Réalisation d’un pansement simple DEFINITION
Nettoyage et/ou désinfection afin de protéger une plaie ou une partie traumatisée du corps par la mise en place d’un matériel de recouvrement, en appliquant les règles d’hygiène pour éviter une infection ou une surinfection de la plaie. Le choix de la technique ainsi que la fréquence de réfection des pansements dépendant du risque infectieux :
- Les plaies aiguës à faibles risques infectieux
o cicatrice post-opératoires simples suturées par agrafes ou par fils - les plaies aigües à risques infectieux modérés
o cicatrices post-opératoires comportant des lames, des drains, des mèches ou des fixateurs externes
- les plaies aiguës à risques infectieux élevés
o plaies délabrées (perte de substance importante) o plaies post-opératoires traumatiques
o moignons d’amputation ouverts o pansement de greffes de lambeaux o plaies infectées
LEGISLATION
Article R.4311-5 du CSP :
Dans le cadre de son rôle propre, l’infirmier ou l’infirmière accomplit les actes ou dispense les soins suivants visant à identifier les risques et à assurer le confort et la sécurité de la personne et de son environnement et comprenant son information et celle de son entourage :
Réalisation, surveillance et renouvellement des pansements non médicamenteux.
Article R.4311-7 du CSP :
L’infirmier ou l’infirmière est habilité à pratiquer les actes suivants soit en application d’une prescription médicale qui, sauf urgence, est écrite, qualitative et quantitative, datée et signée, soit en application d’un protocole écrit, qualitatif et quantitatif, préalablement établi, daté et signé par un médecin :
8°) Renouvellement du matériel de pansements médicamenteux ; 9°) réalisation et surveillance de pansements spécifiques ;
13°) Renouvellement et ablation des pansements médicamenteux, des systèmes de tamponnement et de drainage, à l’exception des drains pleuraux et médiastinaux.
Arrêté du 20 mars 2012 fixant la liste des dispositifs médicaux que les infirmiers sont autorisés à prescrire :
Article 2 : les infirmiers sont autorisés, lorsqu’ils agissent pendant la durée d’une prescription médicale d’une série d’actes infirmiers et dans le cadre de l’exercice de leur compétence, à prescrire au patient les articles pour pansement :
1. Articles pour pansement :
― pansements adhésifs stériles avec compresse intégrée ;
― compresses stériles (de coton hydrophile) à bords adhésifs ;
― compresses stériles de coton hydrophile non adhérente ;
― pansements et compresses stériles absorbants non adhérents pour plaies productives ;
― compresses stériles non tissées ;
― compresses stériles de gaze hydrophile ;
― gaze hydrophile non stérile ;
― compresses de gaze hydrophile non stériles et non tissées non stériles ;
― coton hydrophile non stérile ;
― ouate de cellulose chirurgicale ;
― sparadraps élastiques et non élastiques ;
― filets et jerseys tubulaires ;
― bandes de crêpe en coton avec ou sans présence d'élastomère ;
― bandes extensibles tissées ou tricotées ;
― bandes de crêpe en laine ;
― films adhésifs semi-perméables stériles ;
― sets pour plaies.
Drain pleural
OBJECTIFS
Prévenir le risque infectieux d’une plaie en respectant les règles d’hygiène et d’asepsie
Favoriser la cicatrisation de l’épiderme
Protéger une plaie opératoire, traumatique ou superficielle
Apprécier l’efficacité du traitement local en termes de cicatrisation
Assurer le confort du patient
Assurer une compression en cas d’hémorragie.
PREPARATION DU MATERIEL
Solution hydroalcoolique
Gants à usage unique non stériles
Gants stériles ou pinces stériles
Set à pansement stérile comprenant : o Compresses stériles non tissées o Pinces stériles
o Champ stérile
Set à pansement : Vérifier l’intégrité, la propreté, la date de péremption
Sac DASRI et DAOM
Antalgique si nécessaire sur prescription médicale
Ruban adhésif
REALISATION DU SOIN
Les plans de travail utilisés sont propres.
