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Submitted on 1 Jun 2020
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Faune du sol et microflore.I.Modele animal et paradoxe fonctionnel
M. Pussard
To cite this version:
M. Pussard. Faune du sol et microflore.I.Modele animal et paradoxe fonctionnel. Agronomie, EDP
Sciences, 1991, 11 (4), pp.315-324. �hal-02715584�
Zoologie (synthèse)
Faune du sol et microflore.
I. Modèle animal et paradoxe fonctionnel
M Pussard
INRA, station de recherches sur la faune du sol, 17, rue Sully, 21034 Dijon Cedex, France (Reçu le 16 mai 1990; accepté le 6 mars 1991)
Résumé — La lecture de la littérature nous apprend que la faune contribue à accroître de façon significative l’activité biologique d’un sol alors qu’elle ne participe que très peu au métabolisme global du milieu. Ce paradoxe caractérise le rôle des animaux dans le système des décomposeurs. En général, cet effet de stimulation est attribué à la libération par les animaux de substrats nutritifs supplémentaires utilisables par la microflore.
Cette interprétation n’est cependant pas compatible avec les caractéristiques biologiques du modèle animal : en rai-
son de leur forte taille individuelle et de la biomasse de leurs populations, les animaux ont une activité métabolique globalement négligeable par rapport à celle de la microflore. Le niveau de stimulation observé en leur présence ne peut donc être attribué totalement à de banales relations trophiques. Il est nécessaire d’envisager un autre méca-
nisme consommant moins d’énergie et de matières.
La comparaison des principales caractéristiques des divers groupes zoologiques montre que les protozoaires de-
vraient jouer un rôle particulièrement important dans le système saprophage et en particulier dans l’agrosystème.
faune du sol / relation animal-microflore / stimulation microbienne / activité animale / métabolisme animal
Summary — Soil animals and microflora. I. Animal pattern and functional paradox. A survey of the literature shows that the direct contribution of the fauna to total soil metabolism is negligible but that the fauna increases soil ac-
tivity significantly. This stimulating effect is generally attributed to animal activity which releases further nutriments for microflora.
This interpretation does not correspond with the biological characteristics of the animal model, due to their large size, and biomass of the animals, their metabolism is much lower than that of microflora. Animals cannot release sufficient nutriments to stimulate the microflora. Another stimulating mechanism which consumes less energy and matter there- fore has to be considered. A survey of the animal pattern shows that protozoa must play an important role in decom-
posing systems and agrosystems.
soil fauna / animal-microflora relation / microbial stimulation / animal activity / animal metabolism
INTRODUCTION
En dépit du développement des techniques de
culture hors sol, le sol demeure l’élément fonda- mental de la production végétale. Si l’efficacité des pratiques culturales de l’agriculture mo-
derne a pu donner l’impression qu’il n’était pas
nécessaire de mieux connaître les mécanismes
biologiques de la fertilité des sols, l’accumula- tion des problèmes incite actuellement à revenir à une conception plus nuancée. En ce qui
concerne les cultures hors sol, il n’est pas sans intérêt de signaler le fait que les dispositifs utili-
sés sont très rapidement colonisés par une mi- croflore et une microfaune complexes : il est
donc facile de prévoir que les facteurs biotiques
ont aussi leur importance dans ce mode d’exploi-
tation. En fait, c’est dans les milieux tels que
prairies et forêts, moins perturbés par l’activité humaine, qu’il est possible d’étudier les proces-
sus biologiques naturels complexes qui fournis-
sent à la végétation les nutriments nécessaires.
Parmi ces processus, les relations faune- microflore sont encore très imparfaitement
connues.
Dans ce travail, l’objectif que l’on s’est fixé est de préciser les principaux modes d’action de la faune sur l’activité microbienne et cela sans se
perdre dans l’infinie diversité des situations lo- cales liée à la nature du sol, au climat, à la végé-
tation, aux pratiques culturales, aux chaînes tro-
phiques considérées, etc.
Une abondante littérature a été consacrée au
rôle de la faune dans le sol (en particulier Peter-
sen et Luxton, 1982; Coleman, 1985; Anderson et al, 1985; Lebrun, 1987; Lavelle, 1988; Ander- son, 1988; Persson, 1989). Dans l’ensemble, le rôle attribué aux animaux est paradoxal. En effet
de très nombreux auteurs, travaillant dans des conditions différentes, ont conclu à un très net effet de stimulation de tous les processus de dé-
gradation de la matière organique en présence
d’animaux. À titre d’exemple, nous évoquerons
ici 2 publications très souvent citées bien que leurs conclusions soient quelque peu contes- tées. Kurcheva (1960), puis Edwards et Heath (1963) ont montré qu’en présence d’animaux, la décomposition des feuilles de chêne est 3-5 fois
plus rapide qu’en présence de la seule micro- flore. Ce phénomène de stimulation lié à la faune est tout à fait général : il se manifeste
aussi en milieu aquatique et en microcosmes
simplifiés où les résultats sont moins contes- tables (Barsdate et al, 1974; Fenchel et Harri-
son, 1975). Le paradoxe réside dans le fait que l’intensité de la stimulation observée ne semble pas être en rapport avec le faible niveau des ac-
tivités animales, niveau qui ressort des 2 consta-
tations suivantes :
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les animaux ne représentent que 20% de la biomasse des organismes vivant dans le sol, ra- cines exceptées (Bessard, 1961);
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