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Academic year: 2022

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Submitted on 5 Nov 2013

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Les politiques et actions internationales de solidarité numérique à l’épreuve de la diffusion des TIC en Afrique

de l’Ouest : bilan et perspectives

Destiny Tchehouali

To cite this version:

Destiny Tchehouali. Les politiques et actions internationales de solidarité numérique à l’épreuve de la diffusion des TIC en Afrique de l’Ouest : bilan et perspectives. Histoire. Université Toulouse le Mirail - Toulouse II, 2013. Français. �NNT : 2013TOU20020�. �tel-00879871�

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Au cours de ces quatre dernières années, ces vers de Victor Hugo m ont tant de fois inspiré et m ont motivé à ne jamais renoncer face au défi de réalisation de cette thèse qui, des fois, s apparentait à la sempiternelle tâche de Sisyphe. Avant tout, c est grâce au soutien moral indéfectible de mes proches (parents et amis) que j ai pu trouver le supplément d âme nécessaire pour gravir les obstacles dressés sur mon parcours. Merci à mon père, le premier docteur de la famille, pour m avoir transmis la passion de la recherche. Merci à ma mère et mes s urs pour leur réconfort et leurs encouragements permanents. Malgré les moments nostalgiques liés à la distance et à la séparation, nos échanges téléphoniques réguliers m ont souvent donné des ailes et m ont permis de tenir le cap. Que tous les membres de ma famille et les amis qui se sont souvent préoccupés de l avancée de cette recherche trouvent ici l expression renouvelée de l estime que je leur porte.

Mes profonds remerciements vont surtout à l endroit d Emmanuel Eveno et d Olivier Sagna, qui ont accepté de co-diriger cette thèse et sans qui je n aurais pas pu réussir cet important rite de passage au sein de la communauté scientifique. Ils ont cheminé avec moi en éclairant mes tâtonnements loin des sentiers battus d une recherche encore exploratoire en matière de géographie de la société de l information en Afrique. Merci d avoir cru dans la faisabilité de ce projet de thèse et d y avoir consacré un précieux temps d encadrement scientifique. Plus que de simples guides, vous m avez suivi en me soutenant fermement face aux périls qui me guettaient dans cette aventure aussi particulière d une thèse menée dans le cadre d une convention industrielle de formation par la recherche (CIFRE). C était un peu comme si vous m aviez appris à rouler en vélo en me laissant diriger tout seul le guidon, mais en n étant jamais bien loin pour m éviter des risques de chutes et me remettre sur le droit chemin. Merci donc pour cet apprentissage stimulant et pour votre constante attention.

Je ne saurais oublier d adresser mes sincères remerciements à Jean Pouly, ancien Directeur de l Agence mondiale de solidarité numérique, pour les responsabilités de « Chargé d Etudes TIC » qu il a bien voulu me confier pendant les quatre années passées au sein de l Agence.

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Je témoigne également ma reconnaissance aux chercheurs, membres de l équipe du Lisst-cieu,

en particulier à Jean-Jacques Guibbert (pour son écoute et ses conseils avisés), à Mathieu Vidal (pour m avoir permis d effectuer des vacations d enseignement entre 2009 et

2012 dans le Master e-Administration et Solidarité numérique) et à Françoise Desbordes (pour les notions de bases en cartographie).

Dans cette aventure humaine, mon chemin a croisé celui des « marchands du rêve numérique », ceux-là qui vendent la solidarité et entretiennent la dépendance pour servir leurs seuls intérêts économiques en proclamant les TIC comme la solution exclusive pour le développement de l Afrique. Mais, ce n est pas de ceux-là que j ai envie de me souvenir.

Je ne retiendrai que le souvenir de mes rencontres avec des hommes et des femmes engagés et soucieux d un développement numérique durable du continent africain. A défaut de pouvoir tous

les nommer sans en oublier, je présente mes sincères remerciements à toutes ces personnes-ressources (experts, consultants, chargés de mission, élus, représentants de

collectivités, responsables d ONG, chefs d entreprise, porteurs ou bénéficiaires de projets de solidarité numérique, ) qui ont contribué aux réflexions sur mes travaux et que j ai rencontrés lors de mes terrains de recherche (Cotonou, Dakar) ou à l occasion de colloques internationaux (Saint-Louis, Bamako, Cotonou, Montréal, Paris, Genève )く"

Enfin que ceux qui ont accepté de relire le manuscrit de la thèse et de partager sans complaisance avec moi leurs observations trouvent ici l expression de ma profonde gratitude.