1. Préalables au soin :
Friction hydroalcoolique à chaque fois que cela est nécessaire Bande de crèpe velpeau
Rassembler le matériel nécessaire à la réfection du pansement simple
Vérifier date de péremption, intégrité, propreté du matériel utilisé
Prévenir le patient de la réfection de son pansement
Questionner le patient sur d’éventuelles allergies (sparadrap)
Contrôler que le patient a bénéficié d’une toilette et que le lit est propre
S’assurer que l’entretien de la chambre a été effectué
Vérifier la faisabilité du soin : o Consentement du patient o A distance des repas
o Absence d’examen ou de séance de rééducation…
Lavage simple des mains avant le soin
Le chariot de soin ou l’adaptable du patient sont nettoyés et désinfectés (lavette imprégnée d’un produit détergent-désinfectant)
2. Déroulement du soin :
- Mettre la présence, fermer porte et fenêtre - Installer le sac à déchet (DASRI +DAOM)
- Positionner le chariot au plus près du patient et de manière à ne pas lui tourner le dos - Adapter la hauteur du lit (hauteur des hanches du soignant)
- Effectuer une friction hydro-alcoolique
- Mettre le tablier à usage unique (si risque d’éclaboussure ou d’exposition à des liquides d’origine biologique)
- Installer confortablement le patient en respectant sa sécurité et sa pudeur - Mettre une alèse à usage unique pour protéger le lit
- Retirer le pansement sale à l’aide d’une paire de gants non stériles - Jeter les gants et le pansement « sale » dans le sac DASRI
- Effectuer une friction hydro-alcoolique
- Ouvrir le set à pansement en prenant garde de ne pas toucher les bords stériles du blister
-
1ère possibilité : avec gants stériles
- Enfiler un des gants stériles pour organiser le set et mettre le sérum physiologique dans le compartiment du blister avec l’aide de la main propre mais non gantée.
- Enfiler le deuxième gant stérile et procéder au soin. Une seule main ira au contact du patient, l’autre ne sera en contact qu’avec le set à pansement.
2ème possibilité : avec pinces stériles
- Ouvrir l’opercule du blister et se servir de la partie interne de l’opercule stérile pour attraper le champ stérile.
- Déplier le champ stérile sur le chariot de soin en prenant soin de ne pas le déstériliser.
Pour cela garder un repli qui sera déstérilisé.
- Se servir de l’opercule interne pour saisir les pinces, attraper avec les mains propres l’extrémité des pinces (qui ne sont alors plus stériles) et les déposer sur le champ stérile en prenant soin de les disposer de manière à ce que la partie déstérilisée des pinces soit en contact avec le repli du champ non stérile.
- Utiliser la pince à disséquer (pince verte) pour saisir une compresse stérile.
- Imbiber la compresse de sérum physiologique et la transférer sur la pince kocher (pince bleue) de manière à former un tampon
- Nettoyer la plaie en respectant le principe du plus propre au plus sale.
- Jeter le tampon dans le sac DASRI
- Répéter le geste avec un nouveau tampon non imbibé et sécher la plaie par tamponnement.
- Jeter la compresse dans le sac DASRI
- Appliquer selon prescription une interface médicamenteuse (alginate, hydrocolloïde, hydrocellulaires, irrigo-absorbant, alginate,…)
- En fonction du type d’interface médicamenteuse, recouvrir de compresses stériles - Mettre un pansement occlusif sur la plaie.
- Effectuer une friction hydro-alcoolique
- Evacuer le matériel à usage unique dans le sac DASRI - Enlever la protection du lit
- Réinstaller le patient de manière confortable
- Oter le tablier à usage unique et le jeter dans le sac DASRI
- Désinfecter le chariot à l’aide d’une lingette imprégnée d’un produit détergent- désinfectant
- Oter la présence
- Evacuer les déchets selon la filière adaptée - Procéder à un lavage simple des mains
- Noter la réalisation du soin dans le dossier de soin en précisant : o Le site de réalisation du pansement
o L’évolution de la plaie
o Le déroulement de la cicatrisation o Les produits utilisés
Points de vigilance :
- Ne jamais passer le tampon souillé au-dessus du set ou du champ
- Dans le cas d’une adhérence de la compresse à la plaie, verser du chlorure de sodium isotonique à 0.9% et décoller le pansement à l’aide d’une pince stérile.
- Appliquer le principe d’hygiène des pinces : une pince qui va au contact du patient et une pince qui est utilisée UNIQUEMENT pour le set.
- Observer le pansement, la plaie et l’état cutané à proximité : couleur, odeur, présence d’un exsudat.
