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Utilisation de la ventilation non invasive au long cours lors de BPCO.

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Utilisation de la ventilation non invasive au long cours lors de BPCO.

SCHOPFER, Léonore, et al.

Abstract

Non-invasive ventilation (NIV) is recognized as first line therapy in acute hypercapnic respiratory failure and chronic alveolar hypoventilation caused by several diseases (restrictive thoracic disorders, neuromuscular disease and obesity-hypoventilation syndrome). In Switzerland and other European countries, long-term NIV has also been applied in hypercapnic patients with chronic obstructive pulmonary disease (COPD). However, only recently has conclusive evidence showing benefits of long-term NIV become available.

Long-term NIV in COPD has now shown its efficacy in many studies. However, despite these findings, indications, ventilatory settings and monitoring remain poorly known and topic of debate.

SCHOPFER, Léonore, et al . Utilisation de la ventilation non invasive au long cours lors de BPCO. Revue médicale suisse , 2018, vol. 14, no. 592, p. 283-288

PMID : 29384276

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:111248

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MÉDECINE INTERNE GÉNÉRALE

Utilisation de la ventilation

non invasive au long cours lors de BPCO

La ventilation non invasive (VNI) est reconnue comme traitement de référence des décompensations respiratoires hyper capniques aiguës, ainsi que dans le traitement de nombreuses affections chroniques ayant pour conséquence une hypoventilation al­

véolaire (pathologies restrictives thoraciques, maladies neuro­

musculaires, syndrome obésité hypoventilation). Elle est égale­

ment utilisée depuis plusieurs années en Europe occidentale, et notamment en Suisse, en cas d’hypercapnie chronique chez le patient BPCO et ce malgré l’absence de validation scientifique solide jusqu’en 2014. L’utilisation de la VNI au long cours lors de BPCO a récemment fait la preuve de son efficacité dans un cadre épidémiologique bien défini ; néanmoins son indication, sa mise en place, ses réglages et son suivi sont autant d’aspects encore peu connus et débattus.

Long-term non-invasive ventilation in chronic obstructive pulmonary disease patients Non-invasive ventilation (NIV) is recognized as first line therapy in acute hypercapnic respiratory failure and chronic alveolar hypoven- tilation caused by several diseases (restrictive thoracic disorders, neuromuscular disease and obesity-hypoventilation syndrome). In Switzerland and other European countries, long-term NIV has also been applied in hypercapnic patients with chronic obstructive pulmonary disease (COPD). However, only recently has conclusive evidence showing benefits of long-term NIV become available.

Long-term NIV in COPD has now shown its efficacy in many studies.

However, despite these findings, indications, ventilatory settings and monitoring remain poorly known and topic of debate.

INTRODUCTION

La BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) touche environ 400 000 personnes en Suisse et sera la troi- sième cause de mortalité dans le monde d’ici 2020. Elle est largement sous-diagnostiquée et l’on estime que seule la moitié des patients bénéficie d’un traitement. L’impact de la BPCO sur la santé publique et ses conséquences économiques sont majeurs. Le facteur étiologique principal reste le tabac en Suisse, où une personne adulte sur trois fume.1,2

La communauté scientifique s’accorde sur le fait que l’ap- proche thérapeutique de la BPCO doit être multidisciplinaire et multimodale : bronchodilatateurs, correction des troubles nutritionnels, maintien d’une activité physique suffisante, traitement des exacerbations (macrolides, roflumilast, corti- coïdes inhalés dont le rôle est actuellement limité), dépistage des troubles dysthymiques et oxygénothérapie lors d’hypoxé- mie chronique.3,4 L’arrêt du tabac est indiqué pour tous.

Cet article a pour but d’exposer les éléments scientifiques récents, validant l’utilisation de la ventilation non invasive (VNI) au long cours lors de BPCO. Nous tenterons d’identi- fier les patients chez qui il peut être opportun d’initier une VNI au long cours et de définir sa mise en place, ses réglages ainsi que son suivi.

