service intermodalité aménagement logement
méthodes exploratoires pour définir des bassins de déplacement à partir des données de l’enquête déplacement grand territoire de Loire-Atlantique
n° 220
Août 2018
l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) Pays de la Loire.
Auteur : Mathieu BOSSARD (CEREMA Ouest, département Mobilités et infrastructure – groupe Mobilités)
Table des matières
Introduction…….………...4
Présentation de l’EDGT 44………...………..6
1 - Des zones autonomes et attractives...9
1.1 - Préalable de l'étude : définition de l'autonomie et de l'attraction à partir des données de l'enquête...9
1.2 - Niveaux d’autonomie et attractions observés...11
2 - L'effet du travail et des études...12
2.1 - Choix méthodologique pour isoler l'influence du travail et des études...12
2.2 - Résultat hors travail/études / hors boucles les incluant...12
3 - Observation des autonomies et dépendances des EPCI du territoire...14
4 - Méthodologie de construction de bassins...17
4.1 - Méthode via un seuil de dépendance entre deux zones...17
4.2 - Autre méthode : via un seuil d'autonomie (ou de dépendance globale) des zones...17
4.3 - Processus itératif...17
5 - Résultats observés par méthode et seuil...18
5.1 - Méthode via seuil de dépendance à 25 % vers une zone...18
5.2 - Méthode via seuil de dépendance à 20 % vers une zone...21
5.3 - Méthode via seuil de dépendance à 15 % vers une zone...22
5.4 - Méthode via seuil d'autonomie à 80 %...23
5.5 - Méthode via seuil d'autonomie à 60 %...24
6 - Comparaison avec les limites des EPCI et des bassins de vie et conclusion méthodologique. 25 6.1 - Superposition avec les limites des EPCI...25
6.2 - Superposition avec les limites des bassins de vie...26
6.3 - Conclusions sur la méthodologie...29
Introduction
La récente enquête déplacements grand territoire de Loire-Atlantique (EDGT 44) constitue une source de données riche sur les activités quotidiennes des résidents du département. Elle permet en effet d’obtenir une estimation des déplacements qu’ils effectuent au quotidien pour toutes leurs activités.
Grâce à l'analyse de ces données, il est possible de déterminer les lieux privilégiés où les résidents réalisent leurs activités et d'en déduire le degré d'autonomie ou, a contrario, de dépendance des territoires vis-à-vis d’un pôle spécifique ou d’autres territoires du département.
La DREAL Pays de la Loire a souhaité aller plus loin et observer des « bassins de déplacements » en agrégeant les zones significativement liées entre elles. Les nouveaux découpages créés ne comportent alors, par définition, plus aucune partie significativement dépendante d’une autre : on a soit des zones à forte autonomie, soit des zones dont la dépendance se partage envers plusieurs territoires, sans lien significativement fort avec un seul d'entre eux (zones multi-polarisées avec une dépendance « éclatée »).
La présente étude, de caractère exploratoire, vise à calibrer ce type d’exploitation de l’enquête déplacements, pour déterminer les différentes approches sur la dépendance et l'autonomie des territoires et évaluer quelles en sont les limites. Il s’agit donc à la fois de tester des méthodes, de produire des résultats et d’évaluer les limites de l’outil pour appréhender la réalité des territoires.
Présentation de l’EDGT 44
Entre septembre 2014 et mars 2015, une enquête déplacements de grande envergure a été réalisée auprès d'un échantillon de résidents de Loire-Atlantique et de quelques communes du Morbihan et du Maine-et-Loire, soit 230 communes concernées.
L’EDGT 44 a été menée conjointement par CAP Atlantique, la CARENE Saint-Nazaire Agglomération, le Département de Loire-Atlantique et Nantes Métropole, avec le soutien technique et financier de l’État, du Cerema et de l’ADEME. Les partenaires ont été accompagnés techniquement par les agences d’urbanisme de Nantes (AURAN) et Saint-Nazaire (ADDRN).
