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Les boiteries chez la vache laitière
B. Faye, J. Barnouin
To cite this version:
B. FAYE,
J.
BARNOUIN INRA Theix Laboratoired’Eco-Pathologie
63122Ceirat
Les
boiteries
chez la vache
laitière
Synthèse
des résultats
de
l’enquête Eco-Pathologique
Continue
Par
sonincidence
économique
(baisse
des
performances
liée
à
l’inconfort
et
à
la douleur
qu’elles
procurent
auxanimaux,
réformes
anticipées)
et
safréquence
élevée,
la
pathologie
de
l’appareil
locomoteur
et
enparticulier
du
pied représente
unepart
très
importante
des
problèmes
sanitaires
chez la
vache laitière.
En
effet,
dans
l’espèce
bovine,
la
plupart
des
enquêtes
épidémiologiques
concordent
pour
affirmer
que
les boiteries
sont
autroisième
rang
de la hiérarchie des troubles
pathologiques,
après
l’infertilité
et
les
mammites.
Nous
présentons
ici unesynthèse
des donnéesépidémiologiques
recueillies sur lapathologie
del’appareil
locomoteur chez la vachelaitière,
enti-té morbide
majeure
observée dans lesélevages.
Lesobjectifs,
lastratégie
et laméthodologie
del’enquête Eco-Pathologique
Continue ont étépubliés
par ailleurs(Barnouin
1980, Barnouin etBrochart
1986)
et les résultats ont faitl’objet
deplusieurs
publications
de revues(cf.
numérospécial
des Annales de Recherchesvétérinaires,
198
R).
La
prise
encompte
d’unlarge
éventail depara-mètres de l’environnement et de
caractéristiques
individuelles des vaches autorisent uneap-proche
multifactorielle despathologies
maj eures
observées dans lesélevages
bovins laitiers suivis dans le cadre de cette étude. Pour des raisons de commoditésterminologiques,
nousengloberons
l’ensemble de la
pathologie
del’appareil
locomo-teur sous le vocable « boiterie ».
1
/
Fréquence
des
boiteries
1.1
/ Incidence
Dans
l’enquête Eco-Pathologique
Continue(E.E.P.C),
lesymptôme
« boiterie» (il
s’agit
desboiteries
fonctionnelles,
c’est-à-dire sans lésionapparente)
représente
9,96 % des caspathologi-ques observés
(Barnouin
etal 1983)
dans 90éle-vages laitiers
français,
cequi
situe cettepatholo-gie
enquatrième
position
dans la hiérarchie desfréquences
pathologiques
observées, après
lesmammites
cliniques (20,37
%), la
non-délivrance(12,62 %)
et les métrites(10,75 %). Cependant,
en considérant l’ensemble des
symptômes
oulé-sions du
pied,
d’origine
infectieuse(panaris,
ab-cès,
phlegmon interdigité,
fourchet, piétin
...)
ou non(bleime,
cerise, limace, ulcère de lasole,
fourbure,
décollement dusabot ...),
ainsi
que les lésionstraumatiques
(blessures
dupied
ou desRésumé
La
pathologie
dupied
chez la vache laitièrereprésente
un ensemble d’affectionsqui
touche en moyenne
près
d’un animal surcinq
dans lesélevages,
etpeut représenter
unvéritable fléau
économique
dans certainesexploitations
très atteintes.Cette
pathologie
paraît
fortement liée ausystème
deproduction
c’est-à-dire à lana-ture du
bâtiment (19,3
% de boiteries en stabulation librepermanente
vs 9,7 % ensta-bulation
entravée),
audegré
d’intensification del’élevage
(plus grande
sensibilité desvaches
pie-noires,
hautesproductrices,
aux affectionspodales),
à l’alimentation(plus
grand
nombre de cas de boiteriesmétaboliques répertorié lorsque
la ration de basecomprend
del’ensilage
de maïs à volonté etlorsque
leschangements
de ration sontplus
nombreux enpériode hivernale).
