FACULTE DE MEDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX
ANISTÉE 1897-98 N° 15
D E
DANS LES STÉTHOSCOPES
THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MEDECINE
présentée et soutenue publiquement le 26 Novembre 1897
Joseph-Gustave
COUAILLACNé à Albas (Lot), le1er avril 1872.
Examinateurs de la Thèse
MM. ARNOZAN, PITRES, S1GALAS, CASSAET,
professeur.... Président.
professeur.... i
agrégé > Juges.
Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur les diverses parties de l'Enseignement médical.
BORDEAUX
IMPRIMERIE Y. CADORET
17 — RUE MONTMÉJAN 17
1897
FACULTÉ DE
MÉDECINE
ET DE PHARMACIE DE BORDEAUXM. PITRES Doyen.
PROFESSEURS :
MM. MICÉ 1
AZAM | Professeurs honoraires.
DU PU Y
Cliniqueinterne.
Clinique externe Pathologieinterne....
Pathologieetthérapeu¬
tique générales Thérapeutique
Médecineopératoire...
Clinique d'accouchements
Anatomiepathologique
Anatomie
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•••
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Cliniquedes maladiescutanéesetsyphilitiques Clinique des maladies des voies urinaires Maladies dularynx, des oreilles etdunez Maladiesmentales
Pathologie externe Accouchements Chimie
Le Secrétaire de la Faculté
DUBREUILH.
POUSSON.
MOURE.
RÉGIS. , DENUCE, RIVIERE.
DENIGES.
LEMAIRE.
Pardélibérationdu 5 août 18*9, la Facultéaarrêté queles opinionsémisesdans les 1 hèses qui lui sont présentées doivent être considérées comme propres àleurs auteurs, et qu'elle n'entend
leurdonnerni approbation ni improbation.
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A Monsieur le Docteur CASSAËT
Professeuragrégé à la Faculté deMédecine de Bordeaux, Chefdes travauxpratiquesd'histologie.
A Monsieur le Docteur Francis YILLAR
Professeuragrégé à la Faculté de Médecine de Bordeaux, Chirurgien des Hôpitaux,
Officier d'Académie.
A MES MAITRES
A mon Présidentde Thèse,
Monsieur le Docteur ARNOZAN Professeur deThérapeutiqueà la Faculté de MédecinedeBordeaux
MédecindesHôpitaux, Officierde l'Instructionpublique.
D E
Li CONDUCTIBILITÉ DES SONS
DANS LES
STÉTHOSCOPES
INTRODUCTION
Durant les quelques années que nous avons consacrées à
l'étude de la médecine, nous avons été souvent frappé des gran¬
des surprises de l'auscultation. Notre inexpérience a fait que bien des fois nous nous sommes butté auxdifficultés offertes par lessignes stéthoscopiques. Mais nous avons aimé à nous rappe¬
ler la pensée de Bacon : « Ars medicatota in observationibus », et, plein de cette idée que l'auscultation estun art, nous nous
sommes adonné de toute notre attention et de toute notre intel¬
ligence aux observations stéthoscopiques. Un denos maîtres les plus distingués, M.Cassaët,nousfut souventd'un grand secours, et ses savantes leçons n'ont pas été sans aider beaucoup à notre
instruction médicale. C'est même à l'occasion d'un de ses tra¬
vaux sur la conductibilité des sons dans les stéthoscopes qu'il
fît'avec la collaboration du savant professeur de physique,
M. Sigalas, et sur sesconseils, que nous nous décidâmes à faire
un essai d'étude comparée des divers stéthoscopes.
— 14 -
Après avoir sommairement esquissé l'histoire de l'ausculta¬
tion et du stéthoscope, nous avons repris le travail de MM. Cas-
saët et Sigalas en renouvelant les expériences de conductibilité
des sons dans les stéthoscopes rigides. Nous avons consacréun
chapitre particulier à l'étude de la conductibilité des sons dans les stéthoscopes flexibles et comparé les résultats donnés parles
diverses expériences. Il nous a semblé utile, pour que notre tra¬
vail nefût pas incomplet, de dire quelques mots surle micro¬
phone et sur le plionendoscope.
Avant d'aborder ce sujet auquel nousaurionsvoulu consacrer
un temps plus long et le rendre ainsi plus digne du maître qui
nous l'inspira, nous sommes heureux d'adresser nos remercl- ments à tous les professeurs dont la bienveillance durant nos études ne s'estjamais démentie.
M. le professeur agrégé Cassaët adroità notre reconnaissance
pourla sympathie qu'il nous atoujours témoignéeetlesconseils
éclairés qu'il n'a cessé de nous donner.
Nous n'oublierons pasM. le professeur agrégé Villar. Il nous
a montré en de nombreuses circonstancescombien il nous porte
d'intérêt. Qu'il reçoive l'hommage de notre profonde gratitude!
