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caractérisation des environnements planétaires
Gaël Cessateur
To cite this version:
Gaël Cessateur. Reconstruction du spectre UV solaire en vue de la caractérisation des environnements
planétaires. Astrophysique stellaire et solaire [astro-ph.SR]. Université d’Orléans, 2011. Français. �tel-
00988360�
ÉCOLE DOCTORALE SCIENCES ET TECHNOLOGIES
Laboratoire de Physique et de Chimie de l’Environnement et de l’Espace (LPC2E)
THÈSE présentée par :
Gaël CESSATEUR
soutenue publiquement le 17 octobre 2011
pour obtenir le grade de : Docteur de l’université d’Orléans Discipline/ Spécialité : Sciences de l’Univers
Reconstruction du spectre UV solaire en vue de la caractérisation des environnements planétaires
JURY :
M. Alessandro SPALLICCI Professeur, Université d’Orléans Président du jury
M. David BERGHMANS Workleader, Observatoire Royal de Belgique Rapporteur
M. François LEBLANC Chargé de Recherche, LATMOS Rapporteur
M. Jean-François HOCHEDEZ Directeur de Recherche, LATMOS Examinateur
M. Joël PONCY Ingénieur de Recherche, Thales Alenia Space Examinateur
M. Thierry DUDOK de WIT Professeur, Université d’Orléans Directeur de thèse
M. Jean LILENSTEN Directeur de Recherche, IPAG Directeur de thèse
Je souhaite toutd'abord remerier haleureusement mes deux direteurs de thèse, Thierry
Dudokde WitetJeanLilensten, quim'ont aompagnépendant estroisannées. Je onsidère
ettehaneextraordinairedevousavoireuommedireteursdethèse.Meridonpourtouses
momentspassésàdisuter(desienemaisaussid'autreshoses),dem'avoirapprisénormément
de hoses, et surtout de toujours avoir eu onane en mon travail. Meri don pour tous es
moments de partages, de grande éoute et bien plus enore! Je suis tout à fait partant pour
renouveler eontrat de troisannéessupplémentaires!!!
Je remerie toutspéialementMatthieu Kretszhmar, quim'a faitdéouvrirlemondede la
siene lors de mon stage de M2, et qui m'a vraiment donné envie de ontinuer en thèse par
lasuite.Toujoursprésent,toujours ritiqueetonstrutif, meripour tonenadrementet ette
bonne humeurtoujours présente (etsurtout pour m'avoirtoutappris surIDL)!
Je remerie David Berghmans et François Leblan d'avoir pris le temps de rapporter e
travail de thèse ainsi que les autres membres de jury, Jean-François Hohedez, Joël Pony et
Alessandro Spallii.
J'ai eulahanedepouvoireetuerette thèsedansdeuxlaboratoires:jeremerie Mihel
Tagger, direteur du LPC2E sur Orléans ainsi que Jean-Louis Monin, direteur de l'IPAG sur
Grenoble de m'avoir sibien aueilli. Je remerie également Ronald Vander Linden, direteur
de l'observatoire royalede Belgique, pour m'avoir aueillien déembre2010. Meriégalement
àMarie Dominique, Ali BenMoussaetAnne Vandersyppe.
Je remerie partiulièrement Jean de m'avoirdonné l'oasion dedéouvrir leroyaume des
oursblans, le Svalbard, alors tout nouveau thésard. Meri également à Hélène, Mathieu,Fré-
déri etYves, les autres membres de ette expéditionpolaire!
Au ours de es deux années et demi passés au sein du LPC2E, je ne peux que souli-
gner l'exellente ambiane dont j'ai pu proter, notamment dans la salle des thésards! Meri
don à tous es joueurs de ounter en herbe du midi! La liste de es joueurs expérimentés
est maintenant trop longue, mais tous se reonnaîtront! Un énorme meri pour Julien Fes-
sart, pour tous es nombreux moments passés au labo et surtout hors du labo : toutes es
soirées philosophiques/geek/ulinaire/wii-linuxiennes me manquent déjà! Meri à Xavier et à
Jean-Yvespour tousleurs préieux onseils!Meriàtoute lajoyeuse bande:Grégory,Yassine,
Mouss,Rémi,Véronia, Hugo,Jérémypour labonne ambiane surtoutes esmaps!
Je tiens àremerierégalement toutel'équipeAstro,spéialement GillesTheureauetIsmaël
Cognard, pour m'avoir si bien aueilli dans leur équipe, et pour m'avoir donné l'oasion
d'enseigner en astronomieà lafoisau radiotélesope de Nanayetà l'université d'Orléans.
Je remerie également Loï Burnel et Emannuel Truong pour m'avoir aompagné lors de
mon monitorat à l'IUT d'Orléans. Ce fut une expériene très enrihissante qui me tarde de
pouvoirrenouveler unjour!
Je remerie le sérétariat, spéialement Isabelle,pour toutes les démarhesadministratifs!
BienquemonséjoursurGrenoble soitassez bref(10moisquant même),j'ai faitlaonnais-
sane d'une équipe dynamique et extrêment sympathique. J'ai eu aussi la bonne surprise de
retrouverquelquesamis ingénieurs,eux aussien thèse.Meri à Nio l'aveugle, Thomaset spé-
ialement à Yann (heureusement dansun sens qu'il y avait une loison pour nousséparer :-)),
àHélène (enore!), Ulysse, Flo,Jean-Yves, Xavi,et Alex(dont lasueptibilité n'a d'égaleque
sonoup droit en tennis) pour tous es bons moments! Meri également à Cyril (entre autre
pour m'avoirfait unpeusortir duROB!)etGuillaume G.pour tousesmoments departage!
Jeremerie très haleureusement mes parentsetmes grandsparents.Meri donpouravoir
toujours été présent à mes tés, et surtout de toujours roire en moi et toujours su que je
pouvais réussir! Meri pour tout e soutien et surtout de votre présene qui m'ont bien plus
qu'aidépendant estrois annéesde thèse!
Je remerie très aetueusement Albane, de m'avoir toujours enouragé et supporté, tout
spéialement es quelques derniers mois de rédation entre Grenoble et Montélimar! Meri
d'avoirétéplus queprésentepour moietd'avoir partager toute stress surtout!Tout était un
peu plusfaileà deux!
Meridon à mafamilled'avoirtoujours euonane enmoi,etsurtout d'avoir puassister
àmasoutenanedethèseetpartagere moment trèsspéialdemaviedetoutjeune herheur.
Iln'y avait pasdeplus beau adeau!