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LISTE DES SIGLES & ACRONYMES

ACE : Africa coast to Europe ADEN : Appui au désenclavement numérique ADSL : Asymmetric digital subscriber line AFD : Agence française de développement AfrISPA : African Internet Service Providers Association

AGETIC : Agence des technologies de l information et de la communication

AISI : African information society initiative AMSN : Agence mondiale de solidarité numérique ANAIS : Advisory network for African information strategies

ANT : Actor-Network Theory

APC : Association for progressive communications ARDESI : Agence régionale pour le développement de la société de l'information

ARTESI : Agence régionale des technologies et de la société de l'information en Ile de France

ASN : Agence mondiale de solidarité numérique AUF : Agence universitaire de la Francophonie

BAD : Banque africaine de développement BIT : Bureau International du Travail

CABECA : Capacity building for electronic communication in Africa

CATIA : Catalysing access to ICTs in Africa CEA : Commission économique des Nations unies pour l Afrique

CED : Centre d enseignement à distance

CEDEAO : Communauté économique des états de l Afrique de l ouest

CERENUM : Cellule régionale du Numérique CERTU : Centre d études sur les réseaux, les transports, l urbanisme et les constructions publiques CGLU : Cités et Gouvernements locaux unis

CIADT : Comité interministériel d aménagement et de développement du territoire

CIEDEL : Centre international d études en développement local

CIEU : Centre interdisciplinaire d études urbaines CIFRE : Convention industrielle de formation par la recherche

CIPACO : Centre sur les politiques internationales des TIC en Afrique du Centre et de l'Ouest

CMI : Centre mondial informatique CNF : Campus numérique francophone

CNRS : Centre national de recherche scientifique CNUCED : Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement

COMESA : Common market for Eastern and Southern Africa

CRAPS : Convention de recherche pour l'action publique et sociétale

CRDI : Centre de recherches pour le développement international

CRIS : Communications Rights in the Information society

CSDPTT : Coopération-solidarité-développement aux PTT

CSTD : Commission de la science et de la technique au service du développement

CUF : Cités unies France

DAECT : Délégation à l action extérieure des collectivités territoriales

DAS : Dynamique de l ajustement structurel DEEE : Déchets d équipements électriques et électroniques

DFID : Departement for international development

DFN : Direction de la Francophonie numérique

DGCID : Direction générale de la coopération internationale et du développement

DGT : Direction générale des télécommunications DIENA : Délégation interministérielle à l éducation numérique en Afrique

DUI : Délégation aux usages d Internet

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" Α"

DSA : Digital solidarity Agency DSF : Digital solidarity Fund

EACN : European association for communities networking

EASN : E-Administration et solidarité numérique ECOSOC : Economic and social council EEE : Equipements électriques et électroniques EPT : Education pour tous

ERISA : European regional Information society Association

FAI : Fournisseur d accès à Internet

FING : Fondation internet nouvelle génération FMI : Fonds monétaire international

FMSN : Fonds mondial de solidarité numérique FSN : Fonds mondial de solidarité numérique GAID : Global Alliance for ICT and development GAMF : Groupe d action sur les mécanismes de financement

GCD : Global cities dialogue

GEANT : Groupe d experts (du G8) sur l accès aux nouvelles technologies

GII : Global information infrastructure

GIPENA : Groupement d intérêt public pour l Education numérique en Afrique

GKP : Global Knowledge Partnership

GSMA : Global system for mobile communications Association

GTGI : Groupe de travail sur la gouvernance de l internet

HCPA :High-performance computing act

ICANN : Internet corporation for assigned names and numbers

ICT4D : Information and communication technologies for development

IDH : Indice de développement humain IDI : ICT development index

IFADEM : Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres

IICD : Institut international pour la communication et le développement

IPAO : Institut Panos Afrique de l Ouest ISOC : Internet Society

IXP : Internet exchange point

LCEN : Loi pour la confiance dans l économie numérique

LISST : Laboratoire interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires

LSI : Loi sur la société de l information

MAEE : Ministère français des Affaires Etrangères et Européennes

MAPI : Mission interministérielle à l accès public à l internet, à l informatique et au multimédia

NEPAD : Nouveau partenariat pour le développement de l Afrique

NICI : National information and communication infrastructure

NII : National information infrastructure

NOMIC : Nouvel ordre mondial de l information et de la communication

NRA : N ud de raccordement d abonnés NRI : Networked readiness index O3B : Other 3 billions

OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques

OLPC : One Laptop Per Child OI : Organisation internationale

OIF : Organisation internationale de la Francophonie OIG : Organisation inter-gouvernementale

