses dans 50 petites paces, et de choses excellentes. Cette étude nous apparaît comme un pr.écicux résumé et à jour, des positions et des connaissances touchant léducation des cnlants dons la famille.
Je ferai à celte brochure un repro·
che auez grave: je ne crois pas qu'elle so!t lisible pour la masse des mamans.
Elles est trop concentrée, trop savante et la présentation typographique corn·
pacte aggrave encore le mal.
Le tort n'en incombe sans doute pas à Irène Lézine, mais à la nécessité où s'est trouvée l'Union des Femmes de sortir pour 100 fr. ce qui doit être connu sur la question.
Nous pensons que, dans une œuvre semblable, les problèmes devraient être mieux gradués, certains él~ments mieux mis en valeur pour qu'on en comprenne l'importance primordiale, avec les pos·
sibilités de référence.
Une telle œuvre et un tel sujet né·
ces1itent une forme d'édition plus favo- rable au but visé aider les parents à mieux former en leurs enfants les hommes de d~main.
L' EDlJCA1'EUR
BIEDAIA et D'ALFONSO : Le langage du deuin, (Test de Wartegg·liicdma.
(Ed. Delachaux et Nicstlé 9)0 fr.) A l'occasion de la discussion du thème de notre Congrès sur le Renseme;1t, noua aurons à examiner et à débaltre à nou- veau celle qu~stion si grave ~es tests.
Les tests peuvent être valables s'ils cons- tituent un système de mesure exact. Ils sont dangereux s'ils ne sont qu'une fausse mesure. Comme si on mesurait certaines pièces ~·une construction avec un faux mètre.
Cc test \Vartegg-Biedma est justement un prototype de fausse mesure. Il est fondé - et nous avons déjà eu à diver·
ses reprises l'occasion dïnvoqucr cet argument de base - sur une conception el une pratique du dessin exclusivement scolastiques, donc fausses, qui ne don·
ne nt qu ·une idée erronée de ln persan·
nalité de l'enfant. Il peut déceler quel- ques qualités ou quelques vues de l'en·
font écolier, mais ces indications ne sont plus valables avec l'individu Ira·
vailllant dans des conditions normales.
Michel L. travaillant - nous ne disons pas librement, car il y a toutes sortes de conceptions de la liberté en éduca·
tion, - mais normalement, donne !.:
dessin ci-dessous qui, lui, pourrait cv1- demment déceler quelques aspects ori- ginaux de l'enfant. j\llais si nous pla- çons Michel devant les carrés à rem- plir, et en utilisant des archétypes pré parés d'avance - quelle que soit leur apparente sélection scientifique - nous n'nboutiuons qu'au trouble el au déser-
roi. Le test pourrait ·tout au plue déce·
Ier ce trouble. Aucune des directives du test ne sera valable pour cet enfant.
Ne parlons pas alors d'Alain Gérard.
Je lui ai demandé de faire un desain que Bernard, le petit sourd, va grever et sculpter sur un carre de plâtre. Alain Gérard nous donne en une minute le dessin ci-dessous. .
Inutile de dire que Alain Gérard n'au·
mit absolument rien produit si je lui avais imposé un petit rectangle, avec des arch•,lypes. Là aussi, on noterait son désarroi. Peut-être, à la longue, l'en·
traînerait-on à copier et à obéir au maî.re - et ce n'est pas certain dans ce cas spécial. En tous cas, 011 se rend bien compte que les dessins que produi- rait Alain Gérard ne donneraient plus aucun renseignement sur les valeurs no·
bics de notre petit dessinateur. Si le tes< ne doit mesurer que les normes de scolastisation et d'asservissement, il y a, pensons-nous, mieux à faire.
Nous ne porions pas le même lang11ge.
Nous éduquons, nous, selon un langage naturel, matériel, pourrions-nous dire. Le test mesure le langage scolastique, Iola·
lement différent, en profondeur surtout.
Il y a totalemeni maldonne.
