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Conservation de la faune et tourisme

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Texte intégral

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NATIONS UNIES

CONSEIL

ECONOMIQUE H» f^^

C T C /-N /^ I A t ■^>3C<Stfr FRANCAIS

fci SOCIAL *^^& Original

COMMISSION SCONOMIQUE POUH L'AFRIQUS

Quatrieme session

Addis-Abeba, fevrier 1962 Point 6 do l'ordre du jour

ANGLAIS

CONSERVATION TQ LA FAUHH ET T0URI5M3

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CONSERVATION BE LA FAUNH 2T TOURISM

1. Pour une rapide mise en valour de 1'Afrique, il est essential de mobiliser toutes les ressources du continent, celles en particu- lier. qui sont les plus faciles a exploiter au benefice des revenus nationaux. Le patrimoine unique que sont les animaux sauvages d*Afrique pourrait3 fort "bien exploite methodiquement, representer un capital exploitable aisement et sans grands frais, capital qui permettrait a bien des pays du continent d'avoir un meilleur niveau.

de vie.

2. En septembre 1960, un Colloque a eu lieu a Arusha (Tanganyika),

pour etudier la .conservation de la nature et des ressources naturel- les dans les pays modernes d'Afrique; il se reuniss-ait sous les auspices de la Commission de cooperation technique en Afrique au sud du Sahara et de 1 'Union Internationale pour la conservation de la nature, avec la collaboration de 1'Organisation des Nations Unies pour 1*alimentation et 1'agriculture5 ce Collogue a- etudie beaucoup desproblemes que pose et des avantages que presente Sex ploitation methodique de la faune sauvages pour la premiere fois a cette occasion3 le public a eu connaissance de quantite de rensei- gnements sur les recherches pcursuivies dans ce domaine.

3» On ne saurait sous-estimer la source de dovises etrangeres que re- presente le tourisme attire par les pares nationaux et les reserves d'animaux sauvages. A mesure que 1'urbanisation se developpe en Europe et en Ame"rique du Nord, et quo les voyages deviennent plus rapides et relativement moins cofitcux, il est probable que l'on desirera de plus en plus visiter des regions ou les ressources na- turelles sont preservees, en particulier sous la forme de la faune

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sauvage. 2n Afrique orientale, le tourisme s'inscrit chaque annee pour quelque 8 millions do livres dans le chiffre des echanges avec l'etrangerj par ordre d'importance, c'est la deuxieme source de re- cettes de la "balance generale des paieraents.Certains pays d'Afrique ou les be"tes sauvages abondent ont completement neglige de s'orga niser en attraction touristique et ont aussi perdu une precieuse

source de revenus. Dans d'autres regions a population plus dense, il serait tres certainement possible ds constituer des troupeaux de be"tes sauvages pour attirer les touristes. Si l'est, lo centre et le sud de 1'Afrique sont largoment pourvus d1attractions touristiques de ce genre, cette ressource n'est guere exploitee dans le reste du continent.

4». Pour mettre la faune en valeur en faisant une attraction tou ristique, il n'est pas besoin de depenses excessives. II suffira de construire des "gltes d'etape" dont Igs traits principaux seront la proprete et le confort plut6t que le luxe. D'ailleurs, les visiteurs preferent des refuges peu coilteux qui ne font pas tache dans le milieu naturel. L'entreprise reclame de la publicity des moyens de communication qui soisnt suffisantsj elle doit eviter la bureaucra- tie. Aucune de ces conditions n'exigs des investissaments proliibitifs.

5t 2n revanche, la vsnte des permis de chasse9 des peaux de betes et des curiosites locales peut etro une bonne source de recettes.

6. Les problemes que pose la gestioh de la faune sauvage ont fait e,n. Afrique l'objet d'utiles recherohes 1 le Colloque sur la conser-, vation de la nature et des ressources naturelles a eu connaissance de renseignements particulierement interessants. Ces recherches ont ■ fait apparaitre par exemple que, dans des regions d'elevage marginal, la production de viande sauvage.est plus considerable, par an et par hectare,.>que la production de viand© d'elevage. Comme la faune sau-^ . vage serait moins nuisible aux terres que le betail, ces indications

auraient un grand interet pour la conservation et 1'utilisation des regions d'elevage marginal. De meme, on Ehodesie du sud, I1etude

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economique du ranch d'un Europeen a fait ressortir que le proprie- taire retirait de la vente de la viande sauvage sensiblement plus de benefices qu'il n'en aurait retire de la vente du'betail. Au

Transvaal (Republique sud-africaine), les statistics'font apparai- tre que la vente de viande sauvage a rapporte 200.000 livres de recedes en 1959 et que les cultivateurs'qui exploitent la faune sauvage par prelevement sur le croit etaient cette annee-la au nombre de 2.000 a 3.00b. En Ouganda, on vendait avec succes dans levoisi- nage la viande dos hippopotaraes et des elephants tues par le "Game

Department". . . .

