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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

TD 1 - Terminale Spécialité Maths Suites implicites

Les exercices suivants dont l’intitulé est suivi du symbole (c) sont corrigés intégralement en fin du présent TD.

Je remercie M. Jobin, professeur en classe préparatoire, pour le partage de ses documents sur ce thème des suites implicites.

Unesuite implicite(un)est une suite définie par une équation(En)qui dépend den, souvent de la forme : unest l’unique solution de l’équationfn(x) = 0

ou encore avecfn(x) =f(x)−n

unest l’unique solution de l’équationf(x) =n Définition 1

• Comme l’indique son nom, unesuite implicite n’est pas explicite. A priori, elle ne vérifie pas de relation de récurrence et il n’existe pas d’expression en fonction den. Les méthodes classiques ne sont donc souvent pas applicables.

• La seule information dont on dispose sur la suite (un)est qu’elle est solution de l’équation(En), c’est-à-dire qu’elle vérifie l’équationfn(x) = 0. Cette relation permet de déduire de nombreuses propriétés de la suite et on y revient toujours.

• L’équationfn(un) = 0vérifiée par la suite(un)est valable pour toutn∈N. Ainsi, on peut égale- ment écrire

fn+1(un+1) = 0 ou fn−1(un−1) = 0 En revanche, on ne connait au départ rien sur

fn(un+1) ou fn+1(un)

et c’est justement l’estimation de ces quantités qui donne souvent le sens de variations de(un).

Remarque

On va être amené à utiliser la définition de la monotonie d’une fonction et la propriété qui suit.

Soitfune fonction définie sur un intervalleI.

1. f est croissante surIsi :

pour tout couple(a; b)d’éléments deItels quea6b, on af(a)6f(b) Définition 2

(2)

En fait, pour tout couple(a, b)deI2et toute fonction strictement croissantef surI, on a : a6b ⇐⇒ f(a)6f(b)

• Le sens direct est donné par la croissance de la fonctionf sur l’intervalleI.

• La réciproque, est obtenue en considérant la contraposée. Un petit rappel : – Soit une propriété de la forme :

SiA, AlorsB ou A=⇒B

Si cette propriété est vraie, sa contraposée l’est aussi nécessairement. Affirmation et contraposée sont équivalentes.

– La contraposée deA=⇒Best :

Si (nonB) , Alors (nonA) ou (nonB) =⇒(nonA)

• Donc ici on va considérer la contraposée de la propriété que l’on cherche à prouver.

Soit pourfcroissante surI:

Si (f(a)6f(b)) , Alors (a6b) ou par contraposé (non(a6b)) =⇒(non(f(a)6f(b))) On cherche donc à montrer que pourfcroissante surI:

a > b=⇒f(a)> f(b) Et c’est alors la stricte croissance def surIqui permet de conclure.

Preuve

Exercice 1. Suite implicite (c)

On définit surR+la fonctionf par :

f(x) =x+ ln(x) 1. Dresser le tableau de variations def.

2. Soitnun entier naturel. Montrer que l’équationf(x) =na une unique solution dansR+∗. On la noteun.

3. Montrer que la suite(un)est croissante.

(3)

Exercice 2. Suite implicite et recherche de la limite (c)

1. On considère la fonctionf1définie surR+par :

f1(x) = 2x−2 + ln(x2+ 1) 1. a. Déterminer la limite def1en+∞.

1. b. Étudier les variations def1.

2. Soitnentier non nul. On considère la fonctionfndéfinie surR+par : fn(x) = 2x−2 +ln(x2+ 1)

n 2. a. Déterminer la limite defnen+∞.

2. b. Montrer quefnest strictement croissante surR+.

2. c. Démontrer que l’équationfn(x) = 0admet une unique solutionαnsurR+. 2. d. Justifier que pour tout entiern >0on a :

0< αn <1 3. Monter que pour tout entiern >0on a :

fnn+1) = ln(α2n+1+ 1) n(n+ 1) 4. En déduire que pour tout entiern >0on a :

fnn+1)>0 5. Étude de la suite(αn).

5. a. Montrer que la suite(αn)est croissante.

5. b. En déduire qu’elle est convergente.

5. c. Montrer que pour tout entiern >0on a :

αn= 1−ln α2n+ 1 2n

5. d. Déterminer en utilisant l’encadrement de la question2.d., un encadrement de : ln α2n+ 1

2n 5. e. En déduite la limite de la suite(αn).

(4)

Exercice 3. Famille d’équations

Le but de cet exercice est d’étudier pournentier non nul l’équation(En): lnx

x = 1 n Soitfla fonction définie sur]0 ; +∞[par :f(x) = lnx

x .

1. Étudier les variations def sur]0 ; +∞[et déterminer son maximum.

