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Article pp.358-363 du Vol.109 n°5 (2016)

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Texte intégral

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ÉPIDÉMIOLOGIE /EPIDEMIOLOGY

Epidémie de 12 cas de maladie à virus monkeypox dans le district de Bangassou en République Centrafricaine en décembre 2015

Twelve cases of monkeypox virus outbreak in Bangassou District (Central African Republic) in December 2015

E. Kalthan · J.P. Dondo-Fongbia · S. Yambele · L.R. Dieu-Creer · R. Zepio · C.M. Pamatika

Reçu le 26 mars 2016 ; accepté le 2 juin 2016

© Société de pathologie exotique et Lavoisier SAS 2016

RésuméUne épidémie de maladie à virus monkeypox ou

« variole du singe » a sévi fin 2015 dans le district de Ban- gassou. Une enquête a été réalisée dont l’objectif était de décrire l’épidémie selon les temps, les lieux et les personnes, et de déterminer son incidence et sa létalité. La collecte des données a été faite par interview. L’entretien a été réalisé avec les malades ou les parents des enfants malades. Des prélèvements ont été faits pour confirmation au laboratoire de l’Institut Pasteur de Bangui. Nos données ont été analy- sées avec Epi info7. Au total, 12 malades ont été enregistrés, dont 9 cas secondaires. Les tranches d’âge de 31 à 40 ans et de moins de 10 ans étaient les plus atteintes. La maladie a touché davantage les adultes. La moyenne d’âge était de 25 ans, allant de 15 mois à 41 ans. Le taux d’attaque et la létalité étaient respectivement de 0,2 pour 1 000 habitants et de 25 %. Plus de la moitié de la létalité frappait les enfants de moins de 10 ans. La fièvre et l’éruption cutanée étaient les symptômes dominants. Les adénopathies cervicales étaient présentes chez plus de la moitié des patients. Dix malades sur 12 ont dû être hospitalisés. La durée moyenne d’hospi- talisation était de 13 jours. La maladie à virus monkeypox reste, comme la variole, une maladie grave, parfois mortelle.

Une identification précise des souches virales s’avère indis- pensable. Lors d’une épidémie, une bonne communication et

l’isolement des malades permettent de diminuer la transmis- sion. D’autres mesures visant à limiter le contact avec la faune forestière pouvant être un réservoir de virus sont à encourager.

Mots clésInvestigation · Epidémie · Monkeypox · Zoonose · Madigui · Bandoufou · Fadama · Lingo · Bakouma · Bangassou · République centrafricaine · Afrique intertropicale

AbstractAn outbreak of monkeypox occurred in the district of Bangassou in 2015. The monkeypox is a re-emerging zoonosis of viral origin highly contagious. It is an eruptive fever which evolves in an epidemic manner. An investiga- tion was held December 10, 2015, to February 10, 2016 in the focus of the epidemic. Its objective was to describe the epidemic according to the time, places and people and to determine the incidence and lethality of the disease. This was a descriptive study. The data collection was made by interview and using a linear plug composed of several sec- tions. All suspected cases were taken into account. The inter- view was done with patients or the parents of sick children.

The blood and the contents of the lesions were collected and sent to the laboratory of the Institut Pasteur in Bangui for confirmation. Our data were analyzed with Epi info7. In total 12 patients had been registered including 9 secondary cases.

Patients aged 31 to 40 years and less than 10 years were most affected. In addition, adults were most affected by the disease (8/12). The average age was 25 years with extremes at 15 months and 41 years. The sex male/female ratio was 1.

The overall attack rate of disease and lethality were 0.2 per 1000 inhabitants and 25% respectively. The fatality was 67%

among children less than 10 years. Fever and rash were the main symptoms of the disease. Lymphadenopathy was pre- sent in 54.5%. Ten of the 12 patients were hospitalized (83%). The average duration of hospitalization was 13 days with the extremes 6 and 28 days. The monkeypox like

E. Kalthan (*) · L.R. Dieu-Creer

Direction de la région sanitaire N°6, République centrafricaine e-mail : [email protected]

J.P. Dondo-Fongbia

Hôpital régional universitaire de Bangassou, République centrafricaine

S. Yambele · R. Zepio

District sanitaire de Bangassou, République centrafricaine C.M. Pamatika

Unité des mycobactéries, Service de laboratoire, Hôpital de lAmitié, Bangui, République centrafricaine DOI 10.1007/s13149-016-0516-z

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smallpox remains a serious and fatal disease in children. A survey of animal reservoirs complained to identify strains of the virus is essential. During an outbreak, good communica- tion and isolation of patients may break the chain of trans- mission. Other measures to limit their contact with the forest or virus reservoirs are to be encouraged.

