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CONSERVONS NOTRE HERITAGE CATHOLIQUE. Soaceaaeee AS

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Academic year: 2022

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(1)

“CONSERVONS NOTRE HERITAGE CATHOLIQUE

viva ur

ET FRANCAIS”

L'ANNEE QUI S’EN VA...

soudai donn

vier & Vhorloge du temps.

Va

surés dans la voie mystérieuse de l’avenir.

fteurs

pagnant d'une lyre d’or, chantait Vespérance.

née 2

vant

__-- dort une derniere fois.

Chante auprés des berceaux, Pour la mére ravie.

Chante sur les tombeaux, - E’aymne d’une autre vie.

Pour ceux que la douleur Ou le remords oppresse, Pour le bien, le malheur, . Chante, chante sans cesse...!

bien précieuse!

—En effet, ma mie, répond lVannée finissante. Ce vase contient ce qu’il y a de plus cher au coeur de ceux gui ont vécu: ce sont les plus précieuses et les fleurs embaumées au souvenir. Quand les jours se sont enfuis, rapides comme lhirondelle quand les modulations va- riées de tous les beaux et nobles sentiments ont cesseé de yibrer dans l’air que nous respirons, que reste-t-il, si ce n’est le souvenir? Aussi, est-ce avec un soin jaloux que j’emporte dans le cénacle du passé, ces perles de prix, dont l’éclat me rappellera mes jours de gloire, et ees fleurs, dont le parfum me parlera les instants parfu- més.de ma jeunesse et je pourrai revivre ainsi cette épo- que, qui, malgré tout, a-eu ses charmes et ses enchante-

ments. i

A Vhorloge du temps, une autre minute avait sonné.

L’année qui s’en va entra dans le passé, avec ses souvenirs; année qui s’en vient, s’avanca vers Vavenir, en chantant Vespérance.

’ Myg DALON.

AVIS

1.—CALENDRIERS. Plusieurs personnes,.en payant leur abon- nement demandent un calendrier. Ces calendriers avaient été an- noncés pour l’an dernier; mais pour cette année il nous a été impossible de nous en procurer de nouveaux.

2—ABONNEMENTS. Avez-vous payé votre abonnement? Jeu- nes ou vieux qu; désirez recevoir la “Survivance des Jeunes” nous yous serions obligés de nous faire parvenir sans retard le prix de -yotre abonnement. Sinon, nous serons forcés, A regret, d’en dis-

coninuer Venvoie. 3

=e,

LA PETITE

ETOILE ET

LE VIEUX

SAVANT

Il était une fois, une toute petite étoile quiavait onze mil- lions de grandes soeurs elle brillait dans le ciel sombre, et sa petite clarté était si pure qu’on eft dit qu’elle jetait sur la terre des gouttes d’argent liquide.

C’était bien la plus heureuse des étoiles du firmament; sa course périodique, toujours la méme, n’avait rien de compli- qué; et quand elle l’avait a- chevée, c’est avec un nouveau plaisir qu’elle la recommencait, sans un instant de repos.

Or, un jour, ou pour parler plus exactement, une nuit, voi- ci qu’un vieux savant laissa de cété ses grimoires pour yenir regarder ce qui se passait dans le ciel.

C’était un homme qui ne cro-

yait ni & Dieu, ni a diable; un mécréant!

Il regarda done, et regardait depuis longtemps, quand la bel- le clarté de notre étoile le frap- pa d’admiration. Comme il était familier avec les astreg, que sans se géner il tutoyait le so- leil et apostrophait Madame la Lune, il mit 4 dire: “Ot vas-tu donc, petite étoile: pourquoi ta marche dans le ciel est-elle si réguliére? J’ai vu de tes soeurs interrompre leur course et se briser dans l’espace; j’en ai vu qui perdaient leur éclat; mais toi, tu reste toujours la méme, et, sans vouloir te flatter, j’af- firme, petite étoile, que tu de- viens toujours plus belle!”

Jamais les astres n’avaient répondu aux interpellations du vieux savant; ils dédaignaient son bavardage.

Mais le bon Dieu, par miséri- corde sans doute, permit que la petite étoile répondit... Et voi- ci sa réponse:

“Je vais ot Dieu me méne, sans jamais demander pourquoi.

Je vais, je vais toujours. Quand je peux, chemin faisant, accom- plir un peu de bien, je le fais;

je jette une clarté plus douce sur le berceau de Venfant qui réve aux anges, ses fréres; je

EDMONTON, ALBERTA, CANADA — Décembre, 1939 No 4

Se Ak 9k 9 9 SZ Bh Ea Za Ea Za Za >a -Za vs

| YAIR VAN VARVARA VAN ANA RY HEU PEG RG HEU HRC ECE

L’ANNEE QUI S’EN VIENT =e AZ es x Ni

Soaceaaeee 74 2. AS

Ainsi que deux nobles Dames, qui se rencontrant a n au détour d’un sentier, se saluent avec grace, Be puis continuent leur route, de méme deux années se sont ZN

es la main, en cette grave minute ot. sonna jan-

Lune, déja vieille, et fatiguée du poids des jours, Sk 74 - allait franchir, solennelle, le temple du passé, tandis que

-e, €blouissante de jeunesse, engageait ses pas as- 4 74 La premiére emportait, le pressant sur son coeur, - iN un vase superbe peint de myosotis, et d’ou émergeait des |. ee

@une merveilleuse beauté. La seconde, s'accom- | BIN

—Entrez dans ce royaume que je quitte, dit l’an- . Sa-brillante et jeune soeur. Mon régne est fini, le Se

Ai . : ABS

votre commence. Puissent, sous votre empire, les hu- ZN mains gotter un peu de bonheur, objet de tous leurs sou-

pirs. Que des pluies de petites joies inondent les foyers, a ae familiaux et autres, et soient le partage quotidien de ZN tous les coeurs droits. Qu’un bienfaisant soleil de justice

récnauife et vivifie la terre. Que la souffrance, adoucie

par ia résignation, purifie les ames, les rende plus fortes 8

ef meéilleures. Et vous, nouvelle année, continuez vos Za JOYEUX. NOEL

chants d’espoir. C’est cette musique divine qui soutient

le. coeur de ’homme. Aussi longtemps qu’a ses oreilles ey wee

vibre ce refrain mystérieux, il va son chemin, s’aperce- ZEN ; ae

a peine que nous passons... les unes aprés les au- BONNE ET HEUREUSE

.. le poussant sans cesse vers la tombe. Et c’est

encore aux mélodies de l’espérance que le croyant s’en- BIN ns

- ANNEE :

ZN sh

a A

Chante pour les époux, i)

Qu’un tendre amour unit, . :