OKN : Open Knowledge Network

OMC : Organisation mondiale du commerce ONU : Organisation des Nations unies

ONUDI : Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI)

ONG : Organisation non-gouvernementale

OSIRIS : Observatoire sur les systèmes d information, les réseaux, et les inforoutes au Sénégal

PAA : Plan d action pour l Afrique

PADIS : Pan-african development information system PAGSI : Programme d actions gouvernementales pour la société de l information

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" Β"

PARAES : Plan d action régional africain sur l économie du savoir

PAS : Programme d ajustement structurel PeD : Pays en développement

PIDC : Programme international pour le développement de la communication

PII : Programme intergouvernemental d informatique PIPT : Programme Information pour tous

PMA : Pays les moins avancés

PNUD : Programme des Nations unies pour le développement

PNUE : Programme des Nations unies pour l environnement

PSIDA : Partenariat de la société de l information pour le développement de l Afrique

RAFT : Réseau en Afrique francophone pour la télémédecine

RASCOM : Regional African satellite communication Organization

REPTA : Réseau Education pour tous en Afrique RINAF : Réseau informatique régional pour l Afrique RIO : Réseau intertropical d'ordinateurs

RMI : Revenu minimum d insertion

RNEL : Ressources numériques d'Enseignement libres ROCARE : Réseau ouest et centre africain de recherche en Education

SADC : Southern-African development community SAHEL : Satellite African e-HEalth vaLidation SAT : South Atlantic telecommunications

SCAC : Service de coopération et d action culturelle SIC : Sciences de l information et de la communication SIG : Système d information géographique

SIUP : Système d information urbain populaire SLEC : Société locale d exploitation du câble

SMSI : Sommet mondial sur la société de l information SPIDER : Swedish Program for ICT in DEveloping Regions

TBI : Tableau blanc interactif TSF : Télécom Sans Frontières

TIC : Technologies de l information et de la communication

TICD : Technologies de l information et de la communication pour le développement TICE : Technologies de l information et de la communication pour l enseignement

TICpD : Technologies de l information et de la communication pour le développement

TNI : Tableau numérique interactif UA : Union africaine

UAT : Union africaine des télécommunications UE : Union européenne

UEMOA : Union économique et monétaire ouest- africaine

UIT : Union internationale des télécommunications UNESCO : United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization

UNITAR : United Nations Institute for training and research

USAID : United States Agency for international development

UTM : Université de Toulouse le Mirail UVA : Université virtuelle africaine

VECAM : Veille européenne et citoyenne sur les autoroutes de l'information et le multimédia WACS : West Africa cable system WASC : West African submarine cable

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LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Evolution du secteur des TIC dans le monde sur la période 2001-2011 ... 52

Figure 2 : Les étapes argumentatives de la rhétorique du rattrapage technologique ... 62

Figure 3 : Nombre d utilisateurs d Internet en Afrique, au 30 juin 2012 (comparativement au reste du monde) ... 65

Figure 4 : Taux de pénétration d Internet dans le monde (par régions géographiques) au 30 juin 2012 ... 66

Figure 5: Taux de pénétration d Internet dans les ménages en 2011 (comparaison entre pays développés et pays en développement) ... 68

Figure 6 : Progression du nombre d abonnés au téléphone mobile, par niveau de développement, dans les années 2000, 2005 et 2011 ... 92

Figure 7 : Contraste entre la croissance du nombre d abonnés au mobile et le déclin des lignes fixes entre 2006 et 2009 ... 93

Figure 8: Nombre d abonnés au téléphone mobile par 100 habitants, de 2001 à 2011 ... 94

Figure 9 : Nombre de lignes téléphoniques par 100 habitants, de 2001 à 2011 ... 94

Figure 10 : Progression du nombre d utilisateurs accédant au réseau de téléphonie mobile hors du réseau électrique, sur la période 2009-2015 ... 95

Figure 11 : Evolution de l adoption des politiques nationales des TIC entre 2000 et 2005 ... 178

Figure 12 : Etat des lieux de l adoption des politiques nationales des TIC dans les pays africains (en février 2011) ... 179

Figure 13 : Etat des lieux du raccordement du continent africain aux câbles sous-marins en fibre optique, de 1999 à 2013 ... 187

Figure 14 : Chaîne de valeurs d'un projet de solidarité numérique (extrait du Guide de la coopération décentralisée pour la solidarité numérique, p.58) ... 190

Figure 15 : Carte cognitive des politiques internationales de solidarité numérique ... 199