L'enquête a été réalisée selon une méthodologie nationale dite "standard", définie par le Cerema. Elle permet de comparer les pratiques de déplacements des habitants dans le temps, entre deux enquêtes réalisées sur un même territoire, et dans l'espace, avec d'autres territoires ayant le même type d'enquête.
Ce type d’enquête standard, basée sur une méthode de sondage, consiste à constituer un échantillon représentatif de la population étudiée afin de pouvoir ensuite extrapoler les résultats à la population totale de l'aire d'enquête. Pour garantir la fiabilité des analyses, le périmètre d’enquête est découpé en secteurs de tirage homogènes dans lesquels un nombre minimum de ménages et de personnes (âgées de 5 ans et plus) est interrogé (70 ménages et 160 personnes en face-à-face, et 160 personnes par téléphone). 123 secteurs de tirage composent le territoire de l’EDGT 44 dont 53 sur Nantes Métropole.
Au total, ce sont ainsi 20 800 résidents (dont 8 800 sur Nantes Métropole), sélectionnés aléatoirement, qui ont été interrogés dans le cadre de l'EDGT 44, soit en face-à-face (milieu urbain), soit par téléphone (zones péri-urbaines et rurales). Chacun d'eux a été interrogé sur quelques caractéristiques de son
Illustration 1: Zonage d’enquête (source AURAN)
ménage et a décrit l'ensemble de ses déplacements de la veille (hors week-end et jours fériés), en détaillant le motif de son déplacement et le mode de transport utilisé.
Ainsi, l'EDGT 44 nous apprend que plus de 5 millions de déplacements sont réalisés quotidiennement sur le territoire de Loire-Atlantique, soit en moyenne près de 4 déplacements par jour et par personne.
97% de ces déplacements sont internes au département et plus de 80% d'entre eux internes à l'échelle des agglomérations. Enfin, pour plus de la moitié d'entre eux, l'origine et/ou la destination est l’agglomération nantaise.
Illustration 3: Un résultat de l’EDGT (source Département 44) Illustration 2: Territoire d’enquête (source AURAN)
Partie 1
Autonomies et dépendances pouvant être mises en exergue
par l'enquête ménage
1 - Des zones autonomes et attractives
1.1 - Préalable de l'étude : définition de l'autonomie et de l'attraction à partir des données de l'enquête
En premier lieu, nous cherchons à observer les niveaux d'autonomie sur le territoire. Nous les définissons comme les parts des déplacements réalisés par les résidents des zones considérées (hors retours au domicile) à destination de ces mêmes zones de résidence (i.e. la part des activités effectuées par les résidents dans leur zone de résidence).
Les déplacements "retour au domicile", nécessairement à destination de la zone de résidence, ne sont ici pas pris en compte. En effet, compter le retour au domicile reviendrait à ne donner qu'un demi-poids1 à chacune des autres activités et à avoir pour chacune d'elles de base un demi-poids dans la zone de résidence (le retour au domicile). En conséquence, le poids de ce qui est réalisé à l'extérieur de la zone (au maximum 0,5) serait minimisé par rapport au poids de l'interne (au minimum 0,5).
Ensuite, on peut observer les zones principales d'attraction. Pour cela, nous les définissons comme les lieux de destination (extérieurs à la zone considérée) d'une partie significative des déplacements des résidents d'une zone (hors retours au domicile pour mieux observer les lieux d'activité). Nous considérons ici un seuil de 10 % minimum (seuil qui nous paraît pertinent au regard des chiffres, sans qu'il ne soit basé sur aucun calcul), correspondant à la part minimale d'activités devant être réalisées dans une zone extérieure pour que celle-ci soit considérée comme significativement attractive de la zone de résidence considérée.
Concernant le zonage de départ, si pour des raisons statistiques nous devons nous baser au minimum sur le zonage des secteurs de tirage de l'EDGT 44, il est utile de procéder initialement à certaines agrégations logiques. En effet, un certain nombre de secteurs de tirage découpent des communes, notamment Nantes ou St Nazaire. Garder de tels découpages mettrait en jeu des corrélations, d’un quartier de Nantes à un autre par exemple, auxquelles nous ne nous intéressons pas, et pourrait empêcher de montrer dans un premier temps les attractions vers le pôle nantais dans sa globalité.
