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Sur les automorphismes de certains groupes algébriques affines semi-simples

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(1)

P UBLICATIONS DU D ÉPARTEMENT DE MATHÉMATIQUES DE L YON

S AMUEL -D IEUDONNÉ E KONG

Sur les automorphismes de certains groupes algébriques affines semi-simples

Publications du Département de Mathématiques de Lyon, 1974, tome 11, fascicule 3 , p. 29-38

<http://www.numdam.org/item?id=PDML_1974__11_3_29_0>

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(2)

Publications du Département de Mathématiques Lyon 1974 1.11-3

SUR LES AUTOMORPHISMES DE CERTAINS GROUPES ALGEBRIQUES AFFINES SEMI-SIMPLES

par Samuel-Dieudonné EKONG

Les notions dfa u t o m o r p h i s m e s semi-simples et quasi-semi-simples ont été introduites par R, Steinberg dans [5] ; dans ce m é m o i r e , il est prouvé que tout automorphisme semi-simple est quasi-semi-simple. Le but de ce travail est de montrer que dans une certaine classe de groupes algébriques affines connexes tout automorphisme quasi-semi-simple est aussi semi-simple.

1 . - PRELIMINAIRES.

Tout les groupes considérés sont des groupes algébriques affines sur un corps K algébriquement clos au sens de[l] .

DEFINITION. - On dit qu'un groupe algébrique G est algébriquement complet si

(i) Le centre Z(G) de G est réduit à l9élément neutre,

(ii) tous les automorphismes (algébriques) de G sont intérieures.

PROPOSITION 1 . 1 . - Soit G un groupe algébrique affine, connexe et algé­

briquement complet.

(3)

30

Sur les automorphism es de certains groupes . . .

1°) Les propriétés suivantes sont équivalentes : a) G est semi-simple ;

b) G est réductif.

2°) G est adjoint (i.e. isomorphe à son adjoint).

Preuve. -

1 ° ) C'est clair car le centre de G est trivial.

2 ° ) Soit II:G — * H une isogénie centrale de G sur H ; G étant c o n n e x e ,

H est connexe et la trivialité du centre de G implique : a) la trivialité du centre de H

b ) que II est un morphisme dominant injectif.

On en déduit donc que si K ( G ) (resp. K e n ) ) est le corps des fonctions rationnelles sur G (resp. sur H) le comorphisme II0 de K ( H ) dans K ( G ) est un isomorphisme. Il existe alors, d'après [h • exposé 1 8 J , un isomorphisme de G sur H \ par conséquent G est isomorphe à son adjoint G.

PROPOSITION 1 . 2 . - Soit G un groupe algébrique affine connexe sur un corps algébriquement clos de caractéristique 0 .

On suppose le centre Z(G) de G trivial ; alors :

a) Le groupe Aut(G) des automorphismes (algébriques) de G est un

groupe algébrique affine.

b) Le groupe Int (G) des automorphismes intérieurs de G est un sous-

groupe connexe de A u t ( G ) .

c) Le centre Z(Aob(G)°) de la composante connexe de l

1

élément neutre

de A u t ( G ) est trivial.

(4)

Sur les automorphism es de certains groupes . . .

Preuve. - On sait, d'après [ 2 ] , que sous ces hypothèses Aut(G) est un groupe algéhrique affine et que l'application canonique de G dans A t(G) qui a tout élément x de G associe lfa u t o m o r p h i s m e intérieur ijj(x) = F est un morphisme de groupes affines,

x

h ) Puisque G est connexe, on en déduit que son image i|;(G) = Int(G) est un sous-groupe connexe de A u t ( G ) . La trivialité du centre Z ( G ) de G implique que le morphisme ^ est une "bisection de G sur I n t ( G ) . Le centre de Int(G) est donc trivial et est un isomorphisme (des groupes ahstra abstraits sous - jacents) de G sur I n t ( G ) .

c) découle d'un résultat dû à G. Hochochild [3] : le centre de G étant trivial, le centralisateur ^ ^ ( G ) (I r r t( G ) ) àe Int(G) dans Aub(G) est trivial ; puisque Int(G) est connexe, on a les inclusions suivantes :

Int(G) C A o t ( G )0,

ZA u t ( G )(A0t(G)O) C ZA u t ( G )( I n t( 0 ) ) ;

donc Z ^t^G^ (Aut (G)°) est trivial et par conséquent Z(A..'t(G)°) est trivial.

2 . - LE CAS DES GROUPES SEMI-SIMPLES ALGEBRIQUEMENT COMPLETS.

PROPOSITION 2 . 1 . - Soit G un groupe algébrique affine connexe algébrique- ment complet sur un corps algébriquement clos

1) Si la caractéristique de K est 0 alors Avt(G) - Int(G) est un groupe algébrique affine connexe algébriquement complet.

(5)

32

Sur les automorphismes de certains groupes • . •

2) Si G est semi-simplej tout automorphisme quasi-semi-simple de

G est semi-simple.