L’augmentation
desfréquences
observées semble être le corollaire d’uneproduction
intensifiée.Cependant,
iln’y
a pas de lien de cause à effet. Plussimplement
l’intensificationné-cessite une meilleure
maîtrise technique
de la part de l’éleveur. Les fautes de conduiteen matière de
prévention
des boiteries(absence
de méthodesprophylactiques
tellesque parage
préventif,
passage aupédiluve),
l’absence decomplémentation
minérale,
les excèsalimentaires,
une mauvaiseconception
du bâtiment sur leplan
du confort etarticulations des
membres),
lesfréquences
an-nuelles observées
représentent
22,5 cas pour 100vaches
présentes,
soit un pourcentagesupérieur
à celui des mammites
cliniques.
Ces valeurs ne diffèrent pas
fondamentale-ment de celles relevées par
plusieurs
auteurs surdes
troupeaux
laitiers enEurope
Occidentale.Dans une
enquête précédente,
réalisée enBre-tagne, Brochart et
Fayet
(1981)
avaient relevé unefréquence
de 25,4 % dans 15élevages
très inten-sifiés. Ces chiffres sontcomparables
à ceuxrele-vés par Arkins
(1981)
en Irlande(28 %)
et enGrande-Bretagne (26
%).
Cependant
ces valeurssont
plus
élevéeslorsque
les étudescomportent
desdépistages systématiques
des lésions po-dales :Empel
et Brzozowski(1986)
relèvent enmoyenne 43 cas pour 100 vaches dans les
éle-vages
polonais.
1.
2
/
Importance
relative
des
différentes
pathologies
du membre
Dans
l’E.E.P.C.,
35symptômes
ou lésionspo-dales ont été
codifiés, regroupés
ultérieurementsous 21
codes,
(tableau
1)
certaines lésions n’étant que rarement oujamais
répertoriées.
Au total 4 329 cas ont été relevés dans notre
échantillon. Boiterie
fonctionnelle, panaris,
four-chet,
cerise, blessures et abcès dupied
représen-tent les
symptômes
ou lésions lesplus
observés.La
comparaison
avec des chiffres relevés pard’autres auteurs
paraît difficile,
compte-tenu des nombreuses erreurs dediagnostic
dans le cas dela
pathologie podale
malgré
des tentatives dedes-criptions
plus
normalisées(Mahin
1982).
Cepen-dant,
lephlegmon interdigité (panaris),
symp-tôme facilement
identifiable, paraît
être leplus
fréquent
dans notre échantillon(12,5
% descas),
J ,
après
les troubles fonctionnelsregroupant
sou-vent des
symptômes
non identifiés par l’éleveur ou le vétérinairepraticien.
Cettefréquence
peutêtre
rapprochée
de celle observée(12 %)
par
Ar-kins(1981),
ou de celle relevéeparRussel
etalen1982
(16,7 %)
ou parEddy
et Scott en 1980(14,3 %).
L’étude des associations
pathologiques
(Faye
et al1986a et b)
a montré que l’onpouvait
consi-dérer lapathologie podale
comme un ensemble.Ainsi une vache
présentant
une boiterie au coursd’une lactation a, en
effet,
uneprobabilité
7, foisplus
élevée de souffrir d’un troublemétabolique
dupied
et 5,9 foisplus
élevée d’avoir unpro-blème
podal
infectieuxqu’une
vache nonboi-teuse
(Faye
et al 1986b).
Cependant
pour l’étude des relationspathologie-environnement,
nous avons formé 4 groupes depathologies podales
ainsi constitués :
-
pathologie podale
fonctionnelle :boiterie,
ré-forme pourboiterie,
seime,problèmes
d’aplombs,
démarche anormale(43,1
% descas).
-
pathologie podale
infectieuse :fourchet,
pana-ris, inflammation de
l’espace
interdigité,
limace,
nécrose del’onglon (29,7
% descas).
-
pathologie podale
traumatique
et articulaire : abcès dupied, arthrite,
jarret droit,
hygroma,
ten-dinite,
blessure depied
ou de l’articulation(16,3
% descas).
- pathologie podale métabolique :
fourbure,
ul-cère de lasole,
cerise, décollement ouallonge-ment des
onglons,
bleime(9,6
% descas).
Nous avons considéré le code « Réforme pourboiterie » comme un cas
pathologique,
sachantqu’il
constitue un indicateur de lagravité
despro-blèmes
podaux
dans unélevage.
La cause exactede cette réforme pour « boiterie » n’étant la
plu-part du temps pas connue, nous avons choisi
ar-bitrairement de situer ce code dans le groupe des troubles fonctionnels.