LITTÉRATURE RÉCENTE

Après une hospitalisation pour une décompensation respi- ratoire aiguë ayant bénéficié d’une VNI, les patients BPCO ont un risque augmenté de réadmission et de mortalité dans l’année qui suit l’épisode aigu.5 Peu d’interventions ont à ce jour démontré leur efficacité pour réduire les exacerbations des patients BPCO sévères avec une insuffisance respira- toire chronique. Dans ce contexte, la VNI au long cours s’est progressivement imposée dans l’arsenal thérapeutique, en s’appuyant sur de nombreuses hypothèses physiopatholo- giques : amélioration des échanges gazeux, « reprogramma- tion » des centres respiratoires, mise au repos des muscles respiratoires, meilleure distribution de la ventilation, amé- lioration de la qualité du sommeil.6 Malgré un certain nombre d’études, l’indication et le bénéfice d’une VNI au long cours chez ces patients sont longtemps restés contro- versés. Une méta-analyse publiée en 2014, incluant sept études, a mis en évidence trois éléments prédisant une amélioration de la capnie sous VNI au long cours : 1) une pression inspiratoire supérieure à 18 cmH2O ; 2) une adhé- rence au traitement de plus de 5 heures/jour et 3) une PaCO2 au départ > 55 mmHg ou 7,3 kPa.5

Ce n’est que récemment que trois études ont enfin permis de légitimer et définir un cadre clair à l’utilisation au long cours de la VNI chez les patients BPCO les plus sévèrement atteints en répondant aux trois questions fondamentales suivantes.

Faut-il ventiler au long cours des patients BPCO sévères au décours d’une décompensation hypercapnique ?

Une équipe néerlandaise a randomisé 201 patients avec une BPCO sévère au décours d’une décompensation hypercap- Drs LÉONORE SCHOPFER a*, LENA GROENENDIJK a*, Pr JEAN­PAUL JANSSENS b, Dr ALAIN BIGIN YOUNOSSIAN c et LAURENCE VIGNAUX d

Rev Med Suisse 2018 ; 14 : 283-8

a Service de médecine interne, Hôpital de La Tour, Avenue J.-D.-Maillard 3, 1217 Meyrin GE, b Unité de pneumologie ambulatoire et Centre antituberculeux, HUG, 1211 Genève 14, c Service de pneumologie, Unité cardio-pulmonaire et soins intensifs, Hôpital de La Tour, Avenue J.-D.-Maillard 3, 1217 Meyrin GE,

Physiothérapie cardio-respiratoire, Hôpital de La Tour, Avenue J.-D.-Maillard 3, 1217 Meyrin GE

[email protected] | [email protected] [email protected] | [email protected] [email protected]

* Ces deux auteurs ont participé de manière égale à la rédaction de l’article.

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REVUE MÉDICALE SUISSE

nique ayant nécessité un support ventilatoire en 2 bras : trai- tement conservateur vs VNI et traitement usuel. Après un an de suivi, la mortalité était identique dans les 2  groupes (n = 22 dans chaque bras), de même que la survie et le taux de réadmission en milieu hospitalier. Les gaz du sang et en particulier la capnie se sont corrigés de manière remarqua- blement semblable. Ce travail suggère donc qu’il n’est pas opportun d’envisager de manière systématique une VNI au long cours, immédiatement après une décompensation aiguë sévère ayant nécessité un soutien ventilatoire.

Faut-il ventiler au long cours des patients BPCO sévères qui restent hypercapniques plusieurs semaines après une décompensation hypercapnique ?

C’est un travail multicentrique anglais7 qui a permis de répondre au moins partiellement à cette question : 116  pa- tients avec une BPCO très sévère (VEMS : 0,6 ± 0,2 l), plutôt dénutris (IMC : 21,6 kg/m2), restant hypercapniques (PaCO2

> 7 kPa ou 53 mmHg 2 à 4 semaines après une décompensa- tion aiguë) ont été randomisés en deux groupes : O2 seul ou O2 + VNI à domicile. Bien que cette étude n’ait pas pu démontrer de diminution de la mortalité à un an, l’effet sur le taux de réadmissions en milieu hospitalier est majeur : à six mois, le taux de réadmissions des patients sous VNI est moi- tié moins élevé que celui de la population contrôle. Au-delà des limitations méthodologiques décrites par les auteurs, on peut également émettre deux réserves sur ce travail : premiè- rement, le débit d’oxygène chez ces sujets hypercapniques était réglé de manière à ce que le pH reste au-dessus de 7,30 (une acidose respiratoire aussi sévère ne serait pas tolérée dans notre pratique usuelle), et deuxièmement, les auteurs ont défini comme critères d’exclusion la présence d’un syn- drome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) et d’un IMC

> 35 kg/m2. Or, un travail genevois récent8 a montré que c’était précisément ce groupe de patients qui – dans notre région – était le plus représenté parmi les sujets faisant un passage aux Soins intensifs pour une décompensation hypercapnique. Ce travail suggère donc que chez des sujets avec une BPCO de phénotype pink puffer, non apnéiques, qui restent hypercap- niques 2 à 4 semaines après une décompensation sévère, la VNI au long cours couplée à l’oxygénothérapie diminue de manière très significative le taux de réadmissions dans l’an- née qui suit, par rapport à l’oxygénothérapie seule. L’impact d’une VNI au long cours chez le patient obèse avec une BPCO, avec ou sans overlap syndrome (syndrome d’apnées du som- meil et BPCO combinés) à quelques semaines d’une décom- pensation hypercapnique reste par contre à démontrer.