Preuve. -

1) La Première partie découle de la proposition 1 . 2 il existe

d

!

autre part d'après la proposition 1 . 1 un isomorphisme f de G sur Int(G) . Soit un automorphisme de Int(G) ; considérons la suite

G

f

— + Int(G) t-+ Int(G) £ * G

f ^ o ^ o ^ est alors un automorphisme de G par conséquent il existe un

unique élément x de G tel que f

10

o f

8 8

?

x

d*où ib = fF f""

1

r

x

V a e l n t ( G )

*(a) = f(xf~

1

(a) x "

1

)

= f(x) a f(x)'

1

= F

f ( x )

(a)

donc =

F

f ( x ) •

e

^

pa r c o n s

^

(

l

u e n

"

t

$

es

^ v& automorphisme intérieur de Int(G) donc Int(G) est complet.

2) Si G est semi-simple et algébriquement complet, soit F un auto-

morphisme de G. il existe un unique élément a de G tel que F = F , Si F

a

(6)

Sur les automorphism es de certains groupes . . .

est quasi-semi-simple, il existe un sous-groupe de Borel B de G et un tore maximal T de G contenu dans B; F-invariants donc

F(B) = F (B) = a B a "1 = B =±> a C B a

F(T) = Fa(T) = a T a "1 = T = ^ a< c NQ( T ) où NQ( T ) est le normaii- sateur de T dans G; comme Br\ N ^ ( T ) = Zç(T) [l] et [h] où ZQ( T ) est le centralisateur de T dans G,on en déduit que a est un élément de Z ç ( T ) . G étant semi-simple Zn( T ) = T donc a est un élément de T et par conséquent a est semi-simple donc F = F est semi-simple.

a

THEOREME 1 . - Soit G un groupe algébrique affine sur un corps algébri- quement clos

1) Si un sous-groupe de Borel de G est algébriquement complet, alors il en est de même de tous les sous-groupes de Borel de G.

2) Si un sous-groupe de Borel de G est algébriquement complet, alors, tout automorphisme de G qui laisse invariant un sous-groupe de

Borel B et un tore maximal T contenu dans B

9

laisse invariant tout sous-groupe de Borel de G qui contient T.

Preuve. -

1) Désignons par $ l'ensemble des sous-groupes de Borel de G ; soit

B un élément de ^ ; si B est algébriquement complet, le centre Z(B) de B est trivial par conséquent

^ B ' e â , Z(B') = Z(G°) = Z(B) = { 1 } , où G° est la composante

(7)

34

Sur les automorphismes de certains groupes . . .

connexe de l'élément neutre 1 . Les sous-groupes de Borel étant conjugués il existe un élément x de G tel que

Bf = x B x "1

désignons par l1a u t o m o r p h i s m e intérieur g ? xgx 1 de G ; on a donc

B1 = F (B) x

Soit F1 un automorphisme de B' , considérons la suite

F F x F? Y- 1 B Bf - - > Bf — —y B

F = F _i o F1 o F est un automorphisme de B par conséquent, il existe un X x

unique élément b de B tel que

F .1 o F» o Fx = Fb ; d»où x

F ? = F ~ F ~ F = F

x xbx

par conséquent F! est un automorphisme intérieur de B' ; donc Bf est complet.

2) Si un sous-groupe de Borel B de G est algébriquement complet,

d'après 1) tous les sous-groupes de Borel de B sont algébriquement com- plets.

Soient F un automorphisme de G, B un sous-groupe de Borel de G, T un tore maximal contenu dans B, F-invariants• La restriction F/B de F à B est un automorphisme de B ; donc 3'- "b€ B , F/B = F^.

(8)

Sur les automorphismes de certains groupes • . •

Soient B' un sous-groupe de Borel de G, distinct de B et F' la restriction de F à B

f

; puisque F(B') = F'(B') est un sous-groupe de Borel de G, il existe un élément y de G tel que yF'(B')y

1

= B ; d'où la suite

F F B Ï L * B' F'(B') B

F o F

1 o F est alors un automorphisme de B donc il existe un unique

y x

élément d de B tel que

F

y

o F' o F

x

= F

d

d'où F» = F _

1

; soit C = y "

1

d x "

1

y dx

La restriction de F à B' coïncide donc avec la restriction à B' de Fç ; explicitons l'élément C^on a B' = x B x

1

V y € B* , 3 B e B , y = x g x"

1

d'où F(y) = F(x)F(6) F ( x ) "

1

= F(x) b & b ~

1

F ( x ) ~

1

= F(x)bx~

1

xBx"

1

xb"

1

F(x)"

1

"

F

F ( x ) b x " 1

( y )

donc C = F(x)bx~

1

.

Soit £3 l'ensemble (fini) des sous-groupes de Borel de G qui contiennent le tore maximal F-invariant T ; puisque F(T) est un tore maximal, on a F(T) = T ; si B € f i

T

on a F(T) = F^(T) = "bTb"

1

« T

On en déduit donc comme précédemment que "b est un élément du centrali- sateur Z

G

(T)° de T dans G.