D'après l’enquête on peut estimer qu’en moyenne 54 % des déplacements hors retour domicile des résidents d’une commune trouvent une destination à l’intérieur de la commune, un chiffre qui passe à 77 % pour Nantes et 72 % pour St Nazaire.
Dans le cas de Nantes, des arbitrages ont du être menés pour reconstituer un zonage cohérent entre Nantes et sa périphérie. En l'occurrence, lorsqu'une partie de Nantes extérieure à la rocade et une partie de commune limitrophe appartiennent au même secteur de tirage, nous jugeons plus opportun de laisser ce secteur « hors Nantes » et de le regrouper plutôt avec le secteur complémentaire de la commune limitrophe.
Au final, l’agrégation initiale a tout de même ici ses limites, et il n’est pas possible d’aller trop loin pour éviter d’avoir un zonage trop agrégé qui serait donc inutile.
Enfin, en ce qui concerne les zones extérieures aux secteurs de tirage de l’enquête, nous conservons un découpage départemental à l’exception de Redon qui est isolé. En effet, en dehors d’une attraction significative de Redon vis à vis d’une zone de l’enquête, aucun des départements limitrophes ne constitue une attraction significative pour les parties du territoire enquêté.
1De façon approximative car en réalité tout déplacement vers une activité ne donne pas lieu à un retour directement au domicile, puisque les individus réalisent également des chaînes d'activités en bouclant leurs déplacements entre le départ du domicile et le retour.
La carte ci-après montre le zonage utilisé dans le cadre de la présente étude. Les numéros des zones de tirage de l’EDGT 44 ont été conservés : lorsque plusieurs zones ont été regroupées, la nouvelle zone créée porte le numéro de l’une d’elles.
Carte 1 : Cartographie du zonage de l'étude
1.2 - Niveaux d’autonomie et attractions observés
La carte ci-après représente les résultats observés en termes de niveaux d'autonomie et d'attractions (une couleur par pôle) pour le zonage présenté. Seuls les flux sortants supérieurs à 10 % de l'ensemble des déplacements des résidents sont représentés.
Sur la carte, on observe donc bien que Nantes constitue le plus gros pôle d’attraction du département, suivi par Saint-Nazaire. D’autre part, on voit bien une cohérence entre le fait que les zones soient attractives et le fait qu’elles aient un fort niveau d’autonomie (les résidents d’un pôle ont peu de raisons d’aller effectuer leurs activités en dehors de ce pôle qui est, par définition, attractif pour réaliser ces activités). Enfin, on constate qu’une grande partie du territoire présente des niveaux d’autonomie assez faibles, traduisant un fort taux de déplacements effectués hors de la zone du domicile : une dépendance qui met donc fortement en jeu les questions de mobilité.
Carte 2 : Niveaux d’autonomie et principales attractions – ensemble des motifs hors retour au domicile
2 - L'effet du travail et des études
2.1 - Choix méthodologique pour isoler l'influence du travail et des études
Les résultats précédents peuvent être réinterrogés vis-à-vis de l’influence des activités travail et études qui peuvent prendre une place importante dans les attractions observées (on se rapproche en fait des bassins d’emploi...), et donc dans les niveaux d’autonomie des zones. On peut se demander si, en dehors de ces activités « contraintes », les zones ne sont pas davantage autonomes et les attractions moins fortes entre elles. Il peut donc être utile de réaliser les mêmes travaux en ne considérant que les activités hors travail et hors études.
Cependant, il pourrait alors subsister des lieux de déplacements induits par les motifs travail et étude, avec notamment des déplacements chaînés pouvant largement jouer sur des localisations d’activités près des zones de travail ou d’études.
Pour limiter cet effet et ne pas se retrouver potentiellement avec des résultats proches de ceux présentés précédemment, nous choisissons alors d’exclure la totalité des boucles incluant une activité travail ou études2.