L'auteur avoue d'ailleurs esquiver le problème du dessin libre puisqu'il écrit: c Dans le de,,in libre, l'on pourra re·
connaître assez: facilement lea travaux de çh~cun des sujets, mais il sera dilfi·
cile de pr~c1&er les lru1ts propres et cons:ants de chaque aute!-JT. J-our cela, l"on aurait besoin d"une longue séne de dessins réalisés dans des conditions iden- t\ques, ce qui . serait dillicile, long el fatigant à obtenir. »
Et que dire de !"obligation des enfants de bâtir en parlant d'archétypes posés à un point donné du rectangle.
L'auteur dit que la réaction de l'en- fant en face de cet archétype est par elle-même révélatrice:
c Supposons que, dans un chambre complètement vide, nous placions au centre, comme seul et unique meuble, un tabouret. Nous invitons une personne à entrer seule dans la chambre el nous étudions son comportement sans qu'elle s'en doute. Le i.ujet ou bien tou1ne autour du tabouret, ou bien le considère avec m)Hiance, ou encore le transporte à un autre endroit de la chambre, ou enfin a' assied. Sans aucun doute, la position du tabouret présente ou sujet un problème de situation et de compor- tement. »
Voilà bien défini, implicitement, l'es- prit qui préside à de tels tests. C'est le problème du tabouret dans la chambre nue du prisonnier. Mais l'auteur n'exa·
mine pas le cas de deux fillettes ayant trouvé un refuge dans cette pièce nue - avec un seul tabouret, et qui vont jouer à cache cache ou à la poupée. Elltti seront toute à leur vie et ne tiendront aucun compte du tabouret qui ne les
!ntéresse pas.
Nous n'examinons pas davantage en détail la technique du test. Nous po·
sons dès l'abord une aorte de vice rédhibitoire qui devrait au moins enga·
ger les testeurs à se poser la question : c N'ai-je pas employé une fausse me- sure ~ ~
C. F.
Revue analytique de /'Education (USESCO) L'Education rurale el la formation dea ma11res ruraux.
Utile peut-être pour les chercheurs et ceux qui préparent des études sur ces sujets, études qu'il y aurait avan·
tage à faire pa1tir plus souvent, non de la bibliographie, mais des ~xpéricn·
ces à la base.
Nous avons à signaler, en attendant d'en rendre compte plus longuement (du moins pour quelques-uns de ces livres)à une liste de productions nouvel·
les qui ne manquent pas d'intérêt.
Le Guide des Parents (Problèmes médi- caux et pédagogiques de !'Educa- tion). publié sous la direction de
l'Eco)e des Parents et des Educa-
teurs. {Introduction du Dr Heuyer).
Un fort vol. de 650 pp. Larousse.
li ne s'agit point - et le Dr Heuyer le précise dans sa préface - d'un ou-
vrage comparable au Guide du Jardinier où des traitements pratiques et définis peuvent suivre l'énond des insuftisan·
ces et des erreurs. Ce Guide a évité cet écueil et les noms de D. Leboviel. M.
Gratiot, Alphandéry, G. Mauco, M1\ll.
Herbinièrc-Lebert, A. f" erré, Dr A.
Berge, nous sont une garantie qu'il s'a·
git ici J' un ouvrage sérieux que liront avec profit parents et éducateurs.
Nous serons sans doute amenés dans les mois à venir, à en étudier de plus prè3 certains chapitres et à nider nos camarades à faire leur profit des études que nous les engageons dès maintenant à méditer.
Piene FoUILHÉ Journaux d'en/anis, journaux pour rire. Centre d'Acti- ''ités Pfadagogiques, Pnris.
C'e3t une question trop vitale pour nous pour que nous ne consacrions pas une étude prochaine à ce livre que nous nous conten.ons pour aujourd'hui de si- gnaler à l' attenhon de nos lecteurs.
Nous transmeltons à nos amas du Groupe Parisien, qui nous diront ce qu'ils en pensent, le livre reçu des mêmes édioons Aline Lala1gue: Paris Loisirs (répertoire pédagogique des loi- sirs pour les jeunes).
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Elian J. F1NBERT: Histoires de c/1als. - Amiot-Dumont, éditeurs.