- Dans l’éventualité de la présence de plusieurs plaies : appliquer le principe d’hygiène, de la plaie la plus propre à la plaie la plus sale / ou de la plaie la plus haute à la plaie la plus basse.
- Il est recommandé de ne pas désinfecter des plaies non infectées : les rincer au sérum physiologique à 0.9%. L’antisepsie est nécessaire en cas de plaies souillées ou lors de signes évidents d’infection.
ELEMENTS DE SURVEILLANCE
- Aspect extérieur des compresses ou du matériel du pansement lors de l’ablation : absence ou présence d’un écoulement, couleur, odeur ;
- Aspect de la plaie et de son environnement : coloration des tissus (rouge = épidermisation, jaune = tissu nécrotique humide avec exsudat, noir= nécrose des tissus), présence d’une induration, de lésions cutanées à type d’irritation, de réaction allergique, d’excoriations, d’un hématome, d’un saignement, d’une réaction inflammatoire (douleur, chaleur, rougeur, œdème) ;
- Douleur à la palpation ou douleur spontanée ;
- Etat de cicatrisation : nécrose, bourgeonnement, épidermisation ;
- Mensuration de la plaie : taille, profondeur et éventuellement volume pour la surveillance clinique de la cicatrisation ;
- Production de sécrétions : quantité et aspect de l’écoulement couleur, consistance, odeur) ;
- Degré de participation du patient au soin.
CRITERES DE QUALITE DU SOIN : E.C.O.R.S.E.T.
Economie : du matériel utilisé
Confort : installation du patient et du soignant
Organisation : préparation du soin et recueil d’information auprès du patient, gestion de l’espace
Relation : communication avec le patient, observation du patient
Sécurité : règles d’hygiène, absence de danger
Ergonomie : du soignant
Traçabilité : dans le dossier de soins
INFORMATION-EDUCATION DU PATIENT
- Informer le patient sur le déroulement du soin, lui dire que le procédé est indolore ou va créer un inconfort passager s’il y a lieu ;
- Sensibiliser le patient à la surveillance de son pansement et lui demander de prévenir s’il ressent quelque chose d’anormal sous son pansement, ou s’il constate que son pansement tient mal, ou s’il est mouillé ou s’il y a présence de sang ;
- Avant la sortie du patient :
o Apprendre au patient avant la sortie la manière d’ôter le pansement (dans le sens de la cicatrice ;
o Expliquer au patient comment protéger son pansement avant la douche ; o Sensibiliser le patient au lavage simple des mains ;
o Vérifier l’acquisition des gestes.
o Inciter le patient à boire et à manger pour favoriser le processus de cicatrisation.
INCIDENTS-ACCIDENTS-COMPLICATIONS
- Si matériel de pansement déstérilisé, changer de set à pansement
- Si évolutions non favorable de la plaie, prévenir le médecin et montrer la plaie
- Si pansement saturé par des liquides biologiques (exsudats, sang…) refaire le pansement autant de fois que nécessaire (risque de macération et d’infection).
- Si allergie au sparadrap, prévoir un filet de contention pour maintenir le pansement, ou commander du matériel hypoallergénique.
- Si retrait du pansement douloureux : prévoir un solvant, imbiber les contours du pansement.
PREVENTION DES RISQUES-PROTECTION DU SOIGNANT Prévention de l’infection :
- Se laver les mains avant et après le soin au patient afin d’éviter de contracter ou de disséminer des agents pathogènes surtout en cas de contact avec des substances d’origine biologique
- Porter des gants à usage unique non stériles pour l’ablation du pansement ou en cas de risque avec des liquides d’origine biologique (méchage, manœuvres de compression en cas de saignement…)
- Porter une blouse à usage unique si risque de souillure pour une plaie très suintante ou des écoulements, ou une irrigation de plaie.
- Décontaminer le chariot de soin ou les surfaces utilisées pour la réfection du pansement.
- Désinfecter selon le protocole en vigueur, les dispositifs médicaux réutilisables avant transport à la stérilisation centrale.
Prévention des lombalgies :
- Coordonner ses gestes avec ceux du soignant aidant lors de l ‘installation d’un patient dépendant.
- Monter le lit à hauteur des hanches pour ne pas se pencher au-dessus du patient