1 Introdution 1
1.1 LeSoleil, notre étoile . . . 1
1.1.1 Strutureinterne duSoleil . . . 2
1.1.2 Lehampmagnétique . . . 4
1.1.3 L'atmosphèresolaire . . . 5
1.2 L'irradianesolaire spetrale. . . 9
1.2.1 Introdution. . . 9
1.2.2 Lerayonnement UV . . . 10
1.2.3 Méanismesde formationdu rayonnement UV . . . 10
1.2.3.1 L'état d'exitation . . . 12
1.2.3.2 L'état d'ionisation . . . 13
1.2.3.3 Proessus d'émission . . . 13
1.2.3.4 Formationdu ontinuum . . . 14
1.3 L'ativité solaire . . . 15
1.3.1 Phénomènespériodiques . . . 15
1.3.2 Phénomènestransitoires . . . 17
1.3.3 Laohérene spetrale . . . 18
1.4 Impatdu uxsolaire surlesatmosphères planétaires . . . 20
1.4.1 Introdution. . . 20
1.4.2 Comment modéliser etimpat? . . . 21
1.4.3 Météorologiede l'espae . . . 23
1.4.4 Lienave lelimat? . . . 25
1.5 Organisationde lathèse . . . 27
2 Modèles d'irradiane pour l'UV 29 2.1 Lesampagnesd'observation . . . 29
2.2 Lesmodélisations dela variabilité de l'irradiane solaireUV . . . 32
2.2.1 L'UVLointain (FUV)etMoyen (MUV) . . . 34
2.2.2 L'ExtrêmeUV (EUV) . . . 38
2.2.3 Pertinene desModélisationsEmpiriques ave desIndies . . . 44
2.3 Unespoir sansindies? . . . 47
2.3.1 Philosophie de Travail . . . 47
2.3.2 Lesdonnées d'irradiane . . . 48
2.3.2.1 Origine desDonnées . . . 48
2.3.2.2 Composition dujeu de données . . . 49
2.3.2.3 Étalonnage etDégradation desInstruments . . . 50
2.4 Conlusion. . . 51
3 Approhes Statistiques 53
3.1 Introdution . . . 53
3.2 Présentation desMéthodes. . . 54
3.2.1 Méthode de déomposition . . . 55
3.2.2 Méthode de lassiation . . . 58
3.3 Appliations desMéthodesauxDonnées d'Irradiane . . . 60
3.3.1 Grandes Éhelles de Temps . . . 61
3.3.1.1 Distribution desPoidsStatistiques . . . 61
3.3.1.2 Analyse desmodes . . . 61
3.3.2 PetitesÉhelles deTemps . . . 67
3.3.2.1 Distribution desPoidsStatistiques . . . 67
3.3.2.2 Analyse desmodes . . . 68
3.4 Conlusions . . . 74
4 Reonstrution du ux UV 77 4.1 Introdution . . . 77
4.1.1 Présentation du modèle . . . 78
4.1.2 Simulation desréponses . . . 81
4.2 Bandes passantestives . . . 81
4.2.1 Dénition d'unestratégie . . . 83
4.2.2 Mise àl'épreuve . . . 85
4.2.3 Limitations de ette approhe . . . 88
4.3 Bandes passantesréelles . . . 91
4.3.1 Desription desbandespassantes . . . 91
4.3.2 Appliation de notre stratégie . . . 94
4.3.2.1 Petites éhelles detemps . . . 94
4.3.2.2 Grandeséhelles de temps. . . 96
4.3.3 Quelquesexemples dereonstrution . . . 98
4.4 Mise enpratique . . . 103
4.5 Bilanetperspetives . . . 106
5 Perspetives Instrumentales 109 5.1 AspetsTehnologiques . . . 110
5.1.1 A proposdesdéteteurs . . . 110
5.1.1.1 Quelsmatériaux? . . . 110
5.1.1.2 Lesdiérentes arhitetures . . . 113
5.1.1.3 Conlusions . . . 114
5.1.2 Dégradation desbandes passantes . . . 114
5.1.2.1 Contamination desltres . . . 114
5.1.2.2 Changement delaréponse spetraledesltres . . . 116
5.1.3 Conlusions . . . 124
5.2 Quels hoix pourl'avenir? . . . 124
5.2.1 Une arhiteture sans ltres? . . . 125
5.2.2 Mise àl'épreuve . . . 127
5.2.2.1 Petites éhelles detemps . . . 129
5.2.2.2 Grandeséhelles de temps. . . 130
5.2.2.3 Quelquesexemplesde reonstrution . . . 131
6 Photoabsorption de l'atmosphère de Ganymède 137
6.1 Ganymèdeen quelqueslignes . . . 137
6.2 L'atmosphèrede Ganymède . . . 138
6.3 Impatdu uxUV surl'atmosphère deGanymède . . . 140
6.3.1 Hypothèse de travail . . . 140
6.3.2 Modélisationde laréponse del'atmosphère au uxUV . . . 141
6.3.2.1 Prinipe de lamodélisation . . . 141
6.3.2.2 Setions eaes . . . 143
6.3.3 Géométriedu problème . . . 144
6.3.4 Photoionisation . . . 145
6.3.4.1 Cas 1 et2. . . 145
6.3.4.2 Cas 3,4 et5 . . . 146
6.3.4.3 Comparaisons ave les mesuresde Galileo . . . 147
6.3.5 Photoexitation . . . 150
6.4 Comparaisons entre diérents modèlesd'irradiane . . . 154
6.4.1 LemodèleHEUVAC . . . 154
6.4.2 Àpartir desbandespassantes . . . 156
6.4.3 Estimationdu TEC . . . 157
6.5 Conlusions . . . 159
Conlusions générales et perspetives 161 A Évolution des étoiles du type solaire 167 B Le rayonnement Ultraviolet 171 B.1 Lespetre solaire UltraViolet . . . 171
B.2 GrandeuretDénitions . . . 172
B.2.1 Intensité Spéique . . . 172
B.2.2 Équationdu rayonnement . . . 172
B.3 Méanismesdeformation duspetresolaire en émission . . . 173
B.3.1 L'état d'exitation . . . 173
B.3.1.1 Les proessusphysiques . . . 173
B.3.1.2 L'état d'équilibre . . . 175
B.3.2 L'état d'ionisation . . . 176
B.3.2.1 Les proessusphysiques . . . 176
B.3.2.2 L'état d'équilibre . . . 177
B.3.3 Proessusd'émission . . . 177
C Formation de l'ionosphèreterrestre 181 D Les oultations vues par l'instrument LYRA 185 E Ates de publiation et Communiations 195 E.1 Artilespubliésetsoumis . . . 196
E.1.1 TheInueneof Solar Flareson theLower Solar Atmosphere . . . 196
E.1.2 Monitoring the solar UV irradiane spetrum from the observation of a fewpassbands. . . 207
E.1.4 Coronal temperature mapsfromsolar EUV images . . . 229
E.2 Communiations . . . 246
Bibliographie 247
Table des Figures 261
Liste des Tableaux 267
Introdution
Sommaire
1.1 Le Soleil,notreétoile . . . 1
1.1.1 StrutureinterneduSoleil. . . 2
1.1.2 Lehampmagnétique . . . 4
1.1.3 L'atmosphèresolaire . . . 5
1.2 L'irradiane solaire spetrale . . . 9
1.2.1 Introdution . . . 9
1.2.2 LerayonnementUV . . . 10
1.2.3 MéanismesdeformationdurayonnementUV . . . 10
1.3 L'ativité solaire . . . 15
1.3.1 Phénomènespériodiques . . . 15
1.3.2 Phénomènestransitoires . . . 17
1.3.3 Laohérenespetrale . . . 18
1.4 Impat du uxsolaire sur lesatmosphèresplanétaires . . . 20
1.4.1 Introdution . . . 20
1.4.2 Commentmodéliseretimpat? . . . 21
1.4.3 Météorologiedel'espae . . . 23
1.4.4 Lien avelelimat? . . . 25
1.5 Organisation de la thèse . . . 27
1.1 Le Soleil, notre étoile
Représentant à lui seul 99,86% de la masse du système solaire, le Soleil fait gure d'astre
imposant,inontournable etsurtout indispensable pour l'émergene de la vie. Ave une masse
d'environ
M ⊙ = 2.10 30
kg et un rayonR ⊙
= 7.108
m (soit respetivement 3.3 10
5
et 109 fois
plusgrandque laTerre),leSoleil n'est pourtant qu'uneétoile moyenne, aumilieu de sonyle
de vie, perdue parmi plus de 200 milliards d'étoile dans notre Galaxie, la Voie Latée. Notre
étoile sesitue aux deuxtiers du rayon galatique, près du brasspirale du Sagittaire-Carène et
metenviron200millionsd'annéespourfaireuntoursursonorbite autourduentregalatique.
La Terre orbite autour duSoleil à unedistane moyenne d'environ150 millions,soit une unité
astronomique (UA). Comme pour toutes les planètes du système solaire, l'orbite terrestre est
ellipitque (ave uneexentriité d'environ
ǫ = 0.016
).Unparamètreimportantestlaluminositésolaire,dénieommelapuissanetotalerayonnéepar
leSoleil,intégréesurtoutlespetreéletromagnétique,
L ⊙
.D'unpointdevueplusgéoentrique, 'est surtoutl'irradiane solaire totale, S(également appelée onstantesolaire pour desraisonshistoriques) quiest unparamètre essentieletsurtoutmesurable à l'aided'instruments plaés à
bord de satellites, telque
S = L ⊙ /4πR 2
(ave R =1 UA). Bienque lamesurede la onstantesolaire fasse débat aujourd'hui dans la ommunauté sientique, un bon ordre de grandeur
reste
S = 1361
W/m2
.Nous pouvonsestimer la puissane totale rayonnée, de l'ordre deL ⊙ = 3, 85.10 26
W.EnutilisantlaloideStefan,
L ⊙ = 4πR 2 ⊙ σT ef f 4
,nouspouvonsestimerlatempératuredesurfae,T ef f
,assimiléeàlatempérature d'unorpsnoir,soitT ef f
=5777K.La température desurfae est un exellent paramètre pour lasser les diérents types d'étoiles. On utilise également lespetred'uneétoile, ave ounon laprésenedeertaines raiespourles lasser.Ainsi,on lasse
les étoiles par deslettres allant du plus haud au plus froid 1
.Ainsi leSoleil estlassé du type
spetral G2-V : d'une température de surfae relativement froide,
T ef f
=5777 K, on observebienertainesraiesommeelledualiumioniséCaII.Vreprésentelalassede luminositéde
l'étoile,allant de Ipourles supergéantesà VI pour lessous-naines.
LeSoleilestunastreomplexe,mais'estsurtout laseuleétoilepourlaquelleuneétudeappro-
fondieestréellementpossibledufaitdesaproximité.Mieuxomprendresastruturemaisaussi
tous lesméanismes physiquesqui font denotre Soleilune étoilevariable enbiendesmanières,
sont des étapes fondamentales an de mieux omprendre la formation des étoiles en général.