A l'école de M. le professeur Lanelongue, nous avons appris
les premiers préceptes de chirurgie; à celle de M. le professeur Boursier, nous avonsdeviné toutl'intérêt scientifiquede la gyné¬
cologie. Nous adressons à ces maîtres l'expression de notrevive
reconnaissance.
M. leprofesseur agrégé Sigalas s'est mis tout à notre disposi¬
tion pour les expériences de laboratoire que comportaitnotre sujet. Nous l'en remercions bien vivement.
En acceptant la présidence de notre thèse, M. le professeur
Arnozan nous fait un grand honneur; nous lui en exprimons
toute notre gratitude.
CHAPITRE PREMIER
UTILITÉ DE L'AUSCULTATION
L'auscultation (auscultare, écouter) est un mode d'exploration cliniquequia pourbutd'entendre et d'apprécierlesphénomènes physiques des divers organes chez l'homme sainou malade.
Avant Laënnec, le vague et l'obscuritérégnent dans la patho¬
logie; les symptômes fonctionnels seuls arrêtent l'attention des
médecins, et la difficulté de l'observation empêche de donner
un diagnostic certain. Mais, à la longue, à force d'éducation et
d'exercice, les sensse perfectionnent, les méthodes d'exploration également; les maladies sont ainsi plus nettement différenciées.
C'est qu'on arrive, en effet, par l'auscultation, non seulement à démontrer l'existence de l'altération anatomique des organes, mais onen précise le siège, l'étendue, la marche, les complica¬
tions et parfois même la nature.Avecquelle facilité distinguons-
nous aujourd'hui, par exemple, les maladies de poitrine, les lésions cardiaques! Que defois
l'auscultation,
dans des maladiescompliquées où tout se confond, nous aide-t-elle à percer l'obs¬
curité des symptômes et même à les suppléer! Sans elle, le diagnostic des maladies infantiles ne serait-il pas quelquefois impossible? Sansdoute,le débutde la maladie,lamarche qu'elle suit, les symptômesqu'elle présente, les antécédents eux-mêmes de l'individu pourront quelquefois nous mettre sur la voie du
diagnostic; mais l'enfant, lui, trop jeune encore, ne parle pas
ou accuse mal ses souffrances; il a de la fièvre, sa respiration
est rapide, il tousse. A quoi attribuer ces troubles et comment démêler cette maladie, si l'onn'a paslesressources de l'auscul¬
tation?
L'auscultationnous aidera encoreindirectement à connaître la
— 16 —
nature de certaines affections générales
qui semblaient résider
exclusivement dans un organe. Sesrésultats seront
parfois néga¬
tifs et le médecin ne constatantaucune lésion
dans la poitrine,
conclura facilement que la toux
du malade est purement de
nature nerveuse et ne présente aucun
danger.
Immenses sont les services que l'auscultation nous
rend tous
les jours. Le
médecin, l'accoucheur, le chirurgien
ytrouvent
chacun des ressources qui facilitent leur
diagnostic. On distin¬
guera facilement
aujourd'hui
unepleurésie d'une pneumonie.
La phtisie
pulmonaire
asseztôt
reconnuepeut arriver quelque¬
fois à se guérir ou du moins à
s'améliorer. Les maladies de
cœur peuvent être
traitées
àleur début et
ne pass'exposer à
devenir deslésions organiquesrebelles
ensuite
àtouttraitement.
Enun mot, une médication sûre a
remplacé
unethérapeutique
incertaine.
L'accoucheur lui-même sera renseigné par
l'auscultation
;il
entendrales battements decœur du fœtus etil saura ainsi
quels
sont les dangers d'un accouchement
retardé, si
cesbattements
diminuent de nombre et d'amplitude.
Le chirurgien, lui aussi, sera
guidé dans le choix du temps
et du lieu les plus
convenables. En éclairant le diagnostic,
l'auscultation rendra plus sûre la
thérapeutique. Souvent elle
montrera qu'il faut absolument
entreprendre
unemédication
différente et empêchera ainsi
de pratiquer
uneopération dont
les suites auraient été mortelles. On se rappelle le cas
d'Astley
Cooper qui, n'ayant pupratiquer l'auscultation chez
unde
ses malades, levit mourir de la rupture d'un anévrysmeenlui liant
l'artère crurale.
Est-ce à dire, néanmoins, qu'avant Laënnec on ne
trouve
rien de l'auscultation durant la série des siècles qui nous ont précédé? Dès la
plus haute antiquité, Hippocrate, le père de la
médecine, avait tenté l'auscultation
immédiate
etLaënnec
nouscite un passage du livre
II des Maladies où l'emploi de cette
méthode est indiqué : « Vous connaîtrez par
là
quela poitrine
contient de l'eau et non du pus; et si, appliquant
l'oreille
con¬tre la poitrine, vous écoutez
pendant longtemps,
vousentendrez
un bruit semblable au frémissementdu vinaigrebouillant(trad.