2.2 - Résultat hors travail/études / hors boucles les incluant
La carte 3 représente les résultats observés à partir du nouveau périmètre d'étude : ne sont considérés que les déplacements des résidents vers des activités (hors domicile) autres que le travail et les études et hors boucles incluant l'une de ces activités3.
On observe effectivement une réduction des attractions au profit de plus grandes autonomies. Les activités sont proportionnellement effectuées plus près des zones de résidence et davantage en leur sein.
2En faisant cela, même si nous pouvons exclure certaines fois des lieux d’activité qui auraient pu être choisis hors boucle travail/études, nous le faisons a priori indépendamment qu’ils soient proches ou loin du domicile. A contrario, si nous n’excluions que les boucles où le travail / les études sont réalisés hors de la zone de résidence, pour garder les autres qui auraient moins d’effet sur les lieux d’activité choisis (c’est comme si on repartait du domicile...), des questions se poseraient, comme : quid des boucles où travail / études sont réalisés en bordure de zone, ou au contraire des boucles où travail / études sont réalisés juste dans la zone d’à côté ?… Cette complexification paraît donc inopportune.
3D’après l’enquête ménages, le motif travail représente environ un quart des déplacements hors retours au domicile et le motif études un peu plus de 2 %. Le motif achat représente quant à lui une part de 21 %, le motif loisirs 22 %, le motif accompagnement 16 %, et le motif démarches 5 %. Lorsque l’on retire les motifs travail et études et les boucles les incluant, cela revient à retirer environ 40 % des déplacements hors retours domicile. Le motif achat représente alors environ 30 % des déplacements subsistant tout comme le motif loisir, le motif accompagnement environ 20 %, et le motif démarches 8 %.
Si Nantes reste le principal attracteur, on voit qu’en tant que premier pôle d’emplois et d’études, la ville perd une large partie de son attractivité dès lors qu’on ne considère plus ces motifs. A contrario, l’attractivité d’autres pôles secondaires semble peu affectée, a priori beaucoup moins basée sur l’emploi et les études. Il n’en reste pas moins que l’ensemble des territoires semblent plus autonomes qu’ils ne le sont en considérant le travail et les études : on confirme ici que la mobilité sur le territoire est largement dépendante de ces motifs contraints4.
4L’enquête ménage révèle une distance moyenne d’environ 15 km pour un motif travail et 9 km pour un motif études, contre un peu plus de 6 km seulement pour un autre motif hors retour domicile. Dans le détail, parmi les déplacements que nous conservons ici, on obtient une distance moyenne d’environ 5 km pour un motif achat, de près de 8 km pour un motif loisir, d’environ 5 km pour un motif accompagnement et de près de 8 km pour un motif démarches.
Carte 3 : Niveaux d’autonomie et principales attractions – motifs hors domicile et hors boucles avec travail ou études
3 - Observation des autonomies et dépendances des EPCI du territoire
On peut s’interroger sur les effets d’autonomie et de dépendance pour ce qui est des EPCI du département. En effet, il est intéressant de voir dans quelle mesure ces périmètres institutionnels peuvent être autonomes ou finalement dépendre d’autres territoires pour les activités de leurs résidents. La question est donc de savoir s’il y a cohérence entre le découpage institutionnel et les pratiques estimées.
À partir des déplacements enquêtés tous motifs hors retours domicile et des EPCI définis au 1er janvier 2017, on peut réaliser la carte suivante :
On constate que les EPCI du territoire forment des zones pas nécessairement très autonomes. Cela semble cependant lié principalement aux attractions vis à vis des pôles nantais et nazairien.
Carte 4 : Niveaux d’autonomie des EPCI et principales attractions entre eux– ensemble des motifs hors retour au domicile
La carte 5 représente les résultats observés à partir des seuls déplacements des résidents vers des activités (hors domicile) autres que le travail et les études et hors boucles incluant l'une de ces activités :
On constate donc qu'en dehors des motifs travail ou études et de leur influence, les EPCI forment des zones très autonomes pour les autres activités. Les attractions principales ayant encore lieu sont exclusivement vis à vis du pôle nantais, pour les Communautés de commune d'Erdre et Gesvres et de Grand lieu et Clisson Sèvre et Maine Agglomération.