2. Montrer que pour tout entiern>3, l’équation(En)possède sur[1 ; e]une unique solution notéeαn. 3. Sur le graphique ci-dessous sont tracés :

• la courbeCf;

• les droitesd3,d4etd5d’équations respectives :y=1 3,y=1

4 ety= 1 5.

3. a. Conjecturer le sens de variation de la suite(αn).

3. b. Comparer, pour tout entiern>3les nombref(αn)etf(αn+1).

3. c. Déterminer le sens de variation de la suite(αn).

3. d. En déduire que(αn)converge.

4. On admet que pour pour tout entiern>3, l’équation(En)possède une autre solutionβntelle que16αn 6 e 6βnet que la suite(βn)est croissante.

4. a. Établir que pour pour tout entiern>3:

βn>nβ3

3 4. b. En déduire la limite de la suite(βn).

(5)

Correction

Correction de l’exercice 1 page 2

1. Dresser le tableau de variations def.

• La quantitéln(x)est définie pourx >0.

Ainsi,Df = ]0,+∞[.

• De plus,lnest dérivable sur]0,+∞[.

Ainsi,fest dérivable sur cet ensemble. Pour toutx∈]0,+∞[: f(x) = 1 +1

x>0

• La fonctionfest strictement croissante surR+.

• Les limites sont juste obtenues pas somme :

f(x) =x+ lnx

x→0lim+ x= 0

x→0lim+ lnx=−∞ =⇒ lim

x→0+ f(x) =−∞

x→+∞lim x= +∞

x→+∞lim lnx= +∞ =⇒ lim

x→+∞ f(x) = +∞

• On obtient donc le tableau de variations suivant.

x

f(x)

f

0 +∞

+

−∞

+∞ +∞

Preuve

2. Montrer que l’équationf(x) =na une unique solution dansR+∗. On la noteun.

• Rédaction 1 (Terminale) :

– La fonctionfest continue sur]0,+∞[et strictement croissante sur]0,+∞[.

Preuve

(6)

– Soitn∈N. Commen∈]− ∞,+∞[,nadmet un unique antécédentx∈]0,+∞[par la fonction f. On note alorsun(∈]0,+∞[) cet antécédent.

(on a doncf(un) =n)

3. Montrer que la suite(un)est croissante.

• Soitn∈N. Par définition, on af(un) =netf(un+1) =n+ 1.

On en déduit que :

n=f(un)< f(un+1) =n+ 1

• On applique alors la propriété 1. La croissance def surR+implique donc que ;un< un+1. f(un)< f(un+1) =⇒

par croissance defsurR+

un < un+1

La suite(un)est donc strictement croissante.

Preuve

Correction de l’exercice 2 page 3

1. On considère la fonctionf1définie surR+par :

f1(x) = 2x−2 + ln(x2+ 1) 1. a. Déterminer la limite def1en+∞.

On a :

x→+∞lim x2+ 1 = +∞

X→+∞lim ln(X) = +∞ =⇒

par composition lim

x→+∞ ln(x2+ 1) = +∞ Et donc puisque :

x→+∞lim (2x−2) = +∞

x→+∞lim ln(x2+ 1) = +∞ =⇒

par somme lim

x→+∞ f1(x) = +∞

Preuve

1. b. Étudier les variations def1.

Pour tout réelxde[0 ; +∞[,f1est dérivable et :

f1(x) = 2 + 2x x2+ 1 Or pour tout réelx∈[0 ; +∞[on a

(2x>0

x2+ 1>1 =⇒ 2x

x2+ 1 >0 =⇒f1(x) = 2 + 2x

x2+ 1 >2>0

Donc la dérivéef1est strictement positive surR+etf1est strictement croissante sur cet intervalle.

Avecfn(0) =−2on obtient :

Preuve

(7)

x

Signe defn(x)

Variations defn

0 +∞

+

−2

−2

+∞ +∞

2. Soitnentier non nul. On considère la fonctionfndéfinie surR+par : fn(x) = 2x−2 +ln(x2+ 1)

n 2. a. Déterminer la limite defnen+∞.

On a pournentier non nul :

x→+∞lim x2+ 1 = +∞

X→+∞lim ln(X) = +∞ =⇒

par composition lim

x→+∞ ln(x2+ 1) = +∞=⇒ lim

x→+∞

ln(x2+ 1)

n = +∞

Et donc puisque pournentier non nul :





x→+∞lim (2x−2) = +∞

x→+∞lim

ln(x2+ 1)

n = +∞

=⇒

par somme lim

x→+∞ fn(x) = +∞

Preuve

2. b. Montrer quefnest strictement croissante surR+.