Faut-il ventiler au long cours des patients BPCO sévères hypercapniques en état stable ?

Une étude randomisée contrôlée, multicentrique, allemande9 a évalué 195 patients avec une BPCO très sévère (VEMS < 30 % de la valeur prédite ou VEMS <  50 % du prédit et PaO2

<  50  mmHg) stables et hypercapniques avec une PaCO2

> 53 mmHg ou 7 kPa qui ont été randomisés en deux groupes : traitement usuel vs VNI réglée de manière à obtenir une PaCO2

< 50 mmHg ou 6,5 kPa ou une diminution d’au moins 20 % de la PaCO2 par rapport à la valeur de base. Les pressions d’insuf- flation étaient plus élevées que dans la plupart des études pré- cédentes (IPAP (inspiratory positive airway pressure : pression

positive à l’inspiration) : 21,6 ± 4,7  cmH2O, EPAP ( expiratory positive airway pressure : pression positive à l’expiration) : 4,8 ± 1,6 cmH20, fréquence de sécurité : 16 ± 3,6/min). A une année, le bénéfice sur la mortalité dans le groupe VNI est très significativement supérieur au groupe contrôle (12 vs 33 %). On observe également un effet bénéfique sur la qualité de vie.

Cette étude établit pour la première fois de façon formelle que, chez des sujets BPCO hypercapniques à distance d’une décom- pensation aiguë, une VNI paramétrée pour réduire de manière significative la capnie –  ce que l’on considère comme high intensity ventilation  – améliore la survie, la qualité de vie, et diminue le nombre d’admissions pour des hospitalisations aiguës. Seule réserve : il aura fallu 7 ans à 36 centres hospita- liers allemands pour récolter les cas étudiés.

Il ressort de ces trois études que la décision d’implémenter une VNI au long cours lors de BPCO hypercapnique :

ne doit pas être prise au décours immédiat de la phase aiguë.

Est recommandée chez des sujets BPCO non obèses et non apnéiques qui restent hypercapniques 2 à 4 semaines après une exacerbation aiguë.

Est recommandée à distance d’une exacerbation pour autant que l’on ait un impact significatif sur la capnie, grâce à l’utilisation de pressions suffisantes, avec une bonne observance.

Le précédent consensus proposait – sur la base d’avis d’ex- perts – les critères illustrés dans le tableau 1.

INDICATIONS ATYPIQUES

La VNI à l’effort pendant les séances de réhabilitation10,11 per- mettrait d’améliorer la tolérance à l’effort et l’intensité de l’effort, donc la performance chez des patients avec une BPCO sévère, bien qu’on ne soit pas certain de l’impact au long terme. Couplée à la réhabilitation, la VNI nocturne semble améliorer la tolérance à l’exercice comparée à la réha- bilitation seule, et montre également un potentiel bénéfice

TABLEAU 1 Critères d’initiation de la VNI au long cours chez

les patients avec une BPCO Les critères proposés combinent les données récentes de la littérature présentées et le consensus clinique de 1999.6

1. Patient symptomatique de son hypercapnie (fatigue, dyspnée, céphalées matinales…)

2. Traitement optimal de la BPCO en cours

3. Prise en charge adaptée d’une autre affection respiratoire (SAOS…)

4. et soit :

PaCO2 > 55 mmHg (7,3 kPa)

Au moins 2 semaines après une décompensation aiguë PaCO2 entre 50 et 54 mmHg (6,7-72 kPa)

et au moins 3 décompensations hypercapniques au cours de l’année écoulée

PaCO2 entre 50 et 54 mmHg (6,7-7,2 kPa)

et une SpO2 nocturne < 88 % pendant au moins 5 minutes consécutives (suggérant une hypoventilation alvéolaire)

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sur la qualité de vie, l’humeur, la dyspnée, les échanges gazeux et le déclin des fonctions pulmonaires.12

MODALITÉS DE MISE EN ROUTE DE LA VNI

La mise en route de la VNI se fait le plus souvent en milieu hospitalier, soit au décours d’un épisode aigu, soit élective- ment. L’initiation d’une VNI en ambulatoire lors de BPCO serait probablement moins onéreuse mais n’a pas encore été spécifiquement validée. L’American Association of Sleep Me- dicine13 recommande le recours systématique à la polysomno- graphie lors de mise en route de VNI. Ceci n’est ni nécessaire ni réaliste (faible disponibilité) en Suisse ou en France.