Keywords Investigation · Epidemic · Monkeypox · Zoonosis · Madigui · Bandoufou · Fadama · Lingo · Bakouma · Bangassou · Central African Republic · Sub- Saharan Africa

Introduction

Le virus monkeypox est connu depuis 1958 où il a été isolé au Danemark de lots de macaques asiatiques [1]. Il a été identifié chez l’homme en 1970 à l’occasion d’une épidémie de « variole du singe » en République démocratique du Congo (RDC). Des épidémies sont régulièrement décrites en RDC, également au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Liberia, en Sierra Leone, en République centrafricaine et au Gabon.

En 2003 aux États-Unis d’Amérique, une épidémie a été provoquée par des virus de rongeurs sauvages venant du Ghana. En 2005, l’aire géographique du monkeypox s’est étendue au sud du Soudan, c’est-à-dire beaucoup plus à l’est de l’Afrique qu’on ne le supposait [1].

Nous décrivons une épidémie de maladie à virus monkey- pox qui a touché 12 patients dont 3 en sont décédés de

décembre 2015 à février 2016 dans le district de Bangassou en République centrafricaine (Fig. 1, 2).

Histoire de l’épidémie

Le centre de santé de Bakouma a donné l’alerte le 7 décembre 2015, pour une suspicion de rougeole chez un garçonnet de 9 ans du village de Lengo à 8 km de Bakouma (Fig. 3).

Cependant au début de 2015, une vaccination anti- morbilleuse couvrant 92 % des enfants de cette localité, avait été faite par Médecin Sans Frontière à l’occasion d’une Fig. 1 Répartition des malades de monkeypox dans le district de Bangassou selon la semaine épidémiologique de 2015 à 2016 / Distribution of the patients with monkeypox in Bangassou District according to the epidemiological week from 2015 to 2016.

Fig. 2 Carte des cas de monkeypox /Map of monkeypox cases

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épidémie de rougeole. Ce qui avait dû permettre de dévelop- per une immunité de groupe.

Une équipe de 5 enquêteurs composés d’un épidémiolo- giste, d’un clinicien, d’un laborantin, d’un expert en commu- nication et d’un représentant de la communauté a investigué l’épidémie du 10 décembre 2015 au 10 février 2016. Elle a constaté sur ce premier malade une éruption cutanée généra- lisée vésiculeuse apparue après un accès fébrile qui ne pou- vait être rapportée à une rougeole.

Le sérum du malade a été prélevé et adressé à l’Institut Pasteur de Bangui (IPB) pour suspicion de monkeypox.

Dans la même famille, deux malades ont été adressés à l’Hô- pital régional universitaire de Bangassou (HRUB) le 17 décembre 2015. Le second malade âgé de 5 ans (Fig. 4) était le cadet du premier et présentait une boursouflure du visage, une éruption généralisée, de microvésicules y com- pris sur le cuir chevelu et les paumes des mains et des secré- tions oculaires purulentes. D’autres cas suspects ont été

signalés au village et certaines lésions observées ont fait pen- ser à la varicelle qui sévissait alors à Niakari, village situé sur le même axe allant vers Bakouma.

La prospection de nouveaux cas a alors été réalisée sur la base d’une définition précise (résident du district de Bangas- sou, présentant une fièvre et une éruption cutanée vésicu- leuse ou pustuleuse) et a été conduite dans les villages Lengo, Madigui, Zime, Bakouma, Bandoufou et Fadama.

Le sang, les sérosités ou le pus ont été prélevés et ache- minés au laboratoire de l’IPB pour confirmation de la pré- sence de virus monkeypox.

Est considéré comme un cas confirmé de monkeypox, tout cas suspect chez qui l’analyse des prélèvements a révélé la présence du virus de monkeypox.

L’examen du contenu des vésicules et l’ensemencement du sang de quatre malades (les deux premiers et les deux derniers) chez des souris a montré la présence du virus mon- keypox. L’examen du sérum était négatif. Les prélèvements

Fig. 3 Premier malade (cas index) du village Lengo, garçon âgé de 9 ans /First patient (index case) from the Lengo village, 9-year old boy

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des 8 autres malades n’ont pas pu être examinés en laboratoire.

Au terme de l’investigation, 12 malades ont été recensés, dont 3 cas « primaires » et 9 cas « secondaires ». Uncas primaire est un cas sans notion de contact antérieur avec un autre malade (cas connu) dans les 21 jours qui ont pré- cédé la maladie.

Uncas secondaireest un cas ayant eu un contact avec un autre cas exclusivement durant la période comprise entre le 7eet le 21ejour ayant précédé la maladie.