1.
3
/
Facteurs
saisonniers
Dans son
ensemble,
lapathologie podale
estplus fréquente
enpériode
de stabulationqu’en
période
depâturage
(Faye
et al 1986c),
résultatsdéjà
observés par ailleurs(Rowlands
et al 1983,confi-nement des animaux
pendant
lapériode
hiver-nale et au stade moyen de lactationpendant
cettesaison, le maximum de cas
répertoriés
se situant au 3emois de lactation(Faye
etFayet
1986).
Dans la
figure
1, nous avonsprésenté
unedes-cription
de larépartition
des classes defréquence
des 4 groupes depathologie
retenus au cours despériodes
de stabulation hivernale et depâturage.
Dans lapremière période,
8 % desexploitations
n’ont déclaré aucunepathologie podale
au coursdes années 79-80 ; elles sont 9 % en
période
esti-vale. Sur l’ensemble del’année,
aucuneexploita-tion n’est indemne de ce
problème.
Lesfré-quences varient sur l’ensemble de la
période,
se-lon les
exploitations,
de 2,1 % à 98,8 %.Cependant,
les variations saisonnières sontdifficiles à
interpréter
car certainssymptômes
sont
indépendants
de la saison, comme lepanaris
(Peterse 1987)
alors que d’autresparaissent
liés àun
phénomène
saisonnier(fourbure,
fourchet,
dermatite)
lui-même de naturecomplexe.
2
/ Boiteries
et
batiment
Nous
disposons,
sur cesujet,
d’une littératureabondante et contradictoire sur
laquelle
nous nereviendrons pas
(cf.
revue deFaye
1986, Fostier etal,1983).
Dans notreéchantillon,
nous observonsdes
fréquences
pathologiques plus
élevées avecles stabulations libres
paillées
(19,3
%)
parrap-port
aux stabulations entravées(16,7 %) (figure
2).
Cette différence est d’autantplus marquée
que la durée de stabulation estlongue
et que le sol esten ciment
plutôt qu’en
terre battue(19,8
% vs2,9 % de
fréquence
pathologique
podale
-P <0,01),
ce queconfirment,
du reste, denom-breuses
enquêtes
(Peslier
1976, Rousseau 1987, Politiek 1985, Brochart etFayet
1981).
Dans les stabulations
entravées,
les stallescourtes
paraissent
plus
défavorables à la santé duLes boiteries sont t
pied (fréquence
de 14,2 % vs 9,4 % - P <0,05),
surtout pour les boiteries
d’origine
traumatique
(figure 3)
comme l’ontdéjà signalé
Maton(1987)
et
Thysen (1987).
Par
ailleurs,
le confort des animaux assuré parune litière sèche et abondante est
indispensable
à la santé dupied ;
dans les stabulations librespail-lées
lorsque
laquantité
depaille
est inférieure à5
kg/vache
et parjour,
lafréquence
des troublesmétaboliques
dupied
varie dusimple
au double(Brochart 1987).
Des auges bien
protégées
de lapluie
et des ventsdominants,
une aire d’exercice nonsou-mise aux facteurs
climatiques
extérieures, unnombre suffisant d’abreuvoirs pour les vaches constituent des normes du bâtiment
plutôt
favo-rables à la santé du
pied.
Sans doute la concentra-tion des animaux autour despoints
d’abreuve-ment, dans les stabulationslibres,
favorise lepié-tinement sur des sols d’autant
plus
humidesqu’ils
sont malprotégés
desintempéries,
cequi
accentue l’usure de la corne
(cf.
revue deRous-seau
1987).
Par ailleurs lesfréquences
observéessont d’autant
plus
élevées que la durée destabu-lation est
plus longue
(Brochart
1987,Faye
1988).
3
/ Boiteries
et
conduite
d’élevage
Les conduites
d’élevage
visent àoptimiser
la satisfaction des besoins des animaux et leurspro-ductions,
révélant aussi le «savoir-faire» del’éle-veur. En matière de
pathologie podale,
les me-surespréventives
permettant d’assurerl’intégrité
dupied,
constituent unpoint
fondamental de lagestion
dutroupeau.
Cependant
les informations recueillies sur lesméthodes
prophylactiques préconisées
pourlut-ter contre les boiteries
(passage
aupédiluve,
pa-rage
préventif)
sont difficiles àinterpréter.
