CONTRIBUTION A L’ÉTUDE
DES
CONNEXIONS DU CERVELET
DU MEME AUTEUR
Des
vicesde
conformation de l’œsophage.—
Lyon Médical,56mai, "2juin 1889.
Paralysie pseudo-bulbaire d’origine cérébelleuse.
—
Lyon Médical, 20avril 1890.Lyon, Associationtypographique, nie detaBarre,
CONTRIBUTION A L’ETUDE
DES
rp
hïi
V] TT
ml
PAR
Le D*" Joseph BROSSET
FX-INTFRNE DES HOPITAUX DE LYON
PARIS
LIBRAIRIE
J. -B.BAILLIÈRE ET FILS
19, RliE HAUTEFEUILLE. 19 Près du boulevard Saint-Germain
1891
‘
- '. 3
/
I
/;
k'xnwir
AVANT-PROPOS
Lorsque,
sur les conseils etsous
la directionde M.
leprofesseur
Pierret,nous avons
entrepris l’étude desconnexions du
cervelet,nous avons
prispour base unique de
notre travaill’examen
des faits et desobservations
pathologiques,que nous avons
recher-chés dans
toute la littérature médicale.Nous avons
choisi de préférence les
observations
à la fois les plus précises et les pluscomplètes, comprenant l’examen
microscopique du
cervelet,de
laprotubérance, du
bulbe
etdelà
moelle.De
laconcordance
desdonnées
pathologiques avec quelques
résultatsexpérimen-
taux, il était facile d’établirdes
propositions quieussent
le caractèrede
résultatsprobants
: cesont
ceux
quiont
étéexposés sous forme de conclu-
—
6—
sions à la fin
de
cette thèse.A
l’ctat d’enfanceoù
sétrouvent encore
la physiologie et la pathologie céré- belleuses,nous ne pouvions envmger
lesconnexions du
cervelet qu’àun
point devue
d’ensemble, cher-chant
plutôt àdéterminer
sa significationmorpholo- gique
qu’à préciser lesrapports
de telleou
tellerégion
de cetorgane avec
telou
tel faisceau nerveux,comme
l’ontessayé
certains auteurs;nous nous sommes
contentéde formuler
des propositions gé- nérales.L’interprétation des faits
observés
étaitmême
assez délicate. C’est àM.
le professeur Pierretque nous devons
lesdonnées
originales et nouvelles qui setrouvent dans
toute l’étenduede
ce travail. Ilnous
a indiqué la direction àdonner
à cette étude et aeu
l’obligeance denous
prêter ses dessins et ses prépa- rations;nous
l’enremercions vivement
et luien
té-moignons
notreprofonde
reconnaissance.Empêché pour cause
de santé de présider notre thèse, il aeu recours
à l’obligeancede M.
le professeurRenaut,
qui a bienvoulu
revoirnotre descriptionanatomique;
nous
le prions d’agréer tousnos remercîments pour l’honneur
qu’ilnous
a faiten
acceptant la présidence de notre thèse.Nous remercions
aussivivement M.
le D’’Clément,
notreancien
chefde
service à l’Hôtel-Dieu, quinous
a
donné
ses conseils et fourni ses observations.Nous avons eu
recours ànos amis de
l’internatpour
diverses traductions trèslongues
et très déli- cates :MM.
Chatin,Duchesneau, Nové-Josserand,
pour
lalangue allemande; Michel
Tillier,pour
lalangue
italienne;Margery, pour
lalangue
anglaise.Nous
leuradressons
ici tousnos remercîments.
Merci encore
àM.
PierreBonnet,
interne des hôpitaux, et àM.
Pittion, aidedu
laboratoirede
cli-nique
médicale, quiont
dessiné etphotographié nos
préparationsmicroscopiques.
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in 2015
https ://arch
ive
.org/detai Is/b2 1702986
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE
DES
CONNEXIONS DU CERVELET
CHAPITRE PREMIER
Introduction
etplan de
lathèse.
Sommaire.
—
Lecerveletcomme
orgaae de coordiaationet d’équili- bration (Flourens).—
Cen’est pasun centre psychique coordinateur etrégulateur des mouvements, mais un agent de l’équilibration dont les désordres produisent la titubation cérébelleuse.—
Cette titubation esttout àfaitdifférentede l’ataxie; cependantelle peut lui être associée quand il ya une dégénérescence secondaire des lésions cérébelleuses vers laprotubérance et lesfaisceaux pyrami- daux (Brown-Sequard), Pierret.—
Mécanisme de l’équilibration (Bouillaud) :théorie de Lussana etde Gowers sur le sens muscu-laire.
—
Lecervelet n’estpasun organesensitif.Idées deM. Pierret surlaphysiologieetlesconnexions ducerve- let.
Plan de lathèse.
II
y
alongtemps
déjàque Flourens
adémontré par
ses e.xpériences sur le cervelet despigeons que
cet
organe
e.xerceune
influence spécialesur
lesmou-
vements.
«Dans
le cervelet, dit-il, résideune pro-
priétédont
rienne donnait encore
l’idéeen
pliysio-—
10—
logie, et qui consiste à
coordonner
lesmouvements voulus par
certaines partiesdu système nerveux,
excitéspar
d’autres(1). »Il a constaté, aprèsl’ablation despremières couches du
cervelet,seulement un peu de
faiblesse et demanque d’harmonie dans
lesmou- vements. Aux couches moyennes,
l’animal, touten continuant de
voir et d’entendre, est réduit à la dé-marche chancelante
etdésordonnée de
l’ivresse, etquand
l’ablation de l’organe est entière, toute posi- tion fixe et stable devient impossible : l’animal fait d’incroyables effortspour
s’arrêter àune
pareille position et il n’ypeut
parvenir.Mis sur
le dos, ilne
peut se relever; il voitnéanmoins
lecoup
qui lemenace, entend
les cris,cherche
à éviter ledanger
et tait mille efforts
pour
celasans y
parvenir;en un mot
il aconservé
lafacultéde
sentir, cellede
vouloir,de
semouvoir, mais
il aperdu
cellede
faire obéir sesmuscles
à sa volonté (2).Or,
ces résultats sont les plus constants, ce sont peut-êtreles seulsprobants qu’on
aitobtenus
depuisFlourens dans
lesnombreuses
expériences quiont
été faites sur cette portionimportante de
lamasse
encéphalique.A prendre séparément
les expériences faites sur lesanimaux
et les observationspathologiques
faitessur l’homme,
elles paraissent décisivesen
faveurde
telleou
telleopinion
;qu’on
lescompare
entre elles, elles sontle plussouvent
contradictoires.(1) Flourens. Recherches expérimentales sur les propriétés et les
‘‘onclionsdusyslême nerveux, 2' édit., 18'i2, p. 510.