Une ourte introdution sur laformation etl'évolution des étoiles detype solaire estprésentée
dansl'annexe A.
Le Soleilpeutse diérenieren deux parties, étroitement liées: lastruture interne etl'atmo-
sphère, ommel'illustrelagure1.1.
1.1.1 Struture interne du Soleil
Les premiers modèles de la struture interne du Soleil avaient initialement pour but de
omprendre d'oùvenaitl'énergierayonnée.Undespremiers modèles,datant duXIXèmesièle,
onsistait àpenserque leSoleiln'étaiten faitqu'une boulehomogène deharbon.Par rapport
à samasse, la durée de vie d'un tel objet émettant autant d'énergie par seonde que le Soleil
serait d'environ 5000 ans. Il en va de même pour des modèles dont l'énergie serait purement
gravitationnelle ave une duréede vie approhant quelques 10 millions d'années. Ces résultats
étaient en ontradition agrante ave les observations géologiques sur Terre, datant ertaines
rohesdeplusd'unmilliardd'années.Cen'estqu'en 1896aveladéouvertedelaradioativité
et elle d'Eddington sur l'abondane en hydrogène et en hélium du Soleil, que les premières
hypothèsesde latransformation nuléaire furent émises.
L'intérieur du Soleil nous est invisible du fait de l'opaité de la matière. La struture interne
de notre étoile est aujourd'hui plutt biendénie àpartir desobservations desa surfae,mais
aussienonjeturant indiretement l'intérieur viadesméthodestellesquel'héliosismologie, qui
onsiste à étudierles mouvements sismiquesde l'intérieurdu Soleil. Ondistingue trois parties,
1. L'ordredes lettresdu plus haudau plusfroid : W, O,B, A, F,G, K,M, R, N, etS.Un nombre est
Figure 1.1.Coupe shématique duSoleil. Les diérentes zones internesainsi quelesdiérentespar-
tiesde l'atmosphère solaire (à diérentes longueursd'onde) sont représentées. Quelques
partiularités de la surfae ommelestahessolairesetles protubéranessont également
représentées. Crédits :ESA,NASA.
propres àune étoilede type solaire :
•
Le noyau. Plus de 50% de la masse du Soleil est ontenue dans le noyau. Oupantenviron un quart du rayon solaire, la densité est de l'ordre de 1,6.10
5
kg.m
− 3
, ave une
température de l'ordre de 15 millions de degrés, e qui permet les réations de fusion
nuléaire transformant l'hydrogèneen héliumvia leyleproton-proton suivant :
Cyle pp
→
(i)
Hydrogène→
Deutérium1 1 H + 1 1 H → 2 1 H + e + + ν e (ii)
Deutérium→
Hélium 32 1 H + 1 1 H → 3 2 He + e + + γ (iii)
Hélium 3→
Hélium 43 2 He + 3 2 He → 4 2 He + 2 1 1 H 2 × (i) + 2 × (ii) + (iii) 4 1 1 H → 4 2 He + 2e + + 2ν e + γ
où
ν e
etγ
représente respetivement les neutrinos életroniques et les photons gamma.Plusde 95%de l'énergiesolaire estproduite viaeylepp.Le bilanénergétiqued'untel
proessussealuleenomparantladiérenedemassetelleque
∆m = m
(He)− 4m
(H) ,equiexpriméenénergiedevient
∆E = ∆mc 2 = 6, 5.10 14
J.kg− 1
.Pour uneétoiledetypesolaire, 20% de l'énergie est émise sous forme de neutrinos (
ν e
)2, les 80% restants sousforme de photons, soit
L ⊙ = 3, 86.10 26
W. La puissane totalerayonnée est de l'ordre de2. Danslesannées60,lespremièresdétetionsdeneutrinosnemesuraientqu'untiersseulementdesneutrinos
préditsparla théorie.Onne peutdéteter seulementles neutrinos detypeéletroniques, orentrela Terre et
le Soleil,le neutrino peut setransformer viades osillations deRabi endeux autres "saveurs", muonique ou
P ⊙ = 4, 70.10 26
W. On obtient diretement le nombre d'atomes d'hélium produit haqueseonde,
n He
tel quen He = P ⊙ /∆E = 1, 04.10 38
atomes. Ainsi environ 700 millions detonnes d'hydrogène entrent en fusion toutes les seondes pour produire ette énergie. La
pression de fusion engendrée permet de lutter ontre lagravité propre de l'étoile, e qui
permet un équilibre hydrostatique. Un autre yle de fusion omme le yle de Bethe,
ou CNO, utilise omme atalyseur le arbone, l'oxygène ave des étapes intermédiaires
inluant l'azote pour produire l'hélium. Ce yle de prodution d'énergie équivalente au
yleppreprésenteenviron5%deshainesdefusion.L'énergieainsiproduitevaparlasuite
êtreévauéeparleszonesplusexternes,d'abordradiativement,puisennonvetivement.
•
La zone radiative. Cette zone s'étend jusqu'à 0.7R ⊙
. L'énergie issue des réationsnuléaires est àenviron80% sousforme de radiation. Ces photons sont dansun environ-
nement fortementionisé.Ilsvontfortementintéragiraveleséletronslibresainsiqu'ave
les ions. Ces photons sont d'abord absorbés, puis émis, puis de nouveau absorbés puis
ré-émis, et. Un photon peutmettre plusieurs millions d'années pour faire le voyage du
entreduSoleiljusqu'àlasurfae,ontrairement auxneutrinosquimettentunpeuplusde
deuxseondespourfaire lemêmevoyage, puisqueilsintéragissent extrêmement peu ave
lamatière.Par eetdedilution, ladensitéetlatempératurebaissentplusons'éloignedu
oeur.Lesphotons perdentde l'énergieàhaqueémission, leurlongueur d'ondeaugmen-
tant petit à petit : au entre le rayonnement produit est du domaine
γ
, et à la surfael'essentiel du rayonement appartient au domaine visible et infrarouge. Au bord de la ré-
gion radiative, la température estde l'ordre de 2 millions de degrés. La température est
assezbassepourassurerlareombinaisonde
H +
.Ilyabeauoupmoinsd'életronslibressueptibles d'interagir ave les photons, e qui rend le proessus radiatif moins eae
pour évauerlahaleur.
•
Lazoneonvetive.Letransportdesphotonsviadesmouvementsdeplasmaesteaepour évauer l'énergie jusqu'à la surfae. Des remontées de plasma haud roisent du
plasma froid qui redesend dans les ouhes plus profondes. Un photon ne met qu'une
dizainede jourspour traverser lazoneonvetive. Ensuitelemilieu estsusamment peu
densepourquel'énergiepuissedenouveauêtreévauéeradiativement etlemilieudevient
optiquement mine pour laisser passer sans interation les photons, 'est là que débute
l'atmosphère solaire.Ondénit laphotosphèreomme lasurfaedu Soleil.
1.1.2 Le hamp magnétique
Le hamp magnétiquetendà struturer lamatière àl'intérieur du Soleiletdanssonatmo-
sphère. Ce hamp magnétique estprinipalement généré dans lataholine, zonede transition
entre la zone radiative, en rotation uniforme, et la zone radiative qui est en rotation diéren-
tielle,leplasmatournant plusviteàl'équateurqueeluiauple.Le hampmagnétiqueestréé
par eet dynamo, 'est-à-dire par des phénomènes indutifs liés aux mouvement du plasma.
Onpeutdéomposer e hampmagnétique endeuxomposantes:unhamppoloïdal, dont les
lignes defore sontprinipalement dansles plansontenant l'axe solaire,etunhamptoroïdal
ave des lignes de foreonentriques autour de l'axe solaire.Le yle d'ativité solaire est di-
retement lié à l'évolution de es deuxomposantes au ours du temps. La gure 1.2 présente
Commençonsenpériodedeminimumsolaire,laomposantetoroïdaleestnulle,lehampmagné-
tiqueglobalepeutsesimplierenunhampdetypedipolaire,l'hémisphèreNordestdepolarité
nord ommelemontrelagure 1.2.a). Le Soleilest ditalme, sanstahe, laphotosphèreétant
bienhomogène.Laaratérisation d'unephotosphèrealmeestompliquéedanslesfaits :tout
dépendduniveau derésolution desimages, pour disernerles struturesmagnétiques depetite
éhelle. La surfae du Soleilest également en rotationdiérentielle :la période de rotation est
d'environ30joursauple,pour25joursàl'équateur.Sousl'eet deetterotationdiérentielle
en surfae, les lignesde hamps se déforment et ommenent à s'enrouler autour du Soleil. La
omposante du hamp toroïdale n'est plus nulle omme le montre les gures 1.2.b) et 1.2.).
