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NOTESDELECTURE

Médecine

& enfance

L’analyse transcriptomique intégrative révèle les

principaux gènes des réactions allergiques aiguës à l’arachide

L’analyse transcriptomique est, en sub- stance, une technique biologique per- mettant d’étudier les mécanismes molé- culaires mis en jeu dans des processus pathologiques divers et d’étudier en une seule expérience l’expression de plu- sieurs centaines de milliers de gènes*.

Watson et al. [1]ont appliqué cette tech- nique à l’étude des gènes impliqués dans l’allergie à l’arachide chez des en- fants, avant, pendant et après l’inges- tion de l’arachide. L’étude a concerné 19 enfants allergiques à l’arachide qui ont subi un test de provocation par voie orale en double aveugle (TPODA) ver- sus placebo (poudre d’avoine). Une réac tion allergique a été obtenue pour une dose cumulée d’arachide ingérée de 1,055 g. En une autre occasion, les pa- tients ont ingéré le placebo. Des prélè- vements sanguins effectués à différents temps, avant, pendant et après le TPODA, ont permis de préciser les gènes exprimés.

Les auteurs ont observé que 6 gènes pilo- taient les réactions allergiques à l’arachi- de (LTB4R, PADI4, IL1R2, PPP1R3D, KLHL2 et ECHDC3) et activaient des centaines d’autres gènes. Il est important de savoir que ces résultats ont été repro- duits chez 21 autres enfants allergiques à l’arachide. Cette étude, dans laquelle chaque enfant est son propre témoin, a montré que les gènes impliqués étaient différents au cours des diverses phases de la réaction allergique.

Les intérêts de cette étude sont nom- breux : étudier les gènes impliqués aux cours des principales allergies alimen- taires ; comparer les individus avec et

sans allergies alimentaires ; préciser le phénotype et le génotype des sujets qui peuvent ou non répondre à une immu- nothérapie par voie orale ; étudier de nouveaux traitements et/ou techniques pour traiter (guérir ?) certaines aller- gies alimentaires. Nul doute que cette étude est le prélude à des recherches et à des découvertes fructueuses, en parti- culier pour une gestion plus individuali- sée des allergies alimentaires.

* Voir LE BÉCHEC A. : Analyse transcriptomique et biologie inté- grative,Editions universitaires européennes (EUE), 2010.

[1] WATSON C.T., COHAIN A.T., GRIFFIN R.S. et al. : « Integrati- ve transcriptomic analysis reveals key drivers of acute peanut al- lergic reactions », Nat. Commun.,2017 ; 8 :1943.

Les adolescents utilisant les e-cigarettes ont-ils un risque supérieur de devenir fumeurs ?

Dans HealthDay/News for Healthier Li- ving,Serena Gordon écrit : « L’e-cigarette n’est pas juste une “alternative plus sai- ne” de fumer pour les adolescents. De nouvelles recherches montrent que les adolescents qui vapotent sont plus à risque de fumer de vraies cigarettes dans l’année ou les années qui suivent »[1]. L’auteur de cet article indique que, selon une étude menée par Krysten Bold, pro- fesseur émérite à l’Université du Michi- gan, « lorsque les adolescents fument une e-cigarette pendant un mois, ils ont un risque sept fois plus élevé de fumer de vraies cigarettes dans le futur ». L’étu- de à laquelle il est fait allusion, effectuée en 2013-2014, a porté sur 800 adoles- cents (dont 428 filles) de trois lycées du Connecticut, âgés en moyenne de quin- ze ans, qui, en 2013, étaient 9 % à utili- ser une e-cigarette et 5 % à fumer des ci- garettes dans le mois écoulé. En 2014, ces pourcentages étaient respectivement de 12 % et de 5,4 %. En 2015, ils avaient janvier-février 2018

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L’objectif de cette nouvelle rubrique est de fournir aux lecteurs une information rapide, le soin leur étant laissé de la compléter par la ou les références biblio- graphiques qui accompagnent le texte. Ces Notes de lecturen’ont pas vocation à se substituer aux synthèses et analyses, plus exhaustives, proposées dans d’autres rubriques de la revue comme Recommandationsou Etudes.

G. Dutau,Toulouse

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encore augmenté, passant à 14,5 % et 8,5 %. Ainsi, entre 2013 et 2014, le risque de fumer de vraies cigarettes était sept fois plus élevé chez les adeptes de l’e-cigarette et quatre fois plus élevé entre 2014 et 2015.