Pour la vierge a genoux, a4 TOUS MES PETITS nee

Pour le grand, le petit. ZA ns

ZN AMIS

=,

aN cs

=e : Nes

Et la nouvelle année dit a celle qui partait: ZN ; t

—Quelles sont donc ces fleurs rares que vous rap- y a exp

portez de la-bas? Cette urne me semble ravissante et a : ‘

Zin

-

m’incline une minute vers le poéte, pour l’inspirer, et vers ceux qui pleurent pour leur par- ler d’espérance. Je sais que le bon Dieu punit mes soeurs lors- lorsque dans leur orgueil, elles veulent paraitre plus grandes ou plus brillantes aux yeux des hommes et qu’elles s’écartent de leur route pour descendre vers la terre; moi je suis sans ambi- — tion, j’aime. Celui qui m’a créée, le Dieu qui chaque nuit me rend plus belle. Crois-moi, ta scienc@

et ta gloire sont vaines, si tu ne suis pas fidélement la voie que Dieu t’a tracée, et si tu n’aimes pas ton Crédteur!” —

Comme la petite étoile par- lait encore, voici qu’un ange vint la prendre et l’emporta au Paradis, et le vieux savant é- merveillé, vit que le Bon Dieu la plagait au centre d’une ravis- sante couronne, sur Je front de sa Mére, la Sainte Vierge Marie . . . a Quand il mourut, quelques années plus tard, le savant é- tait un grand Saint, 4 qui Dieu donnait une belle place au Ciel.

Grace 4 l’exemple de la petite étoile, il était devenu saint d’u- ne maniére bien facile: Il avait en toutes choses fait la volonté du Bon Dieu. eee ere |

ne :

MK LK KKK

¢

(2)

PAGE 2 LA SURVIVANCE DES JEUNES

ou de revues.

plus de 40 pages.

lume.

15 mai 1940.

CONCOURS ‘ENTREPRISE’

(ANNUEL)

CONDITIONS

1—En. quoi consiste ce Concours d’Entreprise: a)—Se procurer un cahier. b)—Copier dans ce cahier des ex- traits de livres ou y coller des découpures de journaux 2—Ces entreprises peuvent porter indifféremment sur

les sujets suivants: nos traditions, contes et légendes, histoire naturelle, aviation,

ments actuels, curiosités, histoire de l’Eglis, fables, ca- téchisme illustré, chansons, histoire du Canada, etc. . 3—L’entreprise doit comporter au moins 25 pages et pas 4—On jugera l’entreprise dapreés les sujets qu’elle ren- ferme, et aussi d’aprés la propreté et Vapparence du‘vo- 5—Les entreprises doivent étre sieves le plus tard le 6—On retournera les entreprises au concurrent aprés le concours a moins que le propriétaire permette d’en fai- re cadeau a une €école pauvre.

“PRIX

Dix magnifiques prix seront donnés en deux catégories:

® Quatre aux jeunes de moins de 14 ans.

@ Six aux jeunes de plus de 14.ans.

sport, devinettes, événe-

CONCOURS ‘COME

~ (MENSUEL)

CON DITIONS

1—En plus du concours de |’Entreprise, nous aurons chaque mois un concours de composition francaise.

2—Pour ce concours il n ‘est pas nécessaire de faire tin devoir spécial; mais de nous faire parvenir la conipos:

tion qui aura été déclarée la meilleure durant le mois, 38—Nous serions done trés reconnaissants aux institu- teurs et aux institutrices qui nous feront parvenix J : meilleure composition francaise dans chacun des

des, de 6 & 12 inclusivement.

4—l.es compositions devront étre arrivées pour le 5°

chaque mois.

5—Il ne faudra pas oublier ‘de bien inscrire: le nom ¢ léléve, le nom de son école, le grade francais qu'il pour suit, son adresse.

6—La ou les meilleures compositions seront publiées dans” |

“Ta Survivance des Jeunes.” i

PRIX

Un prix sera accordé au vainqueur de chaque grade.

QS oF

VAINQUEURS DU CONCOURS

COMPOSITION DE NOVEMBRE

Grade VI—HELENE DESMARAIS Ecole Saint-Paul

Grade VII—LORRAINE TRUDEAU Saint-Adolphe, Manitoba Grade VITI—SIMONE DUCHARME

Fort Kent, Alberta

Grade IX—MARIE-JEANNE FONTAINE Ecole Samt-Paul

Grade X—CECILE DELAQUIS Notre-Dame de Lourdes, Manitoba Grade XI—FLEUR-ANGE FOREST Couvent Jésus-Marie, Gravelbourg Grade XII—MARIE-JEANNE ARSENEAULT

Pensionnat Saint-Roch, Québec

LA STE-CATHERINE

‘CHEZ-NOUS La maisonnée est toute excitée, surtout les plus petits. Nos pa- rents et nos amis viennent fé- ter avec nous.

pleine, débordante! On se cou- doie pour offrir ses services. Et devinez qui s’offre avec plus d’a- charnement. Ceux dont les me- nottes ne sauraient encore faire rien qui vaille. Jean veut: aller cChercher de V’eau. Lucien sait ou est le syrop. ‘Cécile est déja a la recherche du fameux chau- dron.

Enfin la tire bout! Son par- fum se répand dans toute 1a maison, Nous nous rangeons tous en rang d’oignons et nous atten- dons avec impatience le délicieux bonbon. Il ne sera pas question de l'étirer: ce serait trop long.

Maman commence @ -puiser. Les exclamations se multiplient, les désirs se traduisent en cris. Mais avec maman qui donne toujours si bien & chacun sa part, il -n’y a pas de jaloux. La bonne tire une fois dégustée, on se taquine, on. fait des petites farces inno- centes, on est fou de joie. Nous vantons la bonne tire de maman.

Puis les exclamations et les ri- res font place 4 la chanson fran- caise. “La cabane & sucre” de A. Gingras, & la place d'honneur.

Voyez-la quelqu’un de. ces jours publiée sur “La Survivance des geunes.”

“ty est au pays natal un plai- sir que Jadore,

La maison est |

Ce n’est. pas Sentimental, et ia ville l’ignore...

Malheureusement Vheure pas- se rapide et nos parents doivent nous quitter. Tous ‘sont bien sa- tisfaits, méme ceux qui s’en vont avec le mal de dents.