Lorsque ertaines lignes de hamp ont une omposante toroïdale maximale, des tubes de ux
émergentensurfae,destahesapparaissantàlasurfae.Nouspouvonsvoirsurlesgures1.2.d)
et 1.2.e) la formation de groupes de tahes. Dans l'hémisphère nord, les tahes qui préédent
sontdepolaritépositivequelestahesquisuiventsontdepolariténégativeselonlesensderota-
tionduSoleil.Lestahesmigrent versl'équateur,impliquant unediminutionduhamptoroïdal
au prot du hamp poloïdal. Cela résulte en un nouveau minimum solaire, ave une polarité
magnétiqueinversée, ommelemontrelagure1.2.f).Enréalité,esylesnesesuèdent pas
parfaitement,si bienqu'il existe une ourte période pendant laquelle lesdeux hampstoroïdal
et poloïdal sont bien présents an d'expliquer des hevauhements de yles omme on peut
l'observersur les diagrammes papillon (voir gure 1.5).Ce yle s'eetue approximativement
en11 ans,ilfaut environ22anspourobtenir unylemagnétiqueomplet,leSoleilretrouvant
saongurationmagnétique dedépart.
Figure 1.2.Représentation shématique duylemagnétique solairetiréede Paterno(1998).
1.1.3 L'atmosphère solaire
LespremièresobservationsduSoleilpeuventserésumeràl'observationseuledesa"surfae",
à savoir la photosphère, où le rayonnement est dissoié de la matière en omparaison ave les
ommeune zonedepassage entreunmilieu enore optiquementépais àun milieuoptiquement
mine. Comme l'opaité dépend de la longueur d'onde, le plasma n'est pas transparent aux
mêmes altitudes pour toutes les longueurs d'onde. Dans la bande spetrale entre 300 et 1000
nm,l'ion
H −
joueunrleprédominantetparonséquentdominelairementl'opaité (Vernazza et al., 1976). Pour les longueurs d'onde inférieures, e sont surtout des espèes neutres tellesque le fer, le siliium, l'aluminium ou enore le magnésium, tous présents dans l'atmosphère
solaire, qui vont déterminer l'opaité. Par dénition, on dénit omme altitude zéro l'endroit
oùl'opaité est égaleà un,pour la
λ
=500 nm(τ 500 = 1
) dénissant ainsilasurfae duSoleil.Les photons à ette longueur d'onde ne sont plus totalement absorbéspar leplasma, le milieu
est omplètement transparent.
L'atmosphère est struturée en température, e qui permet de diérenier ertaines zones,
omme lemontre lagure1.3.Durant lesélipses, on peutobserveren lumière visiblelahro-
mosphère et la ouronne, bien au-dessus du limbe lunaire/solaire. Ces deux régions, pourtant
prohes l'une de l'autre etparfois entremêlées, ont destempératures de magnitude totalement
diérentes:environ10000Kpourlahromosphère,etplusdumilliondedegréspourlaouronne
solaire.La gure 1.3est lairement shématique, arette atmosphère ne s'applique qu'au as
d'unSoleil alme, sansstruture magnétique(donsanstahe), pour une symétriesphérique.
La région de l'espae soumise à l'inuene de l'atmosphère solaire, prinipalement par le vent
solaire, s'appelle l'héliosphère. Cette zones'étend au-delà du nuage de Oort (à plus de 100000
UA),oùventsolaireetventstellairenissentpars'opposer.Nousnouslimiteronstoutefoisdans
lasuite à l'atmosphère "prohe" duSoleil.
•
La photosphère.C'estdonlasurfaeduSoleil,déniedanslapartievisibleduspetre.Épaisse d'environ 500 km, la photosphère est la soure de plus de 99% du rayonnement
total duSoleil, prinipalement danslevisible, quel'onpeutapproximer aupremier ordre
au rayonnement d'un orps noir. La température ydéroit progressivement de 5777 K à
4200 K.
Laphotosphèren'estpasaussihomogènequelelaissaientsupposerlesaniensdogmessur
laperfetiondel'astre solaire.Lespremièresobservations destahessolairespeuvent être
attribuées aux hinois, il y a plus de 2000 ans. En Europe, il faut attendre le début du
XVII
e
sièleavelesobservationsdel'allemandChristopheSheiner puisellesdeGalilée.
Ces tahes solaires sont des zones où le hamp magnétique est partiulièrement intense.
Ellessontgénéralementprohesdel'équateur(latitudeinférieure à40
◦
).Danslesouhes
plusprofondes,touteonvetion verslasurfaeestbloquéepareforthampmagnétique.
L'apportd'énergieétantréduit,latempératureyestdonplusbasse,entre3700Ket4200
K. Par ontraste, es zones nous paraissent plus sombres. Autour destahes, on observe
deszones plusbrillantes, lesfaules.
Silehampmagnétiquephotosphériqueest loalement plusfaible,laonvetion prendle
dessus et on peut observer des ellules dites de granulation, de taille aratéristique de
800 km ave un temps de vie entre trois et huit minutes. Ces ellules sont la signature
de laonvetion desbullesde plasma asendantes etdesendantes. La vitessede montée
peutallerentre 500 m.s
− 1
et1 km.s
− 1
.Lesmouvements deonvetion du plasmaversla
surfaetendentàonentrerlehampmagnétiqueversleborddesgranules.Delamatière
peut s'éhapper ontinuellement du Soleil via les lignes de hamp ouvertes loalement
Figure 1.3.Distribution de la température en fontion de l'altitude pour un Soleil alme àsymétrie
sphérique, obtenuesuiteàdesobservationsdurayonnementultraviolet.Ce grapherepré-
sente aussilesprinipales raiesde Fraunhofer. Graphique tiréde Vernazzaetal.(1981).
de près de 10000 km traversant la photosphère. A plus grande éhelle, on peut observer
lasupergranulation, ave desellulesde taillede 30000 km etune duréede vieentre1 et
2jours. Ces ellulespeuvent trouver leur origine dansdes mouvements de onvetion de
ouhesplus profondes, sefragmentant pour donner lieu à la granulationplus prohe en
surfae.Cettesupergranulationonnetoujours plusenpériphérie lehampmagnétique,
lestruturant surune éhelle toujours plusgrande.
•
La hromosphère. Ave un gradient de température positif, la température remonte environ à10000 Kausommet de lahromosphère, àune altitude de 2000 km.La souredehauageestessentiellement lerayonnement photosphérique.Lahromosphèreesttrès
inhomogène,aromposéedestruturesdiverses:lesspiulesquilatraversent,maisaussi
desstrutures horizontales de matière froide ommeles brilles, prohes des régions a-
tives.Ladensitéyestsusammentimportantepourquelemilieunesoitpasoptiquement
mine pour ertaines longueurs d'onde, e quiexplique laprésenede raiesd'absorption.
Lagure1.3présentequelquesraiesdeFraunhoferaratéristiques. Onyretrouvelaraie
H
α
quiestenforteabsorption.Leoeurdeetteraieseformeplushautdansl'atmosphèreau oeur de la raie (la distribution statistique en vitesse des partiules étant maximale
pourlalongueurd'ondethéoriqued'absorption).Lerayonnement dont lalongueurd'onde
équivaut auentrede laraie émergeraplushaut enaltitude, dèsqueladensitésera assez
faible pour limiter les phénomènes d'absorption. Ontrouve dansla hromosphère égale-
ment les raiesdu aliumionisé CaII (K3étant le oeur, etK1une partie de l'aile dela
raie), ainsique laraie du magnésium ionisé Mg II. D'autres raies hromosphériques pro-
viennent d'éléments neutres :on y observe les raies de lasérie de Lyman de l'hydrogène
(Ly
α
à121.5nm,Lyβ
à102.5nm,et....)etdesraiesdel'héliumneutre.Cesraiessontenrevanhe en émission,e qui s'expliquepar unetempérature loale plusgrandeommele
montre lagure1.3.Nous yreviendronsunpeuplus tardlors d'unedesriptiondétaillée
du spetreultraviolet.
DesimagesprisesaussibienenH
α
qu'enLyα
permettentdemettreenévidenelesplageshromosphériques, qui sont les équivalents dans la hromosphère des faules autour des
tahessolaires.Leréseauhromosphérique,quientourehaqueelluledesupergranulation,
estégalement visiblesuresimages. Le réseau hromosphérique seprolonge danslazone
de transitionpour disparaîtredanslaouronne.
•
Lazonedetransitionetlaouronne.Untrèsfortgradientdetempératurearatérise larégion de transition. Quelquesdizaines de kilomètresau-dessus de lahromosphère,latempérature atteint brusquement 100000K, omme l'attestent ertaines émissions d'élé-
ments ionisés omme l'oxygène O V (ayant perdu quatreéletrons suite à desollisions)
ouenore FeVI(inqéletronsde perdus).Aune altituded'environ10000km,latempé-
rature atteint lemillionde degrés etnousentrons ainsidanslaouronne, qui s'étendsur
plusieurs rayons solaires. La température peut y varier entre 1 et15 millions de degrés.