Une recherche sur PubMednous a per- mis de voir que ce constat, important certes, n’était pas totalement un scoop, car une étude publiée en 2015 condui- sait déjà à des résultats semblables. En effet, Leventhal et al. [2] avaient voulu évaluer, chez les adolescents âgés de quatorze ans en moyenne, si l’utilisa- tion de l’e-cigarette augmentait le risque de consommer plus tard des pro- duits combustibles du tabac comme les cigarettes, les cigares et le hookah*.

L’étude portait sur 10 lycées de Los An- geles (Californie). Les étudiants, qui n’avaient jamais fumé de tabac à l’en- trée dans l’étude, étaient revus au bout de six et douze mois. Les questions po- sés étaient les suivantes : aucun produit combustible du tabac au cours des six mois précédents (oui ou non) ; ciga- rettes vraies (oui ou non) ; cigares (oui ou non) ; hookah (oui ou non) ; nombre de produits combustibles du tabac (co- tation de 0 à 3).

Les principaux résultats furent :

à six mois (suivi 1), la consommation de tabac était plus fréquente chez les utilisateurs que chez les non-utilisateurs d’e-cigarette : 30,7 % versus 8,1 % ;

à douze mois (suivi 2), les pourcen- tages de fumeurs de tabac étaient de 25,2 % chez les e-fumeurs versus 9,3 % ;

l’utilisation initiale de la cigarette électronique était associée à une plus grande probabilité de consommer tout produit combustible du tabac sur les deux périodes de suivi, l’étude statis- tique se basant sur la méthode des odds ratio (OR) aussi bien non ajustés (OR : 4,27) qu’ajustés en fonction des fac- teurs de risque sociodémographiques, environnementaux et personnels asso- ciés au tabagisme (OR : 2,73) ;

selon les produits, l’association entre l’utilisation initiale de l’e-cigarette et les produits tabagiques donnait des OR éle- vés : 2,65 pour la cigarette, 4,85 pour le cigare, 3,25 pour le hookah et 4,26

pour le nombre des divers produits combustibles consommés au cours des douze derniers mois !

Ces résultats sont spectaculaires : les collégiens qui n’avaient jamais fumé de tabac mais étaient e-fumeurs étaient beaucoup plus exposés à devenir de vrais fumeurs pendant l’année que ceux qui n’utilisaient pas l’e-cigarette. Que cette association soit causale ou non, elle existe et elle est très forte.

* Le hookah désigne, comme ses synonymes chicha, nargil (en persan), narguilé, chilam, etc., une pipe à eau utilisée pour fumer un mélange à base de tabac.

[1] GORDON S. : « For teens, vaping today may lead to smoking tomorrow », HealthDay,December 4, 2017.

[2] LEVENTHAL A.M., STRONG D.R., KIRKPATRICK M.G. et al. :

« Association of electronic cigarette use with initiation of com- bustible tobacco product smokingin early adolescence », JAMA, 2015 ; 314 :700-7.

Le déficit en vitamine D pendant la grossesse est-il associé à une majoration du risque de symptômes du spectre autistique ?

Plusieurs publications récentes ont évo- qué une relation entre le déficit en vita- mine D pendant la grossesse et le risque d’autisme chez l’enfant à naître. Dans une grande cohorte de plus de 4 000 en- fants, Vinkhuyzen et al. [1]ont étudié la relation entre, d’une part, la concentra- tion de 25-hydroxyvitamine D (25OHD) mesurée à mi-gestation dans le sérum des mères et dans le sang du cordon chez les nouveau-nés et, d’autre part, les troubles du spectre autistique (TSA) définis par les données médicales (68 cas). A mi-gestation, le risque de développer un TSA était significative- ment plus élevé chez les enfants de mères déficientes (p = 0,03) par com- paraison avec le groupe sans déficit en vitamine D. Cette différence persistait uniquement chez les enfants d’origine européenne. Ce résultat vient confirmer les résultats d’une étude des mêmes au- teurs parue en 2016 [2].