Vive nos beles traditions ca- nadiennes! ~

Héléne Desmarais, Grade VI, Ecole St-Paul UN SOUVENIR

D’ENFANCE |

Quand. j’étais petite, j’étais VYenfant la plus désagréable que Dieu eit jamais créée—je ne dis pas que c’est le contraire main- tenant—et j’exaspérais maman le jour et la nuit. Voici. un trait de mon enfance qui démontre que je n’étais pas un modéle de gen- tillesse..2-..; :

Un froid jour d’automne—je erois que c’était la Toussaint-- nous recumes un visiteur 4 la maison. Il venait parler & papa de choses dont je ne comprenais évdemment rien, puisque je n’a- vais alors que quatre ans et de-

mi. é

Ma petite soeur de deux ans et moi, nous eames bien vite aperecus son défaut... de figu- re, je veux dire. Il avait un oeil croche, et quand il nous regar- dait, il était vraime.t impossi- be de s‘empécher. de rire...

Dvailleurs, c’est ce que nous fi- mes et de si bon coeur, que bien-

t6t nous étions expulsées du sa- lon et enfermées dans la cham- bre de maman.

Avec l’insouciance de notre 4- ge, cela ne voulait rien dire de sérieux, donc, ne nous empéchait | pas de rire, ce que nous fimes de plus belle. Pis encore, nous allions regarder le pauvre hom- me par la serrure de la porte!

Quand notre hilarité fut un peu calmée, nous changeames Je lit de maman en glissade, et bientot les couvertures gisaient péle-méle sur le plancher. Loin den étre déconcertées, nous nous roulions tranquillement dessus, et avec des cris de joie ev des rires en plus.

Durant cette longue visite, nous n’eQmes nullement le temps de songer & ce qui suivrait. En effet, ce qui devait arriver ar- riva. Tout & coup la porte de la chambre s’ouvrit et maman entra avec un objet qu’aucun en- fant n’aime dans la main. Elie nous. administra chacune ‘une bonne raclée puis nous fit met- tre & genoux dans un coin,

Je me souviens de cette ‘aven- ture, si vous me permettez de VYappeler ainsi comme si c*était hier. Je n’oublierai pas non plus Ja Jecon qui en découle qui est de ne pas se moquer de qui. que ce soit, plus particuliérement des infirmes et des vieillards.

Lorraine Trudeau Grade VII, St-Adolphe, Man.

LE FEU

Pensons-nous souvent combien le feu est nécessaire en ce mon- de?. Que ferions-nous les. soirs

@hiver quand tout est glacé de- hors si nous n’avions pas de feu?

bn réfléchissant nous savons ré pondre €& ces questions.

Entrons certains soirs dans un de nos foyers canadiens francais.

Toute la famile est réunie pres du vieux poéle. Au dehors le vent souffle si fort et murmure des plaintes si fortement que Yon croit entendre les arbres craquer au-dessus des toits. A ces mo- ments il fait bon voir cés flam- mes rougeatires qui montent du foyer devant lequel les membres de Ja familie se retrouvent cha- que soir. La maman tricotte des chaussons ou des mitaines en se kercant dans ‘sa chaise. Papa tcujours sérieux lit le

tou jours intéressant, vance.” Les enfants sont

|

journal! sur~

“La Survi-/ zane, “fit tout prés le ‘Voix ‘émue tres| de

occupés a leurs. devoirs de elas-|pourrai-je jamais

chateaux de cartes: La Vieille chatte blanche tire et joue avec un ‘peloton de laine que maman a échappé par terre. Nos familles canadiennes passent'- heureuse- ment ces rigoureux soirs de nos /hivers canadiens.

Si nous entrons mainte dans un foyer sans feu nous voyons de pauvres enfants qui pleurent, ils ont froid...:.... plus de biche & mettre dans le poéle.

Pauvres petits!

Espérons qu’un jour ces pau- vres jouiront du méme bonheur.

Simone Ducharme Grade VII, Fort Kent, Alta.

CHEZ-NOUS

Eclatante de blancheur dans un fond de verdure, se ‘dresse menue et élégante notre chére petite maison, ma demeure.

Crest ainsi que je la vis en un. clair matin’ d’été, en dsscen- dant avec mon amie Renée de|

notre Plymouth aux lignes “élan- cées. Le soleil était déja haut a Vhorizon, Je ciel semblait ~ étre dun bleu trop intense. Aussi loin que la vue pouvait se por- ter, s’étendait une plaine.. verte parsemée de fleurs multicolores.

“Oh, s‘exclama Renée d’un ton admiratif, est-ce. joli la campa- ene, tout est gai et calme, com- me je vais passer d’agréables va- eances.” Il y avait. quelque chose dune joie d’enfant dans sa voix cristallisé, Je me retournai,-je ia vis vétue d’un simple costume de drap noir, sa téte bouclée. tour- née ‘vers la plaine;’ dans ses grands. yeux d'azure: jessaisis cet- te lueur de-contentement..qu’é- prouve -une:: jeune: fille <fatiguée des bruits de-la:yille; qui se re- trouve::dans Jexccalme paisible de la campagne. Doucements je Jui pris ‘le -bras:cét- ‘Ventraimai vers la maison..n-instant plus tard nous étiens dans le vestibule dé- posant: nos’ “Saes. de overe et nos chapeaux.

Je 1a ‘conduisis* au - “petit sa- lon bleu EX: y Sntrant “rious nous!

laissames ‘Choir- Str té“divan. A- vec plaisit® mes yeux sé“possrent tourea tour’ sur’ 1é8 “fautéuils re- couverts de cretonne fleurie, sur les étagerés “de livres’ ‘Sur Td? pho- tographie dé mes gratids-parents, le grand” crucifix “S5-4

“Suzanne coniment | remercicr | Renée,

te

se. Les plus sean: batissent des! de m/’avoir amenée ici! Tu sais,

continua-t-elle, lorsque noi vons plus de mére le foyersocus”

semble vide. Mon pére -n’éstice- — cupé que de ses affaires, et moi _ je suis sseule... “Si seulé: .été- ta-t-elle réveusement.. C'est. a- lors que ‘mon bonheur &t.xeoi m’apparut, j’avais des . paresis tres tendres, des ‘soeurs. et des fréres affectueux. Je n’avais’ ja- mais connu le manque @’aifec- tion que connaissait Renéé’'"*4

Le diner fut égayve pax a joyeux babil de mes_ petttias soeurs Lucille et Myrise etmes — petits fréres Jacques et Marcel.

Papa et maman suivant la com:

tume canadienne éta’ent ‘assis

& chaque bout de 1a’ table hes murs blancs de la salie’ avdiner m’apparurent ornés le ‘quel@ves peintures de gibiers. Les‘ miei-—

bles confortables en 6rable%ca- nadien me firent penser que Jon — avait raison de prete: car cette piéce aux autres de ja mais PES

Apré avoir dégusté tes- “nets savoureux de notre vieille.cui~

)siniére, fentrainai mon arnie) au jardin, ot tout en nous ‘prome~

nant nous échangions des- hese

dences. 3

d’un livre racontées.

par lui-méme_

Histoire et aventures Cun Jag ryacontées par lui méme

-J’entreprends la téméraire. As, che de vous donner un byt. C sumé de mes nombreuses aven- tures. Méme’$i un livre e chose inerte et sans vie i parfois faire beaucoup de scomme vous le prouyera cette

obscure mais utile histoire de

ma vie. SHER:

Le plus vieux de mes “SOUVE nirs remonte 4 Pépoque ot jé:

tais encore linge A planecher.