Parallèlement, ladensitédéroit fortement.
Leproblèmeduhauageoronalrestetoujoursunequestionmajeureenphysiquesolaire:
diérents proessus physiques sont envisagés pour expliquer e phénomène de hauage
(e.g.Ashwanden(2005)).Le hauagesolairepeutavoirapriorideuxontributions ma-
jeures:lapremièreonsisteàonsidérerquel'énergieestinjetéedanslaouronnedepuis
la photosphère à partir de mouvements aléatoires des hamps magnétiques photosphé-
riques de petites éhelles propagées via des ondesaoustiques, ouvia des ondesd'Alfvèn
oumêmeenoreviadeséruptionssolairesdetrèsfaibleamplitude.Laseondeonsisteau
ontraireàonsidérer quel'énergieestissuediretement delaouronne, stokée dansdes
struturesmagnétiquesdegrandeéhelle.Denouvellesobservationsave toujoursplusde
résolution angulaire sont néessairespour omprendretotalement e phénomène.
Latempérature estsusamment importante pour quedenombreux élémentssetrouvent
êtrefortement ionisées(parexemple ontrouveduferionisé25 fois,Fe XXVI).Ladensité
étantpartiulièrementfaible,lemilieuestpresqueoptiquement mine.Seulslesproessus
deollisionséletroniquessonteaespourexiteretioniserlesélémentsdelaouronne.
Latempératuresetraduit dansunmilieupeudenseparl'énergieinétiquedespartiules,
quiesttrès élevéedanslaouronnesolaire.Lerayonnementdominant delazonede tran-
sition et de la ouronne se trouve être entre les rayons X et extrême ultraviolet, sans
oublier également un rayonnement important dans le domaine radio qui apporte des in-
formations, notamment sur les proessus d'aélération de partiules. Des strutures de
grande éhelle s'observent nettement en rayons X,omme les trous oronaux, où laden-
sité et la température sont relativement faibles, ave des strutures radiales lumineuses
lignes de hamps magnétiques ouvertes. Le qualiatif de rapide se dit par omparaison
auventsolaire ditlent,qui est,entreautres,issu desspiules.Desstruturesfroidessont
égalementprésentesdanslaouronnesolaire:lesprotubéranes,d'unetempératured'en-
viron8000Ksont aisément observéessurlelimbe.Ellessont appeléeségalement laments
lorsqueelles-isontobservéessurledisquesolaire.Observéesprinipalement enimagerie
H
α
,esstrutures peuvent avoirdes durées devie variées:de l'ordre de quelquesheurespour les protubéranes atives, etde l'ordredu moispour les protubéranes quiesentes.
Lemagnétismesolaireestresponsabled'unefortestruturationentempératureetendensité.
Pour haque struture (tahe, faules,réseau...), ilexiste des modèles semi-empiriques de tem-
pérature en fontionde l'altitude,utilisés dansun butd'estimer lesradiations issuesde haque
struture (Fontenla et al., 2009). Ces modèles requièrent en revanhe des bonnes estimations
surl'abondanedesélémentsdansl'atmosphère solaire(Soas-Navarro,2011).L'abondanedes
élémentsn'estpashomogène àlasurfaeduSoleil,surtout pourlesmoléulestrèssensiblesaux
diérenesdetempératures (entrelestahes,froidesetlesfaulesplushaudesparexemple)e
quia unimpat diretsurl'opaité globale pour haque altitude.
Dansleadredeettethèse,nousnousintéressonstoutpartiulièrementauuxintégréémanant
du Soleil, l'irradiane solaire spetrale et plus partiulièrement à sa omposante ultraviolette
omprise entre 10 et300 nm.
1.2 L'irradiane solaire spetrale
1.2.1 Introdution
Comme présentée par la gure 1.4, l'irradiane spetrale solaire désigne la puissane par
unité de longueur d'onde qui atteint haque seonde une surfae de 1 m
2
perpendiulaire au
rayonnementsolaire,sesituantàuneUA,soit149,598.10
6
km(distanemoyennesurunepériode
derévolutionéquivalentà365.25jours).Lagure1.4présentelespetreéletromagnétiquepour
unsoleil non éruptif,prohe duminimumsolaire entres les yles22 et23 3
.La forme générale
du spetreressemble fortement au rayonnement d'unorps noir d'unetempérature
T ef f
=5777K. Toutefois, le spetre solaire diverge fortement de elui d'un orps noir pour tout l'UV, et
leslongueursd'onde plusénergétiques,àause delaprésenede l'atmosphèreque nousvenons
toutjustede dérire. Nouspouvonsnoterquelquesaratéristiquesintéressantessure spetre
solaire,ommelaraied'émission Lyman
α
à121.5nm, ouenore ertaines raiesde Fraunhoferenabsorption à partirde200 nmetau-dessus.
Il est intéressant de mentionner ii que 99% de l'énergie radiative émerge de la photosphère,
prinipalement dans levisible etdans l'infrarouge. Le rayonnement dansl'UV etet les rayons
X,entre1et300 nm,issuesdesouhesatmosphériquesplushautesenaltitude nereprésentent
que1%environ, des1361 W.m
− 2
rayonnésau total,soit 14 W.
3. Cesylessontnumérotésàpartirdumaximumde1761
Figure1.4. Irradiane spetrale solaire de référene ATLAS 3, mesurée en 1994 durant la période
d'ativité minimalesolaire (Thuillier et al.,2004).
1.2.2 Le rayonnement UV
C'estpourtantlerayonnement UVetsavariabilité,entre10et300nm,quinousintéressent
dans le adre de ette thèse. Bien que l'énergie totale mise en jeu soit faible, le rayonnement
UV onstitue la soure prinipale d'énergie pour tous les proessus ionosphériques et thermo-
sphériques, omme nous le verrons un peu plus tard. Le tableau 1.i présente la nomenlature
onernantlespetreultraviolet,quipeutêtrediérenteselonledomainesientiqueonsidéré.
Ainsi, dansle adre médial, l'ultraviolet est déomposé en trois bandes spetrales A, Bet C,
par ordre roissant en énergie, dénies par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les
rayons UV-C sont omplètement absorbés par l'atmosphère, et seuls 10% environ des rayons
UV-B passent à travers l'atmosphère. En petite quantité le rayonnement UV est néessaire à
lasynthèse de la vitamine D. Le rayonnement UV en grande quantité est en revanhe dange-
reux pour la santé, onduisant à un vieillissement aéléré, voire des aners, de la peau. En
aéronomie etpartiulièrement danslasuite deettethèse,nousdistinguonslerayonnement UV
selonlanorme ISO(Tobiska&Nusinov,2006) :l'extrême ultraviolet (10-121 nm), l'ultraviolet
lointain, FUV (122-200 nm)etenn l'ultraviolet moyen MUV (200-300 nm).
1.2.3 Méanismes de formation du rayonnement UV 4
Laaratérisationdel'irradianespetraledansl'UV,etsurtoutsavariabilité,étudiéesdans
ettethèsenéessitentavanttouthoseuneompréhensiondesproédésphysiquesresponsables
de la formation du spetre solaire. Nousne proposons pasdanse qui suit une revue détaillée
4. Bibliographie générale : Mason & Fossi (1994); Wilhelm et al. (2004); Hanslmeier & Vázquez (2005);
Table 1.i.Classiation desbandesspetrales duspetreéletromagnétiquesolaire del'ultraviolet aux
rayonsgamma.
Domaine Sous-domaine Aronyme BandeSpetrale
∆λ
(nm) Energie (eV)A UV-A 315-400 3.1-3.9
Ultraviolet B UB-B 280-315 3.9-4.4
(OMS) C UB-C 100-280 4.4-12.4
Prohe NUV 300-400 3.1-4.1
Moyen MUV 200-300 4.1-6.2
Ultraviolet Lointain FUV 122-200 6.2-10.16
(aéronomie) Lyman
α
121-122 10.16-10.25Vide VUV 10-200 6.2-124
Extrême EUV 10-121 10.25-124
RayonsX RayonsX mous XUV 0.1-10 124-1.24 10
4
RayonsX durs 0.001-0.1 1.2410
4
-1.2410
6
Rayons
γ ≤
0.0001≥
1.24106
de tous les méanismes mis en jeu, mais de mettre en évidene les prinipes fondamentaux.