Figure 16: Jeu de rôle entre acteurs de la solidarité numérique ... 210

Figure 17 : Cartographie du système et des jeux d acteurs de la solidarité numérique à l échelle Nord-Sud ... 242

Figure 18 : Répartition des répondants en fonction de leurs activités professionnelles ... 246

Figure 19 : Les freins à la diffusion et à l appropriation des TIC en Afrique ... 248

Figure 20 : Les aspects prioritaires de la fracture numérique à traiter dans la mise en uvre des politiques de solidarité numérique en Afrique ... 254

Figure 21 : Les missions de l Agence mondiale de solidarité numérique ... 269

Figure 22 : Appréciation de l efficacité des actions de l Agence mondiale de solidarité numérique par rapport à la promotion des TIC dans les pays africains ... 272

Figure 23 : Répartition thématique et sectorielle des projets de solidarité numérique menés dans le cadre de la coopération décentralisée entre 2006 et 2012 ... 292

Figure 24 : Cartographie des partenariats de coopération décentralisée dans le domaine de la solidarité numérique ... 294

Figure 25 : Les apports des systèmes spatiaux à la télémédecine ... 354

Figure 26 : Vue d ensemble des projets pilotes de télémédecine au Burkina-Faso ... 357

Figure 27 : Carte des exportations mondiales d équipements électriques et électroniques ... 360

Figure 28 : Carte des flux transnationaux de déchets électroniques à travers le monde ... 364

Figure 29: Cycle de vie d un ordinateur (d après OECD et King et al., 2004) ... 366 Figure 30: Modélisation d un circuit de réemploi de matériel informatique dans le cadre d un projet de solidarité numérique... 368"

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INTRODUCTION GENERALE

Les technologies de l information et de la communication (TIC)1 se diffusent encore de façon inégale entre pays industrialisés et pays en développement, mais également à l intérieur de ces pays et entre les pays appartenant au même ensemble géographique. Les possibilités offertes par l accès et les usages des TIC peuvent être exploitées à des fins de croissance économique et de développement humain, mais ces possibilités ne sont pas à la portée de tout le monde. L écart se creuse ainsi entre ceux qui ont les moyens d accéder aux outils de communication et de les utiliser efficacement et tous ceux qui ne disposent pas de revenus, ou de compétences pour pouvoir tirer profit de ces outils. Ce phénomène de polarisation dans la société dite de l information est communément appelé « fracture numérique ». Le concept de fracture numérique qui a fait son apparition sur la scène internationale vers le milieu des années 1990 est habituellement décrit comme le résultat des différences d accès et d utilisation des TIC en général et de l Internet en particulier. Ainsi, les indicateurs statistiques pour mesurer la fracture numérique révèlent des écarts entre catégories sociales, selon des variables démographiques (âge, genre, type de ménage), socioprofessionnelles (éducation, emploi, statut, revenu) ou géographiques (habitat, localisation, caractéristiques régionales, facteurs géopolitiques).

Parallèlement aux discours publics qui soulignent le caractère problématique de la fracture numérique et insistent sur la nécessité d utiliser les TIC comme des outils pour contribuer aux objectifs de réduction de la pauvreté, de nombreuses recherches en sciences sociales ont contribué à l intelligibilité du concept. Ces recherches rendent compte à l unanimité des déficits théoriques de la fracture numérique, qui reste un concept « boiteux » 2 et difficile à appréhender compte tenu de ses contours flous et de ses usages hétérogènes. Ben Youssef distingue quatre dimensions de la fracture numérique : « La première est centrée sur les inégalités économiques et sociales liées à l accès aux équipements et aux infrastructures (fracture de premier degré). La deuxième attribue les fractures numériques aux usages liés aux TIC [ ]. La troisième concerne l efficacité des usages. [ ] Le quatrième type renvoie aux modalités d apprentissage dans une économie fondée sur la connaissance.3».

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1 Qualifiées de « nouvelles » (NTIC), il y a quelques années encore, les TIC ou ICT en Anglais (Information and Communication Technologies) désignent l ensemble des techniques, services et applications utilisés dans le traitement et la transmission des informations dans les domaines de l'informatique, de l'Internet, de la télématique et des télécommunications. Les supports matériels couramment considérés comme TIC vont du téléphone à l ordinateur en passant par la télévision et Internet. Sans être exclusifs, notre recherche privilégiera comme objet d étude l Internet et dans une moindre mesure l ordinateur et le téléphone.

2 Cf. PIMIENTA Daniel, « Fracture numérique : un concept boiteux ? », Annuaire suisse de politique de

développement [En ligne], Vol. 22, n°2 | 2003, mis en ligne le 17 mars 2010, Consulté le 03 avril 2013.