Carte 5 : Niveaux d’autonomie des EPCI et attractions entre eux– motifs hors domicile et hors boucles avec travail ou études
Partie 2
Méthodologie de construction de
"bassins de déplacements"
rrr ("bassins d'activités"), r
résultats et limites
Note liminaire : Pour cette partie, étant donnés les tests effectués et le fait que la taille des « bassins de déplacements5 » s’avère probablement très influencée par le travail et les études, nous décidons de ne plus considérer que les activités (hors domicile) hors travail et études et hors des boucles de déplacements incluant ces deux motifs. Nous nous intéressons ainsi aux autres activités quotidiennes que le travail et les études (aux activités « non contraintes ») pour voir dans quelle mesure les territoires sont autonomes vis-à-vis d’elles.
4 - Méthodologie de construction de bassins
4.1 - Méthode via un seuil de dépendance entre deux zones
Dans ce principe, l’agrégation peut se faire en considérant pour chaque zone de résidence la zone de destination extérieure vers laquelle se fait la plus grande part de déplacements de ses résidents (périmètre d’activités fixé). Nous définissons un seuil à partir duquel nous considérons qu’il y a suffisamment de dépendance entre la zone de résidence et la zone de destination extérieure considérée pour les agréger. Nous faisons d’abord le test avec un seuil de 25 %, signifiant que le critère d’agrégation est le fait que la part considérée est au moins de 25 %, et nous testons également ensuite les seuils de 20 puis 15 %.
4.2 - Autre méthode : via un seuil d'autonomie (ou de dépendance globale) des zones
Le fait de ne considérer qu’un seuil de dépendance entre deux zones indépendamment des autonomies ou dépendances globales peut conduire à laisser au final des zones peu autonomes (celles-ci sont alors nécessairement multipolarisées).
Une autre approche éventuelle peut consister à obtenir une partition du territoire où toutes les zones sont assez autonomes. L’agrégation peut alors également se faire en considérant, pour chaque zone de résidence, la zone de destination extérieure vers laquelle se fait la plus grande part de déplacements de ses résidents. En revanche, le critère d’agrégation n’est plus celui de la dépendance relative mais un seuil à partir duquel nous considérons que la zone de résidence est insuffisamment autonome et doit donc être agrégée à la zone de destination extérieure considérée (qui paraît donc la plus adéquate pour cette agrégation). Nous testons ici un seuil de 80 %, signifiant que l’agrégation se fait si et seulement si la zone de résidence constitue la destination de moins de 80 % des déplacements de ses résidents, puis un seuil de 60 %.
4.3 - Processus itératif
Pour chaque méthode et chaque seuil fixé, le principe itératif est le suivant :
-à la fin de la première étape où nous avons considéré chaque zone de résidence et l’avons éventuellement ou non agrégée à la première zone de destination extérieure correspondante, nous obtenons un nouveau zonage plus agrégé du territoire ;
-le principe consiste alors à réitérer le même procédé à partir de ce nouveau zonage, et ainsi de suite ;
5Rappelons que les données utilisées sont en réalité des lieux d’activité et de résidence.
-le processus s'arrête dès que l'on ne trouve plus de zone pour laquelle le critère fixé est vérifié.
Le zonage obtenu est alors constitué de zones agrégées et de zones éventuellement identiques à ce qu’elles étaient au départ. Ces dernières, n’ayant donc jamais pu satisfaire le critère fixé, sont ainsi considérées comme soit suffisamment autonomes (ce qui pour la seconde méthode est toujours le cas, avec un minimum de 80 % d’autonomie pour le premier seuil, et de 60 % d’autonomie pour le second), soit peu autonomes, mais avec une dépendance partagée de telle sorte qu’aucun lien avec une autre zone ne ressort de manière significative (zones multi-polarisées avec une dépendance « éclatée »).