Lorsque ma peau devint Brise” et coriace, la ménagére, pour a remercier de mes services, me jeta dans un affreux petit bari, rempli de choses qui m "étaleny, - apparentées si l’on en juge* par V’état_de.propreté. Un ‘ehiffon”

nier passant par la me perga © avec un vieux crochet rouillé, et me déposa trés cérémoniend,

Suite &4 a page 3

Abe ee

(3)

DECEMBRE: 1939 LA SURVIVANCE DES JEUNES PAGE 3 Histoire et aventures

d@’un livre: racontées par. Tui-méme . Suite de la, page 2 sememt dans la hotte pendue a

80D, COW crasseux,

Le chiffonnier me rendit bien-

#6t 4 une usine de papier. Je |}.

passa. de machine en, machine,

& travers..des bains successifs, Lorsque enfin . je, revis. le, jour, je ne me. reconnaissais pas: d’un.

vieux torchon sale, jiétais de-

" wenu da beau. papier immaculé.

iL’on me pressa ensuite dans une -boite, expédiée & une imprime-

‘wie oélébre, La on, osa me salir

‘aves, de. vilains. petits hiérogly-

‘hes, Sappris bientot.que j’a- s Vhonneur Wétre une “Imi-

‘tation. de Jésus-Christ:”.. L’on me, para .-d’une: belle couverture ibrune -et dorée qui reluisait

‘comme de Vor. Vraiment, ..n’é-

‘tait-ca pas de l’or qui se trou- vait emprisonné entre ces. deux:

couvertures symboliques.?

Des mains de-l’imprimeur, je,

‘passai. dans celles du libraire,

‘qui-m/expogsa bien en vue dans

‘ga vitrine, Ma, couverture tenta, plusieurs, petites personnes @

‘@ages, mais,.a la vue du prix -exhorbitant inscrit sur un carré|

de bristol, elles. fuyaient . sans.

‘daigner: méme jeter un dernier kegard, sur ma reliure tentatrice Pourtant un beau jour, un.

‘grand: jeune homme en, redin- gota, portant chapeau dur et, gants blancs, la bouche surmon-

tée, d'tne moustache en pointes, 'm’échangea contre des ‘piéces,

‘sonnantes, que le libraire, avec Vive, satisfaction, | empochat (a-

‘pres les avoir minutieusement, compnees) dans ‘son petit gous- set

WélSeant: Monsiew? Z... me.

glissa dans” ‘sa poche de. veston, qui: : sentait- la violette’.&A en é-'

“ternuer, En arrivant 4 sa. co- queit> villa, il se. glissa, en, ta- pinois jusqu’a la chambre ‘de sal soeurette-et frappa d’un ‘geste

impeératif, A la belle jeune, fille |, de dix-sept ans qui lui ouvrit, te grand! frére donna deux so- nores baisers, um sur chaque joue rose, ce qui les fit rougir dayantage. “Devine ce que je Vapporte, mignonne. —Mais vo- yous, est-ce que je peux devi- ner = ‘quelle. chose. précieuse tu

“es encore allé me dénicher?

—Fiens, regarde, et dis-mot ce Que tuen-penses —-Ah! mais)

frérot, tu me gates. affreuse- ment. Je ne. puis. voir.ol tu

‘trouves toutes ces belles choses.

Ainsi je: changeai.de; proprié- taize,-La jeune. fille . ‘appelons- i Ia. XL). .vavait encore une année};

de. pensionnat. a faire. Une ‘se-.

maine «plus . tard, elle partait poum le couvent de. Jésus-Marie},

3 Sillery: ‘Elle fit une. bonne-an-

‘née scolaire, au.cours de Jaquel-.

le elle slétait liée d’amitié avec une,

ge. Une. amitié. solide, une. de;

ces amitiés rares et Si, précieu-.

805% gui, durent. toute la vie, les unissait toutes deux. fone = fechienx. ‘souvenir, Mlle X..

«donna; 3 son amie.

-Celle-ei:quoique .de bonne, é-, : ducation,: de. caractére. bien for-

mé, 2¥ait la: vilaine manie..d’é- gaxer ses. effets: Bien entendu, j'y, passai. Elle m’égara si, bien, quelle. ne. me. retrouva. plus, - je}.

fus. perdu dans Ja.rue. Un vau;

wien, Me.ramassa, m’amena.dans _ 88 mansarde,.et.me jeta. sur, la,

table, avec l'idée. fixe de me.

vendre le lendemain pour quel- ques, sous. Mon nouvean.et der- miler Propriétaire. dormit.toute.

. la nuit, de.cessommeil lourd: que:

. donne. Vivresses..

Le lendemain, en, s’éveillant, Son. regard tomba>

qu’un. rayon de. soleil mettait).

en, vajeur. Il m’ouvrit au haparis et tamba sur ce qui suit:

protege. humble et le° délivre;.

al Vaime et le. console; il s’a-

> paises. Jusqn’a Anis ib _repand sur, tui ses graces avec a ce, et, aprés: avoir humilié, ik ré-

leve dan Sa gloire.”

Ce < court, passage, _secondé, fortement ae la grace dé Dieu, fit joillir:

. prodiyire.. la lumiére dans cette ame Re par. les. téné- |»

‘ ees, ‘homme courut a la. pro-.

chai @- église, se jeta aux, pieds du ‘prétre,.. epnienses sa.:vie de, _ coup parle, 2 tta ses, fautes. et

“wéeur le reste dé’ ses jours dans, sy ia. <du, Seigneur,, SADE. me

quit er jamais. |

jeune -demoiselle de son, a-|:

sur moi,|-.

*étincelle qui devait}:

Fleur-Ange,: Forest, i

L'EXPOSITION DE Vy eae Pas de ' Vexosition’ de New- York, mais. de Pexposition. pro- vinciale, de. l’exposition. de

“chez-nous’,.. de la plus inté- ressante des “expositions done, puisqu’ellé met 4-l’honneur les multiples activités de nos gens.