Littré). Selon Guardia (Gazette
médicale de Paris, 1866)
: «Nous
entendrez à l'intérieur un son éclatant ». On est peu d'accord,
on le voit, sur le véritable sensde la phrase d'IIippocrate;
mais
il est permis de dire que le
bruit qu'il avait entendu était celui
de la respiration, ou un râle ou tout autre
bruit morbide.
Le paragraphe 59 du même
livre donne le bruit de frotte¬
ment pleurétique : « Il semble au
malade affecté de la pleurésie
qu'ila unpoids dans la
poitrine
;des douleurs aiguës le piquent,
un bruit comme du cuir se fait entendre » (trad. Littré).
La connaissance du bruit de fluctuation thoracique remonte également à la plus haute
antiquité;
noustrouvons dans les
écrits hippocratiques
plusieurs
passagesdémontrant qu'il était
connu de lui et de ses successeurs. La description toute nette qu'ils donnent de la façon
de produire
cebruit de flot
nepeut
laisseraucim doute à cet égard : « On asseoit le
malade
sur un siège quine bouge pas ; unaide lui tient les bras et
vous,le
se¬couant par lesépaules, vous écoutez
de quel côté le bruit
sefait
entendre ».
D'autre part, on lit dans
Cœlius Aurelianus,
ausujet de la
pleurésie : «Gutturis stridor, vel sonitus interius
resonansaut
sibilans in ea parte quae pratitur ».
Les vestiges de l'auscultation sontrares, on
le voit. Les siècles
passent et aucun auteur ne nous en
laisse la moindre notion.
Peut-être, au moyen-âge, essaya-t-on
d'appliquer l'ouïe à
l'étude des bruits respiratoires et cardiaques,
mais
onle fit
d'une façon curieuse, inconsciente, sans se
douter
quede cette
observation clinique devait
sortir
unjour la plus grande partie
de la sciencemédicale. Ambroise Paré, dans sa « Table métho¬
dique pour cognoistre
les maladies
parles cinq
sens »,dit
en parlant des phénomènesperceptibles à l'oreille
: «S'il
y ade la
bouë ouautrehumeur contenue authorax,onoytun son comme d'une bouteilleà demy pleine qui
gargouille
».M. Raciborski a retrouvé dans le médecin allemand Quarin (Traitédes fièvres et des
inflammations),
un passage nonmoins
intéressant : « C'est encore un signe fâcheux lorsque la toux est
CouaillaC 2
sèche, la poitrine brûlante, et qu'on y entend un bruit fati¬
gant, une espèce de crépitation que produisent les vésicules pulmonaires dans l'extension et le gonflement qu'elles éprou¬
vent à chaque inspiration » (Traduct. par Emonnot, 1800).
Les bruits du cœur n'avaient point échappé à l'observation d'Harvey (de molu cordis). Comparant ce bruit à celui de la déglutition du cheval, « qui sonitum facit, etpulsion quendom
» auscultantibus et tangentibus exhibet », il dit qu'au moment où, parle mouvement du cœur, le sang passe du système vei¬
neux dans le système artériel, « pulsumfieri et exaudiri inpec-
» tore contingit ». Mais ce qui prouve qu'à cette époque nul ne s'était encore arrêté à ce fait, c'est que /Emilius Parisianus,
médecin de Venise, dans sa Réfutation des idées Harveyennes, prétend que ce bruit n'existe pas et dit d'une façon tout à fait ironique « Tantummodo Londini exauditur », on ne l'entend
qu'à Londres.
Avant l'invention du stéthoscope, Corvisart pratiquait déjà
l'auscultation immédiate. Dans son essai sur les maladies du cœur, il dit avoir entendu des battements en approchant
l'oreille de lapoitrine. Bayle, condisciple de Laënnec, employait
aussicette méthode et « n'en avait tiré, lui aussi, d'autre parti
que celui de sentir plus fortement les battements du cœur »
(Laënnec).
Un de ces hasards qui favorisent les hommes de génie seuls,
amena Laënnec à la création d'une sciencetoute nouvelleet tout
originale. Cette admirable méthode d'exploration clinique, il la qualifia lui-même du nom d'auscultation médiate. C'est pour la pratiquer qu'il inventa le stéthoscope.
CHAPITRE II UTILITÉ DU STÉTHOSCOPE
Le sthéthoscope (de poitrine, et cxoneh, examiner),
est un instrument qui, étant placé entre la poitrinedu maladeet
l'oreille du médecin, sert à pratiquer à ce niveau l'auscultation
médiate. Il a subi dans sa forme des modifications très nom¬
breuses, et a été utilisé dans la suitepour étudier les bruitsnor¬
maux ou pathologiques de diverses régions autres que la poi¬
trine.