5 - Résultats observés par méthode et seuil
5.1 - Méthode via seuil de dépendance à 25 % vers une zone
À partir de la première méthode explicitée précédemment avec un seuil à 25 %, nous obtenons la carte ci-après.
On obtient donc clairement deux bassins à plus de 90% d'autonomie : celui incluant Nantes et celui incluant Saint-Nazaire. On peut par aileurs noter que celui de Nantes semble clairement circonscrit au sud par la Loire. La barrière en termes de franchissement du fleuve semble donc ressortir ici.
Un troisième bassin important ressort : celui incluant le pôle de Châteaubriant. Cependant, le zonage de départ a ici une forte influence puisque, d'une part le bassin ne regroupe en réalité que trois grandes zones "de départ6" (210, 211 et 212) dont l'une d'elles (la 211) est constituée de l'agrégation de toute la périphérie de Châteaubriant. Pour autant, l'autonomie du bassin reste assez importante.
Comparativement, on voit que la zone d'Ancenis n'agrège pas à ce stade les grandes zones situées autour d'elle : plus autonomes, ces grandes zones périphériques ont pour leurs résidents des parts de déplacements à destination du pôle ancenien plus faibles.
6Nous faisons référence dans cette partie aux numéros de zone présents sur la première carte du document montrant le zonage de l’enquête ménages.
Carte 6 : Bassins et leurs niveaux d'autonomie via méthode 1 avec seuil à 25 %
Enfin, si l'on regarde la zone comprenant les communes de La Chapelle-Launay, Lavau-sur-Loire, Bouée et Malville (la 128), on constate que sa dépendance avec Savenay ne suffit pas à l'y agréger. Étant donnée la faible autonomie qu'a pourtant la zone, on peut donc dire que l'on a un effet de multipolarisation. Notons qu'avec la forme allongée de la zone, on peut imaginer à la fois une l'influence de la métropole nantaise, et une influence du pôle nazairien.
En refaisant l'exercice avec un seuil inférieur pour la dépendance, l'intérêt est de constituer des bassins de déplacements plus agrégés et autonomes. L'idée est en revanche de rechercher le meilleur compromis vis à vis du sens que l'on peut accorder à la dépendance (serait-ce par exemple significatif de parler d'une dépendance pour moins de 5% de activités des résidents?) et du fait de pouvoir appréhender des bassins au sein du territoire (obtenir un unique bassin départemental présenterait a priori peu d'enseignements, et à l'inverse, au delà du seuil de 25% (test effectué à 30%), on obtient moins d'agrégations donc on reste plus proche du zonage initial, avec les niveaux d'autonomie observés). Après le seuil de 25%, les résultats sont donc présentés pour les seuils de 20 % et de 15 % en sachant qu'au delà les regroupements ne sont pas jugés suffisamment pertinents.
5.2 - Méthode via seuil de dépendance à 20 % vers une zone
À partir de la même méthode avec un seuil de 20 %, nous obtenons la carte suivante.
Ici, un certain nombre de bassins restent les mêmes que précédemment, mais des agrégations supplémentaires ont lieu. Par exemple, la zone à l'est d'Ancenis (la 216) s'agrège désormais avec le pôle ancenien (la 217), de même que la zone 128 avec Savenay. La 102 s'agrège également avec le pôle guérandais (la 106), et la 207 avec Redon, formant ainsi un bassin de déplacement à cheval sur la Loire- Atlantique et l'Ille-et-Vilaine.
Carte 7 : Bassins et leurs niveaux d'autonomie via méthode 1 avec seuil à 20 %
5.3 - Méthode via seuil de dépendance à 15 % vers une zone
Avec cette fois un seuil de 15 %, nous obtenons :
Le passage à un seuil de seulement 15% élargit ainsi largement le bassin de Nantes. Il agrège désormais la plupart des zones au sud de la Loire et s'étend également un peu plus à l'ouest et au nord.