URL : http://aspd.revues.org/526

3 BEN YOUSSEF Adel, « Les quatre dimensions de la fracture numérique », Réseaux, 2004/5 n° 127-128, pp. 181-209, p.184. URL http://www.cairn.info/revue-reseaux-2004-5-page-181.htm

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Ces distinctions illustrent l aspect multidimensionnel de la fracture numérique. Elles suggèrent une approche plus holistique dans la manière d aborder cette problématique compte tenu du fait qu il existe de multiples fractures numériques. Celles-ci recouvrent des réalités complexes qui sont occultées par la tendance consistant à concevoir la fracture numérique comme une simple ligne de démarcation entre des personnes qui seraient « dans » la société de l information et d autres qui en seraient « en dehors ». Or c est bien cette vision réductrice qui est véhiculée dans les discours promotionnels de la société de l information. Ces discours présentent la problématique de la fracture numérique sous l unique perspective matérielle et techniciste de l accès aux TIC, ignorant la prise en compte des aspects cognitifs et culturels liés aux usages et aux processus d appropriation. Comme l écrit Ben Youssef, « tout se passait comme s il suffisait à un individu de se connecter pour passer de l autre côté de la barrière numérique4».

Dans ce contexte, la pertinence de la diffusion et des usages des TIC dans les pays en développement a donné lieu à de nombreux débats au niveau international sur les potentialités

réelles des TIC, leur rôle, leurs applications sectorielles et leurs impacts politiques, socio-économiques et culturels. Au centre des préoccupations, la question des infrastructures et

des équipements mobilisait beaucoup l attention, l accès étant considéré comme une étape précédant les usages. En effet, la justification de la lutte contre la fracture numérique au niveau international s appuie sur l idée que les différences au niveau de l accès aux TIC comportent des risques d exclusion de la société de l information qui peuvent être transformés dans des opportunités en termes d intégration sociale et économique. La conférence du G7 sur la société de l information organisée par l Union européenne à Bruxelles en 1995 et celle de Midrand (Afrique du Sud) en 1996 ont lancé un appel pour « une vision partagée de l enrichissement humain » et ont permis d inscrire la fracture numérique comme une priorité de l agenda politique international.

Toujours est-il qu à cette époque, nombre d observateurs, notamment des leaders d opinion et des membres actifs de la société civile dans les pays du Sud s inquiétaient des motivations et des éventuels intérêts qui se cachaient derrière cette soudaine mobilisation des pays industrialisés et des organismes internationaux pour réduire la fracture numérique dans les pays en développement. La véritable question était de savoir si les nouveaux mécanismes qui allaient être mis en place pour lutter contre la fracture numérique pourraient sortir des logiques classiques du système de la coopération internationale. Celles-ci consistaient jusque-là à concevoir des programmes « clé en main » au Nord pour apporter une réponse ponctuelle à des « problèmes »

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"BEN YOUSSEF Adel, ibid."

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sociétaux complexes au Sud, sans vraiment faire participer les acteurs de terrain et en s arrangeant pour qu une grande partie de l aide apportée génère des retombées et des intérêts beaucoup plus profitables finalement au Nord qu au Sud.

Dès 1998, l Union Internationale des Télécommunications (UIT)5 s est engagée à trouver des solutions pour aider les pays en développement à surmonter les obstacles d infrastructures technologiques et de connectivité qui les empêchent de participer véritablement à la société de l information. A travers la résolution 73 de la Conférence de plénipotentiaires à Minneapolis, l UIT prit alors la décision de contribuer à la réduction des inégalités d accès aux TIC entre les pays du Nord et les pays du Sud en créant un cadre de dialogue favorable à l édification d une société de l information équitable pour tous. C est ainsi que l Assemblée Générale de l Organisation des Nations Unies, aux termes de la résolution 56/183 du 21 décembre 2001, approuva la tenue d un Sommet mobilisateur autour des enjeux de réduction de la fracture numérique. Ce Sommet, baptisé Sommet mondial sur la Société de l Information (SMSI) s est tenu en deux phases à Genève (Suisse) du 10 au 12 décembre 2003, puis à Tunis (Tunisie) du 16 au 18 novembre 2005. Inscrite dans une démarche de concertation multi-acteurs, le SMSI s est caractérisé par l implication de plusieurs parties prenantes, y compris des représentants de la société civile6, dans les débats et dans le processus de prise de décision.