L’initiation d’une VNI nocturne doit toutefois être faite par un(e) pneumologue aguerri(e) à cette technique, avec le sou- tien d’une équipe de thérapeutes respiratoires expérimentés.

En Suisse, ce traitement et le matériel nécessaire sont pris en charge par l’assurance de base (LAMal), et en France par la Sécurité sociale.

SPÉCIFICITÉS TECHNIQUES Mode ventilatoire

La ventilation volumétrique a pratiquement disparu dans cette indication, laissant la place à la ventilation à deux niveaux de pression (VDNP). Il est préférable que le clinicien effectue lui-même les réglages et vérifie la synchronisation patient-machine. Le mode recommandé est un mode dit

« S/T » (Spontaneous/Timed) qui permet au patient de déclencher la pressurisation tant que sa fréquence respira- toire reste au-dessus d’une valeur seuil définie par le clinicien (figure 1). En dessous de cette valeur, l’appareil pressurise selon les paramétrages définis. Des appareils de type « life support » avec batterie interne sont recommandés dès que la dépendance à la VNI est importante et un deuxième appareil doit être disponible au domicile du patient et prêt à l’emploi dès que la dépendance excède 16 à 23 heures selon les pays.

Paramètres de réglage

Les paramètres de réglage sont résumés dans le tableau 2.

Pièges et solutions

Contrôle insuffisant de la capnie : adapter l’aide inspira- toire (AI). Le volume courant (VT) obtenu, et donc la ven- tilation totale, est proportionnel à l’AI.

Note : généralement sur les appareils de type domicile, l’AI est la différence entre IPAP (Inspiratory positive airway pres- sure) et EPAP (Expiratory positive airway pressure).

PEPi (pression positive en fin d’expiration) : la pression positive en fin d’expiration, présente lors de BPCO très sévère, est source d’augmentation du travail respiratoire, d’asynchronie patient-ventilateur et de dyspnée. Elle peut être aggravée par un VT trop élevé, facteur d’hyperinfla- tion : adapter l’AI +++ et le cyclage.

Overlap syndrome : présence concomitante d’un SAOS et d’une BPCO : l’EPAP doit alors être réglée de manière à cor- riger les événements respiratoires (apnées, hypopnées) et les désaturations.

Interfaces

Plusieurs interfaces sont possibles : faciale, nasale, narinaire, naso-buccale (figures 2 à 4). Une attention particulière sera portée aux points de pressions et aux fuites non intention- nelles. Si elles sont inévitables en VNI, elles ne devront cependant pas dépasser un certain seuil, sous peine d’entraî- ner des asynchronies et l’intolérance du patient.

Paramètres de réglage Valeurs cibles Objectifs Seuil de déclenchement

(Trigger) Sensibilité optimale : 1. ajuster sur sensibilité moyenne 2. réviser ce réglage une fois que tous les autres paramètres sont optimisés

Eviter les délais de trigger trop importants ou les efforts inefficaces (fréquence machine

< fréquence patient)

Eviter les auto-déclen- chements (fréquence machine > fréquence patient)

Pression expiratoire

positive (EPAP) 4 à 6 cmH2O

en  l’absence de PEPi Faciliter le déclenche- ment de la machine

Confort du patient

Niveau de fuite correct Temps de montée en

pression (Pente) 100-150 msec Doit être court, mais confortable pour le patient Pression inspiratoire

(AI ou IPAP –  EPAP) 5 à 20 cmH2O VT : 6-8 ml/kg

FR du patient : 15 à 25/min

Confort du patient

Niveau tolérable de fuites Cyclage ou consigne de

fin d’expiration (Exprimé en % du débit inspiratoire de pointe (DIP))

Réglé à un pourcen- tage élevé du DIP en cas de mécanique respiratoire obstructive

La fin de l’inspiration de la machine doit correspondre à la fin de l’inspiration du  patient