Il est intéressant de rappeler comment Laënnec inventa cet
instrument. Il nous le dit lui-même dans son admirable Traité cle l'auscultation médiate, 1819 : « Je fus consulté, en 1816,
pour une jeune personne qui présentait des symptômes géné¬
raux de maladie du cœur, et chez laquelle l'application de la
main et la percussion donnaient peu de résultats en raison de l'embonpoint. L'âge et le sexe de la malade m'interdisant l'es¬
pèce d'examen dontje viens de parler (l'auscultation directe), je
vins à me rappeler un phénomène d'acoustique bien connu : si
l'on applique l'oreille à l'extrémité d'une poutre,on entend très
distinctementun coupd'épingle donné àl'autre bout.J'imaginai
que l'on pouvait peut-être tirerparti, dans le cas dont il s'agis¬
sait, de cette propriété des corps. Je pris un
cahier
de papier, j'en formai un rouleau fortement serré dont j'appliquai uneextrémité, sur larégion précordiale, et, posantl'oreille àl'autre bout,je fus aussisurpris que satisfait d'entendre les battements
du cœur d'une manière beaucoup plus nette et beaucoup plus
distincte queje nel'avais jamais faitpar l'application immédiate
de l'oreille ».
Laënnec, on le voit, donne au stéthoscope une importance
— 20 —
considérable. Pour lui, la transmission d'un bruit produit, soit normal, soit pathologique, sera beaucoup plus grande. Telle
ne serapasnéanmoins l'opinion de tous les auteurs.
Barth et Roger, dans leur Traité pratique d'auscultation, ne font pasrésider dans le stéthoscope tout le mérite dela méthode.
« Qu'on étudie les phénomènes sonores qui se passent dans les
corps vivants au moyen de l'application directe de l'oreille ou
avec l'intermédiaire d'un corps conducteur, les résultats sont identiques ». Nous n'insisterons pas davantage sur les raisons qui peuvent faire préférer la méthode immédiate. Il faut leur
reconnaître néanmoins d'avoir su apprécier les avantages inhé¬
rents au sthétoscope. II supprimera, en effet, les scrupules de
la pudeur qui pourraient s'opposerà ce que le médecin appuie
sa tête àla partie antérieure dela poitrine chez la femme. Cette application ne serait-elle pas d'ailleurs rendue impossible par suite du volume des mamelles? De plus, que d'individus mal¬
propres, surtout dans les basses classes, dans les salles d'hôpi¬
taux, que de malades atteints de maladies cutanées, par exem¬
ple, qu'on ne peut se permettre d'auscultersansdégoût et pour
lesquels le sthétoscope sera d'une grande utilité! Et ne faut-il
pas reconnaître encore que cet instrument est apte à localiser
d'une façon plus précise le siège de production de certains
bruits? L'oreille s'appliquerait difficilement et d'une manière
exacte dans certaines régions; il seraitimpossible au médecin
d'ausculter sans stéthoscope l'aisselle, le cou, l'aine, la région sus-claviculaire,la fosse sous-épineuse chez les personnes amai¬
gries. Pour une raison de convenance, il est impossible dene pas se servir de cet instrument si l'onveut ausculter l'abdomen
d'une femme,dans le cas de grossesse.En dehors de cette règle
de convenance, on pourrait, à la rigueur, se servir de l'oreille
pour rechercher les bruits du cœur du fœtus; mais le stéthos¬
cope sera préférable pour en étudier le caractère : il permettra
de les mieux isoler, de les faire distinguer des bruits voisins,
d'en limiter plus exactement le siège et l'intensité; de plus, au moyen du cylindre, on pourra déprimer les parois abdominales
et utérines et se rapprocher ainsi davantage du fœtus.
Le stéthoscope peut encore rendre au chirurgien
des services
signalés. Lisfranc l'applique à rechercherla crépitation
au niveau des fractures et à constater le choc de la sonde contreun calcul vésical. « Pourque le cylindre fournisse des sensa¬
tions plus distinctes, dit Lisfranc, on
l'applique, dépourvu de
l'embout, sur le corps du pubis et sur la partie postérieure du
sacrum; alors, si le cathéter est introduit dans une vessie vide
et qui ne contient pas
de calculs, les mouvements réguliers
quel'on imprime à cet instrument font
entendre des
sonsqui
res¬semblent à ceux de la pompe foulante mise en jeu.
Toutes les
fois qu'il existe un calcul, on y
entend
uneespèce de cliquetis
extrêmement distinct ou bien des sons semblables à ceux que fournit l'action d'une lime sur un corps dur. Les plus légers
mouvements imprimés au cathéter donnent
des sensations
».Moreau de Saint-Ludgève propose d'adapter, à l'aide d'un
morceau de liège,aupavillon d'une sonde
métallique, la plaque
d'un stéthoscope. On introduit
l'instrument dans la vessie,
on applique l'oreille surlaplaque
et onentend distinctement les
sons.