Enef-fet,
lesanalyses
multidimensionnelles utilisées pour traiter ces informations(Faye
1988)
indi-quent
quel’emploi
dupédiluve s’accompagne
d’une diminution desfréquences
d’infectionspodales (1,4
vs 3,5%),
maisglobalement,
nousobservons
plus
de boiteries dans lesélevages
pos-sédant unpédiluve (21,0 %)
que dans leséle-vages
qui
possèdent
mais ne l’utilisent pas(19,2 2 %)
et surtout dans lesélevages
qui n’en
pos-sèdent pas(16,1 %).
L’écart observé entre ces2 derniers chiffres peut être
imputé
aufait, qu’en
règle générale,
la décision de la construction d’unpédiluve
par l’éleveur est associée à unproblème
important
de boiteries dans sonélevage.
De la même
façon,
le paragepréventif
deson-glons
est associé à uneplus
faiblefréquence
despathologies
infectieuses dupied (1,6
% vs 3,8%)
mais nous ne notons pas de différence
significa-tive sur l’ensemble de la
pathologie podale
(17,9
% vs 15,0%).
Arkins(1981)
observe que lepédiluve
améliore laqualité
de la corne, mais nediminue pas le taux de boiteries. De
même,
seloncet auteur, le parage
préventif
n’a pas d’effet surla
fréquence
de boiteries. Ces résultats vont dans le sens de ceux dePeslier (1976)
et de ceux de Bro-chart etFayet
(1981).
A l’inverse Millset al (1986)
observent une diminution de l’incidence desul-cères de la sole et de seimes avec un parage
pré-ventif,
et Anderson et Lundstrom(1981)
indi-quent
une diminution des troublespodaux grâce
à la
régularité
de cespratiques.
En
fait,
ces résultats contradictoires renvoient à l’interactionhygiène-phophylaxie déjà
rencon-trée pour les mammites
cliniques (Faye
etBro-chart 1986).
Eneffet,
c’ est la présence
de boiteries considérées comme unproblème
sanitairema-j
eurqui
incite l’éleveur àposséder
unpédiluve
et/ ou àpratiquer
un paragepréventif,
mais cesmé-thodes
n’impliquent
ni leur utilisationration-nelle,
ni la conscience de laprésence
d’autresfac-teurs de
risque,
enparticulier
alimentaires. Unanti-septiques,
l’utilisation de solutions tropconcen-trées pour les bains sont en effet éminemment dé-favorables à la santé du
pied (Greenough
et al1983).
Parailleurs,
on oublietrop
souvent que la meilleureprévention
des maladies reste lasur-veillance et l’observation des animaux :
lorsque
l’éleveur consacre un tempsspécial
pour obser-ver sontroupeau,
l’incidence des boiteries dimi-nue(11,9
% vs 16,8%)
enpériode
de stabulation(Faye 1988).
Enfin,
nous avons noté uneplus
forte incidence des boiteries
lorsque l’âge
moyendes
génisses
aupremier
vêlage
estplus
faible. Se-lon Dammrich(1987)
une croissance accélérée setraduit par une moins bonne
qualité
desstruc-tures osseuses, ce
qui
prédispose
aux boiteries.4
/ Boiteries
et
alimentation
4.
1
/ Complémentation
minérale
L’apport
d’uncomplément
minéral enparticu-lier sous forme de blocs à lécher
paraît
trèsfavora-ble à la santé du
pied
chez la vachelaitière,
indé-pendamment
du type de stabulation(tableau 2).
En
effet,
en cas de déficitcalcique,
Dammrich(1987)
note un accroissement des troubles os-seux et des boiteries. Nous avons d’ailleursobser-vé que les animaux atteints de fièvre vitulaire étaient
prédisposés
auxpathologies
dupied
aucours de leur carrière
(Faye
et al 1986b),
ce queconfirme
Payne
(1983)
pourqui
une balancecal-cique négative
durable induit uneostéoporose
progressive
et uneplus grande fragilité
dupied.
Les blocs à lécher ont un effet
particulièrement
bénéfique
qui peut
être associéàl’apport
d’oligo-éléments dont on sait le rôle dansla prévention
decertaines boiteries. La carence en zinc, en
parti-culier,
se traduit par une diminution de la duretéde la corne, ce
qui
rend lepied plus
sensible auxtraumatismes et aux infections
(Peslier
1976).