Chez le patient obstructif, on peut reconnaître un cyclage trop tardif avec les fuites de fin d’inspiration

Un paramétrage inapproprié du cyclage peut être un facteur d’inconfort et d’hyperin- flation

FR backup 12 à 20/min Selon la FR spontanée

du patient Temps inspiratoire

minimal TIMin

Le temps entre TIMin et TIMax est appelé

« Fenêtre de cyclage » ; TIMin et TIMax sont ajustés selon la FR et de manière à permettre un temps expiratoire ( rapport I : E) adapté à une mécanique obstructive

Garantit une durée de pressurisation minimale Temps inspiratoire

maximal TIMax

Doit garantir un  cyclage en cas de mécanique respira- toire obstructive ou de fuites majeures

TABLEAU 2 Différents paramètres de réglage et leur spécificité

VT : volume courant ; AI : aide inspiratoire ; IPAP : pression positive à l’inspiration ; EPAP : pression positive en fin d’expiration ; PEPi : pression positive en fin d’expiration ; FR : fréquence respiratoire ; DIP : débit inspiratoire de pointe ; Cyclage : consigne de fin d’inspiration, exprimée en pourcentage du DIP ; Fenêtre de cyclage : délai entre TIMin et TIMax.

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MÉDECINE INTERNE GÉNÉRALE

Le type de masque est à déterminer avec le patient. Il a été récemment établi que le masque facial, bien que permet- tant probablement un meilleur contrôle des fuites, aug- mente de façon parfois substantielle la résistance des voies

aériennes supérieures et peut générer des événements obs- tructifs sous VNI.

Monitoring (

figure 5

)

Un patient appareillé par VNI doit être réévalué de manière régulière et continue. Pour cela différents paramètres rentrent en compte.

Débit

Cyclage IPAP

Pression dans les VA AI EPAP

0

0

ExpirationInspiration

Expiration Inspiration

Pente : temps de montée en pression Figure 1.a Consigne de cyclage

(25 % du DIP)

Débit DIP

Cyclage IPAP

Pression dans les VA AI EPAP

0

0

ExpirationInspiration

Expiration Inspiration

Pente : temps de montée en pression Figure 1.b Consigne de cyclage

(50 % du DIP)

Débit DIP : débit inspiratoire de pointe

IPAP

Pression AI

EPAP 0

0

ExpirationInspiration

Expiration Inspiration

TiMIN TiMAX Figure 1.d

Fenêtre de cylage Débit

DIP

Cyclage IPAP

Pression dans les VA AI EPAP

0

0

ExpirationInspiration

Expiration Inspiration

Pente : temps de montée en pression Figure 1.c Consigne de cyclage

(75 % du DIP)

FIG 1 Paramètres de réglage de la VNI

1.a. paramètres moyens ; 1.b et 1.c. variations de la consigne de cyclage pour un patient avec une BPCO (pourcentage croissant du DIP) ; 1.d. La fenêtre de cyclage ; DIP = débit inspiratoire de pointe.

FIG 2 Masque facial www.resmed.com/

FIG 3 Masque nasal www.resmed.com/

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REVUE MÉDICALE SUISSE

1 Santé web. Les aspects écono- miques et politiques de la consomma- tion de tabac. 2017 [cited 2017 oct 2017] ; Accessible à : www.tabaction.ch/

files/lmp_tabaction_fr.pdf 2 world health organization. chronic respiratory disease 2017 [cited oct 2017]; Accessible à : www.who.int/

respiratory/en/

3 Dalphin JC. Respiratory pathology in the agricultural environment. Rev Prat 1998;48:1313-8.

4 Balmes J, et al. American Thoracic Society Statement: Occupational contribution to the burden of airway disease. Am J Respir Crit Care Med 2003;167:787-97.

5 **Struik FM, et al. Nocturnal non-invasive ventilation in COPD patients with prolonged hypercapnia after ventilatory support for acute respiratory failure: A randomised, controlled, parallel-group study.

Thorax 2014;69:826-34.

6 *Rabec C, et al. Non-invasive ventilation. The 2015 guidelines from the Groupe Assistance Ventilatoire (GAV) of the Societe de Pneumologie de Langue Francaise (SPLF). Rev Mal Respir 2016;33:905-10.

7 *Murphy PB, et al. Effect of home noninvasive ventilation with oxygen therapy vs oxygen therapy alone on hospital readmission or death after an acute COPD exacerbation: A rando- mized clinical trial. JAMA 2017;317:2177-86.