Nous sommes en retard pour signa·
Ier à nos lecteurs ce beau livre de notre ami Fmbert, dans lequel il a groupé en une suite que nous pourrions dire d!dac- tique, les histoires qui montrent le chat sous ses divers aspecli, avec les qualités et les détauts dont la prélacc nous dit la signification : investi en Orient d"un e-0ractèrc sacré ... , marqué du signe de I' c'.tranije. Pil., volta'1que vivante... Sens particulièrem<!nl développé... Prunelles du chat • œil mystique », subtilité de l'odorat .. ., richesse des muscles ... , sensi- bilité délicate.
Hâtez-vous de lire ce livre en atten- dant lïmportant ouvrage de Finbert. re·
tour d'Israël, annoncé pour un prochain jour
Nous réservons de même une pro- chaine et importante chronique à l'ou- vrage de Daniel FAUCH ER, Doyen hono- raire de la Faculté des Lettres de Tou- louse : Le Paysan et la Machine. Edi- tion de Minuit, Paris.
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Belles chansons de Franco. Un bel al·
bum des Editions Farandole (Castet·
man).
Ici, le contenu répond à la splendide couverture et renouvelle, par la beauté de l'illustration, lj:s vieilles chansons qui, on le voit, sont toujours nouvelles quand on sait les aborder avec la sensi- bilité qui les mettra éternellement à la mesure de nos enfants.
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"Jean 'riertrar{d BARRtRE Romain R~l- land par lui-même. (Ed. du Seuil);
Comme nous savons gré aux Editoins du Seuil d'avoir restitué à l'intention des contemporains que. nous sommes.
et des nouveaux venus pour qui Romain Rolland c'est déjà de l'histoire, la fi- gure d'un des hommes qui ont le plus marqué de notre jeunesse.
Je ne dis pas c un des écrivains, car Romain Rolland a ét! plus qu'un écri- vain, il a été un homme, un lutteur, un militant, un témoin, qui s'est appliqué à mettre toujours en accord ses pensées et sa vie.
Je crois que s'il y a un exemple que, en cette époque, nous pourrions donner à la jeunesse, c'est bien celui de Romain Rolland. Lisez cc livre simple, court et bon marché. Laissez-vous imprégner par la sensibilité de cette âme de choix, par les nombreuses reproductions de cette écriture a1tiste et id!aliste dont Romain Rolland honorait ses innombra·
bles amis (dont furent nos Pionniers de ]'Ecole Freinet de Vence). Vous avez ensuite le d,!sir de lire une œuvre qui reste parmi les plus significatives de notre littérature.
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P. SEURIS : Rec/ierc/1e1 ex~rimenlales sur la fatigue el l'entra1nemenl. - (Editions Bière, Bordeaux.) Nous transmettons ce livre à notre nmi Finelle, 4ui rnpportera, à Bordeaux, sur • La mesure en éducation ».
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André StvE et Jean PERROT : ORTHO ( Dictipnnaire ortl1ograp/1ique et grammatical. Ed.ffijCQ, Chambéry, Nous transmettons à notre ami Lalle- mand, qui donnera son point de vue.
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Alphonse R1cHARD : Pratique de /'api- culture. .Larousse, Ed.)
Nombreuses sont les écoles de cam- pagne dont la coopérative scolaire est nlimentée par le travail des abeilles.
Tous ceux qui possèdent des ruches trouveront dans le liv1e de M. Richard de nombreux conseils concernant les soins à donner aux abeilles, la récolte du miel el de la cire, l'hivernage, etc ...
Un chapitre, consacQ~ à la construction des ruches, permettra aux moins for·
lunés de se constituer une installation.
rnoderne, simple ou plus complète, sui- vant leurs possibilités pécuniaires et leur habileté, De nombreux dessins illustrent cet ouvrage que nous conseillons à toue les apiculteurs débutants.
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Mme OELAPCHIER DU PUYGAUDEAU : Ma- nuel pratique du lissage c} main.
(Larousse, Ed.)
Publié dans le cadre de • !'Encyclo- pédie Roret », cet ouvrage pose, d'une manière pratique, les principes du lis-. sage à main description du métier, montage de la chaîne, explications de points classiques. Une centaine de des- sins d'armures suivent l'exposé théori·