En l’absence decomplémentation
minérale,
Bazeley
et Pinsent(1984)
ontégalement
observé uneinci-dence
plus
élevée de troublespodaux
métaboli-ques(notamment
de fourbureaigüe).
4.
2
/
Autres
facteurs alimentaires
Plusieurs études tendent à montrer que l’ali-mentation
énergétique joue
un rôleimportant
dans le
développement
des troublesmétaboli-ques du
pied
(Peterse
et al 1984, Nilsson1973)
bien que le lien entre ration riche en
énergie
(en-silage
de maïs adlibitum)
et taux élevé deboite-ries ne soit pas très clair
(Greenough 1983).
J .
D’après Espinasse
(1974),
lesrégimes
riches enensilage
de maïs favorisent l’acidose du rumen etprovoquent
unehyperhistaminémie responsable
des fourbures
aigües.
Dans
l’enquête
Eco-pathologique,
nous avonsnoté que le
pourcentage
dequinzaines
durantlesquelles
sont distribuées des rations à based’ensilage
de maïs est de 82,6 % en l’absence decas de
fourchet,
ou de 81,6 % en l’absence de casde fourbure contre
respectivement
94,4 % et98,8 % en
présence
de l’une ou l’autre de cespa-thologies.
Dans une étudeportant
sur ladescrip-tion des
profils
de ration(Gourcy
1988)
6profils
de distribution ont été décrits : l’ensemble de la
pathologie
podale
paraît
plus
importante
dans lesélevages
oùl’ensilage
de maïs estplus
fréquem-ment distribué(24,6
% de boiterieslorsque
l’en-silage
de maïsreprésente plus
de 50 % de lara-tion cumuléee dans
l’année
vs17,1 %
lorsqu’il
enreprésente
moins de 50 %).
La
glycémie
moyenne d’étable étantplus
éle-véelorsque
la ration de basecomprend
del’ensi-lage
de maïs,plutôt
que del’ensilage
d’herbe oudes
crucifères,
Brochart(1987)
considère lava-L’ensilage
de
maïsdistribué
à volontéet l’absence de
complémentation
minérale induisent
tune
fréquence
plus
élevée des boiteries
d’origine
eLa
fréquence
des boiteriesd’origine
noninfectieuse
augmente
avec le niveau deproduction
laitière,
surtout àpartir
de la
3elactation.
leur de la
glycémie
moyenne comme unindica-teur du niveau
énergétique
dutroupeau
et définitun seuil de
risque
accru pour les boiteriesméta-boliques, lorsque
cette valeur moyennedépasse
66
mg/100
ml.Par
ailleurs,
lesfréquences
élevées de boiteriessont observées dans les
exploitations
distribuantplus
d’aliments différents dans une ration etsur-tout
plus
dechangements
de ration dans l’année(tableau
3).
5
/ Boiteries
et
production
laitière
Dans une étude
précédente
(Brochart
etFayet
1981)
une relation entre le niveau deproduction
laitière et le taux de boiteries a été mise en éviden-ce :chaque
augmentation
deproduction
de laitd’un litre par
rapport
à la moyenne des troispre-miers
contrôles, s’accompagne
d’unemajoration
de 5,8 % de lafréquence
des boiteries. Cettema-joration provient
plus particulièrement
despa-thologies
podales
métaboliques
puisque
leurfré-quence passe de 4,4 à 17,4 %
lorsque
laproduc-tion de lait
par j
our(moyenne
dupremier
mois decontrôle)
passe de 15-16kg
à 25-26kg(Brochart
1987).
Barnouin et Karaman
(1986)
ont mis enévi-dence une
augmentation
significative
de lafré-quence de
pathologie
podale
(non
infectieuse)
avec le niveau de
production, particulièrement
chez les vaches Pie-Noires en 3elactation et
plus
(tableau
4).
Ces auteurs ont
également
mis en évidence uneffet-seuil
puisqu’il
est constaté uneplus
forte in-cidence des boiteries chez les vaches Pie-Noires à3 lactations et
plus, lorsque
laproduction
laitière maximumdépasse
35kg
parjour. Globalement,
la
fréquence
de boiterie passe de 10,4 à 22, lors-que laproduction
laitière maximum passe le seuilde 3
5 kg
de laitpar j our.