(2) Longet. Traité dephysiologie, 1860.
Une
seulechose
est restéede
toutes cesrecherches, c’estque
le cervelet présente des rapports incontes- tablesavec
les fonctionsmotrices
; les troublesde
la sensibilitésontpresque
toujours absents, les fonctions intellectuellesne sont pas ordinairement
troublées.Une
autrechose
est certaine,c’estquelecerveletexerce une
action toute particulièresur
lesmouvements vo-
lontaires; ses lésions
rendent
lamarche
impossible,par
suited’une
sortede
désordre,de désharmonie
qu’elles leur
impriment.
Comment
le cerveletagit-il sur l’équilibrationgéné-
raledu corps
?Nous devons d’abord poseren
principeque
« ce rôle d’équilibrationestcomplètement
différentde
la fonc- tion régulatrice qui lui a étémomentanément
attri- buée, alorsqu’on
le regardaitcomme
l’instrumentd’une
entitépsychique
artificielle, lacoordination du mouvement
(1) ».Les animaux auxquels on
a enlevé lecerveau
et le cerveletsont encore en
état d’exécu- terpar
action réflexe tous lesmouvements coordon-
nés,lesaut
par exemple,
etJaccoud
adepuislongtemps démontré que
lamoelle
épinière,par
le seul faitdu groupement
et del’anastomose des grosses
cellules descornes
antérieures, estun organe
d’association desmouvements.
Lejcervelet a
sur
lesmouvements une
action spé- ciale, ses altérationsne déterminent pas une
ataxie véritable,mais
des modificationsspécialesdans
l’équi- libregénéral du corps
etdans l’harmonie
bilatérale desmouvements
; c’est cequ’on
appelle la titubation(1) Jaccocd. Lesparaplégiescl Valaxie du nioucement, )>. fi57.
—
12—
cérébelleuse.
Les désordres de
motilitéd’origine céré- belleuse consistentprincipalement en «une
titubationde
l'ensembledu
corps,en
des oscillations générales, qui rappellent la station et ladémarche
des individus atteints d’ivresse; enun mot, en
la substitution d’un équilibreéminemment
instable cà l’équilibre établi de l’état phj'siologique;ajoutons
à celala sensation ver- tigineuse, l’illusion rotatoire subjectiveou
objective, etnous aurons un ensemble de
caractères positifsquiappartiennent en propre aux
lésionsdu
cervelet(1). »Tels sont les
phénomènes observés dans
les cas de lésions limitéesau
cervelet.Mais
lesconnexions de
cetorgane avec
l’isthme do l’encéphale sont si inti-mes, que
ses altérations retentissent le plussouvent par
le faitde
ladégénérescence secondaire
sur leséléments du mésocéphale,
et sur les faisceaux pyra-midaux
; c’est ce fait, déjà signaléparBrown-Sequard en
1853f*2)que nous démontrerons
plus loin à l’aide d’observationsanatomo-pathologiques.
Alors,on
voitaux phénomènes de
titubation cérébelleuse s’ajouter desphénomènes
positifs d’ataxiemotrice
etmême
d’hémiplégie. Cette ataxie
motrice
est il est vrai pres-que
toujoursincomplète;
tantôt, ditJaccoud,
elle est pi'oduitepar
l’abolitiondu
sensmusculaire,
tantôt elle résultede mouvements désordonnés
et involon- taires, qui se jettent à la traversede
l’actemoteur normal
et luiimprime un
caractèrenon douteux
d’in- coordination.(1)Jaccoud. Loc. cil., p. G58.
(2) BROWN-SicQUAnn. ExperimentalRescarches applied to Physiolofjy
and Palhùloyy. Boston,j_l853.
— On
the diagaosis of Ilœmorrhage into the Gerehelliim, Lancet, 1861.—
13—
Les désordres
de motilité d’origine cérébelleusepeuvent donc
revêtirdeux formes
cliniquesdifférentes, suivantque
les faisceauxcérébro-médullaires
sontou non
intéressésdans
la lésion.Bouillaud, tout
en confirmant
les résultatsexpé- rimentaux obtenus par Flourens,
avait déjà rectifié l’interprétationque
celui-ci accordait à ses expé- riences.Pour
lui, le cervelet est « le centrenerveux
quidonne aux animaux
vertébrés la facultéde
semaintenir en
équilibre et d’exercer les divers actesde
lalocomotion
». C’estun organe
d’équilibration, c’est-à-dire destinéàmaintenir
l’action despuissances musculaires dans
ses limites rationnelles, àmesurer
l’amplitude desmouvements
etpeut-être àdéterminer
la situation des
membres dans
l’espace.En
effet,pour que
lavolonté
puisse exécuterun mouvement,
il lui fautnon seulement
laconception du but
à atteindre et l’adaptation desmouvements
à leurbut
final (coordination cérébrale), l’incitation cérébraleaux groupes
cellulaires descornes
anté- rieures qui associent le jeu des diversmuscles
icnor- dinationmédullaire de
.Jaccoud) ;mais
aussi la sensation exactede
ceque
lesmuscles
sonten
trainde
faire,pour que
l’énergiedes
contractionsmuscu-
laires
ne dépasse
pasou ne
restepas au-dessous du but
proposé.Cette
notion, ce sont les nerfsmuscu-
laires qui la fournissent et qui la font
parvenir au
cervelet, suivant la théoriede Lussana
et deGowers
;c’est,
en
d’autrestermes,
le sensmusculaire.