7. De nouveaux horizons s'ouvrent done a 1'exploitation methodique de la faune sauvage pour 1'alimentation huroains; il faudra pourtahV' ':

recuaillir des renseignements complementaires avant de pouvoir prou- ver-que prelever le croit de la faune sauvage pourrait Stre'une en-""

treprise econoroiquement viable dans toute 1'Afrique. En dehoi-s de problemes purement techniques, tels que les'echanges- de' maladies ■ '- entre la faune sauvage et le betail, ou encore 1•importance du lait ' et autres sous-produits que la faune sauvage.ne fournit pas toujours, il faudra enqugter plus avant su? l'economie effective de l'exploi- tation de la faune sauvage par prelevement du croit,

8. Dans une certaine mesure, 1'experience de 1'Afrique meridionale - est liee a la situation particuliers de la region. En Bepublique ■ ■ sud-afr,ic^ine,. la-viande sauvage sechee se vend tres che"r a'une : clientele de luxej en Ehodesie du suds les moyens de communication - qui peuvent servir au transport de la viande sauvage ,sont .Men plus commodes que dans les autres regions de chasse de 1*Afrique. L!ex- ■ ploitation de la faune sauvage par prelevement du croit. srest

montree rentable en Ougandaj parce que le Game Department absorbe

une grosse partie des frais dans son propre budget, ce qui se com--,

prend, et que les depenses supplementaires sont modestes,'" II est •■

vraisemblable, d'autre part, qu'un tres grand nombre Ues exploita

tions agricoles de la Eepublique sud-africaine elevent du gibier a

titre de distraction,aux frais des autres entreprises de l'sxploi-

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tatioh. 'Jn Rhodesie du sud, on a constate que I1 oh peut tirer le gros gibier a intervalles reguXiers sans disperser les animaux' sauvages, a, condition de -cnasser de nuit. On a etudie au Kenya la possibility de preparer la viande sur place, en etablissant de petites "bouche- ries" qui dessechertt ou pulverisent la viande. De toute mariiere', il deraeure indispensable que toute la population prenne conscience de I'iftterSt qu'il y a a conserver les ressources naturelles5 il fault aussi poursuivre les recherches pour arriver a 1'exploitation raiion- nelle de ces ressources.

9. II faut done "beaucoup de recherches avant de pouvoir surmonter les problemes economiques de 1'exploitation de la faune sauvage par prelevement sur le croit. Parmi les problemes a etudier, citons 1!organisation da l'abattag-es le caractere saisonnier des approvi- sionnements, le transport, enfin et peut-e*tre surtout les debouches*

10. Le premier pas dans ce sens pourrait §tre de constituer un Office charge de preserver les ressources naturelles et d'en favori—

ser 1'exploitation methodique.

"11. De nombreux pays ont reconnu qu'il est d'une importance primor- diale de conserver ces ressourcesj a, l'occasion du Colloque d'Arusha sur la conservation de la nature et des ressources naturelles9 un manifeste du Gouvernement tanganyikais, signe de ffiJi. J.K.Nyerere, Premier Ministre, A.S. Fundikira, Ministre de la justice, et T.S.

Tewas Ministre des terres et du cadastre, l'a proclame formellement en ces termes s

"La preservation de notre faune est un probleme qui preoccupe vivement tous les Africains, Ces creatures sauvages, dans les lieux sauvages ou elles vivsntj ne sont pas seulement un objet d'emerveil- lement et une source d1 inspiration s elles font partie integrante de nos ressources naturelles, et de nos futurs moyens d'existence comrae

de notre bien-§tre a venir.

"3a assument la mission de veiller sur notre faune, nous affir-

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garantir a nos arriere-petits-enfants la richesse que represents ce precieux heritage.

"La preservation de la faune et de son habitat reclame des con-

naissances specialisees, un personnel qualifie et de 1'argent? nous nous touraons vers les autres pays pour solliciter leur collaboration

dans cette grande tache, dont le succes ou 1'echec n'affectera pas seuloraent le continent africain, mais le monde tout entier."

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