Les résultats sont présentés sous forme de textes, tableaux et graphiques.

Résultats

Caractéristiques des malades

Le Tableau 1 donne la répartition et les principales caracté- ristiques des cas recensés.

Les tranches d’âge de 31 à 40 ans et de moins de 10 ans étaient les plus touchées. En outre, la maladie a affecté beau- coup plus les adules (8/12) que les enfants. La moyenne d’âge était 25 ans avec les extrêmes 15 mois et 41 ans. La létalité globale était de 25 %. Elle était de 2 enfants de moins de 10 ans sur 3.

La fièvre et l’éruption cutanée étaient les principaux symptômes de la maladie. L’adénopathie cervicale était pré- sente dans 54,5 % des cas.

Courbe épidémique

Le cas index se situait à la 49esemaine (5 décembre 2015).

L’épidémie a atteint son pic à la 53esemaine (du 26 décembre 2015 au 3 janvier 2016) avec cinq (5) malades. La courbe indique une transmission interhumaine avec une durée d’in- cubation d’environ deux semaines (Fig.1).

Taux d’attaque

Le taux d’attaque global de la maladie était de 0,2 pour 1 000 habitants (Tableau 2). Le taux d’attaque le plus élevé se situait dans le village Lengo (10,8 pour 1 000 habitants).

Discussion

Le monkeypox est une maladie rare et nouvelle en RCA. La survenue du premier cas a posé un problème de diagnostic clinique et biologique, car les éruptions cutanées simulaient beaucoup plus celles de la variole ou de la varicelle. Le résul- tat du sérum au laboratoire étant négatif, il a fallu une tech- nique poussée pour isoler le virus. Dans l’attente du diag- nostic, la prise en charge médicale était soumise à beaucoup d’hésitations et de tergiversations.

Le taux d’attaque dans notre série est très faible (0,2 pour 1 000 habitants), contrairement aux travaux de Jezek en 1984 en RDC qui avait montré un taux de 7,2 % chez les sujets contacts sans cicatrice de vaccination antivario- lique et 0,9 % chez les sujets vaccinés dans le passé [3].

L’immunité chez les personnes vaccinées contre la variole semble s’atténuer avec le temps, car 16 cas s’étaient déclarés parmi les personnes contacts qui avaient été vaccinées [7].

La grande majorité des cas décrits dans la littérature sont survenus chez des enfants [3-6,8,9]. L’épidémie documentée par Jezek et al. a montré que les enfants malades étaient majoritaires [3] et Boumandouki et al. en RDC en 2007 ont rapporté que l’âge moyen était de 9,05 ans ± 5,86 avec des extrêmes de 5 mois et 18 ans [2]. Les manifestations cliniques décrites par Boumandoukiet al. en RDC en 2007 comportaient la fièvre (n = 7), l’éruption (n = 8), les arthral- gies, les myalgies (n = 2), la parotidite (n = 4) et le prurit (n = 6) [2].

Les signes cliniques observés au cours de l’épidémie de Bangassou, étaient caractérisés par une forte fièvre en pla- teau suivie entre 24 à 48 heures d’une éruption cutanée de type vésicules ou pustules à progression centripète, y com- pris sur la paume des mains et les plantes des pieds.

Les contaminations secondaires chez les personnes contacts ont aggravé la situation. Les rumeurs et la panique se sont alors propagées dans la population.

Dans les villages environnants du foyer, la stigmatisation était très forte vis-à-vis des habitants du village Lengo (foyer Fig. 4 Garçon de 5 ans cadet du premier malade /5-year old boy,

youngest brother of the first patient

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Tableau1Répartitionetcaractéristiquesdescasrecensés/Distributionandcharacteristicsoftheidentifiedcases. MaladeDatebutAge (ans) SexeProvenanceType decontact Hospita lisation

Due hospi talisation

Plève ment

sultat labo

SignescliniquesEvolution delamaladie 105/12/20159MLingoPrimaireoui28ouiPositifFvre,éruption etphalée Guéri 212/12/20155MLingoSecondaireoui9ouiNon disponible

Fièvre,éruption, adénopathieetphalée

329/12/20151MLingoSecondaireoui5ouiPositifFièvre,éruptionetpruritDécédé 429/12/201537FLingoSecondaireoui25non-Fièvre,éruption, adénopathieetprurit Guérie 501/01/201633FBangassouSecondaireoui22non-Fièvre,éruption etadénopathie

Guérie 602/01/201640FBakoumaSecondairenon0non-Fvre,éruption, adénopathieetdouleur abdominale Guérie 703/01/201632FBakoumaSecondairenon0non-Fvre,éruption,etdouleur abdominale