“Pour etre heuretx, restons chez nous,” déclarait Monsei-

‘gneur. Alexandre’: ‘Vachon, a Voe- éasion de’ la. Journée du Mérite Agricole. Ces paroles.-du- trés distingué Recteur de Laval di- canadienne est. un. foyer rayon- nant de-charme et de beauté.

qui doit étre, cette. semaine, le rendez-vous,

mirateurs mon: regard:

‘tout d’abord le-PALAIS de V?EN- DUSTRIE, synthése du com- se. fierement le pavillom de la Fonderie de. VIslet. Ses poéles de tous genres, ses machines 4 laver perfectionnées doivent sfirement tenter bon nombre de ménagéres.. La ligne des poéles présente les. produits: Jes plus

‘modernes..-Que de. progrés. ont été accomplis, quand: on compa- rei les poéles L’Islet avec les

‘antiques monuments 4 deux te compagnie attire lattention tale fournaise 4 air chaud et, le,

‘poéle qu’elle porte.

bacco. intéresse peu les écolié- res de mon age, mais n’en reste:

pas. moins original, : a, maison, Grothée. Ltée; remarquable par la cigarette “Grads” n’a pas

‘mes sympathies 4 cause-de la jeune fille universitaire; qu’elle met en relief. Ne pourrait-on.

pas populariser:.ce. produit. de, facon plus polie pour le» beau

sexe et tout aussi,.prenante?

Le sexe délicat y gagnerait, il me semble, ..

Le pavillon suivant. pique la euriosité des: amateurs. de sport.

‘On y: trouve. de.. tout: gourets, patins, raquettes de tennis, de

“badminton”, molle,,.etc. .

Et Ecole Technique présente deux exhibits dont. lun, consa- eré a lébénisterie, Vautre, al’a- veilleux. :meubles- fabriqués avec les bois de,-nos foréts, . des mo-

‘tents, une machine. a découper, neur aux éléves, de l’Eeole et intelligente.. initiative, <

Puissent ces échantillons di-

‘vers éveiller dans l’A€me des no- mous ét une sympathie plus con-

eréte pour leurs fabricants:--:

“Pour étre heureux, restons.

chez nous!” —~

pour examiner les travaux qui:

sy étalent dans une tenue.-trés,

; | Sqienée. Nos ‘yeux: sont, attirés

| par une riche collection de, ta- pis et de- tentures au: erochet,

‘par des piéces murale, des cata- igoat indiscutable, -par d’intéres-

‘santes sculptures sur bois, des.

ouvrages en aluminium. et di- vers jouets.

est installé. On ysert des ra- Jean-Baptiste qui-a organisé ce beau-ecamp. eb qui veut. encore vaujourd’hui venir en aide au’ co- lon: nécessiteux. en - essayant de réaliser. quelques ressources au

‘bénéfice des enfants: des colons.

Un merveilleux Kiosque. nous

‘réserve. des surprises. sucrées.

‘En effet, le-fameux miel “Nec- tar, orgueil de Vapiculteur.

‘québecquois, -soffre: 2. vadoucin la gorge .des visiteurs et a flatter: leur estomac...-

’ Lair de satisfaction des. visi- teurs et des, gourmets nous dit

‘assez. quils font leur, la parole

‘de Siete orateur de. l’Univer- sités -

“Pour. -étre heureux, » restons |;

chez nous!” |

Rendons-nous,. sans plus tar- ider “au. Palais de: Agriculture.

Lest 1a. que sont groupées les

‘meillenres: recrues. des étables idu: vieux Québec. Chvaux,' pores,

‘monptons, « saluent4 leur ‘facon les nombreux. visiteurs, mais ‘je ne suis” bon. juge. ici-et je

‘ate vlaisser ‘lav parole. aux Grade XI, Convent. spécialistes : dans: cette, branche.

ee Tésiun- Marie; -Gravelbourg; Sask ~ _ Les-frnits,-lex-légumes:ets les:

‘'Chantons en Choeur

-IL EST NE-LE DIVIN

sent éloquemment que la terre;

En, pénétrant-sur le terrain}

dune foule d’ad-}:

salue },

‘merce québecquois. Ici se dres-}:

ponts,.de nos grand’péres .Cet- | ides) visiteurs par sa monumen- |.’

Le pavillors de. Imperial To-|_

artices: de. balle-: st

justage. mécanique, la. fonderie. |), la forge, Lélectricité,. de mer-|.

‘etc., tous des cbjets-qui.font hon-}.

prouvent, une fois de plus, leur |)

‘tres, une appréciation-plus sin- |.

cére pour les produits: de chez}

Passons au Palais. -Central;~-

‘Tei, ‘il nous. faudrait des heures;

lognes.eb des draperies- d’un}

‘Un camp de colon miniature |...

fraichissements..et. des gofiters,|..

Honneur & la Société Saint- |

BLONS-NOUS

Ca, bergers, assemblons-nous, Allons voir le Messie;.,

Cherchons cet enfant si doux.

Dans les bras de Marie,

Je Ventends, il nous appelle tous, O sort digne d’envie!

Laissons 14 tout le troupeau, Quil erre 4 Vaventure — Que sans nous sur ce coteau . Tl cherche sa pature, .

Alions: voir dans un. petit berceau L’Auteur de la nature.

Sa naissance sur nos bords Raméne. Vallégresse.

Répondons par nos. transports. .-:- A Vardeui qui le: presse;

L’excés. de sa tendresse, Dieu*naissant, exauce-nous, Dissipe nos alarmes;.-. . Nous tombons: 4. tes. genoux, Nous les. baignons:.de larmes.

Hate-toi de nous donner a tous La paix-et tous. ses, charmes.

i. + Dans -cette étable

‘ Que Jésus est charmant!

Quwil est aimable Dans son abaissement!:

Que Cattraits-a; la. fois!

. Tous‘ les palais:des rois N’ont rien de comparable:

Aux .beautés:.que je vois..

Dans: cette étable. » - Que sa puissance Parait bien,.en ce, jour Malgré lenfance.,....

On le: réduit. amour!

Le monde. racheté ....

Et tout Venfer.. dompté, Font. voir.qu’a,.sa: naissance, » Rien. n’est, si redouté.

Que..sa- puissance.

Touchant ‘mystere!

Jésus souffrant pour nous, D’un, Dieu’ sévére

Apaise le courroux Du testament nouveau pabyie Tl est le-doux Agneau;

Ik doit: sauver la-terre, - Portant. notre fardeau;

Touchant: mystére.

S’il est sensible,

Ce n’est qu’a nos malheurs:

Le froid'- pénible »

Ne cause point ses pleurs.

Mon: coeur a: tant dattraits;

A de: si-doux bienfaits, A ce charme invincible © Doit: ceder-désormais S’il est sensible: :

>

CA BERGERS, ASSEM.;

Secondons par de nouveaux efforts.

i if

DANS CETTE ETABLE) * o>

LES ANGES DANS NOS ENFANT

REFRAIN © Tl est né le divin Enfant!