Dans un
récent article,Gowers
(1)admet que
des(1) Gowers. t Die function desKleinhirns », Jeurol Centralblatt avril 1890.
nerfs
musculaires
serendent dans
le lobemoyen du
cervelet,
organe
récepteur, et de làdans
les lobes latéraux,uniquement
et essentiellementmoteurs,
lesquelspar
voies centrifuges régiraient alors l’équi- libredu corps
etsasituationdans
l’espace.Les
impres- sionsque
ces nerfs conduisent, ajoute-t-il,ne sontpas ordinairement
perceptibles.Nous verrons
en effet plus tardque
plusieursfaisceaux,faisceaux deFlechsig
3t
de
Goll,quoique non
sensitifs,ont une
directionascendante
vers le cervelet, etque
la plupart des auteurstendent
à lesfaire seterminer dans
le vermis.Quant aux
rapportsdu système
sensitif avec le cervelet, si toutefois ils existent, ils apparaissent bienmoins
évidentsque ceux du système moteur. Autre-
fois, certains
auteurs
:Lapeyronie, Pourtour du
Petit, Saucerotte,
en
sefondant
surquelques obser-
vations, avaient faitdu
cerveletun
foyer de sensi- bilité; ces idéesont
étéadoptées parFoville
etDugès.
Mais
touten remarquant que
les troubles de la sen- sibilitésont extrêmement
raresdans
les lésionsdu
cervelet, les
expérimentateurs ne
lesont presque jamais rencontrés dans
l’ablation de l’organe,où cependant
lechoc
opératoire devait avoirune
cer- taine influence sur leurdéveloppement. Les impres-
sions sensitives n’ont besoin d’ailleursde
subir au-cune
modificationavant
d’arriverau cerveau;
elles sontperçues
telles quellespar
lesorganes
centraux.M.
le professeur Pierret considère le cerveletau
pointde vue
phij^iolorjuiuecomme un organe en
rapport avec
la motricité etayant une double
fonc- tion :—
15—
r Placé sur
le trajetdes
faisceauxcérébro-mé-
dullaires, il paraîtexercer une
influence spécialesur
les incitations volontaires
venant
des centrespsy-
chiques.T Comme
centreautonome,
il reçoit lesimpres-
sions
périphériques
et préside à l’équilibrationdu
corps.
Au
pointde vue anatomique,
cettemasse impor-
tantede substance encéphalique
est reliée à l’isthmede
l’encéphalepar
des tractus puissants, qui s’éche-lonnent d’une manière ininterrompue depuis
la partie inférieuredu bulbe jusqu’au
noj’aurouge de
Stillingdans
le cerveau.Distinguées en pédoncules
céré- belleux inférieur,moyen
et supérieur, cescommis-
sures s’irradient
en forme
d’éventail à partirde
leur pointd’insertiondans
le cervelet,en
n’en constituantqu’une en
réalitéau
pointde vue de
la physiologiegénérale de
l’organe; elles unissent le cervelet, sys-tème
surajouté, à desnoyaux
multipleséchelonnés
lelong du bulbe
et de laprotubérance
etaux
faisceauxpyramidaux.
Ce sont
CCSrapports
et cesconnexions de
lagrande commissure
cérébelleuseavec
les faisceauxmoteurs que nous voulons
étudierdans
cette thèse,en nous basant
sur trois ordresde
faits :1“
Sur
l’anatomienormale;
2“
Sur
l’anatomiepathologique
;3"
Sur
des faits cliniques./
CHAPITRE
IIDescription anatomique de l’isthme de Tencéphale.
Sommaire.
—
Tous les faisceaux cérébro-médullaires présentent desrelais dansl’intérieurde l’isthme del’encéphale (noyaux pyra- midaux, descordonslatéraux, des cordons de Goll et de Burdach).I.
—
Etudedel'isthmedel'encéphalesurdescoupesenséries.a)Coupeàlapartiemoyennedesolives. Débutdesnoyauxpyra- midaux.
—
Réjjion interolivaire.—
Olive, nerf hypoglosse.—
Région postéro-latéraledu bulbe.
b) Coupeà l’union du bulbe etde laprotubérance. Épanouisse- mentdes noyauxpyramidaux.
—
Adjonction des fibres cérébelleu- ses.c) Coupe au niveau delapartie supérieurede laprotubérance.
—
Pénétration réciproque dusystèmecérébelleux etdusystème pyra- midal.
II.
—
Etudedesfaisceaux bulbo-protubérantiels suivant leur lon- gueur.Faisceaux pyramidaux.
Cordons postérieurs: Huguenin, Sappey et Üuval, Flechsig, Gombaultet Debove.
—
Idées de M. PierretFaisceau cérébelleux de Flechsig.
—
Dégénération secondaire humaine et expérimentale.—
Embryogénie.—
Dernières expé- riencesdeLœwenthal.—
18—
La
questionde
la différenciation descordons mé-
dullaires paraît aujourd’hui à
peu
prèscomplètement
résolue,grâce aux
recherchesembryogéniques
etaux
lésions si bien systématiséesde
cette partiedes
centresnerveux
;mais autant
il est facile de suivre la direction de ces faisceauxdans
la moelle,autant
ildevient
complexe
dedéterminer
leur trajetdans
lecarrefour
du bulbe
et de laprotubérance. Là, en
effet, le
changement
de direction, la dissociation, l’entrecroisement des fibres sont tels, les interrup- tions et les relais sont sinombreux
qu’il est difficilede
trouver leursconnexions réciproques
et leurs aboutissantsterminaux.