Nouspouvonsséparerlespetre UV en deuxomposantesbien distintes:une prinipalement
onstituéede raiesémises parlesélémentssolairesionisésqui sesuperposentàunrayonnement
ontinu également en émission. Ce ontinuum vient de la reombinaison d'ions notamment
l'émissionlibre-liéequenousverrons plustard;ilonernesurtoutl'EUV ainsiquel'ultraviolet
lointain jusqu'à 170 nm environ 5
. Au-delà le spetre solaire passe en absorption. Cela dénit
notre seonde omposante pour les longueurs d'onde supérieurs à 170 nm, dans le MUV et
au-delà. Les développements de la méanique quantique ombinés aux modèles d'atmosphère
solaireont permis ommenousle verronspar lasuite de omprendreunpeumieux lesorigines
del'irradiane spetrale dansl'ultraviolet.Ainsi, nouspouvonsréduirel'ensembledu spetreà
unontinuumauquel sesuperposesoitdesraiesd'émission,oubiendesraiesd'absorptionselon
latempérature dumilieu.
Dérivonsd'abord lapartieduspetreenabsorption, forméedanslesrégionsoùlatempérature
loale est plus basse que l'équivalent en énergie apportées par les radiations. La photosphère,
d'une température de surfae de 5777 K en moyenne, rayonne omme un orps noir. Plus de
99%del'énergieradiativetotale émergede laphotosphère. Lesélémentsprésentsdanslahaute
photosphère et dans la région de minimum de température (les prinipaux sont H, He, C, N,
O, Mg, Al, Si, Ca et Fe) sont a priori dans leur état fondamental ou bien faiblement ionisés.
Le rayonnement issu de la photosphère va être absorbé par es éléments, d'où e spetre en
absorption.Danslevisible,onpeutiterommeexemplelesraiesdel'hydrogèneavelasériede
Balmer(H
α
à656.3nm)quisontobservéesenabsorptionsurledisque.Onpeutégalement iteruneraie en absorptionde l'hélium,deuxième élément leplusabondant,à 1083nm. L'ensemble
desélementsdanslaphotosphèreestresponsableduspetreenabsorption.Lesplusimportantes
deesraiessont lesraiesdeFraunhofer (lesraiesduMagnésiumà 280nmoudualium à393
nmpar exemple).LadernièreraiedeFraunhoferidentiablel'estvers170 nmequi représente
5. Lespetresolaireestégalementenémissiondansledomaineradio, pourleslongueursd'ondesupérieures
à160
µ
mplusoumoinslafrontièreentreémissionetabsorption.L'ensembledelabandeMUVestdominée
non paspar desraiesquenouspouvonsbiensépareretidentier,maispar unimmensenombre
de raiesnesetnon résolues (Busá etal.,2001).
Laformation duspetre en émissionpour une partie du FUV et del'EUV est liée à diérents
proessus physiques. Je les présente ii dans les grandes lignes, l'annexe B en propose une
versionplus détaillée. Nous avonsdéjà vuque la ouronne était partiulièrement haude, plus
d'un millionde degrés etpeu dense. Lesraies enémission sont produites par deséléments àla
foisexitésetionisés.Nousallonsdansunpremiertemps onsidérerlesproessusphysiquesqui
permettent d'expliquer lesdiérents états d'ionisationetd'exitation.
Une première hypothèse onsiste à déoupler les phénomènes d'ionisation et d'exitation : les
éhelles de temps desréation d'ionisation etde reombinaison sont plus grandes que pour les
réations d'exitation et de désexitation, dans les onditions au sein de l'atmosphère solaire.
Plusieurs méanismesphysiquessontpossiblespourrendreomptedestransitionséletroniques
ou bien d'ionisation d'un neutre ou d'un ion. Dans l'atmosphère solaire, prinipalement dans
la zone de transition et la ouronne où la densité est faible, les proessus physiques les plus
eaes sont les ollisions inélastiques entre les neutres/ions et les életrons libres. Le hamp
de rayonnement n'est pasassez énergétiquepourexiter ou ioniserles éléments.
1.2.3.1 L'état d'exitation
Prenons un atome X ionisé m fois (ave m
≥
0), dans le niveau d'exitation i,X i +m
. Lesollisions sont bien souvent inélastiques, e qui implique pour l'életron à la fois une perte
d'énergiemaiségalement unhangement dediretion.
X j +m + e(E 1 ) → X i +m + e(E 2 )
(1.1)ave,
C ji e,d
, le oeient de réation. En fontion des énergies életroniquesE 1
et E2
, etteéquationest une réation d'exitation (e) ou bien de désexitation(d). Diérentes hypothèses
surla distribution en énergiedes életrons permettent d'exprimer théoriquement le oeient
deréation. Toutefois, laréationde désexitationpar e proessusollisionnelestpeueae
omparé à la désexitation radiative. Dans le adre de l'approximation oronale, le proessus
d'émissionsuivant est onsidéréomme leseulproessus physique pour ladésexitation :
X i>j +m → X j +m + hν
(1.2)ave omme oeient de réation, le oeient d'Einstein,
A ij
. La ouronne solaire et la ré-gion de transition sont des milieux onsidérés omme optiquement ns, le photon émis par e
proessus 1.2n'est alors pasabsorbé par lemilieu,en première approximation.
Enpratique, leniveau de populationde l'étatfondamental g pour union,
X g +m
,domine tota-lement les autres états d'exitation.Ainsi, pour unétat onsidéré, il est ourant de onsidérer
uniquement les éhanges ave lefondamental. L'état d'équilibre peutsealuler en utilisant le
prinipedu bilandétaillé, telque
N e N g C gi e = N i A ig
(1.3)ave
N e
,ladensitééletronique,etN i
,N g
,ladensitédesionsdanslesétatsietg.Leniveau depopulationduniveaui,
N i
estdiretement proportionnelàladensitééletroniqueN e
.Globale-ment, plus ladensité etlatempérature sont importantes, plus les états exitésseront peuplés,
etplusles phénomènesd'émission seront importants.
1.2.3.2 L'état d'ionisation
Plusieurs méanismesmenant àl'ionisationpeuventêtreonsidérés,Jerésumetousespro-
essusdansl'annexeB.Lepluseaerestesansnuldoutelaréationparollisionéletronique,
telleque
X +m + e − → X +m+1 + 2e −
(1.4)Comme pour l'équilibre d'exitation, les oeients de réation de es proessus sont propor-
tionnels à la densité életronique. Le prinipe du bilan détaillé permet une nouvelle fois de
alulerles étatsd'équilibre :lagureB.1présenteles équilibresd'ionisation pour l'oxygèneet
le fer, alulés à partir de la base de données CHIANTI. Il n'est pas surprenant de noter que
pluslatempérature estimportante, plusl'élément seraionisé.
1.2.3.3 Proessus d'émission
Pourunélémentionisédonné,ilyademultiplesétatsd'exitation possibles,aveleurs pro-
babilitésd'existene respetive enfontion de ladistribution énergétiqueéletronique (souvent
priseommeunefontion deBoltzmann).Pluslatempérature etladensitéseront importantes,
plus lesétats exités de l'ionont de lahaned'être oupés.Le proessus de déroissane ra-
diative, présentépar l'équation1.2 serévèleêtre leméanismeleplus eae dedésexitation,
onduisantàlaformationdetouteslesraiesd'émission duspetredansl'UV.Le photonissude
ladésexitation d'union, ave une énergiepréise, ontribuera à l'émission pour une longueur
d'ondedonnée. L'intensité, I, peuts'érireomme suit
I = 1 4π
Z
G(T, N e ) ξ(T )dT
(1.5)ave lafontion de ontribution,
G(T, N e )
,etla mesured'émission diérentielle (DEM),ξ(T )
.Le premier terme inlut tous les paramètres physiques de la transition életronique, et le se-
ondterme inlutlesparamètres physiques(densitééletronique,température)dumilieu.Il est
important de retenirquela DEM estaratéristique du milieu où l'émissionest produite. Cei
explique pourquoi les émissions (ou bienla radiane) d'une région ative, des trous oronaux,
etdesrégionsalmes, sontdiérentes .UneillustrationplusdétailléeestproposéeenannexeB.
Plusieurs raies d'émission peuvent ainsi être distinguées dans le spetre solaire : itons par
exemple laraie d'émission du Fe XV à 28.4 nm, ou enore les raies d'émissions assoiées aux
élémentsdelaséqueneisoéletroniquedulithium:etélément atroiséletrons,dontunsurle
niveaun=2.L'exitationmènel'életronduniveau2sauniveau2p,pourrevenirsurleniveau2s
lorsdeladésexitationformantaupassageundoublet.Plusieursraiesd'émissionsontproduites
viae hemin,notamment ellesdu CIV 6
à 155nm danslazonedetransition, elles deOVI
à103.2 et103.8nmdanslaouronne, ouenore ellesdu MgX à 61et62.5 nm.
