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Douleur et handicap

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Academic year: 2022

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ÉDITORIAL /EDITORIAL

Douleur et handicap

M. Besson · B. Leroy

© Lavoisier SAS 2020

La douleur chronique touche environ 20 % de la population européenne, et ses répercussions fonctionnelles, émotionnel- les et sociales sont majeures. Dès lors, la prise en soin de la douleur chronique repose sur des approches biopsychosocia- les, centrées sur les limitations du patient douloureux chro- nique, son handicap dans la vie quotidienne.

Ces approches biopsychosociales, qui visent la réadapta- tion du patient douloureux chronique, nécessitent un travail interdisciplinaire. S’il est admis comme condition indispen- sable à une prise en charge optimale, ce travail à plusieurs fait face à certains obstacles, détaillés dans l’article de F. Luthi et J. Savoy. Cet article présente également les fac- teurs favorisant une approche interdisciplinaire bien menée dans un service de réadaptation de l’appareil locomoteur.

Dans ce travail interdisciplinaire, nous avons voulu met- tre l’accent sur l’importance de la gestion de la douleur au quotidien et le développement de stratégies, dans l’optique de bouger certes mais également de renforcer l’estime de soi.

C’est ce qu’aborde l’article de C. Favre présentant la théra- pie cognitivocomportementale et ses principes appliqués au patient douloureux chronique.

Dans les programmes de gestion de la douleur, expliquent B. Leroy et C. Demoulin, le patient est au centre de la rela- tion. Elle est révolue l’organisation pyramidale du savoir : un médecin dispensait sa science, et le malade se résumait à un organe à réparer. La présomption d’incompétence du patient s’est muée en une présomption de compétence dans son domaine qui sera complémentaire de celle du thérapeute.

Le patient discute avec son thérapeute des options possibles

et s’engage dans celle qu’il trouve la plus adaptée. L’équipe l’aide dans cette direction choisie.

Pour atteindre son objectif fonctionnel, le patient doit sou- vent reprendre une activité physique. L’évaluation de celle-ci permet d’apprécier la progression et de maintenir la motiva- tion du patient. Bruno Leroy et al. présentent un test d’éva- luation fiable, facile à réaliser et peu onéreux.

Cette reprise d’activité physique est réalisable aussi pour les patients atteints de maladie neurodégénérative. Olivier Bouquiaux nous relate son expérience avec des patients atteints de sclérose en plaques ou de Parkinson. Cela ouvre des perspectives souvent ignorées.

Pour terminer ce numéro thématiqueDouleur et Handi- cap, nous avons abordé le thème sous un autre angle. Celui de la prise en charge de la douleur chez les adultes souffrant de déficience intellectuelle. Cette population de patients était l’une des populations cibles choisies en 2019 par l’Associa- tion internationale pour l’étude de la douleur (IASP) dans le cadre de sa campagne « Global Year Against Pain ». La prise en charge de la douleur dans cette population est un défi clinique d’abord en raison de la difficulté d’évaluation du symptôme chez des patients, parfois peu ou pas communi- cants. Des outils validés existent mais restent méconnus et sous-utilisés. Dans leur étude observationnelle, Pickering et al. présentent les modalités de prises en charge et le recours aux échelles validées dans un échantillon d’institu- tions françaises. La difficulté réside également dans le manque de littérature sur les spécificités de la prise en charge de la douleur chez les adultes avec déficience intellectuelle, s’agissant notamment des interventions pharmacologiques.

Fondés sur une recherche de la littérature, des arguments pharmacologiques et sur leur expérience clinique quoti- dienne de prescription chez des adultes présentant une défi- cience intellectuelle, hospitalisés, Lonchampt et al. propo- sent une réflexion sur les spécificités à prendre en compte.

M. Besson (*)

Service de pharmacologie et toxicologie cliniques, centre multidisciplinaire de la douleur, HUG,

rue Gabrielle-Perret-Gentil 4, CH-1211 Genève 14, Suisse e-mail : [email protected]

B. Leroy (*)

Service de médecine physique,

hôpital Saint-Nicolas, 4700 Eupen, Belgique e-mail : [email protected]

Service de douleur chronique, hôpital La citadelle, Liège, Belgique

Douleur analg. (2020) 33:1 DOI 10.3166/dea-2020-0105

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