Les uns semblent
continuerdirectement
leur route vers lecerveau en venant
se placer à la partie anté- rieuredu bulbe
: ce sont les faisceauxpyramidaux.
Les
autres paraissent s’arrêteren chemin
et s’épuiserdans
lasubstance
grisedu
bulbe,devenue
tout àcoup
plusabondante
: ce sont les partiesfondamentales
descordons
antérieur et latéral, et lescordons
posté- rieurs.Mais
l’observationpathologique démontre que de
cesnoyaux du
bulbe, appelésnoyaux
descordons deGolletde Burdach, noyaux du cordon
latéral,partent d’autres faisceaux qui entrenten connexion
soitavecle cerveau, soitavec
lecervelet.L’observation
patholo-gique démontre même, etM.
leprofesseur Pierreten
a fait lapreuve dans
l’étudedu
tabesmoteur, que
les faisceauxpyramidaux ne
sontpas
sicontinus
àeux-
mêmes que semblent
l’indiquer l’étude desdégéné-
rescences secondaires consécutives àune hémorrha-
gie
ou
àun ramollissement
cérébral;on
voit souvent,—
19—
dit-il,
dans une
sclérose corticaledu
cerveau, l’atro- ])hie consécutivedu
faisceaupyramidal moteur
s’ar- rêterbrusquement au niveau
desnoyaux
protubéraii-tiels
pour recommencer
plus bas, vers la partie infé- rieurede
laprotubérance, sans qu’on
aitpu encore découvrir
le lieu etla voie qui doivent réunir cesdeux
processus. C’est qu’il existedans
l’intérieurdu bulbe
et
de
laprotubérance de nombreux noyaux
desubs-
tance griseoù
se réfléchissent les faisceaux posté- rieurs aussi bienque
les faisceauxpyramidaux.
Pour
biencomprendre
cedispositif, il fautd’abord
l’étudier sur descoupes en
séries, puis ensuitedéterminer
le trajetde
ces fibres suivant leur lon-gueur.
I.
— Coupes en
séries.1"
Coupe
transversaledu
bulbeau niveau de
larégion moyenne
des olives.—
Cettecoupe
affecteune forme
caractéristiquedont
lecontour
offrede chaque
côfé trois arcsde
cercle quireprésentent en
allant d’avanten
arrière : lapyramide
antérieure, l’olive et lecorps
restiforme (fig. 2).La
figure est diviséeen deux
moitiéssymétriques par
le raphé,formé de
fibres entrecroisées établissantnon seulement une commissure
entre lesnoyaux
et cellules situées dechaque
côté de lacoupe, mais encore une
décussation entre les faisceauxnerveux de
toute espèce.Les pyramides
antérieures {py) constituéespar
les faisceauxpyramidaux
directet croisé setrouvent
à la—
20—
partie antérieure. lüllcs sont limitées
en avant par un amas de
cellules et denoyaux
quiont
laforme d’un
croissant et qui constituent l’origine desnombreux
et
gros noyaux
protubérantielsque nous
étudierons plus loin {np) ; à leurpartie externe se voienten
outredes
fibresnerveuses
transversales,entremêlées
de cellules, et quiforment avec
cesnoyaux une
bor-dure complète aux pyramides,
c’est lestratum
zonald'Arnold.
En
arrière des faisceauxpyramidaux
apparaîtun long
triangle,dont
la pointe atteintpresque
lequa-trième
ventricule.Sa
partie antérieure, région inter- olivaire, revêtune
signification différente suivant les auteurs; sa partie postérieure constitue cequ’on
appelle le chai/ipde
laformation
réticulaire.C’est surtout
sur
lanature
des faisceaux de cetterégion
postpyramidale
qu’onteu
lieu les plus vives discussions.Sappey
etDuval admettent que
larégion
antérieuredu
triangle,c’est-à-dire celle qui est situéedes deux
côtésdu rapbé
entre les olives, estformée par
l’entrecroisement descordons
postérieurs qui se faitau-dessus de
celui descordons pyramidaux;
ilsl’appellent
pour
cela portion sensitive despyra- mides
(1).Roller
pense,au
contraire, qu’elle estmotrice
et constituéepar
la partiefondamen-
tale des
cordons
antérieurs(grunbündel
desVorder-
strangs) quicorrespond, pour
sa partie antérieureseulement,
à la portion sensitive deSappey
etDuval,
tandisque
sa partie postérieure située à la pointe(1) Sappey et Duval. (Joniptesrendus .Icad. des sciences, 19 jan- vier 1S76.
—
-2i-
du
triangle,forme
les faisceauxlongitudinaux
posté- rieurs (hintereLangsbündel). Ces deux
partiessont séparées au niveau du
tierssupérieur de
l’olivepar
un amas de substance
grise,nucléus
centralis (l).Flechsig
décrit cechamp
situéentre les [)yramides, les olives, les racines et lesnoyaux du
nerf h3’po- glossesous
lenom
dechamp
antérieurde
lamoelle
allongée, ety
établit les subdivisions suivantes: ajles faisceauxlongitudinaux
postérieurs qui représentent lacontinuation
de la partiefondamentale des
cor-dons
antérieurs et siègent tout à fait à lapointe du
triangle; h) la partie antérieurede
laformation
réti- culaire qui contientquelques
fibresdu cordon
anté- rieur, etprobablement
des fibresprovenant des cou-
ches optiques ; c) lacouche
interolivaire qui corres-pond
à laportion
sensitive despyramides de Sappey
et
Du
val.Sur
le cûté, se trouve Voiiüe inférieure {ol)noyau de substance
grise àcontours
plissés,ayant
laforme d’une bourse dont
le hileregarde en
bas,en
arrière eten dedans. Sa
cavité estoccupée par
l’épanouisse-ment du
faisceau olivaire {fl), sa périphériepar
d’au- tres fibresémergentes
appelées toison. 'A
la partie antérieure, setrouve un noyau
analo- gue, la parolive antérieure, à la partie postérieure,la parolive postérieure.Près de
l’olive, se voientencore
les fibres
du nerf
hypoglosse.En
arrièrede
l’olive,dans
larégion postéro-
latéraledu
bulbe, apparaîtun champ complexe formé
(1) Roller. Arch.f. mier. Anat. Bd 19, 1881.