Jouez hautbois, résonnez musettes Il est né le divin. Enfant;..

Chantons. tous. son avénement.

Depuis plus. de quatre mille ans _.

Nous le. promettaient. les prophétes — Depuis plus de quatre mille ans. . Nous attendions cet heureux temps. - Ah! quil-est beau, qu’il est charmant!

Ah que ses graces sont parfaites::< ; Ah! qu’il est beau, qu’il est charmant!

Quwilsest doux, ce divin Enfant!

Une étable, est son logement Un peu de. paille est sa couchette;

Une étable est son logement.

Pour un Dieu, quel abaissement! - Tl veut. nos coeurs, il les attend, tl veut en faire-la conquéte;- HL veut nos coeurs, il les attend...

Quils, soient. a lui dés ce;moment,:- - O Jésus!)O roi tout-puissant!

Tout petit enfant que vous, étes . O Jésus! O roi tout-puissant!

Régnez sur nous entiérement.

Les Anges dans nos campagnes .. * Ont entonné.Vhymne des cieux Et l’écho de nos montagnes ~ Redit ce chant mélodieux:.

REPRAIN’ © .

Gloria. in. Excelsis: Deo...

: Gloria in Excelsis. Deo, Bergers pour qui eette féte?:

Quel: est ’objet- de. tous: ces chants? : Quel vainqueur, quelle: conquéte

Méritent ces choeurs: triomphants?::«::

Ils annoncent la. naissance... . i Du saint Rédempteur d’Israél, .—

Et plein de reconnaissance Chantent, dans ce jour. solennel: . Dans: Phumilité’ profonde™

Ou. vous paraiissez anos yeux;

Adorant le‘roi du monde; :*- Nous. redirons ce: chant: joyeux: ©:

Déja par la: voix de PAnge = | * Par Jes hymnes. des .chérubins,

ha terre sait la: louange.

Qui se chante aux parvis divins: . -..

Dociles’ 4 leur exemple,

Seigneur, nous viendrons désormais Au milieu de votre temple,

Chanter avec eux vos bienfaits:

Pails | fleurs ont. mes »prédileetions,: %

L’ensemble présente un aspect

‘séduisant,- tant ‘par la, disposi- tion que par l’odeur. qui s’en dé-,|

gage. On remarque, un peu plus|

loin, des meubles trés anciens. |;

Vraiment, ils sont démodés et leur visage antique. provoque le}

sourire. °Mais,:) srespectons-les, car une vieille chaise a:encore |:

la. force. de.-nous , dire: ‘Qui, :

‘vraiment de mon temps, tout €-} f tait mieux -qu’a présent.’” >

“Pour €tre heureux, restons chez nous!”

Le. jour “baisse et: je« dois}

m’arracher A tant dattraits. ..

En quittant le pare, je salue le

"A NOS ABONNES ADULTES

® 1—Plusieurs: adultes. ont jusqu’icixrequ: “La Sur->

vivance. des: Jeunes” sans: avoir. versé le prix de las } bonnement;: °25 sous; Vu. les, difficultés: croissantes:

’ nous devrons: a partir du: présent «mois: retrancher; ' quoique a regret, ceux qui ne seront’pas en: régle:

@ 2—Si quelque erreur’se glisse, nous ‘prions ceux’

qui ont payé leur- abonnement:et ne: reeoivent pas le_ journal de nous en avertir’ et nous y verront:

‘immédiatement. : pauvre .vieillard, qui répéte a:

tous les: passants: “Ayez.:pitié

Sey ert foffrent d’utilité: ne: niibonGs que lg classification des’. grades coeur je laisse tomber mon, obo-

‘le dans. §a. tirelire.

qu’ils renferment de poésie. et -dans .Nos: imdustries, ce qu’elles -

d'un panyre aveugle.” De grand-|’

Je m’éloigne. en souhaitanty}

que ceux .qui-ne savent pas dé- |: =<

couvrir .dans:nos champs, ce}

pas. au. moins pigaeess sympathie dans la Province deQnébec:é- BUX, ee eens ap a, en quivaut &:2:degrés. plus bas: que

“8 aimee Gers ade 12) ceux de-l’Ouest. pial Pensionnat: de; Sain t-Roch;éme année, dans l’Hst,: équivaut

Québec... au. Xie, ‘grade: de- VOuest, eau nous... etre «moins. ‘pour -ce. quir » trait -au : N D: LR. —Apré

evons conclure. francais.

renseigné,. nou:

,

une dixi- ©

(4)

PAGE 4 LA SURVIVANCE DES JEUNES

ay WZ Wz SKS YD

L’avion du Pére Noél

La famille Dupire est groupée autour de la table. Depuis quelques instants, papa observe en face de lui son fils Gérard, blond enfant de six ans qui avale d’un air apparemment distrait le bol de potage fu- meux déposeé devant lui.

—Gérard, 4 quoi penses-tu? deman- de M. Dupire. Tu parais sérieux; je t’ai vu, il y a un instant, tenir ta cuiller en lair et tourner vers la fenétre un regard anxieux... quelles graves pensées trottent en ta jeune cervelle?

—Papa, répond le bambin avec un peu

@hésitation... c’est aprés-demain Noel, n’est-ce ps?

—Oui, mon garcon. C’est donc la la cause de tes distractions? Est-ce parce que je t’ai dit que le pére Noel était plus pauvre que de coutume cette année, que tu prends cet air inquiet? Tu avais sans doute beaucoup de choses a lui demander?

. eu.. oui! ...non! papa! dit Gérard que l’éclat de rire moqueur de son pére met soudain @ la géne ;

—C’est-a-dire, se décide-t-il a expli- quer bravement.. je ne voudrais pas de-

’ mander de jouets au bon pére Noel; mais vous savez que mon occle Zim ne veut jamais m’emmener avec lui, dans son aé- roplane, parece que, dit-il, je suis trop pe- tit et il croit que j’aurais peur. Alors...

je demanderais au pére Noel de faire une envolée avec lui car c’est vrai, papa, qu’il a un avion le pére Noel! Il a dit hier a la radio qu’il venait du pdle nord en aéro.

Dites, papa, il ne me refuserait pas ¢a si vous le-lui demandiez pour moi et surtout si vous lui disiez que Gérard n’aura pas peur. -

Un désir ardent se ilt sur le visage mo- bile du petit garcon qui léve vers son pere un bon regard confiant.

M. Dupire se léve de table et, de la fe- nétre, scrute horizon.

La neige, gui tombe pressée en gros flo- eons semblables & des étoiles d’argent, forme un épais rideau qui dérobe a la.yue le cours méandrique de la riviére.