Sur une idée de l ancien Président de la République du Sénégal, Abdoulaye Wade, soutenue par des représentants des gouvernements et de la société civile africaine, un Pacte de solidarité numérique a été adopté à l issue du SMSI. Ce pacte visait à « instaurer les conditions propres de la mobilisation des ressources humaines, financières et technologiques nécessaires pour que tous les hommes et toute les femmes participent à la société de l information naissante. Une étroite coopération nationale, régionale et internationale entre toutes les parties prenantes à la mise en uvre de ce programme est indispensable7». En 2005 un Fonds (FSN, basé à Genève) et une Agence mondiale de solidarité numérique (ASN, basée à Lyon) ont été créés pour financer et mettre en uvre des projets de lutte contre la fracture numérique Nord-Sud appliqués à des domaines tels que la connectivité, l éducation numérique et la télémédecine.

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5 Depuis 1994, cette institution, par le biais de son bureau de développement des télécommunications (BDT) a organisé une série de conférences mondiales et régionales sur le développement des télécommunications, visant à assurer un équilibre mondial dans le déploiement des infrastructures de télécommunications, en accordant une attention particulière aux pays en développement (PED) et à la mobilisation des ressources nécessaires pour garantir un accès universel aux TIC et aux infrastructures de télécommunications.

6 L approche de participation multi-acteurs a constitué une innovation comparativement aux autres Sommets onusiens organisés jusque-là. En effet, lors du SMSI, les entités de la société civile et du secteur privé ont été accréditées pour assister et faire des déclarations verbales en tant qu observateurs au cours des séances publiques (pendant le processus préparatoire et pendant le Sommet lui-même).

7http://www.itu.int/wsis/outcome/booklet/plan_action_D-fr.html"

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Il est légitime de faire aujourd hui le bilan du fonctionnement de ces structures, huit années après leur création. L objectif n est pas de vérifier si l argent collecté au nom de la solidarité numérique a été utilisé là où il se doit, mais il s agit plutôt d analyser le sens donné à la solidarité numérique à travers les projets qui l incarnent. Plusieurs questions d intérêt se posent :

- Comment cette idée de solidarité numérique a évolué dans le système institutionnel global de promotion des TIC et de lutte contre la fracture numérique ?

- Les institutions promotrices de la solidarité numérique ont-elles réussi à asseoir leur légitimité et renforcer leur crédibilité au niveau international ? Quel est le bilan de leur fonctionnement ?

- Quelles ont été les modalités de mise en uvre des politiques et actions internationales de solidarité numérique dans les pays du Sud, plus particulièrement en Afrique8 ? Comment les acteurs au Sud perçoivent et apprécient les résultats des projets ou programmes mis en

uvre ?

- La coopération décentralisée dans le domaine de la solidarité numérique promeut-elle des initiatives venues de la base et modifie-t-elle positivement les approches et les pratiques de coopération Nord-Sud en matière de TIC ?

Cette thèse se fixe donc pour objectif d analyser les actions et les politiques internationales dites de « solidarité numérique » conduites ou accompagnées par l Agence mondiale de solidarité numérique (ASN) et le Fonds mondial de solidarité numérique (FSN). Cette recherche ambitionne également de mesurer au niveau local les effets générés par les politiques de coopération décentralisée menées par les collectivités territoriales françaises avec leurs partenaires africains dans le domaine de la solidarité numérique. Notre analyse tiendra compte des spécificités socioculturelles liées au contexte africain dans lequel les projets étudiés ont été mis en uvre. Elle ne se limitera pas à l appréciation des effets d adéquation ou de décalages entre l offre technologique et la demande sociale du Sud en matière de TIC. Notre démonstration s appuie en effet sur les conditions de montage des projets ou de formulation des politiques pour évaluer la teneur des engagements ainsi que la qualité et l efficience des partenariats Nord-Sud mis en uvre. Cette recherche s inscrit dans une approche interdisciplinaire mêlant lectures sociologiques, contextualisation historico-politique et analyses géographiques liées à la diffusion des TIC dans les pays en développement. Elle fera ainsi appel à un ensemble de travaux en Sciences politiques, en Sciences de l Information et de la Communication (SIC), en Sociologie de la diffusion et en Géographie des TIC.

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8 Dans cette thèse, « Afrique », « Afrique de l ouest » et « Afrique subsaharienne » seront utilisés comme des synonymes, avec des précisions, si besoin, sur les spécificités propres au continent ou à sa région occidentale.