B.
par
leséléments
épars de la moelle,que
l’enlrecroi-ment
despyramides
et descordons
postérieursont complètement
bouleversée. C’estd’abord
laformation
réticulée latérale, continuationdu
tractusintermédio- latéralis etdelaformation
réticuléemédullaire,cons-
tituéepar un mélange de
fibres et de cellulesner-
veuses, etoù
aboutitprobablement
le faisceau laté- ralprofond;
puis les colonnes sensitive etmotrice
antérieures,prolongement
des têtes descornes
anté- rieureset postérieuresdelà moelle;
enfin, les colon- nesmotrice
et sensitive -postérieuresapparentes sur
leplancher du quatrième
ventricule.Le corps
restifor-me
et le faisceau cerébelleux directforment
lacorne
postéro-latéraledu
bulbe.Le
corps restiforme s’épanouitdans
le bulbe, tra- versant tous cesnoyaux
et se diviseen deux grands groupes:
lesTibresarciformes
internes, quivontpren-
partau
"rubairùle Reil _et s'entrecroisentau raphé
; et lesRibresarciformes
externes quicontournent
lespyramides
/antérieures et affectent desconnexions avec
lesnoyaux
situésà la partie antérieuredu
bulbe.11 faut
encore noter
/sur cettecoupe
pratiquée à la partie supérieuredu
bulbe, laprésence
dedeux amas de substance
grise situés à la partie postéro- latéraledu corps
restiforme, qui représentent lesnoyaux du
faisceau grêle etdu
faisceaucunéiforme, dans
lesquels seterminent
les fibres descordons
postérieursde
la moelle.A quelque
distanceau-
dessus,du
côté externedu
bulbe, sont situés lesnoyaux
descordons
latérauxen
rapport, suivant Beclitei'ew,avec
les fibresdu
faisceau périphérique—
23-
inclus
dans
lapartie antérieure descordons
latéraux-de
la moelle.On
voitdonc
déjà à ceniveau que
lasubstance
grisede
lamoelle
estcomplètement
modifiéedans
saforme
et sa disposition, qu’elle estfragmentée en noyaux beaucoup mieux
isolés,mais groupés sans
aucun ordre
apparent.2“
Coupe
pratiquée à l'uniondu
bulbe et de la pro-tubérance
(partie supérieure des olives) (lig. 3).— La
disposition des fibres et des
noyaux
est déjàcomplè- tement changée;
cequ’on remarque surtout
c’est la présence, àlapartieantérieure despyramides, de
petitsamas
desubstance
grisedisséminés au
milieude
fibresnerveuses
transversales, eten connexion avec
ellescomme nous
ledémontrerons
; c’est la
continuation
desnoyaux
protubérantiels déjàrencontrés
à la partiemoyenne du
bulbe,seulement
intriqués icidans de nombreuses
fibres cérébelleuses (pc). Faitremarqua-
ble, les cellules qui les
composent présentent
tous les caractèresdes
cellulesmotrices que
l’ontrouve
à la surface etdans
l’épaisseur des faisceaux p^u’ami- daux.D’abord
isolés etde peu d’importance,
cesamas
cellulairesdeviennent de
plusen
plus considé- rables àmesure qu’on
s’élèvedans
laprotubérance;
alors
non seulement on en
voit à la partie antérieuredu pédoncule
cérébelleuxmoyen, mais encore dans
les faisceaux
pyramidaux
etdans
larégion
post pyra- midale, ilssont disséminés au
milieu des fibres verti- cales et transversalesunissant
celles-ci à celles-là,comme
ledémontre
lapathologie humaine. Souvent,
en
effet,en même temps que
ladégénérescence
des libres cérébelleuses,on note une
altération des fais-ceaux pyramidaux
etréciproquement.
Est-ce simple-ment par
effet de contiguïté,ou
bien cesdeux
ordresde
fibres sont-ilsen connexion par
l’intermédiaire de ces cellulesnerveuses
auxquelles ils aboutissent tous deux, c’est ce qu’il est difficilede déterminer par
l’observation directe.Toujours
est-ilque motrices
toutesdeux
et toutesdeux
demême volume,
ces cel- lules sont associéesdans
lesdégénérations
patholo- giques.Nous devons encore admettre comme ayant
la
même
significationmorphologique
et lesmêmes
rapports tous ces
noyaux
protubérantielsqu’on
a décritssous
lesnoms
d’olive supérieure, decorps
trapézoïde, denoyau
central de Roller, etc.;on peut
même comprendre dans
cegroupe
les olives infé- rieureshabituellement dégénérées dans
les lésions cérébelleuses.Du
côté des fibres, les rapports despédoncules
cérébelleux et despyramides ne
sontpas moins
netsque pour
lesnoyaux. On
voit trèsnettement
sur la ligure 3une
série deprolongements détachés
despédoncules
cérébelleux pénétrerdans
l’intérieurdu cbamp pyramidal,
qui setrouve
partiellement cloi-sonné par
ces fibres transversales.On
voitmême un
faisceau de fibres antéro-postérieures allant
de
la partie postérieure de laprotubérance aux
fibres transverses antérieures,en
traversant lapyramide
droite (fLa) : il paraît
indépendant du noyau
sensitifdu trijumeau
{nt) quidonne
naissance à la racine sen- sitive allantémerger sur
la partie externede
la pro-tubérance
[rt).—
25—
3®
Coupe au niveau de
la partiesupérieure de
laprotubérance
(fig. 4).— La
pénétration des fibres cérébelleuses à travers les faisceauxpyramidaux
apparaîtbeaucoup
plus évidentesur
cettecoupe, où
fibres verticales et transversales s’intriquent et s’en- trecroisent
de
diverses façons;où noyaux
et cellules se dispersent et s’éparpillentde manière
àne
plus constituerqu’un
vaste carrefour,dans
lequel la direc- tion et laterminaison
des fibresne peuvent
être dé-mêlées par
l’anatomienormale. La
dispersiondes
cellulesnerveuses par
lapénétration réciproque
et l’intracition des faisceauxnerveux commencée au niveau du bulbe
se poursuit et s’accentue àmesure qu’on s’approche
desorganes
centraux.Où
sont les faisceauxmoteurs, où sont
lesfaisceaux sensitifs, quelest leur trajet précis à ce niveau, quels sont leurs
connexions
et leursrapports?