Pour vaincre la difficulté qu'il pouvaityavoir à
tenir l'oreille
sur la plaque du cystoscopede
Moreau de Saint-Ludgève, Leroy
d'Etiolles avait eu l'idée d'ajouter à la sonde exploratrice un tube acoustique, flexible etlong, dont
l'autre extrémité porte
un pavillon d'ivoire oùs'applique l'oreille. Cet appareil transmet¬
trait les sons avec une grande intensité et d'une façon
normale.
Pour la recherche des calculs de la vessie, on se sert sou¬
vent, en Angleterre, du microphone
explorateur imaginé
parMM. Hugues et Thompson. « C'est une
tige métallique légère¬
ment recourbée par une de ses
extrémités,
etqui est adaptée à
unmanche àl'intérieur duquel est fixé le microphone.
Celui-ci
consiste en une petite bascule de
charbon de
cornue,maintenue
appuyée suruncontactde
charbon
par unpetit ressort à boudin,
et qui est reliée, ainsi que ce contact, aux
deux fils d'un circuit
téléphonique dans
lequel
estinterposée
unepile. Quand la
pointe de latige rencontre un corps
pierreux, il
seproduit dans
le téléphone unbruit sec et
métallique
quel'on distingue très
_ 22 —
facilement des autres bruits dus au frottement de latige surles
tissus » (Du Moncel, Académie des sciences, août 1878).
C'est encore avec un instrumentqui n'est qu'une modification
du stéthoscope et repose sur les mêmes principes,l'otoscope de Toynbee, qu'on peut ausculter les bruits normaux ou patholo¬
giques qui se produisent,dans l'oreille.
L'otoscope de Toynbee etde Ménière est un véritable stéthos¬
cope flexible composé d'un tube ayant à chaque extrémité un
petit embout de corne qu'on introduit, l'un dans l'oreille du malade, l'autre dans celle du médecin qui peut entendre ainsi
des bruits intra-auriculaires chez son malade.
Politzer propose, dans les maladies auriculaires, un mode d'auscultation: l'explorateur,enmême tempsqu'ilausculte avec
l'otoscope introduit dans l'oreille du malade, applique sur le
vertex de ce malade un diapason qui vibre; ces vibrations, en allant à l'oreille de l'individu que l'on observe, arriveront à l'oreille de l'auscultateur plus ou moins modifiées selon l'état
sain ou morbide de l'organe auditif. On ne peut porter sur ce mode d'explorationunjugement bien assuré.
En traitant de l'utilité du stéthoscope, nous avons quelque
peu empiété sur notre sujet. Nousavonsparlé de quelquestrans¬
formations de cet instrument appliquées à l'examen de certains
organes, tels que la vessie et l'oreille. Nous avons voulu les signaler enpassant, pour ne pas y revenir, et rester désormais
dans le cadre strict de notre sujet, c'est-à-dire l'étude des sté¬
thoscopes rigides et des stéthoscopes flexibles.
CHAPITRE III
COMMENT LES SONS SE TRANSMETTENT DANS LES STÉTHOSCOPES RIGIDES
Nous nereviendrons pas surl'origine du premier stéthoscope.
Nous savons par quel heureux hasard
Laënnec
trouval'applica¬
tion de cet instrument aux différentes maladies de nos organes.
Le rouleau de papier qu'il employapour
entendre
lesbruits du
cœur d'une façon distincte chez une de ses malades, n'était que le schéma du cylindre qu'il perfectionna bientôt.
Une première question se pose :
celle de savoir si, dans les
stéthoscopes rigides, la
transmission des bruits
sefait
parl'in¬
termédiaire de laparoi solide, ou si elle se
fait,
aucontraire,
par
l'intermédiaire de la colonne d'air, seule à considérer dans
les stéthoscopes flexibles, puisque la
paroi qui l'entoure
est un tube de caoutchouc.Les observations cliniques ont donné pleinement raison à Laënnec, et, comme lui, on semble reconnaître que l'interposi¬
tion d'un corps bon conducteur
favorise
unetransmission de
sons beaucoupplus nette. Mais ce corps, comment
doit-il
être?
Sera-t-il rigide et plein, ou bien
sera-t-il
traversé par une colonne d'air plus ou moins large etplus
oumoins longue ?
Laënnec voulut avoir à sa disposition un instrument moins grossier et modifia
celui dont il avait primitivement fait
usage.Il se servit « d'un cylindre de papier
de seize lignes de dia¬
mètre et d'un pied de longueur,
formé de trois cahiers de
papier battu, fortementserré, maintenu
pardu papier collé, et
aplanià la lime aux deux
extrémités. Quelque serré
quesoit
unsemblable rouleau, il reste toujours au centre un conduit de
trois à quatre lignes de
diamètre, dû à
ce queles cahiers qui le
composentne peuvent se
rouler complètement
sureux-mêmes.