À côté de cela, le bassin de Châteaubriant s'élargit également en agréageant la zone 209 sur son côté ouest, et celui d'Ancenis regroupe désormais l'ensemble des quatre zones mariligériennes situées autour du pôle (zones 213, 214, 215 et 216). Avec un zonage de départ certes très large au niveau des zones peu denses autour de ces deux petits pôles secondaires, on voit donc bien que les activités des résidents de ces zones restent plutôt à l'intérieur de ces bassins formés que tournées vers d'autres territoires.
Le bassin de Saint-Nazaire n'agrège en revanche pas de territoire supplémentaire. Si la barrière de l'estuaire fait son effet par rapport au bassin de Saint-Brévin-Les-Pins, les autres zones autour semblent plutôt également garder une certaine autonomie, avec un bassin se formant autour de Guérande, le bassin formé autour de Savenay ou la zone de Pontchâteau, assez autonome. La zone 124
Carte 8 : Bassins et leurs niveaux d'autonomie via méthode 1 avec seuil à 15 %
contenant Missillac, Sainte-Reine-De-Bretagne et Crossac à l'ouest de Pontchâteau reste quant à elle avec une autonomie moins importante mais avec une dépendance notamment envers Pontchâteau.
Enfin, on peut citer le bassin de Pornic qui agrège la zone 133 partie du Pays de Retz.
5.4 - Méthode via seuil d'autonomie à 80 %
À partir de la seconde méthode explicitée précédemment avec un seuil à 80 %, nous obtenons :
Pour n’avoir que des bassins autonomes à plus de 80 %, on obtient une agrégation forte avec un bassin s’étendant autour de Nantes du nord au sud du département. Celui de Savenay s’y intègre par exemple.
Suffisamment autonomes, le bassin de Châteaubriant agrège une zone supplémentaire, et celui d’Ancenis demeure. On a par ailleurs un regroupement entre le bassin de Clisson et celui de Vallet pour en former un qui subsiste dans le sud-ouest.
Carte 9 : Bassins et leurs niveaux d'autonomie via méthode 2 avec seuil à 80 %
La zone du Pays de Pontchâteau Saint-Gildas-Des-Bois s’agrège quant à elle avec le bassin de Saint-Nazaire, alors que le bassin de Guérande et celui de Redon demeurent également. Enfin celui de Pornic reste également tel quel puisque suffisamment autonome.
5.5 - Méthode via seuil d'autonomie à 60 %
Avec cette fois un seuil de seulement 60 %, on obtient la carte ci-après.
On constate donc que le bassin de déplacements autour de Nantes se forme en deux parties, ce qui est dû à la méthode. En effet, si la zone 25 (Saint-Herblain et Indre) a par exemple un niveau d’autonomie supérieur à 60 % qui la laisse constituer un bassin de déplacements en soi, ce n’est pas le cas des zones 50 et 51 (Brains, Le Pellerin, Saint-Léger-Les-Vignes, La Montagne, Saint-Jean-De-Boisseau) qui s’agrègent donc avec le bassin de Nantes, première destination extérieure des déplacements de leurs résidents.
Carte 10 : Bassins et leurs niveaux d'autonomie via méthode 2 avec seuil à 60 %
On peut ainsi constater qu’à une certaine échelle, on a davantage de zones assezautonomes autour de Nantes. En effet si l’on retrouve par exemple quasiment le bassin de Saint-Nazaire que l’on avait avec la première méthode, le bassin de Nantes reste globalement plus restreint,laissant un certain nombre de zones telles quelles.
On retrouve notamment le bassin de Châteaubriant que l’on avait avec la première méthode hors seuil à 15 %, et le fait que les grandes zones autour d’Ancenis se retrouvent assez autonomes.
6 - Comparaison avec les limites des EPCI et des bassins de vie et conclusion méthodologique
6.1 - Superposition avec les limites des EPCI
Parmi nos tests précédents, nous représentons les périmètres issus de la première méthode à un seuil de dépendance de 25 % pour la comparaison au découpage en EPCI et en bassins de vie tels que définis par l’INSEE. La carte suivante montre des différences :
On voit effectivement que le périmètre du bassin de déplacements de Nantes n’est pas en cohérence avec le périmètre de la métropole, qui ne s’arrête notamment pas au franchissement du fleuve. Pour le bassin de Saint-Nazaire en revanche, le périmètre de l’EPCI semble beaucoup mieux épouser le résultat observé en termes fonctionnels.