Pour tout réelxde[0 ; +∞[, et toutnentier non nulfnest dérivable et : fn(x) = 2 + 1

n× 2x x2+ 1 Or pour tout réelx∈[0 ; +∞[et pournentier non nul on a :

(2x>0

x2+ 1>1 =⇒ 1

n× 2x

x2+ 1 >0 =⇒fn(x) = 2 + 1

n× 2x

x2+ 1 >2>0

Preuve

(8)

2. c. Démontrer que l’équationfn(x) = 0admet une unique solutionαnsurR+.

Pour tout entiernnon nul, la fonctionfnest continue et strictement croissante sur[0 ; +∞[et à valeurs dans[−2 ; +∞[.

Remarque : D’après l’étude précédente, on dit alors quefn induit une bijection de[0 ; +∞[ sur l’intervalle image[−2 ; +∞[.

Puisquek = 0 ∈ [−2 ; +∞[, d’après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (ou de bijection), l’équationfn(x) = 0admet une unique solutionαnsur[0 ; +∞[.

Preuve

2. d. Justifier que pour tout entiern >0on a :0< αn <1.

Pour tout entiernnon nul on a :

fn(1) =ln 2 n >0 fn(0) =−2<0

=⇒ 0< αn<1

x

Variations defn

0 +∞

−2

−2

+∞ +∞ αn

0

1

ln 2 n >0

Preuve

3. Monter que pour tout entiern >0on a :fnn+1) =ln(α2n+1+ 1) n(n+ 1) .

Pour tout entiernnon nul on a :

fnn+1) = 2αn+1−2 + ln(α2n+1+ 1) n Par ailleurs par définition on afn+1n+1) = 0soit :

n+1−2 +ln(α2n+1+ 1)

n+ 1 = 0 ⇐⇒ 2αn+1−2 =−ln(α2n+1+ 1) n+ 1 De ce fait en remplaçant dans la première égalité :





fnn+1) = 2αn+1−2 + ln(α2n+1+ 1) n 2αn+1−2 =−ln(α2n+1+ 1)

n+ 1

=⇒fnn+1) =−ln(α2n+1+ 1)

n+ 1 +ln(α2n+1+ 1) n

Soit après mise au même dénominateur

fnn+1) = −nln(α2n+1+ 1) + (n+ 1) ln(α2n+1+ 1)

n(n+ 1) =⇒ fnn+1) = ln(α2n+1+ 1) n(n+ 1)

Preuve

4. En déduire que pour tout entiern >0on a :fnn+1)>0.

(9)

Pour tout entiernnon nul on a :

αn+1>0 , d’après2.d.

Donc

α2n+1+ 1>1

Et par composition par la fonctionx7−→lnxstrictement croissante surR+:

ln(α2n+1+ 1)>0 =⇒ fnn+1) =ln(α2n+1+ 1) n(n+ 1) >0

Preuve

5. Étude de la suite(αn).

5. a. Montrer que la suite(αn)est croissante.

On revient sur les variations de la fonctionfnobtenues lors de la question2.d.

x

Variations defn

0 +∞

−2

−2

+∞ +∞ αn

0

αn+1

fnn+1)>0

Pour tout entiern non nul, la fonctionfn est strictement croissante et continue sur [0 ; +∞[, donc puisquefnn+1)>0etfnn) = 0on a nécessairementαn+1> αn.

(fnn+1)>0

fnn) = 0 =⇒fnn+1)> fnn) = 0 =⇒

par croissante defsurR+

αn+1> αn

La suite(αn)est donc strictement croissante.

Preuve

5. b. En déduire qu’elle est convergente.

Lors de la question2.d.on a montré que pour tout entiernnon nul : 0< αn<1

Donc suite(αn)est strictement croissante (question5.a.) et majorée par 1, donc d’après le théorème de

Preuve

(10)

5. d. Déterminer en utilisant l’encadrement de la question2.d., un encadrement de : ln α2n+ 1

2n .

Lors de la question2.d.on a montré que pour tout entiernnon nul :0< αn <1.

Donc par composition par la fonctionx7−→x2+ 1croissante surR+: 1< α2n+ 1<2

On compose alors par la fonctionx7−→lnxstrictement croissante surR+et on divise par2n >0:

0< ln α2n+ 1 2n < ln 2

2n

Preuve

5. e. En déduite la limite de la suite(αn).

On vient de montrer que pour tout entiernnon nul : 0< ln α2n+ 1

2n < ln 2 2n or

n→+∞lim ln 2

2n = 0 Donc d’après le théorème d’encadrement (ou des gendarmes),

n→+∞lim

ln α2n+ 1

2n = 0

Et donc par somme :

n→+∞lim 1−ln α2n+ 1

2n = 1

Soit puisqueαn = 1−ln α2n+ 1

2n :

n→+∞lim αn = 1

Preuve

" Fin du TD #

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