Cette relationpositive
en-tre le niveau de
production
et la sensibilité auxaf-fections
podales
a étésignalée
par divers auteurs(Mortensen
et Hesselhot 1982,Shanksetal1982).
Du reste les observations concernant lacontem-poranéité
du déclenchement despathologies
po-dales chez la vache avec lapériode légèrement
postérieure
aupic
deproduction
(Faye
et al1986e, Dohooet al 1984, Brochart et
Fayet
1981,Eddy
et Scott1980)
nepeut
que renforcer lesconclusions de cette étude.
L’augmentation
de la sensibilitépathologique
avec le niveau de
production
peut
être en relation avec les niveaux nutritionnelsplus
élevés des vaches à hautpotentiel
laitier étant donné lapro-portion
plus
importante
de concentréingéré
parces animaux. Brochart et
Fayet
(1981)
ont d’ail-leurs constaté une liaisonpositive
entre la sensi-bilité aux boiteriesd’origine métabolique
etl’im-portance
desapports
azotéspar le
concentré. Ces résultats renvoient donc auchapitre
précédent
sur les relations avec l’alimentation. Enconsé-quence, le «facteur de
risque»
principal
de lapa-thologie
podale
paraît
être l’intensification.Celle-ci
s’exprime
dans nosanalyses
multidi-mensionnelles
(Faye 1988)
sur l’axeprincipal
del’analyse
factorielle. Ellecorrespond
à untype
debâtiment dominant
(stabulation libre),
descarac-téristiques
de conduited’élevage
et de structuresd’exploitation (âge précoce
desgénisses
aupre-mier
vêlage,
rapport
STH/SAUplutôt
faible),
des conduites alimentaires(ration
de basecompre-nant surtout de
l’ensilage
de maïs,pâture
estivalesur
prairie
artificielle)
et enfin par une dominantegéographique
et raciale(Grand-Ouest,
racePie-Noire).
De cepoint
de vue, laglycémie
moyenneplus
élevée dans lesélevages
fortement affectéspar les
troublespodaux,
peut
être considéréeaus-si comme un
paramètre
de l’intensification.Cependant
il est à noter que la holsteinisationprogressive
ducheptel
français
pie-noir
devrait modulerl’augmentation
desfréquences
patholo-giques
podales
que l’onpourrait
attendre de lapoursuite
del’intensification,
la vache Holstein étantréputée
moins sensible que la vache pie-noire aux affectionspodales,
endépit
d’un niveau deproduction
laitière engénéral plus
élevé.Conclusion
L’E.E.P.C.
qui
concerne un échantillond’éle-vages caractérisé par une
grande
diversité desi-tuations, tant au niveau de leur structure que de leur conduite ou de leur situation
géoclimatique
évidence comme facteur essentiel de
l’augmenta-tion du
risque
depathologies
podales,
l’intensifi-cation de laproduction
laitière,
celle-ci allant depair
avec une intensificationfourragère.
Cependant, l’augmentation
desfréquences
pa-thologiques podales
n’est pas un corollaireabso-lu de l’intensification
(indépendamment
despro-grès génétiques
liés à la holsteinisation que l’onpeut obtenir par
ailleurs).
Cette relation reflètesurtout la nécessité d’une
plus grande
maîtrise desparamètres
de l’environnement et des conduites à tenir par l’éleveurlui-même ;
lesris-ques de troubles
podaux
augmentent en effetd’autant
plus
qu’un
certain nombre derègles
d’hygiène
et de conduitesd’élevage
sont moinsrespectées
(absence
depédiluve,
absence decomplémentation
minérale,
moindre surveil-lance des animaux,etc).
Dans une étude portant sur les taurillons de
boucherie,
Morisseet al(1987)
concluaient enaf-firmant que les boiteries n’étaient que le reflet
d’un certain nombre d’excès : excès de
crois-sance et de
précocité,
excèsalimentaires,
excès desimplification
au niveau du confort et des soins.Nous pouvons sans diffilcultés
reprendre
lestermes de cette conclusion pour les
appliquer
à la vache laitière : une bonne maîtrise del’environ-nement est l’une des conditions
majeures
deréussite, au
plan
sanitaire, de l’intensification de laproduction.
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