D'autresraiesd'émissionsfont intervenir nonplusdesionsmaisdesatomes.Je faisréféreneii
auxatomesd'hydrogèneetd'hélium :lessériesde Lymanenémission,transitions életroniques
6. L'atomeneutredearbonepossèdesixéletrons,CIVsigniedontqu'iln'enresteplusquetrois,d'oùson
entrelesétatsexitésetlefondamental. Citonsommeexemple Lyman
α
à121.5nmouenoreLyman
β
à 102.5 (une raie partiulièrement importante pour les modèles thermosphériques).Cettesériedesendjusqu'à91.5nm,quiestleseuild'ionisationdel'hydrogène,
I H
=13.6eV.Lesoriginesdelaformationdeesraiesdetransitionenémissionsontenrevanhemaldéterminées,
ar es raiessont optiquement épaisses (Vourlidas et al.,2001).Les proessus détaillésun peu
plus haut ne sont alors que des approximations, la modélisation devant faire intervenir du
transfertradiatif.
1.2.3.4 Formation du ontinuum
Les raies d'émission ainsi que d'absorption se superposent au ontinuum. Ce dernier est
engendré par l'interation entre les életrons libres et les ions. On distingue deux réations :
l'émissionlibre-libre (i)(ou bremsstrahlung), etl'émissionlibre-liée (ii),tellesque :
(i) e − (E 1 ) + X +m ⇋ X +m + hν + e − (E 2 )
(ii) e − + X +m ⇋ X +m+1 + hν
(1.6)Le sens de es réations dépendent diretement de la température loale du milieu :il yaura
émission lorsque les életrons seront susamment énergétiques, 'est-à-dire dans la région de
transitionetlahautehromosphère. Il yauraabsorptionlorsque l'énergiethermiquedu milieu
sera inférieure à l'énergie du rayonnement, soit dans la haute photosphère, soit dans la basse
hromosphère.
Prenons le asde l'émission. Les életrons inidents ouvrent une très large gamme d'énergie.
Lesradiations issues deesdeux réationsforment laligne debaseontinue du spetresolaire,
appelée ontinuum. Dans leas des émissions libre-liée, l'énergie des photons ne peuvent des-
endrejusqu'àuneertainelimite
hν c
,tellequehν c = E I − E i
,oùE I
estleseuild'ionisationde l'iononsidéré, etE i
est l'énergie du niveau où l'életron s'est lié. Celagénère dansle spetreontinu desseuils aratéristique pour haque élément. Dans le asde l'atome d'hydrogène, H
I,leseuilsesitue pour
λ ≈
91.27 nm,e quiorrespond au seuild'ionisation. Leontinuum de l'hydrogène H I, entre 67.1 nm et 91.27 nm est prinipalement généré dans la hromosphère,pour destempératures légèrement inférieuresà 10000 K.Cettepartie du spetreétant partiu-
lièrement plusfroidequeleresteduspetre EUV.Toutefois,pouruntelontinuum, unmodèle
detransfert radiatifdoit êtreutilisé pour orretement lemodéliser.Pour l'hélium, deuxseuils
d'ionisationsont observés, à environ50 nmpour HeI, etenviron23 nmpour He II.
De tels seuils sont également observables pour la partie en absorption du spetre. Citons les
seuilsd'ionisation lesplus remarquables.Le seuildu magnésium sesitue autourde 250 nm. Le
seuildel'aluminium, autourde 208nm,estnettementvisiblesurlagure1.4,lavaleur absolue
de l'irradiane solaire doublant presque. Enn nous pouvons remarquer le seuil d'absorption
pour le siliium à 168.2 nm. En règle générale, l'irradiane générée par le ontinuum est plus
importantedansleFUVetleMUV.Leontinuumestenrevanhequasiinexistantdanslabande
XUV. Ceiexpliquepourquoiette bande possède desaratéristiques diérentesde l'EUV.
L'augmentationdel'ativitémagnétique(orréléeaveelleduhamptoroïdal)s'aompagnede
l'augmentationdunombre detahesetdondesfaulesauniveau delaphotosphère.Auniveau
de la hromosphère, on observe davantage de plages, e qui ontribue à augmenter l'émission
dansl'ultravioletetlevisible.Parallèlementàela,desphénomènesdeplusenplusénergétiques
de matière, e qui a pour onséquene d'augmenter le rayonnement dans l'ultraviolet et dans
le domaine des rayons X, via les proessus que nous venons de dérire. L'ensemble de es
phénomènes onstituent les régions atives. L'ativité solaire dépend diretement du nombre
etde l'étenduede esrégionsatives.
1.3 L'ativité solaire
1.3.1 Phénomènes périodiques
L'ativité solaire est diretement liée à l'évolution du hamp magnétique. Dans la partie
1.1.2, nousavonsévoqué leyle magnétique de 11 ans, aisément mis en évidene dansle ux
solaire à toutes les longueurs d'onde. Des indies solaires, omme le nombre de tahes solaires
ou bien le ux en radio à 10.7 m (F10.7), permettent également de aratériser l'ativité
solaire.Nousyreviendrons toutpartiulièrement au hapitre 2.Le nombrede tahe solaire est
le plusvieux indie jamaismesuré. Des mesures sporadiques du nombre de tahes solairesont
ommené au tout débutdu XVIIèmesièle, notamment ave les observations simultanées de
ChristopheSheineretdeGalilée.Toutefoislespremièresmesuressystématiquesdatentde1750
environ,juste après unlong minimum d'ativité,onnu souslenom deminimumde Maunder.
En1843, Heinrih Shwabe mit en évidene leyle de11 ansdes tahessolaires, quel'on sait
aujourd'hui être du au yle magnétique. Cet indie est toujours quotidiennement mesuré par
diérents observatoires dans le monde. La gure 1.5présente l'évolution du nombre de tahes
depuis 1880 environ, mettant en évidene le yle de 11 ans. La distribution spatiale de es
tahesàlasurfae dudisquesolaireestégalement représentée:laformearatéristiqueen ailes
de papillon exprime lamigration des tahesvers l'équateur et illustre lairement lemodèle du
ylemagnétiqueshématisé par lagure 1.2.
Le Soleil présente également des yles d'ativité à plus ourt terme. L'apparition des régions
ativesàlasurfaeduSoleiln'estpassansonséquenesurleuxtotalrayonnéparleSoleil.Des
ylesd'ativitéourtspeuventsesuperposeràeluidelapériodede11ans.Pourunobservateur
terrestre, la rotation du Soleil, etsurtout la distribution non uniforme des régions atives sur
lasurfae du disquesolaire réent lamodulation de 27jours. L'apparition etladisparition des
régionsatives auniveau dulimbe,très brillantes pour desraiesissues de laouronne, ou bien
assombries pour les raies hromosphériques, réent également une modulation d'environ 13.5
jours. Nousnousonentrerons suresphénomènes partiuliers danslasuite deette thèse.
Sinousonsidéronsl'irradianesolairetotale(integréesurlespetreentier),enoreappeléeTSI,
alors on observe que la variation relative sur un yle de 11 ans ne dépasse guère 0.4% si l'on
prendlestroisderniersyles.Ilestintéressant denoterquelavariabilitédel'irradianesolaire
totale est orrélée positivement ave elle des tahes solaires. Cei est ontre intuitif, omme
les tahes sont sombres, on s'attend à moins de ux. Cei peut s'expliquer par la luminosité
des faules qui ompensent le déit ausé par les tahes, et plus enore puisque l'on observe
un yle de 11 ans. Cei n'est pas toujours vrai en e qui onerne les autres étoiles : si il ya
desfaules,ellesineompensentpastoujoursledéitenluminosité.Lesvariations relatives
peuvent être beauoup plus importantes si l'on s'intéresse non plus au ux intégré sur tout le
spetre mais à l'irradiane spetrale solaire omme présentée par la gure 1.4. Ces variations
sont représentées par la gure 1.6 pour une large partie du spetre ompris entre 1 et 800
nm, ouvrant une partie du ux ultraviolet jusqu'aux ondes radio. La variabilité relative est
Figure1.5. Evolution du nombres de tahes ainsi que de leurs distributions en latitude à partir de
1880 jusqu'ànosjours. Soure:http://solarsiene.msf.nasa.gov/.
de 11anspeutatteindre1000%pourles rayonsX etXUV, entre10 et100%pourl'EUV,entre
1 et 10% pour le FUV et le MUV, etmoins de 2% pour le NUV. Dans le visible et le prohe
infra-rouge,lavariationrelative estde l'ordrede 0.1%environ.Toutefois,lavariabilitédanses
dernières bandes spetrales est très diile à quantier ar très faible, et par onséquent mal
onnue :lapréisiondesmesuresétant parfoisdumême ordredegrandeurquelavariabilitédu
signal.