»Laënnec, comme 011 le voit, transformait complètement son
stéthoscope en y ajoutant une chambre à air. Il croyait donc
que si la colonne rigide était capable de conduire lessons, la
colonne d'air n'était pas indispensable pour rendre cette trans¬
missionplusnette. Et l'auteur a ainsi « l'occasion de faire une
observation importante ». Il reconnaît que si le conduit central
estindispensablepourl'auscultation de la voix, d'où le nom de
pectoriloque ou thoraciloque que lui donnént les auteurs, « un corpstout à fait plein estle meilleur instrument dont onpeutse servir pourl'explorationdu cœur et suffirait, à la rigueur, pour celle de la respirationet du râle ». Néanmoins il se sert, pour l'étude deces deux derniersphénomènes «d'un cylindre debois,
de seize lignes de diamètre, long d'un pied, etbrisé au milieu à l'aide d'un tenon garni de fil, qui est arrondi à son extrémité
et long d'unpouce et demi. Les deux pièces dont il se compose sont évasées, à leur extrémité, à un pouce et demi de profon¬
deur, de manière que l'une puisse recevoir exactement le tenon et l'autre un obturateur de même forme. » Laënnec ne s'est donc pas prononcé sur le choix du stéthoscope avec ou sans cavité centrale. Suivant les bruits à entendre, il a opté pour l'un ou l'autre mode de construction. Tel ne sera pas l'avis des
auteurs qui viendront après lui, et nous verrons des médecins compétents àce sujet être en complet désaccord surla solution de ce problème. Les unsferont intervenirlaparoi seule de l'ins¬
trument, les autres le conduitcentral, d'autres enfin auront une
opinion mixte et penseront que si certains bruits se transmet¬
tent par la paroi solide, la pectoriloquie, le retentissement
caverneux de la voix ne se transmettra que parla colonne d'air.
Dechambre et André Petit, dans le Dictionnaire encyclopédi¬
que des sciences médicales, s'arrêtent à l'opinion suivante : « Le stéthoscope rigide transmettous les sons à l'oreille par l'inter¬
médiaire de la matière solide qui compose sa paroi; le conduit
central n'est nullement indispensable pour la perception dis¬
tincte de ces bruits, quels qu'en soient la nature ou le timbre.
C'est un phénomène tout semblable, comme l'avaitdit Laënnec,
à celui qui se produit quand, appliquant l'oreille à l'extrémité
— 25 —
d'une poutre, on entendle tic-tac d'une montre
placée à l'extrc-
mité opposée ».
Dechambre et André Petit confirment d'ailleurs leur juge¬
mentpar lapratique du professeur
Laboulbène, qui
seservirait
d'une simple petite poutrelle de bois, et avec ce
simple instru¬
mentil entendraittrès distinctement tous les bruits et aussi la pectoriloquie. Les nombreuses
expériences de cet auteur lui
auraient encore démontré que, si l'on diminue
la
massede la
petite poutre en réduisantprogressivement le diamètre de l'ins¬
trument sur la plusgrande partie de sa hauteur, sans
changer
le diamètre des deux extrémités qui prennent dès lors l'aspect
de deux plaques terminales, on
obtient
unaffaiblissement de
plus enplus marqué de
l'intensité des
sonstransmis à l'oreille.
Cet affaiblissement seraitencore plus grand, si, au centre de
la
poutrelle, on creusait unconduit longitudinal. Laboulbène
expliquerait ainsi la causeréelle de la diminution incontestable
des sonsparl'emploi du stéthoscope.
Les auteurs duDictionnaireconcluentdonc, ens'appuyantsur les expériences de Laboulbène, que
la colonne rigide est seule
d'une grande utilité pour la transmission
des
sons.Néanmoins
ils ne veulent pas affirmerquela colonne
d'air
neconduit
aucunbruit. Ils craindraient d'être taxés d'exagération. Mais ils pen¬
sent, grâce aux expériences qu'ils ont
faites
avecM. Gariel,
« que la transmission par la
colonne d'air est absolument
négligeable relativement à celle
qui s'opère
parles parois soli¬
des de l'instrument; on peut même la
supprimer entièrement
sans modifier d'une façon appréciable l'intensité des sons ou
la
netteté de leur perception ».
Ils seraient ainsi de l'avis de M. La¬
boulbène, qui aurait constaté qu'un
stéthoscope plein transmet
mieux les vibrations sonores qu'un stéthoscope creux
de
mêmediamètre extérieur et d'égalelongueur.