Il n’est nulle part plusdifficile
de
ledéterminer.
Quant
ànous, nous ne voyons dans
cetagence- ment
diffusdes
fibres et des cellulesque
la continua- tiondu processus
deconnexion
cérébelleuse, qui acommencé
à la partie supérieuredu bulbe par
l’ad- jonction despédoncules
cérébelleux etde
cette for-mation
grise antérieure qui lesmet en
relationavec
les faisceaux
du système pyramidal
: c’estun nouveau système
qui s’édifie à ceniveau
et quimet en
relation lamasse importante du
cerveletavec
les puissantsconducteurs émanés du système
cérébral.Pour
ce quiregarde
lesystème
sensitifrelégué
—
26—
presque
à lapartie postérieurede
laprotubérance, on peut
clouter de ses conrtexionsavec
lesystème
céré- belleux;rarement
ses fibresont
été intéresséesdans
les lésions de ce dernier, et les
phénomènes
sensitifssont complètement
absents de lasymptomatologie
cérébelleuse. Il estprobable
qu’ilcontinue
directe-ment son
trajet vers lecerveau pour
allerformer
le faisceau sensitifde Meynert. Ses
fibres, il est vrai, sont dissociéespar
denombreuses
fibresvenant du
cervelet et se
rendant directement
à la partie anté- rieure de laprotubérance; mais
elles n’ont probable-ment que
des rapportsde
contiguïtéavecces dernières.II.
— Trajet des faisceaux bulbo-protubérantiels étudiés suivant leur longueur.
Nous venons
d’étudier sur descoupes en
séries le dispositif desnoyaux
et des faisceauxnerveux
à telleou
tellehauteur du bulbe ou
de laprotubérance.
D'après
cesdonnées nous pouvons
les suivre faisceaupar
faisceau, suivant leurlongueur,
depuis lamoelle jusqu’aux pédoncules
cérébraux.A. — Faisceaux pyhamidaux.
Le
trajet des faisceauxpyramidaux
est de tous celui qui est lemieux connu
; il peut être suivipathologiquement
depuis l’écorce cérébrale jusqu’à la partie inférieure de la moelle.Dans
la protubé- rance, ces faisceauxoccupent
tout l’étage inférieur, etnous avons
vucomment
ils sont dissociéspar
lesfibres cérébelleuses.
Néammoins,
ilsont un
trajet assez défini et assezcontinu
àlui-même, pour que dans
la plupartdes dégénérescences
secondaireson
puisse les suivredistinctement
à travers l’isthmede
l’encéphale. Ilsne changent de
directionqu’au niveau du
bulbe, à ladécussation
despyramides.
B. CORUÛXS POSTÉRIEURS.
1” Trajet général
du système
centripète.— Hugue-
nin(1) distingue
dans
lebulbe
troisentrecroisements:
l’inférieur
moteur
(cordons latéranv), lemoyen
et lesupérieur
sensitifs.Ces deux
derniers sontformés par
des fibres quiproviennent des cordons
posté- rieurs et quivont
se placer à la partie externe despyramides
déjà entrecroisées.Sappey
etDuval
(2)admettent que lorsque
l’en-trecroisement
descordons
latéraux est terminé, lescordons
postérieurs s’entrecroisent à leurtour
etviennent
se placer derrière eux, c’est-à-dire derrière lespyramides
(portion sensitive) puis ils traversent laprotubérance
etpassent dans
l’étage supérieurdu pédoncule
cérébralpour
aller seperdre dans
lescouches
optiques.Mais,
d’après Flecbsig, cetteportion sensitive n’est pasen
continuation directe(non interrompue) avec
les fibres
du cordon
postérieur; elle tireraitson
ori- ginedes noyaux
descordons de
Goll (et des olives)et(1)Hügue.ms. Anatomiedes centres nerveux.
(2) Sappey et Duval. Comptes rendus .iead. des srienres, 19janvier 1876,
—
28—
se mettrait en
rapport avec
les tubercules quadriju-meaux.
A
l’instarde Sappey
etDuval,
d’autres anato- mistesadmettent que
léscordons
postérieurspren- nent
part à laformation
despyramides,
tels sont Deiters, Clarke, Kolliker,Henle, Meynert,
etc.Pour Meynert,
lescordons
postérieurs s’entrecroi- sentau niveau
de l’entrecroisementsupérieur
despyramides,
après quoi ilsviennent
se placer à leur partie externe.De
la partie externe despyramides,
ces librespassent
à la partie externedu
pieddu
pé-doncule
cérébral etvont
à l’écorce des lobes occipi- taux (faisceau sensitifde Meynert).
Mais,
tandisque pour
tous ces auteurs, ily
asim[)le
accolement
de la portion sensitive à la portion motrice,pour Gombault
etDebove
(1) ily
aurait fusion descordons
postérieurs et despyramides. Ces
idéesreposent
sur l’analyseanatomique
d’un cas de sclérose latéraleamyotrophique.