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La thèse se structure en deux principales parties, l une composée de trois chapitres et l autre de quatre chapitres. La première partie explique comment la « communauté internationale » s est mobilisée pour lutter contre la fracture numérique Nord-Sud à travers les principes et mécanismes internationaux de financement de la solidarité numérique. Nous y présentons les discours et stratégies des promoteurs des politiques internationales de solidarité numérique qui utilisent les arguments d urgence, de développement et de rattrapage technologique.

Au-delà de faire la genèse de la solidarité numérique, le chapitre I étudie le processus de

légitimation de la solidarité numérique à travers la rhétorique du rattrapage technologique.

Ce chapitre analyse également comment les idéologies techno-marchandes et techno-humanistes sont utilisées pour alimenter le mythe de l accès universel et égalitaire aux TIC. Ce chapitre se termine par un bilan critique du Sommet mondial sur la société de l information.

Le chapitre II recense les principaux questionnements qui sous-tendent notre recherche en s attardant sur l énoncé des hypothèses relatives à la transposition du modèle occidental de la société de l information dans le contexte africain. Nous décrivons également dans ce chapitre les matériaux mobilisés dans notre corpus de recherche sur la solidarité numérique ainsi que la démarche méthodologique qui a été adoptée pour vérifier nos hypothèses.

La première partie s achève avec le chapitre III qui fait un rappel des principales politiques qui ont été menées aux Etats-Unis, en France et sur le continent africain pour promouvoir le développement des TIC. Cette tentative d historicisation des politiques publiques TIC débouche sur la présentation du système d action publique de la solidarité numérique, à travers les logiques et jeux d acteurs.

Dans la deuxième partie, nous présentons les résultats de nos enquêtes et les interprétations qui en découlent, l objectif étant de dresser un bilan des politiques et actions internationales de solidarité numérique mises en uvres ou promues par l Agence et le Fonds mondial de solidarité numérique.

Le chapitre IV se consacre ainsi à l'analyse des attentes des acteurs du secteur des TIC et du Développement par rapport aux politiques internationales de solidarité numérique. Ce chapitre recense les principaux obstacles qui freinent la mise en uvre des politiques internationales de solidarité numérique dans les pays africains. L analyse des points de vue de certains experts, avec qui nous nous sommes entretenus, complète le bilan des actions de l Agence mondiale de solidraité numérique (ASN) étudiées dans ce chapitre.

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Le chapitre V se focalise plutôt sur les modalités de mise en uvre, les effets et les limites des

actions de coopération décentralisée menés dans le domaine de la solidarité numérique Nord-Sud. Notre analyse tient compte du contexte plus global de l aide au développement

international. Ce chapitre propose également un bilan et une cartographie de l'action extérieure des collectivités territoriales françaises en matière de solidarité numérique en Afrique à partir de l étude des principaux projets menés entre 2006 et 2011.

Dans le chapitre VI, nous posons le diagnostic de la crise institutionnelle et stratégique que l Agence et le Fonds mondial de solidarité numérique ont connu. Nous y analysons les difficultés de légitimation ainsi que l échec de la stratégie d internationalisation des dispositifs

institutionnels de la solidarité numérique, en partant du constat d une gouvernance non-consensuelle et instable.

Enfin, le dernier chapitre de la thèse (chapitre VII) pose un regard critique sur les grands chantiers de la solidarité numérique. Ce chapitre dresse un état des lieux des principaux programmes menés dans des domaines tels que l éducation numérique, la télémédecine et le traitement des déchets électroniques en Afrique. Il propose en même temps des réflexions et des pistes d actions pouvant permettre à la solidarité numérique d apparaître comme un instrument au service de la participation du continent africain dans la société de l information.

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PREMIERE PARTIE :

Fractures et solidarités dans la « société de l information » : Entre urgence de

développement et rattrapage technologique

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Chapitre I La « société de l information » comme cadre de légitimation théorique des discours et politiques de lutte contre la fracture numérique Nord-Sud

La réduction des inégalités en matière d accès et d usages des TIC (essentiellement, l ordinateur, le téléphone portable et le réseau Internet) constituent une véritable préoccupation dans les

relations entre pays du Nord et pays du Sud. Malgré la prise de conscience collective et la mobilisation internationale lors du Sommet mondial sur la société de l information (SMSI), il est difficile d apprécier l impact du développement des TIC sur la construction des sociétés

africaines de l information. Dans la plupart des pays industrialisés d Europe ou d Amérique du Nord, l'usage des TIC se banalise9 et la problématique de l accès ne préoccupe qu une catégorie spécifique de la population (personnes handicapées, séniors, chômeurs, ménages à faibles revenus, ) ou des territoires à faible densité démographique (considérés comme des « zones blanches », économiquement non-rentables pour les opérateurs de télécommunication).