La largeur du découpage initial autour de Châteaubriant et Ancenis et sa cohérence avec celui des EPCI font que l’on peut retrouver plus facilement une superposition. Si ce n’est pas encore le cas avec la méthode au seuil de 25 %, on voit assez bien pour ces deux cas la superposition des EPCI avec les bassins autonomes que l’on a avec la méthode au seuil de 80 %. On peut donc parler ici d’une certaine cohérence entre découpages institutionnels et fonctionnels.
De même, on voit que dès la méthode au seuil de 20 % la Communauté de Communes du Sud Estuaire épouse parfaitement le bassin de déplacements formé. On retrouve également, pour le bassin de Guérande à partir de la méthode au seuil de 15 %, quasiment la Communauté d’Agglomération.
Pour le reste, on note des différences, sauf pour certaines zones assez autonomes où le zonage initial correspond déjà à un EPCI.
6.2 - Superposition avec les limites des bassins de vie
La superposition avec les limites des bassins de vie semble faire apparaître davantage de différences.
Pour rappel, le bassin de vie est défini par l’INSEE comme le plus petit territoire sur lequel les habitants ont accès aux équipements et services les plus courants. On délimite ses contours en plusieurs étapes.
On définit tout d’abord un pôle de services comme une commune ou unité urbaine disposant d’au moins 16 des 31 équipements intermédiaires. Les zones d’influence de chaque pôle de services sont ensuite délimitées en regroupant les communes les plus proches, la proximité se mesurant en temps de trajet, par la route à heure creuse. Ainsi, pour chaque commune et pour chaque équipement non présent sur la commune, on détermine la commune la plus proche proposant cet équipement. Les équipements intermédiaires mais aussi les équipements de proximité sont pris en compte.
Sur la carte suivante, on s’aperçoit que, de base, les limites des bassins de vie ne sont pas gigognes avec celles des secteurs de départ de notre étude.
Carte 12 : Limites des bassins de vie et secteurs de départ
La comparaison des deux périmètres fonctionnels que sont en effet les bassins de vie et les bassins de déplacements paraît dévoiler davantage d’écarts. En témoigne le bassin de vie de Nantes, encore plus décalé vers le sud que la métropole par rapport à notre bassin de déplacements.
L’effet du zonage initial semble jouer un rôle. Si l’on excepte ces écarts initiaux, on peut retrouver des périmètres assez cohérents, par exemple autour de Châteaubriant, Savenay ou Herbignac.
Notons tout de même un écart important entre le fait que le bassin de vie de Saint-Nazaire intègre le périmètre de Guérande, alors qu’en termes de déplacements nous observons une distinction claire entre deux zones d’influence autonomes.
Carte 13 : Bassins et leurs niveaux d'autonomie via méthode 1 avec seuil à 25 % - limites des bassins de vie (INSEE 2012)
6.3 - Conclusions sur la méthodologie
La comparaison précédente a ainsi pu mettre en lumière des limites méthodologiques relativisant la comparabilité notamment entre les périmètres d’activités déduits de l’enquête ménage et les bassins de vie définis par l’INSEE. En effet, au-delà du fait que la définition des bassins de vie se base sur des proximités théoriques d’équipements lorsque nos bassins révèlent une réalité de déplacements, le zonage de départ de l’EDGT 44 se révèle comme une forte contrainte à la formation des bassins, dans la mesure où il apparaît assez large et pouvant influencer les résultats.
L’étude reste ainsi nécessairement limitée en termes de finesse. Pour autant, elle semble constituer une première approche intéressante des interdépendances entre territoires et de leurs autonomies, et plus pertinente lorsqu’il s’agit notamment d’observer certains découpages, comme les périmètres des EPCI, assez cohérents avec le zonage de départ.
et du logement
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