Deux déennies d'observations solaires et d'analyses ont permis d'établir la nature des rles
destahessolaires etdesfaulesdansla variabilité de l'irradiane spetrale pour les longueurs
d'onde supérieurs à Lyman
α
(Fröhlih & Lean, 2004) : les eets des faules dominent lesvariations àtoutes les éhellesdetemps (modulation de27 joursetleylede 11ans) pour les
longueursd'ondeinférieuresà300nm.Autourde300nm,learatèredelavariabilitéspetrale
hange brusquement. En eet, les radiations entre 300 et 400 nm exhibent une dépendane
évidente par rapport aux dynamiques des faules maisaussi des tahes solaires. En outre, es
deux ontributions façonnent littéralement lavariabilité del'irradiane solaire totale.
L'imagerie solaire dans de multiples longueurs d'onde permet de rendre ompte de l'ativité
magnétique du Soleil notamment dans l'ultraviolet et les rayons X. Lors des périodes de forte
ativité solaire, de grandes struturesmagnétiques sous formesde boules sont observéesdans
alimentantlaouronne.Cemêmeplasmavaalorsêtrehaué,prinipalementpar ollisionave
leséletrons suprathermiquede laouronne,e quionduità uneaugmentation intense duux
dansl'ultraviolet et lesrayonsX,toujours modulée par larotationsolaire.
Figure 1.6.Variation relative liée au ylesolaire de 11 ans de l'irradiane spetrale entre1 et800
nm alulée à partir de mesures des satellites TIMED et SORCE entre 2003 et 2010,
reouvrantlespériodesde forte etfaibleativités solaires.
1.3.2 Phénomènes transitoires
Nous avons présenté pour l'instant des phénomènes sur des éhelles de temps supérieures
au jour apparaissant àlasurfae duSoleil. La durée de viemoyenne d'une tahe solaire estde
quelques jours à plusieurs mois. L'augmentation de l'ativité magnétique s'aompagne égale-
ment de elle de phénomènes transitoires via des éruptions solaires issues de la réorganisation
magnétiquedanslaouronnesolaire.Leslignesdehampss'entrelaent,desnappesde ourant
se forment à petites éhelles et de l'énergie est libérée (énergie inétique mais également des
radiations) par reonnexion de es lignes de hamp. Les éruptions solaires s'aompagnent de
nombreux phénomènes, omme l'aélération de partiules (életronset protons)au niveau de
lareonnexionmagnétique,quiengendrentàleurtourdesémissionsradio(lessursautsradiode
type II par exemple). Les éruptions solairess'aompagnent toujours de l'augmentation pon-
tuelledesémissions dansl'ultraviolet etdansles rayonsX,dufait d'uneforteaumulationde
matièrefortementionisée.Lesplusgrosévénementsenregistrésfontétatd'uneaugmentationde
prèsdedeuxàtroisordres degrandeurdanslesrayonsX parexemple.Deplusenplusd'obser-
vations font également état d'émissionsdans levisible(prinipalement en H
α
) provenant de labasse atmosphère solaire,hauée par la préipitation d'énergie et de partiules (Ding, 2007).
Desréentesétudesontpermisdemettreenévidenequeeséruptionsenlumièreblanhesont
2008;Cessateur et al.,2010; Kretzshmar,2011). Leséruptions solaires ontribuent également
à lavariabilité del'irradiane solaire totale(Kretzshmaret al.,2010).La ontribution absolue
en énergielors deséruptionssolairespeutdontêtreplusimportantedanslevisiblequedansles
ourtes longueurs d'onde. Cei est un bel exemple de l'intérêt d'étudier un même phénomène
dansplusieurs longueursd'onde.
Des éjetions de masses oronales (CME pour Coronal Mass Ejetion)peuvent également être
assoiées aux éruptions solaires. Il s'agit de nuages de plasma magnétisé qui sont ejetés de
l'atmosphère solaire ave des vitesses variant entre 35 km.s
− 1
et 2000 km.s
− 1
. L'utilisation
d'unoronographe, qui oulte le disque solaire an de pouvoir observer la ouronne, permet
d'observer es phénomènes, visible en lumière blanhe par diusion Thompson. L'interation
de e plasma éjeté ave levent solaire est multiple, omme une prodution de rayonnements
via l'aélération de partiules, ou enore l'augmentation de ladensité életronique. Certaines
CMEs s'aompagnent de partiulestrès énergétiques pouvant atteindre plusieurs entaines de
MeV, les événements à protons. Leur origine n'est toujours pas laire aujourd'hui, mais il est
admisquel'ondedehoenamontdelaCMEaélèredespartiulesparaélérationdeFermi.
Leurs onséquenes sur l'environnement planétaire et interplanétaire sont sans nul doute les
plus importantes. Les CME et es partiules énergétiques sont des éléments importants de la
météorologie de l'espae,arils aetent l'environnement terrestrede multiples façons.
1.3.3 La ohérene spetrale
En dépit de la omplexité de tous les proessus physiques présentés en setion 1.2.3 (et en
annexeB),lavariabilité de l'irradiane spetralesolaire dansl'UV montre une ohérene forte
à la fois dans le temps mais aussi dans l'espae. Floydet al. (2005) montrent en eet que les
émissions provenant de la haute photosphère, la hromosphère, la région de transition et la
basseouronnesont fortement orrélées pour deséhelles detemps supérieures àladynamique
d'événementssporadiquesommeleséruptionssolaires.Celasetraduitpourlesraiesd'émission
par un fort ouplage des phénomènes de ollision, don de hauage, à travers l'atmosphère
solaire. Cela se manifeste diretement par des évolutions similaires de l'irradiane observée
pour l'EUV, le FUV et enn le MUV pour les éhelles de l'heure ou plus omme l'illustre la
gure 1.7. Dans ette gure, les irradianes sont normalisées par rapport à leurs éart type.
Toutes les séries temporelles montrent de très fortes orrélations, à la fois sur le ourt et le
longterme. Les modulations à 27 jours, ainsi qu'une partie du ylede 11 ans, sont aisément
reonnaissables.Unetelleohérenes'expliqueparlefortouplagemagnétiqueentresesouhes
atmosphériques (Domingo et al., 2009). Pour un Soleil non éruptif, ela nous ore alors des
perspetivesintéressantes pour reonstruirel'irradiane solaire dansl'UV.
Laohérenespetraleestunepropriétéremarquablede lavariabilitésolaire.Celajustiel'uti-
lisationapriorideseulementquelquestermes, lesindiessolairesparexemple,andedérirela
variabilité de l'irradiane dansl'UV. Denombreux travauxmettent eneet en avant une forte
orrélation entre es indies et les bandes spetrales de l'EUV et du FUV (i.e. Kane (2002)).
Nousreviendrons sur les indies au hapitre 2. Comme exemple, lasérie temporelle assoiée à
l'indie radiométrique F10.7, qui est un indie de l'ativité de la ouronne solaire, est égale-
ment présentée surlagure1.7.Toutefois, en yregardant de plusprès, ertaines diérenesse
démarquent entre es séries temporelles, notamment l'amplitude et la forme des modulations
à 27 jours. La diérene est même importante entre l'indie radiomètrique F10.7 etertaines
Figure 1.7.Séries temporelles du ux standardisé pour quelques intervalles spetral de résolution
∆λ
=1 nm, ave l'espèe dominante dans et intervalle. La série temporelle assoiée à l'indieF10.7 estégalementreprésentée.de l'irradiane solaire dans l'UV :le meilleur modèle possible repose sur l'utilisation d'indies
reétant tous lesaspets de ette variabilité.
Denombreux modèles, empiriques et semi-empiriques utilisent es indies solaires an de mo-
déliser lavariabilité de l'irradiane spetraledans l'UV.Nous détaillerons les diérentsindies
etproxies,ainsiqueesdiérentsmodèles,auhapitre2.Nousverronspartiulièrement quees
indies, même s'ilssontouramment utilisés, nesusentpasà rendre omptede laomplexité
dela variabilité de l'irradiane spetrale.
Dans le adre de ette thèse, nous allons également utiliser ette propriété remarquable de la
ohérene spetrale pour reonstruire la variabilité de l'irradiane dans l'UV. Comme nous le
verrons, la diérene prinipale de notre étude par rapport aux modèles existants réside dans
la nature des informations que nous utilisons. Comme alternative aux indies solaires, nous
proposons, an de reonstruire l'irradiane solaire spetrale dans l'UV, d'utiliser des mesures
diretsdu uxUV par lebiaisdebandes passantes dévolues àl'EUV,leFUV etle MUV.Cei
dans le but de apturer toutes les faettes de la variabilité de l'irradiane dans l'UV. Nous y
reviendronsauxhapitres 3,4et5.
L'étude de la variabilité de l'irradiane solaire dans l'UV est une omposante très importante
de la physique solaire. Mais ela dépasse largement e simple adre. Le Soleil a en eet une
inuene onsidérablesurl'ensemble dusystème solaire.La variabilitésolaire a unfort impat
surlesenvironnementsplanétaires.Lesinterations sontdiverses:outrelesinterationsdetype