En 2015, une autre étude avait porté sur 58 paires de jumeaux suédois (47 de Gothenburg ayant diverses origines eth- niques et 11 de Stockholm d’origine so- malienne) dont l’un avait un TSA et l’autre non [3]. La concentration moyenne

de vitamine D était significativement plus basse dans le groupe TSA que dans le groupe non TSA (p = 0,013). Toutefois, cette étude mérite d’être effectuée sur beaucoup plus de paires de jumeaux, car le résultat était affecté par une différence de saison de naissance entre les TSA et les frères et sœurs exempts de TSA [3]. L’étude chinoise NBSIB qui vient d’être publiée a étudié la prévalence des TSA (selon les critères du DSM-5) à l’âge de trois ans et le statut néonatal en vitami- ne D chez près de 30000 enfants. 310 de ces enfants (1,1 %) avaient un TSA et fu- rent comparés à 1240 témoins. A la nais- sance, la concentration de 25(OH)D3 était significativement plus basse dans le groupe TSA comparé aux témoins (p < 0,0001) [4]. Le risque de TSA était très élevé dans les quartiles de 25OHD les plus faibles : il allait de 260 % dans le quartile le plus bas (p < 0,001) à 90 % dans le troisième quartile (p = 0,08)[4]. D’autres publications vont dans le mê- me sens, mais les études sont moins im- portantes que celle des auteurs chinois.

Tout naturellement, des essais de pré- vention par l’optimisation du statut en vitamine D pendant la grossesse ont été tentés : ils sont peu convaincants, mais portent sur des effectifs trop réduits.

Même s’il faut penser que les TSA sont multifactoriels, ces résultats, intrigants, méritent des études supplémentaires.

[1] VINKHUYZEN A.A., EYLES D.W., BURNE T.H. et al. : « Gesta- tional vitamin D deficiency and autism spectrum disorder », BJPsych. Open,2017 ; 3 :85-90.

[2] WIINHUYZEN A.A., EYLES D.W., BURNE T.H. et al. : « Gestatio- nal vitamin D deficiency and autism-related traits : the Generation R Study », Mol. Psychiatry,2016 ; doi : 10.1038/mp.2016.213.

[3] FERNELL E., BEJEROT S., WESTERLUND J. et al. : « Autism spectrum disorder and low vitamin D at birth : a sibling control study », Mol. Autism,2015 ; 6 :3.

[4] WU D.M., WEN X., HAN X.R. et al. : « Relationship between neonatal vitamin D at birth and risk of autism spectrum disor- ders : the NBSIB Study », J. Bone Miner. Res.,2017 ; doi : 10.1002/jbmr.3326.

Les suicides chez les jeunes ont augmenté de 141 % dans l’Utah entre 2011 et 2015.

Qu’en est-il ailleurs ?

Dans l’Utah, entre 2011 et 2015, le taux des suicides chez les jeunes a aug- menté de façon alarmante, indique Athena Chan dans Tech Times[1]. Chez les jeunes âgés de dix à dix-sept ans, Médecine

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l’augmentation du nombre de suicides a été de 141 % alors que l’augmentation nationale n’était que de 23,5 %. La plu- part étaient âgés de quinze à dix-sept ans (75,4 %), de sexe masculin (77 %) et non hispaniques (81,3 %). Parmi les faits notés pendant le mois précédant le suicide, on trouvait : un événement cri- tique comme la perte d’un membre de la famille ou des problèmes relation- nels (75 %) ; le souhait exprimé de mourir (23,9 %) ; une tentative anté- rieure de suicide ou l’intention d’en commettre (29,6 %). Les autres facteurs étaient l’achat de drogues sur internet, un bas niveau d’éducation des parents, l’existence d’un problème mental pré- existant (35 %), la restriction d’objets technologiques tels que tablettes, télé- phones mobiles, consoles de jeu.

Une requête sur PubMedutilisant la for- mulation « suicide rates in youth » four- nit 163 pages totalisant 3 254 articles entre 1964 (1 article) et 2017 (138 ar- ticles), avec un pic en 2015 (201 ar- ticles). Dans les publications les plus ré- centes, on apprend qu’il existe aux Etats-Unis une forte disparité des taux de suicides entre zone urbaine et zone rurale, les suicides étant deux fois plus fréquents en zone rurale, aussi bien chez les individus de sexe masculin (19,93 versus 10,31/100 000) que fémi- nin (4,40 versus 2,29/100 000) et cette disparité tendant à augmenter[2]. On apprend aussi que la fréquence des conduites suicidaires est plus faible en Chine que dans les pays de l’Ouest, mais que leur incidence est au contraire plus importante chez les filles que chez les garçons, les principaux facteurs de risque dans les deux sexes étant le taba- gisme, le désespoir, la consommation d’alcool, un cas de suicide chez un ami, le stress, le harcèlement, un statut socio - économique défavorisé [3].