—Hum!... Gérard, je veux bien croire que le pére Noel accorde aux enfants sages tout ce qu’ils lui demandent, mais encore faut-il qu’ils n’exigent pas lV’impossible!..

Tu sais qu’en hiver les avions sont mu- nis de patins et peuvent ainsi gilsser sur la surface gelée de la riviére lorsque celle- ci est bien lisse et que la glace est solide.

Or, aujourd’hui, il fait plus doux, il neige depuis vingt-quatre heures; voila autant d’obstacles qui s’opposent a la réalisation

“de tes désirs, méme si le pére Noel étiat disposé a satisfaire tes exigences.

Je crois, mon garcon, que tu fais mieux d’y renoncer. L’été: prochain, ton oncle t’emmeénera en avion et ce sera plus beau qu’en cette saison, car il fait froid, tu sais, dans le ciel.

Gérard n’est pas convaincu. On ne con- vaine pas un enfant qui voit tous les jours psaser au-dessus de sa téte de grands oi- seaux au vol str qui S’accompagne d’un bruit ronflant. Il sait bien ue rien ne les arréte, pas méme le vent, la pluie, le froid ou Ja neige et il pense que si le pére Noel voulait, son désir deviendrait bientot une merveilleuse réalité.

kk *

Elle est arrivée la féte idéale de paix et de sérénité, de lumiére et de blancheur qui enchante tous les petits et rajeunit les ames froissées, blessées par le rude contact de la vie; il n’est personne qui ne retrouve dans l’assistance aux pieuses cé- rémonies, dans l’audition des vieux can- tiques de Noel, un peu de son ame naive et fraiche d’autrefois. L’évocation de ce mystére touchant et des souvenirs qu'il évoque naturellement nous raméne au temps délicieux de notre insouciante en- fance.

Gérard a pour la premiére fois assisté - ala messe de minuit. Il a. écouté avec re- vissement les cantiques anciens et char-

“mants que son pére lui a appris 4 fre- - donner: Il est né le divin Enfant, Les an- ges dans nos campagnes... Les yeux en- core tout éblouis des visions lumineuses

de léglise, il s’est endormi et il a révé d’un avion merveilleux qui lVemportait loin, trés loin, vers un pays inconnu tel que celui ou naquit Jésus.

Car, hier, lorsqu’il est rentré aprés a- voir glissé longtemps, le beau temps étant revenu avec le froid, il a dit & sa mére:

—Maman, le petit Jésus devait bien étre gelé puisque vous dites qu’il n’avait pas de chauds vétements comme les miens, qu'il était dans une étable sans porte ni fenétres et que pour le réchauffer, il n’a- vait que le souffle d’un boeuf et d’un ane!

—Oui, Gérard, le petit Jésus avait bien froid, mais dans le pays ow il est né, il ne fait pas aussi froid quici.

Gérard a beaucoup questionné madame Dupire sur ce pays lointain ot il fait as- sez froid pour que Jésus en souffre mais ou il n’y a pourtant pas de neige. Il n’a pas beaucoup compris. Enfin...

Et dans son réve, il voit un pays incon- nu ou les arbres sont des palmiers comme ceux qui décorent le paysage au fond de la créche, paysage qui représente une rou- te de Galilée conduisant aux portes de Bethléem.

A son réveil, en trouvant les jolies choses que lui a laissées le petit Jésus, car maman affirme que c’est Lui qui est venu, Lui et le pére Noel se partageant la besogne qu’une seul ne suffirait pas a ac- complir, il oublie son désir de la veille.

Tl Voublie jusqu’a ce qu’un avion gra- cieux vienne dans l’aprés-midi de Noél se poser sur le miroir’ de la riviére.

Sous les yeux incrédules de Gérard, il en descend un authentique pére Noel qui vient lui offrir une envolée.

—QOh! ! ! Le petit grcon n’a pas de mots pour dire sa surprise et sa joie. Le per- sonnage habillé de rouge, au bonnet bor- dé de blanche fourrure, le hisse & cété de lui et Voiseau géant décolle lentement.

Comme en son réve, Gérard plane dans

“lVazur; cependant, ce ne sont plus les palmiers qui déploient trés haut leurs é- ventails mais de sombres sapins qui dres- sent leurs silhouettes coniques vers le ciel.

N’importe! Gérard est heureux et dans sa reconnaissance il voudrait, aprés Ven- volée, retenir le bienfaiteur qui s’excuse et repart pour promener d’autres petits enfants, dit-il. _ 3

Une heure aprés, l’oncle aviateur, l’on- cle Casimir, Zim pour les intimes, arrive chez les Dupire.

— Mon onele! s’exclame Gérara, vous arrivez trop tard! Si vous étiez venu plus tot, vous auriez fait une belle envolée a- vec le pére Noel et moi! Et puis... ce n’est paS vous qui m’avez fait faire mon premier vol en avion!

—Cela ne fait iren, répond l’oncle, sou- riant. Je t’en ferai faire d’autres car tu es un courageux petit garcon, mais ils ne seront jamais si beaux que celui-la, n’est-ce pas? Avec moi, tu pourras voler aussi souvent que tu le voudras, tandis que le pére Noel, des tours en avion il n’en accorde jamais plus qu’une fois mon ami.

Gérard ne se doute pas dans sa naiveté enfantine que c’est son oncle Zim qui a complaisamment joué le réle du pére Noel Ses yeux bleus et brillants fixent au dehors un point éloigné, bien au dela du cours sinueux de la riviére et de la som- bre ligne des conifeéres.

—Mon oncle, quand je serai grand, dis yeux-tu, nous volerons ensemble jusqu’au pays du petit Jésus?

Or dans l’avion du pére Noél est née la vocation de Gérard: il sera aviateur!

ARIANE

Noél Chinois.

IL SE MIT A NEIGER...

EN SONGEANT AUN JEU- NE MISSIONNAIRE.

Remontons un peu dans l’his- toire.

“Tl y a 6,748 ans, les fils de Han le Jaune, remarquant que la lune éclairait les riviéres du Céleste Empire & époques fixes, décidérent de lui confier le soin de ramener le jour et les sai- sons. Les fils des fils de Han le Jaune continuérent 4 compter a la maniére des péres des péres de leurs: péres...”

Voila pourquoi les Chinois marchent avec la lune qui, elle, Ne commence son année que le 24 janvier.

Voila porquoi au let janvier 1986 les femmes d’Anking cas- saient la glace de létang a coups de palette et lavaient leur linge sans plus se préoccuper des humeurs du calendrier.

Mais au fait, il s’agit de Noél et non pas du jour de |’an.

Et bien, la veille de Noél, au début de ’aprés-midi, 4 Anking, il se mit a neiger...