Si B

f

appartient à £8 , et est distinct de B,comme Z

G

(T)° est

(9)

Sur les automorphisme s de certains groupes . . .

que b appartient à B' ; si la restriction F / B! de F à B' est Fç alors

V t <rT , b t b ~1 = C t C_ 1 ; mais b t b ~1 = t donc Ctcf1 = t donc C £ ZG( T ) ° C Bf

d'où F(B' ) = B1 c.q.f.d.

THEOREME 2. - Soit Y un groupe algébrique affine tel que Y possède un sous-groupe de Borel algébriquement complet.

a) si Y est connexe ; alors Y est algébriquement complet3

b) si Y est un sous-groupe connexe^ normal^ fermé dfun groupe algé- brique affine G, r est un facteur direct.

Preuve. - Désignons par H 11h o l o m o r p h e de T(i.e. le produit semi-direct r*Aut(T) = Hj on sait [2] q u e , en caractéristique 0, H est un groupe

algébrique affine. Tout automorphisme de G est induit par un automorphisme intérieur de H donc : V F e A u t( D , 3 h e H tel que F^/T = F ; puisque tout automorphisme de Y laisse invariant un sous-groupe de Borel B de T

(d'après [5]) on a F ( B ) = Ff a(B) = B ; donc F^/B est un automorphisme de B par conséquent il existe un unique élément b de B tel que :

- 1 - 1 a - 1

h x h = b x b , V x e B ; d o n c b h centralise B et p a r conséquent F (Y) = Y > tiy<£Y , donc

b h

Fh/ G = F^ = F

par conséquent tous les automorphismes de Y sont intérieurs. Y étant connexe le centre de Y est le même que celui d'un de ses sous-groupes de Borel donc Z(F) = { 1 } et par conséquent Y est algébriquement complet.

(10)

Sur les automorphism es de certains groupes . . .

b ) Si T est un sous-groupe connexe normal fermé, d'un groupe algébrique affine G, r étant algébriquement complet (compte tenu de a/) est un

facteur direct (ceci est un fait bien connu) d'où

G = r x Z où Z est le centralisateur dand G de T.

THEOREM 3 . - Sovt G un groupe algébrique affine réductif sur un corps algébriquement clos de caractéristique nulle.

Si un sous-groupe de Borel de G est algébriquement complet, tout automorphisme quasi-semi-simple de G est senti-simple.

Preuve. - Si G possède un sous-groupe de Borel algébriquement complet, alors, la composante connexe G ° de l'élément neutre de G est un groupe algébriquement complet réductif. Soient B un sous-groupe de Borel de G et T un tore maximal de G contenu dans B ; désignons par S(B,T) l'ensemble des automorphismea quasi-semi-simples de G qui laissent simultanément invariant B et T . Puisque Ait(G) opère à gauche sur l'ensemble $ ( r e s p . € ) des sous-groupes de Borel (resp. des tores maximaux) de G, S(B,T) est l'intersection des stabilisateurs de B et T dans A ut (G)•

On sait [ 1 ] que : A ut (G) = I n t ( G ) . S(B,T) et que A^t(G)/Int(G) est un groupe fini. Par conséquent si F est un élément de S ( B , T ) , la restric- tion de F à B est de la forme F^ où b est un élément de B appartenant au centralisateur connexe ZG( T ) ° = T, de T donc b est semi-simple ; soient

(11)

Sur les automorphismes de certains groupes . . .

F la classe de F dans A.ut(G)/Int(G) et m l'ordre de F alors F3 1 1 est un a u t o m o r - I phisme intérieur de F pa: conséquent il existe un élément a de G^tel que

F® = F mais F^/B = F^ = F donc a = z bm où z £ Z„(B) = Zn( G ° ) a D .m G G

D \

comme Z^(G°) est fini et que la caractéristique du corps de base est nulle, on en déduit que z est semi-simple donc F est semi-simple.

I

i

|

COROLLAIRE. - Soit G un groupe algébrique affine semi-simple. Si G | possède un sous-groupe de Borel algébriquement complet* alors tout

automorphisme de G est produit d'un automorphisme intérieur et d'un automorphisme semi-simple.

BIBLIOGRAPHIE.

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[ 2 ] G. H 0 C H S C H I L D and G. MOSTOW,

Automorphisms of affine algebraïc groups,

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[3] G . HOCHSCHILD, Automorphism towers of affine algebraïc groups,

J. Algebra, t. 22 (1972) ; p. 365-373.

[4] SEMINAIRE CHEVALLEY, Classification des groupes de Lie algébriques, Ecole Normale Supérieure, Paris, ( 1 9 5 8 ) , 2 v o l .

[5] R . STEINBERG, Endomorphisms of linear algebraïc groups, Mem. Math. Soc

n° 80 (1969).

S.D. EKONG

Département de Mathématiques Université Claude Bernard 43, bd du ll-novembre-1918 69621 -VILLEURBANNE

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