La fréquence des suicides augmente dans la plupart des pays du monde. En France, le suicide (15 % des décès) est la deuxième cause de mortalité chez les adolescents, derrière les accidents de la circulation (40 %)* : il est en augmen- tation depuis plusieurs années.

Diverses mesures de prévention sont

proposées selon les pays : accroître l’ac- cès aux soins de santé mentale, favori- ser de solides relations familiales, pré- venir les formes de violence et contrôler l’accès à des moyens létaux (armes), renforcer les capacités d’adaptation et de résolution des problèmes des jeunes sont quelques-unes des recommanda- tions des Centers for Disease Control and Prevention (Etats-Unis). Tout cela est plus facile à dire qu’à faire !

* www.injep.fr/sites/default/files/documents/fr30_suicide.pdf.

[1] CHAN A. : « Youth suicide rates in Utah up by 141 percent : report », Tech Times,1 December 2017.

[2] FONTANELLA C.A., HIANCE-STEELESMITH D.L., PHILLIPS G.S. et al. : « Widening rural-urban disparities in youth suicides, United States, 1996-2010 », JAMA Pediatr.,2015 ; 169 :466-73.

[3] LIU X.C., CHEN H., LIU Z.Z. et al. : « Prevalence of suicidal be- haviour and associated factors in a large sample of Chinese ado- lescents », Epidemiol. Psychiatr. Sci.,2017 ; 1-10, doi : 10.1017/

S2045796017000488.

Les anaphylaxies mortelles en France sont plus

fréquentes chez les sujets jeunes : les causes iatrogènes dominent

Les données françaises sur les anaphy- laxies mortelles ont été extraites de deux sources : le CépiDc (Centre d’épi- démiologie des causes médicales de dé- cès de l’Inserm) et le Réseau d’allergo- vigilance (RAP) [1].

Parmi 1 603 décès par anaphylaxie sur- venus entre 1979 et 2011, le CépiDc a identifié 39 enfants et adolescents (moins de dix-neuf ans). 0,6 % des cas avaient une cause alimentaire, 63 % une cause iatrogène, 14 % étaient dus à des piqûres d’insectes, 23 % étaient de cause indéterminée.

Le RAP a enregistré entre 2002 et 2017 1 862 anaphylaxies alimentaires, dont 16 fatales. 11 de ces décès concernaient des sujets de moins de dix-neuf ans.

L’arachide était en cause 6 fois, les fruits à coque 3 fois, le lait de chèvre ou de brebis 2 fois. Un asthme était associé dans la moitié des cas. Les cofacteurs détectés étaient l’effort (5 fois) et la pri- se d’alcool (2 fois).

Les décès par anaphylaxie alimentaire semblent rares, mais ils sont probable- ment sous-estimés. Jusqu’à une date ré- cente, un patient sur deux atteints d’anaphylaxie sortait des services d’ur-

gence sans rendez-vous programmé avec un allergologue. De plus, la pres- cription d’un stylo auto-injecteur d’adrénaline à la sortie, dans l’attente de ce rendez-vous, n’était faite que dans moins de 18 % des cas [2]. Les recom- mandations actuelles exigent que la sor- tie des urgences d’un patient atteint d’anaphylaxie soit accompagnée d’un rendez-vous écrit et programmé avec un allergologue. Par ailleurs, plusieurs services d’allergologie ont ménagé des consultations rapides avec des plages dédiées aux patients admis aux urgences pour anaphylaxie.

A savoir : l’augmentation de la tryptase sérique est en faveur d’une cause aller- gique de façon rétrospective [2]. Le do- sage des IgE dirigées contre le lait de vache chez les nourrissons admis aux urgences mérite d’être réalisé [3].

[1] POUESSEL G., RENAUDIN J.M., DESCHILDRE A. : « Anaphy- laxie létale : analyse des données françaises », Rev. Fr. Allergol., 2017 ; 577 :475-7.