Contrairement à l'opinion de ces
derniers
auteurs,Piorry
pensa que la masse
de matière qui formait l'instrument de
Laënnec étaitinutile pourlatransmission
des vibrations
sonoreset que le conduit
central seul servait à
propagerles bruits. Il
sortitpar conséquent
du stéthoscope primitif tout
cequi était
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inutile, c'est-à-dire chercha à le rendre moins encombrant et
plus commode. Le nouveau stéthoscope ainsi conçu, et qu'on appelle stéthoscope de Piorry, adopté par Louis, répandu beau¬
coup dans la suite, est encore, comme nous leverronsplus loin,
un de nos meilleurs instruments d'auscultation. Il se compose d'un cylindre creux en bois de cèdre ou d'ébène ou de sapin, etc., long- de 12 à 15 centimètres et large de 3 à 4 centimètresà
sa base, ayant la forme d'un pavillon conique; les deux tiers supérieurs ont un diamètre plus petit; l'extrémité terminale est
une large plaque circulaire, perpendiculaire à l'axe de la tige,
et au centre de laquelle s'ouvre le conduit ayant environ 6 mil¬
limètres de diamètre, qui traverse l'instrument dans toute sa
longueur; on appuie la base du pavillon sur la poitrine du ma¬
lade, l'oreille du médecins'appliquera sur la plaque terminale.
On a modifié ce stéthoscope de façons différentes; ou bien on y a mis des pavillons plus oumoins évasés, plus ou moins longs,
des plaques auriculaires plus ou moins larges, soit convexes, soit concaves, dépendant ou ne dépendant pas du cylindre, pouvant faire corps avec lui ou s'y relierpar un pas devis, par
exemple. Dechambre et Petit ne paraissent pas accorder une
grande importance à., toutes ces modifications, puisque, pour eux, le conduit central d'un stéthoscope serait une raison suffi¬
sante de l'amoindrissemont de propagation des bruits.
11 nous parait intéressant, pour le développement de notre sujet, de dire quelques mots sur quelques modifications appor¬
tées au stéthoscope ordinaire. Nous citerons, en passant, le sté¬
thoscope anglais, analogue à celui de Piorry, long de 18 centi¬
mètres, dont le pavillon n'est constitué que par un évasement
du bord terminal du cylindre renverséen dehors. Le faible dia¬
mètre de son pavillon permet de l'appliquer d'une manière plus précise surle trajet d'un vaisseau ou dans les espaces intercos¬
taux chez les individus amaigris.
Le docteur Biundi (de Palerme), inventa, en 1851, le stéthos¬
cope intercostal. Le pavillon est ovalaire, de façon à pénétrer facilement entre les côtes. C'est là, d'ailleurs, toute la différence qui le distingue du stéthoscope français.
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Constantin Paul adoptait un stéthoscope en
bois
àpavillon
évasé, d'une longueur de 25 centimètres. Nous dirons plus
loin
que pour Constantin Paul cette longueur «
donnait
auxondes
sonores un développement qui en augmentait la netteté ».
Piorry, lepremier,puis quelques constructeurs
anglais, avaient
substitué au bois le métal dans le stéthoscope rigide. Et pour
Barth et Roger, c'était là uninstrument qui paraissait
réunir de
bonnes conditions d'acoustique.
Signalons, en passant, le stéthoscope percuteur
de Wills Ri-
chardson (1854), muni, au pourtour de sa plaque
auriculaire,
d'un boudin de caoutchouc à demi-encastré dans une rainure circulaire. Cette disposition permet de s'en
servir
enguise de
plessimètre, pourpratiquerlapercussion
surle doigt,
sansavoir
besoin de marteau spécial.
On s'est encore appliqué à renforcer les vibrations sonores elles-mêmes, à multiplierlesimpressions
auditives
parl'auscul¬
tation bi-auriculaire. Landouzy père avait construit unstéthos¬
cope en bois, avec un pavillon portant
dix tubes coudés, afin
quele même bruit put être perçu par dix auditeurs.
Dechambre
etPetit prétendent que le renforcement altère
le plus
souventle
timbre des bruits; qu'il leur donne une intensité plus
grande,
mais moins de netteté; que l'oreille entend des bruits
qu'il lui
estimpossible d'analyser etd'interpréterjustement.
Nous revien¬
drons sur cette question à propos des stéthoscopes à
renforce¬
ment.
En Amérique, Scott Alison inventait
l'hydrophone. C'est
unappareil composé d'une petite
balle de caoutchouc remplie
d'eau, que l'onmet entre le pavillon dustéthoscope
etla poi¬
trine du malade. Cet auteur prétendait qu'avec cet instrument
la transmission des bruits était plus nette. Et en réponse aux
critiques de la Gazette
hebdomadaire
en1859, l'auteur faisait
observer que cet appareil
devenait inutile, si l'on
seservait du
stéthoscope rigide, attendu que
dans le stéthoscope
enbois les
vibrations seraient conduites presque uniquementparles parois
solides : « Si l'on se sert au contraire, dit Scott Alison, d'instru¬
ments flexibles qui transmettent les
ondes
sonores parla
co-— 28 -
lonne d'air qu'ils renferment, on pourra constater le renforce¬
ment produit par l'interposition de la masse d'eau ».