«A
la partie posté-rieure de l’entrecroisement, disent ces auteurs,
on
voit les libres sensitives se diviser en petites
bande-
lettes et pénétrer
au
milieu des fibresmotrices
despyramides dans
leur partie postérieure et externe, puis serecourber
etmarcher
parallèlement à ces dernières,confondues avec
elles. »Ces
rapports s’af-lirment
de
plusen
plus àmesure qu’on va
plus haut, et la plus"grande
partie des libres sensitives, après s’ôtre entrecroisées, semélangent intimement avec
les libres
motrices
despyramides.
(1) Gomiîault etDeijüve. Note sur VmIrecroisernenIsensitifdubulbe, Arch. deneural, 1880-81.
—
29—
2“ Trajet et
connexion de chaque cordon
postérieuren
particulier,— Meynert admet que chaque cordon
postérieur seconstitueaux dépens du corps
restiformedu
côtéopposé de
lafaçon
suivante : descorps
resti-formes
sedétache un système de
fibres arquées, fibres arciformes,dont
les 'plus externes font partiedu stratum
zonald’Arnold
et les plusprofondes
tra- versent l’olivedu même
côtésans
s’yterminer.Toutes
ces fibres
passent par
leraphé médian
et semettent en rapport avec
l’olivedu
côtéopposé
; ellesémer- gent
ensuitede
cette dernièreen
faisant partie des fibresarciformes profondes
et serendent au cordon
postérieurcorrespondant. Comme preuve de
cesfaits,Meynert invoque
les faits d’atrophie unilatéraledu
cerveletdans
lesquels ily
a atrophiedu corps
resti-forme correspondant
etde
l’olivedu
côtéopposé
(1).Flechsig montre que
les fibresdes cordons
posté- rieurs seterminent dans
lesnoyaux
situésà la partie inférieuredu
bulbe,noyaux
descordons de Goll
etde Burdach,
puisde
cesnoyaux émanent une
sériede
tractus :1°
Le noyau de Burdach envoie des
fibres à l’olive inférieure et d’autres qui la traversentpour
se ren- dredans
leruban de
Reil.2^
Le noyau de
Golldonne un
faisceau- qui cotoie l’entrecroisement inférieur des pj-ramides etgagne
le
ruban de
Reil ; ilenvoie
aussiun
faisceauaux
fibres
émanées du noyau de Burdach.
(I) Meynert. SfncJier.<! Ilanhuch,
Bd
"XII, S. 7GS.-
30-
Des
olives, partent d’antres tractus puissants qui se placenten dehors
d’elles etvont au
cerveau,de
tellesorte
que
cesorganes,
suivant Flechsig, repré- senteraient des relais intercalésnon
entre lescordons
postérieurs et le cervelet (opinionde Meynert), mais
entre le cervelet et lecerveau
(1).Ce
faisceaud’union
des olivesavec
le cerveau, appelécordon
central de la calottepar Bechterew par
suitede
sa position, estcomplètement
disparu, d’après Flechsig,dans
les atrophiesdu
cervelet, ainsique
lesgrosses
olivesson
aboutissant inférieur, et lesnoyaux
lenticulairesson
aboutissant supérieur.M.
leprofesseur Pierretétablitune
différenceessen-tielle entre le faisceau
de Burdach,
sensitif, et le faisceau de Goll,moteur. Ce
dernier, après avoirdépassé son noyau
bulbaire, se dirigeen avant
vers lesnoyaux
protubérantiels, puis après s’êtremis en rapport avec
eux, se réfléchit vers le cervelet.Quant au
faisceau deBurdach,
il n’aaucune connexion
avec cetorgane
essentiellementmoteur,
etcontinue directement son
trajet vers le cerveau.Ces propo-
sitions serontdémontrées
plus loin..3°
Faisceau
cérébelleux de Flechsig(Aufsteigende Seintenstrangbahn de Turck,
directe Kleinhirnsei-tenstrangbahn
de Flechsig).— Le parcours du
fais-ceau
cérébelleux a été étudiépar
plusieursméthodes.
Par
laméthode
de dégénération secondaire chezl'homme, Turck
avaitreconnu que
le faisceau cen- tripètedu cordon
latéral, arrivédans
le bulbe, se(t)Fi.EOHSiG. Neurolo(j. Oeitlrnlhl., 1885.
—
31—
dirige
de
plusen
plusen
arrière etpasse dans
lecorps
restiforme (1).Une
fois, il l’avait suivijusqu’à son
insertiondans
le cervelet.Plus
tard,Westphal, dans un
casde compression de
lamoelle
dorsalepar une tumeur,
aobservé
descorps granuleux
sur le trajetdu corps
restiforme; ilest vrai qu’il
y
avaità
cotéde
ladégénérescence
se-condaire proprement
dite des foyers dedégénéra-
tiondisséminés
(2).L'étude
expérimentale de
ladégénération secondaire
chez lesanimaux
(adultes) pratiquéepar
Schieffer- decker,par Singer,
n’a faitque confirmer
les résul- tatsobtenus par Turck;
cesauteurs
n’ont faitque
suivreladégénérescence de
ce faisceaudans
lecorps
restiforme.Sur
desfœtus humains, Flechsig
a précisé les faits établispar
lesétudes précédentes;
il a fixé satopo-graphie dans
lebulbe
et lamoelle
et adéterminé
la part qu’ilprend dans
la constitutiondu corps
resti-forme. Quant
à saterminaison
finale, iladmet que
les fibres de ce faisceau se dirigent
en dedans
vers levermis supérieur
(3).V. Monakow
avu
l’écorce grisedu vermis supé-
rieurdu même
côté subirune
atrophie partielle con-sécutivement
à la destructiondu
faisceau cérébelleux.Dans une
expérienced’hémisection presque complète
(1) Turck. Sitzungsb. d. Wiener Akademie,
Bd
VI, 1851; BdXI
1853.
(2) Westphal.Arch.f. Psych. Bd X,p.788.
(3)Flechsig. Die Leitungs bahnen im Gehirn und Ruckenmark des
Memchen, p. 327.