[2] CORRIGER J., PENVEN E., HAUMONTE Q. et al. : « L’anaphy- laxie dans les services d’urgences lorrains en 2015 : épidémiolo- gie, caractéristique et prise en charge », Rev. Fr. Allergol.,2017 ; 57 :285.

[3] STERLING B., AGABRIEL C., LIABEUF V. et al. : « Dépistage biologique de l’allergie aux protéines du lait de vache chez le nourrisson de moins de six mois : place aux urgences pédia- triques », Rev. Fr. Allergol.,2015 ; 55 :214-5.

Existe-t-il un lien entre le risque d’asthme

et la consommation excessive de sucre avant la naissance et au cours des premières années de la vie ?

Les facteurs de risque d’asthme sont nombreux chez l’enfant et, depuis plu- sieurs années, on insiste sur les facteurs prénatals. Parmi les facteurs de risque identifiés, agissant dans le cadre de l’épigénétique, se trouvent, entre autres, le tabagisme maternel pendant la gros- sesse, les stress prénatals, les erreurs dié- tétiques, l’obésité maternelle[1]et, plus récemment, la consommation excessive de sucre et de produits sucrés.

Au cours d’une étude transversale, Wright et al. ont étudié l’association entre la consommation de sucre et de produits sucrés pendant la grossesse et la petite enfance et le risque d’asthme vers la moitié de l’enfance (à l’âge médian de Médecine

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7,7 ans)[2]. A l’aide d’un questionnaire, les auteurs ont estimé la consommation de boissons sucrées aux premier et deuxième semestres de la grossesse, et celle de boissons sucrées et de fructose total chez l’enfant à l’âge moyen de 3,3 ans. L’étude portait sur plus de 1000 questionnaires mère-enfant.

Une consommation plus élevée de bois- sons sucrées pendant la grossesse était associée à un plus jeune âge maternel, à une ethnie non blanche, à un niveau so- cioéconomique et éducatif diminué et à un IMC (indice de masse corporelle) de la mère plus élevé avant le début de la grossesse. En ajustant l’IMC avant la grossesse ainsi que d’autres variables, en comparant le 4equartile au 1erquartile, une plus forte consommation maternel- le de boissons sucrées (OR : 1,70) et de fructose total (OR : 1,58) était associée

à un risque d’asthme plus élevé au mi- lieu de l’enfance (prévalence : 19 %).

Un apport plus élevé de fructose pen- dant la petite enfance (comparaison du 4e quartile versus le 1erquartile) était également associé à un risque plus élevé d’asthme à la mi-enfance après ajuste- ment de la consommation de boissons sucrées par les mères (OR : 1,79)[2]. Cette association a également été dé- montrée par Bédard et al. [3], qui ont étudié chez près de 10 000 enfants à l’âge de sept-neuf ans les associations entre l’apport maternel de sucre libre pendant la grossesse (estimé par un questionnaire) et l’asthme, le whee- zing, le rhume des foins, l’eczéma, l’atopie, les IgE sériques totales, la fonction respiratoire. Après avoir contrôlé des facteurs potentiels de confusion, l’apport maternel de sucre

libre était très significativement associé à l’atopie (p = 0,006) et à l’asthme IgE- dépendant (p = 0,004)[3].

Ces études [2, 3]montrent donc que la consommation excessive de boissons sucrées pendant la grossesse et la petite enfance augmente le risque de dévelop- per un asthme chez l’enfant vers sept- huit ans, et que ce risque est indépen- dant de l’obésité maternelle. Restent à identifier les mécanismes en cause, gé- nétiques et/ou environnementaux. 첸

[1] FAYON M., FEGHALI H., CHOUKROUN M.L. : « Evénements néonataux et asthme », Rev. Fr. Allergol.,2011 ; 51 :140-3.

[2] WRIGHT L.S., RIFAS-SHIMAN S.L., OKEN E. et al. : « Prenatal and early-life fructose, fructose-containing beverages, and mid- childhood asthma », ATS Journals, 2017 ; doi : 10.1513/Annals ATS.201707-530OC.

[3] BÉDARD A., NORTHSTONE K., HENDERSON A.J., SHA- HEEN S.O. : « Maternal intake of sugar during pregnancy and childhood respiratory and atopic outcomes », Eur. Respir. J., 2017 ; 50 :pii 1700073.

L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts en rapport avec la rédaction de cet article.

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