Scott Alison s'appuie, pour énoncer ce fait, sur les lois de
Muller: «Lesvibrations sonores se transmettent plus facilement
d'un corps solide à un autre corps solide que d'un corps solide
à un liquide; les vibrations se transmettent mieux d'un solide à l'eau qued'un solide àl'air.
Nous ne voulons pas nous arrêter plus longtemps aux divers perfectionnements ou modifications subis par le stéthoscope rigide. On voit que les opinions sont aussi nombreuses que les
auteurs qui ont étudié la question.
De graves contradictions s'élèventchez quelques-uns, particu¬
lièrement chez les auteurs du Dictionnaire. Dechambreet Petit, après avoir affirmé que les sons se propagent par la seule paroi rigide, s'accordent ensuite à reconnaître que la colonne
d'air a une grande importance dans le stéthoscope flexible.
Pourquoi donc de ne pas reconnaître qu'elle peut servir dans le
tube rigide, et pourquoi affirmer que cette colonne d'air dimi¬
nue la transmissibilité des sons?
MM. Cassaëtet Sigalas ont repris ce travail. Ils se sont atta¬
chésà étudier si les conditions physiques de propagation des
sons seraient différentes suivant la qualité de la matière qui
forme la paroi, et sila colonne d'air serait indispensable ou négligeable suivant la qualité de cette matière.
Laënnec avait déjà parlé de la qualité de la matière constitu¬
tive des stéthoscopes rigides : « Les corps les plus denses, écrit-il, ne sont pas, comme l'analogie pourrait le faire penser, les plus propres à former ces instruments. Le verre et les mé¬
taux, outre leur poids et la sensation de froid qu'ils occcasion-
nent en hiver, communiquent moins bien que les corps moins
denses les battements du cœur, et les sensationsque produisent
la respiration et le râle. D'après cette observation qui me parut
d'abord singulière, j'ai voulu essayerles corpsles moins denses
et j'ai fait faire, en conséquence, un cylindre de baudruche
tubulé que l'on remplit d'air au moyen d'un robinet et dontle conduit central est maintenu par un tube de carton. Cecylindre
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est inférieur à tous les autres ; il donne une moindre intensité de son et a, d'ailleurs, l'inconvénient de s'affaisser au bout de
quelques minutes, etc. Les corps d'une densité moyenne, tels
que le papier, le bois, le jonc à canne, sontceuxqui m'ontparu constamment préférables à tous les autres. Ce résultat est peut-
être en contradiction avec un axiome de physique, mais il me
paraît tout à fait constant ».
On a également attaché à la longueur de l'instrument une certaine importance ; tel n'estpas l'avis de Dechambre et Petit.
Hope, le premier, croyait, avec des stéthoscopes longs, avoir
des sensations plus nettes ; les expériences de Constantin Paul
l'avaient amené à conclure « que la meilleure longeur était de
25 centimètres pour les stéthoscopes en bois et qu'elle donnait
aux ondes sonores un développement qui en augmentait la nèt-
teté ». Dechambre et Petit ne voient pas quelle loi physique pourrait expliquer le maximum d'intensité des vibrations à l'ex¬
trémité d'une tige de 25 centimètres, puisqu'ils auraient perçu des bruits d'une façon aussi nette avec des stéthoscopes plus longs ou plus courts. « Peut-être, disent-ils, la transmission
d'un son unique atteindra-t-elle son maximum d'intensité, si
elle s'opère au moyen d'une tige d'une longueur déterminée
pour une même substance ; mais alors la longueur de la tige
devra varier suivant les qualités du son et lanature de la subs¬
tance employée. Peut-être aussi le stéthoscope de Constantin
Paul représente-t-il, par suite de sa longueur, du diamètre de
son conduit central et de la matière qui le compose, une caisse
de résonance accordée pour un son donné ; mais ces trois con¬
ditions devraient encore être modifiées pour chaque son des
différents bruits qu'il s'agit d'ausculter ». Les expériences de
MM. Cassaët et Sigalas nous démontrent que la longueur de la paroi influe peu sur la transmission des bruits ; ce qui agira surtout, ce sera l'augmentation de volume de l'aircontenu dans
le pavillon et le conduit central de l'instrument.
De ce que nous venons d'énoncer, trois questions importantes
se posent qu'il est indispensable de résoudre, àsavoir :
1° La qualité et la quantité de matière sont-elles importantes
dans la fabrication des stéthoscopes rigides ?