Le jeune missionnaire 4 qui je songe regardait neiger. Il s’intéressait a tous ces petits flocons blanes “qui atterris- saient avec toute la délicatesse de flocons bien nés.”

Il regardait neiger. Il regar- dait aussi la page des caracté- res chinois: qu'il fallait appren- dre. Il regardait trés loin, trés loin. Il regardait au Canada. . ou il neigeait peut-étre une pel- le neige, de cette neige qui com- pléte un Noél canadien.

Le Pére Supérieur lui aussi * regardait neiger...

—Il ne viendra personne 4 la messe de minuit, avec un temps pareil .

—Mais, mon Pére, il en vien- dra,

—C’est votre premier chinois.

dire qu’il en viendra? Ah! avec un temps pareil! Vous ne savez pas que nos chrétiens habitent loin? Presque tous see de la

L’ENFANT-

JESUS ET

LES FLEURS

Au printemps, une riche fil- Noél |

lette cueillait pour sa mere les | terminée! Ici, on trouve la mes- fleurs splendides des parterres;

Comment. pouvez-vous |

{

|

|

| }

| |

un enfant inconnu se présente. |

—Donne-moi tes fleurs.

—Mes fleurs sont pour ma mére; mais toi, qui est-tw?

Comment as-tu pénétré dans ce jardin?

—On ne m’a vu passer, re- prend le mendiant en tendant vers le gros bouquet ses toutes petites mains.

La fillette troublée pensa:

—Si j’appelais pour faire chasser ce vagabond?

Mais Venfant était si beau, son regard était si pur que, sé- duite, efle lui jeta son bouquet, un bouquet beau comme le prin- temps.

—Pars vite, petit inconnu, et prends garde que les jardiniers tvapercoivent., .

Kt la fillette crut voir dispa-::

raitre, dans le taillis épais, un: trés loin de lui et trés loin d astre porteur de haillons.,

A Noél, malgré la grosse nei-

ge, SRST SaG OSL OE joyeuse- | et tous les petits Chinois repar- ment a la Messe de Minuit; seu- | tirent dans la nuit et dans la : le une riche fillette demeurait

a la maison. L’enfant songeait devant le foyer comment elle pourrait dans la maison trouver un cadeau de Noél assez beau pour ses parents si bons.

Soudain on frappe sur la vi-

| tre obscurcie par le givre.

—-Ouvrez, ouvrez,. disait une voix pressante qu’elle avait dé- ja entendue, -

C’était le mendiant du prin- temps; ses haillons étaient de neige; son visage de soleil.

—Que tu es beau! ou vas-tu, petit mendiant? .

—Je vais voir la créche a Vé- glise et en passant, je te rap- porte tes fleurs,. .

La fillette ne vit. plus qu’un bouquet plus beau que le prin- temps; un parfum céleste péné- trait toute la maison. _

A ce moment méme, les pa- rents se prosternaient a )Elé-4 vation de la Messe de minuit;

YVEnfant Jésus était arrivé.

‘en choeur,

| voir ici.

| pas,

ville. Les voyez-vous -patanger dans la boue, avec leur guit denfants!

Cette neige! C’ était bien mal- heureux pour le petit Jésus, et pour les Chinois, et pour le enfants, et pour lui, le jeun missionnaire, et pour seg lan- ternes qu'il avait descendues de la pointe du clocher en de ma- jestueuses guirlandes.

Et pourtant, il en. vient des Chinois, 4 la messe de minuit!

Des Chinois qui arrivaient tout ennneigés, des petits Chi nois, il y en avait assez pour consoler le coeur du petit Jésus”

et le coeur du Supérieur, A minuit, grand silence dans Véglise on dévoile l’Enfant-Jé- sus, placé audessus du taberna- — cle. Le prétre parait. Les fidé-—

les se lévent. La messe com mence. Or, voila qu’en ce pays de la lJointaine Chine, les en- — fants entonnent, mais oul, un vieux Noél canadien... ~

Cela réveille quelque chose dans l’éme du jeune mission- naire, surtout quand on a été © jadis petit chantre de la Mado ne...

Le chant des solistes est plu:

t6t mal assuré. Mais quand le peuple reprend en. choewr (1a- bas, le peuple chante, ici le peu- ple écoute toujours, i} voudrait chanter, et il écoute toujours | des chants trés harmonienx, je le sais, mais des chants gui trop”

souvent ne Vatteignent fpas)}, done, quand le peuple reprend

“ce n’est plus Je cri plus ou moins nasillard dun enfant mal préparé, mais une priére qui gonfle le coeur, qui nous , entraine comme dans un courant. Les mots n’ont rien a Je ne.les comprends mais je comprends ces —

| chrétiens. Comme nous sorames

|catholiqgues! Nous donnons aux

«Chinois, non seulement la doc- trine et les sacrements, mais ce que nous avons de plus intime,

| ¥es chants gai nous wumnissent

‘dans un méme sentiment, gui

;sont comme l’Ame de nos céré-

|monies. Nous leur donnons a-

; vec le christianisme, nuancé par

‘les mille vibrations des généra- tions précédentes, comme une

|Ame nouvelle toute chaude d’é-

| motions humaines qui élévent a Dieu.”

_Ainsi écrivait le jeune mis-

sionnaire. :

La messe est terminée, déja_

se toujours trop longue! Les vi- sages sont joyeux malgré la

| grande pauvreté. Il faut repar.

tir. I] faut refaire les vingt milles pour regagner la cabane ou il n’y aura pas de réveillon.

pas d’étrennes du petit Jésus, pas méme wun peu de chaleur pour réchauffer les mains ger- cées,

Pour le moment on a oublié sa misére. On a parlé A Dieu.

et Dieu a fait comprendre que le vrai bonheur sur terre, crest dans le coeur du pauvre qu’on le trouve, bien, plus souvent que dans les ‘palais des riches, =~

Le jeune missionnaire regar- da longtemps cette foule tout

‘proche de lui et toute proche de Dieu. I) regarda aussi la foul

. toute cette immense Chine

| Dieu. .

| Puis, les papas, les mamans neige, car i] neigeait toujours..

Antonio POULIN, SJ.

Le forgat: C’est terrible lors:

que je pense que toute ma vi je serai reconnu par un numéro.

et que je serai un objet de su.

picion pour la police. ei Le curé: Ce n’est rien... co:

solez-vous, tous les automa que yous,

. Deux amis se rencontrent:

—Alors comment va? Tow jours harcelé par tes. eréan ciers ?

—Oh! c’est sans “importand Nous ne nous rencontrons

mais, Ps

—Pourtant, Montréal a limites.

—C’est impossible. Bux von

@ pieds et moi je suis toujou

en voiture. i

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