Guérie 804/01/201641FBangassouSecondaireoui7non-Fvre,éruptionGuérie 910/01/201641MBangassouSecondaireoui17non-Fièvre,éruption etadénopathie

Guéri 1016/01/201622FBangassouSecondaireoui7non-Fièvre,éruptionGuérie 1102/02/201616MBandoufouPrimaireoui6ouiPositifFièvre,éruption etadénopathie Guéri 1222/02/201626MFadamaPrimaireoui9ouiPositifEruptionDécédé

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de l’épidémie) à tel point que personne ne voulait acheter leurs marchandises sur le marché. Les enquêteurs ont alors eu un grand rôle à jouer avec l’appui des autorités locales dans la sensibilisation des communautés, village par village et dans les églises à la détection de la maladie et aux moyens de prévention, car la maladie était confondue par certains avec la maladie à virus Ebola.

Conclusion

La contamination par le virus monkeypox se fait par la mani- pulation d’un cadavre d’animal sauvage (rongeur) infecté et le contact physique avec le malade ou ses linges souillés.

Du fait du contexte favorisant, notamment la forêt, la chasse ainsi que la consommation de singes et le voisinage avec la RDC, l’émergence d’épidémies de monkeypox doit être surveillée.

En cas d’épidémie, une bonne communication et une prise en charge efficace permettent de lutter contre les rumeurs et la panique afin de rompre la chaîne de transmis- sion et de guérir les malades.

Remerciements Nous adressons toute nos remerciements aux personnalités et organisations suivantes : le Catholic Relief Service (CRS), pour avoir transféré les malades et facilité la communication entre Bakouma et Bangassou avec la radio émettrice-réceptrice ; à Mr Jean-Marie Maworka, pour avoir contribué à l’amendement du protocole de recher- che et participé à l’investigation ; au Dr Alexis Moboy, pour avoir sa relecture du manuscrit ; à Mr Nick Lasset Bikoo, pour sa contribution à la localisation sur une carte des villa- ges touchés par l’épidémie ; au personnel de MSF France- Belgique qui a facilité l’accès des investigateurs aux malades

et à leurs dossiers ; à Mr Ghislain Kongbo-Ngombe, direc- teur de cabinet du ministère de la Santé et de la Population, qui a signé l’autorisation administrative de recherche et au chef du centre de santé de Bakouma pour son appui dans la fourniture des informations sur les cas.

Liens d’intérêts :les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

Références

1. Aubry P, Gaüzère BA (2015) Monkey-pox chez une fillette ivoi- rienne. Cas Clinique [http://medecinetropicale.free.fr/casmonkey- pox.pdf]

2. Boumandouki P, Bileckot R, Ibara JR, et al (2007) Orthopoxvirose simienne (ou variole du singe) : étude de 8 cas observés à l’hôpital dImpfondo de la République du Congo. Bull Soc Pathol Exot 100 (1):1721

3. Eozenou P (avec la participation des infirmières de 8e stage de santé publique de lOCEAC) (1980) Enquête rétrospective sur un cas de monkeypox en République Unie du Cameroun. Bull OCEAC 2/3:23-6

4. Heymann D et al Rapport initial dune enquête Ebola-monkeypox à Moloundou (1980). Bull. OCEAC 7/8:5860

5. Janseghers L, Matamba M, Colaert J, et al (1984) Fatal monkey- pox in a child in Kikwit, Zaire. Ann Soc Belg Méd Trop 64 (3):2958

6. Jezek Z, Szczeniowski M, Paluku KM, et al (1988) Human mon- keypox: confusion with chickenpox. Acta Trop 45(4):297–307 7. Jezek Z, Marennikova SS, Mutumbo M, et al (1986) Human Mon-

keypox: A Study of 2,510 Contacts of 214 Patients. J Infect Dis 154(4):551–5.

8. Merouze F, Lesoin JJ (1983) Monkeypox: second cas humain observé en Côte dIvoire (secteur de santé rurale de Daloa). Méd Trop (Mars). 1983 Mar-Apr;43(2):145–7

9. OMS (1971) Une maladie rare ressemblant à la variole. Chron.

OMS 25:3968

Tableau 2 Taux dattaque de monkeypox dans le district de Bangassou selon la zone, 2015-2016 / Attack rate of monkeypox in the District of Bangassou area, 2015-2016..

Localités Population totale Nombre de cas TA pour1 000 hbts

1 Lengo 369 4 10,8

2 Bandoukou 432 1 2,3

3 Bakouma centre 5 193 2 0,4

4 Bangassou ville 45 944 4 0,1

5 Fadama 523 1 1,9

Total 52 461 12 0,2

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