8 Adler D, et al. Comorbidities and

subgroups of patients surviving severe acute hypercapnic respiratory failure in the intensive care unit. Am J Respir Crit Care Med 2017;196:200-7.

9 **Kohnlein T, et al. Non-invasive positive pressure ventilation for the treatment of severe stable chronic obs- tructive pulmonary disease: A prospective, multicentre, randomised, controlled clinical trial. Lancet Respir Med 2014;2:698-705.

10 Menadue C, et al. Non-invasive ventilation during exercise training for people with chronic obstructive pulmonary disease. Cochrane Database Syst Rev 2014(5): Cd007714.

11 Ambrosino N, Cigni P. Non invasive ventilation as an additional tool for exercise training. Multidiscip Respir Med 2015;10:14.

12 Duiverman ML, et al. Two-year home-based nocturnal noninvasive ventilation added to rehabilitation in chronic obstructive pulmonary disease patients: A randomized controlled trial.

Respir Res 2011;12:112.

13 Berry RB, et al. Rules for scoring respiratory events in sleep: Update of the 2007 AASM Manual for the Scoring of Sleep and Associated Events.

Deliberations of the Sleep Apnea Definitions Task Force of the American Academy of Sleep Medicine. J Clin Sleep Med 2012;8:597-619.

* à lire

** à lire absolument

Mesures biologiques

Gaz du sang : la PaCO2 cible doit être < 6,3 kPa, ou au moins 20 % inférieure aux valeurs de départ.

Oxymétrie nocturne : la SpO2 devrait être > 90 % pendant au moins 90 % du temps d’enregistrement.

Capnographie transcutanée (lorsqu’elle est disponible) : attestant d’un contrôle de la capnie nocturne.

Mesures objectives

La durée d’utilisation reflète la compliance : elle doit être d’au moins 5 heures/jour.

Les cartes mémoires des machines permettent une analyse des fuites, du profil ventilatoire (VT, FR), du pourcentage de cycles déclenchés et cyclés par le patient.

Mesures subjectives

Amélioration des symptômes tels que la dyspnée, la fatigue.

Qualité du sommeil.

Scores de qualité de vie adaptés : SRI (Severe Respiratory Insufficiency Questionnaire), S3_NIVq (version courte pour l’utilisation clinique).

Confort : ajustement du masque, humidification.

CONCLUSION

La littérature récente nous a permis de valider et mieux défi- nir les indications à la VNI au long cours pour certains

«  phénotypes » de patients bien déterminés avec une BPCO.

Des sous-groupes de BPCO doivent toutefois faire l’objet de

travaux randomisés spécifiques, notamment les patients associant une BPCO sévère et un syndrome d’apnées du sommeil (Overlap syndrome), les BPCO chez les sujets obèses avec ou sans syndrome d’apnées du sommeil ainsi que les patients avec une BPCO ayant déjà présenté un épisode de décompensation dans le passé qui a nécessité une VNI transi- toire. La VNI fait partie d’une prise en charge multimodale de la BPCO et doit s’associer à une évaluation multidisciplinaire, intégrant une équipe expérimentée.

Conflit d’intérêts : les auteurs n’ont déclaré aucun conflit d’intérêts en relation avec cet article.

La VNI doit générer des pressions suffisantes pour être efficace sur la capnie et utiliser une interface adaptée pour être tolérée par le patient

L’indication doit être bien posée :

–  Patient avec une BPCO sévère et une PaCO2 diurne > 7 kPa en situation stable

–  Patient non obèse avec une BPCO, sans SAOS, restant hypercapnique deux à quatre semaines après une exacerbation aiguë

Une bonne observance thérapeutique est essentielle, soit un minimum de 5 heures par nuit

Le monitorage doit être assuré par le pneumologue, les thérapeutes respiratoires, le médecin traitant et les différents prestataires

IMPLICATIONS PRATIQUES FIG 4 Masque buccal

www.resmed.com/

Patient bien ventilé ?

Efficacité 1. Observance > 5 h d’affilée ?

2. Diminution des symptômes, augmentation de la qualité de vie ?

3. ≠ Hypoventilation alvéolaire ? 4. ≠ Evénements obstructifs nocturnes ?

1. Qualité du sommeil ? 2. Autonomie respiratoire ? 3. Inconfort ?

Tolérance

(Adaptée de réf.1).

FIG 5 Schéma récapitulatif du monitorage de la VNI

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