—
3-2—
de
lamoelle
épinière,immédiatement au-dessous de
l’entrecroisement despyramides,
faite surun
lapinnouveau-né,
il aencore
constatéqu’une
petite portiondu cordon
latéral secontinue directement jusque dans
larégion du pont
de Varole. L’atrophie ascen-dante de
ce faisceau, qui est assezcompact
chez le lapin et situé entre l’extrémité ventrale de la racineascendante du trijumeau
et lenoyau
latéral, apu
êtresuivie
jusqu’au niveau de
l’origineapparente de
lacinquième
paire.Monakow suppose
qu’il secontinue dans
la partie latéraledu
faisceau de Reil; il appelle ce faisceau : «aberrirende Seitenstransbündel
» (1).Nous
arrivonsaux
dernièresrecherches expérimen-
talesde Lœwenthal
sur des chiens (2).L’un
d’eux (chien I), a subiune
lésionmédullaire
entre lesdeuxième
et troisième paires cervicales; il a ététuédouze semaines
après l’opération.Le
chien II a étéopéré
entre lescinquième
et sixième paires cer- vicales (sectiondu cordon
latéral gauche)..Sur
ce dernieril a constatéque
le faisceau qui suit le trajetdu corps
restiformene
contientpas
toutes les fibresque
le faisceau cérébelleux envoie vers le cervelet;une
partie,notamment
sa portion ventrale, suitun
trajetascendant contourné
tout à faitdifférentde
celui de sa portion dorsale.En
effet, cette portion dorsale suit le trajetdu corps
restiforme vers le cer- velet;on peut
suivre ses fibresdégénérées jusque dans
la partiemoyenne
internede
lacoupe du
corps restiforme, làoù
celui-ci est entrédans
lasubstance
(1) Monakow. Arch. f. Psijch.,Bd XIV, S. 8 und 10.
(2) Lœwenthal. Revue delà Suisseromande, 1885.
—
.33—
médullaire du
cervelet, et ily
a lieude supposer que
le faisceau se
termine dans
levermis
supérieur.Les
fibres de la portion ventrale,au
contraire, après avoir traversé larégion
latéraledu
pont,retournent dans
la directionrétrograde pour gagner
le
noyau médullaire du
cervelet,en
décrivantautour du pédoncule
cérébelleuxsupérieur un demi-tour de
spire allongé, eten venant
se placersuccessivement
àson
côté externe, dorsal(supérieur) etdorso
-interne;c’est cette position qu’elles
occupent au moment où
le
pédoncule
cérébelleuxsupérieur gagne
lasubstance
blanche du
cervelet.Leur
trajet ultérieurdans
le cervelet n’apu
être élucidé.7‘:Z^P
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CHAPITRE
IIIDémonstration anatomo-pathologique
etexpéri- mentale des connexions cérébelleuses.
Sommaire.
—
Cettedémonstration sera basée surlesdégénérescences secondaires qui surviennent à lasuitede lésions ducervelet: des- criptiond’un cas d’atrophie du cervelet.a) Connexion desolives bulbaires. Atrophie du faisceau olivaire
—
Lésion devoisinage du noyauet des fibres del’hypoglosse.b) Connexions Sclérosedupédonculecérébelleux
moyen etduraphé, envahissement des faisceaux pyramidaux par la sidérose.
—
Observations de Mingazzinisurunfait expérimental;Veyas,Bechterew.
c) Connexionsdufaisceau cérébelleux de Flechsiy.Dégénéve^'Cences ascendantes (compression de lamoelle, ataxie héréditaire).
—
Ses origines dans lacolonne de Clarke. Pierret.—
Son trajet dans la moelle.—
Trajetbulbaireetprotubérantiel,expérience deLœwen-
thal.
d) Connexions des cordons de Goll. Leur physiologie en rapport avec celle ducervelet
—
Expériences deMonâko\v, Edinger,Lœ-
wenthal, Veyas.
ej Connexionsdesfaisceaux de Burdach. Ellesnesont pas démon-
trées.
—
Expériences de Monakow, Veyas.fl Connexions cérébrales. Atrophie secondaire et croisée d’un hémisphère cérébral,àlasuitede lalésion d’un lobe cérébelleux, Turner(1855).
—
36Nous venons de résumer
lesopinions
des auteursau
sujet desconnexions du
cerveletetde
ses rapportsavec
l’isthmede
l’encéphale.Nous avons exposé
notremanière de
les envisager. C’est lemoment
d’appuyer
cesproposition sur des faits pathologiques.« .J’ai réuni de
mon
côté, disaitBrown-Sequard,
environ 750
observations d’affections diversesdu
cer- velet, et leur lecturem’a prouvé que
la pathologiehumaine
étaitde beaucoup
supérieure à l’expérimen- tationpour résoudre
leproblème
de la physiologie cérébelleuse. » C’esteu
effetdans
le résultat des autopsies etdans l’examen microscopique
des piècesque nous puiserons nos principaux arguments,
sans rejetercomplètement
les faitsexpérimentaux
bienobservés
quiont
la valeurde
véritables cas patholo- giques.Nous avons
choisi de préférence lesobserva-
tions les plussimples
de lésions cérébelleuses, tellesque
la sclérose etl’hémorrhagie, en ayant
soin d’éli-miner complètement
lestumeurs ayant pu comprimer
le
bulbe
et laprotubérance
; etdans
tous les casdont nous
tirons des déductions, le cervelet, la pro- tubérance, lebulbe
et lamoelle ont
étéexaminés au
point devue microscopique.
Les planches
situées à la fin de cette thèsenous
serviront de type de description, elles représententdes préparations
deM.
le professeur Pierret et pro-viennent
d’un cas de sclérosedu
cervelet publiépar
lui
en 1872 dans
lesArchives
de physiologie (l).(1) Pierret. « Note sur uncas d’atrophiepériphérique ducervelet avec lésion concomitante des olives bulbaires »,Arch. dephys., 1872, p. 765.