En revanche dans les pays du Sud, hormis la banalisation progressive du téléphone portable, l accès aux TIC, en particulier à Internet, relève encore du luxe pour les plus pauvres. En réalité, dans ces pays africains où une majorité de la population est encore analphabète et où le revenu par habitant est encore à moins d un dollar par jour, les politiques nationales TIC sont « diluées » dans de vastes chantiers gouvernementaux tels que la modernisation des services publics, la réforme de l'enseignement, ou encore l amélioration de la couverture sanitaire.

Ainsi, les politiques de développement de la société de l information, du fait de leur caractère transversal, sont reléguées au second rang, les Etats africains se fixant souvent d autres priorités comme la mise en uvre des politiques sanitaires, éducatives ou agricoles. Sur ce sujet, Jacques Bonjawo affirme que : « la vision d un développement séquentiel, axé sur des objectifs qu il conviendrait de réaliser successivement et selon un ordre de priorité préétabli et fondé sur l urgence des besoins à satisfaire, est erronée car elle considère les TIC comme un luxe que l Afrique n aurait pas les moyens de s autoriser au lieu de les envisager pour ce qu elles sont, à savoir un formidable outil de développement »10.

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9 « Ces derniers mois ont été marqués par l apparition de moult systèmes informatiques en réseau s insinuant dans les contours de la vie de tous les jours et apparaissant pour la première fois dans des produits de consommation courante comme ; des puces RFID dans des portefeuilles et des porte-monnaie, des capteurs d accélération dans des chaussures de sport, des composants GPS dans des téléphones mobiles ». GREENFIELD Adam, EveryWare. La révolution de l Ubimédia, FYP, Limoges, 2007. p.6

10BONJAWO Jacques, Révolution numérique dans les pays en développement : L exemple africain, Dunod, 2011, p.17"

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Pour ses promoteurs, la solidarité numérique constitue une nouvelle modalité d'intervention pouvant servir d instrument d action publique et de coopération au service des politiques prioritaires de développement économique et social en Afrique.

Le problème qui nous interpelle ici est que la plupart des politiques de solidarité numérique sont élaborées et décidées au niveau des pays du Nord qui souhaitent s engager dans des projets concrets de réduction de la fracture numérique dans les pays du Sud. Or, ces bonnes intentions ne sont pas toujours accompagnées de mesures visant à prendre en compte, lors du montage des

projets, l environnement socioculturel et les besoins réels des populations africaines ciblées.

Le risque d'un décalage est donc grand. C'est pourquoi l une des questions que pose cette thèse est de savoir comment les mécanismes internationaux de solidarité numérique contribuent concrètement au développement des sociétés africaines aux niveaux local, national ou régional.

De cette question découlent plusieurs autres interrogations : La solidarité numérique constitue-t-elle une forme vertueuse de solidarité territoriale qui, à travers des projets de

coopération décentralisée, contribue à autonomiser durablement les populations du Sud dans leur processus d appropriation des TIC ? Induit-elle, a contrario, des logiques d assistanat ou de dépendance technologique du Sud vis-à-vis du Nord ?

Le présent chapitre apporte des éléments de réponses à ces questionnements à travers un

argumentaire qui structure notre problématique autour de quatre angles d analyse à savoir : le mythe de l accès égalitaire et universel aux TIC, les ambitions et paradoxes idéologiques de la

société de l information, la réthorique du rattrapage technologique et le bilan du Sommet mondial sur la société de l information.

I- Du « village global » à la solidarité numérique Nord-Sud : la persistance du mythe de l universalité de l accès aux TIC

Les discours qui promeuvent ou accompagnent la mise en uvre des politiques internationales

de solidarité numérique ont souvent tendance à réactualiser le mythe du « village global ».

En effet, ces discours cherchent à justifier les stratégies de réduction de la fracture numérique Nord-Sud en recourant à une sorte d égalitarisme numérique11 en matière d accès universel, qui

serait la garantie d un changement social à l échelle planétaire. Cette idéologie12 considère que

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11 GRANJON Fabien, « Une critique de l égalitarisme numérique », in Christian Agbobli, dir., Quelle communication pour quel changement ? Les dessous du changement social, Québec, Presses de l université du Québec, coll. Communication, 2009, pp 89-97.

12BRETON Philippe, PROULX Serge, L explosion de la communication. La naissance d une nouvelle idéologie, Coll. sciences et société ; Ed. La Découverte/Boréal, Paris/Montréal, 1989, p. 239.

Références

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